16 de Greg Buchanan, mornes plaines


L’ambiance, l’atmosphère, c’est sûr ces concepts ambitieux mais hasardeux que certains auteurs décident de bâtir leurs œuvres. L’intrigue en elle-même passe au second plan au profit d’un aura mystérieux, promesse d’une évasion sur des terres inconnues. Encore faut-il que la promesse soit tenue.

L’intrigue prometteuse de 16 nous convie dans la ville d’Ilmarsh en Écosse et nous promet de révéler tous les sales petits secrets de la petite ville. Pourtant en refermant l’ouvrage je serais bien incapable de citer un habitant de la bourgade ou une spécificité de celle-ci. L’auteur échoue à créer une véritable atmosphère autour du décor de son intrigue. Cela manque de contexte, d’interactions quotidiennes, de vie en somme.

L’auteur a préféré se concentrer sur les portraits de ces deux enquêteurs, autant le personnage d’Alec s’en sort plutôt bien, malgré un côté passif et naïf assez irritant, autant celui de Cooper, la vétérinaire, est complètement raté. L’auteur a essayé de faire quelque chose avec elle, il souligne un trait de caractère assez original mais qui m’a complètement sortie de l’histoire. Je ne croyais plus en ce que je lisais. Difficile alors de développer de l’empathie pour ce duo qui gémit plus qu’il n’enquête. 

Le gros point noir pour moi vient surtout de la narration. Trop occupé à répandre désespérément les brumes d’Ilmarsh l’auteur oublie de nous intéresser à son intrigue. Ainsi les développements de l’enquête nous sont-ils transmis de manière formelle, comme si l’on lisait un rapport dénué d’emphase mais aussi de toute tension, de tout suspens, alourdie par des flash-back inutiles et une stagnation du récit. La résolution se révèle décevante et retombe dans les travers des pires polars, à l’image d’une intrigue qui jamais ne décolle.

Un premier roman au résumé original qui se veut audacieux dans son traitement de l’intrigue et des personnages mais qui se révèle terne dans son atmosphère, inconsistant dans ses personnages et frustrant dans son intrigue. Dommage.

Résumé : Dans la campagne marécageuse et pittoresque d’Ilmarsh, les apparences sont malheureusement trompeuses…
L’inspecteur Alec Nichols et la vétérinaire Cooper Allen vont le découvrir à leurs dépens. Leur quotidien paisible vole en éclats le jour où ils se rendent sur la scène d’un crime atroce et unique : face à eux, seize cadavres de chevaux. Impossible de cerner le profil de ce tueur si spécial, ses intentions, ou de déterminer qui sera sa prochaine cible.
Les deux enquêteurs vont vite comprendre que le mal sommeille à Ilmarsh : mensonges, incendies, meurtres en série… personne ne sera épargné.
Cette petite ville tranquille survivra-t-elle à la vérité ?

Éditeur ‎Calmann-Lévy (2 mars 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎486 pages
ISBN-10 ‎2702167551
ISBN-13 ‎978-2702167557

Récursion de Blake Crouch, le temps d’un bonheur

Pouvoir revenir en arrière, prendre un chemin différent de celui qui nous a menés à l’impasse, faire d’autres choix que ceux qui se sont révélés insatisfaisants, on en a tous rêvé. Récursion nous montre où tout cela pourrait nous mener.

Les lecteurs fatigués de voir toujours les mêmes thèmes revenir dans la fiction devraient tout de même se pencher sur ce thriller d’anticipation original, qui offre une belle morale en plus d’une intrigue haletante, pleine de rebondissements, qui rappelle par certains aspects, les meilleures œuvres de SF, telle minority report.

Car au-delà d’être un excellent thriller, l’ouvrage nous narre une romance touchante entre deux personnages meurtris. L’un, Barry, a le regard tourné vers son passé brisé tandis que l’autre, la scientifique Helena, peine à apercevoir un rayon de soleil dans son avenir alourdi par le spectre de la maladie. Le destin les réunira dans une bulle de passion qui durera ce qu’elle durera. Trop peu en regard de l’amour que se vouent ces deux êtres fracassés par la vie.

Bien sûr, l’auteur évoque la résilience, la nécessité de surmonter son deuil, notre impuissance devant la cruauté de la vie, il questionne également nos regrets et nos remords mais le récit est aussi une invitation à profiter de chaque moment bienheureux que nous offre la vie, à en tirer le maximum dans le court temps qui nous est imparti. À profiter de l’autre et de ce qu’il nous apporte avant qu’il ne s’évapore.

Car le temps file trop vite pour que l’on s’arrête sur ce que l’on a perdu et la chance d’être heureux, ne serait-ce que pour un moment, risque de nous filer entre les doigts sans même que l’on ne s’en rende compte. Parmi tous les messages délivrés par ce récit passionnant, c’est peut-être le plus important

Résumé : La réalité n’est qu’un souvenir. Barry Sutton, flic désabusé de la police new-yorkaise, enquête sur une vague de suicides engendrée par le Syndrome des Faux Souvenirs, une maladie neurologique inexpliquée dont les victimes se remémorent une vie qu’ils n’ont jamais vécue. Parallèlement, Helena Smith, une neurologue travaillant sur la mémoire, est recrutée par le richissime Marcus Slade pour développer un dispositif permettant d’enregistrer les souvenirs, officiellement pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Mais Slade comprend bientôt que cette invention peut faire bien plus que cela, et ses ambitions font peser sur la réalité elle-même un danger inouï.Seuls Helena et Barry, en joignant leurs forces, ont une chance de l’arrêter…

Éditeur ‎J’AI LU (6 octobre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎320 pages
ISBN-10 ‎2290233153
ISBN-13 ‎978-2290233153

Les serpents de la frontière de James Crumley, un nid de serpents endormis


Le dernier baiser, un autre ouvrage du même auteur m’avait laissé un agréable souvenir de lecture. Au point que je l’ai relu deux fois. J’ai voulu me frotter de nouveau à l’une de ses œuvres, bien mal m’en a pris car je suis resté coincé à la douane cette fois-ci.

Au niveau du style il n’y a rien à dire, la plume est animée par une ironie désabusée qui ne s’assèche jamais, renforcée par un ton irrévérencieux et une vision cynique du rêve américain. Les portraits des différents personnages, à commencer par les deux compères Milo et Sughrue, qui émaillent le récit, sont un régal de non-conformisme et de franc parler. L’ensemble de l’ouvrage est parsemé par une gouaille irrésistible qui en fait tout le sel.

La déconvenue se situe au niveau de l’intrigue. L’auteur met trop de temps à poser ses enjeux, le tout paraît donc très décousue et surtout répétitif. On a l’impression que notre duo d’enquêteurs passe son temps à dénicher un suspect avant de passer à un autre sans que l’intrigue ne progresse. Le tout en ingurgitant le maximum d’alcool et de substances illicites sinon ce n’est pas drôle.

Les cent dernières pages secouent enfin l’inertie dans laquelle s’était enfermé l’intrigue et offre un final digne des meilleurs westerns mais trop tard pour que mon intérêt s’en trouve piqué. Je ne savais plus qui était qui ni quel était son intérêt dans ce nid de serpents qui a passé la moitié du récit à roupiller.

Je laisserai une seconde chance à cet auteur de m’enivrer avec une autre de ces histoires, en espérant cette fois-ci que l’élixir ne soit pas à charge lente.

Résumé : Cela fait des années que Milo a arrêté de boire, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça ne lui a pas réussi. Dépos- sédé de son héritage par un escroc, il finit par débusquer son vieux pote Sughrue au fin fond du Texas. Le plan est simple : à eux deux, ils vont mettre à profit leur expérience d’enquêteurs peu conventionnels pour retrouver l’escroc et rendre une justice exemplaire. Accessoirement, Milo entend “arrêter d’arrêter” les substances déconseillées pour la santé. Mais Sughrue a lui aussi quelque chose à demander. Toujours incontrôlable, il s’est mis à dos une bande sacrément dange- reuse, les “serpents de la frontière”. Des serpents connus pour ne pas faire de quartier. Sauf que Sughrue n’a pas le sens de la mesure, et puisque Milo est là…

Éditeur ‎GALLMEISTER; Illustrated édition (4 novembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎432 pages
ISBN-10 ‎2351781376
ISBN-13 ‎978-2351781371

L’attrapeur d’oiseaux de Pedro Cesarino, gardien des légendes

Gardien des légendes

L’attrapeur d’oiseaux. Ce titre trompeur vous égarera peut-être sur ce dont l’auteur veut parler dans ce court récit qui oscille entre le récit anthropologue et le conte philosophique. Embarquez sur la pirogue de Baitogogo et tâchons d’y voir plus clair.

Le récit est avant tout une immersion dans une région humide, qui transpire les caresses sans fin d’un soleil impitoyable. La plume immersive de l’auteur permet de ressentir la moiteur de la jungle amazonienne mais aussi toute sa beauté indomptable.

Véritable passeur de savoir, le narrateur récolte les légendes locales comme d’autres les informations. Légendes qui achèvent de donner au récit une couleur et une bonhomie qui tranche avec la réalité sociale livrée aux affres du capitalisme.

Bien qu’empreint d’un certain onirisme, le récit n’en reste pas moins un tableau saisissant des conditions de vie des minorités ethniques dans un Brésil qui a renié ses valeurs humanitaires. La violence sociale est omniprésente, tout comme le racisme envers ses populations qui refuse le conformisme occidental. Par les yeux du narrateur c’est une peinture bien sombre qui nous est dépeinte.

Un tableau que le narrateur allège par son optimisme affable et sa volonté impassible, rendant ce voyage moins âpre. Une légèreté qui se retrouve dans sa manière de s’intégrer aux tribus locales, à adopter leurs us et coutumes, à s’imprégner de leur mentalité à coups de mésaventures et de déconvenues. Son amour pour cette région et ses habitants transparaît à chaque page.

L’attrapeur d’oiseaux combine donc habilement le récit d’aventures et la critique sociale, le tout mâtiné de légendes exotiques. Un voyage en terre inconnue qui laisse un souvenir impérissable.

Résumé : Après avoir essuyé plusieurs échecs sur son terrain de recherche, un anthropologue désenchanté se lance une fois de trop au cœur de « l’enfer vert » amazonien, dans le vague espoir d’enfin recueillir le récit du mystérieux mythe de l’attrapeur d’oiseaux, qui l’obsède. Quadra célibataire et mélancolique, c’est presque à contrecœur qu’il retourne auprès de sa famille amérindienne adoptive, où rien ne se passe comme prévu. De faux pas en impairs, il va faire l’expérience fatidique des limites du langage et de l’impossible communion des narrations du monde.

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (2 mars 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎160 pages
ISBN-10 ‎274365578X
ISBN-13 ‎978-2743655785

Là où nous dansions de Judith Perrignon, Ci gît le rêve américain

Installez-vous confortablement à côté d’Ira, de sa mère Géraldine, de son oncle Archie pour parcourir avec eux l’album photo de leur vie, qui se trouve être aussi celui d’une page de l’Amérique qui s’enterre dans l’indifférence générale. Celui d’un quartier, le Brewster Douglass Project, qui a cristallisé toutes les attentes et le désespoir de la ville de Detroit.

Un album photo mis en scène par l’autrice de manière judicieuse, à l’aide d’une double temporalité qui permet de se rendre compte de ce qui a été perdu au fil des décennies où la déshérence sociale a remplacé le new deal de Roosevelt. On parcourt les années de ce quartier, symbole d’espoir pour la population noire américaine, de sa création à son imminente destruction. Entre les deux époques ? Une longue agonie sociale.

« Elle allume la radio . Sur WDET, même rengaine que le matin. bankruptcy. Detroit est en faillite. Quel scoop! Ricane Sarah pour elle-même. Allez demander aux corps que personne n’enterre, à Doug diplômé d’histoire qui n’a pas trouvé d’autre boulot que de travailler à la morgue, aux bâtiments condamnés,au paysage, ou même à ce mome assassiné au pied des tours vides, allez leur demander quand la faillite est arrivée ! C’est quoi cette façon de déclencher le plan épidémie quand tout le monde est mort ? »

Un album découpé en quatre saisons où les personnages vous invitent à partager leur souvenir où se mêle la tendre nostalgie du temps passé, la colère face à la morgue capitaliste actuelle, l’amertume due à la déliquescence du quartier, les regrets devant leur impuissance à empêcher l’inévitable, et la triste résignation qui s’installe.

Mais cet album est aussi l’occasion de partager la joie de vivre de ses habitants malgré la misère et les rudes conditions de travail. De voir émerger toute une culture, avec notamment l’évocation du célèbre label de la Motown et du girls band The Supremes. C’est tout un monde qui prend vie sous nos yeux avec son lot d’amour, de joie, de tristesse et de rage.

Avec douceur et mélancolie, Judith Perrignon invoque le passé flamboyant d’un quartier à son Zénith alors que le crépuscule menace aussi bien les tours de béton que les cœurs. Ténèbres et lumière se mêlent pour former un récit émouvant qui laisse un goût amer dans la bouche. 

Résumé :

Detroit, 2013. Ira, flic d’élite, contemple les ruines du Brewster Douglass Project où s’est déroulée son enfance. Tant d’espoirs et de talents avaient germé entre ces murs qu’on démolit. Tout n’est plus que silence sous un ciel où planent les rapaces. Il y a quelques jours, on y a découvert un corps – un de plus.

Pour trouver les coupables, on peut traverser la rue ou remonter le cours de l’Histoire. Quand a débuté le démantèlement de la ville, l’abandon de ses habitants ?

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (12 janvier 2022)
Langue ‎Français
Poche ‎368 pages
ISBN-10 ‎2743655151
ISBN-13 ‎978-2743655150

Galerie des glaces d’Éric Garandeau, un vitrail poétique, historique et moderne

Nous ne venons jamais de nulle part, nous ne sommes jamais issus du néant. Les origines se perdent souvent dans les brumes de l’histoire mais les tourments d’aujourd’hui s’enracinent dans la terre du passé.
L’ouvrage d’Éric Garandeau est là pour nous le rappeler.

Le récit possède un rythme élevé. C’est que l’intrigue à développé est dense, s’étale sur plusieurs siècles et prend place dans trois endroits différents. Pourtant nul besoin d’être effrayé par cette intrigue ambitieuse. 

L’auteur a la bonne idée de nous embarquer dans son périple entre le Nigeria, Paris et Venise à hauteur d’homme. On suit donc l’inspecteur Thaumas dans ses tribulations pour éclaircir la mort suspecte du dernier grand chef d’entreprise Français. On découvre l’effervescence de la ville de Lagos, on se perd avec lui dans les non-dits familiaux, on tente d’y voir plus clair dans les méandres historiques.

L’auteur a eu la bonne idée d’agrémenter son texte de références culturelles de toutes sortes, littéraires, poétiques, historiques, philosophiques tout en développant un argumentaire sur la finance mondiale, le tout de manière claire et dynamique. La narration est un véritable enchantement, un jeu de piste sur fond de patchwork culturel.

Mais l’auteur a fait le choix de produire un ouvrage à la pagination resserrée. Certains choix ont donc été faits, certains personnages auraient mérité un développement plus conséquent, notamment la pétillante Anya ou la troublante Angélique. On peut regretter aussi que le brave enquêteur Gabriel ne dépasse pas le postulat de départ qui le place en dindon d’une farce qui aurait pu être plus consistante. 

Cette galerie des glaces réserve beaucoup de surprises à ceux qui l’arpenteront même si la fin du parcours s’essouffle un peu et perd de son aura et de son effervescence narrative.

Résumé : Trois femmes et trois hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Trois villes qui n’auraient jamais dû exister et dessinent, du XVIIe à l’aube du XXIe siècle, le nouveau triangle des Bermudes. De Venise à Lagos en passant par Versailles, entre malédiction, magie noire, sociétés secrètes et jeux de pouvoir, la terre est une étuve et des lagunes filandreuses ramènent le passé à la surface. On se perd pour mieux se retrouver dans une galerie aux 360 glaces où retentit l’écho du Magnificat de Monteverdi.


Galerie des Glaces est un roman contemporain dont l’Histoire est l’héroïne, un kaléidoscope qui explore la mondialisation en remontant à sa source : Venise ou l’invention du commerce, Versailles ou l’invention industrielle, Lagos ou la ville-monde

Éditeur ‎Albin Michel (18 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎320 pages
ISBN-10 ‎2226464212
ISBN-13 ‎978-2226464217

Bobby Mars forever d’Alan Parks, Hard 70’s

Si 2022 et sa morosité ambiante vous pèsent déjà, Alan Parks et les éditions rivages ont pensé à vous. La saga de l’inspecteur McCoy invoque une décennie où le rock vit ses plus belles heures, où l’on se noie dans l’alcool, où l’on s’élève dans des paradis artificiels aussi facilement que l’on s’y brûle. Bienvenue à Glasgow durant le caniculaire été 73.

Ce troisième volume étoffe encore plus l’aspect social de la saga. Misère sociale, alcoolisme, maltraitance parentale, trafic de drogue et agressions physiques sont le quotidien de l’inspecteur McCoy, dont les traumas, vecteurs de l’intrigue du tome précédent, sont mis en retrait ici au profit du portrait d’une ville de Glasgow toujours aussi dangereuse et impitoyable. Un personnage à part entière que cette ville d’Écosse, théâtre sordide d’une tragédie humaine aux multiples facettes.

En plus de ce portrait saisissant d’une ville dans les années 70, l’auteur laisse la part belle aux personnages secondaires, quitte à laisser de côté ce brave Wattie, le compère de McCoy. L’occasion de se frotter à la gouaille d’Iris, mère maquerelle qui ne s’en laisse pas compter, ou Cooper, le caïd, ami d’enfance de McCoy, constamment sur la corde raide, ou encore l’étoile montante Bobby Mars, prodige musical qui se laisse brûler les ailes.

Moins prévisible que dans le tome précédent, l’intrigue superpose les enquêtes et se révèle plus plaisante, plus rythmée même si elle ne représente pas l’atout majeur du récit. La faute à des pistes un peu trop faciles à dénicher, une conclusion sans grande originalité et un manque de contexte pour certaines parties de l’intrigue, notamment concernant la guerre civile irlandaise. 

Quiconque aime les récits urbains où la justice s’efface devant la loi de la rue se passionneront pour ce polar d’un réalisme saisissant. 

Résumé : Nous sommes toujours à Glasgow en 1973. En ce mois de juillet, Bobby March, héros local qui a réussi dans la musique, est retrouvé mort d’une overdose dans une chambre d’hôtel. Parallèlement, la jeune Alice Kelly, adolescente solitaire, a disparu. Autre disparition inquiétante, celle de la nièce du chef de McCoy qui avait de mauvaises fréquentations. McCoy est chargé d’enquêter. Toujours aussi dangereuse, la ville de Glasgow n’a rien perdu de sa noirceur…

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (9 février 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎416 pages
ISBN-10 ‎274365502X
ISBN-13 ‎978-2743655020

Tepuy de François Baranger, le monde perdu

Un environnement mystérieux, une expédition de la dernière chance et un secret enfoui depuis des millénaires, tel sont les ingrédients de ce thriller fantastique qui rend hommage au récit d’aventures d’antan tout en incorporant des éléments de narration moderne.

Pour peu que vous aimiez les reportages qui partent à la découverte de parties du monde méconnues et source de fantasme alors la première partie du récit vous semblera convaincante. Forêt épaisse, bruits étranges et danger permanent plonge le lecteur dans un récit haletant.

Il ne faut pas s’attendre à être bluffé par le style ou la caractérisation des personnages, le but n’est pas là. Des personnages dont l’écriture est aussi peu subtile que les références appuyées auxquels l’auteur se réfère mais peu importe le souffle épique de l’aventure se fait ressentir. 

Une première partie entraînante qui se retrouve malheureusement entachée par la seconde partie, au rythme tout autant endiablée, mais dépourvue de l’aura de mystère qui faisait la force du récit.

L’auteur s’empare de thèmes modernes tel que le capitalisme fou, le culte du corps et la crainte des micro-organismes, délaissant le côté exploration pour aborder le genre du thriller fantastique mais avec un aspect forcé qui fait ressortir les défauts de l’ouvrage déjà perceptible dans les pages précédentes. Ainsi facilitée scénaristique et caractérisation grossière des personnages apparaissent au grand jour dans cette dernière partie jusqu’à une conclusion en demi-teinte qui ne s’éloigne pas des codes du genre.

Oscillant entre le roman d’aventures, dont il se revendique clairement et le thriller fantastique, Tepuy propose un récit convaincant aux thèmes modernes mais qui a du mal à convaincre passé une phase d’exploration plaisante.

Résumé : Au cœur de la jungle vénézuélienne, une jeune femme, Ruz, se réveille encore attachée à un parachute. Seule, blessée et amnésique, elle est obligée de faire confiance à la voix grésillante de Chris échappée d’un talkie-walkie, son fil d’Ariane pour comprendre qui elle est venue chercher dans ces terres hostiles. Ne pouvant compter que sur ses propres ressources et ses réflexes de survie, Ruz va découvrir les secrets oubliés que recèlent les tepuys, et être confrontée au cynisme criminel de grandes industries prêtes à tout pour s’approprier de fantastiques découvertes.

Éditeur ‎Pocket (7 octobre 2021)
Langue ‎Français
Poche ‎544 pages
ISBN-10 ‎2266318179
ISBN-13 ‎978-2266318174

Prunelle, l’ultime sortilège – 26 janvier 2022 de Agnès Laroche

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Prunelle la sorcerelle doit fuir Tendreval. Son père, qui dirige le comté, s’entête à maintenir une loi injuste, interdisant aux sorcerelles d’utiliser la magie forte. Et son frère veut la séquestrer. Pourtant les terribles Obscurs sont sur le point d’envahir Tendreval.

Chronique :Regardez cette couverture sombre et magnifique qui vous donne envie de vous perdre dans cette histoire.

Il était une fois une fille qui retrouva un garçon perdu dans les bois. Elle touche son âme et le réchauffe, l’aidant à trouver ce qu’il cherchait et, entre-temps, elle découvre le but de sa vraie vie. Mais leur rencontre fera ressortir le danger, la malédiction et la mort dans leur vie !

Cette histoire est d’une beauté obsédante, d’un mystère enchanteur et d’une beauté surnaturelle. c’est un voyage magique qui vous fera croire à l’inexplicable et admirer l’inattendu. je pense que ce livre m’a jeté son propre sort.

Certains aspects de l’histoire m’ont semblé prévisibles, mais la prévisibilité vient du fait que j’ai eu l’impression d’avoir intelligemment saisi les subtiles allusions de l’auteur, et non pas parce que l’auteur était évident. et c’est certainement dû à l’écriture. l’écriture est exquise et si parfaite sur le plan de l’atmosphère. elle donne le ton et l’ambiance parfaits pour l’ensemble du livre.

Prunelle, l’ultime sortilège est un tome 2 si magique, mais aussi un livre qui donne des frissons en lisant. J’ai été très surpris, voire choqué, par la tournure des événements à la fin du livre. Bien que ce livre ait eu quelques défauts comme la formulation répétitive, qui m’a un peu ennuyé et quelques trous d’intrigue évidents. J’ai vraiment apprécié ce livre, c’était une lecture merveilleuse.

Note : 9/10

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur (26 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700276817 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700276817

Le problème avec la paix, l’âge de la folie tome 2 de Joe Abercrombie

Il n’est pas toujours facile, pour les auteurs, de trouver le ton adéquat pour narrer les histoires qui leur trottent dans la tête. Tant a déjà été fait, qu’il peut paraître ardu de proposer quelque chose de neuf.

Joe Abercrombie a choisi lui. Ses saga déploient un ton caustique, acide et sarcastique qui dépoussière le genre. On pourrait lui reprocher d’avoir trouvé une formule qu’il réitère depuis sa première trilogie, La première loi. Mais lorsqu’on aime on est rarement rassasié.

Toute la force des récits d’Abercrombie repose sur le dynamisme des dialogues, à coups de sous-entendus grinçants, de menaces voilées, de répliques lapidaires. Pour qui aiment les échanges construits sous forme de ping pong narratif, les dialogues sont comme une boîte de bonbons acides, ça pique la langue mais on en redemande.

Des dialogues qui sont servis par des personnages à la psychologie travaillée. L’auteur met en scène une galerie de personnages névrosés, à la morale ambivalente, aux actions contradictoires. Le récit ne comporte pas vraiment de héros ni d’antagoniste clair, du moins pour les personnages principaux. De véritables paradoxes ambulants emportés par le fleuve de l’Histoire.

Là où d’autres auteurs vont déplacer leurs pions lentement sur leur échiquier, dévoiler progressivement les desseins des protagonistes, Abercrombie lui place le lecteur au coeur de l’échiquier. On assiste en direct aux trahisons, aux réunions secrètes des comploteurs, aux décisions unilatérales qui entraînent la mort de milliers d’innocents. L’impression d’être au cœur d’une trame tentaculaire où chaque pion dissimule une paire de poignards n’a jamais été aussi forte.

Puis, alors que chaque pièce est à sa place, voilà que l’auteur sonne l’alalie. Les armées s’entrechoquent et le sang commence à couler dans une sarabande mortelle où l’auteur convient le lecteur à assister à un massacre impitoyable à hauteur d’homme. Un passage obligé dans les récits d’Abercrombie et qui est toujours aussi jouissif.

Le verbe acide et la profondeur des personnages font de cette saga un incontournable de la fantasy. Des atouts qui font oublier la pauvreté des descriptions et l’absence de carte.

Résumé : Ancienne reine des affaires à Adua, Savine dan Glokta a tout perdu lors des émeutes de Valbeck. Sa fortune, son flair et sa réputation… Il ne lui reste plus que son ambition et une solide absence de scrupules.

Pour un héros de guerre comme Leo dan Brock, la paix est une source d’ennui et de frustration. Mais avant de repartir au combat, il lui faut forger des alliances… et la diplomatie n’est pas son fort. Pendant ce temps, son amie Rikke lutte pour maîtriser son don maudit – avant qu’il finisse par avoir sa peau.

Fraîchement couronné, Orso doit avant tout se garder des coups de poignard que lui réservent ses « partisans ». Sans pour autant négliger ses ennemis désireux de libérer le peuple de ses chaînes, les nobles, concentrés sur leurs intérêts privés, ou encore les créanciers qui l’attendent au tournant de la dette.

L’ancien temps est mort et ses monarques avec. Les nouveaux découvriront vite que rien n’est éternel. Ni les pactes, ni les allégeances… ni la paix.

ASIN ‎B09HJX6ZQ8
Éditeur ‎Bragelonne (5 janvier 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎624 pages
ISBN-13 ‎979-1028112202