Au petit bonheur la Science: L’histoire méconnue des grandes découvertes de Cécily de Villepoix (Dessins, Rédacteur)

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Elles ont bouleversé le monde et pourtant, il s’en est fallu de peu pour que l’humanité passe à côté : les grandes découvertes scientifiques sont souvent le fruit de drôles de concours de circonstances ou d’histoires cocasses. Comment a-t-on découvert l’anesthésie, l’existence de  » porteurs sains  » ou encore les mécanismes à l’oeuvre dans la digestion

Chronique : Les grandes découvertes scientifiques fascinent, intriguent et, parfois, choquent par leur origine inattendue. Dans Au petit bonheur la Science : L’histoire méconnue des grandes découvertes, Cécily de Villepoix dévoile avec brio l’envers du décor des découvertes qui ont transformé notre compréhension du monde. Souvent attribuées à des figures emblématiques comme Louis Pasteur ou Marie Curie, ces percées scientifiques sont en réalité le fruit de concours de circonstances, d’intuitions, ou même d’actes de pure témérité.

Ce livre richement illustré par Villepoix elle-même, nous plonge dans des anecdotes méconnues ou oubliées, retraçant des épisodes où l’audace, l’obstination, et parfois un brin d’inconscience ont façonné l’histoire. L’une des forces de cet ouvrage est sa capacité à rendre vivantes et accessibles des découvertes qui, autrement, pourraient sembler austères ou trop complexes pour le grand public. L’autrice nous guide à travers des récits aussi fascinants que variés, révélant comment des scientifiques aujourd’hui tombés dans l’oubli ont contribué à changer le cours de l’humanité.

Prenons l’exemple d’Edward Jenner, pionnier de la vaccination, mais souvent éclipsé par des figures plus populaires comme Pasteur. Ou encore Margaret Crane, dont le nom n’est que rarement mentionné bien qu’elle soit à l’origine du tout premier test de grossesse, aujourd’hui si banal mais à l’époque révolutionnaire. À travers ces récits, Cécily de Villepoix redonne voix à ces figures anonymes, soulignant à quel point leurs travaux ont changé nos vies.

Le livre ne se contente pas de présenter les « succès » de la science, il s’aventure aussi sur le terrain plus sombre des découvertes éthiquement douteuses, et des expériences troublantes qui poussent la science à ses limites. Le cas de Philip Zimbardo, et sa célèbre expérience de Stanford sur l’effet Lucifer, en est un exemple marquant. Cette étude psychologique, initialement conçue pour étudier la transformation des individus en situation de pouvoir, a rapidement dégénéré, soulevant des questions morales qui résonnent encore aujourd’hui dans le monde scientifique.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN (16 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203290862 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203290860

Oscar et la dame rose de Éric-Emmanuel Schmitt (idée), Vincent Zabus (scenario), Valérie Vernay (Dessins)

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Sur sa terrasse, une douce soirée d’été, Mamie-Rose relit les lettres qu’Oscar a écrites à Dieu.

Chronique : Dans l’univers riche et touchant d’Éric-Emmanuel Schmitt, la bande dessinée Oscar et la dame rose s’inscrit comme une œuvre poignante et intemporelle, adaptée d’une histoire qui a déjà ému des générations de lecteurs. Publiée le 4 septembre 2024, cette BD, illustrée avec soin par Valérie Vernay et soutenue par les textes de Schmitt et Vincent Zabus, ravive la tendresse et la profondeur émotionnelle qui caractérisent cette rencontre entre l’enfance et la sagesse des années.

L’histoire se déroule sur la terrasse d’une douce soirée d’été, où Mamie-Rose, une ancienne catcheuse au cœur tendre, se plonge dans les lettres qu’Oscar, un jeune garçon gravement malade, lui a écrites. Au fur et à mesure que les souvenirs affluent, la lecture devient un dialogue vivant entre les deux personnages. Oscar, malgré sa colère face à l’injustice de sa condition, trouve refuge dans la compréhension et l’amour que lui offre Mamie-Rose. Leur échange est un subtil mélange de légèreté et de gravité, où l’humour et la douleur se côtoient avec finesse.

Les illustrations de Valérie Vernay apportent une dimension visuelle émotive à cette histoire déjà puissante. Les couleurs, les expressions des personnages, et les détails de chaque case renforcent l’intensité des émotions. Chaque page se transforme en un tableau vibrant, où l’innocence d’Oscar se heurte à la rudesse de la réalité, tout en étant enveloppée dans la chaleur d’une relation intergénérationnelle pleine d’amour. La force de l’art visuel réside ici dans sa capacité à rendre tangible l’intangible : la douleur, l’espoir, et la tendresse.

Mamie-Rose, avec sa brusquerie et son franc-parler, incarne une figure maternelle et protectrice, qui permet à Oscar d’exprimer ses peurs et ses frustrations. À travers leurs échanges, l’auteur explore des thèmes universels tels que la vie, la mort, l’amitié et le sens de l’existence. Chaque lettre devient un miroir des pensées d’Oscar, reflétant ses doutes et ses rêves, mais aussi son désir de vivre pleinement malgré la maladie.

Ce qui rend Oscar et la dame rose particulièrement bouleversant, c’est la manière dont il aborde la maladie avec une délicatesse rare. Loin de se cantonner à un récit tragique, l’œuvre trouve un équilibre entre la souffrance et la joie de vivre, rappelant que même dans les moments les plus sombres, la lumière de l’amitié et de l’amour peut éclaire notre chemin.

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel; Illustrated édition (4 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2226483799 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226483799

Terrifier 3 De Damien Leone | Par Damien Leone Avec Lauren LaVera, David Howard Thornton, Jason Patrice

Après avoir survécu au massacre d’Halloween perpétré par Art Le Clown, Sienna et son frère tentent de reconstruire leur vie.

Chronique : Dans un paysage cinématographique où l’horreur ne cesse d’évoluer, Terrifier 3 s’impose comme un véritable choc. Suite aux événements traumatisants de l’Halloween précédent, Sienna et son frère tentent tant bien que mal de reconstruire leur vie, espérant laisser derrière eux les ténèbres du passé. Mais alors que l’atmosphère féérique des fêtes s’installe, une ombre grandit dans l’obscurité : Art le Clown, incarné par un glaçant David Howard Thornton, revient semer le chaos. Noël se transforme alors en un cauchemar absolu.

Un film d’horreur psychologique sous tension

L’intrigue, soigneusement construite, nous plonge dans la psyché des personnages. Sienna, plus forte et résiliente que jamais, lutte pour surmonter ses traumatismes, mais l’ombre d’Art la hante toujours. Le film ne se contente pas de générer de la peur brute ; il s’intéresse aussi aux séquelles psychologiques des événements passés, offrant une réflexion plus profonde sur la manière dont nos démons intérieurs façonnent nos choix et nos relations.

Un spectacle visuel choc

Terrifier 3 repousse encore les limites du genre. Les effets spéciaux, d’un réalisme saisissant, transforment chaque scène en une expérience viscérale et inoubliable. L’atmosphère pesante, la mise en scène millimétrée et les références aux classiques de l’horreur raviront les amateurs du genre. Chaque apparition d’Art, aussi prévisible que terrifiante, crée un sentiment de menace constante.

Une censure qui interroge

L’interdiction du film aux moins de 18 ans suscite une vive controverse. Pourquoi une œuvre qui traite de la résilience et du combat intérieur est-elle classée aussi sévèrement alors que d’autres films du même genre passent entre les mailles du filet ? Cette restriction semble excessive et soulève des questions sur la perception de l’horreur dans notre société.

Loin d’être un simple spectacle macabre, Terrifier 3 fonctionne comme un miroir de nos angoisses contemporaines. L’horreur y est une métaphore des traumatismes et des luttes personnelles. En censurant un tel film, on empêche une partie du public d’accéder à un récit qui, au-delà de la peur, propose une réflexion sur la survie et la reconstruction de soi.

Un final qui interpelle

En mêlant tension extrême et drame psychologique, Terrifier 3 dépasse le cadre du simple film d’horreur. Il interroge : peut-on vraiment échapper à nos démons ? Quel est le prix de la survie ? En soulevant ces questions, il s’inscrit comme une œuvre qui défie les conventions du genre et interroge notre rapport à la peur et à la censure.

Ténèbres et Nuages T2 par Estelle Aster

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Il l’a trahie pour la protéger, elle le quitte pour tous les sauver. 

Chronique : Avec Ténèbres et Nuages T2, Estelle Aster poursuit son exploration du Royaume de l’Erritea, un univers dense et passionnant où l’équilibre des forces est plus fragile que jamais. Ce deuxième tome nous entraîne dans une aventure encore plus périlleuse, où les enjeux politiques se mêlent à des conflits intimes, tout en approfondissant les relations humaines au cœur de l’intrigue.

Yuna, l’héroïne, se trouve dans une situation particulièrement déchirante. Alors qu’elle a épousé Neal et s’efforce de maintenir la paix au sein du royaume, elle découvre que sa propre famille est en danger sur sa terre natale. Pire encore, Neal savait depuis longtemps ce qui se tramait, mais a gardé le secret pour la protéger. Cette trahison, bien qu’elle soit motivée par l’amour, force Yuna à prendre une décision tragique : elle choisit de quitter son époux, malgré leurs sentiments naissants, afin de partir avec sa sœur pour sauver leur clan. Ce choix met en lumière l’un des thèmes majeurs de ce tome : le sacrifice personnel au service d’un bien plus grand.

Estelle Aster excelle dans l’art de construire des dilemmes moraux complexes et des relations ambiguës. Le parcours de Yuna, en proie à des doutes et des sentiments contradictoires, reflète la dualité du devoir et de l’amour. La loyauté envers sa famille, son clan d’origine, s’oppose à ses nouvelles responsabilités au sein du Royaume de l’Erritea, créant une tension émotionnelle palpable tout au long du récit. Yuna n’est plus simplement une guerrière loyale, mais une femme déchirée entre deux mondes, deux amours, et deux devoirs.

Le voyage qu’elle entreprend avec sa sœur pour trouver une arme mythique, la seule capable de vaincre l’ennemi qui menace de tout détruire, est une quête à la fois personnelle et épique. Aster réussit à marier l’aventure héroïque avec une dimension psychologique, plongeant le lecteur dans une aventure riche en rebondissements et en émotions. Chaque étape de leur périple est marquée par des dangers toujours plus grands, et l’ombre d’un ennemi inconnu plane constamment sur le récit. Cette quête n’est pas seulement une mission de sauvetage, mais un voyage initiatique pour Yuna, qui doit redéfinir ses priorités et accepter les sacrifices nécessaires.

Ce qui fait la force de Ténèbres et Nuages T2, c’est également la capacité d’Aster à développer des personnages secondaires forts, notamment la relation entre Yuna et sa sœur, fondée sur la complicité et la nécessité de survivre dans un monde hostile. Les liens familiaux sont un autre fil rouge du roman, révélant les tensions et les sacrifices qui accompagnent les responsabilités familiales et l’amour fraternel.

En termes de style, Estelle Aster nous offre une prose à la fois poétique et percutante, teintée de moments de bravoure et d’introspection. Ses descriptions du royaume et des paysages traversés par Yuna et sa sœur sont immersives et visuellement frappantes, ajoutant une profondeur à l’univers qu’elle a créé. Les scènes d’action sont habilement menées, avec une intensité croissante qui tient le lecteur en haleine, tandis que les moments de calme laissent place à une réflexion plus subtile sur les enjeux émotionnels des personnages.

En définitive, Ténèbres et Nuages T2 est bien plus qu’une simple aventure fantastique. C’est une histoire sur la loyauté, les choix impossibles et la quête de soi dans un monde en guerre. Le lecteur est plongé dans un univers où chaque décision a des répercussions lourdes, non seulement sur l’intrigue principale, mais aussi sur l’évolution intérieure des personnages. Yuna, en particulier, incarne ce tiraillement entre l’amour et le devoir, entre le sacrifice personnel et le salut collectif.

Estelle Aster signe ici un deuxième tome à la hauteur des attentes, alliant une intrigue haletante à une réflexion profonde sur la condition humaine. Le récit, à la fois épique et intimiste, promet une conclusion finale qui s’annonce bouleversante. Si vous avez aimé le premier tome, Ténèbres et Nuages T2 ne vous décevra pas : il est à la fois une suite logique et une œuvre qui transcende les simples codes de la fantasy pour offrir une expérience de lecture riche et émotive.

La Valse des âme de Bernard Werber

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C’est une histoire d’amour qui a commencé il y a 120 000 ans.

Chronique : Avec La Valse des âmes, Bernard Werber continue d’explorer les thèmes qui lui sont chers : la réincarnation, les âmes sœurs, et l’éternelle lutte entre la lumière et l’obscurantisme. Ce roman, qui s’inscrit dans la lignée de ses œuvres emblématiques comme L’Empire des anges ou La Prophétie des abeilles, nous plonge dans une quête à travers le temps, où l’amour transcende les siècles et les vies.

L’héroïne, Eugénie Toledano, vit une histoire d’amour commencée il y a 120 000 ans. Vie après vie, elle et son âme sœur se sont retrouvées, mais à chaque fois, des forces sombres les ont empêchés de vivre cet amour. Aujourd’hui, dans un monde en pleine tourmente, Eugénie sent que le moment est venu d’affronter ces puissances pour enfin unir son destin à celui de son âme sœur. Cependant, pour y parvenir, elle doit retourner dans ses vies antérieures, à la recherche des clés nécessaires pour sauver non seulement son amour, mais aussi l’humanité.

Werber mêle ici habilement le roman d’aventure à une réflexion plus profonde sur le sens de l’existence et l’importance des liens spirituels. Eugénie est un personnage profondément humain, en proie à des questionnements existentiels, tout en étant animée par une force intérieure qui la pousse à dépasser les obstacles dressés devant elle. Le récit navigue habilement entre passé et présent, nous entraînant dans un tourbillon de réincarnations où chaque vie est une pièce d’un puzzle complexe.

Les amateurs de Bernard Werber retrouveront ici tout ce qui fait la particularité de son style : une intrigue à la fois philosophique et romanesque, des concepts métaphysiques explorés à travers des aventures captivantes, et une vision du monde où l’invisible joue un rôle fondamental. À travers La Valse des âmes, Werber pose une question cruciale : notre destin est-il immuable ou avons-nous le pouvoir de le changer en nous reconnectant à nos vies passées ?

L’écriture, toujours aussi fluide, permet au lecteur de se plonger sans difficulté dans cette quête épique. Chaque chapitre nous transporte dans une nouvelle époque, dévoilant un pan de la vie d’Eugénie ou de son âme sœur, tout en faisant écho aux enjeux contemporains. Car au-delà de la dimension spirituelle, La Valse des âmes aborde des thèmes universels : la résilience, la quête de soi, et la capacité de l’amour à transcender le temps et les épreuves.

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (25 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 624 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 222648633X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226486332

Toi & Moi de PACCO

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Toi & Moi, la BD qui rend amoureux. Après plusieurs albums sur sa vie de papa solo et sur sa famille recomposée, Pacco nous parle cette fois du couple.

Chronique : Avec Toi & Moi, Pacco nous livre une œuvre pleine de tendresse qui célèbre l’amour et la complicité au sein du couple. Après s’être fait connaître à travers des albums marqués par son humour sur la paternité et la vie de famille recomposée (Maé, Un papa, une maman, une famille comme les autres), l’auteur et dessinateur explore cette fois-ci la vie amoureuse avec une approche qui tranche radicalement avec les visions cyniques souvent présentes dans la bande dessinée contemporaine. Toi & Moi se veut un hommage léger et sincère à ces petites joies du quotidien partagé, aux instants de complicité qui, loin des grandes déclarations, construisent durablement l’amour.

Pacco prend le parti d’un récit sans artifices ni drames, préférant s’attarder sur la simplicité des moments de vie à deux. Son regard tendre et bienveillant nous invite à réévaluer la beauté des petites choses : un café bu ensemble le matin, un mot doux glissé au détour d’une conversation, ou encore un fou rire partagé après une journée éreintante. À travers un dessin minimaliste mais expressif, il capture ces instants du quotidien que l’on vit tous, mais qu’il sublime par sa narration, les rendant universels et intemporels.

Ce qui fait la force de Toi & Moi, c’est justement cette capacité à rendre le quotidien aussi captivant que réconfortant. Sans chercher l’extraordinaire, Pacco démontre que le bonheur réside dans ces gestes anodins qui, mis bout à bout, tissent une relation solide et pleine de complicité. Le couple y est décrit comme une bulle protectrice, où l’humour et la tendresse sont les piliers d’une relation durable. Ici, pas de sarcasme ou de désillusion : Pacco choisit d’illustrer l’amour sous son jour le plus doux, célébrant ces moments où tout semble aller de soi, où l’on se comprend d’un regard.

La bande dessinée se déploie en saynètes courtes et rythmées, chacune racontant un instantané de la vie de couple. Ces petites histoires s’enchaînent avec fluidité, soutenues par un humour fin et accessible qui ne tombe jamais dans la caricature. Que ce soit un malentendu anodin sur les tâches ménagères, une soirée sous la couette devant une série ou encore une petite surprise imprévue, chaque scène reflète un vécu partagé par tous les couples. Ce réalisme léger, croqué avec un sourire, est sans doute l’un des plus grands atouts de l’album. Loin des grandes histoires d’amour tumultueuses ou des récits sur la crise du couple, Toi & Moi se veut un rappel chaleureux que l’essentiel se cache dans la simplicité des relations du quotidien.

La force émotionnelle de Toi & Moi réside dans sa capacité à réveiller en chacun un sentiment de nostalgie joyeuse. À la lecture de cet album, on se surprend à sourire, à repenser à ces petites attentions que l’on a partagées avec son ou sa partenaire, et à ressentir ce besoin de prolonger ces moments. C’est une œuvre qui appelle à se poser, à savourer la tendresse et la complicité qu’offre la vie de couple, loin des tumultes du monde extérieur.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (2 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203289791 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203289796

l’esprit Coubertin De Jérémie Sein | Par Jérémie Sein, Mathias Gavarry Avec Benjamin Voisin, Emmanuelle Bercot, Rivaldo Pawawi

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Après dix jours de compétition, les Jeux sont un fiasco pour la délégation française qui ne parvient pas à gagner de médaille d’or

Chronique : « L’esprit Coubertin » est une comédie dramatique qui nous plonge au cœur des Jeux Olympiques, un événement emblématique chargé d’espoir et de rivalités. Réalisé par Jérémie Sein et coécrit avec Mathias Gavarry, le film explore les défis auxquels sont confrontés les athlètes, en particulier la délégation française, dont les performances laissent à désirer après dix jours de compétition.

Au centre de l’histoire se trouve Paul, interprété par Benjamin Voisin, un jeune tiriste au potentiel indéniable mais à la maturité douteuse. Alors que tous les espoirs de la France reposent sur ses épaules, Paul se révèle être à la fois immature et peu réfléchi, ce qui crée une tension palpable. Le film réussit à capturer cette pression, tant sur le plan personnel que collectif, en mettant en lumière le poids des attentes qui pèsent sur les athlètes.

L’intrigue prend une tournure inattendue lorsque Paul se voit contraint de partager sa chambre avec un nageur, Rivaldo Pawawi, dont les préoccupations semblent davantage tournées vers les plaisirs du village olympique que vers la compétition elle-même. Ce duo improbable devient rapidement le cœur du film, avec leurs interactions pleines de malice et de rivalité. La dynamique entre Paul et son colocataire crée des moments comiques mais aussi des réflexions plus profondes sur la discipline, le sacrifice et les véritables valeurs du sport.

Emmanuelle Bercot, dans le rôle d’un entraîneur déterminé, apporte une touche de sérieux au récit. Son personnage incarne la voix de la raison et les défis auxquels les entraîneurs doivent faire face pour motiver des athlètes parfois perdus dans l’ombre des attentes. Elle souligne l’importance de la préparation mentale, un aspect souvent négligé dans le sport de haut niveau.

Visuellement, « L’esprit Coubertin » est bien réalisé, avec une photographie qui capte l’énergie des Jeux, des scènes d’entraînement intenses aux moments de détente au village olympique. La bande sonore dynamise le récit, accentuant les émotions des personnages et les enjeux de la compétition.

À travers l’histoire de Paul, le film aborde des thèmes universels tels que la recherche de soi, l’importance de l’amitié et la notion d’échec. L’esprit de Coubertin, qui prône l’idée que « l’important est de participer », trouve un écho fort dans le parcours de Paul, qui apprend à se dépasser et à embrasser la véritable essence du sport au-delà des médailles.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Jérémie Sein Format ‏ : ‎ Couleur, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 18 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 9 octobre 2024 Acteurs ‏ : ‎ Benjamin Voisin, Emmanuelle Bercot, Rivaldo Pawawi, Grégoire Ludig, Laura Felpin Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out

Le Fantôme de Canterville De Kim Burdon, Robert Chandler | Par Giles New, Keiron Self Avec Stephen Fry, Freddie Highmore, Hugh Laurie

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Le fantôme Sir Simon de Canterville effraie tous ceux qui tentent de venir habiter sa demeure. Jusqu’au jour où la famille Otis vient s’installer…

Chronique : « Le Fantôme de Canterville » est une adaptation animée d’un classique de l’humour fantastique, basé sur la nouvelle de l’écrivain américain Oscar Wilde. Dans ce film, les réalisateurs Kim Burdon et Robert Chandler nous plongent dans un univers où le comique se mêle à l’aventure, tout en explorant les thèmes de la peur, du courage et de l’acceptation.

L’histoire suit le fantôme Sir Simon de Canterville, une apparition qui a su effrayer tous les précédents occupants de sa demeure historique. Avec ses cris sinistres et ses apparitions spectrales, il incarne le stéréotype du fantôme terrifiant, mais tout bascule lorsque la famille Otis, des Américains modernes et désinvoltes, emménage dans le château. Leur attitude pragmatique face au surnaturel et leur humour désinvolte transforment rapidement la dynamique entre le fantôme et ses nouveaux locataires.

Stephen Fry prête sa voix à Sir Simon, offrant une performance à la fois comique et touchante, réussissant à rendre le personnage à la fois hilarant et pathétique. Le contraste entre le fantôme désespéré et les membres de la famille Otis, notamment le jeune et courageux Freddie Highmore, crée des moments de pure comédie. Hugh Laurie, quant à lui, incarne le patriarche de la famille avec un charme désinvolte, ajoutant une dimension chaleureuse à l’ensemble.

L’animation est colorée et vivante, capturant l’esprit de l’œuvre de Wilde tout en apportant une touche contemporaine. Les décors du château, à la fois majestueux et inquiétants, servent de toile de fond à cette comédie burlesque, tandis que les séquences d’action sont dynamiques et entraînantes.

Au-delà de l’humour et de l’aventure, le film aborde des thèmes universels tels que la peur de l’inconnu, l’importance de la famille et l’acceptation des différences. La relation entre Sir Simon et les Otis évolue de manière touchante, mettant en lumière le pouvoir de la compréhension et de l’empathie.

« Le Fantôme de Canterville » est une œuvre qui saura séduire petits et grands, mêlant rires et réflexions dans un cadre enchanteur. C’est une belle réussite d’adaptation qui fait honneur à l’esprit de Wilde tout en apportant une modernité rafraîchissante.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Réalisateur ‏ : ‎ Kim Burdon, Robert Chandler Format ‏ : ‎ PAL, Couleur Durée ‏ : ‎ 1 heure et 30 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 9 octobre 2024 Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

J’ai commencé par mourir de Gilles Legardinier

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En débarquant dans un village perdu de la côte écossaise, Christopher Runyard est convaincu que sa présence n’est due qu’à un malentendu.

Chronique : Gilles Legardinier, connu pour ses récits touchants et souvent teintés d’humour, nous offre avec « J’ai commencé par mourir » une œuvre qui s’éloigne des sentiers battus de la comédie pour plonger dans les profondeurs du mystère et du suspense. Dès les premières pages, le lecteur est introduit à Christopher Runyard, un protagoniste en quête de réponses, qui débarque dans un village perdu de la côte écossaise, persuadé que sa présence n’est qu’un malentendu. Cette installation, qui pourrait sembler banale, s’avère rapidement le point de départ d’une aventure teintée de secrets anciens et de tragédies récurrentes.

Le village, avec son ambiance à la fois pittoresque et troublante, devient un personnage à part entière. Legardinier excelle à peindre des paysages à couper le souffle, où la mer tumultueuse et les falaises abruptes contrastent avec la tranquillité apparente des habitants. Pourtant, derrière cette façade sereine se cache un passé lourd de conséquences : des siècles de rivalités et de conflits sont liés à un secret qui continue d’empoisonner la vie de ceux qui y vivent. Les descriptions minutieuses de l’environnement renforcent l’atmosphère inquiétante qui imprègne le récit, créant une tension palpable à chaque page.

Alors que Runyard s’efforce de s’adapter à ce nouveau cadre, il se rend rapidement compte que les habitants ne sont pas seulement réticents à l’accueillir, mais qu’ils sont aussi profondément marqués par des événements tragiques. La mort mystérieuse de plusieurs villageois éveille les soupçons et soulève des interrogations. Runyard, qui se retrouve rapidement sur la liste des victimes potentielles, doit apprendre à naviguer dans un réseau d’intrigues et de faux-semblants. Qui peut-on vraiment croire dans ce village où chaque regard semble porter un jugement, où chaque sourire cache un secret ?

L’intrigue se déroule comme un véritable puzzle, chaque pièce révélant davantage la complexité des relations humaines. Legardinier joue habilement avec les attentes du lecteur, introduisant des retournements de situation qui ne manquent pas de surprendre. Les personnages sont finement esquissés, chacun avec ses propres motivations et traumatismes, rendant la quête de Runyard d’autant plus captivante. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, la tension monte, et le lecteur est entraîné dans une spirale d’émotions qui va bien au-delà du simple suspense.

Ce qui distingue particulièrement « J’ai commencé par mourir », c’est la profondeur des thèmes abordés. À travers les épreuves que traverse Runyard, Legardinier soulève des questions fondamentales sur l’identité et la valeur de l’être humain. Qui sommes-nous réellement lorsque notre vie est menacée ? Que révélons-nous de nous-mêmes face à l’adversité ? Ces réflexions résonnent fortement, invitant le lecteur à une introspection personnelle tout en étant absorbé par le récit.

Dans un style qui allie clarté et richesse d’évocation, Legardinier parvient à créer une atmosphère immersive, captivant le lecteur de bout en bout. « J’ai commencé par mourir » n’est pas seulement un thriller, mais une exploration profonde des relations humaines, des secrets du passé et des luttes internes.

Éditeur ‏ : ‎ FLAMMARION (2 octobre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 496 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2080258192 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2080258199

La fille aux cheveux turquoise de Elena Triolo

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Toscane, 1871, Giovannina, petite fille de 7 ans vit sur le magnifique domaine Il Bel Riposo propriété des Lorenzini, où son père est jardinier.

Chronique : Dans La fille aux cheveux turquoise, Elena Triolo nous plonge avec tendresse et mélancolie dans l’Italie de 1871, au cœur de la Toscane, où la nature luxuriante du domaine Il Bel Riposo sert de toile de fond à une histoire touchante d’amitié et de créativité.

Nous faisons la connaissance de Giovannina, une fillette de 7 ans, qui grandit dans l’ombre des riches Lorenzini, où son père exerce comme jardinier. Sa curiosité enfantine et son esprit espiègle la poussent à se cacher après une bêtise, entraînant une rencontre inattendue avec Carlo, le frère excentrique du propriétaire. Ce dernier, marqué par le deuil de sa sœur Marianna, se retrouve dans une relation d’égale à égale avec la jeune fille, malgré leurs différences d’âge et de statut.

Ce qui rend cette bande dessinée particulièrement captivante, c’est la manière dont Triolo explore les thèmes de l’amitié et de la solitude. La dynamique entre Giovannina et Carlo est aussi fragile qu’intense, transcendant les barrières sociales et le poids du passé. Carlo, qui se révèle être l’écrivain sous le pseudonyme de Collodi, se transforme au fil des pages, d’un homme tourmenté par son histoire personnelle à un mentor inspirant pour Giovannina, l’initiant au monde de l’écriture et de la narration.

Graphiquement, le style de Triolo est à la fois délicat et évocateur, utilisant des palettes de couleurs douces qui complètent parfaitement le ton nostalgique de l’histoire. Les illustrations capturent avec finesse les émotions des personnages, rendant palpable leur quête de sens et d’évasion dans un monde parfois trop lourd.

La fille aux cheveux turquoise n’est pas seulement une œuvre sur la naissance de l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale, Pinocchio, mais aussi une célébration de l’imagination et de la résilience. Triolo réussit à nous rappeler que, même dans les moments les plus sombres, l’amitié et la créativité peuvent donner un sens à notre existence.

Éditeur ‏ : ‎ ANSPACH; Illustrated édition (20 septembre 2024) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 176 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931105317 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931105313