Traverser la nuit de Hervé Le Corre, la nuit je mens

Une rencontre, cette lecture fût une rencontre. La rencontre d’un style qui vous assaille comme une averse hivernale. Chaque mot est une goute glacée qui va glisser le long de votre nuque, trempé votre cuir chevelu et inondez vos chaussures de sa sombre poésie glacée.

Une averse glauque et sordide. On ne peut pas dire que la ville de Bordeaux sorte resplendissante de ce récit sans concessions, pourtant l’auteur évite l’écueil du polar glauque vide de sens et juste gore grâce à une atmosphère morose, des dialogues ciselés et une narration à la troisième personne qui permet de s’imprégner des personnages et de leur vision délétère du monde qui les entoure.

L’auteur a invoqué en sa plume tout ce qu’il contient d’amertume, de désespoir résigné et de colère contenue pour les rassembler en trois personnages qui chacun à leur manière vont ébranler le lecteur dans ses illusions. Louise, de sa détresse de femme battue, et l’incarnation d’une précarité sociale qui hurle en silence. Le commandant Jourdan est le témoin impuissant d’une société qui se délite sous ses yeux comme une falaise érodée par les flots dont il se tiendrait trop près du bord. Enfin Christian est la rage inaudible, la fureur enchaînée qui frappe mortellement au cœur de la nuit. Des portraits fulgurants qui imprègnent le lecteur comme l’éclair imprègnent la rétine.

Ne commettez pas l’affront de croire, qu’une fois l’ouvrage refermé, vous allez pouvoir passez à autre chose. Ce polar fait partie de ceux qui vous hante, dont le destin des personnages résonne dans votre esprit comme une complainte meurtrie, dont le style vous empoigne le temps d’un brusque instant, juste le temps d’apercevoir toute la détresse du monde.

Résumé : Louise a une trentaine d’années. Après la mort accidentelle de ses parents, elle a dérivé dans la drogue et l’alcool. Aujourd’hui elle vit seule avec son fils Sam, âgé de 8 ans, sa seule lumière. Elle est harcelée par son ancien compagnon qui, un jour, la brutalise au point de la laisser dans un état grave. Il blesse aussi grièvement la meilleure amie de Louise. L’enquête est confiée au groupe dirigé par le commandant Jourdan, qui ne reste pas insensible à Louise. Parallèlement un tueur de femmes sévit, pulsionnel et imprévisible, profondément perturbé.

Au cœur de ces ténèbres et de ces deux histoires, Jourdan, un flic, un homme triste et taiseux, qui tente de retrouver goût à la vie…

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (20 janvier 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎320 pages
ISBN-10 ‎2743651733
ISBN-13 ‎978-2743651732

Les suicidés du bout du monde de Leila Guerriero, Les laissés-pour-compte du rêve argentin

Les laissés-pour-compte du rêve argentin

Une fenêtre sur une région du monde méconnue s’ouvre grâce à ce récit et ce qu’elle livre à notre vision d’occidentaux biens au chaud et protégés est à la fois une histoire vieille comme le monde et un constat amer sur la politique argentine.

Une histoire ancienne où ceux qui peuvent tout prendre prennent tout et ne laissent que les miettes aux masses laborieuses. Les condamnant à une vie misérable à l’horizon barré par les derricks des champs pétrolifères.

L’auteure a fait le choix d’épurer son récit de tout romanesque, asséchant ainsi sa plume pour ne garder que l’essentiel, l’effroi, la sidération et la consternation devant ces témoignages douloureux à lire. Des témoignages empreints d’une humanité poignante et qui nous livrent sans fard la l’échec d’une nation, Indifférente au renoncement ultime de ses enfants.

Les raisons de tous ces drames successifs sont rapidement cernés par l’auteure. Une gestion calamiteuse des ressources naturelles, l’absence de lien social (la bourgade ne propose aucun lieu de rencontre, de vie tout y fonctionnel), le manque d’infrastructures ( jusqu’en 2004 il n’y avait pas internet) et les conditions climatiques difficiles. Mais la raison primordiale est le sentiment qu’ont les habitants de ne compter pour rien, de n’être que des grains de poussière tout juste bon à être balayé par les vents mordants de la Patagonie.

Alors que la fenêtre se referme. Les questions se bousculent alors que la peine ou la colère se disputent la primauté des réactions. Un récit âpre, dur à lire et encore plus dure à oublié.

Résumé : Dans cette chronique saisissante d’une ville fantôme de Patagonie frappée par une épidémie de suicides de jeunes gens, Leila Guerriero, figure majeure du journalisme narratif en Amérique latine, mène l’enquête avec une empathie profonde pour trouver une explication à ce geste ultime et toujours incompréhensible. Est-ce une secte, l’ennui, l’alcool, la violence, la solitude, la religion, le climat ? Parcourant les rues désertes de ce bout du monde arasé par le vent et le froid, sorte de far west moderne où viennent échouer les pionniers misérables du pétrole, elle pose en réalité la question de ce qui nous tient en vie. Sa réponse se situe du côté de la solidarité, du lien aux autres, à la communauté.

Éditeur ‎EDITIONS PAYOT & RIVAGES (6 octobre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎224 pages
ISBN-10 ‎2743654643
ISBN-13 ‎978-2743654641

Capital du nord tome 1 Citadins de demain de Claire Duvivier, miroir, corset et bonne manière

Je ne vais pas revenir sur le thème du miroir qui sous-tend toute la saga de la tour de garde créé par le couple Duvivier-Chamanadjian, d’autres que moi l’on fait et de bien belle manière. C’est une évidence que les deux sagas se répondent, se reflètent l’une et l’autre au point de reproduire le même schéma narratif et les mêmes thèmes.

Ce second volume ne m’a pas autant ravi que le premier volume de Capitale du sud. Est-ce le fait que l’on se retrouve à nouveau devant un tome introductif ? Ou bien la narration au passé simple en forme de journal intime ? Le fait est que l’intrigue, à l’image de son héroïne à certains moments du récit, m’a paru corsetée. Comme si l’auteure s’était imposé une marche à suivre qui l’empêchait de prendre complètement son essor et de laisser respirer son texte qui souffre d’une lourdeur de style à mon sens.

C’est ce balisage narratif corseté et assez prévisible qui m’a légèrement ennuyé. Je ne parvenais pas à trouver le souffle du récit. Pourtant malgré tout, ce premier volume de Capitale du Nord reste plaisant à lire. Sa description d’une cité portuaire à la géographie rectiligne, d’une bourgeoisie qui se repose sur ses prérequis et des tensions qui secouent leur relations commerciales avec les colonies est convaincante et pose les bases d’une intrigue aux multiples rebondissements.

Mais tout ceci ne serait rien sans le personnage d’Amalia. C’est par sa vision de jeune fille instruite, à l’esprit critique qui va s’affûter au fil de sa découverte de la cité de Dehaven, que l’on découvre cette ville austère où la notion d’appartenance sociale est primordiale. Ce personnage va se dévoiler petit à petit et gagner en profondeur jusqu’à un merveilleux chapitre 10 qui a revalorisé toute ma lecture. Grâce à un habile jeu de flashback l’auteure nous embarque dans une exploration mystérieuse et nous offre en même temps un dialogue d’une rare finesse entre Amalia et sa mère.

Une lecture en demi-teinte donc pour ce second volume d’une saga qui doit cesser de mettre ses pions en place pour enfin se lancer dans la véritable partie qu’attendent les lecteurs.

Résumé : Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. 

Éditeur‎FORGES VULCAIN (1 octobre 2021) Langue‎Français ISBN-10‎237305101X ISBN-13‎978-2373051018

L’Oeil du loup – Daniel Pennac – 12 août 2021 de Daniel Pennac (Auteur), François Roca (Illustrations)

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Dans un zoo, un enfant et un vieux loup borgne se fixent. Dans l’œil du loup, défile une vie sauvage en Alaska. Dans ceux de l’enfant, la vie d’un petit Africain qui a parcouru le continent pour survivre.
Un classique intemporel et magnifique de Daniel Pennac

Chronique : Loup bleu voit le monde à travers des barreaux. Un jour, un petit garçon le fixe au travers, loin d’être en mouvement comme la plupart des humains qu’il voit courir à longueur de journée, celui-ci le fixe intensément. C’est gênant. Un jour, le garçon se rapproche et regarde dans l’œil du loup. Commence alors un magnifique partage entre les deux êtres.

Une merveilleuse histoire de partage d’expérience entre cet animal et ce garçon. On voyage entre le grand nord et l’Afrique. Dans ces tranches de vie, se mêlent amitié, aventure, adversité, courage et beaucoup d’amour et d’amitié. Une des plus belles histoires jeunesse que j’ai lues à ce jour.

Note : 10/10

Éditeur ‏ : ‎ Nathan; Illustrated édition (12 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2092493582 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2092493588

Polgara la sorcière Tome 1 – 16 Septembre 2021 de Leigh EDDINGS & David EDDINGS

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Belgarath le Sorcier vient de narrer la Grande Guerre des Dieux. Ses compagnons restent muets… mais tout n’a pas été dit. Alors Polgara prend la parole à son tour pour éclairer ce qui était jusque-là resté dans l’ombre.

Chronique : Un formidable compagnon de Belgarath le Sorcier. Il remplit tous les espaces vides. Cela aurait été la fin parfaite de la série s’il n’avait pas ouvert les spéculations sur qui est vraiment Wolf à la fin, mais je suppose que rien n’est parfait. Surtout qu’il n’y aura pas d’autres histoires de Garion pour éclaircir tout ça. Cela m’a un peu contrarié. Mais à part ça, le livre était excellent. Lorsque j’ai commencé à lire la Belgariad, j’ai trouvé Polgara extrêmement sèche et je ne comprenais pas l’affection que tout le monde lui portait, elle ne me semblait pas être la figure maternelle qu’ils décrivaient. Bien sûr, à la fin du Belgariad, j’ai changé d’avis, mais CE livre explique vraiment beaucoup plus de choses sur Polgara et pourquoi elle est comme elle est.

L’histoire de Polgara est longue et complexe, elle commence dans le ventre de sa mère avant même sa naissance et celle de Beldaran. Elle raconte sa relation avec sa mère et sa sœur jumelle, l’animosité qu’elle ressent à l’égard de son père et la relation qu’elle entretient avec lui, la façon dont elle finit par perdre Beldaran (plusieurs fois, de plusieurs façons), et la façon dont elle apprend à connaître son don et à l’utiliser. Le temps qu’elle a passé en Arendia est couvert en détail et j’ai adoré lire ce qu’elle a vécu à Vo Wacune, en gardant les Arends sous contrôle et en étant la Duchesse d’Erat. L’histoire est racontée de telle manière que je pouvais presque sentir mon cœur se briser à chaque fois qu’un événement terrible se produisait, montrant à quel point il peut être terrible d’avoir une durée de vie aussi longue que celle de Polgara.
Bien sûr, le fait qu’elle veille sur la lignée de Rivan – la lignée de sa sœur – est également un élément important de l’intrigue. Nous découvrons ce que cela représentait pour Polgara d’élever autant de petits garçons, de les cacher et de s’occuper d’eux en attendant la naissance du Tueur de Dieux. La dernière partie, qui précède la naissance de Garion et la suit brièvement, est à la fois belle et triste. Il se passe tellement de choses terribles dans l’histoire de Polgara, mais il y a aussi tellement de choses merveilleuses.

Je me suis vraiment sentie entraînée dans cette histoire et, bien qu’elle ait traîné légèrement en longueur à quelques reprises, ce n’était jamais pour longtemps. Il y a beaucoup d’action, d’une certaine façon, et chaque fois que j’avais l’impression que rien ne se passait, il se passait quelque chose qui me tenait à nouveau en haleine. Une belle lecture pour accompagner le BELGARIAD et le MALLOREON. Je vais reprendre l’histoire de Belgarath !

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (4 janvier 2007) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266170988 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266170987

Garde le silence – 7 octobre 2021 de Susie Steiner

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Le corps d’un jeune migrant lituanien est retrouvé pendu à un arbre dans une banlieue populaire de Londres. Pas de signe de lutte, aucun indice qui pourrait infirmer la thèse du suicide.
Sauf peut-être ce mot retrouvé accroché sur le pantalon de la victime :  » Les morts ne peuvent pas parler. « 

Chronique : Steiner investit Manon des vérités émotionnelles, des réalités et de l’ennui d’une femme d’âge moyen, de la fatigue constante, des tensions chaotiques de la vie de famille avec un bambin hyperactif de deux ans, Teddy, des joies et de la maturité de son fils adoptif noir, Fly, qui fait ses GCSE, et de la tentative de maintenir une relation vivante avec son partenaire, Mark, particulièrement avec le stress de son diagnostic de cancer. Travailler trois jours par semaine sur des affaires non résolues devrait, en théorie, faciliter l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, mais comme nous le constatons, ce n’est pas toujours le cas, notamment lorsqu’elle devient l’enquêtrice principale d’une enquête ambiguë sur un homme qu’elle trouve pendu dans un arbre lors d’une promenade avec son fils Teddy.

La victime est un migrant lituanien pris au piège de l’esclavage inhumain opéré par des chefs de gangs illégaux qui refusent de payer et confisquent les passeports, fournissant des logements impropres à la vie humaine, créant un climat de peur et de menaces qui a rendu impossible toute opération de police visant à obtenir des victimes qu’elles témoignent contre des gens comme Edikas Petrov, sadique et abusif. La misère des conditions de travail dans lesquelles vivent les Lituaniens est déchirante, cruelle et horrible : ils travaillent à toute heure, passent d’un emploi à l’autre, leur vie est en danger, leurs familles restées au pays sont menacées s’ils ne se conforment pas aux ordres ou envisagent de s’échapper. Comme si cela ne suffisait pas, leurs terreurs sont encore exacerbées par l’atmosphère intense et fébrile du racisme, par l’hostilité locale attisée par des maniaques aux yeux bridés, obligés de cracher leur haine, leurs réactions instinctives et leurs opinions ignorantes dans un climat politique qui leur confère une gravité et un respect qui se moquent de tout concept de décence ou de rationalité.

Sans l’esprit, le badinage, l’humour et le sarcasme de Manon, j’aurais trouvé les horreurs du sort des travailleurs migrants trop insupportables, sans parler du désespoir que je ressens face à la montée du populisme anti-immigrés dans le pays. C’est un plaisir de l’accompagner dans les récits les plus sombres, lorsqu’elle doit faire face à l’ambition, à l’incompétence et à l’ego de son patron surpromu, le très incompétent et bon à rien Nigel, tandis que sa relation avec l’habile DS Davy Walker, sous le stress des préparatifs du mariage, illustre la profondeur de leur amitié et de leur loyauté mutuelle. J’ai particulièrement apprécié la confrontation de Manon avec Peter à son bureau, qui prévoit de quitter sa meilleure amie, Bryony, et leurs enfants, et j’ai eu une crise de nerfs à propos de l’école d’étiquette automobile de Bradshaw. Il s’agit d’un roman policier britannique de qualité supérieure, et si vous n’avez pas lu l’une des séries, vous manquez sérieusement quelque chose. Dans un monde devenu fou, ce livre est le tonique dont vous avez besoin. Ai-je vraiment besoin de dire que je le recommande vivement ???

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B09758JH1B Éditeur ‏ : ‎ ARENES (7 octobre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 406 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037502971

Les Cinq invitations – Ce que la mort nous apprend pour vive pleinement – 14 octobre 2021 de Franck Ostaseski

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Pendant plus de trente ans, Frank Ostaseski, pionnier des soins en fin de vie, a accompagné au seuil de la mort plus de mille personnes venues de tous les horizons. Il a écouté leurs confessions, leurs doutes, mais aussi la façon dont elles ont –ou non –fait face.

Chronique : Je recommande vivement ce livre comme un excellent moyen d’entamer ce qui pourrait être l’une des conversations les plus importantes de votre vie. Merci Frank !

Dès la première phrase, l’auteur a capté mon attention et l’a gardée. « La vie et la mort sont un tout. » Comme beaucoup de gens, je ne pense pas souvent à la partie mort de l’affaire. Les cinq invitations est un rappel franc mais doux que la mort est toujours avec nous. Mais au lieu d’en faire une perspective effrayante, l’auteur nous montre que c’est une source d’inspiration pour vivre la vie que nous avons avec un cœur plein et une présence totale.

Il aborde les sujets les plus profonds et les plus importants avec révérence, humilité et une touche d’humour. À travers les récits des personnes qu’il a accompagnées alors qu’elles s’approchaient de la mort, l’auteur nous montre comment faire face à la voix corrosive de la critique intérieure, adoucir nos cœurs pour pardonner et cultiver notre propre présence courageuse. Sa voix devient un compagnon alors que nous explorons les façons conscientes et inconscientes dont nous naviguons entre la peur, l’amour, l’identité et l’âme.

Une fois que vous aurez commencé ce livre, vous ne voudrez plus le poser. Et si vous le laissez faire, il transformera votre perception de la mort.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B0975793XX Éditeur ‏ : ‎ ARENES (14 octobre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 413 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1037505248

Fils de l’Infini – Tome 1 – 16 septembre 2021 de Adam SILVERA

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Emil et Brighton vivent à New York. Les jumeaux ont longtemps rêvé d’un destin extraordinaire. Il faut dire que trouver sa place dans un monde où ceux qu’on appelle les Célestes naissent avec des pouvoirs surnaturels est loin d’être évident… Surtout quand ces êtres s’illustrent régulièrement dans des combats grandioses en pleine ville contre les dangereux Spectres.

Chronique : Je ne vais pas mentir : j’ai abordé ce livre avec des attentes assez faibles, mais avec de grands espoirs. C’était Taylor qui passait de la country à la pop, et nous attendions tous avec impatience. J’avais vraiment envie d’aimer ce livre, mais je ne pensais pas que cela arriverait. Et bien, c’est arrivé !

Ce qu’Adam a fait, à mon humble avis, c’est tisser ensemble son art d’écrire des romans contemporains (et des personnages) et son cœur/rêve de vouloir écrire de la fantasy, et il a abouti à quelque chose de très spécial. Dans une version alternative de notre propre monde, il présente des personnages dotés de superpouvoirs. Je ne suis pas toujours le plus grand fan des romans de low fantasy se déroulant dans le monde moderne, mais j’ai vraiment apprécié celui-ci. Il ne s’agit en aucun cas d’une high fantasy avec une construction complexe du monde et autres, mais honnêtement, je ne pense pas que c’était le but d’Adam.

Le rythme du livre est assez rapide, mais il est cohérent du début à la fin. Bien sûr, ce livre aurait pu être plus long, comme les romans de fantasy ont tendance à l’être, mais cela ne m’a pas dérangé. Ce livre n’est en aucun cas parfait ou sans défaut, mais j’ai passé un moment épique à le lire. Il était beaucoup plus complexe et (légèrement) plus sombre que je ne l’avais imaginé – et j’ai adoré ça. Comme c’est la première fois qu’il s’essaie à la fantasy, je dirais qu’il s’en est très bien sorti.

Et puis il y a le groupe de personnages. Je les adore. Une collection diversifiée et moderne d’individus que j’ai hâte d’apprendre à connaître davantage dans les prochains livres. Chaque personnage apporte quelque chose à la table, et a encore beaucoup à explorer, ce qui ne veut pas dire qu’on n’apprend pas à les connaître dans ce premier roman. On a vraiment une idée de qui ils sont, de leur vraie nature, pour ainsi dire. La fraternité entre Emil et Brighton est une dynamique que j’ai beaucoup appréciée.

Lorsqu’ils sont pris au milieu d’une bataille entre des marcheurs et des lanceurs de sang qui se battent pour survivre assez longtemps pour rentrer chez eux sains et saufs, l’un des pouvoirs dormants du frère se révèle. Ils doivent maintenant courir et rejoindre le combat s’ils espèrent survivre.
Leur rêve d’avoir des pouvoirs, au moins pour l’un d’entre eux, est devenu réalité, mais ce n’est pas tout ce qu’ils pensaient. Alors qu’un secret de famille est enfin révélé, il menace de déchirer les frères. Ils luttent pour comprendre ce que cela signifie pour eux et quelle est leur place dans cette guerre. Alors que l’un d’entre eux se bat pour gérer ses nouveaux pouvoirs, les autres luttent contre leurs sentiments d’inadéquation et de jalousie. Ils veulent ce pouvoir pour eux-mêmes, mais peuvent-ils le mettre de côté et faire ce qui est juste ? Ou leur désir d’être quelque chose de plus que ce qu’ils sont va-t-il les détruire ? Les frères peuvent-ils prouver que le sang est plus épais que l’eau ?
Infinity Son est une œuvre fantastique étonnante qui m’a complètement envoûtée du début à la fin. Une belle histoire qui tisse magistralement des personnages dans des situations relatables traitant de problèmes réels que la plupart des jeunes adultes essaient de gérer aujourd’hui. L’auteur a vraiment créé une merveilleuse histoire fantastique qui a intégré des questions modernes réalistes.
Pour les lecteurs qui sont fans de romans tels que Mortal Instruments de Cassandra Clare, Fils de l’Infini doit absolument figurer sur votre liste de lecture ! J’espère vraiment qu’il y aura d’autres épisodes de la saga, je croise les doigts !

Note : 9/10

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (16 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 396 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221247531 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221247532

La mort de Lorna Belling (Une nouvelle enquête de Roy Grace) – 23 septembre 2021 de Peter JAMES

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Lorna Belling, désespérée de ne pas pouvoir échapper à un mariage qu’elle voit comme un enfer, tombe sous le charme d’un autre homme qui lui promet monts et merveilles. Mais une photographie fortuite sur le téléphone portable d’une cliente de son salon de coiffure va tout changer.

Chronique : En tant que fan inconditionnel de longue date de la série Roy Grace, laissez-moi crier haut et fort mon excitation ! La mort de Lorna Belling est arrivé. Il s’agit du treizième livre de la série policière basée à Brighton, écrite par le très apprécié Peter James. Nous sommes de retour dans la vie de notre policier préféré dans le monde entier ! La vie ne pouvait pas être meilleure.

Comme dans toute série qui évolue merveilleusement, nous connaissons les personnages principaux : Roy et sa femme Cleo, l’acolyte de Roy, Glenn Branson, et son redoutable patron, Cassian Pewe. Nous avons vu Roy Grace traverser des moments difficiles avec son ex-femme Sandy, disparue, qui l’a cruellement abandonné. Nous savons maintenant ce qu’il est advenu d’elle et du fils, Bruno, que Roy n’a jamais connu.

La dernière affaire en date ramène sur le devant de la scène le monde de la tromperie et des abus conjugaux. Roy se retrouve en Allemagne pour récupérer son fils de dix ans et le ramener dans le Sussex. Il a un nouvel acolyte, l’inspecteur temporaire Guy Batchelor. Branson est parti en vacances avec sa petite amie. Lorna Belling, une coiffeuse de Hollingbury, est retrouvée morte dans un appartement loué à Hove. Que lui est-il arrivé ? Elle avait récemment dénoncé son mari Corin à la police pour violences domestiques. Est-il allé plus loin en la tuant ? Pourquoi n’est-elle pas à la maison, avec ses Labradoodles ? La vie de Lorna est compliquée, avec un partenaire violent et un amant mystérieux. La résolution de son meurtre n’est pas aussi simple qu’elle le devrait.

Peter James nous laisse merveilleusement voir ce qui est arrivé à Lorna, dans ses dernières heures. Nous ne savons peut-être pas qui est le coupable, mais nous voyons comment les événements se déroulent avec son tueur, qui est un expert en médecine légale. Nous en savons beaucoup plus que l’équipe chargée de l’enquête sur le meurtre. Nous suivons ensuite Batchelor, Grace et l’équipe dans leur tentative de donner un sens à la scène de crime dans l’appartement de Hove. Peter James sait comment envoyer ses lecteurs dans quelques ruelles sombres en route vers la vérité. Son attention aux détails est tout simplement parfaite. C’est le crime à son meilleur !

Un nouveau personnage, Bruno, le fils de Roy Grace, s’est révélé très amusant. Bruno n’est pas un garçon de dix ans comme les autres. Je ne vois pas l’école St Christopher de Hove lui faire entendre raison. Je prévois des moments difficiles pour Roy avec son tout nouveau fils !

Au travail, Roy Grace est perçu comme un homme qui se soucie profondément de son équipe, mais qui sait aussi se montrer ferme avec elle.
Il y a une scène particulièrement déchirante dans le livre qui est brillamment écrite. Il n’y a pas eu besoin de descriptions graphiques de l’événement horrible, il a suffi d’une conversation téléphonique et de ma propre imagination. La perfection totale.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (23 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 480 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265144037 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265144033

Du sang dans la sciure de Joe R. Lansdale, Calamity Jane version burlesque

Lansdale n’est pas un écrivain, c’est un peintre. De sa plume imagée, il va dépeindre une région, une époque, en l’occurrence le Texas des années 30 frappé par la grande dépression, le tout avec une énergie et un réalisme saisissant.

Ce nouveau tableau invoque des images  qui prennent immédiatement vie dans l’imagination du lecteur, les immenses tempêtes de poussières (ou dust bowl en V.O.), ou encore les hobos, vagabonds victimes des vicissitudes du rêve américain. Grâce à sa palette d’écriture riche et pétillante l’auteur rend hommage à cet Amérique disparue à la manière de la photographe Dorothea Lange, sans misérabilisme ni apitoiement. Juste en peignant la dure réalité d’une époque féroce.

Ces portraits de personnages sont encore une fois une grande réussite. Parfois à la limite du cliché, comme le terrifiant Two qui fait office de croque-mitaine, ou du grotesque, comme ce fielleux McBride qui règne sur son monde avec perruque et tablier à fanfreluches. Pourtant grâce à un ton qui oscille entre le western spaghetti et le comique de boulevard le tout reste juste et crédible.

Alors d’où vient ce sentiment de déception ? Tout simplement mon incapacité à accepter certains comportements et mentalités de personnages même après avoir compris que le ton se voulait burlesque.

Certaines décisions m’ont paru invraisemblables, à commencer par le pitch de départ qui voit notre héroïne, la flamboyante Sunset, devenir constable alors qu’elle vient d’assassiner son mari, l’ancien constable. Puis un autre personnage féminin prend une décision radicale qui m’a paru incohérente avec la mentalité et les mœurs de l’époque. La volonté de dépeindre une Amérique rurale féministe est louable mais manque de réalisme par rapport au reste du tableau.

Comme souvent avec l’auteur l’intrigue manque d’ampleur mais se conclut dans un règlement de compte infernal et réserve un ultime twist final doux amer qui achève de livrer une toile aux couches multiples, tantôt brûlot féministe burlesque, tantôt western et tantôt chronique historique. Un tableau qui imprègne la rétine quoiqu’il en soit.

Résumé : Dans les années 1930, en pleine dépression, une petite ville texane aux rues pleines de boue sur grâce à une scierie qui domine tout. Les bagarres y sont aussi fréquentes que les disparitions. On y meurt d’un coup de feu, sous le tranchant d’une bêche ou broyé par une grume. C’est dans ce monde brutal que Sunset, femme de toute beauté une énième fois violée par son shérif de mari, abat ce dernier d’une balle dans la tête. La notion même de violence conjugale n’existe pas. Aussi l’étonnement est-il à son comble lorsque la jeune femme est acquittée et se voit en plus confier le poste laissé vacant par la mort de son époux. La découverte du cadavre d’une femme enceinte l’oblige immédiatement à faire ses preuves. De simple menace pour ne pas être restée à sa place elle devient une cible; une femme partie, à tort croit- on, à la recherche de son indépendance…

Éditeur‎Folio (21 janvier 2010) Langue‎Français Broché‎496 pages. ISBN-10‎2070395898 ISBN-13‎978-2070395897