Les méduses ont-elles sommeil ? (13 avril 2017) de Louisiane C. Dor

«Mon destin ne pouvait pas être aussi simple que le leur. Aussi plat. Aussi rien. Je voulais devenir quelqu’un. Paris m’attendait, je le savais, que Paris m’attendait. J’ai alors quitté le gouffre dans lequel Dieu et ma mère m’avaient implantée, et ai fait de mon quotidien ce dont je n’avais jamais rêvé : un désastre.»

Chronique : Voici un roman au témoignage très poignant de la dérive d’une jeune provinciale à Paris. Il est bon de savoir ce qui arrive à des jeunes trop naïfs et trop influençables, dans ce roman on découvre Hélène qui à  18 ans et viens d’arrivée à Paris. Elle va entamer sa vie parisienne avec une naïveté confondante. La cocaïne, puis la MDMA arrivent dans son quotidien comme un élément tout à fait naturel, Hélène s’emploie à le rappeler souvent, insiste sur le fait qu’elle ne se drogue pas, pas vraiment, pas totalement. Ce live décrit ce monde de l’addiction avec le plus grand réalisme. Comment quelques jeunes peuvent basculer dans le monde des paradis artificiels, comment l’entrainement peut aussi être un des ressorts qui peut l’expliquer. Louisiane C. Dor nous montre aussi les conséquences sur le physique des jeunes drogués, sans parler de l’accoutumance, des effets du manque et des effets de la drogue sur le psychisme des jeunes. Et sur ce que les jeunes sont obligés de faire pour se procurer la drogue et cela sans aucun fart. Cru, vrai, toujours juste, ce livre possède une aptitude rare à décrire chaque ressenti. L’alternance de point de vue, proche du témoignage, fait de ce roman une peinture réaliste d’une génération perdue en manque de sensations fortes. Un fort roman qui se lit d’une traite

Note : 9,5/10

  • Poche: 96 pages
  • Editeur : Folio (13 avril 2017)
  • Collection : Folio

41+PIJSPgqL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Dispersez-vous, ralliez-vous ! (6 avril 2017) de Philippe Djian

Tout commence alors que Myriam est encore adolescente. Extrêmement introvertie, elle vit chez son père qui l’a élevée seul. La mort de leur voisine fait débarquer dans le quartier un homme d’une quarantaine d’années, Yann, qui très vite devient son premier amant.
Chronique d’une émancipation borderline, ce roman raconte une vie hors des codes, entièrement construite à la faveur de rencontres et de situations. On croit tout savoir de Myriam, mais peut-être nous a-t-on caché l’essentiel ?

Chronique : Comme dans Oh, Philippe Djian parle au féminin dans Dispersez-vous, ralliez-vous ! L’affaire est un peu délicate, on a un peu de mal à imaginer l’auteur dans la peau d’une femme, de son adolescence à ses trente ans. Et puis on s’y fait. Son style évolue au fil des livres, sa façon de raconter les histoires, aussi. Le premier tend de plus en plus vers l’épure, on connait l’obsession du romancier pour trouver le mot et la phrase justes, sans scories. De ce point de vue là, Dispersez-vous … est plutôt réussi. L’intrigue, elle, n’est pas foncièrement neuve pour qui a suivi Djian depuis ses débuts. Drogue, sexe, maternité, mal de vivre et une indifférence au monde dont on ne sait d’où elle vient. Peut-être que celui-ci est sans intérêt, après tout. Moins vrai que celui du zoo où l’héroïne traîne un spleen carabiné. Le récit est morcelé, elliptique, ce n’est pas le problème de l’auteur, plus préoccupé de peindre un tableau qui tend de plus en plus vers l’abstraction malgré ses détails réalistes. Peut-être faudrait-il davantage d’humour pour emballer le tout, Djian semblant de plus en plus amer quant à la condition humaine à la manière d’un Philip Roth dont il est encore loin d’être l’égal. Ceux qui ont abandonné l’écrivain depuis longtemps seront sans doute surpris par cette tristesse diffuse mais surtout par la construction du livre qui semble comme une quête vers une sécheresse narrative qui décrit une existence flottante et irrésolue. Manifestement, Djian est toujours à la recherche d’une sorte de perfection dans les non dits et purgée de toute graisse inutile. Attention à l’exercice de style gratuit, quand même, les lecteurs ont aussi besoin de quelques branches auxquelles se raccrocher.

Note : 7/10

 

  • Poche: 224 pages
  • Editeur : Folio (6 avril 2017)
  • Collection : Folio

41TpAvXIjNL.jpeg

 

Rural noir (20 avril 2017) de Benoît Minville

Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l’insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l’innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.

Chronique : Rural Noir est une histoire de fantôme : l’adolescence qui revient hanter les adultes et appuyer là où ça fait mal.
Rural Noir, c’est aussi un décor, un cadre qui devient un personnage à part entière, une entité qui dégage une force, une âme.
L’histoire raconte un trentenaire qui retourne dans sa campagne locale après dix ans de vadrouille, juste au moment où son ex meilleur ami se fait agresser.
Pendant tout le roman, on est un peu partagé. Il y a cette double narration pas toujours du même niveau (pas facile d’alterner les chapitres entre passé et présent quand l’histoire n’est pas aussi intéressante aux deux époques), cette coïncidence trop fabriquée qui sert de point de départ… Mais heureusement, il y a aussi des personnages qui ont du mal à communiquer et à crever l’abcès d’une absence de dix ans, ces filles au second plan qu’on a envie de mettre plus en lumière. Bien écrit d’une écriture fluide et maîtrisée, profond sur la psychologie des personnages, noir, vraiment noir, Benoit Minville abandonne le roman jeunesse pour offrir un court roman fort et sombre, parfois drôle, souvent pessimiste, mais toujours sincère.

Note : 8,5/10

 

  • Poche: 320 pages
  • Editeur : Folio (20 avril 2017)
  • Collection : Folio Policier

419LD62PmlL.jpeg

 

Entre hommes (20 avril 2017) de Germán Maggiori

Dans un luxueux appartement de Buenos Aires, un sénateur, un juge et un banquier se retrouvent pour participer à une orgie en compagnie de deux travestis et d’une jeune prostituée, mais l’affaire tourne mal : la prostituée meurt d’une overdose. Or toute la scène a été filmée et la vidéo a disparu. Chargés de retrouver l’enregistrement, entrent en scène deux flics, l’un obsessionnel, l’autre ex-tortionnaire alcoolique, deux voleurs prêts à tout pour parvenir à leurs fins, et une bande de jeunes drogués embarqués bien malgré eux dans cette histoire.

Chronique :  Deux flics, « Le Timbré » et « Le Monstre » enquêtent sur le meurtre de travestis. C’est totalement barjo, outrancier, avec une galerie de personnages plus violents, dingues et tordus les uns que les autres. Tout ça déborde d’adrénaline, de testostérone, le langage est cru, mais l’humour est également présent. L’écriture est de qualité du roman est intéressante. Un polar argentin qui sort de l’ordinaire.. A découvrir si vous ne reculez pas devant un genre un peu dérangeant, qui secoue sans complexes.

Note : 9/10

 

  • Poche: 416 pages
  • Editeur : Folio (20 avril 2017)
  • Collection : Folio Policier

51NAPOtgvSL.jpeg

 

Le Paris des Merveilles, II : L’Élixir d’Oubli (6 avril 2017) de Pevel,Pierre

Paris, 1909. A peine remis de sa précédente enquête, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une bien étrange affaire, dont les ramifications pourraient remonter à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’années. Secondé – plus ou moins – par la baronne Isabel de Saint-Gil, Griffont va devoir affronter bien des dangers. Mais il se pourrait que ce soit l’avenir de notre monde et de l’OutreMonde, lui-même, rien moins, qui soit en jeu. Cela justifie bien de se replonger dans son passé, voire de mettre sa propre vie en péril. Deuxième tome du Paris des Merveilles, trilogie steampunk aussi drôle qu’érudite, L’Elixir d’Oubli a reçu le prix Imaginales en 2005.

Chronique : Ce deuxième tome garde le style, les personnages, le cadre  et la qualité du premier tome, pas de mauvaise surprise. Il y a une fois encore une enquête policière. Et nous avons encore et toujours de personnages célèbres, comme Merlin, Méliès, Lord Dunsany ou Arsène Lupin en personne.
La nouveauté réside dans l’introduction de flash-backs relatant la première rencontre de la baronne et de Griffont… pratiquement deux siècles auparavant.. Au niveau de la structure, le livre commence dans le Paris de 1909, puis, alors que nous laissons Griffont empêtré dans un énorme cliffhanger, l’auteur bascule pour 50 pages en 1720, sous la Régence. Le procédé est habile, car il permet à la fois d’expliquer les origines du complot que la Baronne et Griffont tentent de stopper, et aussi les origines de leur relation. La description de l’époque et son ambiance est correctement rendue, Comme pour le premier tome, ça fonctionne très bien. L’élixir d’oubli est une lecture agréable et divertissante.
L’écriture est toujours un régal, les dialogues savoureux, les personnages sont bien campés et on a envie de les suivre. L’histoire nous en révèle un peu plus sur le passé de l’ enchanteresse et du mage s, tout en laissant planer quelques zones d’ombres.

Note : 9/10

 

  • Poche: 432 pages
  • Editeur : Folio (6 avril 2017)
  • Collection : Folio SF

51yFDO12UWL._SX302_BO1,204,203,200_.jpeg

 

Les Cavaliers passagers (19 avril 2017) de Flora MEAUDRE et Vincent BIWER

Après une longue relation, Lucie rejoint le « marché du célibat ». À vingt-cinq ans, elle se retrouve confrontée aux pressions de son entourage qui lui rappelle que son horloge biologique tourne, subit la fragilité de la femme dans l’espace de la rue et de la nuit, multiplie les rencontres sans lendemain tantôt loufoques, tendres ou douloureuses, et intrigue par la contradiction de ses propres désirs. Car entre engagement et plaisirs passagers, Lucie sait-elle vraiment ce qu’elle cherche ?  Comment ces rencontres éphémères et ces échecs successifs transforment-ils la vision qu’ont les deux sexes l’un de l’autre ?On suit les péripéties de Lucie de saison en saison, de cavalier en cavalier, des nuits parisiennes aux sites qui promettent l’amour, en passant par les compétitions de tennis et de poker. D’amusement en lassitude, de lassitude en amertume, elle nous confie ses aventures et celles de ses amis comme autant de fragments et d’observations sur ses étranges contemporains.

Chronique :  Un livre qui fait du bien à lire. Merci à Flora Meaudre et Vincent Biwer pour ce beau livre où les émotions sont décrites avec une incroyable justesse. On peut passer du rire aux larmes en un clin d’œil. Lucie qui est un personnage tout en justesse qu’on essaye de comprendre mais qui semble toujours nous glisser entre les doigts mais comme le lecteur arrive dans un moment crucial de sa vie, voit s’opérer son choix de changer de vie on comprend ce  choix. Les autres rencontres que Lucie fait sont brèves mais l’auteur arrive à nous les faire aimer et surtout Léon, Charles Henri et Ludovic part leurs aspect mystérieux et sympathiques .
L’écriture est très fluide et on lit le livre d’une traite; on est face à un court roman mais c’est très efficace et les illustrations tout au long du livre sont des œuvres à par entière que l’on peut juste regarder sans lire le récit où qui l’accompagne avec plaisir.
Tout semble tellement disproportionné dans cette histoire mais voilà ce  qui marque sa singularité ! Une grande réussite.

Note : 9,5/10

Éditeur : LABORATOIRE EXISTENTIEL

Parution : 19 avril 2017

Pagination : 196 pages

60553-w200.jpeg

Dormir sans larmes (19 avril 2017) de Rosa Jove

Le sommeil des bébés est un problème pour beaucoup de parents. Pourtant, dormir est un processus naturel. Et si les méthodes préconisées étaient contre-productives ?

Chronique : Ce livre explore deux avis concernant le sommeil des enfants. La première partie nous démontre que dans toutes les sociétés, les parents ont accompagné les bébés dans le sommeil voir dormi avec les bébés. Alors que la deuxième partie du livre concerne les prescriptions actuelles du sommeil des enfants.
Ce livre décomplexe par rapport à tout ce qui a trait au sommeil. Roda Jové écrit ce que les parents sente au fond d’eux sans parvenir à l’exprimer. Et cela fait tant de bien de lire un pédopsychiatre qui comprend finalement l’instinct maternel, l’instinct humain, l’instinct des petits humains ! Lisez ce livre et vous ne vous en ferez plus ! Il aide à accepter la situation, à comprendre son enfant, et donne quelques idées pour améliorer le quotidien. Ce livre décrit de nombreux trucs pratiques pour que parents et enfants partagent le temps du sommeil pour le bien de tous.

Note : 9,5/10

 

  • Editeur : Les Arènes (19 avril 2017)
  • Collection : AR.EDUCATION

41QH-UCe5ZL._SY346_.jpeg

 

La petite poule rousse & Hansel & Gretel (13 avril 2017)

De grandes doubles-pages à colorier et à décorer avec plus de 120 autocollants.

Chronique: Une collection de conte à colorier et a décorer avec les édition Gallimard où l’enfant à 15 décors à remplir à l’aide des autocollants repositionnables.Ce livre est aussi une façon ludique de s’approprier un texte et les illustrant soit même . Le texte à deux voix est aussi une superbe idée pour l’enfant d’apprendre à lire et le relire .  Les images sont très belles: des dessins simples et ludiques, de belles couleurs. L’enfant comprend vite les scènes.
Les textes sont simples et résument en peu de mots les situations: très bien adapté aux jeunes enfants.

Note : 9,5/10

 

  • Album: 32 pages
  • Tranche d’âges: 4 – 7 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (13 avril 2017)
  • Collection : Mon petit monde à décorer

 

Apprentie sorcière (30 mars 2017) de James Nicol

Arianwyn, 15 ans, apprentie sorcière, est engagée par le maire de Lull. Les habitants l’attendent de pied ferme pour combattre les esprits maléfiques. Chasser des morvillards de la cuisine des voisins, défendre son amie Sally contre un dangereux rampeur : les missions ne manquent pas ! Mais malgré l’œil bienveillant de Mme Delafield, sa tutrice excentrique, rien ne se passe comme prévu : une force mystérieuse perturbe ses sorts…

Chronique : C’est une lecture amusante, et pas seulement pour les jeunes. Il serait difficile de ne pas raciner pour Arianwyn, une apprentie sorcière qui « échoue » un test pour devenir une sorcière à part entière et pense que sa vie est ruinée. Mais tout n’est pas fini pour elle. Le lecteur détecte dès le début qu’il y a quelque chose de spécial à propos de cette jeune fille – quelque chose qui pourrait ne pas l’intégrer à l’espace de «la sorcière typique», mais la distingue de manière efficace et efficace.

Lorsque le livre s’ouvre, Arianwyn attend nerveusement son test pour devenir une sorcière. Quand elle l’échoue, sa grand-mère, une puissante sorcière avec les pouvoirs qui l’entourent la fait assigner à Lull, une ville lointaine au bord du mystérieux et effrayant Grand Bois. Et depuis que le jeune apprenti voyage à Lull, des choses effrayantes se produisent. Une chenille – un démon gros et vicieux – émerge des bois et l’attaque, une autre fille et le conducteur de leur autobus sur le chemin de la ville. Et d’autres choses étranges se produisent une fois qu’elle arrive. Bientôt, elle combat les puissances de l’obscurité, en utilisant les sorts qu’elle peut.
Il y a un sous-thème avec les créatures magiques et d’esprits lumineux. Arianwynn semble aimer aider ceux qui en ont besoin, même si parfois ils peuvent la blesser. L’auteur les fait paraître de maniéré assez étonnantes et parfois on commence à se demander de quoi ressembleraient les jouets de ce livre.
La fin est soignée et ordonnée, mais il y avait encore beaucoup de matériel dans le livre qui n’ont pas développé, des astuces intrigantes touchées, mais jamais explorées ou expliquées, de sorte que des séquelles pouvaient arriver sur certains de ces personnages réels ou des pièces de fond.
C’ est une histoire qui fera appel aux amateurs de magie et de fantaisie, en particulier les plus jeunes fans de Harry Potter .
Les sorcières ici dessinent des « glyphes » (symboles) dans l’air pour faire leurs sorts. Cette partie rappelait les Shadowhunters de Clare … donc un peu différents (et plus visuels) que les sorts de Harry Potter. Un très bon roman jeunesse.

Note : 9/10

 

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (30 mars 2017)
  • Collection : ROMANS JUNIOR

41zDeLqg6OL._SX339_BO1,204,203,200_.jpeg

 

L’endroit le plus dangereux du monde (29 mars 2017) de Lindsey Lee Johnson

Dans une communauté idyllique de riches californiens au nord de San Francisco – un faux paradis – un drame survient. Parmi les élèves privilégiés du collège local, Tristan Bloch, 13 ans, amoureux de Cally, lui a déclaré maladroitement sa flamme dans une lettre qu’elle a fait circuler sur Facebook. Un matin, il part à vélo se jeter du haut du Golden Gate.
Cette tragédie va hanter un groupe de jeunes dont le lecteur découvre, avec le nouveau professeur d’anglais, la jeune Molly, les secrets et les blessures d’une adolescence sans repères. Il y a parmi eux Emma, la danseuse si douée, et fêtarde, Dave, le tricheur, l’élève moyen qui s’efforce de répondre aux attentes de ses parents, Callista, la hippie marginale …Tous sont addict aux réseaux sociaux, à l’alcool, à la drogue, au sexe. Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une fête improvisée dans la luxueuse demeure d’un des parents absents, leurs excès vont provoquer le saccage des lieux et entraîner un terrible accident de voiture.
À la fin de leur dernière année scolaire, avant d’intégrer l’université, ces jeunes qui lisent et se passionnent pour le roman de Fitzgerald, Gatsby le magnifique, perdent leur assurance et leur arrogance, ils vont enfin entrer dans le monde réel.

Chronique : Au-delà des faits évoqués par le dos de la couverture l’auteur a un regard acéré pour comprendre et analyser les relations entre les adolescents, leurs questionnements incessants, leurs réactions face à des situations qu’ils maîtrisent mal etc…. Quelques fois, ces jeunes se croient intouchables ou font comme si c’était ce qu’ils pensent profondément. A d’autres moments, ils souhaitent redevenir petits et s’appuyer sur leurs parents ou les adultes qui les entourent. Et puis, il arrive qu’ils agissent sans réfléchir, entraînés par l’effet de groupe, pour se prouver que …. Se prouver quoi finalement ? Qu’ils vivent ? Qu’ils choisissent ? Qu’ils se fichent de l’avis des autres ? C’est toute cette ambivalence, décrite avec finesse, qui est exposée dans ce recueil. Cela se passe aux Etats-Unis mais cela pourrait être près de nous. Avec un réalisme surprenant, Linsey Lee Johnson nous entraîne dans un microcosme où collégiens, professeurs et familles se côtoient. A la suite d’un drame qui a touché l’un des élèves, les répercussions vont être nombreuses et aussi variées que le sont les protagonistes. Chacun va réagir avec ce qu’il est, son passé, sa part de culpabilité, son ressenti. Tous vont grandir à la suite de cette tragédie mais pas de la même façon. Certains, à l’instar de James Dean dans « La fureur de vivre » vont essayer, sans cesse, de repousser leurs limites, de frôler le « vide » …. D’autres vont s’éteindre, presque disparaitre en souhaitant se faire oublier….. Tous ressortiront plus ou moins cabossés, physiquement ou moralement, mais certains auront découvert qui ils sont réellement et sauront faire des choix à l’avenir, pour eux et pas pour les autres, en s’affranchissant de leur regard….
Ce livre est remarquable. Le style et l’écriture collent au quotidien des différents personnages. Tout est ancré dans le réel et le message est très fort et le désarroi, le mal-être de chacun des collégiens qu’elle présente avec tendresse, lucidité et énormément de justesse ce vaut d’être un très bon roman.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 384 pages
  • Editeur : JC Lattès (29 mars 2017)
  • Collection : Littérature étrangère

51ohQKAxUfL.jpeg