Molang – Cartes à gratter – Pochette avec 10 cartes à gratter et un bâtonnet – 26 août 2021 de MILLIMAGES

Une pochette amusante à l’effigie des personnages Molang, Piu Piu et leurs ami·es ! À l’intérieur, tu trouveras 10 cartes à gratter et un bâtonnet pour réaliser de superbes tableaux de l’univers doux et kawaï de Molang !

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Chronique : Avec cette collection de cartes à gratter les enfants vont pouvoir s’amuser de façon créative et ludique sur le thème de l’univers doux et kawaï de Molang et on se prend au jeu du grattage à créer des cartes afin d’en faire de superbes dessins ! Les enfants, et même les parents s’amuseront et voudront en faire des coloriages, participer avec leurs amis. C’est aussi une très bonne idée de cadeaux. l’autre point positif est que les feuilles sont de qualité et dès que le travail est fait on peut l’afficher et le montrer avec contentement.

Éditeur ‏ : ‎ Dragon D’Or; Illustrated édition (26 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 10 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2821214057 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2821214057

Le Camino seule, enfin presque: 38 jours et 1000 km sur le chemin de Compostelle – 8 juillet 2020 de CAM DEWOODS

Une vie bien remplie, le travail, les amis, le sport, et le tout qui défile à toute
vitesse… Ça vous dit quelque chose ? C’était le quotidien de Camille qui,
comme beaucoup, avait terriblement besoin d’appuyer sur « pause ». Plus
facile à dire qu’à faire !

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Chronique : Au cours de son livre Camille fait voyager le lecteur. Un voyage, certes, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle mais pas que. Loin de là, un voyage spirituel, une invitation à se retrouver soit même, à trouver son Km 0,000, à se poser les bonnes questions. C’est aussi une invitation à aimer la vie avec ses joies et ses moments plus difficiles qui nous rendent plus fort, qui nous font grandir.
Le ton est léger, les descriptions des paysages font rêver et ne m’ont donné qu’une envie, prendre mes chaussures et mon sac à dos direction le Camino Primitivo.
Durant toute la lecture, j’ai été extrêmement partagé entre l’envie de connaître la suite et donc de continuer la lecture mais en même temps de prendre mon temps, d’apprécier chaque instant, parce que la fin du chemin, et du livre, arrivent hélas bien vite.
Les rencontres de Cam sont pleine d’humour, de simplicité et de fraternité, elles contribuent à nous faire voyager.
Merci Camille d’avoir eu le courage d’écrire ce livre, il m’a fait voyager et réfléchir sur la vie à Paris qui n’est en réalité plus vraiment la mienne.
Bref, je me suis énormément retrouvé dans ce livre et je ne peux que le recommander !

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Talent Editions; Illustrated édition (8 juillet 2020) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 480 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 237815156X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378151560

Bond – La légende en 25 films – 2 septembre 2021 de Guillaume Evin

Après un an d’attente, covid oblige, le prochain James Bond, intitulé Mourir peut attendre
(No Time To Die) sortira sur les écrans le 2 avril 2021. Pour accompagner cet événement – le 25e film de la série –, Guillaume Evin, le spécialiste de James Bond, propose de revisiter l’intégrale des productions cinématographiques mettant en scène l’espion le plus célèbre de sa Majesté. Une analyse complète et passionnante pour plonger au cœur d’une saga unique, riche d’une incroyable longévité et de palpitants rebondissements.

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Chronique : Que vous soyez bondophile ou bondolâtre, que vous ne manquiez pas un film de peur de louper une bombe atomique ou une bombe anatomique, peu importe, tout les fans de la licence « James Bond » seront ravis par les secrets backstage, les chiffres étourdissant de l’un des phénomènes les plus durables du cinéma. Car malgré quelques ratés et dérapages parfois ridicules,James a su s’adapter aux changements géopolitiques et sociologiques des cinquante dernières années. Chaque interprète de l’espion inoxydable y ayant apporté son empreinte: du brutal et cynique Sean Connery, au sexy et torturé Daniel Craig en passant par le flegmatique et facétieux Roger Moore, le grave et revanchard Timothy Dalton ou encore le vulnérable Pierce Brosnan . Des budgets colossaux et des recettes en conséquence, des décors pharaoniques et des gadgets déments…tous les secrets d’un genre cinématographique à lui seul.Très beau livre superbement documenté. Une approche vraiment très originale des aventures de James Bond. Il permet de voyager avec 007 à travers le monde, tout en levant le voile sur les coulisses des tournages.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Hugo Document (2 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 222 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2755687444 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2755687446

Lucie et sa licorne Tome 8 : Le théâtre des licornes – 19 août 2021 de Dana SIMPSON

Au Camp Thespis, Lucie et ses amis ont du pain sur la planche : il faut écrire, produire et jouer dans leur pièce de théâtre, 100% originale ! Lucie espère passer du temps avec sa meilleure mais surprise : Rosemarie a invité sa soeur, Florence d’Infortuné Museau. Pendant ces vacances, Lucie et sa licorne vont encore vivre des aventures étonnantes, découvrir de nouvelles passions et se faire de nouveaux amis !

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Chronique :Voltina est de retour ! !! Je l’ai adorée lorsqu’elle a été présentée dans Phoebe et sa licorne dans la tempête magique parce qu’elle est un dragon et, plus important encore, mon nerd préféré, Max, a enfin son propre ami/créature magique.

C’est le deuxième roman graphique de Phoebe et Marigold et cette fois, elles partent en colonie de vacances. J’ai été heureuse qu’elles ne se retrouvent pas à nouveau dans un camp de musique, car c’est là qu’elles sont toujours allées. Cette fois, ils vont dans un camp de théâtre et la sœur de Marigold, Florence, vient aussi. Il est intéressant de noter que les narines de Florence ne sont pas aussi malheureuses qu’elles l’étaient auparavant.

Phoebe est d’abord jalouse du temps que les deux sœurs licornes passent ensemble. Heureusement, Sue et Max sont également là, ainsi que Ringo le monstre du lac et Voltina ! Max est adorablement maladroit et ringard.Et chaque fois que Sue dit quelque chose de bizarre, je me rappelle pourquoi je veux qu’elle soit la vedette de son propre roman graphique.

Le transport de la licorne est aussi merveilleux que je l’avais espéré. Avec des drames sur et en dehors de la scène et quelques commentaires sur les amitiés et les sœurs, c’est très amusant et un bon retour au format du roman graphique. Je croise les doigts pour que Voltina fasse son chemin dans les collections ainsi que dans les romans graphiques.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B0949BC57G Éditeur ‏ : ‎ 404 Editions; Illustrated édition (19 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 160 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1032403730

Les Aquatiques – 19 août 2021 de Osvalde LEWAT

 » Je n’étais jamais retournée sur la tombe de Madeleine. N’y avais jamais apporté son repas préféré, de l’huile de palme, du sel ou une cruche de vin de raphia. Madeleine, pour autant que je m’en souvienne, préférait le vin rouge. Mais enfin, le vin de raphia, c’est ce que l’on déposait sur la tombe des morts dans le Haut-Fènn. « 

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Chronique : Les phrases sont courtes, les dialogues, nombreux, les exclamations se multiplient sur la page – Porté par une écriture puissante où l’âpreté du réel le dispute à un humour à froid, Les Aquatiques est à la fois le portrait intérieur d’une femme qui se révèle à elle-même et une réflexion profonde sur les jeux de pouvoir dans une société africaine contemporaine mais fictive. Alors elle témoigne, elle raconte, tantôt au présent tantôt au passé, les impatiences et les douleurs calmées mais exclamatif, lassé mais exclamatif, excédé mais exclamatif. Les propos de Osvalde LEWAT qui souligne qu’une « fille » ne se définit que par son père et son époux prennent tout leur sens ici, dans ce bref roman dépaysant. Au Zambuena les femmes n’ont pas voix au chapitre.

Même si le style sobre des Aquatiques déroute sans forcément toucher, un peu à la manière de La Chienne de Pilar Quintana, le lecteur compatit nécessairement, tente d’adoucir par ses pensées la souffrance, l’amertume douloureuse de cette femme .

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions (19 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 304 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695647 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695640

Ombres portées Broché – 2 septembre 2021 de Ariana NEUMANN

À Caracas, dans le vaste domaine familial, Ariana Neumann, huit ans, joue à l’espionne. En fouillant dans les affaires de son père, Hans, elle trouve une pièce d’identité. Elle reconnaît son
père jeune homme, mais il porte un autre nom. Effrayée, elle tait cette découverte et s’efforce de l’oublier.

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Chronique : Ariana Neumann évoque avec tant d’éloquence le passé de son père, un passé caché trop douloureux pour qu’il le revive, pour qu’il en parle, mais qui finit par être révélé. Elle parle de sa famille, dont beaucoup ont péri aux mains des nazis, et de ceux qui ont survécu. Elle se souvient que, petite fille grandissant au Venezuela, elle a trouvé une photo de son père dans une boîte, une carte d’identité avec sa photo et un tampon d’Hitler. C’est ainsi qu’elle a commencé à prendre conscience que son père lui avait caché son passé, mais ce n’est que bien des années plus tard, lorsqu’à sa mort, il lui a laissé une boîte de lettres et de photos, qu’elle a réalisé qu’il y avait tellement plus à savoir . Il y avait tout à savoir sur son père et sa famille qui ont souffert aux mains des nazis dans leur pays natal, la Tchécoslovaquie, avant de venir au Venezuela. Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’elle a pu se résoudre à faire traduire les lettres et des années avant de pouvoir se résoudre à lire les mémoires qu’il avait commencé à écrire. Elle les partage généreusement avec nous.

Elle commence son voyage vers ce passé, en contactant des cousins et des amis de la famille, en reconstituant ce qu’ils savaient, en retraçant la vie de ses grands-parents à Terezin, en reconstituant l’histoire de son père. Neumann se rend sur les lieux où son père a vécu, à la recherche de vestiges de la vie de ses grands-parents, de l’homme qui a contribué à sauver son père. L’histoire est déchirante, comme toutes les histoires de l’Holocauste, mais elle est remplie d’amour pour son père et pour la famille qu’elle n’a jamais connue. Dans sa dédicace sincère, Ariana Neumann déclare : « Ce livre est dédié à la mémoire de ceux qui n’ont pas pu raconter leur histoire. « Nous devons continuer à lire les histoires que d’autres racontent à leur sujet.

Neumann nous permet de faire connaissance avec sa famille et de savoir ce qu’elle a souffert en exhumant leurs vies. Mettez de côté votre fiction historique pour le moment et lisez plutôt le récit soigné et factuel d’une famille presque anéantie par l’holocauste.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Les escales éditions; Illustrated édition (2 septembre 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 384 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2365695302 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2365695305

Star Wars : Escadron Alphabet tome 2: Où l’ombre s’abat (02) Poche – 12 août 2021 de Alexander FREED

Dans ce deuxième opus de la trilogie, l’Escadron Alphabet poursuit sa traque des chasseurs TIE de l’Escadre de l’Ombre.

L’escadron hétéroclite d’Yrica Quell ne désespère pas de mettre un terme aux exactions de l’Escadre de l’Ombre, mais tous leurs efforts semblent vains et une forme de tension commence à monter entre eux. Déterminée à achever le combat une fois pour toutes, Quell s’allie à Caern Adan, agent controversé du Renseignement de la Nouvelle République, et à la légendaire Générale Hera Syndulla, afin de préparer la mission la plus risquée de sa carrière : piéger l’Escadre de l’Ombre et mettre définitivement fin à la traque.

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Chronique :Star Wars : Escadron Alphabet a été écrit par l’auteur de best-sellers du New York Times, Alexander Freed. Shadow Fall est le deuxième tome de la série.

PERSONNAGES : Les personnages de l’Escadron Alphabet se retrouvent dans ce roman. Dans ma critique du premier livre, j’ai parlé brièvement de Yrica Quell et de Wyl Lark. Maintenant, je vais parler de Chass na Chadic et de Soran Keize.

Chass na Chadic : Elle a été inspirée par Jyn Erso, un vrai héros, pas un mythe ou une légende. Chass est agressive et parfois un peu lunatique. Elle semble perdue, comme si elle ne savait pas qui elle est vraiment, qui elle doit être ou devenir. Elle est provocante et ne s’entend pas très bien avec les autres. Elle fait abstraction des autres en mettant de la musique dans son cockpit. Son enfance a été difficile, mais les choses qu’elle a apprises à cette époque de sa vie l’aident à surmonter un événement difficile et quelque peu étrange dans la bataille actuelle.

Soran Keize : Le Major Soran Keize méprise l’Empire après l’opération Cinder. Ses yeux ont été ouverts sur la noirceur de l’Empereur. L’Empire n’était pas un gouvernement juste dont les intérêts étaient de protéger et de servir le peuple de la galaxie. Il ne s’agissait que de pouvoir. Son amour de l’Empire s’est éteint, sa loyauté envers Shadow Wing demeure et sa soif de vengeance contre l’Escadron Alphabet est féroce.

PENSÉES GÉNÉRALES : Alexander Freed prouve une fois de plus qu’il est un auteur de premier plan. La formation de la Nouvelle République n’est pas du tout facile ! J’aime que nous puissions voir à quel point les restes impériaux sont encore féroces et puissants, bien sûr qu’ils le sont, ce récit se déroule avant la bataille de Jakku. L’Empire était massif, la bataille ne s’est pas terminée avec Endor, comme certaines troupes militaires ont pu le penser. Vous pouvez sentir le désespoir des soldats et des pilotes. La guerre n’est pas finie mais le désir de voir les combats s’arrêter est grand. La tension est extrêmement élevée dans cette histoire. Les émotions que traversent les personnages se dégagent des pages ! De nombreux moments font monter votre anxiété et vous gardent collé au livre.

Vous brûlerez ces pages si vite que vous risquez d’allumer un feu !

Il s’agit d’une étude de caractère merveilleuse et plus profonde pour quelques-uns des personnages. Dans le roman précédent, ils avaient un côté plus mystérieux, leurs antécédents n’étaient pas explorés. Dans ce roman, nous explorons le passé d’un certain personnage qui contribue à faire avancer l’intrigue. L’histoire progresse en passant du point de vue d’un personnage à celui d’un autre. C’est assez simple à suivre pour une histoire de guerre qui a tant de rebondissements. Freed est l’un de ces auteurs qui comprend le développement des personnages et la façon de rendre chaque personnage unique. Les dialogues sont géniaux ! La tension, la culpabilité, la surprise, la colère, etc. étaient si bien écrites.

La guerre dans ce qu’elle a de pire, la diversité dans ce qu’elle a de meilleur. Il y a un personnage auquel tout le monde peut s’identifier !

J’ai été agréablement surpris par certains résultats de l’histoire. Ma peau s’est hérissée de frissons à plusieurs reprises. Il est rare que je réagisse de manière audible à des événements qui se produisent dans un livre. J’ai beaucoup apprécié ce roman. Je ne me souviens pas avoir terminé un livre en ayant des frissons et la mâchoire tombante de surprise.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (12 août 2021) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266316052 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266316057

Bangkok déluge de Pitchaya Sudbanthad, le flot tumultueux du destin

Un ville, un peuple et le cours inexorable du destin.

Ce primo-roman thaïlandais disponible chez @editionsrivages n’est rien d’autre qu’une invitation à une traversée à travers le temps, avec Bangkok, la ville aux milles visages, en arrière plan. Une lecture dépaysante qui, pour peu que l’on sache larguer les amarres, nous emporte sur des flots d’une écriture doté d’une force tranquille qui saura apaisé les pauvres lecteurs occidentaux que nous sommes, habitués à lire des récits beaucoup plus balisés en termes de narration.

Ici pas de personnage central mais une galerie d’habitants de Bangkok avec qui on va faire connaissance tout au long du récit. Tous auront un rapport complexe avec leurs pays tel Sammy, l’expatrié qui cherche désespérément à se réconcilier avec son enfance et son pays ou encore Nee, l’étudiante qui subit la répression militaire des années 70. On aura aussi l’occasion de voir le combat quotidien de sa soeur Nok pour maintenir ouvert son restaurant thaï au Japon alors même que l’histoire de son pays la rattrape bien malgré elle.

Comme dans tout récit choral qui entrecroise les destins, l’auteur n’échappe pas à l’écueil du développement inégal des personnages. La partie consacré à la junte militaire est tellement intéressante que le reste du récit en pâtit quelque peu. C’est le cas notamment du médecin américain Stevens dont l’épopée est conté de manière trop disparate pour que l’on puisse vraiment se prendre d’affection pour lui. L’auteur est mieux parvenu à mener sa barque qui regroupe les personnages Thaïlandais affrontant le tumulte de la vie que celle de ces personnages éclairs qui auraient mérité tout autant d’attention.

La dernière partie représente un défi supplémentaire puisqu’elle se déroule dans le futur alors que les eaux furieuses ont submergés la ville. En plus de nouveaux personnages, il faut également s’habituer à de nouvelles technologies dans un décor qui a changé à jamais. Une partie du récit qui met en valeur la résilience des citoyens de cette nouvelle Venise.

En plus de cet équipage hétéroclite, l’auteur à tenu à intégré des chapitres courts qui mettent la faune en vedette afin de montrer qu’une ville n’es pas uniquement constituée de bipèdes inconscients des ravagés qu’ils provoquent. Un excellente idée qui permet au texte de respirer et de prendre une hauteur inattendue.

Pitchaya Sudbanthad aura donc su me guider tranquillement tout au long de son récit grâce à sa plume calme, à la puissance narratrice maîtrisée. Une lecture qui m’a fait sortir de ma zone de confort pour mon plus grand plaisir. Une lecture qui fait rimer dépaysement et enchantement.

Résumé: Roman-monde pour une ville-monstre, «Bangkok Déluge »regarde Bangkok changer à travers le destin kaléidoscopique d’une dizaine de personnages plus attachants les uns que les autres. Du XIXe siècle des grandes découvertes à l’avenir des tempêtes climatiques qui guettent, autour d’une même maison hantée qui lui donne son axe, la ville se fait tour à tour piège et refuge, se réinventant en permanence sous les assauts de la modernité comme du ciel. Tentaculaire et limpide, porté par un souffle et une force motrice rares, le premier roman de Pitchaya Sundbanthad est un voyage, une expérience d’immersion totale.

  • Éditeur ‏ : ‎ EDITIONS PAYOT & RIVAGES (25 août 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 432 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 274365368X
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2743653682
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 450 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.9 x 20.5 cm

Mysterious skin de Scott Heim, enfance martyr, enfance volée

Il y a des ouvrages comme ça qui vous happe dès la première page et qui, au fil du récit, se faufile un chemin jusqu’à votre cœur et vous laisse pantois, l’âme éblouie par tant de beauté mélancolique et le visage en larmes. Mysterious skin est de ces ouvrages.

J’ai eu l’occasion de lire ce livre une première fois il y a une dizaine d’années et sa lecture m’a laissé un souvenir impérissable. Aujourd’hui une relecture attentive a confirmé le monument d’émotions brutes que représente ce roman. Un chef-d’œuvre intemporel qui m’a encore bouleversé lors de cette seconde lecture.

Le récit de l’Américain Scott Heim est un chemin de vie parallèle, un double parcour de vie fracassé. L’auteur nous invite à suivre Brian et Neil, deux jeunes garçons prisonniers de la société conformiste de l’Amérique rural du Kansas dans les années 80 jusqu’au début des années 90. Dix ans, dix ans que nous allons passer au cœur de deux vies éteintes par une étreinte démoniaque. Une décennie pour rallumer la flamme et oser braver les ténèbres qui se sont penchées sur leur destin.

Le récit nous offre une narration en miroir où l’on suit les deux personnages principaux alternativement. Le portrait de ces deux êtres marqués par un évènement traumatisant est d’une finesse psychologique rarement égalée. Brian est le gamin mal dans sa peau, introverti, coincé entre un père exigeant et une mère surprotectrice. Un enfant au cri silencieux que personne ne saura entendre. Lors de ma première lecture je me souviens avoir ressenti une certaine lassitude lors de la lecture des chapitres consacrés à Brian, il faut reconnaître que, de prime abord, ce personnage paraît un peu fade face à Neil le flamboyant. Pourtant au fil du récit son parcours va prendre une ampleur insoupçonnée et Brian sera faire preuve de courage pour trouver les réponses aux questions qui le hantent. Accompagner ce personnage durant cette décennie sera, pour le lecteur, comme assisté à la longue sortie de chrysalide d’un papillon qui aurait enterré ses émotions pour mieux les retrouver une fois sa mue terminée.

En face l’auteur met en scène Neil, un personnage magnétique, immédiatement charismatique. Un enfant qui a grandi trop vite et qui ne cesse de se débattre pour échapper au carcans imposés par la société conformiste américaine. Un phénix qui illumine son entourage de sa prestance, de son sens de la provocation, qui consume le cœur de ses proches sans même sans rendre compte, qui se persuade qu’il contrôle sa vie alors qu’il n’en ait rien comme l’auteur va nous le montrer au cours du chemin de vie qui est le sien. Je me souviens que je trouvais ce personnage fascinant lors de ma première lecture, aujourd’hui je comprends que l’auteur a voulu montrer comment un traumatisme peut marquer une vie et influencer les choix d’une personne. Là où Brian apparaît comme une chenille qui doit entamé sa mue, Neil serait plus un éphémère qui brûle sa vie de tous côtés dans un tunnel de drogues, de sexe et de prostitution. Jusqu’au point de non-retour.

« Il portait un T-shirt de dragster, un blouson en vrai cuir avec des fermetures éclair semblables à des rangés de dents, et des bottes assorties. Des animaux ont été tués pour fabriquer ces vêtements, ais-je pensé. Il serait avec un couteau à cran d’arrêt dans une main, et moi dans l’autre. » Wendy Peterson décrivant sa rencontre avec celui qui finira par devenir son meilleur ami.

Pour développer ces deux personnages, aussi chargés en émotions l’un que l’autre, l’auteur a opté pour une plume différente selon qui l’on va suivre. Ainsi les chapitres consacrés à Brian font montre d’une plume contemplative, où l’introspection prend une part importante alors qu’une mélancolie diffuse imprègne toute l’atmosphère. C’est une plume plus ronde alors que les chapitres consacrés à Neil sont écrits dans un style plus acéré, plus mordants. Il faut noter que le parcours de Neil, en véritable acteur principal de sa propre tragédie, nous sont souvent contés par la vision de personnages secondaires tout aussi délicieux et attachants. Leurs points de vue sur le parcours de Neil témoignent de l’impuissance que l’on ressent parfois envers un proche qui refuse notre aide. Des chapitres poignants parcourus par des fulgurances poétiques qui illustrent la détresse psychologique des personnages.

Un récit d’une grande finesse et il n’en fallait pas moins étant donné les sujets délicats qu’il aborde. Les thèmes de la pédophilie, la sexualité précoce et la prostitution sont abordés de manière frontale mais jamais gratuite. Une finesse que l’on retrouve lors d’un final que certains jugeront abrupt mais ce serait oublié que l’auteur ne nous a jamais promis une fin heureuse, juste le chemin qui mène à celle-ci.

Résumé: Récit bouleversant de deux quêtes douloureuses, de deux destins meurtris que rien ne semble pouvoir apaiser, Mysterious skin explore, sans complaisance, sensationnalisme ni faux-semblants, la question de la pédophilie, la complexité de l’éveil sexuel et le passage à l’âge adulte. Tracé d’une plume sobre, empreint de poésie et de délicatesse, un magnifique portrait de l’enfance, dans la violence de relations troubles et traumatisantes.

  • Éditeur ‏ : ‎ Au Diable Vauvert (6 octobre 2005)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 407 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2846260907
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2846260909
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 422 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 13.1 x 2.7 x 19.8 cm

Conan le Cimmérien – 7 juillet 2021 de Robert E. Howard

Conan est l’un des personnages de fiction les plus connus au monde. Robert E. Howard l’a créé en 1932 et avec lui, l’heroic fantasy. Ce héros, ainsi que la puissance évocatrice de l’écriture de son auteur, a eu et a toujours une influence majeure, au moins égale à celle de Tolkien, sur tout l’imaginaire occidental.

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Chronique : Conan le Cimmérien est un classique de la littérature Fantasy et offre suffisamment de Conan pour satisfaire, mais pas trop pour ne pas se gaver de ce barbare macho. Les histoires de ce volume sont présentées dans l’ordre où elles ont été écrites,. Dans cet ordre, on peut voir l’écriture de Howard évoluer au fur et à mesure que le livre avance. Howard se répète, tant dans la caractérisation que dans l’intrigue, à quelques reprises. Mais c’est en fait une vertu dans ce cas, car cela « épaissit » le personnage de Conan. Si le lecteur ne se limite qu’à quelques histoires de Conan, il passe à côté de l’approfondissement du personnage – il ne s’agit pas nécessairement d’une croissance, puisqu’il est, à la base, toujours le même. Mais Conan est un personnage plus profond que vous ne l’imaginez si vous avez limité votre vision de lui à quelques histoires seulement.

Il y a un certain nombre d’excellentes histoires dans ce volume, bien qu’aucune ne soit sans défaut. « La Tour de l’Eléphant », par exemple, est une grande histoire mystique, malheureusement gâchée par la rencontre improbable (et très peu crédible) avec le maître voleur, Taurus de Némédia.

La « Reine de la Côte Noire » est ce qui se rapproche le plus d’une romance dans un récit de Conan, une romance qui est favorisée par Belit (la reine dont il est question dans le titre) et son incroyable pulsion hormonale. Cette histoire montre vraiment Howard sous son plus mauvais jour, comme en témoigne une énorme chute d’informations au milieu de l’histoire, de la bouche même de Conan. Pour être honnête, je préfère Conan quand il parle moins. ce texte est représentatif de tout ce qui fait qu’une histoire de Conan est une histoire de Conan : mystère, sorcellerie, luxure et vengeance. Si vous parvenez à faire abstraction du racisme et du sexisme affichés, ou du moins à réprimer l’envie d’arrêter la lecture par pur dégoût pour ces attitudes dépassées, vous trouverez là une histoire de qualité, voire élégante.

Le « Colosse noir » contient peut-être la meilleure description de la raison pour laquelle l’attitude du barbare est si… eh bien, barbare :

Conan écoutait, imperturbable. La guerre était son métier. La vie était une bataille continuelle, ou une série de batailles ; depuis sa naissance, la mort était une compagne constante. Elle rôdait horriblement à ses côtés ; elle se tenait sur son épaule, près des tables de jeu ; ses doigts osseux secouaient les gobelets de vin. Elle se dressait au-dessus de lui, ombre monstrueuse et encapuchonnée, lorsqu’il se couchait pour dormir. Il ne se souciait pas plus de sa présence qu’un roi ne se soucie de la présence de son échanson. Un jour, son étreinte osseuse se refermerait, c’était tout. Il lui suffisait de vivre le présent.

La Maison aux trois bandits est l’une de mes histoires préférées de ce volume, mais pas à cause de Conan, qui ne joue qu’un rôle périphérique dans l’histoire jusqu’à son apogée. Cette histoire était pleine de mystère et de trahison, avec un homme-bête démoniaque comme méchant (le plus évident) et une foule d’astuces technologiques déguisées en sorcellerie qui conféraient à l’intrigue une excentricité rafraîchissante. Que demander de plus dans un récit d’épée et de sorcellerie ?

Le Diable d’Airain semble rassembler de nombreux tropes trouvés dans les histoires précédentes et constitue le point culminant approprié du volume. Il s’agit de l’histoire la plus proche que Conan n’ait jamais eu, donc si vous avez besoin d’un jeu de rôle, cette histoire est faite pour vous.

Une section d’Appendices assez longue conclut le livre, mais c’est une sorte d’anticlimax, si on le lit directement. De temps en temps, je revenais à cette section lorsque je sentais la fatigue du lecteur s’installer. J’ai trouvé que les articles sur l’âge hyborien et sur la genèse de la carrière d’Howard étaient des diversions temporaires bienvenues qui m’ont permis de me ressourcer pour aborder d’autres histoires. Les deux cartes brutes ont également permis de contextualiser les histoires dans des limites géographiques.

J’ai omis de mentionner de nombreuses histoires dans ce volume. C’est intentionnel. Vous pouvez ou ne pouvez pas aimer les mêmes histoires que moi, mais je crois qu’il y a assez dans ce roman pour justifier un bon, long moment de votre temps de lecture.

Note : 9,5/10

ASIN ‏ : ‎ B08YML2VKC Éditeur ‏ : ‎ Bragelonne (7 juillet 2021) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 544 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1028116743