La grande fête de la jungle de Julie Colombet | 6 novembre 2019

Billy, le petit singe tarsier, rêve d’organiser un Noël en pleine jungle pour son ami le paresseux, que rien ne semble pouvoir réveiller. Mais comment faire ? Improvisons ! lance le toucan. Et chacun d’apporter qui le sapin (des palmes joliment disposées), qui la lumière (des vers luisants), qui les cadeaux (une collection de cailloux) ou encore l’emballage (les nombreuses chaussettes du tatou).

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Chronique : C’est un album drôle et très bien fait, on ne voit jamais d’humain dans cet album. Il n’y a pas qu’un personnage principal mais c’est aussi la jungle et ses habitants qui le son avec personnages sympathiques qui ont de nombreuses expressions : inquiétude, obstination, découragement, bonheur et confort.L’histoire d’une cette jungle qui prépare Noël va faire le plus grand bonheur du lecteur. À lire et relire.

Note : 9/10

Extrait :

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  • Album : 28 pages
  • Tranche d’âges: 3 années et plus
  • Editeur : Sarbacane Editions (6 novembre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2377313132

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Le corbeau d’oxford de Faith Martin (13 novembre 2019)

Résumé : Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.
Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.
La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

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Chronique : Disons-le tout net l’originalité n’est pas le point fort de ce roman. Une ambiance anglaise feutrée, un duo d’enquêteurs complémentaires, tous les ingrédients sont réunis pour un polar des plus classiques.

Le point fort du livre est le personnage principal de Trudy Loveday, ça ne s’invente pas un nom pareil, toute jeune stagiaire de police ambitieuse mais qui doit encore faire ses preuves. Mais l’action du roman se situe dans une Angleterre des années soixante où pour beaucoup la place des femmes est encore dans la cuisine en tablier et pas dans la rue en uniforme de police. Trudy se retrouve donc en butte à la misogynie ambiante qui règne dans cette société anglaise qui a bien du mal à accepter le changement.

Malgré cette ambiance hostile Trudy reste positive, avec sa mentalité combative et volontaire et juste ce qu’il faut de naïveté, elle est le personnage parfait pour nous conduire dans les rues d’oxford.

Si vous affectionnez les ambiances à l’anglaise ce polar est fait pour vous, Faith Martin, ou plutôt Jacquie Walton de son vrai nom, invoque tous les éléments qui font le charme de ces Intrigues feutrée, où la violence est absente, le langage châtié la plupart du temps, sans oublier une légère note d’humour.

Le duo incarné par Loveday et Ryder se révèle par contre un peu décevant. Certes on peut apprécier la relation maître-élève qui s’instaure très rapidement entre les deux protagonistes mais le personnage de Ryder, présenté comme un indécrottable empêcheur d’enquêter en rond, relève finalement plus de l’ours mal léché dont le bon fond se découvre trop facilement.

La toute première enquête de ce duo se laisse suivre sans ennuie, malgré une fin précipité et mal amené, mais il manque tout de même une étincelle qui rendrait l’ensemble plus palpitant.

Ce premier roman est censé lancer une nouvelle saga avec ses deux personnages en tête d’affiche. Espérons que L’auteure parviendra à étoffer leur relation et à apporter un peu d’originalité dans ses intrigues futures.

Note : 7/10

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : HarperCollins (13 novembre 2019)
  • Collection : HarperCollins Noir
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1033904151

 

La piste aux étoiles de Nicolas Lebel (14 novembre)

Résumé : Quand on propose à l’embaumeur de participer à un projet de plastination, il faut s’attendre à un refus.
Un défunt, ça se respecte, ça n’exhibe pas !
Le souci c’est que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, Mandoline va devoir rentrer dans le délire d’un mégalo morbide et tenter de comprendre un trafic de cadavres…

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Chronique : On dit que le talent n’attend pas le nombre d’années, j’ai envie d’ajouter que le talent n’attend pas le nombre de pages.

La piste aux étoiles est en effet un roman très court, 200 pages à peine, mais là où d’autres auraient épaissi leur intrigue d’une centaine de pages supplémentaires, Nicolas Lebel lui se contente d’une intrigue courte mais rondement menée.

L’auteur a eu la bonne idée de nous faire vivre son récit avec les yeux de M. Mandoline. Celui-ci se lance dans l’aventure, armé de son savoir-faire de thanatopracteur, de deux-trois astuces issues de son passé dans la légion étrangère et surtout de son esprit irrévérencieux et de son humour noir.

Associer ce grinçant personnage à une intrigue sordide de trafic de cadavres avec en arrière-plan le désastre humanitaire des migrants et vous obtenez un délicieux roman d’espionnage, avec ce qu’il faut d’action et de romance pour nous rassasier, doté d’une fin cynique qui laisse un goût amer et guère rassurant quant à l’avenir de l’espèce humaine.

Note : 8/10

 

  • Broché : 232 pages
  • Editeur : French Pulp éditions (14 novembre 2019)
  • Collection : L’Embaumeur
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1025106549

 

 

Le diable dans la peau de Paul Howarth

Résumé : Australie, Queensland, 1885. Une vague de sécheresse conduit la famille McBride au bord de la ruine. Lorsque la pluie revient enfin, la famille pense être tirée d’affaire. Mais le destin en a décidé autrement. Un soir en rentrant chez eux, Billy et Tommy, les jeunes fils McBride, découvrent leur famille massacrée. Billy soupçonne immédiatement leur ancien vacher aborigène. Les deux garçons se tournent vers John Sullivan, leur riche et cruel voisin, pour qu’il les aide à retrouver le coupable. Sullivan fait appel à la Police aborigène, menée par l’inquiétant inspecteur Edmund Noone. Les frères McBride vont alors être entraînés dans une chasse à l’homme sanguinaire à travers l’outback désertique. Témoin impuissant des ravages que laisse la petite troupe dans son sillage, Tommy ouvrira les yeux sur le vrai visage de la colonisation australienne.

Chronique : les pages les plus sanglantes de l’histoire d’un pays en font souvent les récits les plus poignants.

Et sanglante la conquête de l’Australie par le fier homme blanc l’a été c’est un fait connu de tous. Mais éloigné comme nous le sommes de ce pays on a tendance à oublier ce que cela implique en réalité. Heureusement Paul Howarth est là pour nous le rappeler.

Le récit est donc un western et dès le début l’auteur nous fait bien comprendre qu’ici règne la loi du plus fort. Nul shérif héroïque pour défendre la veuve et l’orphelin ici, qui détient les terres détient le pouvoir et l’emprise sur les hommes. Une ambiance bien sombre malgré la sécheresse magnifiée par le style de l’auteur. Sous sa plume c’est l’outback australien qui prend vie, le bush poussiéreux et hostile. Mais toujours moins hostile que les prédateurs pibèdes qui le hantent.

Bien plus qu’une peinture sauvage de l’Australie du 19 siècle, le roman est surtout un récit initiatique. On suit le jeune Tommy, dont l’enfance vient de prendre fin brutalement, tout au long de son périple ses convictions vont être mises à rude épreuve. Il est le témoin moral de cette expédition vengeresse qui va peu à peu remettre en cause tout ce qu’on lui a appris sur la place des aborigènes dans la société de cette époque. Désemparé face à la vague de violences auquel il doit prendre part malgré lui, il refuse cependant d’enterrer son humanité.

Son personnage se heurte à un autre, celui de Noone, véritable miroir inversé de Tommy. Noone est censé représenter la justice et la loi mais se révèle être un être cynique, nihiliste, corrompu et cruel. Il méprise ouvertement la religion ainsi que les pauvres diables qui se croient puissants, comme cet ogre insatiable de Sullivan finira par s’en rendre compte. Doté d’une intelligence de prédateur, il repère très vite en Tommy un égal, voir un rival, qu’il va tenter de convertir à sa vision pervertie du monde avant de comprendre que leurs conceptions du monde sont diamétralement opposé.

Le livre s’achève sur une fin douce amer où l’auteur nous montre que les traumatismes sont toujours aussi vivaces et l’apaisement un rêve inaccessible.

Un premier roman magistral et sans concessions.

Note : 9 /10

Éditeur Denoël
Date de publication 18 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 432
ISBN-10 2207137767

L’Abominable de Dan SIMMONS| 17 octobre 2019

En 1924, la course pour parvenir au plus haut sommet du monde s’interrompt brutalement suite à la terrible disparition des célèbres alpinistes George Mallory et Sandy Irvine. L’année suivante, trois hommes – un poète britannique vétéran de la Grande Guerre, un guide de montagne français et un jeune idéaliste américain – tentent à leur tour leur chance. Mais quelqu’un, ou quelque chose, les poursuit, et, à 8 500 mètres d’altitude, alors que l’oxygène vient à manquer, l’expédition vire bientôt au cauchemar.

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Chronique : J’adore le travail de Simmons. Hyperion est parmi mes préférés. Je suis particulièrement impressionné par son souci du détail ; sa capacité à transformer de grandes quantités de connaissances techniques en une histoire est impressionnante.

Simmons présente une vision vivante et nette de l’ascension, mais le véritable protagoniste est l’Everest : « Les pentes verticales abruptes des pentes abruptes des vents glaciaux, des linceuls nuageux, des brumes et des mythes abandonneront lentement ses mystères mortels à une autre équipe – qui, dans leur désir de conquérir Sa Majesté – pourrait être trop mal équipée pour faire face à ses dangers.
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Après un début lent, l’action tant attendue a été bien accueillie, le cœur battant à un rythme effréné et rapide. Là-haut, alors que les alpinistes faisaient l’expérience d’horribles découvertes inattendues et de sensations fortes, le lecteur était momentanément à bout de souffle. La question perplexe entourant la disparition de Percival était une tournure intrigante (quoique pas tout à fait surprenante étant donné l’époque à laquelle tout cela s’est produit).

Étant un fan de fiction surnaturelle, ma seule petite bête noire était la publicité trompeuse de ce conte comme étant surnaturel et dans ce livre il a plutôt choisi d’utiliser la métaphore abominable d’un monstre d’un autre genre.

Néanmoins, si vous pouvez contourner cet aspect du livre, il faut dire que la dernière partie du roman est excitante et très bien écrite. L’abominable est un livre qui fonctionne brillamment la plupart du temps. Il ne fait aucun doute qu’il est bien écrit, captivant et passionnant ,il est peut-être trop lent, trop complexe et trop complexe pour certains. C’est un pendant intéressant de la Terreur.

C’est détaillé, c’est habilement fait et pourtant…. ce n’est pas parfait, et à mon avis, certains aspects peuvent ennuyer énormément le lecteur. Il y a beaucoup à gagner et à apprécier en lisant L’abominable, mais je soupçonne qu’il y a des aspects que certains lecteurs n’aimeront pas et que certains pourraient considérer comme controversés.

Note 8,5/10

  • Broché : 660 pages
  • Editeur : Robert Laffont (17 octobre 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 222121868X
  • ISBN-13 : 978-2221218686

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Roma Aeterna (3 octobre 2019) de Robert SILVERBERG

Robert Silverberg illustre en tableaux successifs l’histoire fictive d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui, depuis deux mille ans, n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, car les Juifs n’ont pu quitter l’Égypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’empereur particulièrement perspicace liquide proprement un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. Ainsi, l’Empire perdure, avec ses dieux auxquels personne ne croit plus. Une uchronie saisissante par celui qui a reçu le titre de Grand Maître de la science-fiction pour l’ensemble de son oeuvre.

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Chronique : Robert Silverberg, un nom exalté dans les milieux de la science-fiction, livre un Disneyland virtuel de spéculation et de spectacle basé sur le principe que l’Empire romain ne décline jamais et ne tombe jamais. Plus un recueil de nouvelles interreliées qu’un roman, ROMA ETERNA tisse adroitement une histoire alternative dans laquelle Moïse, Jésus et Mahomet sont tous mis à l’écart, de sorte que la montée des juifs, des chrétiens et des musulmans n’a jamais la chance d’empêcher l’expansion mondiale de Rome ; et il le fait d’une manière absolument crédible, et absolument exaltante.

Je crois que l’élément que beaucoup ont critiqué (le fait que les événements se produisent très lentement, et que l’Empire apparaît comme omniprésent, au point que les empereurs dont la vie a passé des millénaires sont encore admirés et rappelés par les Romains de la postérité), est précisément celui qui donne au livre un goût caractéristique et unique. Qu’importe que l’histoire que nous connaissons finisse par « se répéter » dans ce monde de Pax Romana, avec ses guerres contre les barbares, sa renaissance, sa découverte de l’Amérique, y compris la révolution française et soviétique…

Le fait est que, comme l’Empire romain ne disparaît jamais, la notion d’éternité et de permanence (et le sens de la nécessité historique) devient une condition sine qua non du monde décrit par Silverberg, et rend donc plausible cette lenteur du passage de l’histoire, ce regard perpétuel sur le passé qui est en même temps présent, car, sinon, comment pourrait-on parler de Rome éternelle ? Sans un autre « pouvoir universel » qui s’y oppose (lire le christianisme, l’islamisme ou la croyance de masse qui offre une véritable alternative à un monde impérial, à une pax romana éternelle), qu’est-ce qui pourrait entraver sa survie ?

Le livre offre plus que des rêves de grandeur (et de décadence), il nous montre exactement ce que nous avons pu connaître avec Pachacutec ou Tupac Inca Yupanqui, mais dont il n’y a aucun souvenir…

Note : 9,5/10

 

  • Poche : 535 pages
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2253089885

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Le Jeu du Chuchoteur de Donato Carrisi | 2 octobre 2019

En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage: du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.

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Chronique : Après le finale plein d’adrénaline et surprenante du tome précédent Maria Elena Vasquez démissionne et décide de devenir mère, abandonnant son travail dans les limbes. Pour la première fois, elle a mis sa fille Alice devant ce qui était sa mission : retrouver les personnes disparues. Maintenant, Elle vit au bord d’un lac, essayant d’avoir une vie normale. Mais l’obscurité qu’elle a toujours ressentie en la cherchant, ne veut pas la laisser partir, et l’arrivée de Johanna Shutton, brise son calme la ramène au pire de ses cauchemars.

Elle verra Mila se lancer dans une course folle contre la montre, en compagnie d’une vieille amie qui ne refuse pas son aide. Et encore une fois, les ténèbres engloutissent le lecteur, lui faisant croire ce qu’il n’est pas, et lui donnant l’illusion d’avoir compris de découvrir alors, après quelques pages, que rien n’est comme il paraît, car…..

Commencer à lire un livre de Carrisi, c’est comme monter sur un siège de montagnes russes et commencer une folle aventure, dans laquelle vous ne pouvez pas prédire où vous finirez, et quels virages vous prendrez. Une fois de plus, nous suivrons Mila dans une enquête quelque peu surréaliste, qui nous mènera dans un monde sans règles, où tous les désirs les plus pervers peuvent être satisfaits, où il n’y a ni loi ni punition, rencontrant des personnages incroyablement caractérisés qui restent longtemps gravés dans l’esprit du lecteur.

Mais c’est le personnage de Mila qui frappe le plus pour le meilleur et pour le pire. Son alexithymie la rend extrêmement originale et sert d’excuse à plusieurs de ses attitudes vraiment incroyables. Sa folle curiosité qui la met en danger et son incapacité à évaluer soigneusement les risques auxquels elle est confrontée, sont des aspects qui finissent par l’isoler de ses amis, mais qui lui permettent presque toujours de garder le sang froid nécessaire pour relier des lambeaux d’indices. Sa force, véritable talon d’Achille, est son désir de savoir et cette pathologie qui ne lui permet pas de ressentir des émotions.

Mais il y a un prix à payer. Le manque d’empathie était une affinité dangereuse avec les monstres qui se nourrissent de la souffrance de leurs victimes sans pouvoir avoir pitié d’elles.
Je veux voir ce qu’il y a derrière le rideau, regarder le magicien dans les yeux et démasquer le tour.

Ici, pour la première fois, nous commençons à mieux connaître Alice, un personnage qui semble destiné à avoir de plus en plus de profondeur, et sur qui pèse l’ombre de ce père qui est si important pour elle, mais qui en réalité ne l’a jamais vraiment connue.

Carrisi est un écrivain incroyablement talentueux, capable de tisser des intrigues extraordinairement complexes, qui captivent jusqu’à la dernière page. Ses fins alors, qui ouvrent toujours de nouvelles lueurs nous laissent avec le désir de découvrir ce qui n’est pas encore arrivé, parce que le mal ne peut pas être arrêté, il y’a toujours quelqu’un qui attend pour frapper dans l’ombre. Pour chaque question à laquelle on répond, il y en a d’autres qui attendent des explications.

C’était un livre que j’ai lu sans pouvoir le clore jusqu’à la fin, et cela m’a vraiment donné des émotions fortes. Il peut être lu comme Autonome mais après avoir lu les précédents, il permet une vue d’ensemble beaucoup plus articulée et détaillée, offrant une expérience de lecture beaucoup plus complète et intéressante, qui ne peut échapper à ceux qui aiment le genre.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 380 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (2 octobre 2019)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166776

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Les faire taire: Mensonges, espions et conspirations : comment les prédateurs sont protégés de Ronan Farrow | 16 octobre 2019

En 2017, une simple enquête pour la chaîne de télévision NBC mène Ronan Farrow à une histoire dont on n’ose parler qu’à voix basse : un des producteurs les plus puissants de Hollywood serait un prédateur sexuel, protégé car il règne par la terreur et l’argent. Ainsi démarre l’affaire Harvey Weinstein.

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Chronique : C’est probablement un cliché de décrire ce livre comme ressemblant à un vrai thriller d’espionnage… mais il se lit vraiment parfois comme un vrai thriller d’espionnage. Les faire taire couvre en détail les coulisses du reportage de Ronan Farrow sur Harvey Weinstein, la façon dont il a été suivi par les agences de renseignement et les tactiques utilisées pour tenter de l’empêcher de faire publier son article.

La lecture de ce livre donne vraiment une vue d’ensemble de la façon dont Harvey a pu s’attaquer aux femmes pendant une si longue période de temps. Ses tactiques pour arrêter des journalistes au fil des ans sont expliquées clairement, et nous voyons de première main à travers les yeux de Ronan comment Harvey a réussi à convaincre NBC de tuer l’article. Au cours des interviews qui ont suivi les premières révélations de Ronan, il s’est toujours demandé pourquoi NBC ne voulait pas diffuser l’histoire et pourquoi il ne travaillait plus pour l’entreprise. Il disait toujours des choses comme : « Je ne veux pas être l’histoire, les femmes et les sources devraient être au centre de l’histoire. » Et même si le fait que les femmes soient le centre est important, l’histoire de Ronan en tant que journaliste est aussi impérative parce qu’elle montre comment une enquête avec des informations crédibles a été fermée et a maintenu les abus de Harvey dans l’obscurité.

Si vous pensez, « oh, j’ai lu les articles qui sont parut dessus, il n’y aura pas trop d’informations nouvelles dans ce livre »…. Réfléchissez encore. C’est extrêmement éclairant de voir le processus d’essayer de rapporter l’histoire à la NBC et d’être fermé à chaque fois, comparé à l’expérience que Ronan a été complètement soutenu par The New Yorker.

Ronan est également plus ouvert sur ses relations personnelles dans ce livre. Détailler comment, dans le passé, il n’a pas toujours soutenu sa sœur Dylan pour qu’elle soit publique dans ses allégations de violence. Il lui a ensuite montré comment il en était venu à la soutenir et lui a demandé son avis sur la façon d’interviewer les survivants. Certains des moments les plus drôles ou les plus agréables du livre sont commentés par le partenaire de Ronan, Jon Lovett (ou comme Ronan l’appelle, Jonathan). Et il y a un très beau point culminant à leur arc romantique à la fin du livre.

Bien qu’une grande partie de ce livre soit difficile à lire, les agressions sexuelles, les hommes puissants qui abusent de leur pouvoir, les compagnies qui couvrent les agresseurs au lieu de protéger les gens, et ainsi de suite, il y a aussi un sentiment d’espoir. Il montre un changement des temps, comment ces histoires peuvent être prises plus au sérieux aujourd’hui que par rapport au passé. Il fait la lumière sur tous les braves survivants et sources qui ont risqué leur carrière et leur sécurité pour venir en aide aux autres.

Je pense que c’est un triomphe de l’écriture non-fictionnelle. Il est rapide, captivant du début à la fin, exhaustivement vérifié, sérieux quand il le faut, mais il a aussi des moments amusants et pleins d’espoir. Jetez un coup d’œil à celui-là.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 446 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (16 octobre 2019)
  • Collection : Documents, Actualités, Société
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702167357

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Les illusions de Jane Robins

Résumé : Callie a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur, Tilda, à qui tout réussit. Celle-ci est actrice et forme un couple heureux avec Felix, un riche banquier, alors que Callie vit seule et végète dans la librairie où elle travaille. Si elle admire toujours autant sa sœur, elle ne peut néanmoins s’empêcher de penser que quelque chose se cache sous ce vernis de perfection. Tilda ne serait-elle pas sous l’emprise de Felix, dont les comportements obsessionnels sont de plus en plus inquiétants ? Ou bien Callie se fait-elle des illusions ? N’est-ce pas plutôt elle qui a un problème avec la réussite de Tilda ? Lorsque Felix décède d’une crise cardiaque, les relations entre les deux sœurs prennent un tour complètement inattendu.

Chronique : Il y a deux sous-genres de romans policiers que je trouve particulièrement « casse-gueule », le thriller psychologue et le thriller domestique. Alors quand un auteur décide de marier les deux le risque est d’autant plus grand.

Entendons-nous bien, je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ces bien pâles illusions, le style de l’auteur et la narration immersive maintiennent suffisamment l’attention pour continuer la lecture. Le problème vient surtout d’un manque de tension. La prétendue révélation finale se laisse doucement présager à mesure que l’on avance dans l’intrigue. Le jeu manipulateur des personnages est aussi subtil qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Le personnage principal de Callie se révèle décevant, d’abords inquiétante dans ses rapports ambiguës avec sa sœur, puis tout simplement agaçante par son côté ingénue. Elle est tout simplement un personnage trop fade et pas vraiment attachante pour porter un récit sur autant de pages.

Le livre a le mérite d’attirer l’attention sur le douloureux sujet du feminicide en mettant l’accent sur la détresse ressenti par certaines femmes, prisonnières d’une relation toxique. Toutefois cela ne suffit pas à relever le niveau du récit.

Je passe assez rapidement sur l’aspect psychologique du récit. Mis à part Callie, qui est le personnage principal, la psychologie profondes des autres personnages est à peine effleuré.

Malgré des efforts louables, l’auteur ne parvient à illusionner personne d’autre que son personnage principal. Et moi de me dire que j’ai suffisamment laissé ma chance à ce sous-genre pour passer à autre chose.

Note : 5/10

Éditeur Sonatine
Date de publication 4 octobre 2018
Langue Français
Longueur du livre 360
ISBN-10 2355846294

Petite Chose de Lisa Brennan-Jobs (6 novembre 2019)

Elle est née dans une ferme, a été baptisée dans un champ, puis élevée parmi les hippies de Palo Alto. Lisa Brennan-Jobs a vécu une enfance hors norme, entre son père, Steve Jobs, créateur génial et froid de la firme Apple, et sa mère, Chrisann Brennan, artiste au tempérament bohème.

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Chronique : Si vous connaissez Steve Jobs, vous savez qu’il était un peu con. Bizarre. Exigeant. Sans compromis. C’est fastidieux. Asocial.

Maintenant, imagine-le comme un parent. Un parent réticent.

Lisa Brennan-Jobs est heureuse de vous décrire cette expérience. Elle est la fille de Jobs et de sa petite amie du lycée, Chrisann Brennan. Jobs depuis le début ni Lisa qui était son enfant quand elle était clairement. Même après un test génétique, il a quand même protesté. Lisa raconte son enfance jusqu’à l’âge adulte, prise entre sa mère hippie, émotionnellement instable, et les emplois éloignés et cruels. C’est une sacrée histoire. Aucun d’entre eux, y compris la manipulatrice Lisa, ne s’en sort très bien.

C’est l’histoire de Lisa, donc c’est l’histoire de sa vie de grandir et de révéler Jobs de son point de vue en tant que sa fille.

Une autre figure centrale du livre est la mère de Lisa, qui l’a souvent déplacée d’un endroit à l’autre, et à côté des années d’enfance de Lisa, les ordinateurs Apple s’imposaient à la fois dans la culture pop et chez une tonne d’utilisateurs, apportant non seulement notoriété mais également questions. Pourquoi Jobs était-il si réticent à reconnaître l’existence de sa fille alors qu’il passait encore du temps avec elle à l’occasion ? Pourquoi le choix du nom de l’ordinateur « Lisa » était-il un tel mystère ? Pourquoi Steve n’avait-il aucun problème avec ses beaux-enfants et ses collègues, mais Lisa a été largement ignorée ? Pendant ce temps, Lisa finit par emménager avec son père, mettant en lumière une relation à la fois tendue et dysfonctionnelle, mais toujours fondée sur une affection désespérée.

Steve Jobs lui-même est décédé et ne peut donc pas parler pour lui-même sur le sujet, donc ce qui est embelli ici  reste un peu brumeux. Pourtant, il met en lumière un côté moins glamour de l’atmosphère de l’Amérique des années 1980 et de l’insensibilité de l’environnement derrière toute cette rhétorique sur les rêves et l’imagination. Il s’agit moins de Steve Jobs que d’une fille qui essaie de comprendre le monde étrange et faussement idyllique dans lequel elle a passé son enfance.

Note : 9 /10

  • Broché : 560 pages
  • Editeur : Les Arènes (6 novembre 2019)
  • Collection : AR.TEMOIGNAGE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2711201953

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