Interview du Dr Caroline Depuydt pour « J’arrête d’en faire trop ! »

La docteure Caroline Depuydt est médecin psychiatre. Elle travaille à la clinique Fond’Roy à Bruxelles où elle est responsable d’un service psychiatrique d’hospitalisation sous contrainte. Elle tente aussi, au travers de conférences pour les professionnels et d’interventions dans les médias, de soutenir le bien-être psychique de toutes.

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1/ Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire ce livre et pourquoi pensez-vous que ce sujet est
important pour les gens ?

Je voyais de plus en plus de gens s’épuiser autour de moi que ce soit des collègues des patients, mon entourage ou moi-même. Au sortir de la crise covid et dans ces moments de crise permanente, (la perma-crise) le stress est chronique, l’anxiété est majeure et certaines personnes ont tendance à opérer une espèce de fuite en avant, en faire toujours plus jusqu’à s’épuiser 

2/ Comment définiriez-vous le concept d’en faire trop ? Et comment cela peut-il affecter
la vie quotidienne d’une personne ?

Vouloir faire toujours au mieux, c’est une grande qualité mais le problème arrive quand ce « mieux » devient une injonction à la perfection permanente. C’est dans ce cas qu’on a du mal à s’arrêter, à se reposer, à dire non et du coup on en fait trop. 

Cela affecte la vie quotidienne d’une personne parce que elle peut être fatigué, irritable, elle peut avoir du mal à dire non et ne pas se mettre des limites. On peut aussi avoir du mal à fixer ses priorités et à culpabiliser dès que quelque chose ne tourne pas rond.

3/ Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut apprendre à mieux gérer son
temps et ses priorités ?

La première chose c’est la prise de conscience qu’il y a des priorités et donc qu’il y’a aussi des tâches qui ne sont pas prioritaires.

Ensuite il est important d’essayer de planifier au mieux ses actions avec un point de vue réaliste donc à ne pas s’en mettre trop dans une journée ou une semaine. Il est également important de compter des temps de pause, d’imprévu pour ne pas se surcharger. Planifier tout cela dans un agenda et même le temps de repos ou le temps qu’on prend pour soi peut permettre de mieux visualiser La semaine qui s’annonce et de ne pas se surcharger d’activités.

4/ Vous proposez dans votre livre une méthode en trois étapes pour aider les gens à
arrêter d’en faire trop. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette méthode et sur son
efficacité ?

Le cerveau est complexe et imbriqué quand on en fait trop et qu’on s’épuise c’est souvent le résultat d’un dysfonctionnement au niveau de trois grandes zones du cerveau et c’est donc en apaisant ces trois zones que l’on pourra se relâcher. 

La première zone est la zone limbique, émotionnelle, qui parle de notre besoin d’être aimé et d’être reconnu. 

C’est souvent pour être aimé et reconnu qu’on a tendance à être perfectionniste et à trop en faire. La première étape sera donc d’apaiser cette zone en se donnant à soi-même de la bienveillance et de la reconnaissance.

La deuxième zone du cerveau et le cortex préfrontal qui est la zone qui nous permet d’établir des règles et de les respecter. Quand on est perfectionniste et qu’on a tendance à en faire trop, cette zone se rigidifie et les règles deviennent des obligations qui ne nous donnent pas le droit à l’erreur. La deuxième étape sera donc de calmer cette zone en mettant un peu de flexibilité mentale dans le système et en se donnant le droit à l’erreur. 

La troisième zone du cerveau est le système nerveux autonome qui active le système de stress et de survie. Et la troisième étape sera donc de calmer ce système nerveux autonome et de diminuer le stress grâce a des approches psycho corporelles comme la cohérence cardiaque qui est un exercice de respiration.

5/ Comment faire face aux pressions sociales et professionnelles qui poussent les gens à
en faire trop ? Avez-vous des astuces pour gérer ces pressions ?

Ces pressions sont difficiles à gérer en effet et je pense que le premier pas et de pouvoir les décrypter et du coup de les mettre déjà un peu à distance. Est-ce que je veux vraiment être ce parent parfait ou ce travailleur qui revient même le week-end pour terminer ce dossier ? Le but est de trouver un juste milieu entre le trop et le trop peu. Il ne s’agit pas de devenir paresseux ou inefficace mais juste de diminuer un peu l’intensité de la pression qui est mise sur nous. Mon but aussi en écrivant ce livre et de dénoncer ces pressions sociales et professionnelles pour justement alerter, conscientiser et permettre D’apprendre à dire non sans renoncer à être un bon pro ou un bon parent par exemple. 

6/ Y a-t-il des erreurs courantes que vous voyez souvent les gens faire lorsqu’ils essaient
de gérer leur temps et leurs priorités, et comment peuvent-ils les éviter ?

La première erreur que je vois souvent c’est le tout ou rien. On pense qu’on peut passer de perfectionniste jusqu’au-boutiste à mettre zen et repos total mais évidemment ça ne tient pas et c’est impossible. Au lieu de cela je propose plutôt la technique des petits ps et des micros révolutions au quotidien. Il ne s’agit pas d’entamer une grande révolution personnelle en une semaine mais plutôt de faire des petites choses , De les honorer et de se remercier pour cela. « J’ai réussi à dire non à un collègue aujourd’hui, j’ai pu prendre du temps pour moi et faire une sieste ce week-end son occuper des enfants, j’ai pu inviter des amis à dîner et faire et ce qui paye l’entrée. »

La deuxième erreur c’est d’oublier tout ce qu’on a fait tout ce qu’on a déjà parcouru comme chemin et donc je conseille de noter les petites victoires qu’on a fait sur soi-même ces moments où on a réussi réussi à résister à l’urgence et à la pression pour se consacrer à soi.

7/ Qu’espérez-vous que les lecteurs retirent de votre livre « J’arrête d’en faire trop » ?

Je souhaite que les gens en retirent un sentiment de plus grande liberté intérieure et de soulagement. Ils ne doivent pas être parfait , ils comprennent pourquoi et ils ont en main des clés et des outils pour prendre soin d’eux. Je souhaite que cette lecture puisse aussi se faire avec de la joie parce qu’on peut faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux et que cela puisse les amener vers plus d’autonomie et de fierté de se prendre en main

8/ Quels conseils donneriez-vous à ceux qui se sentent souvent débordés ou submergés ?

D’apprendre à se reposer tout simplement. De mettre en place 10 minutes de rien par jour. 10 minutes on se met dans un fauteuil ou dans son lit et on se permet de rêvasser sans lire sans regarder la télévision sans checker ses e-mails sans être sur les réseaux sociaux. Je conseille aussi la shaking meditation donc je parle également dans le livre et qui permet de relâcher tout le stress accumulés dans le corps en s’amusant et en dansant pendant quelques minutes.

9/ Comment pouvez-vous aider les gens à reconnaître leurs limites et à apprendre à dire
« non » ?

Deux grandes phrases m’accompagne dans ce chemin parce que pour moi aussi c’est difficile de dire non. La première c’est « si je ne mets pas mes limites personne ne les mettra à ma place ». Pour moi cette phrase est puissante et tout à fait exacte : moins vous mettez vos limites et plus les autres vous en demandent. quand vous remarquez que c’est possible de mettre ses limites et que ça fait du bien c’est libérateur. 

La deuxième phrase qui m’accompagne c’est « dire parfois non c’est aussi dire un vrai oui quand c’est oui ». En effet quand on dit oui à tous, parfois on le dit à contrecœur alors que si on arrive à dire non quand vraiment ce n’est pas le moment que ça ne nous intéresse pas ça veut dire que le « ou est bien c’est un vrai « oui » également et ça c’est beaucoup plus respectueux de soi-même et des autres. 

10/ Dans votre livre, vous parlez également de la gestion de la culpabilité. Pouvez-vous
partager vos réflexions sur la façon de faire face à ce sentiment ?

La culpabilité c’est très fréquent chez les perfectionniste et les gens qui veulent bien faire et qui ont tendance à tout prendre sur leurs épaules. 

Pourtant elle est souvent assez inutile et encombrante. En plus elle est souvent pleine d’auto jugement. À la place je préfère parler de comment prendre ses responsabilités. Pour moi la responsabilité c’est « l’habileté à répondre » à quelque chose. quand un événement  m’arrive , prendre mes responsabilités c’est me demander comment je vais y répondre, de quelle façon. cette vision est soulageante et nous permet d’aller de l’avant et de reprendre un peu de maîtrise. 

11/ Comment pouvez-vous encourager les gens à se concentrer sur ce qui est vraiment
important dans leur vie plutôt que de se laisser distraire par des choses superficielles ?

Moi je pense que parfois c’est tout à fait nécessaire de se laisser distraire par des choses superficielles. on en a besoin, nous n’avons pas besoin d’être constamment dans une recherche de profondeur de sérieux et de prise de tête. 

Mais parfois c’est une fuite de n’être que dans la superficialité , la distraction et dans ce cas là cela vaut la peine de s’arrêter de faire une pause et de se poser la question « suis-je en train de fuir quelque chose et si c’est le cas , qu’est ce que je fuis ? Une émotion , un état d’âme , une situation compliquée ? »

C’est un bon point de départ. 

12/ Quels sont vos projets futurs en matière de développement personnel et de bien-être ?

Alors je ne sais pas si j’ai des projets futurs mais j’ai déjà envie de bien implémenter tous ces outils que j’ai développé pour moi et mes patients. J’essaye de trouver moi-même un équilibre et je reste toujours à la limite d’en faire trop mais avec beaucoup de joie et d’enthousiasme. Cela reste donc mon challenge de régulièrement me poser Et de me recentrer, de m’aligner à moi-même à mes valeurs et à mes aspirations. 

J’ai aussi à cœur de partager autour de la santé mentale, de la destigmatiser et de la rendre accessible. Et de partager mes outils à un plus grand nombre par le biais de conférence, de webinaires ou de petites vidéos sur les réseaux sociaux. 

Instagram : https://www.instagram.com/caroline.depuydt.psy/?hl=fr

Twitter :@DepuydtCaroline

Mortesève de Quentin Rigaud

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Dans un monde régulé par des créatures gigantesques et quasi divines, la découverte des propriétés de leur sang va faire basculer le fragile équilibre de la vie. Suite à la disparition soudaine de tous les habitants de son village, Avine part à la recherche de Hang, l’instrument responsable de la fertilité, pour comprendre ce qu’il s’est passé…

Chronique : La bande dessinée Mortesève nous plonge dans un monde où la vie est étroitement liée aux créatures gigantesques et quasi divines telles que Hang et Orgue. Hang est responsable de la fertilité et de la prospérité d’un village lorsqu’il y apparaît, tandis qu’Orgue laisse la mort sur son passage.

Après la disparition mystérieuse de tous les habitants de son village, Avine part à la recherche de Hang pour comprendre ce qui s’est passé. Lorsque Hang doit passer par le village d’Avine et de sa mère, un événement étrange se produit : toutes les personnes du village sont retrouvées mortes et Avine aperçoit Orgue dans le ciel, bien qu’il soit censé être invisible.

Pourquoi Avine peut-elle voir Orgue ? Que représentait la sève que sa mère lui avait donnée pour faire un médaillon à son frère, gardien de Hang ? Avine doit découvrir pourquoi Hang a dévié de sa trajectoire et pourquoi elle n’a pas été touchée par Orgue. Elle se lance dans une quête dangereuse en compagnie d’une personne étrange rencontrée en chemin, alors que certaines personnes cherchent à s’attaquer à Hang pour obtenir son sang aux vertus insoupçonnées.

La fin de ce premier tome laisse de nombreuses questions en suspens et des hypothèses en attente de confirmation. Nous sommes impatients de découvrir la suite de l’intrigue et de savoir quelles réponses seront données dans les prochains volumes de Mortesève.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (3 mai 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203248041 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203248045

No limit de Luke Healy

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Convaincu que la survie dans le Grand Nord – bien au-delà des villages inuits qu’il a visités – est non seulement possible mais aisée, l’ethnologue et explorateur canadien, Vilhjalmur Stefansson lance deux expéditions polaires en 1913 et 1921.

Chronique : Je ne semble jamais avoir assez de livres sur l’exploration de l’Arctique. L’histoire est un mélange d’histoire et de fiction, racontant trois récits distincts mais reliés. D’abord, une expédition de 1912 de Vilhjalmur Stefansson qui se termine par un naufrage et une survie sur l’île de Wrangel (russe). Ensuite, une expédition de 1926 de Stefansson spécifiquement vers l’île de Wrangel qui les trouve coincés en raison de la glace épaisse. Enfin, en 2013, une histoire complètement fictive d’un professeur pris en flagrant délit d’adultère avec une étudiante qui se tourne vers la bibliothèque pendant sa mise au repos forcée et finit par étudier Vilhjalmur Stefansson et les expéditions précédemment mentionnées. Il est intéressant de les voir tous se connecter avec un seul membre d’équipage et l’abandon de Stefansson des deux équipages. Sont également inclus des personnages réels comme Robert Bartlett (capitaine et explorateur ultérieur) et Mme Ada Blackjack (une femme inuite incluse dans un voyage en tant que couturière) qui se distingue finalement en tant que héros. C’est un livre attrayant et une histoire totalement intéressante et agréable.

Le roman graphique tisse ensemble trois histoires : une expédition arctique de l’explorateur Robert Bartlett, une autre impliquant l’Inuit Ada Blackjack, et une dernière concernant un professeur qui prend des décisions douteuses et cherche des réponses dans sa vie. Bien que l’entrelacement des récits soit un peu déroutant au début, j’ai fini par le comprendre. Les récits sont satisfaisants à suivre et les informations partagées entre eux sont captivantes. Les dénouements de chaque histoire m’ont fait respirer un grand coup sans même m’en rendre compte.

Je félicite Luke Healy pour son excellent travail. La recherche seule a dû prendre un certain temps, et non seulement cela, mais le livre était extrêmement bien écrit et organisé, et j’ai adoré le schéma de couleurs utilisé. Vraiment une narration impressionnante, à la fois visuelle et narrative

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (3 mai 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 196 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203231831 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203231832

Baby Bleu de Marion Nail

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Dépression post-partum : la vie en bleu. Bleu, c’est une femme. Bleu, c’est une mère. Bleu, c’est aussi la dépression qui vient s’insinuer sournoisement dans chaque pensée, chaque geste, chaque parole.

Chronique : Marion Nail nous livre dans son livre « Baby Bleu » un témoignage intime sur la dépression post-partum. Ce livre poignant s’adresse à tous les parents, qu’ils soient mères ou pères, qui peuvent être touchés par cette maladie. « Baby Bleu » aborde la réalité de la dépression post-partum, qui s’infiltre insidieusement dans chaque aspect de la vie, envahissant chaque pensée, geste et parole. Bien que le nouveau-né, nommé Jaune, soit impliqué dans cette période difficile, il n’en est pas la cause directe.

Le livre est raconté à travers les réflexions intimes de Bleu, l’alter ego sphérique de l’autrice, ainsi que ses échanges avec une thérapeute qui l’accompagne sur le chemin de la guérison. Enfin, « Baby Bleu » se conclut par une réflexion d’une psychologue, mise en images par l’autrice. Ce livre est une ressource inestimable pour les parents confrontés à la dépression post-partum, ainsi que pour leur entourage qui cherchent à mieux comprendre et soutenir ceux qui en souffrent.

Éditeur ‏ : ‎ Les éditions Lapin; Illustrated édition (5 mai 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2377541747 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2377541744

Sidi de Arturo Pérez-Reverte

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Il n’avait ni patrie ni roi, mais une poignée d’hommes fidèles. Ils ne cherchaient pas la gloire, seulement à apaiser leur faim. Ainsi naquit le mythe. Ainsi se raconte une légende.

Chronique : Pérez-Reverte a écrit avec « Sidi » un roman incroyable. Cela peut sembler exagéré, mais j’ai beaucoup aimé. C’est un livre 100% Pérez-Reverte. On pourrait dire que l’on retrouve le même personnage que d’habitude, Alatriste, Falcó…, et c’est vrai, on retrouve dignité, loyauté, courage, décence, honnêteté…
Pour commencer, nous sommes débarrassés de cette idée bien ancrée du héros chrétien qui lutte contre les Maures. Le Cid n’est ni plus ni moins qu’un mercenaire. Obligé par les circonstances mais un mercenaire après tout. Certes, le terme de mercenaire ne sonne pas très bien et a probablement une connotation péjorative, mais parfois les mercenaires sont plus fiables que certains altruistes à temps partiel. L’histoire nous présente un personnage dur, charismatique, préoccupé par ceux qui l’accompagnent et prêt à tout pour eux. Il ne s’agit pas de juger si le Cid est bon ou moins bon, Sidi raconte la vie d’un guerrier habitué à se battre, à vivre entre les frontières, à avoir un seigneur ou un autre en fonction des circonstances, ici l’important était de gagner sa vie.
Pérez-Reverte est un maître quand il s’agit de décrire les contextes historiques dans lesquels l’histoire se déroule. Ainsi, on ressent le poids des livres d’acier que les personnages portent, la chaleur du fer des casques chauds par le soleil, le bourdonnement des mouches attirées par le sang fraîchement versé. Le Cid, Sidi, est un personnage charismatique, simple, qui ne connaît que son métier, celui de guerrier, de tueur pour éviter qu’on ne le tue lui ou les siens. C’est un personnage brut qui ne cherche qu’à ne pas trahir des idéaux qui sont au-dessus de tout. Ce n’est pas rien.
Je ne connais pas les plans que Pérez-Reverte a pour son Cid, mais une suite ne serait pas de refus, certains l’apprécieraient.

Éditeur ‏ : ‎ SEUIL (5 mai 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 352 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2021463095 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2021463095

L’Artiste et le Manuscrit interdit de Chiara Montani

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Rome, 1459. Un incendie se déclare au palais della Valle, faisant trois victimes, dont la maîtresse de maison, Lucrezia. Sauvé des flammes par une main mystérieuse, Piero della Francesca jure de confondre le responsable de ce qui est, il en est convaincu, un crime.

Chronique : Une nouvelle aventure pour Lavinia, une peintre têtue et indomptable née de l’imagination de Chiara Montani. Si vous avez apprécié comme moi son dernier roman ne manquez pas ce nouveau roman passionnant sur les événements d’une jeune femme qui ne se soumet pas aux règles imposées par la société de son temps et de Piero della Francesca, artiste emblématique dont les œuvres sont merveilleusement en équilibre entre art, géométrie et un système complexe de lecture à plusieurs niveaux.

Nous sommes en 1459. Après les événements de Florence, la jeune femme a eu l’opportunité de vivre une nouvelle existence dans un village où personne ne sait rien de son passé, bien que son désir de revoir Piero della Francesca soit de plus en plus fort. Un jour, elle apprend par hasard d’Aram, l’homme au service de Piero, que ce dernier pourrait être en grave danger de mort. Sans hésiter un instant, elle décide de quitter le paisible village de San Sepolcro et de se lancer dans un voyage épuisant vers Rome pour le retrouver. Une fois arrivée dans la Ville Éternelle, Lavinia se rend compte pour la première fois de sa vie qu’elle est complètement libre et cette pensée lui procure une sensation de légèreté…

Ce roman raconte l’histoire d’une jeune femme d’une beauté extraordinaire et d’une âme douce qui, derrière une apparence calme et soumise, cache une volonté de fer et de grandes passions, comme celle qu’elle nourrit pour Piero della Francesca : un dévouement absolu qu’elle doute être réciproque. Le cadre historique est celui de la Ville Éternelle, après que la population a été décimée par les invasions, les guerres et les famines des siècles suivant la chute de l’Empire romain d’Occident. Une décadence exacerbée par l’absence prolongée du pape pendant la période avignonnaise et les conflits ultérieurs liés au schisme. Une lecture suggestive, pleine de rebondissements autour d’un ancien manuscrit et de personnages réellement existants qui coexistent avec ceux de la fiction.

Fleuve éditions (13 avril 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265156264 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265156265

Caravage avec Riccardo Scamarcio (Acteur), Micaela Ramazzotti (Acteur) de Michele Placido (Réalisateur)

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Italie 1609. Accusé de meurtre, Le Caravage a fui Rome et s’est réfugié à Naples. Soutenu par la puissante famille Colonna, Le Caravage tente d’obtenir la grâce de l’Église pour revenir à Rome. Le Pape décide alors de faire mener par un inquisiteur, l’Ombre, une enquête sur le peintre dont l’art est jugé subversif et contraire à la morale de l’Église.

Le réalisateur Michele Placido, surtout connu pour ses films sur la mafia comme La Piovra 1 et 2, signe ici un magnifique film à la photographie exceptionnelle qui privilégie les tons ocres et bruns pour illustrer la vie du célèbre peintre Le Caravage (1571-1610).

D’une durée de deux heures et en italien, le film évite les clichés du film de cape et d’épée pour se concentrer sur l’aspect mystique du génie de la peinture, dont la mort a longtemps été entourée de mystères.

L’histoire se déroule durant les dernières années de la vie du Caravage (joué par Riccardo Scarmarcio), forcé de quitter Rome après avoir été condamné pour le meurtre de Renuccio Tomassoni, un proxénète lié à la famille des Farnese de Parme. Il se réfugie à Naples chez Constanza Sforza Colonna (interprétée par Isabelle Huppert), une puissante famille que la Curie ne souhaite pas froisser.

Le nouveau pape Paul V, Camille Borghese, est le neveu de Scipion Borghese, un soutien du peintre dont le talent est largement reconnu à l’époque. Le pape souhaite réhabiliter le peintre controversé, mais pour cela, il demande une enquête menée par l’Ombre (joué par Louis Garrel), un agent secret et plénipotentiaire attaché à la Curie romaine.

L’intérêt du film réside dans la trame tissée à travers le regard de cet enquêteur inquiétant et néophyte en art, qui découvre l’œuvre du peintre et ses ressorts en passant au crible sa vie de débauche et de repentance. Le spectateur est ainsi plongé au cœur du débat sur l’art, en pleine contre-réforme, qui utilisait l’art pour élever les âmes vers Dieu, en particulier l’architecture et la peinture.

Caravage pousse loin le trait et l’innovation, utilisant de pauvres gens comme modèles, les sublimant avec un réalisme nouveau en Saints-Martyrs ou en Madones (la superbe Micaela Ramazzotti), peignant la souffrance et les grimaces, la crasse et la misère du peuple.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.78:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Michele Placido Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 55 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 3 mai 2023 Acteurs ‏ : ‎ Riccardo Scamarcio, Micaela Ramazzotti, Louis Garrel, Isabelle Huppert, Michele Placido Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ Le Pacte

Choeur de Rockers avec Mathilde Seigner (Acteur), Bernard Le Coq (Acteur) de Ida Techer (Réalisateur), Luc Bricault (Réalisateur)

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Alex, chanteuse dont la carrière peine à décoller, accepte un drôle de job : faire chanter des comptines à une chorale de retraités. Elle découvre un groupe de séniors ingérables qui ne rêve que d’une chose, chanter du rock ! La mission d’Alex va s’avérer plus compliquée que prévu avec la plus improbable des chorales…

Chronique : Ce film est une bouffée d’air frais pour le moral. Les interprétations sont remarquables, les titres musicaux choisis avec soin, et l’équipe joue de manière cohérente. Voir tous ces acteurs qui ont été des compagnons de vie chanter ensemble est un plaisir immense ! Mathilde Seigner mérite également des félicitations pour sa direction de chorale dynamique et joyeuse. La vieillesse n’est pas un naufrage, mais plutôt une occasion supplémentaire de partager des activités qui nous donnent de l’énergie. Et que serait la vie sans la musique ? Bien que ce soit une énième histoire de chorale, le film commence lentement avec Dunkerque dans le décor, mais le sujet des « vieux » est encore tabou et on ressort avec une sensation de joie en pensant aux personnages attachants qui ont bravé les règles, la solitude et les commérages. On s’attache à eux comme dans la vie, leur travail et leur solidarité leur permettant de surmonter les obstacles.

Ce bel hommage aux années rock and roll et à nos aînés que nous deviendrons tous est à voir sans aucun doute ! Le film est jouissif, prenant, jubilatoire, réjouissant, captivant, poignant, émouvant, palpitant, passionnant, bouleversant, touchant et attachant. J’ai adoré chaque instant de ce premier long métrage de Luc Bricault, où tout est parfaitement maîtrisé, avec une distribution impeccable, allant de Mathilde Seigner, une mère de famille un peu dépassée, mais passionnée de musique, à un florilège de seconds rôles, de d’Andréa Ferréol à Bernard Lecoq et tous les autres… La bande son et le choix des titres, allant de Clash à Trust en passant par William Sheller, sont excellents, et l’histoire qui s’inspire de l’aventure des Salt and Pepper est très réussie. C’est un film à ressentir et à vivre, qui fait du bien, sans prétention… Malgré un final improbable et peu crédible (essayer d’entrer comme cela à un concert et de monter sur scène est peu probable)… Cette œuvre est un véritable joyau qui nous laisse avec un large sourire aux lèvres : le rock n’est pas mort, héhé ! De plus, savoir que l’histoire est inspirée de faits réels, c’est que du bonheur !

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Ida Techer, Luc Bricault Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 27 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 3 mai 2023 Acteurs ‏ : ‎ Mathilde Seigner, Bernard Le Coq, Anne Benoît, Andréa Ferréol, Brigitte Roüan Doublé : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ UGC

Le Parfum Vert avec Sandrine Kiberlain (Acteur), Vincent Lacoste (Acteur) de Nicolas Pariser (Réalisateur)

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En pleine représentation, un comédien de la Comédie-Française est assassiné par empoisonnement. Martin, membre de la troupe témoin direct de cet assassinat, est bientôt soupçonné par la police et pourchassé par la mystérieuse organisation qui a commandité ce dernier. Aidé par une dessinatrice de bandes dessinées, Claire, il cherchera à élucider ce mystère au cours d’un voyage très mouvementé en Europe.

Chronique : Après avoir réalisé l’excellent « Alice et le maire » ainsi que plusieurs épisodes de la célèbre série « En thérapie », Nicolas Pariser s’attaque à la comédie d’espionnage avec brio dans son dernier film, « Le Parfum Vert ». Dans un paysage cinématographique qui manque parfois d’humour, cette œuvre est un vrai bol d’air frais !

Le réalisateur montre ici sa passion pour le film de genre et se meut avec une aisance talentueuse et décomplexée dans un univers surréaliste, rocambolesque et joliment désuet. La combinaison de ces éléments crée un écrin parfait pour accueillir l’un des duos d’acteurs les plus réussis de l’année : Kiberlain et Lacoste. Leur couple comique est tout simplement irrésistible, alliant élégance nonchalante et burlesque de cartoon. Cette alchimie repose également sur la précision des dialogues et l’intelligence des répliques, qui fusent comme des coups de Beretta 418, mettant en lumière tout le talent des deux comédiens.

Le Parfum vert nous plonge dans une soirée théâtrale qui tourne au drame lorsque l’un des acteurs est assassiné sous les yeux de Martin, lui-même comédien. Accusé à tort, il se retrouve en fuite, poursuivi par la police et une organisation mystérieuse. Sa route croise celle de Claire, une dessinatrice en quête de réponses à ses propres interrogations. Ensemble, ils vont mener une enquête rocambolesque, digne d’une aventure de Tintin, à travers l’Europe, sur les traces du meurtrier.

Le film est mené à un rythme effréné, avec une énergie communicative, entraînant le spectateur dans une quête pleine de rebondissements et de faux-semblants. Les personnages hauts en couleur, tels que les policiers quasi jumeaux aux dialogues décalés, rappellent l’univers de Dupond et Dupont. L’usage astucieux du MacGuffin par le réalisateur rappelle l’art de Hitchcock dans ses films anglais des années 30 et 40.

Le Parfum vert est également porteur d’un message plus profond, évoquant la montée des nationalismes et de l’antisémitisme en Europe, avec deux personnages principaux de confession juive ashkénaze et un humour noir qui reflète leur paranoïa. La mise en scène élégante et soignée ajoute au charme de ce film divertissant et réjouissant, qui rappelle une partie de Cluedo à la fois inspirée et rafraîchissante. Mais attention, l’agent infiltré du Parfum vert peut être n’importe qui, restez vigilant !

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13.5 x 1.3 x 19 cm; 80 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Nicolas Pariser Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 37 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 2 mai 2023 Acteurs ‏ : ‎ Sandrine Kiberlain, Vincent Lacoste, Rüdiger Vogler, Léonie Simaga, Arieh Worthalter Doublé : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Diaphana

Qui suis je de Francesca D’Alfonso

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Avec Qui suis-je ?, Francesca d’Alfonso invite ludiquement les enfants à prendre conscience de leurs émotions. Puis à voir qu’ils sont la somme des émotions qu’ils ont vécues. Un album pour regarder la vie avec lucidité et émerveillement.

Chronique : « Qui suis-je » de Francesca D’Alfonso est un livre illustré qui aborde le thème des émotions et de l’identité de manière simple et directe. Les jeunes lecteurs sont invités à accueillir toutes les expériences que la vie leur réserve, qu’elles soient positives ou négatives, en reconnaissant les différentes facettes de leur personnalité : douceur, timidité, émerveillement, joie, légèreté, déplaisir et enchantement. Les illustrations ajoutent une dimension visuelle à cette exploration émotionnelle, créant une expérience de lecture engageante et interactive pour les enfants.

400 Coups jeunesse; Illustrated édition (4 mai 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2898152250 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2898152252