Le Jour des cendres de Jean-Christophe Grangé

Dans un monde de pure innocence, quel peut être le mobile d’un tueur ? Dans une communauté sans péché, comment le sang peut-il couler ? À moins qu’à l’inverse… Le coupable soit le seul innocent de la communauté.
Le nouveau thriller de l’auteur des Rivières pourpres.

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CHRONIQUE : Attention ce roman n’est que l’adaptation d’un épisode de la série télé » les rivières pourpre » il nous a déjà fait le coup avec le roman » la dernière chasse » et déception à la hauteur de l’attente …donc méfiez vous d’y laisser un billet de 20 euros et attendez au pire qu’il soit empruntable dans votre bibliothèque municipale…  Des retrouvailles avec l’auteur, mais pas seulement. Celles avec le commandant Niemans, qui menait la danse dans Les Rivières Pourpres. L’Alsace et ses vignes comme lieu du crime. Une communauté de religieux coupés du monde comme cible. Des écorchés vifs qui viennent chercher refuge dans ces vendanges tardives. Une bulle hors du temps, hors du monde. Une bulle qui se craquelle avec les meurtres de certains de ses membres. La rudesse de la police aux gros sabots confrontée à la délicatesse du silence d’une communauté à la pureté de façade.
Une enquête au cordeau dans le froid de l’hiver alsacien, où la nuit et le froid prédominent et apportent une atmosphère particulière, sans lumière, sans espoir. du nihilisme à l’état pur. L’ingrédient (pas si) secret de l’auteur. Les pages s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, laissant poindre une certaine amertume de la part du lecteur. le sang coulent et les cendres pleuvent. Quelle est cette bête dont la venue est tant crainte ? Chimère ou réalité ?
Bien qu’il m’ait été plaisant de retrouver l’esprit noir de Jean-Christophe Grangé, la déception l’emporte malgré tout sur le reste. La vision du monde apportée est trop manichéenne à mon goût, sans grandes nuances et avec force cliché. L’intrigue se déroule lentement, mais ne prend pas en épaisseur. Sa linéarité nous apporte un dénouement rapide et dénué de suspens, qui m’a laissée perplexe.

Note : 5/10

Chronique de : lesjolismotsdeclem  

 

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Albin Michel (3 juin 2020)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2226439420

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Il était deux fois de Franck THILLIEZ

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au cœur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu’effrénée.

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Chronique : Attention, vous ne savez pas où vous mettez les pieds en pénétrant dans l’univers de Franck Thiliez.
Le titre interpelle bien sûr, il est à lui seul une énigme, une incitation.
Franck Thilliez est un auteur que j’apprécie. Il a toujours su m’étonner, créer des ambiances imprégnées de tension, imbibées d’angoisse et de mystère, et encore une fois il nous le prouve avec son tout dernier livre. Ce dernier thriller est un véritable page turner qu’il m’a été impossible de lâcher… oui, je sais, il a bien fallu à un moment donné mais prévoyez plusieurs heures voire deux jours pour vous imprégner de cette atmosphère oppressante et cette lecture addictive.

J’ai une fois de plus était scotchée par le style de Thilliez, par son imagination, par son talent à plonger le lecteur dans un climat de ouf. Avec Thilliez, c’est toujours la « surprise » ; on croit qu’on est prêt mais on ne l’est jamais et c’est ce que j’aime.
Les thèmes majeurs exploités ici ne sont pas nouveaux mais Thilliez a l’art de se les approprier, déjà par une accroche choc/brutale, il a le don de capter l’attention du lecteur comme jamais.
Le lecteur comme le personnage principal se posent maintes questions, toutes les questions qui entretiennent le suspense, donnent de l’intérêt à l’énigme. De questions en inconnues, on attend de comprendre ce qu’il s’est passé. Ce qui est sûr c’est que notre personnage principal n’a rien perdu de sa détermination ou devrais-je dire de sa hargne.
C’est vraiment addictif, très bien écrit, prenant, avec beaucoup de références à l’art en général, la science, l’actualité…

Je ne dévoilerai pas l’intrigue, je vous parle simplement du tout début (il ne vous restera plus que 520 pages à découvrir) :

Le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato n’a plus qu’un but dans sa vie, trouver l’ordure responsable de la disparition de sa fille. Nous sommes en 2008 au mois d’avril et cela fait un mois que Moscato parcourt tous les hôtels, les auberges à la recherche d’un indice. Ce jour-là, il fait une halte à l’hôtel de la Falaise ; il occupe la chambre 29 au deuxième étage. Après avoir dormi un moment il est brutalement réveillé par des bruits extérieurs, ne reconnaît pas la chambre de la veille ni l’étage… pire encore, c’est que ce qu’il ne sait pas à cette seconde précise, c’est que nous sommes en 2020 ! Avouez, qu’il y a de quoi se passer de l’eau froide sur le visage, se demander si on n’a pas rêvé… Je vous laisse imaginer le choc !

Avec « Il était deux fois », vous ne serez pas au bout de vos surprises. Bon courage !
Personnellement, j’ai beaucoup aimé même si certaines « scènes » sont assez noires.

Note : 9,5/10

Chronique de Chopin

 

  • Broché : 528 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (4 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265144274

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Femmes sans merci de Camilla Läckberg | 3 juin 2020

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait.
Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard.
Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus.
Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

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Chronique : Il est tout petit, 144 pages, et c’est une bombe. Un polar aussi glaçant que réjouissant autour d’un thème pourtant difficile, celui des violences faites aux femmes. Un roman qui vous tient en haleine sur toute la longueur car quand vous aurez fait connaissance avec Ingrid, Brigitta et Victoria, ces « Femmes sans merci », vous ne pourrez plus les laisser seules.

Pour tout ceux qui n’ont pas le temps de se lancer dans de gros pavés – ce qui est souvent le cas dans la catégorie polars -, ce «Femmes sans merci» est ce qu’on appelle une «novella», soit un court roman ou une longue nouvelle (au choix). Ces 144 pages se tournent comme on monte dans un grand huit : sensations assurées. A l’intérieur même de ce petit volume, les chapitres sont très découpés et se concentrent à chaque fois sur l’histoire de l’une de ces trois femmes. De quoi tenir en haleine jusqu’au point final. Ce n’est pas un secret pour ses (très nombreux) fans : Camilla Läckberg soutient la cause des femmes dans la plupart de ses romans et a, en outre, fondé une société qui milite pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Dans son roman sorti l’an dernier («La cage dorée», Actes Sud), la star du polar scandinave décrivait déjà une femme piégée dans une union par un mari volage puis sa revanche.Ici, la romancière réitère mais avec plus de force que l’an dernier et montre à quelle vitesse ces femmes sont entrées dans un engrenage. D’abord celui de l’enfermement et de la soumission puis celui de la vengeance et de la haine. Au-delà du thriller, il est aussi question du pouvoir des hommes dans l’entreprise avec la figure de Tommy, le mari infidèle d’Ingrid, qui défend ici deux collaborateurs pourtant coupables de harcèlement sexuel. Un relent d’affaire Weinstein.

Loin d’être une incitation à la violence, cette novella est l’occasion de soulever le sujet de la condition des femmes même dans un pays comme la Suède, réputé pour réfléchir activement à son amélioration.

Camilla Läckberg ne tourne pas autour du pot et décrit en peu de mots ces femmes blessées par la vie, ces maris violents et égoïstes, mais aussi ces cheminements personnels bourrés d’erreurs et donc d’humanité. En très peu de mots aussi, elle fait basculer la réalité dans un engrenage de choix irrémédiables, dont on en sort K.O. Un sans faute.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Actes Sud (3 juin 2020)
  • Collection : Actes Noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2330135734

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Hunger Games : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur de Suzanne COLLINS

C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d’astuce et d’inventivité pour faire gagner sa candidate.

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Chronique :  Comme toujours, Suzanne Collins sait utiliser un langage simple pour nous parler de la complexité des systèmes de gouvernement. Elle sait toujours éviter le manichéisme et nous montre habilement comment on peut faire le mal à partir d’une bonne intention. Des thématiques intéressantes de la philosophie des lumières sont abordées, pas grâce à de longes explications mais par la simple narration d’une histoire toujours intéressante. Cela devient une habitude de l’auteure qui parvient toujours habilement à dissimuler des thématiques bien plus intelligentes dans ses livres que le vocabulaire le laisse deviner.  Choisir comme personnage principal Coriolanus Snow, Président tyrannique de Panem, à la tête de tous les districts et du Capitole, relevait au minimum d’une gageure. Voire d’un pari fou. D’ailleurs, quand cette information a été révélée, beaucoup de fans ont hurlé, n’arrivant pas à imaginer comment on pouvait consacrer un livre entier à un despote.
Le capitole et les Hunger Games, longtemps avant. L’action de la Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur se déroule en effet soixante quatre ans avant l’action des premiers livres.
Snow a dix-huit ans. Un jeune homme en pleine formation, par son éducation et la vie difficile qu’il mène dans ses premières années. Une existence qui va prendre un essor dans le cadre des dixièmes jeux de la faim. Panem et circenses, du pain et des jeux (du cirque).
Malgré les apparences, rien ni personne n’est tout blanc ou tout noir dans l’histoire, Snow le premier. Pas de manichéisme. On en vient à s’attacher d’une certaine façon à lui, à comprendre certaines de ses motivations et ressentis, et à (fortement) s’exaspérer d’autres. Amour et haine. Un personnage extraordinaire, ambivalent, qui justifie à lui-seul cette préquel.
Oser aussi à travers l’intrigue. Là aussi (je sais, j’insiste), l’écrivaine fait la « leçon » à certains de ses confrères pour adultes. Cette histoire est aussi surprenante que cruelle. Suzanne Collins n’hésite pas à aller très loin dans ce qu’elle fait vivre à ses personnages. En terme de violence physique et psychologique, d’épreuves à traverser, de risques de mort à combattre (sans toujours vaincre), d’injustice, d’imagination, ce livre est un modèle du genre.
Les Hunger Games, version antique, sans grande technologie, dans un Capitole encore exsangue au sortir de la Grande Guerre. Des jeux qui ne sont d’ailleurs qu’une partie de l’intrigue, qui n’est pas exclusivement centrée sur eux, loin de là.
600 pages qui permettent de réellement développer le récit, ainsi que les profondes interactions entre les personnages. Et de l’enrichir de vraies réflexions sur le pouvoir, le contrôle des masses, la politique, l’argent, la guerre, les sentiments, la pauvreté, l’asservissement… de quoi permettre des questionnements fertiles, de manière très ludique.
Et surtout, le livre met en lumière un autre personnage phare, la formidablement touchante Lucy Gray, bien différente de caractère que la Katniss de la première trilogie. Mais avec un gros point en commun entre elles : ce sont des jeunes femmes de caractère, entre profondes failles, belle humanité et tempérament en acier trempé. Elle est inoubliable.
L’écrivaine ne sacrifie jamais son histoire au rythme, elle sait prendre le temps quand il le faut, accélérer quand on s’y attend le moins, stupéfier par ses choix. le tout, avec une prose fluide mais qui ne sacrifie jamais la qualité à la facilité. Quand on ne prend pas les jeunes lecteurs pour des imbéciles, ils savent vous le rendre.
La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur était un pari osé. Au final, c’est une réussite totale, au point de penser que c’est sans doute le roman le plus riche de la série. Mieux encore, il apporte du sang neuf, un comble quand on y parle des prémisses des Hunger Games.

Note : 8/10

Chronique de Gruz

 

  • Broché : 560 pages
  • Editeur : Pocket Jeunesse (20 mai 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266305751

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Jouissance Club : Une cartographie du plaisir (Essais Santé) 15 janv. 2020 par Jüne Plã

Pas de panique, Jüne du compte Instragram Jouissance Club fait souffler un vent de fraîcheur et d’espoir en proposant un manuel d’éducation sexuelle promouvant le plaisir accessible à tous, femme, homme, hétéro, homo ou trans !

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Chronique : Je suis Jüne alias « Jouissance Club » sur instagram depuis très longtemps, et son bouquin est pour moi une évidence. Il ne s’agit pas que de cul, c’est toute une philosophie qui se cache derrière ce bouquin, Jüne a su mettre autant en avant le plaisir physique que le plaisir mental. Il y a de la découverte, de l’évolution pour chacun dans X ou X domaine, elle renverse les tabous si connu des communs des mortels. Elle va permettre l’ouverture pour beaucoup d’entre vous. Ce bouquin est une perle, il est la vague qui va pousser bon nombre d’entre nous a enfin prendre du plaisir par tous les moyens, mais surtout aussi en donner. Jüne est une révolutionnaire sur le respect et l’orgasme. Si vous aimez le plaisir seul, à 2 ou plusieurs et que vous souhaitez apprendre des nouveaux gestes pour vous faire plaisir ou faire plaisir à l’autre ou encore si vous souhaitez vous informer sur l’éducation sexuelle, ce livre est top.
L’ idée est d’apprendre le plaisir de pleins de façons. Ce livre est écrit pour que tout le monde quelque soit l’orientation sexuelle, le genre,…s’y retrouve.
Il y a d’abord une description de l’anatomie des zones de plaisirs, des textes sur la contraception, l’orgasme, les IST, l’hygiène,…et puis des méthodes de plaisir illustrées.
Je n’ai jamais vu un livre aussi bien fait sur le sexe et ses plaisirs. Il est écrit avec beaucoup d’humour, il ne passe pas par 4 chemin pour décrire un sexe et ses plaisirs , c’est hyper décomplexé et libre, c’est clair et ça se lit très bien !
Je pense vraiment que tout le monde peut apprendre quelques petites choses dans ce livre et pour l’éducation sexuelle je le trouve top !
Comme le dit l’auteur : « ce livre est fait pour TOUT LE MONDE! Sauf ceux qui n’aiment pas le cul… »
Je recommande, ça va être un best seller, n’hésitez pas !!!!!

 

  • Broché : 224 pages
  • Editeur : Marabout (15 janvier 2020)
  • Collection : Santé – Développement Personnel
  • Langue : Français

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La vallée (20 mai 2020) par Bernard Minier

Un appel au secours au milieu de la nuit Une vallée coupée du monde Une abbaye pleine de secrets Une forêt mystérieuse Une série de meurtres épouvantables Une population terrifiée qui veut se faire justice Un corbeau qui accuse Une communauté au bord du chaos Une nouvelle enquête de Martin Servaz

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Chronique :Un roman solide et très addictif que je viens de finir ce matin à l’aurore.
On y retrouve l’emblématique Martin Servaz, plus humain que jamais mais suspendu par sa hiérarchie vivant un confinement à ciel ouvert au sein d’une vallée coupée du reste du monde ( faudra lire le livre pour savoir pourquoi hein ?!!. ).
Des meurtres à la cruauté assez explicite, une enquête bien structurée, des protagonistes charismatiques très puissants.
Un excellent thriller dans lequel l’auteur nous embarque avec une efficacité déconcertante.
Attention tout de même à penser à changer de registre et à renouveler totalement ses personnages car le lecteur que je suis, risque rapidement de s’en lasser.
Je recommande néanmoins ce thriller haletant et captivant.

Note : 7/10

 

  • Broché : 522 pages
  • Editeur : XO (20 mai 2020)
  • Langue : Français

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L’Énigme de la Chambre 622 (27 mai 2020) par Joël Dicker

Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.
Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.
Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier?

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Chronique : Après les brillants « Harry Quebert » et « le livre des Baltimore », J. Dicker tombe dans le rocambolesque avec « la disparition de Stephanie Mailer » et touche le fond avec la chambre 622. Bien que se lisant facilement et même parfois avec plaisir tant il y a de rebondissements, nous sommes confrontés à une série d’invraisemblances, de grand guignol et de personnages factices, bref nous avons affaire à un « sous-litzer ». Il s’agit d’un roman pour pré-adolescents qui n’offre aucun intérêt littéraire mais, je le répète, qui se lit facilement. Je n’ai été intéressé que par le témoignage émouvant de Dicker à son éditeur décédé, B. de Fallois ainsi que par la dernière page empreinte de philosophie de la vie.La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » était un pastiche appliqué de roman noir américain dont on avait peine à imaginer qu’il puisse séduire au-delà des lycées francophones et des sacs de plage, mais son succès n’était pas complètement immérité. On sentait chez l’auteur une familiarité avec ses modèles et une compréhension innée des rythmes télévisuels qui formatent tant de lecteurs de polars, deux atouts qui laissaient présager une carrière à la Harlan Coben. Las, même le scénariste le plus fatigué ne trouvera rien à piller dans cette « Chambre 622 » entièrement meublée de poncifs en kit récupérés dans toutes les déchetteries d’Hollywood et remontés en dépit du bon sens.

Note : 4/10

 

  • Broché : 576 pages
  • Editeur : Editions de Fallois; Édition : 01 (27 mai 2020)
  • Collection : FALL.LITTERAT.
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1032102381

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La vie est un roman de Guillaume Musso – 26 mai 2020

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. La porte et les fenêtres de l’appartement étaient closes, les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d’intrusion. L’enquête de police n’a rien donné.

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Chronique : Le pouvoir de l’imagination est infini, pour les auteurs qui le détiennent. Un talent qu’il n’est pas toujours facile de dompter. Parce qu’il ne suffit pas à raconter un bonne histoire.
La vie est un roman, le bien nommé, est une belle démonstration de ce que l’imagination peut éclairer quand on a une vraie habileté de conteur. Et Guillaume Musso en est indéniablement pourvu.
Cette histoire est bien plus étonnante qu’elle n’y paraît de prime abord. Déroutante, même. Ce qui débute comme une version moderne du mystère de la chambre jaune, se révèle bien plus surprenant au fil des pages. Croyez-moi sur parole, puisqu’il serait criminel de révéler quoi que ce soit sur cette intrigue.
Encore une histoire d’écrivains, allez-vous dire. Mais ne parle t-on pas le mieux de ce qu’on connaît ? Prenez l’exemple de Stephen King, que Musso cite à plusieurs reprises dans ce roman concernant sa manière d’écrire, il a souvent mis en scène des congénères. D’ailleurs, il est amusant de constater que plusieurs petits clins d’oeils renvoient à l’auteur américain.
Il est loin d’être le seul auteur nommé. le roman égraine des citations tout du long, et ce ne sont pas de simples mots lancés au hasard. Elles sont minutieusement choisies et servent à ouvrir des portes au lecteur.
La vie secrète des écrivains mettait en avant l’amour des livres. Ce nouveau roman dépeint leur pouvoir et la puissance de leur emprise. Sur celui qui lit, mais surtout sur celui qui écrit.
Alors que son précédent livre était construit très minutieusement tel un puzzle, Guillaume Musso semble s’être octroyé davantage de liberté dans le cheminement de cette histoire assez inclassable. Entre thriller et récit plus intimiste qui pousse au questionnement, il jongle allègrement entre fiction et réalité. Un vrai jeu à travers deux mondes, le réel et l’imaginaire, les États-Unis et la France.
Il fallait oser une telle intrigue, renversante. A la construction fantasque. Plus d’une fois, je me suis demandé comment il allait se sortir d’une telle affaire. Mais comme tout bon auteur puisant dans son imaginaire, il est un peu magicien.
Mon seul regret aura été que cette parenthèse entre les pages des romans fut un peu courte, je m’y serais bien abandonné davantage.
La vie est un roman est un livre joliment divertissant et qui pousse à certaines vraies réflexions. Comme à se dire que la vie est pleine de surprises et que rien n’est écrit à l’avance.
Le pouvoir de l’imagination est infini quand il est mis au service d’une bonne histoire et d’émotions, Guillaume Musso le prouve avec brio.

NOTE : 8,5/10

CHRONIQUE DE GRUZ

 

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy; Édition : 01 (26 mai 2020)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702165540

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La prisonnière du ciel (D.E.S.T.R.O.Y t. 2) de Serge Brussolo |

Une femme, tombée des nuages, s’écrase en plein Tokyo après avoir traversé la verrière d’un centre commercial. A-t-elle sauté d’un immeuble de grande hauteur ? Est-on en présence d’un suicide spectaculaire ?

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Chronique :  L’auteur décrit une chute hallucinante d’un corps humain, un corps qui traverse les différentes couches de l’atmosphère pour s’écraser dans une piscine sur le toit d’un hôtel. L’énergie cinétique est telle que le fond se crevasse et provoque une catastrophe. Ce qui reste du corps est emmené par les hommes de la médecine légale qui constatent que la femme est toujours …vivante !

Ainsi commence le second tome de la série « DESTROY ». DESTROY est un organisme secret, spécialisé dans les missions les plus inhumaines. Il est dirigé par le colonel Evgueni, un ancien des services secrets russes. Celui-ci, alerté, veut comprendre ce qu’il y a derrière. Il charge donc Peggy qui, à l’issue de sa mission précédente, a retrouvé son handicap, (elle est paraplégique suite à une chute en montagne) d’enquêter sur cette femme. Pourquoi et comment cette serveuse, se mettant en scène sur un site sexy d’Internet, a-t-elle pu acquérir l’immortalité ?

Débute pour Peggy une quête hallucinatoire qui va la mener à s’infiltrer dans un réseau qui mène une expérience étonnante. Son organisme a été préparé pour cette enquête. Il est truffé de nanotechnologies qui devraient lui permettent de faire face, avec succès, à toutes les situations.

Mais le danger le plus réel et le plus redoutable ne vient-il pas de Yumiko Yoshitzune, un ancien agent qui a été évincé du service au profit de Peggy et dont les nano particules sont devenues incontrôlables et surtout …imprévisibles.

Serge Brussolo nous a habitués à des intrigues peu communes, à des mises en scène dramatiques et angoissantes, à des mutations, des transformations d’organismes peu ordinaires. Mais, avec l’aide des nano particules, il fait un pas de plus dans la démesure, dans l’explosion organique. Il a conçu de nouveaux types d’immortels, des agents mutagènes, des transformations encore inédites comme l’homme « trou noir » qui aspire toute matière organique qui passe à sa portée. On a le sentiment qu’il a fait passer une imagination déjà surdimensionnée à la vitesse supérieure. L’auteur irait presque trop loin, trop fort et le récit perdrait vite de sa « véracité » si quelqu’un d’autre était aux commandes de l’histoire. Mais Serge Brussolo, avec son art diabolique de conteur, rend presque crédible toutes ses inventions.

« La prisonnière du ciel » est un volet qui ne dépare pas une œuvre foisonnante où l’angoisse le dispute à la démesure. « DESTROY » devient une série d’exception !

Note : 9,5/10

 

  • Format : Format Kindle
  • Taille du fichier : 2076 KB
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 217 pages
  • Editeur : H&O (18 mai 2020)
  • Vendu par : Amazon Media EU S.à r.l.
  • Langue : Français

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La vie mensongère des adultes de Elena Ferrante

Giovanna connaît une enfance privilégiée dans les hauteurs de Naples. Alors qu’elle surprend une conversation de ses parents, dans laquelle son père la compare à une tante à la réputation maléfique, la jeune adolescente, bouleversée par ce rapprochement inattendu, fouille dans le passé de sa famille et part à la rencontre de cette tante Vittoria qui habite dans les quartiers pauvres de la ville.

Chronique : Elena Ferrante a la capacité de capter l’attention du lecteur avec sa façon typique de raconter, faite de dialogues serrés, dans lesquels les phrases dialectales ne s’entrechoquent pas, en effet, elles semblent presque adaptées au cadre qu’elle choisit pour ses romans.
Au centre de l’histoire se trouve Giovanna, Giannina, une adolescente qui découvre peu à peu que la vie des adultes avec lesquels elle a grandi est pleine de mensonges et de fictions.
Et tout dans ce roman semble extrême, comme l’est pour un adolescent (encore plus si l’adolescent est une fille) l’effort pour grandir et entrer dans le monde des adultes.

« Tout – les espaces de Naples, la lumière bleue d’un février glacial, ces mots – s’est arrêté. Moi, par contre, je me suis éclipsé et je continue de me glisser, même maintenant, dans ces lignes qui veulent me donner une histoire alors qu’en fait elles ne sont rien, rien de moi, rien qui ait vraiment commencé ou qui se soit vraiment réalisé : juste une broutille dont personne, pas même ceux qui écrivent en ce moment, ne sait si elle contient le fil conducteur d’une histoire ou si elle n’est qu’une douleur ébouriffée, sans rédemption ».

Et parmi les pages émerge cette « douleur froissée » de se sentir aimée par ses parents, d’avoir les attentions de sa tante Vittoria et de se sentir belle, alors que dans le miroir elle ne voit que des défauts physiques : « Et j’en ai vite conclu que les soucis ne passaient pas du tout, peut-être même qu’il ne s’agissait pas de soucis mais de mauvais sentiments qui couraient dans mes veines ».

Un démêlage des trahisons et des torts, comme autant de pièces qui tôt ou tard trouvent leur place.
Mais comme il est difficile pour Giannina de trouver sa dimension, sa place.
Au centre de toute l’histoire, il y a un acteur impersonnel : un bracelet qui passe de bras en bras et qui, d’une certaine manière, est un peu un objet de malheur : « Le bracelet, quel que soit le côté où vous l’examinez, quel que soit le type d’histoire dans laquelle vous l’insérez – un conte de fées, une histoire intéressante ou banale – ne fait que mettre en évidence que notre corps, agité par la vie qui se tord en lui en le consommant, fait des choses stupides qu’il ne devrait pas faire.
Les grandes questions de Giovanna, en observant le monde des adultes fait d’innombrables distorsions, deviennent les nôtres : « Que se passait-il, en somme, dans le monde des adultes, dans la tête de personnes très raisonnables, dans leur corps plein de connaissances ? Qu’est-ce qui les a réduits aux animaux les plus peu fiables, pires que les reptiles » ? Et la conclusion amère est la suivante : « Les mensonges, les mensonges, les adultes les interdisent et entre-temps ils en disent beaucoup ».

Nombreux sont les thèmes abordés, de l’amour de la connaissance à la difficulté des relations familiales, en passant par les trahisons, l’amitié, les premiers engouements, jusqu’à la religion touchante : « Dieu est ceci : une secousse dans une pièce sombre dont je ne retrouve plus le sol, les murs et le plafond. Il n’est pas nécessaire de raisonner, il n’est pas nécessaire d’en discuter. C’est une question de foi. Si vous y croyez, ça marche. Si vous ne le faites pas, il ne le fait pas ».
Un peu comme la poésie : « La poésie est faite de mots, tout comme les discussions que nous avons. Si le poète prend nos mots banals et les libère du bavardage, ils manifestent une énergie inattendue de l’intérieur de leur banalité. Dieu se manifeste de la même manière ».

Quelle lutte pour grandir pour les personnes intelligentes et sensibles. Mais surtout, combien il est difficile de se libérer de certains conditionnements familiaux qui peuvent être contenus, mais jamais, jamais complètement effacés. Et la seule façon de s’épanouir, c’est de s’ouvrir au monde, de s’ouvrir à la vie, sans toutes les angoisses comme celle que Giuliana vous met « Qu’il est beau de voyager, qu’il est beau de connaître une personne qui sait tout, et qui est extraordinaire d’intelligence, de beauté et de bonté, et qui vous explique la valeur de ce que, seule, vous ne sauriez jamais apprécier ».

Ce livre se veut également un avertissement pour les adultes qui s’occupent d’adolescents (dont le monde est merveilleusement enchanteur) : « Attention à ce que vous dites, mon visage a déjà changé à cause de mon père et je suis devenue laide ; ne jouez pas à le changer pour moi aussi en me rendant belle. Je suis fatigué d’être exposé aux paroles des autres. J’ai besoin de savoir ce que je suis vraiment et qui je peux devenir, aidez-moi ».

Note : 8,5/10

  • Broché : 416 pages
  • Editeur : Gallimard (9 juin 2020)
  • Collection : Du monde entier
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2072899214