Nouveau record : la bagatelle de 57 projets LEGO Ideas ont atteint les 10000 votes sur les quatre premiers mois de 2021 et se sont qualifiés pour la première phase de review de l’année, ce qui enterre le précédent record de 35 projets qualifiés pour la seconde phase de review 2020.
Retrouvez le détail des projets sur le blog LEGO Ideas. Il y a encore une fois de tout, et personnellement je ne me risque plus à faire des pronostics : quelques projets me plaisent, mais je préfère attendre le verdict à l’automne plutôt que de me projeter et d’être déçu par les choix de LEGO.
Les volumes de projets et de votes ont explosé depuis le début de la crise Covid, ce qui amène régulièrement des débats sur la pertinence du seuil de 10000 votes nécessaire pour que le projet soit étudié par LEGO. Faudrait-il passer à 20000 votes, au risque de générer dix fois plus de spam “go vote pour mon projet stp” sur les réseaux sociaux ? Faut-il faire le ménage de temps en temps, pour éviter par exemple d’avoir deux nouveaux projets The Office alors que le sujet a déjà été refusé deux fois par LEGO ?
Il serait donc probablement temps de revoir un peu les règles, même si en parallèle LEGO teste actuellement le crowdfunding via Bricklink pour commercialiser certains des projets LEGO Ideas qui avaient atteint 10000 votes mais ont été refusés (Bricklink Designer Program).
À défaut de têtes j’ai mis un bon comics dans mon panier
Lorsque DC comics a permis au romancier Joe Hill, qui se trouve être aussi le fils de Stephen King, de créer son propre label de comics horrifiques je me suis demandé si cela n’était pas la meilleure nouvelle de l’année, bon en même temps ce n’était pas difficile vu que je l’ai appris en plein pendant le premier confinement. Après la lecture de ce premier comics la tendance se confirme, l’auteur de l’excellentissime Locke & key, va éblouir mes lectures de ces histoires terrifiantes.
Pourtant au départ le pitch de ce comics ne m’emballait pas plus que ça. L’histoire de cette jeune étudiante qui passe l’été sur une île de l’État du Maine, aux États-Unis, en compagnie de son petit copain et qui suite à l’évasion de quatre détenus va devoir défendre chèrement sa peau à l’aide d’une hache aux propriétés magiques me semblait un peu trop tiré par les cheveux. Je décidais mine de rien de faire confiance à celui qui a écrit Cornes et le costume du mort sans attendre autre chose de ma lecture qu’un slasher jouissif et pas prise de tête (vous l’avez ? )
Alors il est d’autant plus important que je remercie l’auteur pour cette histoire surprenante, qui prend une direction inattendue et dont la lecture réserve bien des surprises pour qui se laissera emporter par June au cours de cette sanglante nuit. Le premier épisode plante le décor de manière habile et nécessite une relecture immédiate pour en saisir tous les détails que l’on a manqués lors du premier passage. L’auteur s’amuse avec les clichés habituels des récits d’horreur, le shérif débonnaire mais autoritaire, le notable arrogant et veule, le petit ami brave et courageux pour mieux les détourner par la suite. L’auteur sait jouer avec nos attentes pour nous livrer une histoire, non seulement divertissante, mais également empreint d’un sous-texte pertinent.
Dans mon panier il n’y a pas d’œufs ni de lait mais il y a des têtes.
Mais ce panier sanglant que nous offre Hill ne serait rien sans son personnage central. Ce concentré d’adrénaline nommé June Branch. Immédiatement charismatique dès son apparition, cette jeune femme va devoir puiser en elle des ressources insoupçonnées pour devoir faire face à ce qui l’attend. Un personnage fort qui va se heurter à des personnifications de la masculinité toxique pour mieux s’affirmer. Le message féministe n’est pas particulièrement subtil mais il a le mérite d’être convaincant. On a tellement l’habitude de voir des personnages comme June se faire dépecer depuis des décennies dans des franchises comme Vendredi 13 ou Halloween que s’en est d’autant plus jouissif de voir les codes s’inverser dans une histoire remarquablement écrite.
L’artiste Leomacs assure la partie graphique. Si le premier épisode, qui baigne dans une douce lumière de fin d’après-midi estivale, ne m’a guère convaincu, il faut reconnaître que dès que la tension s’installe et que le récit démarre l’artiste signe des planches admirables. Ces illustrations sont à la fois sombres, puissantes et dynamiques. Les cases fourmillent de détails et magnifient le personnage de June, toujours très expressif. Malheureusement difficile d’insérer des photos sans spoiler le récit. Disons juste que si j’avais des doutes au début je suis maintenant persuadé qu’il ne pouvait y avoir d’autres artistes pour illustrer cette nuit de tempête que Leomacs.
Il y en a qui vont passer une sacrée nuit
Le récit s’achève et l’on est presque triste de devoir quitter June mais c’est aussi une volonté des auteurs de proposer un récit qui se suffit à lui-même en 7 épisodes réunit ici en un seul album par Urban comics, qui effectue comme souvent un travail éditorial de qualité. Ainsi on n’aura pas l’occasion de voir June et sa hache mystique se déliter au cours de suites improbables et navrantes. Et c’est peut-être aussi ce qui fait la force de cet excellent comics.
Résumé: June Branch mène une vie des plus tranquilles… jusqu’au jour où quatre criminels parviennent à s’évader de prison et enlever son petit ami, Liam. Pour leur échapper, June n’a d’autre choix que de se munir d’une arme étrange… une hache viking du VIIIe siècle ! Mais celle-ci est dotée de propriétés bien singulières : à même de décapiter un homme, elle laisse cependant les têtes fendues… conscientes ! Pour sauver Liam, June n’a plus qu’une seule solution : garder la tête (ou plutôt tout un panier de têtes) froide…
Chronique : Grande satisfaction de retrouver les gamins d’après l’apocalypse dans cet ex haut lieu du tourisme que fût la ville de Paris. En BD cette fois. Pas question donc ni de spoiler ni de refaire une critique de fond du début de l’oeuvre de M. Bussi, beaucoup l’ont fait, et de manières très diverses sur ce site même. Mais cette BD… Fidélité au roman : rien à dire, on retrouve le fond, l’essence… Quelques scènes raccourcies ou shuntées pour les besoins des 70 pages, mais je trouve que quand cela a été fait, c’est avec habileté. Traits : fins, bien dessinés, dans l’air du temps. N’étant pas un spécialiste, j’ai pensé aux « Légendaires » dans ces personnages aux expressions très marquées, tendance manga ou jeux vidéos. Un petit reproche sur le dessin du loup : progrès à faire ! Police de caractère lisible, ils n’ont pas cédé à la tentation de choisir une police difforme et illisible pour faire djeune, bravo ! Découpage de facture classique mais très bien maîtrisé, aucune difficulté à suivre les actions, les changements de lieux. Couleurs : excellent : vives, changeantes comme les situations, ne cherchant pas à insuffler un ton particulier à l’ensemble, mais servant seulement la narration. Une petite galerie de personnages en deuxième et troisième de couverture très agréables. J’avais trouvé le roman jeunesse très agréable à lire, et je réitère mon appréciation pour cette BD qui est une belle réussite en elle-même. Vous connaissez un gamin ou une gamine confiné(e), inutile d’acheter le livre (désolé M. Bussi ! ), offrez la BD !
Chronique de BurjBabil
Éditeur : Jungle (29 avril 2021) Langue : Français Relié : 67 pages ISBN-10 : 2822232598 ISBN-13 : 978-2822232593
A quel moment de la chronologie officielle Star Wars se déroule l’intrigue de la série animée « The Bad Batch », diffusée sur la plateforme Disney+ dès le 4 mai prochain ?
Le 4 mai prochain, à l’occasion de la journée commémorative Star Wars (« May the Fourth »), Disney Plus va gâter ses abonnés en dévoilant le premier épisode de sa toute nouvelle production originale, The Bad Batch. Spin-off de The Clone Wars, la série animée suit les aventures des membres d’une escouade de clones défectueux spécialisée dans les missions à haut risque.
S’intégrant dans la chronologie officielle de Star Wars, The Bad Batch est ainsi un complément officiel des neuf films de la saga, comme l’est par ailleurs la série live-action The Mandalorian, également proposée par la plateforme Disney Plus.
Tandis que The Clone Wars situait son action entre les Épisodes II et III de la prélogie, la série The Bad Batch se déroule, quant à elle, peu après la fin de la guerre des Clones, soit dans la continuité directe du film La Revanche des Sith, et plusieurs années avant l’intrigue d’Un nouvel espoir, premier volet de la trilogie originale.
L’entre-deux trilogie a déjà été exploré par deux spin-off au cinéma (Solo et Rogue One), ainsi que par la série animée Rebels ; pas tout à fait en terrain inconnu donc, The Bad Batch aura donc pour mission principale de suivre les grandes lignes du canon officiel Star Wars.
Rappelons que la présence de plusieurs personnages bien connus des fans a d’ores et déjà été confirmée : le Grand Moff Tarkin, la tueuse à gages Fennec Shand ou encore le légendaire rebelle Saw Gerrera seront notamment de la partie.
La série animée Star Wars: The Bad Batch est à découvrir sur Disney Plus dès le 4 mai prochain.
Diffusée sur OCS Max, la saison 4 de The Handmaid’s Tale est attendue depuis 20 mois. Annoncée comme celle qui sonne (enfin) la rébellion contre la république de Gilead, tient-elle toutes ses promesses ?
La saison 3 de The Handmaid’s Tale s’est achevée sur un final épique : la libération de dizaines d’enfants grâce à June (Elisabeth Moss) et tout un réseau de la résistance, composé essentiellement de servantes et de marthas. On laissait aussi June en mauvais état, gisant au sol après avoir reçu une balle dans le ventre…
C’était la conclusion haletante, sous forme d’espoir – en demi-teinte, comme toujours dans The Handmaid’s Tale – après une saison mitigée qui a beaucoup divisé les fans et la critique. Le faux rythme de la série et ses retours incessants à la case départ auraient-ils eu raison des fans les plus fidèles ?
Souffrance, colère, frustration, espoir, rage… les émotions s’entrechoquent à chaque visionnage de The Handmaid’s Tale. Et cette nouvelle saison ne fait pas exception. Nous n’avons vu que les trois premiers épisodes de cette saison 4 – diffusés d’un bloc dès ce soir, puis au rythme d’un épisode par semaine – et ce sont déjà des montagnes russes d’émotions contradictoires.
Si la série évolue visuellement, notamment au niveau de la palette graphique beaucoup plus monochrome et dépouillée de ses percées de couleurs vives, les tics de réalisation restent les mêmes. Et le style, ostentatoire, aussi.
Les prises de vues en plongée, juste au-dessus de la tête des personnages, comme celles mettant en scène des bâtiments ou des décors massifs qui écrasent les protagonistes sont toujours omniprésentes. Elles marquent l’enfermement physique, comme mental.
Il est difficile d’expliquer sans spoiler ce qui rend cette saison plus convaincante que les deux précédentes. Mais la principale différence, c’est que les enjeux paraissent plus urgents. Il est évident que The Handmaid’s Tale arrive à un point de bascule, et même si toute tentative de rébellion paraît encore bien fragile face au rouleau-compresseur que représente Gilead, chaque coup porté a valeur de victoire.
Pendant ce temps, à Toronto, vivent dans l’angoisse le mari de June, Luke (O.T. Fagbenle), et sa meilleure amie Moira (Samira Wiley). Quant aux infâmes commandant Fred (Joseph Fiennes) et Serena Waterford (Yvonne Strahovski, toujours aussi effrayante), ils font face à des accusations sévères pour leurs crimes, mais on reste toujours dans une forme de hantise de les voir dévoiler une carte de sortie de leurs manches.
Torture (porn) ?
La rage féministe qui nourrit la série depuis ses débuts est elle aussi bel et bien là. Tout comme la représentation (souvent à la limite du supportable) de la torture, infligée par les figures d’autorité de Gilead.
Dans le troisième épisode, réalisé par Elisabeth Moss qui passe pour la première fois derrière la caméra, June est soumise à des châtiments particulièrement intenses. Chacune de ces scènes flirte allégrement avec le torture porn ; elles jouent ostensiblement avec les nerfs des spectateurs, de même qu’avec des peurs profondes, et provoquent un malaise quasi constant.
Même si la série ne cesse de rejouer des situations identiques, on ne peut que constater l’évolution de June au fil des saisons. Indéniablement, sa colère et son besoin de vengeance l’ont consumée. Dans certaines scènes difficiles, la June actuelle ressemble dangereusement à Tante Lydia (Ann Dowd). Gorgée de haine et le visage crispé, après avoir subi – et subissant encore – l’innommable, June semble désormais prête à l’infliger.
Prime Video ajoute à son catalogue Sans aucun remords, film d’espionnage dans lequel Michael B. Jordan campe un personnage de Tom Clancy.
Un Marine des forces spéciales découvre une conspiration internationale alors qu’il cherche à obtenir justice pour le meurtre de sa femme enceinte. Lorsque des soldats russes tuent sa famille en représailles de son implication dans une opération secrète, le Chef John Kelly poursuit les assassins à tout prix.
En rejoignant les forces de la marine de guerre américaine aux côtés d’un confrère et d’un mystérieux agent de la CIA, la mission de Kelly révèle involontairement un complot secret qui menace d’entraîner les États-Unis et la Russie dans une guerre totale. Tiraillé entre honneur et loyauté envers son pays, Kelly doit combattre ses ennemis sans aucun remords s’il souhaite éviter le désastre et révéler les puissants derrière le complot.
On connaît très bien Jack Ryan, un peu moins John Kelly/John Clark, héros de papier du romancier américain Tom Clancy, spécialiste d’espionnage et de thriller politique. Deux ingrédients qui sont au cœur de Sans aucun remords, qui sort aujourd’hui sur nos petits écrans.
« Enfin ! », nous diront les fans du personnage, tant le projet a mis du temps à arriver. Hollywood s’empare du scénario en 1994 et le propose à Keanu Reeves, qui le refuse. Il passera ensuite entre les mains de plusieurs acteurs : Laurence Fishburne, Gary Sinise, Joaquin Phoenix ou encore Tom Hardy.
C’est finalement un Michael B. Jordan sur-impliqué qui interprétera John Kelly à l’écran. Sur-impliqué, parce qu’il a choisi de réaliser le plus gros de ses cascades, en suivant auparavant un entraînement endurant avec des Marines et des membres des Forces spéciales.
Côté casting, il retrouve à l’écran Jamie Bell, son partenaire de jeu dans Les 4 Fantastiques. Ce dernier joue Robert Rittler, un agent de la CIA très louche qui cache des secrets. Jodie Turner-Smith impressionne quant à elle dans le rôle d’un commandant Navy Seal. Enfin, Guy Pearce vient compléter cette jolie distribution.
Ce revenge movie devra sans conteste plaire aux fans du genre : il est question de complot mixé avec des relents de Guerre Froide, le tout servi par des scènes d’action impressionnantes. Le film s’appelle Sans aucun remords, mais il est surtout sans aucun temps mort.
Certains reconnaîtront peut-être la patte du réalisateur italien Stefano Sollima, derrière les excellents Gomorra, Suburra et Sicario. Si le scénario s’éloigne du roman de Tom Clancy puisqu’il nous raconte comment Kelly a rejoint la CIA, il nuance le personnage en apportant plus d’épaisseur : John Kelly n’est pas qu’un tueur de sang froid, c’est aussi un homme qui pleure la mort de sa femme et de sa fille.
Pensé pour une diffusion sur grand écran, la pandémie mondiale et la fermeture des salles de cinéma dans le monde ont malheureusement mis à mal le plan initial de la Paramount. Après un report de septembre à février 2021, les studios ont choisi de vendre les droits du film à Prime Vidéo. Et c’est sur cette même plateforme que devrait sortir la suite intitulée Rainbow Six, toujours avec Michael B. Jordan.
Disponible dès ce 30 avril sur Netflix, « Innocent » est l’adaptation du livre éponyme de l’auteur Harlan Coben. La mini-série espagnole mélange suspense et mystère dans une enquête palpitante.
Soixante-quinze millions. C’est le nombre d’exemplaires vendus par l’Américain Harlan Coben depuis le début de sa carrière. Avec pas moins de 33 ouvrages, traduits dans 43 langues, l’écrivain est devenu l’une des figures incontestées du roman policier. En 2018, il signe un contrat des plus avantageux avec la plateforme Netflix qui s’engage à adapter 14 de ses livres. Après Safe, Intimidation et Dans les bois, c’est au tour d’Innocent, publié en 2005, d’être transposé sur les écrans.
La série, composée de 8 épisodes, retrouve tous les codes « Cobeniens » qui devraient séduire les fans de l’auteur et les amateurs du genre. L’histoire commence dans une boîte de nuit où Mat, étudiant à l’université, tue involontairement un jeune homme lors d’une bagarre.
Emprisonné pendant 4 ans, le héros tente de refaire sa vie une fois sa liberté retrouvée. Il vit avec Olivia, qui lui annonce sa grossesse. Alors que le bonheur pointe le bout de son nez, le passé de la future maman la rattrape et plonge Mat dans une histoire de meurtre dans laquelle il incarne le suspect idéal.
Si le roman d’origine situe son action aux États-Unis, celle de la mini-série se passe en Espagne. Jusqu’à présent, toutes les adaptations du travail d’Harlan Coben hebergées par Netflix ont été produites dans des pays différents. Mis en scène par Oriol Paulo – scénariste, entre autres, de l’excellent Les Yeux de Julia -, Innocent est porté par un casting entièrement espagnol, mené par Mario Casas, qui retrouve le cinéaste 5 ans après L’Accusé, un autre thriller dans lequel il incarnait déjà un homme suspecté à tort.
L’acteur est entouré de Aura Garrido, Juana Acosta, Josean Bengoetxea ou encore Jordi Coll. Rythmée, efficace et suffisamment addictive pour être vue d’une traite, Innocent a tous les ingrédients nécessaires pour être un nouveau succès pour Harlan Coben.
Disponible depuis le 29 avril sur Netflix, Dans les angles morts est un thriller horrifique qui met en scène un couple à la dérive qui doit faire face à des esprits dangereux. Le film se termine sur une note étrange alors que comprendre de la fin ?
Attention, spoilers. Il est conseillé d’avoir vu le film Dans les angles morts avant de poursuivre la lecture de cet article.
Écrit et réalisé par Shari Springer Berman et Robert Pulcini, Dans les angles morts est une adaptation du roman All Things Cease to Appear d’Elizabeth Brundage. Ce thriller horrifique suit la descente aux enfers de Catherine (Amanda Seyfried) et George Clare (James Norton) ayant emménagé dans une ferme dans la vallée de l’Hudson. Leur demeure, en apparence parfaite pour une vie de famille, se révèle être hantée par les esprits des anciens propriétaires, le couple Calvin et Ella Vayle, disparu étrangement.
Le couple battait déjà de l’aile mais les fantômes de la ferme vont les pousser dans leurs derniers retranchements et surtout révéler la part sombre de George. Alors qu’il trompe sa femme avec Willis (Natalia Dyer), une jeune étudiante, on apprend qu’il a menti pour être engagé en tant que professeur à l’université Sanigaw.
Lorsque son supérieur Floyd (F. Murray Abraham) et sa collègue Justine (Rhea Seehorn) comprennent ses manigances et ses mensonges, George n’hésitera pas à les agresser ou à les tuer. Il en va de même pour Catherine, avertie par l’esprit d’Ella, qui comptait partir avec leur fille. George la tue sauvagement à coup de hache, sous l’emprise de l’esprit de Calvin.
Faisant croire à un cambriolage qui a mal tourné, George fait comme si de rien n’était lorsque la police enquête sur la mort de Catherine. Mais Justine se réveille finalement du coma et fait savoir à George qu’elle sait tout. Pris au piège, le père de famille déraille et part en mer en bateau tout en naviguant vers des flammes qui l’engloutissent. La malédiction continue contre l’oppression masculine
Cette dernière image de George qui s’engouffre dans les flammes en pleine mer est une référence directe à la peinture Vallée de l’ombre de la mort de George Inness qui est en couverture du livre Heaven and Hell du théologien Emanuel Swedenborg, que Floyd avait offert à George pour son premier jour à l’université.
Emanuel Swedenborg théorisait sur le principe de correspondances entre le monde spirituel et le monde matériel, qui s’interpénètrent sans frontière solide. Selon lui, l’individu pourrait choisir librement entre le ciel et l’enfer après la mort dans le lieu intermédiaire des esprits en fonction de sa personnalité, les travailleurs, altruistes et emphatiques iraient plutôt au ciel tandis que les individualistes, avides de pouvoirs et haineux seraient plus intéressés par l’enfer.
La vision des flammes et de la mer de George est une version plus floue que le tableau et avec un détail important : la croix qui brille dans le ciel est inversée, suggérant ainsi que George s’en va en enfer, comme l’ordonnent les esprits de Catherine et d’Ella qui l’accompagnent dans son voyage en mer :
« Ame damnée. Le monde des esprits n’est ni le paradis ni l’enfer. On est entre les deux. On a perdu nos enfants. A cause de vous, nous sommes unies dans l’esprit. Grâce à vous, nos pouvoirs grandissent, de petites gouttes en une mer infinie ».
La femme du révérend Smit, le premier propriétaire de la ferme, a mystérieusement disparu (sûrement tuée par son mari) non sans avoir lancé une malédiction sur la demeure grâce à sa bague, qu’Ella puis Catherine ont récupéré ensuite. La femme du révérend Smit a voulu damner les âmes des hommes avides de pouvoir, infidèles et meurtriers afin d’être sûre qu’ils atterrissent en enfer.
L’esprit de cette femme a parlé à Ella et Catherine, qui ont accepté leurs sinistres et inévitables fins afin que le pouvoir de ces femmes bafouées augmente contre leurs maris oppressifs en quête perpétuelle de domination. Calvin a tué sa femme Ella et son esprit est resté pour hanter la ferme. L’esprit de Catherine l’a rejoint après avoir été tuée par George. En ayant suivi les esprits, George et Catherine sont tombés sous le coup de la malédiction. Et les prochains couples qui habiteront la ferme par la suite devraient subir le même sort.
« Tant de fois je me suis tenue avec des mourants et avec leurs familles. Tant de fois j’ai pris la parole à des enterrements, puis entendu les hommages de fils et de filles endeuillés, de parents dévastés, de conjoints détruits, d’amis anéantis… »
Un bel ouvrage, concis, érudit. Une écriture délicate, parfois lyrique, jamais emphatique – le ton juste pour traiter d’un thème sensible et universel : le rapport des vivants et des « survivants » à la mort. Le livre s’organise en chapitres traitant chacun d’une situation de deuil particulière et de la façon dont l’auteur, en sa qualité de rabbin et de femme, s’est efforcée d’accompagner les proches ou la personne elle-même. Les derniers chapitres sont toutefois plus des réflexions sur le ou les sionismes, la mémoire et ses racines familiales. Le titre de l’ouvrage peut prêter à confusion et ceux qui auraient pu espérer un traité, une méthode, des conseils pour « apprivoiser » la mort, acquérir des certitudes sur l’au-delà ou se consoler de la perte d’un proche, d’une mère, d’un fils, d’une amie, seront peut-être déçus car il n’y a rien de tout cela dans ce livre. Comme le grand frère du petit Isaac qui est l’objet d’un chapitre, le lecteur devra faire face à cette grande inconnue, le Sheol, avec pour principal réconfort de faire partie d’une longue histoire, d’un fil tissé de génération en génération. Un livre en hommage à la vie et à la transmission, plus qu’un traité de recettes pour dompter la mort ou se consoler du deuil des êtres chers.
Éditeur : Grasset (3 mars 2021) Langue : Français Broché : 234 pages ISBN-10 : 2246826942
Après une longue absence, Louis décide de rendre visite à sa famille, et d’annoncer aux siens sa mort prochaine. Sa mère, sa petite soeur, son frère et sa belle-soeur sont réunis pour sa venue.
Louis revient dans sa famille, qu’il n’a vu depuis 10 ans. Il revient leur annoncer qu’il va mourir… Mais rien ne se passe comme il l’aurait souhaité. Chacun lâche ce qu’il a sur le coeur depuis tant d’années… La langue est ciselée, chaque phrase ou presque est remaniée pour dire les sentiments le plus justement possible, créant un effet hypnotique. Les personnages parlent, mais ne s’adressent pas aux autres, ils soliloquent pour enfin se vider le coeur. L’impossibilité pour Louis d’annoncer sa mort prochaine le fait se sentir encore plus étranger à sa famille, plus qu’il ne l’était avant de la quitter. Beaucoup de souffrances et de rancoeur, mais aussi, malgré la maladresse, de l’amour.
Éditeur : FLAMMARION (19 août 2020) Langue : Français Broché : 160 pages ISBN-10 : 2081518449