Si tu te demandes ce que nous faisons ainsi, loin des hommes, je vais te dire : nous veillons sur notre petit univers, nous veillons les unes sur les autres. C’est ce que font les femmes du bout du monde.
Chronique : C’est entourée d’une bourrasque de vent que Flore apparaît sur la terre des Catlins, région la plus australe de Nouvelle Zélande. Milly et sa mère Autumn, y gèrent un camping au coeur d’une réserve naturelle. Elle dévisagent cette petite française qui les a contactées quelques jours plus tôt. Quelques heures de travail quotidien contre le gîte et le couvert. Comme tous les autres, elle restera quelques semaines. Travailler le matin et profiter de la plage l’après-midi. Sauf que rien n’est moins sûr concernant la date de départ de Flore. Il se pourrait bien qu’elle se fasse une place dans ce duo inébranlable.
Dans ce roman, Mélissa Da Costa nous fait voyager au bout du monde. Elle nous transporte au coeur de cette baie magnifique. On sent le sable doré couler entre nos doigts, on regarde les otaries se prélasser devant le cabanon en rondins, et on partage un cidre chaud. On admire les magnifiques couleurs de l’heure bleue, et on vit en communion avec la nature, le temps s’égrainant au rythme des événements climatiques.
La plume de Mélissa Da Costa est tel un murmure qui caresse notre coeur. Un souffle d’émotions laissant apparaître des frissons dans le creux de la nuque. Une brise d’inattendu, le tout dans une effluve enveloppante de bonheur.
Dans ce roman, on en prend plein les yeux et plein le coeur. Mélissa Da Costa nous transmet l’amour et le pardon à travers des personnages bouleversants en quête de reconstruction. Elle signe une histoire peut être encore plus profonde que les précédentes.
Un roman envoûtant, si beau, particulièrement contemplatif. Un joli voyage à entreprendre dès maintenant !
Albin Michel; 1er édition (1 mars 2023) Langue : Français Broché : 384 pages ISBN-10 : 222647272X ISBN-13 : 978-2226472724
Lily Blossom Bloom n’a pas eu une enfance très facile, entre un père violent et une mère qu’elle trouve soumise, mais elle a su s’en sortir dans la vie et est à l’aube de réaliser son grand rêve : ouvrir, à Boston, une boutique de fleurs
Chronique : Ça se termine avec nous… Je ne sais vraiment pas quoi dire à propos de ce roman. Cette critique sera un peu légère parce que, comme la plupart des livres de Colleen Hoover, vous voudrez y aller avec peu ou pas d’informations. Je suis entré dans ce livre en pensant qu’il allait être cette chose, et il s’est avéré être tout le contraire.
Jamais plus suit Lily, une jeune fille d’une vingtaine d’années, qui n’a jamais eu la vie facile. Bien qu’issue d’une famille plus aisée, elle a toujours dû travailler pour obtenir ce qu’elle voulait. Après avoir obtenu son diplôme universitaire, elle déménage à Boston et espère créer sa propre entreprise. Là-bas, elle rencontre et tombe amoureuse de Ryle, un neurochirurgien prospère qui est déterminé à être le meilleur dans son domaine. Les deux hommes s’entendent à merveille, et les choses semblent presque trop belles pour être vraies. Ryle est tout ce que Lily n’est pas. Il est direct, sûr de lui et têtu. Il est aussi beaucoup de choses que Lily est : il est fort, passionné et motivé. Bien que les deux hommes aient une connexion immédiate et que des étincelles se produisent, ils décident de prendre leur temps pour apprendre à se connaître. Lily est un personnage principal magnifiquement écrit. J’ai adoré grandir avec elle et faire partie de son voyage. J’ai aimé entendre ses pensées et voir comment elle traite les choses. Lorsque j’ai lu pour la première fois et que je suis arrivée au point où elle écrit son journal intime, mais où elle le fait de manière à ce que ce soit des lettres à Ellen DeGeneres, j’ai pensé que je n’allais pas aimer cet aspect de la chose. Les premières fois, je me suis dit « c’est un peu ringard », mais plus j’avançais, plus je les appréciais. Elles lient parfaitement le passé et le présent de Lily. Au fur et à mesure que la relation entre Lily et Ryle progresse, elle se surprend à regarder en arrière et les pensées de son premier amour, Atlas, refont surface. Atlas a été son premier tout et a eu le plus grand impact sur sa vie. Atlas était le garçon sans-abri qui a trouvé son chemin dans la maison abandonnée d’à côté. Atlas et Lily, adolescents, ont formé une amitié improbable. Ils partageaient tout et avaient un lien que personne autour d’eux ne semblait comprendre. Ils ont passé tous les moments possibles ensemble et se sont volés tant de fois qu’ils sont devenus des âmes soeurs. Quand Atlas réapparaît dans l’histoire, il menace vraiment tout ce que Lily et Ryle ont. (Ce n’est pas un spoiler, il est donné qu’il finira par le faire). Ryle et Atlas apportent tous deux des aspects tellement importants et différents à cette histoire. Les personnages du livre, qu’ils soient principaux ou secondaires, sont tous si réalistes et authentiques.
En ce qui concerne l’intrigue, il n’y a presque rien que je puisse dire à son sujet. J’espère que tout le monde fera de même pour ne pas gâcher les choses. L’histoire est une montagne russe d’émotions du début à la fin. C’est l’un de ces livres sur lesquels vous aurez des milliers de théories, mais qui seront toutes fausses. Je n’ai cessé d’essayer de deviner ce qui allait se passer et, dans le style classique de Hoover, elle a réussi à me surprendre. Ce livre était solide dès la première page et est resté stable tout au long du livre, mais c’est à partir de 80 % que les choses ont vraiment pris un tournant (de la meilleure façon possible). Jamais plus m’a touché à un niveau tellement personnel. Je ne m’attendais pas à ce que ce livre ait un tel impact sur moi. Il avait tout ce que j’attendais d’une lecture New Adult. C’est un classique de Colleen Hoover, mais il s’aventure aussi dans des endroits où elle n’a jamais été auparavant, mais elle le fait avec une telle facilité. Elle parvient à tisser des moments lourds avec des moments qui vous feront vous pâmer, rire et pleurer. Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est la note de l’auteur. Habituellement, les notes de l’auteur se trouvent au début de l’histoire, mais celle-ci est si importante qu’elle a été laissée à la fin. Elle a pris un livre qui était bon et l’a rendu exceptionnel ! Mon Dieu, cette note m’a touchée comme peu de livres l’ont fait. Elle m’a fait pleurer cinquante fois plus fort que le livre entier ou que tout ce que Colleen a jamais écrit.
Éditeur : Hugo Poche (5 avril 2018) Langue : Français Poche : 444 pages ISBN-10 : 2755637080 ISBN-13 : 978-2755637083
Perdre du poids est facile. Très facile. Tout le monde peut perdre plusieurs kilos en quelques semaines, et ce quel que soit le régime suivi. La vraie difficulté réside dans le fait de ne pas les reprendre, et ça, soyons honnête, c’est quasi mission impossible.
Chronique : Autant vous le dire tout de suite, cette lecture a été un déclic et ce livre devient mon livre de chevet officiel !
Qui n’a pas envie de perdre quelques kilos ? Qui n’a jamais fait de régime ? Perdre du poids, c’est facile ! Vous vous affamez pendant 1 semaine et vous perdez 2 kilos ! Mais dès que vous remanger normalement, les kilos réapparaissent comme par magie.
Avec ce livre, l’auteur nous apprend à manger équilibré, sans faire de régime, tout en continuant à se faire plaisir. Cet ouvrage regorge d’astuces et de conseils sans contraintes. C’est une mine d’informations essentielles à connaître et à comprendre pour des repas plus sains tout en restant des repas plaisirs !
J’ai tout aimé : le message bienveillant et non culpabilisant, les informations claires, les anecdotes personnelles de l’auteur, les conseils pratiques et accessibles à tous sans augmenter son budget…
Alors, bien sûr, vous n’apprendrez rien de révolutionnaire mais c’est le condensé idéal pour avoir toutes les bonnes astuces en un coup d’oeil et avoir le déclic pour changer ses mauvaises habitudes !
Éditeur : FLAMMARION (1 février 2023) Langue : Français Broché : 256 pages ISBN-10 : 2080411500 ISBN-13 : 978-2080411501
À rebours d’une médicalisation excessive et systématique, notre corps est, sans que nous le sachions, notre plus grande ressource. Il détient des capacités inouïes, infiniment plus efficaces que nombre de médicaments.
Chronique : Un livre très intéressant, qui se lit facilement, qui m’a appris une foule de choses sans jamais me donner l’impression d’être idiote, et sans jamais être donneur de leçons, ce que j’ai beaucoup apprécié. Après, je me demande dans quelle mesure certaines assertions peuvent être remises en question. Pour avoir déjà regardé quelques émissions sur le docteur Saldman je sais que ses théories sont parfois vivement critiquées et discutées. J’aimerais d’ailleurs beaucoup pouvoir assister à un de ces débats… Mais pour moi ce livre reste très positif, porteur d’espoir, il donne envie de se bouger le c…, de ne plus se vautrer dans cette sorte d’apathie dans laquelle nous plonge le quotidien sans pour autant révolutionner notre vie. Bref, un petit instant de courage, un petit électrochoc qui, je l’espère, sera plus qu’éphémère…
Éditeur : Le Livre de Poche (28 février 2016) Langue : Français Poche : 256 pages ISBN-10 : 2253187542 ISBN-13 : 978-2253187547
Maëlle, directrice financière d’une start-up en pleine expansion, n’a tout simplement pas le temps pour les rêves. Mais quand sa meilleure amie, Romane, lui demande un immense service – question de vie ou de mort -, elle accepte malgré elle de rejoindre le Népal.
Chronique : Vous trouverez dans cet ouvrage une véritable bulle d’oxygène à savourer dans notre vie tumultueuse/stressante/chargée… (choisir le terme approprié !). On assiste à un voyage initiatique, prétexte pour nous donner des pistes de réflexion pour améliorer notre mode de vie. Les conseils énoncés nous semblent évidents. Toutefois on se rend vite compte que notre vie quotidienne nous en éloigne. Comme Maëlle, on s’interroge sur nous-mêmes, nos désirs et le moyen de les atteindre. Je pense sincèrement que ce roman change notre perception de la vie.
Au-delà de ça, c’est une mine d’information sur des sujets comme le bouddhisme ou la méditation. Les descriptions et les explications sont certes peut-être un trop présentes par moments. De plus, j’adhère assez au postulat de départ, qui est de contourner l’industrie pharmaceutique par le biais d’une approche plus naturelle.
Moi qui suis plutôt du genre boulimique en termes de lecture, j’ai eu besoin de faire une petite pause livresque après celui-ci afin de le savourer plus longtemps et de m’imprégner des conseils donnés. Je conseille donc ce roman, pour soi-même ou pour offrir à qui l’on veut du bien : chacun retiendra ce qui l’intéressera, quoi qu’il en soit c’est une lecture agréable et apaisante.
Éditeur : J’ai lu (2 octobre 2019) Langue : Français Poche : 384 pages ISBN-10 : 229021051X ISBN-13 : 978-2290210512
Vous avez du mal à changer vos habitudes ? Le problème ne vient pas de vous, mais des moyens que vous utilisez. Les mauvaises habitudes se répètent non pas parce que vous ne voulez pas changer, mais parce que vous utilisez des moyens incompatibles avec le changement.
Chronique : J’ai beaucoup aimé car, vous pourrez trouver autant d’explications psychologiques et neuro-scientifiques que des exemples :
1. Si tu ne bois pas assez car tu n’y penses pas, James clear propose de disposer quelques bouteilles d’eau dans des endroits où vous vous trouvez régulièrement ( salon – chambre – cuisine – entrée – bureau ) comme ça il sera plus facile de se mettre à boire car plus besoin d’y penser vu que ce sera devant tes yeux 👀
2. Si tu as un abonnement à la salle mais que tu ne trouves jamais le temps d’y aller et donc te remplir tes objectifs personnels, James clear te propose de t’inscrire plutôt dans une salle de sport se trouvant sur le chemin de ton travail car en passant devant tu y penseras car la salle se trouvera quasi tous les jours sur ton chemin habituel, tu pourras donc instaurer de nouvelles habitudes comme allez 10 minutes à la salle en sortant du travail sur le chemin du retour (:
Éditeur : Larousse (9 mai 2019) Langue : Français Broché : 320 pages ISBN-10 : 2035969204 ISBN-13 : 978-2035969200
Ce planner de 30 jours + 99 noms d’Allah (swt) est le moyen idéal pour vous assurer de bénéficier pleinement de tous les bienfaits spirituels du Ramadan. Ce planner vous permet d’organiser votre emploi du temps afin de consacrer du temps à la prière, à la méditation et à la réflexion, et de vous assurer d’atteindre tous vos objectifs spirituels cette année. Il est conçu pour vous aider à comprendre les rituels du Ramadan, à vous offrir plus de temps pour vous concentrer sur l’apprentissage et la pratique de l’islam, et à vous aider à rester sur la bonne voie.
Chronique : Ce planner Ramadan est un véritable coup de coeur. Minimaliste, il est source de motivation et permet une réduction certaine de sa charge mentale ! L’allié pour lutter contre la procrastination et atteindre ses objectifs en ce mois béni !
ASIN : B0BW2WR4Z7 Éditeur : Independently published (15 février 2023) Langue : Français Broché : 91 pages
Depuis le début de la crise du Covid, il a collecté scrupuleusement toutes les semaines l’intégralité des données officielles disponibles sur les sites d’EUROSTAT, de l’INSEE, de la DREES et des différents ministères. Mortalité, occupation des lits, positivité des tests, âges, etc…
Chronique : La liste des livres publiés par des chercheurs au CNRS, des universitaires ou des médecins hospitaliers, sur la crise sanitaire, économique et politique du Covid est maintenant suffisamment consistante pour que ceux qui veulent savoir et s’informer en se tenant à égal distance du matraquage des grands médias et des thèses complotistes farfelues puissent le faire.
Il manquait un livre écrit par un statisticien qui s’occuperait de mettre en forme la masse des chiffres publiés par l’INSEE, la DRESS, Santé Publique France, l’ATIH, etc. Pierre Chaillot, statisticien à l’INSEE, actuellement détaché au Conseil régional des pays de la Loire où il est directeur du projet Data Intelligence, l’a fait (pour nous…). Un travail compliqué, car il faut d’abord être capable d’aller chercher les bases de données officielles et ensuite de traiter ces données brutes et de les analyser. Un travail de spécialiste.
Ce livre est remarquable, mais il faut surmonter trois écueils. le premier est que Pierre Chaillot n’écrit pas très bien. Certaines de ses phrases sont grammaticalement incertaines, mal construites, jusqu’à parfois s’interroger sur le sens qu’il veut leur donner (c’est rare, mais ça arrive). Certaines parties écrites avec des co-auteurs sont meilleures à ce sujet. le second écueil est plus gênant. Il concerne les graphiques, courbes, histogrammes, etc. qui sont très petits, au point que parfois (rarement) je ne suis pas parvenu à lire ce qui était en abscisse et en ordonnée. Comme c’est le sel de l’argumentaire, avec plus de 150 figures, c’est embêtant. Enfin, troisième écueil, ces mêmes figures sont en noir et blanc, en niveaux de gris plus précisément (c’est-à-dire de la couleur tirée en noir et blanc). Or, Pierre Chaillot nous les décrit comme si elles étaient toujours en couleur. La courbe bleue, la courbe rouge, jaune, etc. Et, en niveaux de gris, c’est dur, très dur parfois de distinguer du bleu du jaune etc. C’est de loin le défaut le plus gênant. Problème d’économie effectué par l’éditeur, que l’on comprend. Bien sûr, tous ces diagrammes, figures et autres, se trouvent sur la chaine you-tube de l’auteur, mais quand on lit un livre, on ne pianote pas en même temps l’ordinateur à la recherche de la bonne émission et des bons schémas.
On ne résume pas un livre aussi dense (460 pages) de manière exhaustive. Il faut faire des choix. J’en fais. D’abord, la question de la surmortalité en 2020 liée au Covid dont on nous a bassiné ad nauseam avec des chiffres apocalyptiques. En France, si on regarde la mortalité depuis l’année 1945, on constate que l’on a une stabilité assez remarquable du nombre de morts jusqu’au début des années 2010 (autour de 550 000 morts par an). Cette observation est surprenante. Malgré l’augmentation considérable de notre population, le nombre de morts est resté globalement stable. Bien sûr, il y a des pics (épisodes de fortes maladies hivernales) suivis de creux de mortalité pendant quatre à cinq ans dus à l’effet « moisson » (les plus fragiles sont morts au moment du pic et on ne meurt qu’une fois…), puis de nouveau un pic, etc. Cette stabilité est liée à plusieurs facteurs, amélioration des conditions de vie après la guerre, mais surtout aux progrès de la médecine qui a permis d’allonger la durée de vie des vieux avec des opérations extraordinaires et/ou en les bourrant de médicaments. On vit plus longtemps, beaucoup plus longtemps, mais, il faut bien l’avouer, en mauvaise santé, un peu sous perfusion.
A partir de 2012 (inclus), le nombre de morts annuels en France ne cesse d’augmenter. C’est l’effet du vieillissement de la population. Les baby-boomers d’après-guerre sont devenus des papy-boomers et ce sont de gros bataillons qui meurent chaque année. En d’autres termes, c’est inexorable, tant que nous n’aurons pas liquidé tous ces papy-boomers (j’en fais partie…), le nombre de morts annuels augmentera chaque année (ou presque si on tient compte de l’effet « moisson »). Comment calculer la surmortalité ? C’est un problème de démographie. La mortalité absolue est intéressante, mais elle ne permet pas de prendre en compte l’évolution de la démographie au cours du temps. En d’autres termes, on ne peut pas comparer la mortalité d’un pays jeune avec la mortalité d’un pays vieux, ça n’a pas de sens. Il faut standardiser les données. Qu’est-ce ?
Grâce aux données de l’INSEE, on connait pour les années antérieures à 2020 la mortalité par classe d’âge. On va faire « mourir » ces années antérieures avec leurs taux de mortalité par âge mais avec la pyramide des âges de l’année 2020. C’est ce qu’on appelle une mortalité « ajustée ». En d’autres termes, cela permet de voir comment serait morte la population des années antérieures, plus jeune, si elle avait eu la structure démographique de l’année 2020. Par ailleurs, ceci étant fait, on doit aussi tenir compte des effets « moissons » et donc regrouper le nombre de morts stantardisés par période de quelques années successives.
On constate plusieurs choses. D’abord que le taux de mortalité n’a cessé de baisser en France depuis les années 60. La courbe n’est pas régulière, elle comporte des petits pics correspondant aux épidémies de maladies hivernales suivies d’une chute plus accentuée pendant les années postérieures (effet « moisson »). A ce titre, l’année 2015 a été une année de très forte grippe qui montre un pic notable. Par ce fait, les années suivantes, 2019 inclus, voit leur taux de mortalité baisser, même si, en valeur absolue, il y a plus de morts qu’en 2015 (par effet du vieillissement de la population). le regroupement par années (pour lisser les pics épidémiques et l’effet moisson) est affaire de choix. Pierre Chaillot choisit de regrouper par trois années : 2010/2012, 2013/2015, 2016/2018 et 2019/2021 (figure 13, page 71). 2019/2021 correspond alors à la période triennale la moins mortelle de l’histoire de France. Enfin, en taux de mortalité, l’année 2020 est équivalente à l’année 2015 (année d’une très forte épidémie de grippe qui a fait mourir beaucoup de vieux). Les mêmes calculs ont été faits également par Vincent Pavan, mathématicien à l’université Aix-Marseille, qui trouve exactement les mêmes résultats (heureusement…). Enfin, si on ne considère que les années sans les regrouper (ce qui est scientifiquement beaucoup moins justifiable), l’année 2020 montre une sous mortalité de 12 000 personnes par rapport à 2015 et une surmortalité de 37 000 personnes par rapport à 2019. Bref, il y a eu une épidémie qui a emporté beaucoup de nos anciens, mais aucune réelle hécatombe. En passant, je signale que la méthode de calcul exposée par Vincent Pavan dans son livre avec Anne Bilheran est présentée d’une manière plus pédagogique que dans le livre de Pierre Chaillot.
Personnellement, bien conscient du vieillissement de la population et de son effet sur la mortalité absolue, j’attendais une sorte de confirmation de cette analyse avec le nombre de morts de l’année 2022. A priori, si 2020 avait été la plus grande hécatombe mortelle en France depuis des lustres et 2021 une année effet « moisson », 2022 aurait dû se situer aussi en dessous de la catastrophe de 2020. Je suis allé sur le site de l’INSEE et les données sont toutes fraiches pour l’année 2022. J’en ai profité pour comparer avec 2020 (la grande hécatombe), 2021 effet « moisson » et l’année 2022 qui vient de s’écouler. Les décès enregistrés en France (outre-mer inclus) sont de 669 195 en 2020, 661 818 en 2021 et 673 637 en 2022. Bref, en 2022, on a eu environ 4 500 morts de plus qu’en 2020. Covid ou pas Covid, l’effet vieillissement de la population emporte tout sur son passage et nous poursuivons inexorablement notre ascension en nombre de morts.
Mais alors, me direz-vous, les 164 187 morts du Covid (au 14/02/23) depuis le début de la crise, qu’en faites-vous ? Très bonne question. Pour comprendre, il faut se tourner vers la manière dont l’OMS a décidé de coder le Covid. Ce codage est transmis aux différents pays qui le répercutent dans les hôpitaux. Il faut savoir que lorsque vous entrez à l’hôpital, on vous attribue un code. Par exemple si vous arrivez avec une jambe cassée (un code), un infarctus (un autre code), une grippe (une autre code), etc.
En France, c’est l’ATIH (Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation), une agence gouvernementale, qui transmet aux hôpitaux la manière dont il faut coder les maladies, les interventions chirurgicales, etc. Pour le Covid, il est facile de se le procurer sur le site de l’ATIH (ici par exemple : https://www.atih.sante.fr/sites/default/files/public/content/3785/atih_consignes-covid19_17122021.pdf). Que lit-on sur le site de l’ATIH ? D’abord, il existe un code pour « Forme respiratoire, virus identifié ». Bien. Mais il existe aussi un code pour « forme respiratoire, virus non identifié ». Ah bon ? On peut donc coder Covid quand on n’est pas sûr. Mais il y a aussi un code pour « autres formes cliniques, virus non identifié ». Stupéfiant, non ? Il y a aussi « asymptomatique, virus identifié ». Bref, des gens qui ne sont pas malades. On peut cocher Covid aussi pour « un épisode antérieur de Covid-19, confirmé ou probable (oui, oui, probable, vous avez bien lu) qui influence l’état de la personne qui ne présente plus la maladie ». Donc, je résume ce code, même des gens dont on soupçonne qu’ils ont eu le Covid mais qui ne sont pas malades. Dingue, non ? Et tout est l’avenant. Sont ajoutés des exemples (pour aider le médecin à coder comme il faut). On lit « patient hospitalisé dans un service de réanimation pour syndrome de détresse respiratoire aigüe évocatrice de diagnostic de Covid-19. Un prélèvement biologique a été effectué mais il s’avère négatif. le médecin responsable considère ce résultat comme un faux négatif. Codage : Covid-19, forme respiratoire virus non identifié ». Donc, ça « évoque » le Covid, mais le test est négatif. Ne mollissons pas pour autant, cochons Covid !
Le résultat de tout cela est que l’on a codé Covid à l’hôpital tout et n’importe quoi. D’autant plus que, par exemple, coder Covid rapporte plus à l’hôpital que coder grippe (du simple au double). L’hôpital reçoit de l’argent en fonction de la tarification à l’acte (depuis Sarkozy). L’effet de ce codage malhonnête se voit dans les statistiques de l’hôpital (Figure 49, page 152). On a en France 3,6 millions de personnes atteintes de maladies chroniques respiratoires. Ces personnes occupent une grande place à l’hôpital et décèdent en grand nombre chaque année. Quand on regarde les statistiques de l’hôpital permettant de comparer 2020 à 2018 et 2019, on voit une chute spectaculaire (vraiment impressionnante) des maladies respiratoires à l’hôpital en 2020. A croire que ces gens ont été guéris cette année-là. En réalité, ils ont été codés Covid et ils sont morts, comme d’habitude hélas, de leurs maladies respiratoires.
Ce bouquin étant très long, je pourrais écrire dix pages pour en faire une recension complète. Je ne le ferai pas, mais vous engage à le lire. Franchement, ça vaut le coup. On y apprend que l’hôpital a été sous-utilisé en 2020 (mais fortement désorganisé dans une panique générale). Par ailleurs, le rapport de l’ATIH en octobre 2021 indique que les hospitalisations Covid-19 n’ont représenté que 2% du nombre d’hospitalisations à l’hôpital. Martin Blachier avait dévoilé ce chiffre sur la chaîne LCP. Ensuite, plus personne n’en a entendu parler, mais le document de l’ATIH est facilement consultable sur Internet. Pierre Chaillot s’attaque aussi aux effets indésirables des vaccins et se penche sur les données de pharmacovigilance. A titre d’exemple, là aussi, les bases de données américaine montrent que 11 000 décès ont été remontés à la pharmacovigilance américaine en 30 ans de vaccinations hors-covid alors qu’en seulement 2,5 années de vaccination Covid 16 000 décès suite à la vaccination sont remontés. En seulement 2,5 années, on a battu le chiffre de 30 années en ce qui concerne le nombre de morts signalés par les médecins.
Il y a encore plein d’autres données de toute sorte. Un livre majeur pour mieux appréhender ce qui s’est réellement passé.
Éditeur : L’artilleur (18 janvier 2023) Langue : Français Broché : 480 pages ISBN-10 : 2810011524 ISBN-13 : 978-2810011520
Dans cet ouvrage tant attendu, vous trouverez plus de cent recettes, un carnet de notes, ainsi que les témoignages et conseils de deux mille sept cents personnes qui ont testé le programme en avant-première.
Chronique : Avec son premier livre, Jessie Inchauspé, biochimiste devenue influenceuse, a construit une énorme plateforme de médias sociaux et s’est imposée comme la référence du monde du bien-être pour tout ce qui concerne la glycémie. Elle est la préférée de nutritionnistes fonctionnels comme Will Cole et d’écrivains spécialisés dans le bien-être comme Liz Moody et Kelly Leveque ; de plus, des célébrités comme Jameela Jamil ont englouti ses astuces plus rapidement qu’une pile de crêpes du dimanche matin. Son dernier livre est basé sur l’idée que les lecteurs voulaient un moyen facile, accessible et rationalisé d’incorporer ses astuces dans leur vie, La Méthode Glucose Goddess – Le programme scientifique de 4 semaines pour réduire vos fringales, retrouver votre énergie et vous sentir en pleine forme offre ces conseils en petites bouchées. Parfois, sa science ressemble plus à une validation de ses hypothèses par la foule, et la juxtaposition de ses photos ludiques et minces avec des affirmations scientifiques semble plus digne d’un Insta qu’elle n’est fondée sur des preuves. Elle exagère et simplifie à l’extrême l’impact de la glycémie sur l’organisme (les pics de sucre sanguin nous tuent lentement, provoquent des cancers et entraînent toutes sortes de conséquences, des problèmes auto-immuns à l’infertilité), mais aucune de ses astuces n’est nocive. Tout conseil de manger plus de légumes, d’incorporer des mouvements joyeux et d’ajouter un peu de vinaigre à la nourriture ne peut pas faire de mal, et même s’il ne peut pas guérir ou inverser des problèmes de santé majeurs, les conseils et les astuces offrent de douces indications qu’elle enseigne avec amour à ses lecteurs à intégrer dans leurs habitudes, sans jugement ni règles alimentaires rigides – une approche bienvenue malgré tous les défauts du livre.
Éditeur : Robert Laffont (4 mai 2023) Langue : Français Broché : 288 pages ISBN-10 : 2221269241 ISBN-13 : 978-2221269244 Poids de l’article : 109 g
Habiter trois villes différentes ? Posséder trois identités reconnues ? Aimer trois femmes intensément ? Avoir trois vies par semaine. Pour tirer les fils de ce nouveau suspense qui mêle les thèmes de l’exil, la vengeance, la multiplicité d’une vie… l’unique Michel Bussi.
Chronique : Encore une fois, j’ai dévoré ce roman en quelques heures ! Intrigue complètement folle, fausses pistes, rebondissements, évidences qui n’existent pas, Michelle Busey remonte à la source et signe ce qu’il sait faire de mieux ! Dans le cadre d’un spectacle de marionnettes, l’auteur rassemble un mystère apparemment impossible, et après une tournure troublante, la vérité sera révélée ! Il me manquait juste un peu d’émotion et d’attachement aux personnages pour avoir une pleine réussite.
On parcourt la France, on voyage, on se laisse emporter par l’histoire et l’histoire. Le roman est bien ficelé, même si l’intrigue est parfois un peu tirée par les cheveux. Il y a beaucoup d’humour dans les répliques, ainsi que de la rime (sauf la référence à Arthur Rimbaud). La partie historique est intéressante mais pas approfondie (j’avoue, si je n’avais pas lu Museum of Broken Faith (d’Elizabeth Buchan), j’aurais peut-être été un peu perdu.)
Éditeur : Presses de la Cité (2 mars 2023) Langue : Français Broché : 456 pages ISBN-10 : 2258204739 ISBN-13 : 978-2258204737