Victor Dixen : Interview pour Vampyria

Victor Dixen : le Roy Soleil est mort, vive le vampire Roy des Ténèbres

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Né d’un père danois et d’une mère française, il vit, en compagnie de ses parents et de sa sœur, une jeunesse de globe-trotter, avant d’atterrir finalement à Rørvig, au bord de la mer Cattégat, au Danemark.

Victor Dixen a remporté deux fois le grand prix de l’Imaginaire, catégorie « jeunesse francophone » : en 2010 pour le premier tome de la tétralogie « Le cas Jack Spark », et en 2014 pour le premier tome de la série « Animale ».

En 2016, il obtient le Prix Chimères pour « Phobos, tome 1 ».

Il a vécu plusieurs années aux États-Unis, dans le Colorado au pied des montagnes Rocheuses, puis à Dublin en Irlande, et à Singapour dans une vieille maison chinoise. Il habite à présent à New York avec sa famille.

INTERVIEW :

Victor Dixen

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Je suis un auteur de romans de science-fiction et de fantasy, et je suis aussi un voyageur. Après avoir vécu en Irlande, à Singapour, dans le Colorado et à New York, j’habite aujourd’hui à Washington DC.

Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

Je crois que cette envie a toujours été là. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été affamé d’histoires : à écouter, à lire, à inventer !

Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

J’ai été bercé avec les contes d’Andersen, mon père étant danois. J’ai aussi adoré les livres de Tove Jansson que je trouvais pleins d’une inquiétante étrangeté. Le Seigneur des Anneaux a transformé mes 13 ans, et à 16 ans j’ai passé des nuits blanches avec les Démons et Merveilles de Lovecraft. Je pourrais aussi parler de Bradbury, Simmons, Dunsany, Anne Rice et tant d’autres !

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  • Quel est votre rythme de travail ?

La vie d’un auteur est assez étrange, car elle alterne de longues périodes de solitude et d’introspection lors de l’écriture d’un roman, puis des épisodes fulgurants de rencontres et de voyages pendant la phase de promotion.

Mis à part les dates de tournée, qui sont de vrais tourbillons à la fois trépidants et inspirants, je m’efforce d’avoir une routine, car je suis convaincu que la discipline dans le travail est primordiale pour l’écriture d’un roman : afin de tenir le fil de mon histoire, de rester au plus près de mes personnages, il faut que j’écrive tous les jours – ou plutôt toutes les nuits ! 😊 🌙

  • Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez-vous évoluer vos personnages au fil de l’écriture?

Je m’efforce de dessiner en amont le canevas du livre à venir. Mais lorsque je mets à écrire, lorsque les personnages prennent enfin vie et voix, ils m’échappent fatalement et m’entraînent dans des territoires que je n’avais pas imaginés en amont de l’écriture…

  • Il y a-t-il des personnages dont vous vous êtes inspiré ?

Je ne m’inspire pas de personnes réelles pour créer mes personnages de fiction, du moins pas consciemment. C’est plutôt l’histoire qui les fait naître de manière instinctive.

Ceci étant dit, comme La Cour des Ténèbres est une fantasy historique, il y a des personnages réels dont je livre mon interprétation : le général Mélac, la princesse Des Ursins, le mage Exili… et Louis XIV, bien sûr !

  • D’où vous vient cette vision sur les vampires et sur cet univers fantastique omniprésent ? et cette envie d’écrire dessus ?

Fondamentalement, cette histoire est une manière pour moi d’aborder une figure qui me fascine depuis toujours : le vampire. Le vampire, en effet, c’est la créature littéraire suprême, qui survit à toutes les modes. Et c’est justement ça qui m’intéresse dans le vampire : son rapport au temps, qui vient questionner le nôtre.

D’une part au niveau personnel et existentiel : quelle est la valeur d’une existence infinie ? Mais aussi au niveau historique et sociétal : quel est le sens de l’histoire, et qu’adviendrait-il si des êtres immortels s’emparaient du pouvoir ? Enfin, au niveau métaphysique : comment définir la nature du temps lui-même ?

Toutes ces questions, le vampire permet de les explorer et ça me passionne !

  • On sent une certaine empathie envers Jeanne et surtout envers ce monde dont vous dressez le portrait dans votre livre, vous êtes-vous inspirés de vos rencontres ?

J’ai l’impression de connaître Jeanne comme si je l’avais rencontrée, car j’ai vécu à ses côtés des mois durant, traversant avec elle les pires épreuves ! Je sais qu’elle n’est pas exempte de défauts, loin s’en faut, mais je lui pardonne. 😊

Quant aux autres personnages, même s’ils sont des créations de l’imagination, je me suis inspiré de mes voyages et des lieux où j’ai vécu pour certains d’entre eux (l’Espagne de Rafael, le Japon de Naoko, l’Angleterre de Proserpina).

  • Avez-vous eu de l’aide dans l’écriture de ce roman?

Le Grand Siècle est une période qui m’attire depuis longtemps, et sur laquelle j’ai beaucoup lu. J’ai aussi fait une partie de mes études à Versailles. Cela m’a permis de bien connaître le château et la ville qui, aujourd’hui encore, vit dans son ombre portée. Telle est la force d’attraction du mirage de pierre imaginé par le Roy-Soleil : trois siècles après, le seul mot de « Versailles » fait encore rêver, partout dans le monde !

Le final explosif est très cinématographique comment vous est-il venu ? était-ce une envie dès le début de l’écriture ou est cette venue plus tard ?

Je voulais écrire avec ce roman une histoire très tendue, qui commence et se termine par une scène choc prenant le lecteur par surprise. Outre des références littéraires comme Alexandre Dumas (il est question de vengeance comme dans Le Comte de Monte Cristo), j’avais en tête des références cinématographiques comme les films de Quentin Tarantino : des bijoux de tension dramatique et psychologique.

De ce désir narratif est née la mise en scène du début, qui précipite mon héroïne à Versailles, mais aussi de la fin que j’ai en effet voulu orchestrer comme un final opératique.

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  • Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Le travail de recherche et de rédaction a duré un an et demi, ce à quoi il faut ajouter tout le travail iconographique car je suis très attaché à travailler directement avec les artistes pour chacun de mes livres. Pour Vampyria, j’ai eu la chance de faire équipe avec une véritable « dream team » internationale : les Espagnols Nekro et Loles Romero pour la couverture et les camées baroques de personnages, les Français Tarwane et Misty Beee pour la titraille et la somptueuse cartographie intérieure.

  • Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Le livre vient juste de paraître mais je reçois déjà de nombreux retours de lecture qui me font chaud au cœur ! Ce qui me surprend et m’impressionne toujours, c’est la créativité des lecteurs et des lectrices pour mettre en scène les livres qu’ils ont aimés sur les réseaux sociaux. Rien ne me fait plus plaisir que lorsque des lecteurs passionnés s’approprient mes histoires, quand je sens que les personnages deviennent aussi réels pour eux qu’ils le sont pour moi.

  • Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

J’adore l’équitation et les chevaux, ce qui se ressent sans doute à la lecture de La Cour des Ténèbres… après tout, mon héroïne arrive à l’école de la Grande Ecurie, ce n’est pas un hasard ! 😉

  • Quels sont vos projets ?

Je me suis d’ores et déjà attelé à la suite de la saga Vampyria, qui occupe bien mes nuits d’écriture ! J’ai une immense envie d’explorer la Magna Vampyria, l’empire sur lequel règne le Roy des Ténèbres, jusque dans ses recoins les plus secrets… les plus dangereux.

L’autre grand projet qui m’occupe depuis plus d’un an, c’est l’adaptation en roman graphique de ma série de science-fiction spatiale Phobos. Pour cela, je travaille avec une superbe équipe et un dessinateur brésilien très talentueux, dont les planches m’impressionnent beaucoup. Le premier tome paraîtra mi-2021 chez Glénat !

  • Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

Il y en a tellement !

Je vais donc parler de plus récents : La Faucheuse de Neal Shusterman et Nouvelle Sparte d’Eric L’Homme.

En matière de vampires, j’ai un faible pour Carmilla de Sheridan Le Fanu et les Chroniques des vampires d’Anne Rice.

S’agissant du Grand Siècle, je suis obligé de citer ce coup de foudre littéraire qu’a été pour moi L’Allée du Roi de Françoise Chandernagor.

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  • Au vu de la track liste de la fin du livre utilisez vous une bande son pour écrire? A moins que le silence suffise ?

J’écris la plupart du temps en silence, mais pour certaines scènes spécifiques je mets un fond musical. En particulier pour ce roman de la musique baroque, que j’adore (Couperin, Lully, Bach, Haendel), de la musique de film symphonique (Philip Glass, Clint Mansell) mais aussi du rock et de la pop à tendance lyrique (Evanescence, le groupe japonais Versailles, Mylène Farmer… et bien sûr David Bowie !)

  • Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

Les lecteurs et les lectrices peuvent me contacter sur mon site Internet www.victordixen.com mais aussi sur les réseaux sociaux et notamment Instagram, qui pour moi fait office de club de lecture géant coopératif et créatif : j’y ai découvert tant de livres !

Pour allez plus loin :

Quelques confidences d’écriture lors de la tournée Vampyria sur Instagram : https://www.instagram.com/p/CGpzDk4nZSO/

Bande-annonce du livre:

Live avec la librairie Decitre :

L’ Illusion – 28 octobre 2020 de Maxime Chattam

Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d’arriver, mais, déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces «visions» qui le hantent et cette disparition soudaine…

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Chronique : Très mitigée, une fois de plus, et ça fait quelque années que je n’arrive plus à retrouver le Maxime Chattam qui me faisait hurler de peur la nuit, me réveillant en plein cauchemar après l’avoir lu. Je le trouve de plus en plus, si ce n’est mou, quelque peu tiède. Il y a des phrases qui m’ont fait écarquiller les yeux de stupeur tellement je ne m’attendais pas à ce que lui, précisément, les écrives : « Un écrin d’amour » lorsque le personnage prépare un dîner pour la femme dont il commence juste à tomber amoureux (Whhhaaaaat « Un écrin d’amour » sérieusement ?!?!?!) Et la femme en question qui le regarde en lui disant « Tu n’appartiens pas au monde, c’est le monde qui t’appartient  » Non mais oh ?!?!? Plus dégoulinant tu connais ? Max steuplé !!!
Quid de l’auteur de la trilogie du mal ?
Enfin bref pendant les 3/4 du roman, j’avais l’impression d’être un louveteau, une nuit avec tous mes ptits camarades scout, autour du feu et qu’on me faisait peur avec des histoires d’araignées géantes, de portes qui grincent, de gémissements d’outre-tombe etc.
En revanche, les 100 dernières pages, soit le dénouement, est très intéressant, bien prenant et je ne m’attendais pas à ça du tout ! Donc il est là mon « mitigée » uniquement sur la fin qui est franchement très bonne et rattrape toutes le reste.

Vongozero – 10 mars 2016 de Yana VAGNER

Moscou ne répond plus. À quelques kilomètres de la capitale, mise en quarantaine, le village d’Anna et Sergueï s’attend au pire. Bientôt, les pillards, bientôt, le chaos… L’épidémie qui a frappé les grandes villes et paralysé le monde marche droit sur eux. Il faut fuir, le plus vite possible. Avec une poignée de voisins et l’ex-femme de Sergueï, le convoi s’organise : vivres, essence… Rester soudés, malgré les dissensions, l’égoïsme, la panique, et l’instinct de survie qui reprend ses droits et lève les masques. En ligne de mire, un lac perdu et un refuge coupé du monde : Vongozero…

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Chronique : Si l’histoire n’a rien de réellement original, la narration quant à elle l’est bien davantage. Le personnage principal est la narratrice de ce récit, donc tout ce qui est vu, entendu, ressenti provient de ce seul et unique personnage. Et quel personnage ! Cette Anna est « vraie ». Fragile, égoïste, naïve…la fuite pour échapper à la pandémie vécue par la narratrice est alors on ne peut plus crédible !
Certes les difficultés rencontrées par les personnages sont parfois contournées à l’aide de moyens pas vraiment conventionnels mais c’est bien cette authenticité d’Anna qui rend l’ensemble malgré tout plausible.

Si l’auteur « ne se perd pas » dans des descriptions trop développées, ces dernières sont cependant suffisantes pour transmettre au lecteur les conditions du « voyage » des protagonistes (la froideur, l’anxiété, l’urgence, la faim…).

Contrairement à d’autres lecteurs, je trouve le rythme du livre équilibré.
Chaque kilomètre parcouru est une étape.
Les temps-morts n’en sont pas vraiment car c’est au cours de ces passages que seront abordés les doutes et les peurs d’Anna.

L’orthographe et la grammaire ne viennent pas alourdir la lecture, seuls quelques termes propres à la culture Russe peuvent demander une recherche.

En conclusion, la force de ce récit réside dans la narration on ne peut plus « authentique » faite par le personnage principal et dans l’attente de découvrir le dénouement de cette fuite effrénée.

Chiens de guerre d’Adrian Tchaikovsky, science sans conscience…

Quel est le rôle de la science-fiction ? Nous divertir me direz-vous, nous permettre d’échapper à notre quotidien le temps de la lecture mais pas uniquement, la science-fiction a toujours été un genre réputé pour questionner, pour interroger l’avenir de l’humanité, ses choix et nous faire prendre conscience de nos égarements. L’ouvrage dont je vous parle aujourd’hui en est l’exemple parfait.

De manière simple et généreuse l’auteur tente de répondre à l’une des questions que se pose l’humanité depuis des générations. Comment continuer à s’écharper lors de guerres stupides sans pour autant faire trop de victimes humaines, en tout cas dans l’un des camps? La réponse que nous apporte la recherche militaro-industrielle tend vers une mécanisation progressive des corps d’armée, à l’aide de drone et d’avions furtifs pilotés à distance.

Mais l’auteur a désiré imaginer une réponse différente. À partir d’un postulat peu probable, Dieu merci, il brode un récit touchant qui brasse de nombreux thèmes bien connus par les objecteurs de conscience, l’humanité et sa tendance à l’ethnocentrisme, et d’autres plus actuels tels que notre relation aux nouvelles technologies et les intelligences artificielles plus particulièrement. Si le récit reste optimiste quant au sort de nos protagonistes il reste réaliste sur la nature humaine, toujours aussi imprégnée de cupidité et de désir de destruction.

Toute l’intelligence du récit est de nous placer dans la tête du personnage de Rex, les personnages humains sont rares et occupent une place secondaire. Tel un enfant à qui on a montré que le pire de l’espèce humaine, Rex va évoluer au fil des chapitres et passer d’outils meurtrier à être humain pensant et capable de ressentir plus de sentiments que la plupart des hommes dit civilisés. On prend plaisir à le voir grandir, son vocabulaire s’étoffe, sa réflexion se complexifie. Le fait de suivre la progression de l’intrigue par ses yeux canins et terriblement humain permet de se rendre compte de la complexité des questions soulevées par le récit.

D’abord récit de guerre, l’intrigue bascule rapidement vers un récit à la réflexion plus profonde sans pour autant renier l’aspect divertissement. L’équilibre est maintenu entre scènes d’action et début de réflexion sur notre rapport aux technologies. L’auteur bouscule nos convictions sur l’intelligence et la nature humaine et nous interpelle sur notre capacité à faire face aux défis technologiques qui nous attendent dans les années à venir.

Comme dit plus haut le récit reste optimiste dans son ensemble mais pas simpliste. L’auteur s’attarde sur la complexité de trouver un responsable dans une société mondialisé et dématérialisé et nous rappelle que la célèbre citation de François Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme” trouve encore une résonance de nos jours.

Résumé: « Je m’appelle Rex. Je suis un bon chien ». Rex est un bon chien. C’est un biomorphe, un animal génétiquement modifié, armé de fusils-mitrailleurs de très gros calibre et doté d’une voix synthétique créée pour instiller la peur. Avec Dragon, Miel et Abeilles, son escouade d’assaut multiforme, il intervient sur des zones de combat où les humains ne peuvent se risquer. Rex est un bon chien. Il obéit aux ordres du Maître, qui lui désigne les ennemis. Et des ennemis, il y en a beaucoup. Mais qui sont-ils réellement ? Se pourrait-il que le Maître outrepasse ses droits ? Et si le Maître n’était plus là ? Rex est un bon chien. Mais c’est surtout une arme de guerre hautement mortelle. Que se passerait-il s’il venait à se libérer de sa laisse

  • Poche : 320 pages
  • ISBN-10 : 2207141861
  • ISBN-13 : 978-2207141861
  • Dimensions du produit : 14.1 x 2 x 20.5 cm
  • Éditeur : Denoël (3 octobre

Le Cinquième Coeur – 15 octobre 2020 de Dan SIMMONS

Par une nuit parisienne pluvieuse de mars 1893, Henry James, le célèbre écrivain américain, est sur le point de se jeter dans la Seine lorsqu’un homme l’en empêche. James le reconnaît : c’est Sherlock Holmes. Étrange, car il est censé avoir trouvé la mort deux ans plus tôt dans les chutes du Reichenbach.

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Chronique : En 1893, une rencontre fortuite avec Sherlock Holmes pour l’auteur américain Henry James, basé à Londres, va bouleverser sa vie de dépressif et ne sera plus jamais la même. Lorsque ses chemins se croisent, James se retrouve au centre d’un crime meurtrier compliqué. Il doit maintenant assister le célèbre détective consultant Sherlock Holmes sur le plus grand mystère de sa riche carrière historique. M. Holmes a découvert qu’il n’est pas une personne réelle, mais seulement un personnage littéraire, une création fictive encrée. Le lecteur est confronté à la perplexité de ne pas savoir si la personne qui se tient devant lui est un être réel résidant au 221 B Baker Street ou un patient échappé d’un asile de fous sécurisé. Son identité et sa véritable existence sont en jeu alors que le suspense et la perplexité s’installent.
Le Cinquième Coeur reproduit un autre home run pour cet auteur de talent. Son génie d’opposer la fiction à l’histoire prend une fois de plus vie dans ce dernier effort. Alors que le lecteur suit Henry James et Sherlock Holmes dans toutes les aventures et les calamités, les motivations intelligentes non seulement des personnages secondaires mais aussi de Holmes lui-même deviennent centrales. Dans un coup de génie du créateur Simmons, le lecteur passe des yeux d’Henry James à ceux de Sherlock Holmes. Le résultat détermine la vitesse à laquelle l’histoire se déroule, comme si cette chevauchée de la conception de Dan n’avait pas de freins.
L’écrivain américain Dan Simmons est surtout connu pour sa série de science-fiction The Hyperion Cantos, qui a remporté un prix Hugo. Son talent ne brille pas seulement dans les pages de Le Cinquième Coeur, mais il est présent dans des ouvrages de fiction historique un roman troublant basé sur les dernières années de la vie de Charles Dickens. Simmons est devenu l’un de mes cinq principaux auteurs.

Tout au long du livre, se pose la question de ce que l’on peut appeler réel et de ce qu’est la fiction. Comment garantir à une personne qu’elle est réelle, qu’elle ne vit pas dans un livre, dans un monde fictif. Holmes est personnellement obligé de conclure qu’il est un personnage fictif, mais le lecteur doit voir par lui-même.

Note : 9,5/10

Broché : 576 pages ISBN-13 : 978-2221218693 ISBN-10 : 2221218698 Dimensions du produit : 15.4 x 3.7 x 24.1 cm Éditeur : Robert Laffont (15 octobre 2020)

La Mort d’une sirène – 15 octobre 2020 de A.J. KAZINSKI & Thomas RYDAHL

Le corps mutilé d’une jeune prostituée est retrouvé dans le port. La soeur de la victime croit pouvoir immédiatement désigner le tueur : Hans Christian Andersen, jeune écrivain en devenir qu’elle a vu quitter la maison de passe la veille. Ravie de tenir un coupable, la police le jette en cellule dans l’attente de son exécution programmée. Mais grâce à ses relations, Hans Christian obtient d’être libéré pour trois jours, durant lesquels il devra mener ses propres investigations et livrer le véritable meurtrier aux autorités.

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Chronique : Le fait que les auteurs aient également placé un écrivain de conte de fées populaire comme personnage principal ne faisait que rendre l’histoire encore plus intéressante dans mon monde. Il n’y a probablement personne au Danemark, jeune ou vieux, qui ne connaisse pas la paternité de H. C. Andersen.

Tout le monde a probablement à un certain moment pris connaissance d’un conte de fées écrit par H. C. Andersen (1805-1875). « Le meurtre d’une sirène » s’ajoute également à plusieurs de ses aventures. Entre autres choses, à la fois « La petite fille aux allumettes » et « La petite sirène » probablement 2 des contes de fées les plus célèbres à travers le temps.

Avec cela, la comparaison avec le vrai H. C. Andersen se termine probablement aussi. À mon avis, cependant, il est intéressant de penser que quelque chose de similaire aurait pu se produire à l’époque où l’ancien auteur n’écrivait pas de journal.

Au début du livre, H. C. n’a pas beaucoup de succès en tant qu’écrivain et poète. Quand il lit à haute voix aux adultes, cela ressemble presque à un acte de miséricorde de la part du public. Il est un peu solitaire et il a le sentiment de décevoir les gens qui avaient auparavant confiance en ses capacités.

H. C. Andersen a un passe-temps que peu de gens comprennent. Il coupe des trombones. C’est précisément son trombone qui l’entraîne dans une accusation de meurtre. Avec la jeune femme Molly et sa nièce Marie, H. C. tente de trouver le vrai tueur. Leurs enquêtes sont entravées par le fait que H. C. s’est vu confisquer ses papiers personnels afin qu’il ne soit pas autorisé à quitter les remparts de Copenhague.

En chemin, ils fuient à la fois le tueur, la police et les gardes de la maison royale. Tout cela malgré le fait qu’Andersen n’est certainement pas le prototype d’un bon héros à l’ancienne. En fait, il préférerait probablement fuir toute la situation. Tout au long de l’histoire, les auteurs parlent aussi beaucoup des pensées de H. C. Andersen et luttent avec son propre sens de l’identité et ses pensées sur ce qu’est vraiment la vie.

Un débat intéressant lorsque la pensée revient à l’auteur H. C. Andersen. Au fil du temps, d’innombrables ouvrages ont été écrits sur qui et ce qu’était H. C. Andersen. Il y a de nombreuses années, j’ai lu un livre composé de correspondance entre H. C. Andersen et certaines des personnes avec lesquelles il a écrit tout au long de sa vie.

Je me souviens très clairement du sentiment que j’ai eu après avoir lu les lettres. Les pensées qui me restaient à l’époque au sujet de l’auteur sont tout à fait en accord avec H. C. Andersen que j’ai «rencontré» dans «Le meurtre d’une sirène». Il est assez étonnant que les auteurs aient réussi à capturer cette ambiance.

Malgré cela, il est probablement douteux que le vrai H. C. Andersen ait agi en tant que détective à tout moment. C’est une histoire de crime incroyablement excitante une fois que l’action commence vraiment. Je pense que le début est un peu lent, mais cela a du sens lorsque vous avez tourné la dernière page de cette histoire policière bien composée.

Le livre se développe, tranquillement, en un véritable page turner. L’histoire est macabre et réfléchie et n’a pas beaucoup de conte de fées dessus. En fait, il y a un peu d’actualité à ce sujet en ces temps où il y a des gens qui ne savent pas qui et ce qu’ils sont et qui ont les moyens et les opportunités de devenir la personne qu’ils veulent être.

Le livre est écrit dans un langage de conte de fées absolument fantastique avec des passages que vous pouvez facilement imaginer, venant de la main d’un poète de conte de fées avec des considérations philosophiques sur la vie. Il y a une bonne cohérence dans l’histoire et j’ai hâte que les auteurs fassent ensemble plusieurs des autres aventures de H. C. Andersen dans une autre histoire policière passionnante.

Note : 9,5/10

ISBN-10 : 2221246470 Broché : 560 pages ISBN-13 : 978-2221246474 Dimensions du produit : 14 x 3.7 x 22.5 cm Éditeur : Robert Laffont (15 octobre 2020)

La Loi des hommes – 1 octobre 2020 de Wendall Utroi

Jacques est homme à tout faire pour la mairie de Houtkerque, dans le Nord. Un jour, alors qu’il est chargé d’entretenir le cimetière du village, il découvre des mémoires, rédigées en anglais. Aidé par sa fille, il se met en tête de les traduire, et comprend que leur auteur est un inspecteur des mœurs de Scotland Yard ayant vécu en pleine époque victorienne.

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Chronique: La Loi des hommes est un récit sombre et troublant de culpabilité, d’innocence, de vérité et de mensonges qui m’a tenu en haleine du début à la fin.

Ce drame psychologique palpitant plonge le lecteur des bas-fonds londoniens, il y a 150 ans où à travers une enquête très particulière d’un inspecteur du Scotland Yard, nous découvrons ou redécouvrons des faits historiques plutôt accablants, glauques et puants.

Je déteste donner le moindre indice des rebondissements saisissants qui attendent le lecteur dans ce roman captivant. L’intrigue est habilement conçue pour révéler et dissimuler la vérité et les mensonges qui entourent l’enquête de Jacques, cantonnier à Houtkerque. Rien n’est jamais tout à fait ce qu’il semble être et je n’ai pas pu m’empêcher de parcourir les pages jusqu’à ce que tLa Loi des hommes atteigne sa conclusion stupéfiante.

Les personnages sont complexes, réels mais profondément imparfaits comme nous le sommes tous. Ce que vous ressentez pour ces personnes, change à mesure que les façades commencent à se fissurer sous la pression de l’incertitude et des secrets révélés.

Les thèmes abordés  sont assez bouleversants, allant de l’anxiété à la dépression, en passant par le blâme, la culpabilité, la confusion, la perte, la tristesse et la justice. Il y a aussi un présage, lorsqu’un feu de brousse menace de s’installer, ce qui ajoute à la tension accrue – une atmosphère remplie. Utroi est clairement le roi de la manipulation, elle nous prépare à une situation que nous essayons de déballer avec autant de logique que possible, mais elle tourne l’axe pour que nous nous sentions désorientés. J’admets n’avoir absolument aucune idée de l’endroit où la fin allait se situer, mais la conclusion présentée était appropriée.

Je pense que La Loi des hommes est un roman qui plaira aux lecteurs de tous les genres, c’est ce style de livre. Il vous fera tourner la tête !

Note : 9,5/10

Broché : 397 pages ISBN-10 : 2889441261 ISBN-13 : 978-2889441266 Dimensions du produit : 14.2 x 2.9 x 21.2 cm Éditeur : Slatkine et cie (1 octobre 2020)

Sœur Grise: Le Livre des Anciens, T2 de Mark Lawrence

Depuis des siècles, les novices du couvent de la Mansuétude affinent leurs talents à l’abri de ses murs. Avant de quitter le couvent, la jeune Nona Grisaille doit choisir à quel ordre se consacrer…
Mènera-t-elle une vie de prière au service de l’Ancêtre, ou optera-t-elle pour la voie du poing et de la lame ?

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Chronique :La deuxième entrée de la trilogie du Livre des Ancêtres reprend les événements environ deux ans après la finale exceptionnelle et époustouflante de Sœur écarlate : la novice aux yeux noirs et sans ombre étudie toujours les potions, le chemin des lames, l’histoire des royaumes, le tissage de fils et toutes les autres leçons dédiées et nécessaires auxquelles une religieuse assassine potentielle devrait participer. Pourtant, elle n’est plus tout à fait la même Nona que nous avons vue auparavant.

En raison des compétences et de l’intelligence souvent imprévisibles de Nona, elle a été promue, la prochaine étape de qualification au couvent , où tous vénèrent l’Ancêtre. Elle a des problèmes à ce niveau avec des brutes potentielles, des problèmes dans certains domaines d’études, cependant, notre principale protagoniste est mortelle et elle est hantée par ses actions passées, littéralement. Lawrence est connu dans le milieu du fantastique pour posséder deux qualités extrêmement respectées dans toutes ses histoires et toutes deux sont présentées ici de manière très réussie. Il est sans doute l’un des écrivains les plus sombres et les plus brutaux qui travaillent actuellement, mais il est aussi l’auteur dont les mots, la prose et les incroyables segments de citations peuvent captiver les lecteurs en transe. Il s’engage presque comme si toute la linguistique écrite subliminale nous contrôlait pour souligner les mouvements, les moments et l’excitation qui fréquentent chacun de ses récits.

Nona est toujours la personne principale et la plus intéressante pour nous, même si elle n’est peut-être pas la plus importante dans le grand schéma des choses. L’autre point de vue scénarisé est celui de l’abbesse Glass qui est le chef du couvent. Elle est très sage, profonde et suinte la bonté mais son récit ne suit pas le genre de chemin que la description peut prédire. Ses chapitres semblent être plus courts que ceux de Nona et, pour commencer, je ne me suis vraiment souciée que lorsque Nona était là, incluse et vue du point de vue de Glass. Ils sont très importants ; cependant, vers la fin, vous voulez également voir ce qui lui arrive tout autant, et peut-être même plus, que le membre principal de la distribution des trilogies. En plus d’être des points de vue plus nombreux, j’ai trouvé les personnages dits secondaires beaucoup plus étoffés. En particulier Zole, Ara, Kettle, et une nouvelle entrée appelée Keot. Mon esprit est souvent sombre, c’est pourquoi il a été mon personnage préféré dans toute l’histoire. Puissant peut-être, définitivement mystérieux et je lis ses mots et sa voix avec une intensité rarement créée. « Ce soir, nous leur trancherons la gorge pendant leur sommeil. »

Je dois féliciter Lawrence pour la profondeur et la complexité de son monde qu’il a créé dans les murs de glace étroits, hauts de plusieurs kilomètres, qui se referment sur les villages et les villes restants du corridor. Sœur Grise regorge de religions, de races, d’arbres généalogiques, de livres archaïques exquis, de poisons bizarres, d’antidotes plus compliqués et d’une prophétie potentielle que certains personnages peuvent orchestrer puis manipuler pour tenter de détruire ou de sauver le monde.

Le rythme et l’intrigue sont bien conçus pour la majorité des lecteurs. Il y avait une section à peu près à mi-chemin, ce qui m’a empêché de la reprendre aussi souvent que j’aurais peut-être dû le faire. J’aime l’action, cependant ; en terminant le livre, j’ai vu que tout ce que Lawrence a fait a un sens absolu, c’est pourquoi il est l’auteur et pas moi. Environ 30 % du livre sont des rebondissements qui jettent tout « au vent ». Ensuite, les derniers 30 % sont géniaux et imbattables. Cette séquence de fin suit deux variantes brillantes mais très différentes des motifs des personnages. Les séquences d’action dans ces segments vraiment fluides sont du genre que j’adore et qui me laissent souvent sans voix. J’ai dû relire certains chapitres. Non pas parce que je ne comprenais pas ce qui était dit, mais parce que je voulais vraiment revivre cette scène avant de passer au point culminant, toujours plus expressif. Ces chapitres comprenaient notamment certains moments de Keot ou lorsque les personnages « marchaient sur le chemin ». Même en rencontrant les Noi-Guin, les vieux favoris comme Regol, et en entendant des rumeurs sur Yisht, il se passe tellement de choses ici que les fans de la série vont vraiment adorer.

Lorsque j’ai terminé Sœur Grise, j’ai posé le livre, pris une grande respiration et réfléchi à ce qui s’était passé à la fin pendant la demi-heure qui a suivi. Lorsqu’un livre a cet effet sur un lecteur, on sait qu’il est excellent et qu’il touche tous les bons endroits émotionnels. La finale est étonnamment bien travaillée. Ce livre est plein de déclarations élégantes et de passages profonds.

Note : 9,5/10

Les Ombres de Wild Fell – de MICHAEL ROWE

Dressée sur les rives désolées de Blackmore Island, Wild Fell tombe en ruine. La vieille demeure résiste pourtant aux assauts des saisons depuis des décennies. Bâtie pour sa famille par un homme de pouvoir du xixe siècle, la maison a gardé ses terribles secrets. Depuis cent ans, les habitants de la région prient pour que les ombres piégées à l’intérieur de Wild Fell y restent, loin, très loin de la lumière.

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Chronique : Wild Fell commence dans la petite ville d’Alvina, en Ontario, en 1960, lorsque Sean Schwartz demande à son amie de lycée, Brenda Egan, si elle croit aux fantômes. Qu’il essaie de l’effrayer pour qu’elle se rapproche des fantômes, qu’il cherche un peu d’excitation pour finir l’été avant la rentrée, ou qu’il soit tout à fait sincère dans sa question, sa question est un prélude à celle qui demande à Brenda si elle va traverser un mile de Devil’s Lake jusqu’à Blackmore Island pour explorer les restes d’un manoir appelé Wild Fell. Il faut être un peu persuasif, mais Brenda accepte à contrecœur, pour changer d’avis lorsqu’ils sont à mi-chemin, soudainement effrayés. Sean est déçu, peut-être en colère, mais la soirée est sauvée par une bouteille de vin illicite et un feu de joie. Mais Wild Fell n’en a pas fini avec eux, et le rideau du prologue tombe alors qu’une légende commence.

Michael Rowe s’accroche fermement à ce prologue, mais il laisse ensuite la ligne se dérouler pendant un long moment. Jameson Browning – Jamie – nous raconte l’histoire à la première personne, en commençant par « Je veux vous apprendre la peur ». Cette phrase s’éloigne de l’esprit du lecteur alors que Jamie raconte l’histoire de son enfance à Alvina avec un père chaleureux et aimant et une mère froide et malheureuse. C’est un enfant solitaire qui n’a qu’un seul véritable ami, Hank. Hank s’appelle en réalité Lucinda, mais elle n’a pas vraiment envie d’être une fille, comme elle l’a récemment démontré en se coupant les cheveux. Hank est meilleur garçon que Jamie, vraiment, et leur amitié est vraie et n’a pas de secret pour lui.

Enfin, à l’exception d’un seul : Jamie ne parle jamais à Hank d’Amanda, la fille qui vit dans son miroir. Amanda a le visage de Jamie et parle dans sa voix, mais elle est tout à fait réelle. Elle a commencé comme une camarade de jeu imaginaire du propre genre de Jamie, quelqu’un avec qui partager les victoires et les doléances. Mais lorsque Jamie, huit ans, se plaint à son miroir que son vélo a été volé par un enfant plus âgé, la présence dans le miroir devient une personne à part entière, et non un écho. Elle utilise toujours sa gorge, sa voix, mais les mots qu’elle prononce ne sont pas les siens, et le reflet dans le miroir n’est pas celui de son corps ou de sa chambre. Elle demande ce qu’il veut qu’il arrive au garçon qui a volé son vélo, et Jamie dit qu’il veut que le gamin se taise et lui rende son vélo. Amanda lui promet que cela arrivera. Et c’est ce qu’elle fait. Oh, mon Dieu, ça arrive.

Nous ne découvrons pas qui est Amanda avant longtemps, pas pendant le reste de l’enfance de Jamie, pas pendant son jeune âge adulte à Toronto, pas avant qu’il ne retourne à Alvina beaucoup plus tard. Mais entre-temps, nous en venons à apprécier la compagnie de Jamie. Nous le voyons à l’université, dans son mariage et dans sa carrière d’enseignant ; il est soigné et s’occupe de son père ; et, finalement, il fait un achat à Alvina qui décidera de son sort. Toujours, tapie dans le fond, qu’il la reconnaisse ou non, Amanda hante ses pas. Lorsque nous découvrons qui elle était et ce qu’elle veut à Jamie, nous avons l’impression qu’elle se mêle à un bon ami.

Rowe a méticuleusement planifié cette histoire de fantômes, de sorte que rien ne semble étranger et que chaque mot semble choisi avec soin. Il y a une ambiguïté sexuelle chez Jamie qui colore l’histoire, mais qui n’est jamais évidente, une suggestion ; tout comme la violence est étouffée, toujours en coulisse et liée à Jamie par la suite. L’horreur dans cette histoire n’est pas graphique, mais elle est très présente.

Rowe écrit magnifiquement, avec des mots qui dessinent des images et donnent vie aux souvenirs. Voici, par exemple, un passage du prologue qui décrit Alvina et d’autres petites villes de villégiature.

Quand j’étais enfant, nous avions un endroit que nous visitions pendant l’été qui était exactement comme ça, bien que ce soit un pays lointain. Et quand j’étais enfant, les fins des longues soirées d’été, ces longs et lents crépuscules au cours desquels les ombres s’allongeaient de plus en plus, et où tout pouvait se cacher derrière le voile de la mariée ou sous les frondes des saules, étaient sinistre et effrayantes. C’est aussi ce sentiment que Rowe a capturé dans ce roman, une peur froide et persistante.

Note : 9,5/10

Vérité de Peter James

À la suite d’un coup du sort, ils se retrouvent ruinés, menacés de tout perdre. Mais la rencontre avec un homme richissime et mystérieux, Sarotzini, est sur le point de les sauver. Il se propose en effet d’aider le jeune couple.
Mais c’est du donnant, donnant. Sarotzini n’a qu’une exigence : avoir un bébé́ de Susan. Vérité́ sera son nom…

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Chronique : La vie est presque parfait pour les Carter. John est occupé à gérer sa propre entreprise et la position de Susan dans le monde de l’édition est une réussite. Ils ont récemment acheté leur maison idéale et ne pourraient pas être plus heureux. Mais la banque – qui soutient l’entreprise de John depuis des années – décide soudain de faire appel à ses prêts. L’entreprise de John pourrait faire faillite et les Carter pourraient perdre leur maison. De plus, la sœur de Susan est dans le coma, dans un hôpital très cher et exclusif, et la couverture d’assurance est sur le point de s’épuiser.

Au bord de la ruine financière, sur le point de tout perdre, les Carter sont jetés sur une ligne de vie. Leurs problèmes financiers disparaîtront s’ils acceptent une chose très simple. Si Susan devient la mère porteuse de l’enfant de M. Sarotzini, un banquier riche et influent.

Les Carter ont déjà décidé qu’ils ne voulaient pas d’enfants à eux, ce qui pourrait être une réponse à toutes leurs prières. Une décision importante à prendre ? Absolument ! Mais en fin de compte, cela signifie simplement qu’ils devront passer neuf mois de leur vie. Sans autre alternative, les Carter sont d’accord.

Ok, c’est un livre de Peter James, donc nous savons que cela ne va pas se faire en toute simplicité ! Bien sûr, porter l’enfant d’un autre homme va être difficile pour Susan et mettre à rude épreuve sa relation avec Jean, mais ils ont finalement décidé que c’est quelque chose qu’ils peuvent surmonter ensemble.

M. Sarotzini est toujours appelé « M. Sarotzini », et son prénom n’est mentionné qu’occasionnellement. Ce seul fait donne une impression de pouvoir et d’influence. La façon dont il exerce son pouvoir et son influence est peut-être très immorale et illégale, mais cela signifie qu’il dispose d’un noyau de personnes de confiance sur lesquelles il peut compter pour exécuter ses instructions et veiller à ce que ses désirs ne rencontrent qu’une résistance limitée.

Susan et John, en revanche, semblent perdre ceux sur lesquels ils peuvent compter. Un à un, les personnes en qui ils pouvaient avoir confiance et se confier se perdent peu à peu. Susan souffre de douleurs abdominales croissantes, sans aucune explication satisfaisante. Elle s’interroge de plus en plus sur ce qui se passe autour d’elle et sur sa décision de devenir mère porteuse. Elle devient de plus en plus paranoïaque, et commence même à douter de son propre mari.

Peter James est le maître de la mise en scène. Avant que le cœur de l’histoire ne se mette en marche, le lecteur a déjà une bonne idée de la vie et des personnages de Susan et John. On les aime déjà et on a le sentiment que leurs succès et leur bonheur sont mérités. Quand il semble que leur monde est sur le point de s’écrouler autour d’eux, nous voulons qu’ils trouvent une issue. Lorsqu’on leur propose cette solution possible, nous voulons qu’ils trouvent un autre moyen. Nous ne voulons pas qu’ils soient redevables à M. Sarotzini. Mais nous savons en fin de compte que ce sera la voie qu’ils choisiront – étant donné qu’ils n’ont pas pu trouver d’autre solution – et que cela sera loin d’être facile.

M. Sarotzini – sauveur ou méchant ? Pourrait-il être les deux ? C’est un personnage intéressant, et cet intérêt vient du pouvoir qu’il exerce. Son opération est secrète et on ne trouve que très peu d’informations sur sa banque. Ce que nous ne savons pas est tout aussi intrigant que ce que nous faisons.

Au fur et à mesure que l’histoire et la grossesse de Susan progressent, la tension augmente. La musique de fond devient plus dramatique et la peur et la paranoïa de Susan augmentent. Quelle est la fin de l’histoire ?

Il est intéressant de noter que, bien que ce livre ait été écrit il y a plus de 20 ans, rien de ce qu’il raconte ne semble dépassé. Il est certain que les progrès technologiques ont été plus importants au cours des vingt dernières années, mais je n’ai jamais eu l’impression de me dire que cela n’arriverait pas maintenant. Chaque personnage que je pouvais imaginer clairement et tous avaient leur place dans l’histoire. Personne n’était redondant, chaque personnage et ses relations avec les autres avaient un sens absolu.

Note : 9,5/10