Les 5 films les plus bizarre à voir sur Netflix

Voici les pépites enfouies dans les profondeurs de Netflix.

Swiss Army Man de Daniel Kwan et Daniel Scheinert

Hank, un homme désespéré errant dans la nature, découvre un mystérieux cadavre.

Ils vont tous les deux embarquer dans un voyage épique afin de retrouver leur foyer.

Lorsque Hank réalise que ce corps abandonné est la clé de sa survie, le suicidaire d’autrefois est forcé de convaincre un cadavre que la vie vaut la peine d’être vécu.

Le film a beau être basé entièrement sur un humour pipi-caca-prout, passées la première demie-heure, l’ambiance n’est plus vraiment à la rigolade.

Swiss Army Man m’a désarçonnée, et m’a ému par sa beauté et sa poésie.

En plus, le duo Daniel Radcliffe/Paul Dano fonctionne à merveille !

Nocturama de Bertrand Bonello

Paris, un matin. Une poignée de jeunes, de milieux différents.

Chacun de leur côté, ils entament un ballet étrange dans les dédales du métro et les rues de la capitale.

Ils semblent suivre un plan. Leurs gestes sont précis, presque dangereux.

Ils convergent vers un même point, un Grand Magasin, au moment où il ferme ses portes.

La nuit commence.

Nocturama est inclassable.

J’ai été absorbé par la tension de bout en bout.

J’ai aussi apprécié de voir autant de jeunes acteurs dans la lumière, de Finnegan Oldfield à Rabah Naït Oufella, en passant par Laure Valentinelli et Manal Issa.

Un petit bijou, si tu veux mon avis.

The Lobster, de Yórgos Lánthimos

Dans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur.

Passé ce délai, elle sera transformée en l’animal de son choix.

Pour échapper à ce destin, un homme s’enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires..

The Lobster est dramatique, pince-sans-rire mais surtout absurde, et j’ai dû faire preuve d’un certain lâcher-prise pour l’aimer à sa juste valeur.

Yórgos Lánthimos fait partie de mes préférés du moment, alors si tu as aimé La Favorite, je te conseille de te jeter sur ce film qui l’a fait connaître au grand public !

Anima de Paul Thomas Anderson

Ce court métrage met en scène Thom Yorke, le leader du groupe Radiohead, et accompagne la sortie de son album solo « Anima ».

Le réalisateur d’Inherent Vice ou encore Phantom Thread se lance un défi expérimental avec ce court-métrage musical de 15 minutes.

Thom Yorke y incarne un fauteur de trouble dans un décor kafkaïen, et déclenche une histoire d’amour touchante.

Les chorégraphies sont remarquables, la musique hypnotique, et elles accompagnent le personnage dans la recherche d’un rêve, d’une trêve dans un rythme métro/boulot/dodo aliénant.

Si t’as un quart d’heure à dépenser, ne fais pas l’impasse sur Anima.

Qu’a fait Jack ? de David Lynch

Réalisé en 2017 pour la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Qu’a fait Jack ? est une discussion de 17 minutes entre un détective, joué par David Lynch en personne, et un singe accusé de meurtre.

Les seconds rôles sont endossés par Emily Stofle et une poule.

La réalisation repose entièrement sur le champ contre-champ, et le dialogue absurde des protagonistes rappelle cette scène pseudo-philosophique lunaire d’OSS117.

Je pourrais tenter de me faire passer pour une adepte d’art contemporain et crier au génie, mais la vérité est tout autre.

J’ai cependant pris un certain plaisir à mater ce singe parlant mal animé me ramener au temps des Têtes à claques et des Willi Waller 2006.

Mais comme j’adore David Lynch et qu’après les visionnages de Twin Peaks ou de Mullholland Drive, j’ai appris à connaître la bête, j’ai su dès le lancement du court-métrage qu’il fallait que je me laisse porter, sans me poser trop de questions.

Mauvaise conscience de Fabio Benoit | 6 février 2020

Un dénouement à la déflagration surprenante et des situations à la fois réalistes et comiques font de ce nouveau roman une suite attendue et réussie de Mauvaise personne (réédité et primé en 2018), bien que pouvant parfaitement se lire de manière indépendante.

Chronique : Pour tout vous avouer j’avais un peu peur avant d’entamer la lecture de ce polar. En effet la quatrième de couverture promet une intrigue chorale, à mi-chemin entre terrorisme et comptabilité véreuse et dépassant les frontières de la Suisse.

Très vite j’ai compris que malgré la polyphonie narrative je parviendrai à suivre l’intrigue, même s’il faut parfois attendre cinquante pages avant de retrouver un personnage introduit précédemment, l’auteur parvient à conserver une unité de ton salvatrice pour le lecteur étant donné la complexité de l’intrigue et le fait qu’il s’agisse de la suite de « mauvaise personne » sortie en . Pour cela il use de chapitres courts assurants un rythme effréné au récit et d’un humour à froid qui maintient l’attention du lecteur en plus de rendre cocasses certains passages.

Cette unité qui cimente tout le récit est autant une force qu’une faiblesse. L’auteur entretient un style proche d’un rapport judiciaire lui conférant un détachement et une certaine désincarnation malheureusement. Les personnages sont travaillés mais un peu transparents, ils manquent de consistance et ce n’est pas faute d’essayer d’accorder du relief à chacun d’entre eux. Mais mise à part le tueur à gages Nono, qui mériterait une aventure à lui tout seul, aucun personnage ne tire son épingle du jeu. Ce qui est vraiment regrettable puisque l’auteur offre par ailleurs une intrigue solide, des scènes d’action maîtrisées et une touche d’humour morbide délicieuse.

En définitive une lecture haletante mais qui aurait mérité des personnages plus approfondis.

Note: 7/10

  • Broché : 326 pages
  • Editeur : Favre (6 février 2020)
  • Collection : Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2828918092

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Le don de Skullars Newton de Jean-François Chabas / 15 janvier 2020

Skullars Newton, rastafari du quartier misérable de Tivoli Gardens, en Jamaïque, est né avec un don extraordinaire : il peut lire les corps, décrypter les rouages des organismes vivants d’un simple regard. Mais ce don est aussi sa malédiction, car certains n’apprécient pas de voir leur intimité et leurs faiblesses ainsi exposées. Et seraient prêt à tuer pour s’assurer de son silence.

Chronique: Voilà sans doute ma lecture la plus étrange depuis le début de l’année, pas déplaisante, loin de là mais étrange.La particularité de ce roman est d’être à la croisée de plusieurs genres très codifiés. Le roman policier, le récit fantastique et la littérature blanche. Il en résulte une oeuvre hybride inclassable mais passionnante.Le don de ce cher Skullars est original, bien décrit et apporte au récit un atout fantastique des plus appréciables. Cependant le personnage de Skullars est un peu désincarné et passif, surtout comparé aux deux autres personnages principaux. En avançant dans la lecture on se rend compte qu’il restera en retrait de l’histoire principale. Les chapitres qui lui sont consacrés sont introspectifs et contemplatifs, ce qui est quand même dommage pour le personnage qui donne son nom à l’ouvrage. Ses souvenirs de son enfance en Jamaïque sont bien amenés à chaque fois ainsi que ses nombreuses anecdotes liées à son pouvoir mais il est dommage de ne pas le voir faire autre chose que contempler les montagnes autrichiennes ou la bagatelle avec une autochtone.Avec les chapitres consacrés à son frère ennemi, le terrible Jay-Jay « Fyah » Hearts, on verse dans le thriller d’action sanglant au rythme effréné. Ce Caïd impitoyable mais intelligent et vicieux offre une déferlante de violence digne d’un scarface ou d’un Pablo Escobar. Par contre le lien qui l’unit à Skullars n’est pas suffisamment étayé pour installer une tension narrative entre les deux protagonistes. Les deux personnages vivent leurs trames séparément et la raison de la rancoeur de Fyah paraît assez ténue.Le personnage le plus intéressant reste celui de Sissi Hearts, la sœur de Jay-Jay et éperdument amoureuse de Skullars, qui parcourt le globe à sa recherche. Sissi est une femme qui a compris qu’elle vivait dans un monde d’homme, qu’elle ne pourrait rien n’y changer mais qui a décidé de s’adapter en retournant les règles du jeu contre ces mâles dominants qui pullulent son entourage. Elle suit ses propres règles tout en offrant un masque de conformisme qui lui permet de survivre dans la haute-société.Malgré le plaisir que l’on prend à dévorer les chapitres il faut reconnaître que le récit reste assez plat, il manque un pic de tension finale qui viendrait cristalliser la rage meurtrière de Fyah et les attentes romantiques de Sissi face à Skullars qui ne cherche qu’à fuir toute cette agitation. Pour tout dire jusqu’à la dernière page j’étais persuadé de lire le premier tome prometteur d’une saga mais il n’en est rien c’est bien un roman d’un seul tenant. Ce qui n’empêche pas d’espérer relire un jour les aventures de ce personnage si original en espérant qu’il soit mieux mis en scène.

Note : 8,5/10

  • Broché : 378 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (15 janvier 2020)
  • Collection : Littérature Française
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 270216546X
  • ISBN-13 : 978-2702165461

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Test DVD: Official Secrets (11 Mars 2020) de Gavin Hood avec Keira Knightley, Matt Smith

2003 : les États-Unis et l’Angleterre souhaitent intervenir en Irak.
Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, reçoit une note de la NSA : les États-Unis sollicitent l’aide de la Grande-Bretagne pour rassembler des informations compromettantes sur certains membres du Conseil de sécurité de l’ONU et les obliger à voter en faveur de l’invasion. Gun prend alors la décision de divulguer le mémo à la presse afin d’empêcher la guerre.

Chronique : Il y a quelque chose d’intéressant, de dur et de direct dans ce  film d e Gavin Hood. Il s’agit d’un drame d’espionnage Tiré d’une histoire vraie sur l’importante polémique de l’invasion de l’Iraq par les U.S.A.

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Official Secrets montre que les drames d’espionnage de la vie réelle ne sont très souvent pas des thrillers d’action comme Bond ou Bourne ou la serie Homeland -mais quelque chose qui ressemble plus à de la politique de bureau au niveau nucléaire.

Le  film est basé sur le cas réel de Katharine Gun, une traductrice travaillant pour les services de sécurité britanniques à l’unité de surveillance du GCHQ . En 2003, elle a été surprise de recevoir un courriel dans lequel il était clairement indiqué qu’elle devait découvrir des détails personnels incriminants dans la vie des représentants de l’ONU de petits pays afin de les faire chanter pour qu’ils votent en faveur de la guerre en Irak. Gun a imprimé le courriel et l’a transmis à un ami anti-guerre, et il a finalement constitué la base d’un scoop sensationnel en première page de l’Observer.

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Bien qu’elle n’ait pas arrêté la guerre, comme Gun rêvait de le faire, elle a joué un rôle important dans la transformation de la presse et de l’opinion publique. Gun elle-même a été poursuivie en vertu de la loi sur les secrets officiels.

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Keira Knightley donne une performance ciblée, plausible et sympathique dans le rôle de Gun, et le film montre qu’elle est à bien des égards la dénonciatrice classique.

Son idéalisme, son éthique du travail et son professionnalisme ont fait d’elle une excellente agente de renseignements au départ, et pourtant, ce sont précisément ces éléments qui l’ont rendue rebelle. Mais surtout, elle est jeune – comme Edward Snowden, ou Chelsea Manning, ou Sarah Tisdall, emprisonnée en 1984 pour avoir révélé des détails sur les missiles de croisière américains en Grande-Bretagne. Gun est encore assez jeune pour ne pas avoir fait un investissement de carrière inéluctable dans le GCHQ ou avoir formé des liens de fidélité avec ses supérieurs.

La vie professionnelle de l’Observateur est représentée de façon tapageuse et affectueuse. Rhys Ifans joue le célèbre journaliste Ed Vulliamy dans le rôle d’un critique du gouvernement passionnément en colère ; Matt Smith joue Martin Bright – qui a écrit l’histoire originale – et Hanako Footman joue la jeune journaliste Nicole Mowbray, dont l’erreur chaotique et innocente de transcrire le courriel, en remplaçant ses orthographes américaines par des orthographes britanniques, a fait en sorte que l’histoire a été initialement gâchée par des conspirateurs en ligne aux États-Unis. Conleth Hill joue le rôle du rédacteur en chef de l’Observer, Roger Alton, qui, malgré sa ligne pro-gouvernementale, s’en sort plutôt bien. C’est sa soif honnête d’une bonne histoire qui le pousse à publier.

Mais la vie de ces journalistes est fondamentalement confortable. Gun, par contre, est emmené dans une inquisition épouvantable au GCHQ, puis dans un poste de police, et est informé qu’il ne peut pas révéler les détails de son travail à son avocat, puis découvre que son mari, Yasar (Adam Bakri), un demandeur d’asile turc, a mystérieusement été mis sur la liste pour une déportation imminente.

La relation la plus intrigante suggérée par le film est celle de l’avocat vétéran des droits de la personne Ben Emmerson (Ralph Fiennes), qui a défendu Gun, et de son ancien collègue, l’ancien avocat libéral Ken MacDonald (Jeremy Northam), qui est devenu directeur des poursuites publiques et qui a pris la décision de porter ou non l’accusation contre Gun, et de faire d’elle un exemple. Quelle peut avoir été la dynamique entre ces deux hommes ? Le film dépeint une sorte de méfiance cordiale qui se fige en détestation.

En 2019, nous avons sans doute des vues plus compliquées sur les fuites et les dénonciations, maintenant que la réputation de Julian Assange a assombri celui que nous considérons comme le héros des outsiders. Mais le cas de Gun est extraordinairement pertinent ; il montre un monde qui, d’une certaine manière, semble être d’hier et, d’une autre manière, d’il y a une éternité. C’est un monde dans lequel les gens stockent des fichiers informatiques sur des lecteurs Zip, où un Tony Blair à l’air jeune est interviewé à la télévision par David Frost et où l’establishment a largement, bien que malheureusement, soutenu et rejoint l’aventure militaire américaine en Irak.

Ce sont précisément ces personnes qui, aujourd’hui, dans les villes, acceptent que tout cela était mal. Le changement d’avis ne s’est pas fait naturellement. Il s’est produit à cause de gens comme Gun, dont le film est un rappel net et pertinent.

Note : 9/10

Vidéo  : Il s’agit d’une excellente présentation vidéo qui semble correspondre parfaitement au matériel source. Les couleurs sont profondément saturées d’une vitalité agréable et d’une profondeur délimitée. Les images sont résolues, avec une netteté stable, des détails nets et un raffinement subtil appréciable. Certaines scènes semblent mieux résolues que d’autres bien que je soupçonne que cela est lié à la photographie. Le contraste est dynamique sans être accablant et les noirs sont respectables en profondeur avec des détails perceptibles visibles sous un faible éclairage et des ombres. Je n’ai vu aucun signe d’artefacts liés à la vidéo et j’ai pensé qu’en général, la qualité vidéo était excellente.

Audio : Il s’agit essentiellement d’un film basé sur les dialogues, mais certains aspects de la présentation utilisent efficacement les canaux arrière pour étendre la scène sonore. Le dialogue est limpide avec une description vocale exigeante et une texture raffinée. Le mix repose fortement sur les trois canaux avant. La séparation, l’imagerie et l’espacement directionnel sont excellents car le mélange de dialogue, de musique et de sons enregistrés est clairement articulé. Le canal LFE est utilisé principalement pour un impact subtil et pour les basses fréquences supérieures associées à la musique du film.

Official Secrets : Photo Keira Knightley

Bonus : -Entretien avec l’équipe du film:  Bien que c’est surtout des entretiens avec l’équipe du film , le bonus offre des informations impressionnantes sur la mise en scène, la réalisation et l’acting.
– Bande-annonce

  • Acteurs : Keira Knightley, Matthew Goode, Matt Smith, Ralph Fiennes, MyAnna Buring
  • Réalisateurs : Gavin Hood
  • Format : PAL
  • Audio : Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (DTS 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.40:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Wild Side Video
  • Date de sortie du DVD : 11 mars 2020
  • Durée : 108 minutes

 

 

 

Bande-annonce : U-235

En pleine Seconde Guerre mondiale, une équipe de résistants belges sans foi ni loi est engagée pour kidnapper un sous-marin allemand. Leur mission : apporter l’uranium nécessaire au projet Manhattan du Congo belge à New York. Mais quand l’ennemi allemand se dresse sur leur route, c’est l’avenir de l’humanité entière qui se joue.

En VOD & Achat digital dès le 10 Avril
En Blu-ray & DVD le 15 Avril

Test : Bluray / J’ai perdu mon corps (06 Mars 2020) de Jérémy Clapin avec Hakim Faris, Dev Patel

A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire…

Chronique : Le thème de la main coupée n’a rien d’inédit. Gérard de Nerval en avait fait le sujet d’une nouvelle (La Main enchantée) qui fut adaptée au cinéma par Maurice Tourneur en 1943 sous le titre de La Main du Diable. Il y eut aussi Les Mains d’Orlac, roman mi-policier mi-fantastique écrit par Maurice Renard et adapté quatre fois au cinéma. Or le film d’animation de Jérémy Clapin, film déjà acclamé à Cannes où il a reçu le Grand Prix de la Semaine de la Critique ainsi qu’à Annecy où lui ont été décernés deux Prix, ce film donc renouvelle l’approche du thème en question. Sans lui enlever son caractère fantasmagorique (difficile de faire autrement quand on met en scène une main coupée en mouvement), le cinéaste insiste sur un autre aspect, celui de la quête, de la recherche irrépressible de ce qui manque, autrement dit le corps dont dépendait la main en question. Pas de magie comme chez Nerval ni d’affaire criminelle comme chez Maurice Renard, mais la nécessité impérieuse de retrouver le corps perdu. De ce fait, dès le début du film, on est impressionné, car la main, symbole identitaire très fort, ne se contente pas d’agiter ses doigts, mais elle se met en mouvement, s’échappe du laboratoire où elle est conservée et entreprend un périple périlleux pour aller à la rencontre du corps dont elle a été retranchée. L’organe semble être doté d’une volonté propre, ce qui ne peut manquer de déconcerter mais qui, pourtant, s’impose rapidement comme une sorte d’évidence. De quoi est capable une main toute seule, coupée des autres membres ? J’allais dire qu’elle n’a qu’une chose en tête, ce qui est absurde pour une main, et pourtant la vérité est de cet ordre : c’est comme si elle avait une pensée propre ou, en tout cas, un désir, se traduisant par l’obsession de la quête du corps manquant, ce qui fait qu’elle prend tous les risques et affronte tous les dangers, entre autres ceux du métro où elle manque de se faire écrabouiller puis dévorer par des rats ! Mais le film ne se cantonne pas à nous faire haleter en suivant les déambulations de la main.

Il nous raconte aussi, en parallèle, l’histoire de Naoufel et de Gabrielle. Le premier, quand il était un petit garçon, rêvait d’être à la fois pianiste et cosmonaute ! Les deux, oui ! Malheureusement, une fois devenu un jeune homme obligé de résider chez un oncle du fait du décès de ses parents, ses ambitions sont réduites à néant. Il n’a pour tout travail que de faire le livreur de pizzas. Or c’est précisément grâce à cet emploi qu’il fait la rencontre de Gabrielle. Une rencontre qui ne se concrétise que par étapes car, au départ, le garçon, arrivé très en retard à l’adresse de Gabrielle à qui il devait livrer une pizza, n’a droit à rien de plus qu’à la voix de cette dernière, par interphone interposée. Cela donne lieu à une scène assez longue qui est, sans doute, l’une des plus belles, des plus réussies, des plus émouvantes du film.

Le seul son de la voix de Gabrielle suffit à changer la vie de Naoufel. Il n’a dès lors qu’une obsession, qui est de faire la connaissance de la jeune fille. Sa quête lui donne l’occasion de trouver un nouvel emploi chez l’oncle de Gabrielle, un emploi dans la menuiserie, bien plus valorisant que celui de livreur de pizza. Quoi qu’il en soit, pour les deux jeunes gens, commence l’histoire de la quête de l’autre. On le comprend, dans ce film, il n’est question que de cela : la main recherche son corps manquant tout comme Naoufel et Gabrielle, malgré leurs déboires, se recherchent l’un l’autre.

Ce film surprenant, audacieux, mérite amplement les Prix qui lui ont été décernés. Il s’encombre de peu de dialogues, mais est servi par la beauté des images, leur précision et leur poésie. Quant au thème, ne nous rejoint-il pas tous d’une manière ou d’une autre dans la mesure où nous recherchons, nous aussi, une part manquante dont nous avons besoin pour nous épanouir ?

Note 10/10

J'ai perdu mon corps : Photo

Vidéo : Le travail du détail excelle ici, provoquant l’apparition des détails les plus subtils. En fait, il est si détaillé que vous pouvez voir chaque imperfection et chaque mèche de cheveux . Mais la plupart des arrière-plans semblent beaucoup plus unidimensionnels dans un film qui a autrement une dimension incroyable. Cela crée un look très unique qui se traduit extrêmement bien en contraste avec l’animation .  Encadré à un rapport d’aspect de 1: 85.1 qui nous donnant une palette de couleurs plus vives et dynamiques. Ceci est particulièrement visible dans les scènes où les personnages sont montrés debout près des fenêtres où le soleil brille vers l’intérieur. Les rayons de lumière sont si vifs qu’ils sont tangibles lorsqu’ils sont projetés sur les personnages sur leur chemin. Les noirs sont brillant et  révèlent une grande profondeur.

J'ai perdu mon corps : Photo

Audio :  L’audio dégage l’énergie du film sans effort. La partition remplit votre champ sonore d’exubérance. Même les scènes subtiles où les personnages ont une conversation rencontrent une excellente séparation des enceintes, l’une provenant de votre haut-parleur avant gauche et l’autre de votre droite.  Les hautes, moyennes et basses fréquences sont exactement ce que nous voulons.

J'ai perdu mon corps : Photo

Bonus:  Une bande-annonce et un passionnant making of (31 minutes) qui revient sur les différentes étapes de la production, de l’écriture au tournage des scènes « live » en passant par la modélisation 3D,le doublage. Jérémy Clapin, Guillaume Laurant et le  producteur Marc du Pontavice reviendront sur leurs ambitions et les différents challenges à relever au fil du tournage.

 

  • Réalisateurs : Jérémy Clapin
  • Format : PAL
  • Audio : Français (Dolby Digital 5.1)
  • Région : Région 2
  • Rapport de forme : 2.35:1
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Sony Pictures
  • Date de sortie du DVD : 6 mars 2020
  • Durée : 78 minutes

 

 

 

Wilder Girls de Rory POWER| 13 février 2020

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine.

Chronique : Je ne sais même pas par où commencer quand il s’agit d’évaluer Wilder Girls.
C’était gore, détaillé et ce n’est certainement pas pour les lecteurs à l’estomac fragile, mais en même temps c’était brillant !

J’ai presque tout aimé dans ce roman, des personnages principaux aux personnages secondaires, de l’intrigue au mystère, mais ce que j’ai le plus aimé, c’est l’atmosphère effrayante qui semblait si réelle.

Le style d’écriture est excellent et je n’arrive toujours pas à croire que c’est le premier roman de Power. Je veux maintenant lire tout ce qu’elle écrira à l’avenir, c’est dire à quel point sa voix m’impressionne.

Ce livre est écrit à la première personne, selon deux perspectives : celle d’Hetty et celle de Byatt. J’ai adoré la façon dont leurs voix sont si différentes, que même s’il n’y avait pas de note sur le changement de perspective, les lecteurs s’en rendraient compte en un rien de temps.
De plus, quand l’une des filles a été droguée, cela s’est vu dans sa voix, et j’apprécie tellement ces petites choses (importantes) !

Comme je l’ai déjà dit, ce livre n’est pas pour tout le monde. Les amateurs de scènes gores vont l’adorer, mais les plus sensibles voudront probablement fermer les yeux sur certaines scènes (mais comment fermer les yeux en lisant, voilà la question !). C’était divertissant mais aussi si mystérieux qu’il me suffisait de savoir « ce qui va arriver » à nos filles et ce qui se cache derrière cette Tox qui leur a causé tous les ennuis.

J’ai adoré la façon dont tout dans ce roman était étayé par la logique et la science, et comment (à la fin) ce n’était pas trop éloigné de notre vraie vie.

La seule chose que je changerais, c’est d’ajouter un épilogue. Vous voyez, Wilder Girls à une fin ouverte, et d’habitude, elles ne me dérangent pas (en fait, je les aime beaucoup) mais cette fois-ci, je serais plus heureux si nous découvrions quel est le destin de nos personnages après le point où l’histoire s’est terminée.
La seule (sorte d’) explication qui me vient à l’esprit est que même si cela était prévu pour être une histoire indépendante, peut-être que l’éditeur a donné une chance à l’écrivain ; si les ventes étaient bonnes, elle pourrait écrire la suite (que je serai heureux de lire un jour).

Une dernière chose que je dois mentionner : ce livre est celui qui représente la communauté LGBTQ, mais en même temps ce n’est pas une histoire d’amour et il n’y a pas de romance. Il y a une certaine alchimie mais c’est tout ce qu’on obtient (ce qui est réaliste car ce sont ces conditions de vie que je suppose que l’amour et le sexe viennent en dernier lieu à l’esprit).

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 450 pages
  • Editeur : R-jeunes adultes (13 février 2020)
  • Collection : R
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2221246780

 

La Divine de Gwladys Constant | 16 janvier 2020

L’itinéraire d’une adolescente passionnée, qui dépassera le stade de groupie pour accéder à celui de muse, avant d’ouvrir ses propres ailes.

Chronique : D’une écriture vive l’auteur nous emporte dans cette histoire les ados peuvent s’identifier à Lison. Gwladys Constant sait penser ado et analyser les travers de notre société où l’on a vite fait de juger et de moquer…Il n’est pas nouveau que les auteurs d’aujourd’hui écrivent sur l’ornière de la vie quotidienne. Gwladys Constant cependant, décrit le monde de son personnage à sa manière. Elle garde le lecteur avec elle en donnant plus d’informations sur son passé  Cette information ne vient pas seulement des souvenirs mais Gwladys Constant est un auteur créatif qui étonnera le lecteur jusqu’à la fin de son roman. De plus, le style ludique de Gwladys Constant est un atout majeur du roman et la raison pour laquelle le roman reste fascinant jusqu’à la fin.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 140 pages
  • Editeur : Alice (16 janvier 2020)
  • Collection : Le chapelier fou
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2874264148

 

Un alligator dans ma piscine de Celine Claire et Maria Serrano | 13 février 2020

Quoi de plus sympa que profiter de ses vacances pour rendre sa liberté à un alligator récupéré dans une animalerie ? Déjouer les pièges tendus par des traficants de peaux qui veulent s’en emparer, peut-être ?

Chronique : Celine Claire et Maria Serrano créent dans ce livre jeunesse  une dynamique intéressante. C’est une lecture merveilleuse. On y vit une gamme complète d’émotions.  Celine Claire est un écrivaine talentueuse Une histoire unique à recommander. Une histoire familiale trouble, des non-dits et un cheminement vers le pardon, ce livre  est un véritable coup de coeur grace à ses métaphores  et sa poésie guidé par une écriture fluide, qui oscille entre une douce fantaisie et une dure réalité et des dessins qui nous offre un double sens à cette histoire pas facile

Note : 9,5/ 10

 

  • Broché : 51 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 ans
  • Editeur : Alice (13 février 2020)
  • Collection : Primo
  • Langue : Français

 

Fanny et la nuit de Maylis Daufresne et Ian De haes | 9 janvier 2020

Fanny a peur quand la nuit tombe. Elle a peur de toute ce qui se cache dans l’obscurité. Mais sa maman la rassure, et lui conseille de parler avec la Nuit. Alors, se dévoilent sous les yeux de Fanny des possibilités toujours plus nombreuses, car la nuit est belle, douce et pleine de surprises.

Chronique : Pour les jeunes enfants, c’est un joli et doux livre pour les aider à dormir. La répétition sera rapidement reconnue. Excellente lecture pour les enfants qui ont de l’anxiété à propos de n’importe quoi (donc tous les enfants, le monde est un endroit effrayant!) et aussi une histoire très réconfortante à l’heure du coucher.

Note : 9/10

Note : 9/10

 

  • Relié : 24 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 ans
  • Editeur : Alice (9 janvier 2020)
  • Collection : Histoire comme ça
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2874264121