Toi & Moi de PACCO

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Toi & Moi, la BD qui rend amoureux. Après plusieurs albums sur sa vie de papa solo et sur sa famille recomposée, Pacco nous parle cette fois du couple.

Chronique : Avec Toi & Moi, Pacco nous livre une œuvre pleine de tendresse qui célèbre l’amour et la complicité au sein du couple. Après s’être fait connaître à travers des albums marqués par son humour sur la paternité et la vie de famille recomposée (Maé, Un papa, une maman, une famille comme les autres), l’auteur et dessinateur explore cette fois-ci la vie amoureuse avec une approche qui tranche radicalement avec les visions cyniques souvent présentes dans la bande dessinée contemporaine. Toi & Moi se veut un hommage léger et sincère à ces petites joies du quotidien partagé, aux instants de complicité qui, loin des grandes déclarations, construisent durablement l’amour.

Pacco prend le parti d’un récit sans artifices ni drames, préférant s’attarder sur la simplicité des moments de vie à deux. Son regard tendre et bienveillant nous invite à réévaluer la beauté des petites choses : un café bu ensemble le matin, un mot doux glissé au détour d’une conversation, ou encore un fou rire partagé après une journée éreintante. À travers un dessin minimaliste mais expressif, il capture ces instants du quotidien que l’on vit tous, mais qu’il sublime par sa narration, les rendant universels et intemporels.

Ce qui fait la force de Toi & Moi, c’est justement cette capacité à rendre le quotidien aussi captivant que réconfortant. Sans chercher l’extraordinaire, Pacco démontre que le bonheur réside dans ces gestes anodins qui, mis bout à bout, tissent une relation solide et pleine de complicité. Le couple y est décrit comme une bulle protectrice, où l’humour et la tendresse sont les piliers d’une relation durable. Ici, pas de sarcasme ou de désillusion : Pacco choisit d’illustrer l’amour sous son jour le plus doux, célébrant ces moments où tout semble aller de soi, où l’on se comprend d’un regard.

La bande dessinée se déploie en saynètes courtes et rythmées, chacune racontant un instantané de la vie de couple. Ces petites histoires s’enchaînent avec fluidité, soutenues par un humour fin et accessible qui ne tombe jamais dans la caricature. Que ce soit un malentendu anodin sur les tâches ménagères, une soirée sous la couette devant une série ou encore une petite surprise imprévue, chaque scène reflète un vécu partagé par tous les couples. Ce réalisme léger, croqué avec un sourire, est sans doute l’un des plus grands atouts de l’album. Loin des grandes histoires d’amour tumultueuses ou des récits sur la crise du couple, Toi & Moi se veut un rappel chaleureux que l’essentiel se cache dans la simplicité des relations du quotidien.

La force émotionnelle de Toi & Moi réside dans sa capacité à réveiller en chacun un sentiment de nostalgie joyeuse. À la lecture de cet album, on se surprend à sourire, à repenser à ces petites attentions que l’on a partagées avec son ou sa partenaire, et à ressentir ce besoin de prolonger ces moments. C’est une œuvre qui appelle à se poser, à savourer la tendresse et la complicité qu’offre la vie de couple, loin des tumultes du monde extérieur.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (2 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203289791 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203289796

l’esprit Coubertin De Jérémie Sein | Par Jérémie Sein, Mathias Gavarry Avec Benjamin Voisin, Emmanuelle Bercot, Rivaldo Pawawi

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Après dix jours de compétition, les Jeux sont un fiasco pour la délégation française qui ne parvient pas à gagner de médaille d’or

Chronique : « L’esprit Coubertin » est une comédie dramatique qui nous plonge au cœur des Jeux Olympiques, un événement emblématique chargé d’espoir et de rivalités. Réalisé par Jérémie Sein et coécrit avec Mathias Gavarry, le film explore les défis auxquels sont confrontés les athlètes, en particulier la délégation française, dont les performances laissent à désirer après dix jours de compétition.

Au centre de l’histoire se trouve Paul, interprété par Benjamin Voisin, un jeune tiriste au potentiel indéniable mais à la maturité douteuse. Alors que tous les espoirs de la France reposent sur ses épaules, Paul se révèle être à la fois immature et peu réfléchi, ce qui crée une tension palpable. Le film réussit à capturer cette pression, tant sur le plan personnel que collectif, en mettant en lumière le poids des attentes qui pèsent sur les athlètes.

L’intrigue prend une tournure inattendue lorsque Paul se voit contraint de partager sa chambre avec un nageur, Rivaldo Pawawi, dont les préoccupations semblent davantage tournées vers les plaisirs du village olympique que vers la compétition elle-même. Ce duo improbable devient rapidement le cœur du film, avec leurs interactions pleines de malice et de rivalité. La dynamique entre Paul et son colocataire crée des moments comiques mais aussi des réflexions plus profondes sur la discipline, le sacrifice et les véritables valeurs du sport.

Emmanuelle Bercot, dans le rôle d’un entraîneur déterminé, apporte une touche de sérieux au récit. Son personnage incarne la voix de la raison et les défis auxquels les entraîneurs doivent faire face pour motiver des athlètes parfois perdus dans l’ombre des attentes. Elle souligne l’importance de la préparation mentale, un aspect souvent négligé dans le sport de haut niveau.

Visuellement, « L’esprit Coubertin » est bien réalisé, avec une photographie qui capte l’énergie des Jeux, des scènes d’entraînement intenses aux moments de détente au village olympique. La bande sonore dynamise le récit, accentuant les émotions des personnages et les enjeux de la compétition.

À travers l’histoire de Paul, le film aborde des thèmes universels tels que la recherche de soi, l’importance de l’amitié et la notion d’échec. L’esprit de Coubertin, qui prône l’idée que « l’important est de participer », trouve un écho fort dans le parcours de Paul, qui apprend à se dépasser et à embrasser la véritable essence du sport au-delà des médailles.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Jérémie Sein Format ‏ : ‎ Couleur, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 18 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 9 octobre 2024 Acteurs ‏ : ‎ Benjamin Voisin, Emmanuelle Bercot, Rivaldo Pawawi, Grégoire Ludig, Laura Felpin Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out

Le Fantôme de Canterville De Kim Burdon, Robert Chandler | Par Giles New, Keiron Self Avec Stephen Fry, Freddie Highmore, Hugh Laurie

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Le fantôme Sir Simon de Canterville effraie tous ceux qui tentent de venir habiter sa demeure. Jusqu’au jour où la famille Otis vient s’installer…

Chronique : « Le Fantôme de Canterville » est une adaptation animée d’un classique de l’humour fantastique, basé sur la nouvelle de l’écrivain américain Oscar Wilde. Dans ce film, les réalisateurs Kim Burdon et Robert Chandler nous plongent dans un univers où le comique se mêle à l’aventure, tout en explorant les thèmes de la peur, du courage et de l’acceptation.

L’histoire suit le fantôme Sir Simon de Canterville, une apparition qui a su effrayer tous les précédents occupants de sa demeure historique. Avec ses cris sinistres et ses apparitions spectrales, il incarne le stéréotype du fantôme terrifiant, mais tout bascule lorsque la famille Otis, des Américains modernes et désinvoltes, emménage dans le château. Leur attitude pragmatique face au surnaturel et leur humour désinvolte transforment rapidement la dynamique entre le fantôme et ses nouveaux locataires.

Stephen Fry prête sa voix à Sir Simon, offrant une performance à la fois comique et touchante, réussissant à rendre le personnage à la fois hilarant et pathétique. Le contraste entre le fantôme désespéré et les membres de la famille Otis, notamment le jeune et courageux Freddie Highmore, crée des moments de pure comédie. Hugh Laurie, quant à lui, incarne le patriarche de la famille avec un charme désinvolte, ajoutant une dimension chaleureuse à l’ensemble.

L’animation est colorée et vivante, capturant l’esprit de l’œuvre de Wilde tout en apportant une touche contemporaine. Les décors du château, à la fois majestueux et inquiétants, servent de toile de fond à cette comédie burlesque, tandis que les séquences d’action sont dynamiques et entraînantes.

Au-delà de l’humour et de l’aventure, le film aborde des thèmes universels tels que la peur de l’inconnu, l’importance de la famille et l’acceptation des différences. La relation entre Sir Simon et les Otis évolue de manière touchante, mettant en lumière le pouvoir de la compréhension et de l’empathie.

« Le Fantôme de Canterville » est une œuvre qui saura séduire petits et grands, mêlant rires et réflexions dans un cadre enchanteur. C’est une belle réussite d’adaptation qui fait honneur à l’esprit de Wilde tout en apportant une modernité rafraîchissante.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Kim Burdon, Robert Chandler Format ‏ : ‎ PAL, Couleur Durée ‏ : ‎ 1 heure et 30 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 9 octobre 2024 Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

J’ai commencé par mourir de Gilles Legardinier

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En débarquant dans un village perdu de la côte écossaise, Christopher Runyard est convaincu que sa présence n’est due qu’à un malentendu.

Chronique : Gilles Legardinier, connu pour ses récits touchants et souvent teintés d’humour, nous offre avec « J’ai commencé par mourir » une œuvre qui s’éloigne des sentiers battus de la comédie pour plonger dans les profondeurs du mystère et du suspense. Dès les premières pages, le lecteur est introduit à Christopher Runyard, un protagoniste en quête de réponses, qui débarque dans un village perdu de la côte écossaise, persuadé que sa présence n’est qu’un malentendu. Cette installation, qui pourrait sembler banale, s’avère rapidement le point de départ d’une aventure teintée de secrets anciens et de tragédies récurrentes.

Le village, avec son ambiance à la fois pittoresque et troublante, devient un personnage à part entière. Legardinier excelle à peindre des paysages à couper le souffle, où la mer tumultueuse et les falaises abruptes contrastent avec la tranquillité apparente des habitants. Pourtant, derrière cette façade sereine se cache un passé lourd de conséquences : des siècles de rivalités et de conflits sont liés à un secret qui continue d’empoisonner la vie de ceux qui y vivent. Les descriptions minutieuses de l’environnement renforcent l’atmosphère inquiétante qui imprègne le récit, créant une tension palpable à chaque page.

Alors que Runyard s’efforce de s’adapter à ce nouveau cadre, il se rend rapidement compte que les habitants ne sont pas seulement réticents à l’accueillir, mais qu’ils sont aussi profondément marqués par des événements tragiques. La mort mystérieuse de plusieurs villageois éveille les soupçons et soulève des interrogations. Runyard, qui se retrouve rapidement sur la liste des victimes potentielles, doit apprendre à naviguer dans un réseau d’intrigues et de faux-semblants. Qui peut-on vraiment croire dans ce village où chaque regard semble porter un jugement, où chaque sourire cache un secret ?

L’intrigue se déroule comme un véritable puzzle, chaque pièce révélant davantage la complexité des relations humaines. Legardinier joue habilement avec les attentes du lecteur, introduisant des retournements de situation qui ne manquent pas de surprendre. Les personnages sont finement esquissés, chacun avec ses propres motivations et traumatismes, rendant la quête de Runyard d’autant plus captivante. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, la tension monte, et le lecteur est entraîné dans une spirale d’émotions qui va bien au-delà du simple suspense.

Ce qui distingue particulièrement « J’ai commencé par mourir », c’est la profondeur des thèmes abordés. À travers les épreuves que traverse Runyard, Legardinier soulève des questions fondamentales sur l’identité et la valeur de l’être humain. Qui sommes-nous réellement lorsque notre vie est menacée ? Que révélons-nous de nous-mêmes face à l’adversité ? Ces réflexions résonnent fortement, invitant le lecteur à une introspection personnelle tout en étant absorbé par le récit.

Dans un style qui allie clarté et richesse d’évocation, Legardinier parvient à créer une atmosphère immersive, captivant le lecteur de bout en bout. « J’ai commencé par mourir » n’est pas seulement un thriller, mais une exploration profonde des relations humaines, des secrets du passé et des luttes internes.

Éditeur ‏ : ‎ FLAMMARION (2 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 496 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2080258192 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2080258199

La fille aux cheveux turquoise de Elena Triolo

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Toscane, 1871, Giovannina, petite fille de 7 ans vit sur le magnifique domaine Il Bel Riposo propriété des Lorenzini, où son père est jardinier.

Chronique : Dans La fille aux cheveux turquoise, Elena Triolo nous plonge avec tendresse et mélancolie dans l’Italie de 1871, au cœur de la Toscane, où la nature luxuriante du domaine Il Bel Riposo sert de toile de fond à une histoire touchante d’amitié et de créativité.

Nous faisons la connaissance de Giovannina, une fillette de 7 ans, qui grandit dans l’ombre des riches Lorenzini, où son père exerce comme jardinier. Sa curiosité enfantine et son esprit espiègle la poussent à se cacher après une bêtise, entraînant une rencontre inattendue avec Carlo, le frère excentrique du propriétaire. Ce dernier, marqué par le deuil de sa sœur Marianna, se retrouve dans une relation d’égale à égale avec la jeune fille, malgré leurs différences d’âge et de statut.

Ce qui rend cette bande dessinée particulièrement captivante, c’est la manière dont Triolo explore les thèmes de l’amitié et de la solitude. La dynamique entre Giovannina et Carlo est aussi fragile qu’intense, transcendant les barrières sociales et le poids du passé. Carlo, qui se révèle être l’écrivain sous le pseudonyme de Collodi, se transforme au fil des pages, d’un homme tourmenté par son histoire personnelle à un mentor inspirant pour Giovannina, l’initiant au monde de l’écriture et de la narration.

Graphiquement, le style de Triolo est à la fois délicat et évocateur, utilisant des palettes de couleurs douces qui complètent parfaitement le ton nostalgique de l’histoire. Les illustrations capturent avec finesse les émotions des personnages, rendant palpable leur quête de sens et d’évasion dans un monde parfois trop lourd.

La fille aux cheveux turquoise n’est pas seulement une œuvre sur la naissance de l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale, Pinocchio, mais aussi une célébration de l’imagination et de la résilience. Triolo réussit à nous rappeler que, même dans les moments les plus sombres, l’amitié et la créativité peuvent donner un sens à notre existence.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (20 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105317 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105313

La piste de l’Oregon de Eric Corbeyran (Scenario), Jean-Marc Krings (Dessins)

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Au rythme tranquille des bêtes, une caravane de colons partis à la conquête de l’Ouest s’achemine sur la piste de l’Oregon. Les mauvaises rencontres, bandits de grand chemin ou tribus autochtones, ne sont pas rares sur cet itinéraire, et le danger rôde. C’est pourquoi la sécurité et la conduite du convoi sont assurées par Pierre Charpentier, un Français, et son épouse Wakanda.

Chronique : Dans La piste de l’Oregon, Éric Corbeyran et Jean-Marc Krings nous plongent au cœur de l’Ouest américain, à une époque où les caravaniers partaient en quête d’une nouvelle vie, bravant les dangers et l’incertitude. Ce récit, à travers les yeux de Pierre Charpentier, un Français, et sa femme Wakanda, d’origine amérindienne, explore les tensions sociales et raciales qui gangrènent la société de l’époque.

La bande dessinée démarre avec une caravane de colons, avançant à un rythme lent mais soutenu vers l’Oregon, sur une piste semée d’embûches. Dès les premières pages, on est captivé par l’atmosphère pesante qui entoure cette aventure. Si les colons espèrent trouver des terres et un avenir prospère, ils doivent faire face à des obstacles variés : bandits de grand chemin, tensions internes et interactions parfois tendues avec les tribus autochtones. La dynamique entre les personnages est l’un des points forts de cette bande dessinée, où le racisme et les préjugés sont traités avec nuance. Wakanda, en tant qu’Indienne mariée à un Européen, subit des discriminations, ce qui donne au récit une dimension profondément humaine et réaliste.

L’histoire prend une tournure encore plus complexe lorsque Wakanda vient en aide à Cudjoe, un esclave en fuite. Ce geste humanitaire exacerbe les tensions au sein de la caravane, notamment avec le capitaine Patterson, le leader de l’expédition, dont l’autorité vacille. La situation s’envenime lorsqu’un vol est commis chez les fermiers qui ont accueilli les colons, et que Cudjoe est immédiatement accusé. C’est ici que Pierre et Wakanda entrent en scène, résolus à prouver l’innocence de l’homme. À mesure que l’enquête avance, des mystères se dévoilent, comme l’apparition d’une silhouette suspecte autour du campement et la présence d’Indiens qui semblent suivre le convoi de loin.

La force de La piste de l’Oregon réside dans son mélange d’aventure, de suspense et de critique sociale. Les thèmes abordés – le racisme, l’injustice, la cohabitation difficile entre les colons et les autochtones – sont d’une pertinence incontestable. L’intrigue policière qui se développe autour du vol et de l’accusation injuste de Cudjoe sert de toile de fond à une réflexion plus large sur la nature humaine et les dynamiques de pouvoir.

Le dessin de Jean-Marc Krings, dynamique et expressif, capte parfaitement l’ambiance du Far West tout en apportant une touche de modernité au genre. Les paysages désertiques, les visages marqués par la fatigue et la suspicion, ainsi que les scènes d’action, sont magnifiquement rendus, immersifs et pleins de détails.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As; Illustrated édition (18 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 238075862X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380758627

Cizo T05: Pour l’amour du football de Aré

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Découvrez l’incroyable histoire de Zandro Cizo, un chat tigré de 17 ans, future star du ballon rond. D’abord jugé trop chétif pour ce sport, il devient l’espoir d’une Europe devenue fantomatique sur le plan footballistique. Sa chance, Cizo la devra à Mattéo Di Magio, ancien champion bien décidé à redorer le blason de son continent.

Chronique :Dans Cizo T05: Pour l’amour du football, Aré nous propose une aventure aussi singulière qu’attachante avec Zandro Cizo, un chat tigré de 17 ans promis à une carrière de footballeur professionnel. Ce cinquième tome continue de captiver les amateurs de bande dessinée et de sport avec un savant mélange d’humour, de références footballistiques et d’émotions universelles. Aré parvient, une fois de plus, à rendre hommage au monde du ballon rond tout en créant une œuvre accessible à tous, petits et grands, qu’ils soient passionnés de football ou non.

L’histoire de Zandro Cizo est celle d’un outsider, un héros improbable dans un univers qui, de prime abord, ne semble pas fait pour lui. Jugé trop frêle pour le sport roi, Cizo réussit pourtant à inverser les pronostics grâce à son amour du jeu et à la chance offerte par Mattéo Di Magio, ancien champion de football européen. La relation entre Cizo et Mattéo incarne un thème classique du mentorat, où l’expérience et la passion se transmettent pour faire renaître un espoir dans une Europe en déclin sur la scène sportive.

Dans ce tome crucial, Cizo et son équipe sont en demi-finale, opposés aux redoutables Guérilléros, qui mènent par un but d’avance. Il ne reste que 45 minutes pour tenter de renverser la situation, et c’est là que la tension dramatique atteint son apogée. On retrouve un Cizo transformé, enfin en paix avec lui-même après avoir surmonté les traumatismes de son enfance, prêt à se battre pour ses rêves. Avec une équipe solidaire à ses côtés, Cizo est prêt à affronter tous les obstacles sur la route de la Super Coupe des Continents.

Ce tome se démarque non seulement par la progression narrative du personnage principal, mais aussi par la qualité visuelle de ses planches. Aré maîtrise parfaitement l’art de capturer l’intensité des matchs de football tout en insufflant une dimension épique à chaque action. Les amateurs du ballon rond prendront plaisir à déceler les multiples références au football d’hier et d’aujourd’hui, tandis que les autres lecteurs apprécieront l’aspect divertissant et accessible de l’intrigue.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As; Illustrated édition (11 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2380759456 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2380759457

Une Lumière dans la flamme de Jennifer L. Armentrout

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Elle a été envoyée pour le tuer, mais il est le seul à pouvoir la sauver.

Chronique : Dans Une Lumière dans la flamme, Jennifer L. Armentrout poursuit son exploration des terres mythologiques et des intrigues surnaturelles avec une intensité renouvelée. Ce deuxième tome de la série nous plonge dans une quête de survie, de trahison et de rédemption où Sera, l’héroïne, se retrouve seule face à son destin. L’auteure tisse un récit où la frontière entre l’amour et la haine, la confiance et la méfiance, est constamment remise en question, offrant au lecteur une tension palpable tout au long du roman.

L’histoire s’ouvre sur un tournant majeur : la mission secrète de Sera, autrefois cachée, est révélée à Nyktos, le puissant dieu qui, malgré ses sentiments profonds pour elle, voit sa confiance trahie. Ce choc émotionnel laisse Sera isolée, rejetée par ceux qu’elle aimait et qu’elle croyait pouvoir protéger. Toutefois, loin de se laisser abattre, elle trouve dans cette solitude une force nouvelle, une détermination inébranlable à mettre fin à la Gangrène et à renverser Kolis, le faux roi des dieux, dont le règne cruel menace les royaumes.

Ce qui rend Une Lumière dans la flamme captivant, c’est la complexité de ses personnages. Sera n’est pas une héroïne classique ; elle est marquée par ses erreurs, ses doutes, mais aussi par une volonté farouche de se racheter. Sa relation avec Nyktos, bien que brisée par la trahison, évolue tout au long du roman, oscillant entre méfiance, désir et nécessité. Leur dynamique est l’un des piliers de cette intrigue, un mélange de tension romantique et de loyauté mise à l’épreuve. Le chemin vers la réconciliation est semé d’embûches, mais l’alliance forcée entre Sera et Nyktos est aussi un signe d’espoir : ils doivent trouver un terrain d’entente pour vaincre leur ennemi commun.

L’écriture de Jennifer L. Armentrout brille par son rythme effréné et ses scènes d’action, mais elle sait aussi capturer des moments de vulnérabilité, rendant ses personnages profondément humains, même dans un cadre divin et fantastique. Les batailles épiques se mêlent aux dilemmes intérieurs des héros, offrant une dimension émotionnelle qui renforce l’intrigue.

Alors que Nyktos cherche désespérément un moyen de sauver Sera des braises de vie qui menacent sa survie avant son Élévation, les attaques sur les Terres de l’Ombre s’intensifient. L’urgence s’accroît, et l’ombre de Kolis plane, imposant une pression constante sur les personnages. Ce deuxième tome développe les enjeux déjà introduits dans le premier, tout en offrant de nouveaux défis et des révélations qui tiennent en haleine.

Éditeur ‏ : ‎ De Saxus (19 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 768 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378764839 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378764838

Deux amis sur mes épaules de Lee Suyeon

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Et si nos angoisses se personnifiaient et parlaient ? C’est ce qui arrive à Toki, dont le traumatisme vécu dans l’enfance l’accompagne au quotidien sous la forme d’une panthère noire, juchée sur ses épaules, parlant en permanence et isolant la jeune fille.

Chronique : Dans Deux amis sur mes épaules, Lee Suyeon nous entraîne dans une fable contemporaine, profondément introspective, sur la manière dont les traumatismes façonnent notre existence. Le personnage central, Toki, traîne derrière elle un lourd fardeau depuis son enfance : une panthère noire, figure allégorique de ses angoisses et douleurs non résolues. Cette panthère, installée sur ses épaules, murmure sans cesse à son oreille, isolant la jeune fille du monde qui l’entoure. Ce récit poétique et psychologique pose une question universelle : comment vivre avec ses blessures, comment ne pas se laisser engloutir par elles ?

Ce livre, empreint de douceur et de gravité, aborde avec une rare finesse la thématique de la santé mentale. La souffrance de Toki est matérialisée, externalisée sous la forme de cette panthère. La manière dont Suyeon donne vie à cette manifestation symbolique de l’angoisse est à la fois dérangeante et fascinante. Elle met en lumière une vérité que beaucoup redoutent d’affronter : nos peurs et nos souffrances font partie intégrante de notre être, et les refouler ne les rend pas moins présentes. Au contraire, plus elles sont niées, plus elles nous dominent.

La progression de Toki vers la guérison est illustrée par des gestes simples mais symboliques. En apprenant à prendre soin d’un cactus, une plante austère qui ne nécessite que peu d’attention, puis d’un oiseau, un être plus fragile et sensible, elle entame un processus de réconciliation avec elle-même. Ces actions, qui paraissent presque insignifiantes, marquent pourtant une avancée cruciale dans sa capacité à reconnaître et à accepter ses blessures. En prenant soin de ces entités extérieures, elle apprend indirectement à prendre soin d’elle-même.

Deux amis sur mes épaules se lit comme une métaphore élégante de l’acceptation de soi et de la résilience. Lee Suyeon ne donne pas de solutions simples, mais propose une vision nuancée du cheminement vers la guérison. La panthère, qui incarne la part sombre de l’âme de Toki, n’est pas un monstre à abattre, mais une compagne à apprivoiser. L’épanouissement passe par cette confrontation avec soi-même, une introspection douloureuse mais nécessaire.

Au-delà de la dimension psychologique, le roman explore également des thèmes plus larges, comme l’importance des relations humaines dans la reconstruction de soi. Toki, longtemps enfermée dans sa solitude, finit par comprendre que l’amour et le soutien des autres peuvent également être des leviers pour sortir de l’obscurité. Ce message d’espoir, distillé avec pudeur tout au long du récit, laisse entrevoir la possibilité d’un avenir plus serein, où les blessures, loin de disparaître, trouvent leur place dans une existence équilibrée.

Éditeur ‏ : ‎ SEUIL; Illustrated édition (13 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 216 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2021562611

Version 1.0.0

The Scottish Deal de Joanna Aucant

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Rubia travaille pour la famille royale écossaise depuis ses quinze ans. Abandonnée par les siens, elle a trouvé en eux un refuge, de véritables personnes sur qui compter.

Chronique : Joanna Aucant nous plonge dans un monde de romance et de politique avec The Scottish Deal. Ce roman nous présente Rubia, une jeune femme dont le destin est intimement lié à la famille royale écossaise. Depuis ses quinze ans, Rubia a trouvé refuge et soutien auprès de la famille royale après avoir été abandonnée par les siens. Sa loyauté envers la reine la conduit à accepter une mission délicate : jouer le rôle de fiancée du prince Ace Brown, afin de calmer les rumeurs sur son célibat avant son couronnement.

Ce pacte est loin d’être sans complications, car Rubia et Ace ont une histoire chargée de ressentiments. Le passé tumultueux entre les deux personnages ajoute une tension palpable au récit, rendant chaque interaction chargée d’émotion et de conflit.

Aucant excelle dans la création d’une atmosphère de cour où les alliances et les rivalités se mélangent à des sentiments personnels profonds. Les interactions entre Rubia et Ace sont particulièrement bien construites, mêlant jalousie, douleur passée et désir de réconciliation.

Le style d’écriture d’Aucant est à la fois fluide et évocateur, permettant aux lecteurs de s’immerger pleinement dans l’univers écossais et royal qu’elle a créé. Les personnages sont bien développés, avec des motivations claires et des arcs narratifs convaincants qui tiennent le lecteur en haleine.