Hope De Na Hong-jin | Par Na Hong-jin Avec Jung-Min Hwang, In-sung Zo, Jung Ho-Yeon

Les renforts sont partis maîtriser des feux de forêt et toutes les communications sont coupées.

Un village isolé, une créature mystérieuse et des habitants livrés à eux-mêmes. Na Hong-jin revient avec Hope, un thriller fantastique porté par Hwang Jung-min, Zo In-sung et Jung Ho-yeon. Derrière cette histoire de survie se dessine une réflexion plus inquiétante sur la peur, l’ignorance et les conséquences de nos décisions.

Dans le village de Hope, la situation devient préoccupante. Les renforts sont mobilisés pour combattre des incendies de forêt et les communications sont coupées. Au poste de police, Bum-seok et Sung-ae tentent de protéger une population majoritairement âgée, tandis que Sung-ki et ses amis partent traquer une mystérieuse créature dans les montagnes. Mais les chasseurs deviennent rapidement les proies.

Ce qui m’intéresse particulièrement dans Hope, c’est la manière dont une menace inconnue peut faire basculer toute une communauté. Le danger ne vient pas seulement de cette bête que personne ne semble comprendre, mais aussi des réactions qu’elle provoque. La peur pousse à agir dans l’urgence, parfois sans réfléchir aux conséquences.

Na Hong-jin avait déjà montré, notamment dans The Strangers, son intérêt pour les personnages confrontés à des événements qui dépassent leur compréhension. Cette nouvelle histoire semble prolonger cette fascination pour le doute, les croyances et la difficulté de distinguer le véritable danger.

Je trouve également intéressant le choix d’un village vieillissant, coupé du monde. Cette situation donne une dimension humaine au récit : comment protéger les plus vulnérables lorsque les secours ne peuvent plus intervenir ?

Ma principale réserve concerne l’ampleur annoncée de la catastrophe. Passer d’une traque dans les montagnes à une menace touchant l’univers entier représente un changement d’échelle considérable. Le film devra parvenir à conserver ses personnages au centre de l’histoire pour ne pas sacrifier l’émotion au spectaculaire.

La distribution constitue néanmoins un argument solide, notamment avec Hwang Jung-min, qui retrouve Na Hong-jin après The Strangers.

Sur le papier, Hope possède un potentiel particulièrement inquiétant. Plus que la créature elle-même, c’est cette idée d’une communauté qui contribue à sa propre perte qui retient mon attention. J’attends surtout de Na Hong-jin qu’il privilégie le malaise et la tension psychologique aux effets spectaculaires. Car les monstres les plus terrifiants ne sont pas toujours ceux que l’on poursuit, mais parfois ceux que notre peur finit par créer.

Masterplan De Thomas Vincent | Par Thomas Vincent, David Wolstencroft Avec Stanley Tucci, Simona Tabasco, Victor Belmondo

Lorsqu’un voleur légendaire jette son dévolu sur La Joconde, il recrute deux jeunes inconnus pour l’aider — Chiara, une brillante experte italienne en cybercriminalité, et Jay, un spécialiste français des explosifs à l’ego surdimensionné — avant de leur révéler qu’ils sont frère et sœur… et qu’il est leur père. Plongée dans une réunion de famille chaotique qu’elle n’a pas demandée, cette nouvelle famille doit apprendre à travailler ensemble — et essayer de ne pas s’entre-tuer — si elle veut avoir une chance de réussir le casse du siècle.

Voler La Joconde avec deux complices qui découvrent être frère et sœur : l’idée a de quoi séduire. Thomas Vincent réunit Stanley Tucci, Simona Tabasco et Victor Belmondo dans une comédie de braquage où les secrets de famille viennent compliquer une opération déjà improbable. Un concept amusant, mais qui soulève aussi quelques réserves.

Un voleur légendaire décide de s’attaquer au tableau le plus célèbre du monde. Pour réussir, il recrute Chiara, experte italienne en cybercriminalité, et Jay, spécialiste français des explosifs à l’ego surdimensionné. Mais son véritable coup de théâtre n’a rien à voir avec le musée : il leur annonce qu’ils sont frère et sœur, et qu’il est leur père.

Ce mélange entre film de casse et comédie familiale constitue à mes yeux l’aspect le plus intéressant du projet. L’idée de réunir trois inconnus autour d’un braquage impossible permet d’imaginer des confrontations savoureuses, notamment entre un père manipulateur et deux enfants qui n’ont aucune raison de lui faire confiance.

Je reste cependant plus réservé sur l’originalité de l’ensemble. Le principe de personnages incompatibles contraints de collaborer a déjà été largement exploité au cinéma. Quant à la révélation familiale, elle risque de devenir un simple ressort comique si le scénario ne prend pas le temps d’explorer les conséquences de cette découverte.

Le choix de La Joconde apporte une dimension spectaculaire, mais ne suffit pas à rendre le projet singulier. Ce qui m’intéresse davantage, c’est la manière dont cette famille pourrait se construire dans le mensonge, la méfiance et les intérêts personnels.

La présence de Stanley Tucci est un véritable atout sur le papier. Face à lui, Simona Tabasco et Victor Belmondo pourraient former un duo intéressant, à condition que leurs personnages dépassent les oppositions un peu faciles entre la spécialiste brillante et le jeune homme arrogant.

Je vois dans Masterplan le potentiel d’une comédie de casse sympathique, mais pas nécessairement celui d’un film qui bouleversera les codes du genre. Tout dépendra de la qualité des dialogues, du rythme et surtout de la place accordée aux relations familiales. Car le véritable enjeu n’est finalement pas de savoir si cette équipe parviendra à voler La Joconde, mais si elle réussira à nous faire croire à cette famille improbable.

Sacrifice De Romain Gavras | Par Romain Gavras, Will Arbery Avec Anya Taylor-Joy, Chris Evans, Salma Hayek

Lors d’un gala de charité sur une île grecque, un acteur de cinéma en perte de vitesse décroche le rôle de sa vie lorsqu’une secte apocalyptique le prend en otage.

Un acteur sur le déclin, une île grecque paradisiaque et une secte persuadée que la fin du monde approche. Romain Gavras réunit Chris Evans, Anya Taylor-Joy et Salma Hayek dans une comédie noire au point de départ aussi improbable que réjouissant.

Tout commence lors d’un prestigieux gala de charité organisé sur une île grecque. Parmi les invités, un acteur dont la carrière bat de l’aile espère peut-être retrouver un peu de lumière. Mais la soirée tourne au cauchemar lorsqu’une secte apocalyptique prend les participants en otage. Pour lui, cette situation absurde pourrait paradoxalement devenir le rôle de sa vie.

Romain Gavras aime les personnages poussés dans leurs retranchements et les situations qui dérapent. Ici, le contraste entre le luxe d’une réception mondaine et la folie d’un groupe persuadé de devoir accomplir une mission sacrée offre un terrain particulièrement intéressant.

Derrière son intrigue extravagante, Sacrifice semble surtout vouloir se moquer d’un monde où tout devient spectacle, même la catastrophe. Le cinéma, la célébrité, les croyances et l’obsession de laisser une trace se retrouvent réunis dans une même situation explosive.

Le choix de Chris Evans, Anya Taylor-Joy et Salma Hayek ajoute une dimension séduisante à cette satire. Reste à voir comment leurs personnages trouveront leur place dans ce chaos annoncé.

Le principal défi sera de ne pas laisser la provocation prendre le dessus sur l’histoire. Car une idée aussi folle ne suffit pas : encore faut-il que les personnages existent derrière l’agitation.

Avec Sacrifice, Romain Gavras promet un mélange d’humour noir, de tension et de critique sociale. Une proposition intrigante qui pourrait bien tourner en dérision les excès de notre époque, tout en rappelant qu’à Hollywood, certains seraient prêts à tout pour retrouver le premier rôle.

Minotaure De Andreï Zviaguintsev | Par Andreï Zviaguintsev, Simon Liashenko Avec Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva, Boris Koudrine

Russie, 2022. Gleb, chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule rapidement dans la violence.

Une vie confortable, une famille, une entreprise florissante… Gleb semble avoir tout pour être heureux. Pourtant, dans la Russie de 2022, ses certitudes commencent à vaciller. Avec Minotaure, Andreï Zviaguintsev s’intéresse à la chute d’un homme dont le monde s’effondre, sur fond de tensions sociales et politiques.

Gleb dirige une entreprise prospère dans une ville de province. Il partage son quotidien avec sa femme Galina et leur fils, dans un environnement où tout paraît solidement établi. Mais lorsque les difficultés professionnelles s’accumulent, cet équilibre se fragilise. Peu à peu, les événements lui échappent et la violence s’invite dans une existence qu’il pensait maîtriser.

Le choix de situer l’histoire en 2022 n’a évidemment rien d’anodin. Cette année marque un tournant majeur pour la Russie, et le destin de Gleb semble faire écho à celui d’un pays traversé par de profondes fractures.

Andreï Zviaguintsev retrouve ici des thèmes qui lui sont chers : les tensions familiales, le poids des rapports de pouvoir et la fragilité des apparences. Comme dans Leviathan ou Faute d’amour, l’intime devient une manière d’interroger les dérives d’une société.

Ce qui intrigue particulièrement dans Minotaure, c’est cette idée d’un homme pris au piège de sa propre réussite. Gleb a construit une existence autour de la stabilité et du contrôle. Lorsque les difficultés apparaissent, il découvre que l’argent et la position sociale ne suffisent pas toujours à protéger ceux que l’on aime.

Le titre lui-même évoque une créature enfermée dans un labyrinthe. Une image qui prend tout son sens face à ce personnage cherchant désespérément une issue, alors que chaque décision semble l’entraîner un peu plus loin dans la violence.

Porté par Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva et Boris Koudrine, le récit promet une confrontation entre les ambitions individuelles et les bouleversements d’un monde devenu imprévisible.

L’enjeu sera de préserver toute la complexité humaine de Gleb, sans réduire son parcours à une simple démonstration politique.

Avec Minotaure, Andreï Zviaguintsev revient à un cinéma où les drames personnels racontent quelque chose de bien plus vaste. Derrière la chute d’un chef d’entreprise se dessine le portrait d’une société qui perd ses repères. Un projet sombre et ambitieux, qui pose une question inquiétante : jusqu’où peut-on aller pour empêcher son monde de s’écrouler ?

Englouti De Brian Duffield | Par Brian Duffield, Daniel Kraus Avec Austin Abrams, Josh Brolin, Elisabeth Shue

Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste plus qu’une heure d’oxygène. Tandis que le compte à rebours est lancé, Jay prend conscience que les leçons de vie durement transmises par son père pourraient bien être la clé de sa survie…

Se retrouver prisonnier dans le ventre d’un cachalot avec seulement une heure d’oxygène : difficile d’imaginer pire cauchemar. Brian Duffield transforme cette situation improbable en point de départ d’un thriller de survie où la peur de mourir se mêle à une histoire de deuil et de transmission.

Au large des côtes californiennes, Jay Gardiner plonge à la recherche du corps de son père, récemment disparu. Mais son expédition prend une tournure inimaginable lorsqu’un gigantesque cachalot l’avale. Coincé dans l’estomac de l’animal, le jeune homme n’a plus que soixante minutes pour trouver un moyen de s’échapper.

Le concept a de quoi surprendre. On pense forcément à Jonas et à sa baleine, mais ici, pas question de conte merveilleux. Englouti joue sur une peur bien réelle : celle de se retrouver enfermé, sans lumière, sans issue et avec la certitude que chaque respiration nous rapproche de la fin.

Brian Duffield tient là une idée particulièrement efficace pour maintenir la tension. Le compte à rebours impose un rythme implacable, tandis que l’environnement transforme la moindre tentative de survie en véritable défi.

Mais derrière ce scénario spectaculaire se cache une dimension plus personnelle. Jay n’est pas simplement un plongeur qui cherche à sauver sa peau. Il est aussi un fils confronté à la disparition de son père, avec tout ce que cela implique de regrets, de souvenirs et de choses restées en suspens.

Les leçons parfois difficiles transmises par ce dernier pourraient finalement devenir son meilleur atout. Une manière intéressante de raconter comment certains héritages prennent tout leur sens lorsque nous sommes confrontés à nos propres limites.

Austin Abrams incarne ce jeune homme placé dans une situation extrême, aux côtés de Josh Brolin et Elisabeth Shue. L’enjeu sera de donner suffisamment d’épaisseur à cette relation familiale pour que le film ne repose pas uniquement sur son concept.

Car c’est aussi le principal défi d’Englouti : rendre crédible une situation aussi invraisemblable sans perdre le spectateur en chemin.

Entre thriller claustrophobique et drame familial, Englouti possède un point de départ aussi fou qu’intrigant. Brian Duffield semble vouloir nous faire retenir notre souffle tout en racontant quelque chose de plus intime sur les liens entre un père et son fils. Une aventure où survivre pourrait aussi signifier apprendre, enfin, à faire la paix avec son passé.

Malfaisante De Rob Savage | Par Nathan Elston Avec Jessica Chastain, Jay Duplass, Arabella Olivia Clark

MALFAISANTE nous entraine dans l’univers de la très jeune Bela, dont le quotidien se détériore de jour en jour en raison de la relation qu’elle entretient, au cœur de sa propre maison, avec une entité malveillante qui ressemble étrangement à sa propre mère.

Et si la personne censée vous protéger devenait celle qui vous effraie le plus ? Rob Savage s’empare de cette angoisse profondément intime dans Malfaisante, un film d’horreur psychologique porté par Jessica Chastain, Jay Duplass et la jeune Arabella Olivia Clark.

Bela est encore une enfant lorsqu’une présence inquiétante commence à bouleverser son quotidien. Dans sa propre maison, une entité malveillante prend une apparence étrangement familière : celle de sa mère. Peu à peu, ce qui devrait être son refuge devient un endroit où elle ne se sent plus en sécurité.

Le point de départ est particulièrement efficace. Plutôt que de miser uniquement sur une créature monstrueuse, Malfaisante s’attaque à quelque chose de beaucoup plus troublant : la confiance absolue qu’un enfant accorde à ses parents.

Comment distinguer le danger lorsque celui-ci possède le visage de la personne que l’on aime le plus ?

Rob Savage retrouve ici un terrain propice à son cinéma, celui d’une peur qui s’installe progressivement dans les espaces les plus ordinaires. La maison familiale, ses couloirs et ses chambres deviennent autant de lieux où le moindre bruit peut faire naître l’angoisse.

Jessica Chastain possède une présence idéale pour jouer sur cette ambiguïté. Son personnage peut inspirer la tendresse comme le malaise, parfois dans un même regard. Face à elle, Arabella Olivia Clark occupe une place essentielle : toute l’histoire repose sur la manière dont Bela perçoit cette présence et sur la difficulté des adultes à comprendre ce qu’elle traverse.

Le scénario de Nathan Elston joue ainsi sur une peur universelle, celle de ne plus reconnaître ceux qui nous entourent. L’horreur naît moins de l’apparition d’un monstre que du doute qu’il installe au sein de la famille.

Le risque d’un tel dispositif reste de multiplier les effets de surprise au détriment de cette inquiétude plus profonde. Mais l’idée de départ possède suffisamment de force pour nourrir un récit oppressant, où la frontière entre amour maternel et menace surnaturelle devient de plus en plus incertaine.

Derrière son concept fantastique, Malfaisante touche à une angoisse particulièrement dérangeante : celle d’un enfant qui ne sait plus à qui faire confiance. Rob Savage dispose d’un matériau idéal pour construire une horreur intime, portée par le contraste entre l’innocence d’Arabella Olivia Clark et la présence troublante de Jessica Chastain. Une histoire qui pourrait bien rappeler que les monstres les plus effrayants ne sont pas toujours ceux qui se cachent sous le lit, mais parfois ceux qui viennent nous souhaiter bonne nuit.

Street Fighter De Kitao Sakurai | Par Dalan Musson, T.J. Fixman Avec Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang

En 1993, Ryu et Ken Masters, deux Street Fighters autrefois inséparables, sont replongés dans l’arène lorsque la mystérieuse Chun-Li les recrute pour le prochain World Warrior Tournament : un affrontement brutal où se mêlent poings, destin et fureur. Mais derrière cette battle royale se cache une conspiration mortelle qui les oblige à s’affronter, tout en faisant face aux démons de leur passé… Et s’ils échouent, c’est GAME OVER.

Les coups vont pleuvoir ! Kitao Sakurai s’attaque à l’un des jeux vidéo les plus emblématiques des années 90 et promet un spectacle aussi musclé que déjanté. Entre nostalgie, rivalités et combats spectaculaires, Street Fighter entend retrouver toute l’énergie de la célèbre franchise.

Nous sommes en 1993. Ryu et Ken Masters, autrefois inséparables, ont pris des chemins différents. Mais leur passé les rattrape lorsque Chun-Li les recrute pour participer au World Warrior Tournament, une compétition où les meilleurs combattants s’affrontent sans retenue.

Derrière ce tournoi se cache pourtant une conspiration qui pourrait bien transformer leur rivalité en véritable combat pour la survie.

L’idée de situer l’action en 1993 est particulièrement réjouissante. C’est l’occasion de retrouver l’ambiance des salles d’arcade, les personnages hauts en couleur et cette époque où chaque affrontement semblait pouvoir se régler à coups de Hadoken.

Kitao Sakurai semble vouloir assumer pleinement l’exubérance de cet univers plutôt que de chercher à le rendre artificiellement réaliste. Un choix judicieux pour une franchise dont le charme repose justement sur ses combattants extravagants et ses attaques impossibles.

Noah Centineo et Andrew Koji forment un duo intéressant pour incarner Ken et Ryu. Leur relation constitue le véritable cœur de l’histoire : deux amis devenus rivaux, contraints de dépasser leurs différends pour affronter une menace commune. Callina Liang, dans le rôle de Chun-Li, apporte une présence essentielle à cette aventure.

Le principal défi reste celui de nombreuses adaptations de jeux vidéo : proposer autre chose qu’une succession de combats destinés à satisfaire les fans. La conspiration entourant le tournoi devra donc donner suffisamment de consistance au récit pour que les affrontements possèdent de véritables enjeux.

Mais Street Fighter n’a pas nécessairement besoin de se prendre trop au sérieux pour fonctionner. L’essentiel sera de retrouver le plaisir immédiat du jeu, son humour, son énergie et ses personnages devenus cultes.

Sur le papier, Street Fighter possède tous les ingrédients d’un divertissement généreux : des combats démesurés, une bonne dose de nostalgie et une rivalité fraternelle au centre de l’action. Reste à voir si Kitao Sakurai parviendra à transformer cette célèbre licence en véritable aventure de cinéma. Une chose est sûre : les amateurs de Ryu, Ken et Chun-Li attendent surtout une adaptation qui comprenne enfin qu’un bon Street Fighter doit d’abord donner envie d’entrer dans l’arène.

Mochy De Jérémie Degruson, Yanis Belaid | Par Greg Brooker Avec Axel Auriant, Olivier Chauvel, Fanny Chelim

Mochy est un jeune chien au grand cœur… mais il n’a pas un physique facile… Ça ne l’empêche pas d’avoir un rêve : participer au concours du plus beau chien. Défiant tous les obstacles, il va tout faire pour réaliser ce projet fou avec le secret espoir d’y trouver l’humain qui l’aimera pour la vie.

t si le plus beau chien du monde n’était pas forcément celui que l’on imagine ? Jérémie Degruson et Yanis Belaid signent une comédie d’animation pleine de tendresse, portée par un héros aussi maladroit qu’attachant. Une aventure familiale qui rappelle que la beauté ne se mesure pas à l’apparence.

Mochy n’a pas vraiment le physique d’un champion. Pourtant, ce petit chien au grand cœur nourrit une ambition qui semble totalement hors de portée : remporter un concours de beauté canine. Un rêve un peu fou pour celui qui ne correspond à aucun des critères habituels, mais Mochy possède une qualité précieuse : il refuse de baisser les pattes.

Derrière cette compétition improbable se cache surtout un désir beaucoup plus touchant. Mochy espère trouver quelqu’un qui l’aimera tel qu’il est et lui offrira enfin un foyer.

Le film joue habilement sur le décalage entre les ambitions démesurées de son héros et son apparence peu conventionnelle. Les situations comiques s’enchaînent, portées par une galerie de personnages hauts en couleur et un univers visuel qui assume pleinement la fantaisie de l’animation.

Mais Mochy ne se contente pas d’accumuler les gags. Derrière son humour se dessine une jolie réflexion sur le regard des autres et cette tendance à vouloir absolument correspondre à des modèles pour être accepté.

Ce qui rend le personnage attachant, ce n’est pas sa capacité à devenir le plus beau, mais son obstination à croire qu’il mérite lui aussi d’être aimé.

Jérémie Degruson et Yanis Belaid trouvent un équilibre agréable entre les moments de comédie et les passages plus émouvants. L’histoire reste assez prévisible et son message ne surprendra pas les adultes habitués aux films d’animation familiaux. Mais l’ensemble fonctionne grâce à la simplicité de son propos et à la sympathie immédiate que suscite son petit héros.

Drôle, tendre et généreux, Mochy est une jolie aventure d’animation qui devrait séduire les plus jeunes tout en touchant leurs parents. Un film sans grandes surprises, mais qui possède ce petit supplément de cœur capable de faire oublier les imperfections. Car finalement, Mochy ne cherche pas vraiment à devenir le plus beau chien du monde. Il veut simplement trouver quelqu’un pour qui il le sera.

Où vont les âmes De Brigitte Poupart | Par Brigitte Poupart Avec Monia Chokri, Sara Montpetit, Julianne Côté

Anna, 18 ans, demande l’aide médicale à mourir. Elle décide de se laisser quinze jours pour accomplir son souhait de revoir ses demi-sœurs avant de s’éteindre. Séparées par le procès de leur père quatre ans auparavant, les trois sœurs révèlent leurs forces individuelles et collectives à travers ces ultimes moments de sororité où leurs vies s’entremêlent.

Comment renouer les liens lorsque le temps est compté ? Brigitte Poupart explore cette question dans Où vont les âmes, un drame intime et sensible porté par Monia Chokri, Sara Montpetit et Julianne Côté. Une histoire de famille, de blessures enfouies et d’amour face à l’inéluctable.

À seulement 18 ans, Anna demande l’aide médicale à mourir. Avant de partir, elle s’accorde quinze jours pour retrouver ses deux demi-sœurs, dont elle est séparée depuis le procès de leur père, quatre ans auparavant. Ces retrouvailles font ressurgir les souvenirs, les non-dits et les blessures d’une famille profondément marquée par son passé.

Brigitte Poupart aborde un sujet particulièrement délicat sans chercher à imposer de réponse définitive. La fin de vie constitue le point de départ d’une réflexion plus large sur les liens familiaux, le pardon et la difficulté d’accepter les choix de ceux que l’on aime.

La force du récit réside dans cette relation entre trois femmes qui doivent réapprendre à se connaître alors que chaque instant devient précieux. Monia Chokri, Sara Montpetit et Julianne Côté apportent chacune une sensibilité différente à cette histoire où la colère, la tendresse et la culpabilité se côtoient.

La réalisatrice privilégie les émotions intimes aux grands effets dramatiques. Les conversations, les silences et les gestes du quotidien prennent une dimension particulière lorsque l’avenir semble soudain se réduire à quelques jours.

Le film interroge également ce que signifie véritablement se réconcilier. Peut-on réparer en quinze jours ce que plusieurs années de séparation ont détruit ? Et faut-il nécessairement tout pardonner pour parvenir à se retrouver ?

Malgré quelques passages où l’émotion menace de devenir trop appuyée, Où vont les âmes conserve une belle délicatesse dans sa manière d’aborder la souffrance et les relations fraternelles.

Touchant et profondément humain, Où vont les âmes trouve sa force dans le portrait de trois sœurs confrontées à l’urgence de se retrouver. Brigitte Poupart signe un drame sensible sur la mémoire, les blessures familiales et la puissance des liens qui nous unissent. Un film qui rappelle que les adieux ne concernent pas seulement ceux qui partent, mais aussi ceux qui doivent apprendre à continuer sans eux.

Le Corset De Louis Clichy | Par Louis Clichy, Franck Salomé Avec Gary Clichy, Rod Paradot, Brune Moulin

Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche… et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.

Au cœur des paysages de la Beauce, un garçon de onze ans tente de trouver son équilibre dans un monde qui voudrait le voir marcher droit. Louis Clichy signe avec Le Corset un film d’animation sensible et poétique sur la différence, la transmission familiale et la découverte de soi. Une histoire intime où le dessin devient un formidable moyen d’exprimer les émotions de l’enfance.

Christophe a onze ans et grandit dans une ferme aux côtés de son père. Il observe ses gestes, partage son quotidien et tente de suivre ses pas. Mais son corps lui joue des tours. À l’école, à la maison ou sur le tracteur, il penche et tombe. Pour corriger sa posture, il doit porter un corset.

Cet appareil médical devient rapidement le symbole des contraintes qui accompagnent son enfance. Christophe doit apprendre à se tenir droit, alors même qu’il commence à ressentir le besoin de suivre son propre chemin.

Pendant ce temps, la ferme familiale traverse des difficultés économiques. Son père tente de préserver un héritage auquel il est profondément attaché, tandis que Christophe découvre progressivement un univers qui dépasse les frontières de l’exploitation.

La musique, puis sa rencontre avec Clara, ouvrent de nouvelles perspectives.

Louis Clichy trouve dans l’animation un langage particulièrement adapté à cette histoire. Le dessin permet de traduire les sensations physiques de Christophe, ses déséquilibres et ses émotions, mais également de donner une dimension poétique aux paysages agricoles de la Beauce.

Le contraste entre les vastes étendues de la campagne et le corps contraint du jeune garçon constitue l’une des idées les plus intéressantes du récit. Tout semble ouvert autour de lui, alors que son quotidien demeure rythmé par les obligations familiales et médicales.

Le film aborde également avec délicatesse la relation entre un père et son fils. Christophe admire cet homme dont il cherche à reproduire les gestes, mais découvre progressivement qu’il ne pourra pas nécessairement lui ressembler. Derrière les difficultés de communication se dessinent deux générations confrontées à des attentes différentes.

La musique devient alors un espace de liberté. Pour la première fois, Christophe découvre une manière de s’exprimer qui ne repose pas sur les exigences des autres. Sa rencontre avec Clara prolonge cet éveil et apporte au récit une douceur bienvenue.

L’animation permet d’aborder la différence physique sans enfermer le personnage dans son handicap. Christophe n’est pas seulement un enfant qui porte un corset : il est aussi un garçon curieux, sensible, parfois maladroit, qui cherche simplement à vivre les expériences de son âge.

Le scénario de Louis Clichy et Franck Salomé privilégie ainsi les émotions du quotidien plutôt que les grands effets dramatiques. Certaines étapes du récit d’apprentissage restent familières, mais la singularité de son cadre rural et la place accordée au corps lui donnent une identité particulière.

Tendre, poétique et profondément humain, Le Corset utilise les possibilités de l’animation pour raconter avec délicatesse le passage de l’enfance vers l’adolescence. Louis Clichy signe une histoire touchante sur la différence, les liens familiaux et la liberté de choisir son propre chemin. Derrière les difficultés de Christophe se dessine une belle réflexion sur la nécessité de s’accepter. Car grandir ne consiste pas toujours à apprendre à marcher droit, mais parfois à trouver son équilibre autrement.