Agatha Raisin enquête, Tome 7 & 8 (2 novembre 2017) de M-C Beaton

Tome 7 : Ancombe, paisible petit village, possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits. Mais l’arrivée d’une société qui veut l’exploiter échauffe les esprits et divise les habitants : s’enrichir ou renoncer à la paix ? Lorsque Robert Struthers, le président du conseil municipal, est retrouvé assassiné, l’affaire prend une sale tournure. Pour y voir plus clair, Agatha Raisin décide d’aller à la source et se fait embaucher par la société…

Tome 8 :Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

Chronique : Les deux tomes ce ressemble et afin de ne pas faire deux chroniques qui se ressemble  on ce trouve dans ses tomes le duo Agatha/Charles pour notre grand plaisir,  l’alchimie fonctionne très bien entre ces deux-là, on les vois comme deux incompris qui pourraient se compléter au mieux, pour peu qu’ils regardent au delà du bout de leur bottine. Mais il faut avouer que M.C Beaton dresse finement les portraits de ses protagonistes et voir ces deux là se réunir pour mener des enquêtes fort sympathique. Les ouvrages sont plus détendu, moins  obsessionnel et tout aussi léger, agréable et digressif  avec bien des péripéties donc on prends toujours autant de plaisir à lire et on entre dans l’intimité d’Agatha qui n’a plus rien de la terreur des relations publiques londoniennes qu’elle était auparavant.On y retrouve donc notre enquêtrice quinqua pas toujours honnête et un brin machiavélique mais tellement attachante.

Note : 9/10

 

  • Editeur : Albin Michel (2 novembre 2017)
  • Collection : A.M. ROM.ETRAN
  • Langue : Français

 

 

Petites boîtes cadeaux et jolies étiquettes (27 septembre 2017) Édition Dessain et Tolra

Ce livre propose 12 petites boîtes cadeaux détachables, en forme de maisons prêtes à monter, où vous glisserez un petit cadeau d’assiette et toute une collection d’étiquettes, pour personnaliser avec charme vos cadeaux.

Chronique :Voici un petit livre de Noël très sympathique où Les 12 boites cadeaux prédécoupées sont très simples à plier  ! Une étiquette permet d’inscrire les noms de vos convives sur le toit des maisons  : ils trouveront ainsi facilement leur place à table.
Les étiquettes prédécoupées sont proposées dans des gammes de coloris différents, pour une personnalisation très soignée de vos cadeaux. . Les illustrations sont toutes mignonnes, bien dans l’esprit de Noël, avec les indications de montage des petites maisons, ainsi que conseils et des astuces pour emballer vos cadeaux et réaliser des pliages originaux et créatifs . Ludique et fait avancer la motricité fine des enfants mais conviens autant au parents pour faire de beau paquet cadeau originaux.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 4 pages
  • Editeur : Dessain et Tolra (27 septembre 2017)
  • Collection : Hors collection Dessain et Tolra

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Elvis et l’homme au manteau rouge – Un conte de Noël (2 novembre 2017) de Ole Konnecke

La veille de Noël, Elvis, un garagiste aux allures de rockeur, se retrouve nez à nez avec un homme en manteau rouge. Le barbu vient d’avoir un accident de traîneau alors qu’il doit impérativement aller au travail. Elvis, lui, n’a pas l’intention de travailler aujourd’hui, plus soucieux d’allumer son sapin en kit. Sans s’attarder sur le look étrange du vieux bonhomme, Elvis rechigne, bougonne, mais tente de réparer le véhicule… sans succès ! En même temps, un traîneau n’est quand même pas un engin bien pratique…
Débarquent Ernest, de la casse auto, avec la mauvaise pièce de rechange, Herbert, le voisin paysan et sa charrette de foin pour des rennes affamés, le grand-père à la mémoire qui flanche… Une histoire loufoque, aux protagonistes aussi déjantés qu’attachants, où l’on n’apprendra pas le nom de l’homme au manteau rouge.

Chronique : Ce livre de Noël est hilarant pour les enfants et les adultes de l’illustrateur Ole Könnecke
Illustré d’images amusantes, Könnecke raconte l’histoire d’Elvis, comme son nom l’indique, un grand fan de musique. Il vit avec son grand-père oublieux et a un atelier. Mais aujourd’hui à Noël, il reste fermé.
Elvis et le grand-père sont d’humeur avec de la musique, quand le courant est coupé et qu’un homme se tient devant la porte. Il porte un manteau rouge et demande de l’aide.
Elvis ne comprend pas pourquoi l’homme travaille à Noël. Et maintenant, il veut qu’Elvis répare son traîneau!
« Elvis et l’homme au manteau rouge » est un visage hilarant qui donne aux adultes et aux enfants un sentiment différent avant Noël, ce livre est vraiment mignon, et très facile à comprendre et belles image à regarder..

Note : 9/10

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (2 novembre 2017)

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Un Noël pour le loup (26 octobre 2017) de Thierry Dedieu

C’est l’histoire d’un loup triste et solitaire, qui n’a jamais connu les joies d’un Noël entre amis. Pour se faire pardonner ses errements d’autrefois, il décide d’organiser un réveillon où il invite ses proies habituelles. Le jour dit, un banquet somptueux attend les animaux de la forêt. Il y a des plats végétariens et même des cadeaux ! Mais bizarrement, personne n’ose s’aventurer à cette table dangereuse. Désolé, le loup décide alors d’improviser une grande fête… tout seul !

Chronique : Une belle histoire de Noël, comme je les aime. Mais aussi bien triste. C’est une histoire de Noël vraiment jolie dans laquelle il est question de bonté et de générosité. Les illustrations sont splendides. Les dessins pleine page sont superbes, les dialogues très courts et répétitifs vont plairont aux enfants , l’histoire est touchante . L’album est de belle taille, les pages sont épaisses. Il est fait pour durer et ressortir tous les ans à cette époque… Un livre touchant auquel ont aimerai tant devenir ami de ce pauvre loup.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 48 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (26 octobre 2017)
  • Collection : ALBUM JEUNESSE

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Shutter, Tome 1 : Errance (18 octobre 2017) de Joe Keatinge et Leila Del Lucas

Descendante d’une dynastie de grands explorateurs, Kate Kristopher est une véritable célébrité. Elle a passé sa vie à visiter des contrées lointaines, à combattre des créatures fantastiques, à la recherche de trésors tous plus fabuleux les uns que les autres. Aujourd’hui, Kate s’est rangée et occupe plutôt son temps à dédicacer les récits de ses péripéties qui se vendent comme des petits pains. Mais alors qu’un secret de famille refait surface, cette vie aventureuse qu’elle croyait derrière elle pourrait bien la rattraper…

Chronique : Ce tome constitue le début d’une nouvelle série indépendante de toute autre.  L’histoire commence par un retour dans le passé quand Kate avait 7 ans et que son père l’avait emmenée sur la Lune comme cadeau d’anniversaire. de nos jours elle n’a pas envie de se lever. Il s’agit d’une jeune femme de 27 ans, son chat robot l’admoneste et la taquine gentiment. Elle ouvre les rideaux, dehors des individus étranges circulent.
Bon gré, mal gré, elle s’habille et se rend sur la tombe de son père Chris Kristopher pour l’anniversaire de sa mort. Chemin faisant, elle appelle sa colocataire Alain. Dans le cimetière elle est attaquée par 3 fantômes ninjas roses, puis par 3 rats anthropomorphes, et enfin par un gros robot mécanique rondouillard appelé Harold. C’est le début d’une étrange cavale où il est beaucoup question de son père, et de ses enfants cachés.
Joe Keatinge commence par une scène merveilleuse sur la Lune, où une jeune enfant bénéficie d’un spectacle (la Terre sur un fond étoilé) exceptionnel. Puis il enchaîne avec un réveil difficile dans un monde de légère anticipation , et peuplé d’individus merveilleux. Toutefois, Kate prend le métro aérien, un moment très ordinaire.
Le scénario bénéficie de la mise en images très convaincantes de Leila del Luca, étoffée avec soin par la mise en couleurs d’Owen Gieni. Dès les premières images, le lecteur est séduit par une apparence riche et foisonnante, de très belles couleurs rehaussant toutes les formes. Gieni bâtit des compositions chromatiques très élaborées. Il adapte sa palette à chaque séquence, en particulier pour rendre dompte de la luminosité. Pour autant, il n’a pas choisi de décliner une teinte dominante en plusieurs nuances. Il utilise une palette large pour que chaque élément ressorte, soit une entité graphique à part entière.
De plus, il introduit des variations de nuances dans chaque forme pour rendre compte de sa texture. Il est possible d’en trouver des exemples dans chaque page. Lorsque Kate ouvre ses rideaux, elle contemple un paysage urbain, sous un soleil radieux. En regardant les plantes à l’extérieur, le lecteur constate qu’Owen Gieni a utilisé différentes teintes de vert pour différencier chaque essence de plantes. Pour chacune, il utilise des nuances dans la teinte de vert pour rendre compte de la surface irrégulière du feuillage, et des reflets de la lumière.

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Quelques pages plus loin, la scène se déroule dans une pièce avec du parquet. La dessinatrice a représenté le parquet avec de grands traits fins délimitant rapidement les lames. Gieni a souligné chaque trait d’un fin trait blanc pour évoquer la limite entre chaque latte et l’imperceptible différence de niveau de l’une à l’autre. Il a également utilisé la couleur pour évoquer la texture du bois, sans se substituer pour autant à l’encrage. Encore plus loin, le lecteur peut contempler la peau d’une créature en forme de dragon, et apprécier le jeu de lumière sur sa forme, tout en nuances (sans effet de miroir basique).
Le travail d’Owen Gieni est d’autant plus remarquable qu’il n’écrase pas les dessins de del Luca. Cette dernière combine des dessins descriptifs détaillés, avec des traits un peu rapides, un peu lâches. Elle réussit à réaliser des images denses en information visuelle, sans rien perdre en spontanéité. Les traits d’encrage utilisés pour détourer les formes peuvent être soit très fins, soit très épais, encore alourdis par les ombres portées. Cette façon d’utiliser l’encrage combine une approche détaillée, et une mise en avant des éléments les plus importants dans la composition, tout gardant une impression de spontanéité, le lecteur passe un très bon moment de lecture, à haute teneur en divertissement. Il apprécie également que Joe Keatinge réussisse à déjouer les clichés habituels, pour les soumettre à sa narration, à créer une héroïne aussi attachante, sans être parfaite.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 144 pages
  • Editeur : GLENAT (18 octobre 2017)
  • Collection : COMICS

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Fantomino (18 octobre 2017) de Paulo Crumbim et Cristina Eiko

Fantomino le petit fantôme aime jouer à cache-cache avec ses amis dans le cimetière où ils habitent. Un soir, Lady Grue, leur figure tutélaire, leur annonce une grande nouvelle, la fantomette Amalia sera enfin autorisée à monter au ciel au petit matin ! Fantomino est partagé entre la joie pour son amie et la déception car il n’a jamais pu lui avouer son amour… Il décide de l’emmener voir leur dernier lever de soleil et de lui déclarer sa flamme avant qu’elle ne le quitte. Mais, sur le chemin, Amalia est enlevée par un sorcier qui utilise l essence des fantômes pour créer des philtres d amour ! Fantomino et ses compagnons vont devoir partir à l aventure pour sauver leur amie qui se retrouvera face à un choix : partir ou rester ?

Chronique : Voici Fantomino, un petit fantôme tout mignon qui vient tout droit du Brésil où il sévit depuis une trentaine d’années. Créé par Mauricio da Sousa, les aventures de Fantomino ont fait l’objet d’un reboot en 2015 par de jeunes auteurs du monde de l’animation, Paulo Crumbim et Cristina Eiko, qui ont insufflé un nouveau style plus moderne au petit fantôme.

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Le dessin et la mise en couleur sont parfaits, très esthétiques. Le découpage est lui aussi d’une grande qualité et donne un rythme au récit qui n’est ni trop lent ni trop rapide..Le plus difficile pour les adaptations est sans doute de rester fidèle à l’ambiance de la réalité des personnages. De ce point de vue, le challenge est plus que réussi. Beau reboot qui retranscrit à merveille le récit de Fantomino . Paulo Crumbim et Cristina Eiko offrent au catalogue des éditions Glenat une magnifique œuvre.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 72 pages
  • Editeur : GLENAT (18 octobre 2017)
  • Collection : JEUNESSE

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Le Petit Nicolas : Coffret 5 volumes : Le Petit Nicolas ; Les récrés du Petit Nicolas ; Les vacances du Petit Nicolas ; Le Petit Nicolas et les copains ; Le Petit Nicolas a des ennuis (12 octobre 2017) de René Goscinny et Sempé

Coffret avec les aventures du petit Nicolas en 5 volumes.

Chronique : Très bonne idée que ce coffret du petit Nicolas  qui après 50 ans d’existence  demeurent indémodables. C’est avec des paroles débordantes d’humour que celui-ci nous relate ses nombreuses histoires comme on les raconterait à un ami. le choix de narration mis en œuvre permet à ce recueil de nouvelles d’être exprimé dans un langage simple et enfantin, qui convient parfaitement à celui d’un enfant. L’innocence et la naïveté dont le petit Nicolas fait preuve lors de ces réflexions donne au récit tout son aspect comique et rafraichissant. Il nous conte les bêtises qu’il multiplie avec sa petite bande de copain « presque sages » avec une telle candeur que l’on s’attache très rapidement aux personnages. de plus, les illustrations de Sempé enrichissent les aventures de ces petits garnements ce qui plaira autant aux petits qu’aux grands !
Des  livres drôles et distrayants, qui sauront faire sourire chacun de ses lecteurs !

Note : 10/10

 

  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Gallimard jeunesse (12 octobre 2017)
  • Collection : Folio Junior

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Le Petit Nicolas (12 octobre 2017) de Goscinny,René et Sempé

La maîtresse est inquiète, le photographe s’éponge le front, le Bouillon devient tout rouge, les mamans ont mauvaise mine, les papas font les guignols, le directeur part à la retraite, quant à l’inspecteur, il est reparti aussi vite qu’il était venu. Pourtant, à l’école ou en famille, Geoffroy, Agnan, Eudes, Rufus, Clotaire, Maixent, Alceste, Joachim… et le Petit Nicolas sont – presque – toujours sages.

Chronique : « le petit Nicolas » Un livre qui se lit et relit à tout âge. Enfant, on s’identifie à Nicolas et à sa bande de chouettes copains, on s’imagine partager leurs parties de foot endiablées , se moquer avec eux du surveillant le Bouillon  et taper sur le nez de ce sale chouchou d’Agnan. Adolescent, on rigole de tout ce que Nicolas ne saisit pas ou déforme innocemment et des quiproquos en série que crée sa naïveté d’enfant. Adulte enfin, on se met à la place de sa maîtresse débordée, de son père vantard, de sa maman dépassée, de son voisin trop curieux et on en rit deux fois plus fort !
Certes, l’école et le monde dans lesquels évolue Nicolas fleurent bon les années 50, mais le réalisme et l’humour avec lesquels Goscinny décrit l’enfance n’ont pas vieilli d’un poil. Les aventures de ce Petit Nicolas sont racontées à la première personne, avec la candeur et l’innocence d’un enfant d’école primaire. le style d’écriture est volontairement enfantin et cette astuce nous permet de retomber en enfance, de sentir et d’éprouver les sensations des bancs de l’école, avec les disputes, les bagarres, les insolences, les bêtises et les punitions à la pelle. Les personnages sont tous bigarrés, haut en couleurs, souvent caricaturaux et tellement drôles et les gags n’ont pas pris une ride, et la fraîcheur de cette série semble éternelle.

Note : 10/10

 

  • Poche: 188 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 13 années
  • Editeur : Folio Junior (12 octobre 2017)
  • Collection : Folio Junior

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Le Règne du langage (19 octobre 2017) de Tom WOLFE

 » Au commencement était le verbe.  » Mais l’était-il vraiment ? Tom Wolfe, le maestro des raconteurs d’histoires, enquête ici sur les origines de son principal outil de travail (et objet de passion) : la langue. Pour lui, pas de doute, c’est bien au langage – et non à l’évolution – qu’on doit le développement des sociétés et les réalisations complexes de l’humanité. D’Alfred Wallace, l’autodidacte qui fut le premier, avant Charles Darwin, à défendre la théorie de la sélection naturelle, jusqu’aux néodarwinistes contemporains menés par le linguiste Noam Chomsky et récemment pourfendus par l’anthropologue Daniel Everett, Wolfe examine comment la science a essayé, en vain, de fournir une explication à ce don de la parole. Avec un humour jubilatoire, il suit les errements secrets et grandioses du darwinisme, du temps de la Royal Academy jusqu’au MIT, et signe un petit bijou d’érudition, drôlement passionnant, d’une incroyable férocité envers l’establishment

Chronique : Tom Wolfe, le dandy octogénaire revient cette année avec un livre qui n’est pas une fiction du même format que Moi, Charlotte Simmons ou Un homme, un vrai, tous deux des pavés de 1000 pages, mais un écrit plus court, drôle et passionnant traitant du darwinisme et des travaux sur l’origine du langage développés par le linguiste Noam Chomsky. On retrouve dans cet ouvrage un des thèmes récurrents de l’œuvre de Wolfe : les rapports dominants dominés et les injustices sociales. Dans ce premier chapitre, on ressent aussi les terribles difficultés de la science à présenter ses découvertes face aux dogmes religieux : l’homme descendrait-il du singe ? Et ne serait pas créée par intervention Divine ? Par ailleurs, Darwin est ridiculisé par la plume caustique de Wolfe, en le confrontant aux questions de ses élèves : vous avez déduit l’évolution des espèces, mais qu’est-ce qui est à l’origine des premiers éléments formant la vie ? Énigme sur laquelle Darwin ne sait que répondre… et Wolfe compare ainsi sa thèse aux différentes cosmologies primitives qui sont pour la plupart d’entre elles aux antipodes d’une démarche scientifique. Dans ce livre qui n’est pas un roman, mais un documentaire façon nouveau journalisme l’auteur affirme que le langage aurait été acquis par l’homme en même temps que son évolution, les mots seraient le résultat d’une création mnémotechnique, mais Wolfe semble douter de la pensée purement évolutionniste tant l’écart entre la richesse humaine et le monde des primates est large.

Note : 9/10

 

  • Broché: 216 pages
  • Editeur : Robert Laffont (19 octobre 2017)
  • Collection : PAVILLONS

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Tu seras ma beauté (24 août 2017) de Gwenaële ROBERT

Lisa, une professeure de sport au physique parfait, ne perd pas de temps en grands discours. C’est une femme directe. Mais lorsqu’elle rencontre, lors d’un salon du livre, Philippe Mermoz, séduisant auteur à succès, elle pressent que sa seule beauté ne suffira pas. Elle demande à Irène, une collègue de français à l’apparence ordinaire, éprise de littérature, d’écrire à sa place quelques lettres destinées à le charmer. Irène accepte, se prend au jeu, et voilà que ses jours monotones, un peu tristes – un mari notaire, un enfant qu’elle n’arrive pas à avoir –, s’en trouvent profondément bouleversés. La correspondance s’intensifie, devient intime, se prolonge. Jusqu’à ce que Lisa, perdant patience, décide de retrouver l’écrivain pour une nuit… Irène sombre dans le désarroi. Peut-elle continuer à vivre comme avant ?
Dans ce Cyrano de Bergerac moderne, Gwenaële Robert raconte le destin émouvant d’une femme dont un échange épistolaire vient bousculer le quotidien et les espoirs. Une magnifique réflexion sur le pouvoir enchanteur des mots.

Chronique : « Tu seras ma beauté » raconte une très jolie histoire. À Saumur, Lisa, une professeure de sport au physique avantageux, souhaite séduire un auteur à succès croisé sur un salon. Pour arriver à ses fins, elle demande à une collègue de littérature, Irène, de lui écrire des lettres dans l’espoir de le rencontrer. Irène, jeune femme terne et effacée, férue de littérature et amoureuse des mots, va trouver dans cette correspondance une échappatoire à son ennui et plus encore. Personnage central, Irène devient la pierre angulaire de ce trio.
Un moment, en nostalgique des Liaisons dangereuses,ce livre fourmille de références à la littérature. L’auteur dresse un portrait précis de son héroïne, Irène. On suit ses tourments, ses errements et sa douleur. Il se dégage de ce roman un charme suranné, une mélancolie qui transparaît à travers les mots et qui reflète si bien la mélancolie de l’héroïne. Dans cet univers provincial, balzacien, où l’ennui rythme le quotidien, la lecture des classiques puis l’échange épistolaire deviennent pour cette femme les seules raisons de vivre. Dans cette correspondance, s’écrit une passion amoureuse touchante et impossible. Car l’imposture volera en éclat quand elle sera en prise avec la réalité.
L’auteur sait fort bien sonder l’âme humaine et nous emmener dans les entrelacs des maux de son Irène. On souhaite la suivre jusqu’au dénouement prévisible sans doute même si un certain suspense reste entretenu dans les derniers chapitres. Car Irène devient la muse de son auteur. L’être de chair se métamorphose en être de papier. Et l’amour impossible se sublime, se cristallise dans la littérature.

Note : 9/10

 

  • Broché: 228 pages
  • Editeur : Robert Laffont (24 août 2017)
  • Collection : Les passe-murailles

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