Guerre de Eoin Colfer (Avec la contribution de), Andrew DONKIN (Avec la contribution de), Giovanni Rigano (Dessins)

La guerre éclate dans le pays où vivent Kat et sa famille. Du jour au lendemain, la ville est occupée par les opposants. Kat, une adolescente de 14 ans passionnée de graffiti, voit sa vie bouleversée lorsque son père est arrêté sans motif par les forces d’occupation. Refusant de fuir avec sa mère et sa sœur, elle décide de rester clandestinement dans la ville en guerre pour tenter de le sauver.

Eoin Colfer, Andrew Donkin et Giovanni Rigano s’intéressent à la guerre non pas à travers les grandes batailles ou les stratégies militaires, mais à hauteur de celles et ceux qui la subissent. Kat a 14 ans, aime le graffiti et mène une existence ordinaire jusqu’au jour où le conflit s’installe brutalement dans son pays. En quelques heures, les rues familières deviennent un territoire occupé et les certitudes du quotidien disparaissent.

Lorsque son père est arrêté sans véritable motif par les forces d’occupation, Kat refuse de quitter la ville avec sa mère et sa sœur. Elle choisit de rester clandestinement dans l’espoir de le retrouver. Ce choix transforme l’adolescente en résistante presque malgré elle. Il ne s’agit pas pour elle d’accomplir un geste héroïque ou de défendre une idéologie : elle veut simplement sauver son père.

Cette motivation intime donne toute sa force au personnage. Kat connaît la peur, prend des risques et doit apprendre à évoluer dans une ville où chaque déplacement peut devenir dangereux. Son goût pour le graffiti prend également une autre dimension lorsque l’expression personnelle se confronte à un monde qui cherche à contrôler les rues, les corps et les paroles.

En parallèle, les auteurs suivent Adam, jeune soldat enrôlé de force dans cette guerre qu’il comprend à peine. Ce second regard empêche le récit de se limiter à une opposition trop confortable entre victimes et combattants. Adam porte un uniforme, mais il reste lui aussi prisonnier d’une situation décidée par d’autres.

Kat et Adam se trouvent ainsi de part et d’autre du conflit tout en partageant une même absence de choix. L’une voit son existence détruite par l’occupation ; l’autre est contraint de participer à une violence dont il peine à saisir le sens. Cette construction permet d’interroger la manière dont la guerre transforme les individus avant même qu’ils aient eu le temps de comprendre pourquoi elle a commencé.

Le récit s’intéresse particulièrement aux conséquences concrètes du conflit : familles séparées, peur permanente, arrestations arbitraires, perte des repères et nécessité de survivre. La guerre n’est jamais une abstraction. Elle envahit les maisons, les rues et les relations humaines.

Le dessin de Giovanni Rigano accompagne cette approche avec beaucoup d’efficacité. Les expressions, les décors urbains et les moments de tension donnent une présence immédiate aux événements sans rechercher inutilement le spectaculaire. L’émotion vient surtout des personnages et de ce qu’ils sont obligés de traverser.

Après leurs précédentes collaborations, Eoin Colfer, Andrew Donkin et Giovanni Rigano poursuivent ainsi leur volonté de rendre accessibles aux jeunes lecteurs de grandes problématiques contemporaines. Ici, le courage n’est pas présenté comme l’absence de peur, mais comme la capacité à continuer malgré elle.

L’album pose surtout une question essentielle : que reste-t-il de l’individu lorsque la guerre lui impose une identité de victime, de réfugié, de résistant ou de soldat ? Kat comme Adam tentent précisément de préserver leur humanité dans un monde qui voudrait les réduire à leur rôle dans le conflit.

Un roman graphique puissant et profondément humain qui refuse de transformer la guerre en spectacle. À travers une adolescente déterminée à retrouver son père et un jeune soldat enrôlé malgré lui, les auteurs rappellent que derrière chaque conflit se trouvent d’abord des individus dont les vies ont été confisquées par des décisions qui les dépassent.

Éditeur ‏ : ‎ Robinson Date de publication ‏ : ‎ 16 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2017265705 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2017265702

Mawrth Valliis – Tome 1 de EPHK

Une traque interdite. Une vallée qui ne pardonne pas.

EPHK nous propulse sur Mars pour une aventure de science-fiction pulp aussi mystérieuse que dépaysante, construite autour d’une pilote dont la désobéissance va ouvrir la porte sur des secrets qu’elle n’aurait probablement jamais dû découvrir.

Lors d’un affrontement avec une faction martienne rivale, la jeune pilote reçoit l’ordre de ne pas poursuivre un ennemi en fuite. Mais sa détermination et sa curiosité prennent le dessus. Elle abandonne les consignes et se lance à sa poursuite, jusqu’à pénétrer dans une région où personne ne devrait s’aventurer : la vallée interdite de Mars.

Ce point de départ volontairement simple permet au récit d’entrer rapidement dans l’action. Une mission militaire devient une exploration de l’inconnu, et la chasse initiale change progressivement de nature à mesure que l’héroïne s’enfonce dans ce territoire hostile. Celui qu’elle poursuit pourrait finalement être moins dangereux que ce qui l’attend au bout du voyage.

La vallée occupe ainsi une place centrale. Plus qu’un simple décor martien, elle devient une présence menaçante, chargée d’une histoire que les différentes factions semblent avoir intérêt à garder secrète. EPHK joue avec cette fascination pour les territoires interdits : dès lors qu’un endroit est défendu, l’envie de comprendre pourquoi devient irrésistible.

Le choix d’une pilote comme personnage principal renforce cette dynamique. Combative et impulsive, elle provoque elle-même la situation dans laquelle elle se retrouve. Sa désobéissance n’est donc pas seulement un ressort scénaristique : elle révèle un tempérament incapable de se satisfaire des réponses qu’on lui impose.

L’univers s’inscrit pleinement dans l’héritage de la science-fiction pulp, avec ses affrontements, ses engins futuristes, ses civilisations rivales et ses territoires encore inconnus. Mais derrière l’efficacité de l’aventure se dessine progressivement un mystère plus vaste autour de Mars et de son passé.

La particularité la plus intrigante reste évidemment la présentation de cette histoire comme étant publiée dans sa « langue martienne originelle ». Ce parti pris renforce l’impression de découvrir un objet venu directement de cet univers plutôt qu’un simple récit qui se déroulerait sur la planète rouge. Il participe à l’identité singulière du projet et à son goût assumé pour l’expérimentation.

Ce premier tome fonctionne avant tout comme l’ouverture d’une aventure appelée à s’élargir. La course-poursuite sert de porte d’entrée vers un monde dont on ne perçoit encore qu’une partie, tandis que les secrets de la vallée promettent de remettre en question ce que l’héroïne croyait savoir sur sa planète.

Un premier chapitre intrigant et audacieux, qui retrouve l’énergie de la science-fiction pulp tout en développant une identité graphique et narrative singulière. Entre combats aériens, désobéissance et exploration d’une vallée interdite, EPHK fait de Mars un territoire où la curiosité peut conduire à la vérité… à condition d’y survivre

ASIN ‏ : ‎ B0GXDTJTTN Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions Date de publication ‏ : ‎ 17 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 136 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032411322

Gardiens de fer – Tome 02 de Christophe Alliel

Quand les machines règnent, les pilotes doivent renaître.

Christophe Alliel poursuit son univers de science-fiction en faisant franchir une nouvelle étape à Soni et Tina. Après la fuite vient désormais le temps de l’apprentissage et du combat. Trente ans après la Guerre des Calamités, les Phantoms continuent de faire peser leur menace sur une Terre où survivre signifie apprendre à affronter des machines aussi méthodiques qu’impitoyables.

Lorsque leur refuge est attaqué par des drones, Soni, Tina et leurs compagnons sont contraints de reprendre la route. Leur cavale les conduit jusqu’à Blackstone, une cité brutale où les combats de robots occupent une place centrale. Le décor permet immédiatement à ce deuxième tome de gagner en intensité : il ne suffit désormais plus d’éviter l’ennemi, il faut se préparer à lui faire face.

Sous la direction d’André, ancien pilote d’élite, Soni et Tina commencent un entraînement particulièrement exigeant. Endurance, maîtrise de soi et connaissance des machines deviennent indispensables pour espérer piloter véritablement un mécha. Christophe Alliel s’intéresse ainsi autant à la progression physique de ses personnages qu’à leur capacité à dominer leur peur.

La relation entre Soni et son mécha constitue cependant le véritable mystère de ce volume. La machine semble capable de se réparer, d’évoluer et même de réagir d’une manière difficilement explicable. Ses facultés extraordinaires représentent un formidable avantage, mais font également naître le soupçon : cette technologie pourrait-elle être liée aux Phantoms ?

Cette interrogation apporte une dimension intéressante au récit. Dans un monde traumatisé par les machines ennemies, posséder une arme qui leur ressemble peut rapidement transformer un allié en menace potentielle. Soni doit donc apprendre à maîtriser son mécha tout en prouvant aux autres qu’il ne représente pas un danger.

Heureusement, il peut toujours compter sur Dumpling, fidèle compagnon qui apporte une touche de légèreté et d’affection au milieu d’un univers dominé par l’acier et les combats. Tina prend également davantage d’importance en devenant une véritable partenaire, indispensable lorsque les affrontements deviennent plus dangereux.

L’arène de Blackstone offre alors au récit son terrain idéal. Trois minutes pour survivre à des vagues d’adversaires, trois minutes pour démontrer ses capacités et espérer obtenir une place pour le tournoi First Strike. Cette contrainte donne aux affrontements un rythme particulièrement efficace et transforme chaque erreur en menace immédiate.

Le dessin dynamique de Christophe Alliel prend toute son ampleur dans ces séquences. Les méchas possèdent une véritable présence, les combats restent lisibles malgré leur intensité et Blackstone dégage une atmosphère suffisamment rude pour donner le sentiment que chaque victoire doit être arrachée.

Mais derrière le spectacle mécanique se construit surtout le parcours de Soni. Le jeune pilote doit progressivement cesser de subir les événements pour apprendre à prendre des décisions, faire confiance à sa machine et assumer ce lien mystérieux qui les unit.

Ce deuxième tome développe ainsi efficacement l’univers de la série en associant entraînement, combats de méchas, mystère technologique et esprit de compétition. L’arrivée du First Strike ouvre également des perspectives prometteuses pour la suite, alors que la frontière entre technologie humaine et Phantom semble de plus en plus difficile à définir.

Un deuxième tome plus intense et spectaculaire, qui fait évoluer ses héros en même temps que leurs machines. Christophe Alliel mêle efficacement action et mystère autour d’une question désormais centrale : pour vaincre les Phantoms, les humains devront-ils apprendre à maîtriser une technologie qui pourrait justement les rapprocher de leurs ennemis ?Note : 4,5/5

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 16 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344076700 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344076705

Les filles de Magdalena de Chantal van den Heuvel

Les oubliées de l’Histoire : le destin brisé des petites blanchisseuses

Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin mettent en lumière l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire sociale irlandaise à travers le destin de Molly, une jeune femme dont les rêves de musique et de liberté vont se fracasser contre les conventions morales de son époque.

Dans l’Irlande des années 1920, Molly travaille comme domestique auprès d’une famille aisée. Malgré la différence de condition sociale, elle grandit aux côtés de Candice et Brendan, les enfants de la maison. Tous trois partagent une même passion pour la musique et forment un petit orchestre, parenthèse heureuse dans une société encore profondément marquée par les hiérarchies et la religion.

Mais une rencontre avec un jeune officier bouleverse brutalement son existence. Enceinte sans être mariée, Molly devient aux yeux de la bonne société celle qui doit porter seule la honte. Sous la pression du père O’Brien, elle est envoyée dans un couvent de la Magdalena.

La faute supposée de Molly suffit alors à lui retirer sa liberté.

Derrière les murs de l’institution, le discours religieux sur la rédemption masque une réalité beaucoup plus violente. Les jeunes femmes sont contraintes de travailler dans les blanchisseries, privées d’autonomie et soumises aux humiliations. Leur quotidien repose sur une discipline destinée moins à les accompagner qu’à les punir.

La fiction rejoint ici une réalité historique longtemps passée sous silence : celle des Magdalene Laundries, institutions dans lesquelles des milliers de femmes furent enfermées en Irlande au cours du XXe siècle. L’album donne un visage à cette histoire collective en choisissant de la raconter à hauteur de femme, à travers les espoirs, les peurs et la résistance de Molly.

Le récit devient encore plus bouleversant lorsqu’il s’intéresse au sort des enfants. Que deviennent les bébés nés derrière ces murs ? Cette interrogation nourrit le suspense tout en révélant progressivement l’ampleur d’un système où le contrôle exercé sur les femmes s’étend jusqu’à leur maternité.

Molly refuse pourtant de disparaître derrière le statut de « fille perdue » que l’institution voudrait lui imposer. Son combat pour protéger son enfant transforme le personnage en figure de résistance, sans jamais gommer sa vulnérabilité. Elle ne cherche pas à devenir une héroïne : elle tente simplement de conserver son droit à décider de sa propre existence.

Chantal van den Heuvel évite ainsi de réduire son sujet à une succession de violences. L’amitié, la musique et les liens affectifs conservent une place importante et rappellent constamment la vie dont Molly a été brutalement privée. Le contraste entre ses aspirations et l’enfermement rend son parcours d’autant plus poignant.

Le dessin de Nina Jacqmin, porté par des tonalités chaleureuses, apporte une douceur visuelle qui contraste avec la dureté des événements. Cette approche évite toute surenchère et laisse davantage de place aux regards, aux silences et aux émotions.

Les Filles de Magdalena interroge finalement une mécanique de domination qui dépasse les murs du couvent. Famille, société et religion participent à un système dans lequel la honte repose presque exclusivement sur les femmes, tandis que ceux qui les ont placées dans cette situation échappent largement aux conséquences.

En redonnant une voix à celles que l’on a voulu cacher, Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin proposent bien davantage qu’une fiction historique. Un album poignant et nécessaire sur l’enfermement, la maternité et la résistance, qui rappelle combien il est essentiel de faire sortir de l’ombre celles que l’Histoire a trop longtemps condamnées au silence.

Éditeur ‏ : ‎ Vents d’Ouest Date de publication ‏ : ‎ 26 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 112 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2749310288 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2749310282

Oscar et la fille de l’île fantôme T1 de Christophe Ferreira

Oscar, le fils du boulanger est bien connu dans la ville de Portbeaumare. Entre deux romans de piraterie, il ne rêve que d’une chose : partir à l’aventure pour écumer les mers ! Un matin, alors qu’il livre le pain sur L’Impétueux, un grand voilier amarré au port, il rencontre Carole, une mystérieuse fille aux cheveux bleus. Intrigué, il ne peut s’empêcher de le raconter à son ami Jéo, mais les murs ont des oreilles et son indiscrétion pourrait bien nuire à la jeune fille.

Christophe Ferreira nous embarque dans une aventure maritime pleine de mystère, portée par un jeune héros qui rêve justement de quitter son quotidien pour découvrir le monde. Oscar est le fils du boulanger de Portbeaumare. Lorsqu’il ne travaille pas, il dévore des romans de piraterie et s’imagine déjà parcourant les océans à bord de grands voiliers.

Mais pour l’instant, l’aventure se limite surtout à ses lectures et aux livraisons de pain qu’il effectue pour son père. Jusqu’au matin où il monte à bord de L’Impétueux, imposant navire amarré dans le port, et aperçoit une étrange jeune fille aux cheveux bleus.

Elle s’appelle Carole et sa présence semble entourée de nombreux secrets.

Oscar ne résiste évidemment pas à l’envie de raconter cette rencontre à son ami Jéo. Une indiscrétion qui pourrait avoir de lourdes conséquences, car à Portbeaumare, certaines informations attirent rapidement les mauvaises oreilles. Sans vraiment le vouloir, le garçon vient peut-être de mettre Carole en danger.

Ce premier tome repose ainsi sur un ressort particulièrement efficace : Oscar rêvait d’aventure sans imaginer qu’elle pouvait surgir au beau milieu de son quotidien. La rencontre avec Carole ouvre progressivement la porte vers un monde plus vaste, où les histoires de marins et les mystères qu’il affectionne pourraient être beaucoup plus réels qu’il ne le pensait.

Christophe Ferreira installe également une jolie dynamique autour de la curiosité de son héros. Oscar est enthousiaste et attachant, mais découvre que les paroles peuvent avoir des conséquences. Son envie de partager un secret devient ainsi le point de départ d’une situation qu’il va devoir assumer.

L’univers maritime apporte immédiatement beaucoup de charme à l’ensemble. Le port, les bateaux et la promesse des îles lointaines nourrissent l’imaginaire d’un récit qui retrouve le plaisir des grandes histoires d’aventure tout en développant son propre mystère autour de Carole et de cette fameuse île fantôme.

Le dessin de Christophe Ferreira accompagne parfaitement cette invitation au voyage. Les décors portuaires, les navires et les personnages donnent une véritable identité à Portbeaumare, tandis que les cheveux bleus de Carole renforcent immédiatement l’étrangeté qui l’entoure.

Ce premier volume prend le temps d’installer ses personnages et ses secrets tout en faisant naître une véritable envie d’ailleurs. Derrière la rencontre entre Oscar et Carole se profile déjà une aventure où piraterie, amitié, dangers et mystères maritimes devraient largement dépasser les rêves du jeune garçon.

Un premier tome charmant et prometteur, porté par le goût de l’aventure et une mystérieuse héroïne venue bouleverser le quotidien d’un garçon qui rêvait justement de prendre le large. Christophe Ferreira ouvre les portes d’un univers maritime plein de secrets où Oscar pourrait bientôt découvrir que vivre une aventure est autrement plus dangereux que de la lire.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 9 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 88 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810202648 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810202645

Le roman des Goscinny (tome 2): Un gaulois immortel de Catel

C’est le scénariste qui nous a tant donné : un héros immortel, Astérix ; et ses amis, envahisseurs, druide, barde, chef ou César ; un monde bagarreur, amical, plein de fantaisie et de passion pour l’histoire ; des thèmes légendairement traités, capitalisme (Obélix et Cie), découverte du pays (Le Tour de Gaule), sans oublier les expéditions, jusqu’aux vikings et à l’Egypte de Cléopâtre…. Ce génie qui a forgé notre imaginaire, c’est René Goscinny. Il nous a offert des lieux (Petitbonum), des mots légendaires (Ils sont fous ces romains), quelques données de latin (alea jacta est), un certain sens de l’amitié, du désaccord, de la résistance, de l’aventure. Tout un rêve gaulois…

*

Avec Un Gaulois immortel, second volet de son ambitieux diptyque biographique consacré à la dynastie Goscinny, Catel Muller livre une somme graphique et documentaire de premier ordre, auscultant les rouages d’un des plus spectaculaires triomphes culturels du XXᵉ siècle. S’ouvrant sur l’effervescence de la fin des années 1950, l’album retrace minutieusement l’âge d’or d’un créateur prolifique, de la création fondatrice du journal Pilote jusqu’à l’ascension fulgurante d’Astérix le Gaulois, devenu en quelques années un emblème patrimonial et un phénomène d’édition planétaire. L’autrice décortique avec une remarquable acuité critique la mécanique de précision propre à René Goscinny, scénariste visionnaire qui a su transformer la bande dessinée en une caisse de résonance sociologique d’une rare élégance : sous le vernis du burlesque et des anachronismes savoureux, des chefs-d’œuvre comme Obélix et Compagnie, Le Tour de Gaule ou Astérix et Cléopâtre imposaient une lecture mordante de la société de consommation, de l’identité nationale et de la géopolitique, tout en léguant à la langue française une verve satirique inoubliable, des citations latines détournées aux célèbres camps romains retranchés. Cependant, la force de cet opus réside dans son refus de l’hagiographie complaisante ; Catel y met en lumière la face d’ombre de cette réussite industrielle colossale, explorant l’épuisement physique d’un auteur aux prises avec un rythme d’écriture stakhanoviste — menant de front les destinées d’Astérix, de Lucky Luke, d’Iznogoud et du Petit Nicolas —, les tensions intestines avec les éditeurs, ainsi que la fracture intime et générationnelle causée par la fronde de Mai 68 au sein même de sa rédaction. Par un trait expressif, nourri de témoignages d’époque et d’une rigueur historiographique irréprochable, l’album saisit toute l’ambivalence d’un homme mélancolique, pudique et intransigeant, dont l’éthique de travail et le sens aigu de la dramaturgie ont hissé le divertissement populaire au rang d’art majeur. Il en résulte un ouvrage de référence, d’une grande densité narrative, qui rend un hommage magistral à l’architecte intellectuel du rire moderne.

Éditeur ‏ : ‎ Grasset Date de publication ‏ : ‎ 10 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2246813492 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2246813491

Le Gourmet solitaire de Jirô Taniguchi (Dessins, Rédacteur)

On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Né en 1994, le gourmet solitaire a conquis, au fil de décennies de flâneries propices à des expériences culinaires précieuses et intimes, un public japonais et occidental toujours grandissant. Ces 32 repas sont ici réunis pour la première fois en sens de lecture japonais.

Jirô Taniguchi transforme un geste aussi quotidien que celui de prendre un repas en expérience intime, contemplative et profondément humaine. Son gourmet solitaire n’a rien d’un critique gastronomique à la recherche des meilleures tables. Il préfère les petits restaurants, les établissements de quartier et cette cuisine simple qui raconte souvent beaucoup plus qu’un plat sophistiqué.

On sait finalement peu de choses de cet homme. Il travaille dans le commerce, voyage régulièrement, apprécie les femmes mais tient à son indépendance. Cette discrétion participe pleinement au charme du personnage. Son identité se construit moins à travers une biographie que par ses habitudes, ses déplacements, ses observations et surtout ses choix lorsqu’arrive l’heure de manger.

Chaque repas devient ainsi une petite aventure. Le gourmet marche dans un quartier, observe les vitrines, hésite entre plusieurs établissements, consulte un menu puis finit par s’installer. L’enjeu peut sembler minuscule, mais c’est précisément cette attention portée aux détails du quotidien qui donne au manga toute sa saveur.

Les plats occupent naturellement une place centrale. Leur présentation, les textures et les réactions du personnage donnent presque l’impression de partager son repas. Pourtant, l’œuvre ne se réduit jamais à une succession de spécialités japonaises. Manger devient une manière d’observer un lieu et ceux qui l’habitent.

Le gourmet regarde les autres clients, écoute les conversations et s’imprègne de l’atmosphère des quartiers qu’il traverse. Un restaurant populaire peut alors devenir le point de départ d’un souvenir ou d’une réflexion. La gastronomie fonctionne comme une porte ouverte sur le Japon du quotidien, loin des lieux touristiques et des tables prestigieuses.

La solitude du personnage n’est d’ailleurs jamais présentée comme quelque chose de nécessairement triste. Elle lui permet de prendre son temps, de regarder autour de lui et de choisir librement ses destinations. Il existe un véritable plaisir à déjeuner seul, sans autre contrainte que son envie du moment.

Le dessin de Jirô Taniguchi excelle dans cette observation minutieuse. Les rues, les façades, les salles de restaurant et les assiettes sont représentées avec une précision qui donne immédiatement envie de s’attarder. Son trait réaliste accompagne parfaitement le rythme paisible de ces promenades gourmandes.

Réunir ces 32 repas permet également de mesurer la singularité d’une œuvre née en 1994 et devenue progressivement incontournable auprès des lecteurs japonais comme occidentaux. Cette édition en sens de lecture japonais offre une belle occasion de parcourir ou de redécouvrir ces flâneries dans leur continuité.

Le Gourmet solitaire rappelle finalement que la gastronomie ne se trouve pas uniquement dans l’exceptionnel. Un plat populaire découvert au hasard d’une rue peut devenir un souvenir précieux simplement parce qu’il correspond parfaitement à un lieu et à un instant.

Une œuvre délicieuse et contemplative qui célèbre autant le plaisir de manger que celui de prendre son temps. À travers ses restaurants de quartier et ses repas solitaires, Jirô Taniguchi fait de la cuisine quotidienne un formidable terrain d’observation du Japon, des autres et de soi-même

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 16 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203221534 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203221536

Hilda & Twig: Hilda et Twig trouvent une météorite (3) de Luke Pearson (Dessins, Rédacteur)

Ce soir, c’est camping pour Hilda et Twig ! Et ça tombe bien, la nuit est dégagée, ils vont pouvoir en profiter pour observer les étoiles et imaginer toutes les créatures bizarres qui peuplent les mystérieuses planètes au-dessus de leurs têtes… C’est alors qu’une étoile filante traverse le ciel pour atterrir dans les bois voisins, et Hilda insiste pour en ramener un morceau à la maison, bien sûr ! Une nouvelle mission commence alors pour Twig : sauver son amie d’un danger venu d’un autre monde…

Luke Pearson retrouve Hilda et Twig pour une nouvelle aventure où la curiosité et l’imagination transforment une simple nuit de camping en rencontre avec l’inconnu. Tout commence pourtant tranquillement : sous un ciel parfaitement dégagé, les deux amis profitent de leur soirée pour observer les étoiles et imaginer les créatures étranges qui pourraient vivre sur les planètes lointaines.

Mais avec Hilda, l’aventure n’est jamais très loin. Lorsqu’une étoile filante traverse soudainement le ciel avant de s’écraser dans les bois voisins, impossible pour la jeune exploratrice de résister à l’envie d’aller voir ce qui s’est passé. Et puisqu’une météorite vient de tomber presque à côté d’eux, pourquoi ne pas en rapporter un morceau à la maison ?

Cette curiosité, qui constitue depuis toujours l’une des grandes qualités d’Hilda, devient rapidement la source de nouveaux ennuis. Ce qui vient de tomber du ciel n’est peut-être pas aussi inoffensif qu’une simple pierre, et la petite excursion nocturne prend une tournure autrement plus inquiétante.

Twig se retrouve alors au premier plan. Habituellement compagnon fidèle des explorations d’Hilda, il doit cette fois prendre les choses en main pour protéger son amie face à un danger venu d’un autre monde. Ce changement de perspective permet de mettre en valeur son courage et surtout l’attachement profond qui unit les deux personnages.

Luke Pearson conserve tout ce qui fait le charme de son univers : une nature mystérieuse, des créatures inattendues et cette frontière constamment mouvante entre le quotidien et le merveilleux. Une forêt, quelques étoiles et une météorite suffisent pour ouvrir la porte à une aventure fantastique où l’étrange semble pouvoir surgir derrière chaque arbre.

Le récit joue également avec une idée particulièrement amusante : après avoir passé la soirée à imaginer les habitants de planètes inconnues, Hilda et Twig pourraient bien découvrir qu’il faut parfois se méfier de ce que l’on souhaite rencontrer. L’imagination enfantine se confronte soudainement à une réalité beaucoup plus surprenante.

Le dessin de Luke Pearson accompagne parfaitement cette atmosphère. Son univers graphique immédiatement reconnaissable donne autant d’importance aux grands espaces qu’aux expressions des personnages, permettant de passer naturellement de l’émerveillement devant le ciel étoilé à la tension de cette étrange rencontre.

Mais derrière le fantastique demeure surtout la belle complicité entre Hilda et Twig. Leur relation constitue le véritable cœur de l’histoire : partir à l’aventure est toujours plus facile lorsque l’on sait pouvoir compter sur quelqu’un au moment où la situation nous échappe.

Une nouvelle aventure pleine de charme, de mystère et d’imagination, qui transforme une nuit sous les étoiles en véritable périple extraterrestre. Luke Pearson rappelle une fois encore que la curiosité ouvre parfois la porte aux plus merveilleuses découvertes… mais qu’elle peut également attirer des ennuis venus de beaucoup plus loin qu’on ne l’imaginait.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 9 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203302534 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203302532

Le débutant: Quand Steven n’était pas Spielberg de Antoine Schiffers (Dessins), Damien Maric (Rédacteur)

En 1974, Steven Spielberg, 27 ans, entame le tournage de Jaws (Les Dents de la mer). Si au départ il souhaite réaliser un film d’aventures dans la lignée des classiques hollywoodiens, une pression croissante due à des problèmes de production (absence du requin, accidents, hostilité des insulaires, tensions au sein de l’équipe, sabotage, dépassement budgétaire…) le pousse à revoir son approche. Malgré le soutien psychologique et créatif de la monteuse Verna Fields et de l’actrice Lorraine Gary, le jeune réalisateur craque et cède à la panique. Et pourtant, contre toute attente… ce film inaugure l’ère des blockbusters et fait évoluer durablement l’industrie cinématographique par sa manière de produire, de commercialiser mais aussi de distribuer les films.

Damien Maric et Antoine Schiffers choisissent de raconter Steven Spielberg avant qu’il ne devienne véritablement « Spielberg », en revenant sur le tournage chaotique des Dents de la mer, celui qui aurait pu briser la carrière du jeune cinéaste mais qui va finalement contribuer à construire sa légende.

En 1974, Spielberg n’a que 27 ans lorsqu’il se lance dans l’adaptation de Jaws. Son ambition est alors de réaliser un grand film d’aventures dans la tradition hollywoodienne. Mais le tournage va rapidement se transformer en cauchemar. Le requin mécanique refuse de fonctionner correctement, les accidents se multiplient, les relations avec les habitants se compliquent, des tensions apparaissent au sein de l’équipe et le budget ne cesse de déraper.

Le Débutant trouve justement son intérêt dans cette fragilité. Il ne raconte pas le Spielberg devenu l’un des réalisateurs les plus célèbres au monde, mais un jeune cinéaste confronté au doute, à la pression et à la peur de voir son film lui échapper. Derrière le futur succès historique apparaît un réalisateur qui cherche encore ses méthodes et doit improviser pour sauver son projet.

L’absence du requin devient évidemment l’un des éléments essentiels de cette histoire. Ce qui constitue alors un problème majeur de production oblige Spielberg à repenser sa mise en scène. Plutôt que de montrer constamment la créature, il doit suggérer sa présence et construire la peur autrement. Une contrainte technique finit ainsi par nourrir la créativité du film, rappelant que certaines des meilleures idées de cinéma naissent précisément lorsqu’un réalisateur ne peut pas tourner ce qu’il avait initialement imaginé.

Damien Maric s’intéresse également à celles et ceux qui entourent Spielberg pendant cette période particulièrement difficile. La monteuse Verna Fields et l’actrice Lorraine Gary occupent notamment une place importante dans cet accompagnement humain et créatif. Le récit rappelle ainsi qu’un film, même lorsqu’il est ensuite associé au nom d’un grand réalisateur, reste toujours une aventure collective.

La bande dessinée ne cherche pas à transformer rétrospectivement chaque difficulté en signe annonciateur du génie. Elle montre au contraire la panique, les erreurs, les hésitations et l’épuisement d’un jeune homme qui ignore encore si son projet aboutira. Cette approche rend le personnage beaucoup plus accessible et donne au récit une dimension presque initiatique.

Le dessin d’Antoine Schiffers restitue efficacement l’agitation du plateau, les moments de tension et les coulisses d’un tournage qui semble constamment au bord de l’effondrement. La bande dessinée constitue d’ailleurs un format particulièrement adapté pour raconter cette fabrication du cinéma, en passant du plateau aux discussions d’équipe et aux difficultés techniques.

Le paradoxe est évidemment savoureux : tout ce qui semble annoncer une catastrophe va contribuer à donner naissance à un phénomène. Les Dents de la mer ne deviendra pas seulement un immense succès populaire. Sa production, sa promotion et surtout son mode de distribution vont participer à transformer durablement l’industrie hollywoodienne et à installer le modèle du blockbuster moderne.

Le Débutant raconte donc moins la naissance d’un film culte que celle d’un cinéaste. Spielberg n’y apparaît pas encore comme le réalisateur assuré que l’histoire du cinéma retiendra, mais comme un jeune homme dépassé par une production devenue incontrôlable et obligé d’inventer des solutions pour continuer.

Une bande dessinée passionnante sur les coulisses des Dents de la mer, qui rappelle qu’avant les succès et les chefs-d’œuvre, il y eut les doutes, les accidents et la peur de l’échec. Damien Maric et Antoine Schiffers racontent avec beaucoup d’intérêt ce moment où un « débutant » de 27 ans, presque malgré lui, était en train de changer Hollywood

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 16 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203303689 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203303683

L’Étrange Boutique de Monsieur Nekomata de Monaka

Dans la ville de Ciel-sur-Mer, Monsieur Nekomata est un antiquaire pour le moins singulier. À l’intérieur de sa boutique perchée au-dessus des nuages sont accueillis les humains égarés qui viennent s’échouer dans ce lieu où les objets ont une âme.

Monaka nous entraîne dans un univers suspendu entre rêve et réalité, au cœur de Ciel-sur-Mer, une ville aussi mystérieuse que poétique. C’est là que se trouve l’étrange boutique de Monsieur Nekomata, un antiquaire loin d’être ordinaire dont l’établissement, perché au-dessus des nuages, accueille des humains égarés et des objets qui semblent posséder leur propre âme.

Mihato est la dernière à avoir échoué dans cet endroit. Désorientée et privée de ses souvenirs, elle reste persuadée qu’elle finira par se réveiller de ce rêve étrange. En attendant de comprendre ce qui lui est arrivé, elle accepte la proposition de Monsieur Nekomata : travailler comme vendeuse dans sa boutique en échange du gîte et du couvert.

Cette situation permet à Monaka d’installer progressivement son univers. La boutique devient un lieu de passage où chaque objet semble porter une histoire et où les frontières entre les humains, les souvenirs et le merveilleux deviennent particulièrement fragiles. Derrière l’apparente douceur du quotidien plane pourtant constamment une question : pourquoi Mihato est-elle arrivée ici ?

Monsieur Nekomata contribue largement au charme du récit. Énigmatique, il semble connaître les règles de cet univers bien mieux que sa nouvelle employée, sans pour autant lui fournir immédiatement toutes les réponses. Sa boutique devient alors autant un refuge qu’un espace où Mihato va devoir affronter ce qu’elle a oublié.

Le manga prend le temps de créer une atmosphère apaisante et mélancolique plutôt que de précipiter les révélations. Les journées passent, Mihato s’habitue progressivement à cette existence singulière, mais sa mémoire refuse toujours de revenir. Ce qui ressemblait à une parenthèse temporaire commence alors à prendre une tout autre signification.

Car sous ses allures de récit merveilleux, L’Étrange Boutique de Monsieur Nekomata parle aussi de mémoire, d’attachement et de ce que les objets conservent de ceux qui les ont possédés. Donner une âme aux choses permet de questionner les souvenirs que nous leur associons et la manière dont certains fragments du passé continuent de nous accompagner.

Le mystère entourant Mihato apporte progressivement une dimension plus émouvante au récit. Elle cherche une explication familière à ce qui lui arrive, mais la vérité qui l’attend n’est pas nécessairement celle qu’elle espérait. Cette révélation donne une nouvelle lecture à son séjour à Ciel-sur-Mer et aux rencontres effectuées dans la boutique.

Monaka réussit ainsi à associer fantastique, douceur et mélancolie dans un univers qui possède une véritable identité. L’étrangeté n’est jamais utilisée uniquement pour provoquer : elle accompagne une histoire plus intime sur la mémoire et la difficulté de comprendre ce que l’on a laissé derrière soi.

Un manga délicat et mystérieux, porté par une boutique hors du temps, des objets dotés d’une âme et une héroïne en quête de ses souvenirs. Derrière son univers chaleureux et merveilleux se cache une histoire plus mélancolique qu’il n’y paraît, où retrouver la mémoire signifie parfois découvrir une vérité que l’on n’était pas encore prêt à envisager.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 26 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 281021025X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810210251