Les Années bleues (2) de ito

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En japonais, pour écrire le mot  » jeunesse « , on utilise deux idéogrammes qui signifient  » printemps bleu « .

Ce second tome des Années bleues vient conclure avec beaucoup de sensibilité le récit initiatique imaginé par ito. Après les premiers émois, les hésitations et les découvertes du premier volume, Miho et Murata poursuivent leur chemin vers l’âge adulte au fil des dernières années de lycée.

L’autrice continue d’explorer avec une grande justesse les sentiments qui accompagnent la jeunesse : l’amour, le désir, les doutes, les incompréhensions mais aussi les moments de bonheur fugaces qui marquent durablement une vie. Les personnages évoluent, grandissent et apprennent peu à peu à composer avec leurs émotions et leurs choix.

Le récit conserve cette approche intimiste qui fait tout son charme. Ici, pas de grands rebondissements spectaculaires, mais une succession de moments du quotidien qui construisent progressivement une histoire d’amour crédible et profondément touchante. Chaque regard, chaque silence et chaque geste prennent une importance particulière.

L’une des grandes réussites de ce diptyque réside dans sa capacité à retranscrire la nostalgie de ces années charnières. Ito capture parfaitement cette période où tout semble possible, où les relations se construisent et où les premières expériences laissent une empreinte durable.

Graphiquement, l’ouvrage demeure superbe. Entièrement réalisé en couleurs, il bénéficie d’une atmosphère douce et lumineuse qui accompagne à merveille les émotions des personnages. Chaque page possède une élégance qui renforce encore le caractère contemplatif du récit.

À travers Miho et Murata, l’autrice livre une réflexion universelle sur le passage à l’âge adulte, les souvenirs que l’on conserve et les personnes qui façonnent notre parcours.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 17 juin 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203296631 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203296633

Les Années bleues (1) de ito

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En japonais, pour écrire le mot  » jeunesse « , on utilise deux idéogrammes qui signifient  » printemps bleu « .

Les Années bleues est un manga d’une grande délicatesse qui capture avec justesse les émotions de l’adolescence, cette période où tout semble à la fois immense, fragile et bouleversant.

À travers le quotidien de Miho et Murata, l’autrice ito raconte les premiers émois amoureux, les hésitations, les maladresses et les découvertes qui accompagnent les années lycée. De la cérémonie de rentrée jusqu’à la remise des diplômes, le récit suit l’évolution de leurs sentiments et les petites révolutions intérieures qui marquent le passage à l’âge adulte.

Loin des romances spectaculaires, Les Années bleues privilégie les instants simples : un regard échangé, une conversation maladroite, une attente, un silence ou une émotion difficile à exprimer. C’est dans ces détails du quotidien que le manga trouve toute sa force.

L’autrice retranscrit avec beaucoup de sensibilité la naissance du désir, les incertitudes liées aux premiers sentiments et la difficulté de trouver sa place au sein des autres. Les personnages apparaissent profondément humains, avec leurs élans, leurs doutes et leurs contradictions.

L’un des aspects les plus remarquables de l’ouvrage est son traitement graphique. Entièrement réalisé en couleurs, le manga bénéficie d’une atmosphère douce et lumineuse qui accompagne parfaitement la nostalgie qui se dégage du récit. Chaque planche ressemble parfois à une illustration délicatement peinte, renforçant l’impression de feuilleter un carnet de souvenirs.

Cette approche visuelle sublime les émotions sans jamais les surligner. La beauté du dessin sert constamment le récit et participe à l’immersion dans cette période si particulière de la vie.

Entre chronique adolescente, romance et journal intime, Les Années bleues célèbre avec beaucoup de finesse ces moments qui paraissent ordinaires lorsqu’on les vit mais qui deviennent, avec le temps, des souvenirs fondateurs.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 17 juin 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203296682 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203296688

Sukima (Tome 2) de Gao Yan

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Yang Yang, jeune Taïwanaise en échange universitaire, poursuit sa nouvelle vie au Japon.

Dans ce deuxième tome de Sukima, Gao Yan poursuit avec finesse son récit d’apprentissage entre quête identitaire, éveil politique et premiers émois amoureux.

Installée au Japon dans le cadre de son échange universitaire, Yang Yang continue de découvrir un nouvel environnement, de nouvelles amitiés et une autre façon de voir le monde. Mais malgré la distance, ses pensées restent tournées vers Taïwan et vers J., dont elle est toujours profondément amoureuse.

Alors que J. s’investit davantage dans les mouvements démocratiques de son pays, Yang Yang prend peu à peu conscience des enjeux politiques qui traversent sa génération. Les questions de liberté, de démocratie, de droits humains et d’engagement citoyen s’invitent naturellement dans son parcours personnel.

Gao Yan réussit une nouvelle fois à mêler l’intime et le politique avec beaucoup de sensibilité. Les grands débats de société ne sont jamais présentés de manière abstraite, mais à travers le regard d’une jeune femme qui découvre progressivement sa place dans le monde et les causes qui lui tiennent à cœur.

Le récit aborde également les luttes LGBTQIA+, les questions d’identité et les relations humaines avec beaucoup de justesse. Les émotions de Yang Yang, ses doutes, ses espoirs et ses engagements donnent au récit une authenticité particulièrement touchante.

Graphiquement, l’autrice conserve un dessin délicat et expressif qui accompagne parfaitement cette chronique du passage à l’âge adulte. Les silences, les regards et les petits instants du quotidien occupent une place aussi importante que les événements plus marquants.

Entre romance, découverte de soi et conscience politique, Sukima continue de construire un récit profondément humain qui parle autant d’engagement que de jeunesse.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 1 juillet 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203302755 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203302754

In waves de AJ Dungo

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En amont de la sortie du film d’animation, redécouvrez ce chef d’oeuvre

In Waves est une œuvre profondément émouvante dans laquelle AJ Dungo raconte une histoire intime de perte, d’amour et de résilience, tout en rendant hommage à une autre de ses passions : le surf.

Au cœur du récit se trouve son histoire avec Kristen. AJ Dungo évoque avec beaucoup de délicatesse leur rencontre, leur complicité, les moments de bonheur partagés au bord de l’océan puis l’épreuve de la maladie qui vient bouleverser leur existence. Sans jamais chercher à forcer l’émotion, il retranscrit avec une grande sincérité les joies, les peurs et les espoirs qui accompagnent ce combat.

L’une des grandes forces de l’album réside dans sa pudeur. Plutôt que de s’abandonner au drame, l’auteur choisit la retenue et la simplicité. Cette approche rend les émotions encore plus fortes et permet au lecteur de s’attacher profondément aux personnages.

En parallèle de ce récit personnel, AJ Dungo retrace l’histoire du surf à travers plusieurs figures légendaires qui ont marqué ce sport. Ces parenthèses documentaires s’intègrent naturellement au récit et enrichissent la réflexion sur la passion, la transmission et le rapport à l’océan.

Graphiquement, In Waves impressionne par son élégance. Le noir, le blanc et les nuances de bleu composent des planches d’une grande beauté où les vagues, les paysages marins et les émotions des personnages prennent une dimension presque poétique.

L’océan devient un personnage à part entière, symbole à la fois de liberté, de mémoire et de continuité face aux épreuves de la vie. Cette présence constante apporte au récit une atmosphère contemplative particulièrement touchante.

L’édition enrichie permet également de prolonger l’expérience grâce à un cahier supplémentaire consacré à l’adaptation animée de l’œuvre, offrant un regard intéressant sur sa transposition à l’écran.

Une bande dessinée magnifique, bouleversante sans jamais être larmoyante. Entre histoire d’amour, hommage au surf et réflexion sur le deuil, In Waves est une œuvre lumineuse qui marque durablement le lecteur.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 22 mai 2026 Édition ‏ : ‎ Enlarged Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 392 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203302550 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203302556

Bruno Mars au Stade de France : une soirée où tout le monde a oublié le temps

Il y a des concerts qui impressionnent. Et puis il y a ceux qui rassemblent.

Dimanche soir, pour sa troisième date française au Stade de France, Bruno Mars n’a pas simplement offert un spectacle gigantesque à près de 80 000 spectateurs. Il a réussi quelque chose de plus rare : créer, l’espace de quelques heures, un immense moment de bonheur collectif.

Bien avant le début du concert, l’ambiance était déjà particulière. Des familles, des groupes d’amis, des couples de tous âges se croisaient dans les allées du stade. Certains avaient attendu des mois ce rendez-vous. D’autres découvraient l’artiste pour la première fois. Pourtant, lorsque les lumières se sont éteintes, toutes ces différences se sont effacées.

Bruno Mars possède ce talent devenu rare : celui de parler à tout le monde.

Dès les premiers morceaux, le Stade de France s’est transformé en immense piste de danse. Les gradins se sont levés d’un seul mouvement. Les sourires se sont multipliés. Les téléphones ont rapidement été oubliés au profit de l’instant présent.

Sur scène, l’artiste américain impressionne toujours autant par sa maîtrise. Sa voix semble ne jamais faiblir. Ses chorégraphies restent d’une précision remarquable. Mais ce n’est pas ce qui touche le plus.

Ce qui frappe, c’est la générosité.

Bruno Mars donne l’impression de prendre autant de plaisir que son public. Il sourit constamment, joue avec ses musiciens, remercie les spectateurs et transforme chaque chanson en célébration. Rien ne paraît forcé. Tout semble sincère.

Au fil de la soirée, les tubes s’enchaînent. Les générations se mélangent. Les parents chantent avec leurs enfants. Des inconnus dansent ensemble. Pendant quelques heures, les préoccupations du quotidien disparaissent.

Et puis viennent ces moments suspendus dont seul un grand artiste a le secret.

Lorsque les premières notes de ses ballades résonnent dans le stade, l’atmosphère change brusquement. Les cris laissent place aux murmures. Des milliers de lumières illuminent la nuit. Certains couples se prennent dans les bras. D’autres essuient discrètement une larme.

Le Stade de France, pourtant immense, semble soudain devenir intime.

C’est sans doute là que réside la force de Bruno Mars. Derrière la machine à tubes et le performer exceptionnel se cache un artiste profondément humain. Un chanteur capable de faire danser une foule entière quelques minutes avant de la faire replonger dans ses souvenirs.

Lorsque les dernières notes retentissent et que les lumières se rallument, personne ne semble pressé de partir. Les visages affichent cette fatigue heureuse que l’on ressent après les grandes soirées.

En quittant le Stade de France, une sensation demeure : celle d’avoir partagé quelque chose de simple mais précieux.

À une époque où tout va vite, où tout se consomme et s’oublie presque instantanément, Bruno Mars a rappelé qu’un concert peut encore être un moment de communion.

Pas seulement un spectacle.

Un souvenir.

Les Enfants de Gaza de Loris Lai ·

A Gaza, en 2003, deux garçons, un Palestinien et un Israélien, rencontrent un ancien surfeur trentenaire et ensemble ils partagent leur passion de l’eau et de la glisse.

Avec Les Enfants de Gaza, le cinéma s’empare d’un sujet particulièrement sensible à travers le regard de l’enfance. Situé à Gaza en 2003, le film choisit de raconter une histoire d’amitié et de transmission au cœur d’un territoire marqué par les divisions et les conflits.

Le récit suit deux garçons, l’un Palestinien, l’autre Israélien, dont la rencontre avec un ancien surfeur va bouleverser leur quotidien. Autour d’une passion commune pour la mer et le surf, ils découvrent un espace de liberté où les frontières, les préjugés et les tensions semblent momentanément s’effacer.

L’une des grandes qualités du film réside dans son approche profondément humaniste. Plutôt que de se concentrer sur les affrontements politiques, il privilégie les liens qui unissent les individus et montre comment une passion partagée peut devenir un langage universel. La mer apparaît alors comme un symbole puissant de liberté, d’évasion et d’espoir.

La mise en scène met particulièrement en valeur les paysages côtiers et les séquences de surf, qui apportent souffle et poésie à un récit souvent traversé par l’inquiétude et l’incertitude. Ces moments de grâce contrastent avec la dureté du contexte et renforcent l’émotion qui se dégage de l’ensemble.

Le film trouve sa force dans la sincérité de ses personnages et dans son refus du manichéisme. À travers le regard des enfants, il rappelle que les rêves, les amitiés et les aspirations demeurent plus forts que les divisions imposées par les adultes.

Sans prétendre apporter de réponses simples à une situation complexe, Les Enfants de Gaza délivre un message de tolérance et de dialogue porté par une grande sensibilité. Un drame émouvant et lumineux qui célèbre la capacité de l’être humain à créer des ponts là où d’autres ne voient que des murs.

Une œuvre touchante et porteuse d’espoir, dont l’émotion naît avant tout de la beauté des relations humaines et de la puissance évocatrice de la mer.

LOL 2.0 De Lisa Azuelos Avec Sophie Marceau, Thaïs Alessandrin, Vincent Elbaz

Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental

Près de vingt ans après le succès de LOL, Lisa Azuelos retrouve l’univers qui l’a révélée avec LOL 2.0. Cette fois, le regard se déplace vers les parents devenus les héros de l’histoire, avec une Sophie Marceau toujours aussi attachante dans le rôle d’Anne.

Le film aborde avec bienveillance les bouleversements de la cinquantaine : le départ des enfants, le retour inattendu au foyer familial, l’arrivée d’un petit-enfant et la possibilité d’une nouvelle vie sentimentale. Sur le papier, les thèmes sont universels et offrent de nombreuses pistes d’émotion et de comédie.

Malheureusement, LOL 2.0 peine à retrouver la fraîcheur et la spontanéité qui faisaient le charme du film original. Le scénario multiplie les situations attendues et les conflits générationnels déjà vus, sans toujours parvenir à leur apporter une véritable profondeur. Certaines intrigues semblent survolées tandis que d’autres s’étirent inutilement.

Si Sophie Marceau porte le film avec son naturel habituel, épaulée par Thaïs Alessandrin et Vincent Elbaz, l’ensemble manque parfois d’enjeu dramatique et de rythme. Les personnages restent sympathiques, mais leurs parcours peinent à susciter un réel attachement émotionnel.

La réalisation de Lisa Azuelos conserve néanmoins une certaine tendresse pour ses personnages et offre quelques moments sincères qui rappellent que grandir ne s’arrête jamais, quel que soit l’âge. Le film se laisse regarder avec plaisir, notamment grâce à son casting solide et à son ton résolument optimiste.

Sans être désagréable, LOL 2.0 apparaît comme une suite honnête mais inégale, qui peine à justifier pleinement son retour. Une comédie dramatique familiale agréable par moments, mais qui manque de surprise et d’ambition pour laisser une empreinte durable. Un film moyen, porté avant tout par le charme de ses interprètes plutôt que par la force de son scénario.

Plus fort que moi De Kirk Jones (II) Avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake

Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d’embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.

Avec Plus fort que moi, Kirk Jones livre un drame biographique profondément humain qui met en lumière un sujet encore trop rarement abordé au cinéma : le syndrome de Gilles de la Tourette. Inspiré d’un parcours de vie marqué par la résilience, le film évite le sensationnalisme pour privilégier l’émotion et l’authenticité.

Porté par une interprétation remarquable d’Robert Aramayo, le récit suit John Davidson dans les années 1980, alors qu’il tente de trouver sa place dans une société qui comprend mal sa différence. Face aux regards, aux jugements et aux incompréhensions, le jeune homme refuse pourtant de se laisser définir par sa maladie.

À ses côtés, Shirley Henderson et Maxine Peake apportent profondeur et sensibilité à un entourage confronté lui aussi aux difficultés d’un handicap invisible souvent mal interprété.

La grande réussite du film réside dans sa capacité à montrer le quotidien de son héros sans jamais le réduire à sa condition médicale. Le scénario met en avant ses rêves, ses doutes, ses relations et ses aspirations, rappelant que derrière les symptômes se trouve avant tout un être humain cherchant à être accepté pour ce qu’il est.

La mise en scène adopte une approche sobre et respectueuse, laissant toute la place aux personnages et à leurs émotions. Cette retenue donne au récit une sincérité touchante qui permet au spectateur de mieux comprendre les réalités vécues par les personnes atteintes du syndrome de Gilles de la Tourette.

Au-delà du portrait individuel, Plus fort que moi délivre un message universel sur l’acceptation de soi, la tolérance et le regard porté sur la différence. Le film rappelle avec justesse combien les préjugés peuvent être plus douloureux que les difficultés elles-mêmes.

Émouvant sans être larmoyant, inspirant sans tomber dans la facilité, Plus fort que moi est un drame lumineux qui célèbre le courage, la dignité et la force intérieure. Un film nécessaire qui sensibilise autant qu’il touche.

Marty Supreme de Josh Safdie Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion

Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.

Avec Marty Supreme, Josh Safdie poursuit son exploration des personnages obsédés par la réussite et prêts à franchir toutes les limites pour atteindre leurs objectifs. Après plusieurs films marqués par une énergie nerveuse et une tension constante, le cinéaste livre ici un récit ambitieux porté par l’un des acteurs les plus en vue de sa génération.

Dans le rôle-titre, Timothée Chalamet impressionne par son charisme et son intensité. Il incarne Marty Mauser, un jeune homme animé par une volonté inébranlable de réussir, quitte à prendre tous les risques. Son interprétation donne vie à un personnage aussi fascinant qu’insaisissable, constamment partagé entre ambition, désir de reconnaissance et quête d’identité.

À ses côtés, Gwyneth Paltrow apporte élégance et expérience à un récit dominé par des personnalités fortes, tandis qu’Odessa A’zion complète efficacement cette distribution de haut niveau.

Fidèle à son style, Josh Safdie construit une mise en scène nerveuse et immersive qui plonge le spectateur dans la spirale de son protagoniste. Chaque décision, chaque opportunité et chaque échec contribuent à nourrir une tension permanente. Le film avance à un rythme soutenu, porté par une réalisation qui capte parfaitement l’urgence et l’excitation de la quête de réussite.

Au-delà de son récit de conquête, Marty Supreme interroge les notions de succès, de sacrifice et d’obsession. Le film dresse le portrait d’une génération persuadée que tout est possible, mais qui découvre également le prix parfois exorbitant de ses ambitions.

Porté par une réalisation maîtrisée et une performance magnétique de Timothée Chalamet, Marty Supreme s’impose comme un drame intense et captivant. Une œuvre sur la poursuite des rêves et les risques que l’on accepte de prendre pour les atteindre, où l’énergie débordante de son héros ne cesse de captiver jusqu’au dernier instant.

N121 Bus de nuit De Morade Aïssaoui Avec Riadh Belaïche, Bakary Diombera, Gaspard Gevin-Hié

Oscar, Simon et Aïssa, trois amis d’enfance, vont à Paris pour fêter une bonne nouvelle. Mais dans le bus de nuit qui les ramène chez eux, le N121, un échange entre passagers dégénère et la situation dérape.

Avec N121 Bus de nuit, Morade Aïssaoui signe un premier long métrage tendu et profondément ancré dans le réel. À travers une nuit qui bascule progressivement dans la violence, le film propose un regard lucide sur les tensions sociales contemporaines et sur la fragilité des équilibres humains.

Porté par Riadh Belaïche, Bakary Diombera et Gaspard Gevin-Hié, le récit suit trois amis d’enfance dont la soirée festive prend une tournure inattendue lors d’un trajet en bus nocturne. Dans cet espace clos où se croisent des individus aux parcours et aux sensibilités différentes, une simple altercation devient le point de départ d’une escalade incontrôlable.

Le film tire sa force de son réalisme. Morade Aïssaoui transforme le bus de nuit en un microcosme de la société française, où frustrations, préjugés et incompréhensions se révèlent au grand jour. Loin des caricatures, il s’attache à montrer la complexité des réactions humaines lorsqu’un événement banal dégénère.

La mise en scène immersive renforce efficacement le sentiment d’enfermement. Le spectateur partage l’inquiétude croissante des personnages au fil des kilomètres, dans une atmosphère de plus en plus oppressante. Cette tension constante donne au film un rythme soutenu et une véritable puissance dramatique.

Au-delà de son intrigue, N121 Bus de nuit interroge avec finesse la notion de responsabilité collective, les mécanismes de groupe et la manière dont une situation peut rapidement échapper à tout contrôle. Les interprètes apportent une authenticité précieuse à des personnages auxquels il est facile de s’identifier.

Entre chronique sociale et thriller urbain, N121 Bus de nuit s’impose comme un film percutant, porté par une énergie brute et un regard sincère sur la société contemporaine. Une œuvre intense qui rappelle que les événements les plus marquants naissent parfois des situations les plus ordinaires.