Puce, mission évasion de Johan Heliot (Auteur)

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Lorsque Bastien découvre un chien ayant trouvé refuge dans son jardin après un orage, il ne se doute pas que sa vie vient de basculer.

Chronique : Un classique, la dépendance aux téléphones portables, des robots enfin surtout un robot et intelligence artificielle..mais revisité autour d’une idée choc.

C’est incroyable ce dont les êtres humains sont capables, quand on les pousse à bout. Quelles conclusions pourrait tirer une intelligence artificielle entant que chien . C’est peut-être que l’humanité est animée par un but ; nous nous perdons et nous sommes désabusés une fois que ce but nous est enlevé, ou quand on nous présente des vérités difficiles qui nous obligent à reconstruire vers une nouvelle direction. Certains cèderont sous la pression, tandis que d’autres persévéreront. Mais quand il s’agit de survie, l’humanité peut accomplir de grandes choses en tant que groupe collectif tant qu’il y a de l’espoir.

Puce, mission évasion de Johan Heliot est un roman très drôle et puissant pour cette raison, provocateur et profond et très différente, imprégnée de plus de misère que d’optimisme, pour dire la vérité. Néanmoins, c’est un festin pour l’esprit, plein de merveilles descriptives, de personnalités intéressantes et de relations engageantes. Une lecture très satisfaisante.

Johan Heliot nous entraîne dans le monde de l’intelligence artificielle et de ses dérives. Roman puissant, imaginatif, aux personnages émouvants et attachants victimes de leur passion pour élaborer des machines qui vont parfois les dépasser, mais auxquelles ils en demandent toujours davantage, au risque de se perdre. Où est la frontière entre l’humain et le robot ?

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ Poulpe Fictions; Illustrated édition (5 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2377421369 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2377421367

Kakapo et Pipistrelle de Claire Berest (Auteur), David Simonetta (Illustrations)

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Kakapo, comme tous ceux de son espèce, vit la nuit et dort le jour.
Pourtant, il n’a qu’une idée en tête : voir le soleil.
Sa rencontre avec Pipistrelle va-t-elle lui permettre de réaliser son rêve ?

Chronique : Comment traiter le problème? l’ignorer ? cacher? y faire face
Il ne sert à rien de s’inquiéter car si nous prenons trop au sérieux ce sujet, il finira par nous maîtriser ! !
Au lieu de voir les problèmes comme des monstres redoutables menaçant de nous dévorer, nous devrions les voir comme des enseignants toujours prêts à nous enseigner de précieuses leçons !
Le tout est d’apprendre à apprivoiser vos peurs et à profiter des leçons que l’échec vous offre ! ! Les problèmes ne sont pas toujours roses, et lorsqu’ils se posent souvent nous paraissent insurmontables, mais au final cela peut s’avérer être l’occasion de voir de nouvelles opportunités s’offrir à nous.
Un autre album fantastique qui permet d’exprimer avec des mots des concepts abstraits et parfois philosophiques.
Cela permet aussi aux enfants de comprendre les différentes étapes que nous traversons, mais à bout de patience, il y a toujours une nouvelle solution qui peut s’avérer être une opportunité.

ASIN ‏ : ‎ B0BHH1L4WL Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 32 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040113027

La Cabane aux trois sapins de Elodie Levacher (Auteur), Lili Wood (Illustrations)

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Baba, le plus grand de la bande, a entendu dire que dans la cabane aux trois sapins vivait un monstre féroce. Lui, il ne l’a jamais vu. Les autres non plus d’ailleurs. Aucun d’entre eux n’a jamais mis les pieds dans la cabane aux trois sapins.

Chronique : J’adore ce genre d’images où les symboles abondent. Quand une idée nous habite, difficile d’en faire abstraction, surtout quand on a l’impression que celle-ci pourrait rendre le monde meilleur,
Du reste, j’aime le coup de crayon, ces personnages mignons et cette façon de traiter la couleur comme une entité.
Un album très profond, au propos juste, qui peut séduire tous les publics et qui insiste sur l’importance de croire en ses idées, même dans l’adversité, parce que c’est en bousculant l’ordre des choses qu’on les fait bouger.

J’aime cette imagerie remplie de symboles. Lorsqu’une idée nous vient à l’esprit, il peut être difficile de l’ignorer, surtout lorsque nous pensons qu’elle pourrait rendre le monde meilleur. Aussi, j’aime les coups de crayon, ces personnages adorables et cette façon de traiter la couleur comme une entité. Un album vraiment profond avec juste les bons thèmes pour plaire à tous les auditeurs, il insiste sur l’importance de croire en ses propres idées, c’est vrai même dans l’adversité, car ce n’est qu’en ébranlant l’ordre des choses qu’on peut le mettre en mouvement.

ASIN ‏ : ‎ B0BMXVP13C Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023517606

Le silence selon Manon de Benjamin Fogel

Des soucis et des hommes

Le combat des femmes pour leurs droits dans la société n’a jamais été aussi central et critique. Il a divisé la société en deux pôles qui semblent irréconciliables. Benjamin Fogel s’empare de ce thème complexe pour livrer un polar psychologique futuriste, puisqu’il situe son action en 2025, mais sidérant de réalisme.

Autour du féminisme l’auteur invoque tout un tas de thèmes primordiaux, le masculinisme et le virilisme tout d’abord les penchants néfastes du féminisme, notre rapport naïf aux réseaux sociaux, le phénomène effarant des incels, ces célibataires involontaires qui crachent leurs haines à longueur de tweet, le courant musical du néo straight edge. Un ensemble de thèmes foisonnant servis à la manière d’un reportage.

Le style de l’auteur est en effet très propre, concis mais détaillé, en témoigne ce sommaire qui reprend la présentation d’une fiche wikipédia.
Un ton dépourvu de romanesque mais qui permet au récit de se parer des oripeaux de la réalité.
L’auteur dépeint une société sclérosée par ses dissensions absurdes. Le tableau qu’il en dresse est glaçant de réalisme.

Pourtant, malgré cette plume sèche qui va à l’essentiel, l’auteur parvient à dresser des portraits psychologiques saisissants. Ce qui débutait comme un constat accablant de notre société se transforme petit à petit en une plongée dans la psyché torturée d’un homme, la fin des illusions pour celui qui se rêvait en chevalier blanc du féminisme. L’exposé sidérant prend alors des allures psychose infernale qui renverse le tableau dépeint par l’auteur.

Le silence selon Manon se révèle donc plus sournois et surprenant que son approche un peu scolaire pourrait le laisser l’envisager. Il interroge notre rapport aux réseaux sociaux, nuance les luttes féministes, met à mal la misogynie et dissèque l’esprit des femmes et des hommes pour ne laisser que la criante vérité, la malveillance se dissimule même dans les plus ardents défenseurs de causes les plus nobles.

Résumé : Dans les années 2025, le monde occidental se caractérise par une montée de l’agressivité sur les réseaux sociaux et en particulier des cas de cyber harcèlement, au point qu’une unité spéciale de la police, dirigée par le commissaire Sébastien Mille, a dû être mise en place. Sébastien Mille s’intéresse de près aux manoeuvres des groupes masculinistes en France. L’Amérique du Nord avait déjà connu dans les années 2010 des attentats dont les auteurs se réclamaient du mouvement « incel » (pour «involuntary celibate) »autrement dit des célibataires forcés qui conçoivent une haine des femmes et de la société contemporaine qu’ils jugent trop favorable au féminisme.

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (7 avril 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2743652772
ISBN-13 ‎978-2743652777

Le chien du forgeron de Camille Leboulanger

Fin de race

Versez-vous une bonne bière dans une immense chope et laissez-vous porter par l’histoire que va vous conter Camille Leboulanger. Une histoire qui prend des airs de légende brumeuse où résonnent la fureur guerrière, la sueur des hommes et les pleurs silencieux des femmes.

Le peuple Celte utilisait plus volontiers la tradition orale que l’écrit, raison pour laquelle peu de choses les concernant nous sont parvenus. La légende de Cuchulainn, ou chien du forgeron, est sans doute la plus connue. Véritable héros de légende, la figure mythique de ce guerrier se voit réinventé par l’auteur au cours d’un récit inventif, brutal où la légende se voit sérieusement écornée.

Comme tout bon conte, celui-ci nous est narré par un conteur qui ne nous dit que ceux qu’il a envie, dissimulant certains faits qui pourraient éclairer l’intrigue de manière éblouissante. Mais l’intérêt du récit n’est pas de faire toute la lumière sur la lignée de Sualtam mais bien de conter la destinée d’un guerrier né.

Et quel guerrier, personnage central de l’histoire, Setanta, bientôt renommé le chien, sera aussi le plus détestable. Et pour cause : Orgueilleux, fier, impulsif, doté d’un caractère ombrageux qui le pousse à frapper d’abord et à ne pas questionner ensuite, Setanta est l’archétype du guerrier sûr de lui qui n’hésite pas à asservir les plus faibles que lui de la manière qui l’arrange le mieux. Féministe, passez votre chemin, ce récit sublime tout ce que vous combattez.

Pourtant en creux ce conte terrible narre les errances d’un homme qui ne se définit que par ses prouesses guerrières et interroge le lecteur sur son rapport à la virilité et la masculinité. L’ascension fulgurante du chien parmi le peuple Celte entraîne par la suite une série de tragédies personnelles qui finissent par creuser en lui un puits insondable de tristesse et de culpabilité. Jusqu’à la fin inexorable.

Le chien du forgeron allie trois atouts non négligeables, une narration malicieuse, une intrigue palpitante et une réflexion sur un sujet d’actualité. Trois bonnes raisons de prêter l’oreille à ce conte sorti des tréfonds des légendes.

Résumé : Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop

Éditeur ‎Argyll éditions (19 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎246 pages
ISBN-10 ‎249240319X
ISBN-13 ‎978-2492403194

Le Chant des glaces de Jean Krug

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Delas est une planète glaciaire dont les ressources, extraites jour et nuit par des milliers de prisonniers, alimentent en eau potable le reste de la galaxie. Mais on y trouve également le cryel, un morceau de glace aux propriétés spéciales que seuls les plus agiles des détenus parviennent à prospecter : les chanteurs. Lorsqu’un jour, l’occasion est donnée à Bliss et Fey, chanteurs insurgés, de se libérer, ils n’hésitent pas une seconde.

Chronique : Un roman à l’atmosphère sombre, hostile, sinistre. Pourtant, l’auteur en a fait quelque chose de beau. Car Jean Krug est glaciologue et passionné par ce qu’il fait. Vous pouvez le sentir en lisant. Il nous plonge dans son univers, et nous le suivons avec plaisir, grâce à son don de conteur. Il vulgarise les concepts avec la nature et tisse le tout dans un matériau lisse et romantique. Le Chant des Glace repose sur une poignée de personnages aux fortes personnalités. Parmi eux, il y a Bliss, une femme exploitée par la vie, rebelle et grande gueule. Elle ne se laisse dominer par personne. On peut dire qu’elle représente à elle seule un personnage puissant. À côté de lui se trouve Feli, un homme plus équilibré. Il agit souvent comme un tampon, incarnant le lien qui unit l’équipe envoyée pour explorer le glacier Goliath. Il est le personnage clé et le succès de cette mission dépend de lui.Ce roman relève peut-être de la science-fiction, mais il dégage une incroyable authenticité. Outre la plausibilité cosmique proposée par Jean Krug, l’auteur touche directement nos problèmes contemporains en faisant de l’eau une ressource précieuse. De plus, la connaissance des glaciers et des grands froids tout au long du roman sont presque devenus le journal de bord des explorateurs de l’Arctique : des gens qui affrontent l’immensité blanche. homme face au froid

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (12 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266330519 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266330510

De l’ombre, il surgira de Alaina URQUHART

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Votre instinct est votre seul moyen de survie…

Chronique : Alaina Urquhart nous entraîne dans un thriller haletant et captivant avec ‘De l’ombre, il surgira’. Plongé dans l’atmosphère envoûtante de la Louisiane, ce récit met en scène un tueur en série d’une cruauté méthodique, qui défie les autorités et notamment le Dr Wren Muller, médecin légiste de renom.

Alors qu’elle affronte un prédateur insaisissable tapi dans l’obscurité du bayou, Wren Muller se trouve confrontée à un adversaire dont la perversité défie toute logique. Armée de son expertise encyclopédique sur l’histoire du crime et de ses années d’expérience à la morgue, elle se trouve pourtant impuissante face à ce tueur. Malgré les victimes qui se succèdent sur sa table d’examen et les échecs qui minent sa détermination, Wren ne renonce pas. Mais les démons du passé de Wren pourraient bien s’interposer sur sa route pour arrêter la folie meurtrière de celui que les médias ont surnommé ‘le boucher du bayou’.

Alaina Urquhart tisse une intrigue saisissante, où l’angoisse et la tension montent au fil des pages. L’ambiance sombre et mystérieuse du bayou sert de toile de fond à un thriller psychologique complexe, où les enjeux personnels se mêlent à une traque sans merci. Ce récit palpitant explore les recoins les plus sombres de l’âme humaine et met en lumière la force et la vulnérabilité du personnage principal, plongé dans une lutte sans répit pour la justice.

‘De l’ombre, il surgira’ est un roman captivant qui plaira aux amateurs de suspense, de mystère et d’adrénaline. Une lecture palpitante où l’instinct de survie devient le fil conducteur d’une quête pour mettre fin à la terreur orchestrée par un tueur aussi insaisissable que terrifiant.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (4 janvier 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265156957 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265156951

Contes des plus grands ballets de Astrid Valence

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Un magnifique ouvrage, préfacé par la danseuse étoile Dorothée Gilbert, pour le plaisir de se plonger dans les contes qui ont donné vie aux plus grands ballets.

Chronique : Cet ouvrage a pour but de présenter, de manière romancée, les plus célèbres ballets . Ainsi découvre-t-on, dans chaque conte un récit qui est suivi d’un petit pas de côté : « derrière le rideau » dévoilent les coulisses de ces ballets mythiques, on y croise Shakespeare et Tchaïkovski, on assiste à l’invention du tutu et des pointes, on pénètre dans les plus grands théâtres…

Les textes, simples d’accès, écrits en assez gros caractères, sont étayés par des illustrations justes superbes. Un résultat très réussi. On entre vraiment dans le récit, on imagine les personnages, leurs costumes, leurs émotions.


ASIN ‏ : ‎ B0BKRQLH15 Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 104 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040112754 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Une maman si pressée de Sara Lundberg

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La maman de Noah le sort du lit, pleine d’entrain. Elle a toute une liste de choses à faire et semble bien décidée à ne pas perdre une minute.

Chronique : De magnifiques images dans ce livre chaleureux et réaliste sur le stress quotidien, l’oubli et le lien fort entre une mère et son fils. Il y a juste la bonne quantité d’obscurité qui m’attire un peu ici. Acheter un cadeau pour quelqu’un que l’on ne connaît pas vraiment est déstabilisant. L’enfant ne veut même pas aller à la fête. Une mère qui oublie et qui fait tourner tellement de choses peut se sentir comme une merde.
Et le voyage du diadème à la fin est absolument magnifique !

ASIN ‏ : ‎ B0BMXS5S4X Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023518863 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Moonage Daydream avec David Bowie (Acteur), Brett Morgen (Réalisateur)

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MOONAGE DAYDREAM de Brett Morgen est une immersion dans l’art visuel et musical de David Bowie.

Chronique : Dans Moonage Daydream , le nouveau film documentaire de Brett Morgen, David Bowie raconte l’histoire de sa vie et de sa carrière avec un son extrait d’une multitude d’interviews au fil des années et des décennies. Il n’y a pas de « têtes parlantes » pour nous guider (il n’y a même pas de sous-titres), la seule voix que nous entendons est celle de Bowie et des différents intervieweurs du monde entier qui lui ont parlé. Tout cela est réglé sur des images de David Bowie étant David Bowie. Qu’il s’agisse de jouer en direct sur la tournée Ziggy Stardust en 1972/3, de se promener en Extrême-Orient (du documentaire Ricochet de 1984), de jouer dans des films ( The Man Who Fell To Earth ) ou simplement de parler à Russel Harty.

À un égard, le documentaire est assez traditionnel, avec l’histoire sonore de Bowie globalement dans l’ordre chronologique. Il nous parle de son éducation « ordinaire », de sa relation cool avec sa mère (« on s’entend »), de l’influence positive de son demi-frère Terry (qui a passé la majeure partie de sa vie à l’hôpital à cause de la schizophrénie) et au début des années 1970, son attitude détendue envers la (bi)sexualité. Nous traversons les différentes phases de sa vie créative, alors qu’il part pour l’Amérique pour s’imprégner des influences (comme une mouche dans un carton de lait !), se rend à Berlin pour enregistrer avec Eno et Visconti, décide de devenir un « artiste » au début des années 80 avec Let’s Danceet se retrouve ensuite dans le ghetto créatif du rock d’entreprise parrainé par Pepsi pendant la majeure partie du reste de cette décennie. Il renoue avec son désir d’être artistique, se jure de se faire plaisir dans les années 1990, rencontre sa seconde épouse Iman (il n’est pas question d’Angie), tombe amoureux et est enfin satisfait.

C’est là que la convention s’arrête. Visuellement , Moonage Daydream est un festin, à la limite parfois de l’excès. Pendant que Bowie nous parle, Morgen superpose souvent un visuel pertinent pour la période, avant de juxtaposer d’autres clichés de David d’époques complètement différentes de sa vie et de sa carrière. Ziggy sur scène dans 73 coupes directement à un Bowie pensif en étant filmé en Extrême-Orient une décennie plus tard, avant de revenir en arrière. 1991 « Sound + Vision » Bowie revient régulièrement tout au long des années 1970 (de nombreuses séquences sont utilisées à partir de la vidéo « Fame ’90 ») et pendant une séquence « Let’s Dance », il y a un rythme effréné dans le montage qui passe frénétiquement d’Earls Court dans ‘ 78 à Ziggy en 73, à David Liveà LA, à Footstompin’ sur The Dick Cavett Show et ainsi de suite. Des animations époustouflantes et des visuels célestes y sont souvent intégrés; coupes de visuels emblématiques de la culture pop du XXe siècle (par exemple Kubrick’s 2001: A Space Odyssey); des séquences familières (documentaire Cracked Actor d’ Alan Yentob de 1975) et moins familières (film époustouflant de Bowie dans les studios Hansa à Berlin).

L’audio et les visuels de la parole reposent sur un lit de musique qui lie tout ensemble. La conception sonore est incroyable et avec l’aide de Tony Visconti, les chansons sont souvent déconstruites et reconstruites au cours d’une séquence avant de se transformer en autre chose. Cela fournit une expérience kaléidoscopique et parfois désorientante. Morgen est clairement influencé par les techniques d’écriture lyrique « cut-up » de Bowie au milieu des années 70 (un concept emprunté à William Burroughs) où il écrivait des paroles, les découpait et les mélangeait dans le but d’inspirer de nouvelles idées. Morgen s’en inspire et utilise visuellement cette technique non linéaire, avec laquelle Steven Soderbergh a joué dans son film de 1999 The Limey .

En tant que réalisation technique et créative, c’est important et on ne peut que se demander combien de temps il a fallu à Morgen (qui a «écrit», réalisé et monté le documentaire) pour assembler ce puzzle d’un million de pièces. Ce fut sûrement une obsession dévorante pendant quelques années.

Bien que ce soit intelligent, une question que nous devons nous poser est de savoir si cette technique fonctionne vraiment comme un documentaire.
Moonage Daydream nous apprend-il quelque chose de nouveau sur David Bowie ?
Les images merveilleuses, les interviews approfondies (certaines plus révélatrices que d’autres) et les incroyables performances en direct sont toutes très agréables, mais une fois assemblées, elles ne représentent pas plus que la somme de leurs parties.
Le film cherche une vérité plus élevée et une perspicacité profonde mais ne parvient pas à la trouver.
David Bowie était une personne interrogée intéressante, mais vous devez vous demander si le fait de lier des réponses disparates, sur le sabot, nous fournit une vision du monde fiable.
Par exemple, sa «vente» pour être une pop star des années 80 à changement d’unité est certainement couverte mais n’est pas correctement explorée, à l’exception des indices qu’il voulait simplement un gros chèque de paie en passant à EMI (dans un clip, il rit avant de s’exclamer « pas de merde, Sherlock » quand on lui dit à la fin des années 1970 que sa période d’albums à Berlin n’a pas dû être la plus lucrative).
À deux heures et quinze minutes, le film est au moins une demi-heure trop long, un sentiment accentué par la réutilisation de clips que vous avez déjà vus à plusieurs reprises qui donne un plutôt circulaire, n’avons-nous-été-ici -avant ambiance à la procédure.
Lorsque vous jetez un coup d’œil à votre montre régulièrement au cours du dernier tronçon et que vous espérez que c’est la fin lorsque l’écran devient noir (uniquement pour qu’il commence dans la séquence suivante), vous savez qu’il y a quelque chose qui ne va pas, quelque part.
Le plus déconcertant,
Moonage Daydream est étrangement immobile, même dans les affres finales, alors que « Blackstar » joue.
On a l’impression que Bowie garde ses distances avec ses intervieweurs au fil des ans.
Il a le contrôle, jouant peut-être un rôle comme Ziggy ou The Thin White Duke.
Vous comprendrez pourquoi la succession a approuvé ce concept documentaire.
Avec David comme narrateur, Moonage Daydream est encore une autre masterclass à Bowie tirant les ficelles, cette fois d’outre-tombe.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.78:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17.4 x 13.7 x 1.4 cm; 40 grammes Audio description : ‏ : ‎ Anglais Réalisateur ‏ : ‎ Brett Morgen Format ‏ : ‎ Cinémascope, Couleur Durée ‏ : ‎ 2 heures et 15 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 21 décembre 2022 Acteurs ‏ : ‎ David Bowie Doublé : ‏ : ‎ Anglais Sous-titres : ‏ : ‎ Allemand, Français, Italien, Néerlandais Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Anglais (PCM Stéréo) Studio  ‏ : ‎ Universal Pictures France ASIN ‏ : ‎ B0BGQ5KZTX