Une petite ville perdue en Australie. Un officier de police habitué à régler des petits problèmes de vie domestique et querelles de voisinage.
Un jour de canicule débarque un homme, couvert de sang. Gabriel déclare avoir été séquestré dans une cabane par un serial killer. Le dénommé Heath a déjà tué 54 personnes. Gabriel est sa prochaine victime.
Chronique : Wow, c’est un livre qui va te saisir et ne te lâchera pas ! Deux suspects, chacun avec la même histoire, blâmant l’autre. Il y a peut-être 54 corps quelque part. Le flic de la petite ville Chandler n’a pas d’autre choix que de faire appel aux gros bonnets, y compris son ancien meilleur ami Mitch.
Mitch et sa bande viennent et prennent la relève, mais Mitch est un crétin arrogant, je n’ai aucune idée de comment il est arrivé à un si haut rang, et tout le truc se déglingue. Avec une force de police divisée et un tueur en série en liberté, cela donne une histoire explosive pleine d’action. Alors que nous nous dirigeons vers une conclusion stupéfiante, nous devons nous demander si cela pourrait vraiment arriver.
Delargy nous laisse deviner tout au long de ce roman comment tout cela va se terminer. En plus du conflit entre les deux suspects qui clament tous deux leur innocence, il y a une tension entre Chandler et Mitch alors que Mitch entre et prend possession de son poste et donne des ordres sournois à son personnel. Les souvenirs de leurs premiers jours dans la police locale, alors qu’ils étaient tous deux à la recherche d’un homme disparu, mettent en évidence leurs différentes natures et approches du maintien de l’ordre. C’est Chandler qui, grâce à un bon travail policier, finira par découvrir l’identité et les motifs du tueur, mais pas avant que la tension ne monte jusqu’à une pression qui est sur le point d’exploser. Un premier roman bien écrit, avec des personnages bien dépeints et une intrigue intense et bien rythmée. Sans aucun doute un nouvel écrivain à surveiller dans le futur !
Le jeune Théo, surnommé « Fourmi », aimerait redonner de l’espoir à son père, Laurent, un grand gaillard solitaire et désabusé par la vie. L’occasion se présente quand Théo est sur le point d’être recruté par un grand club de foot anglais. Finalement non sélectionné car jugé trop petit, Fourmi n’a pas le coeur d’imposer une déception de plus à son père. Il se lance alors dans un mensonge qui va rapidement le dépasser…
Chronique : En 2015, la sortie de Rosalie Blum avait révélé les talents de réalisateur de Julien Rappeneau dans le registre d’un cinéma de type populaire qui n’en reste pas moins exigeant sur les plans de la finesse du scénario et de l’écriture des personnages, entre autres qualités. Les mêmes compétences sont présentes dans le film qui sort aujourd’hui, un film dont l’action se déroule au sein d’un petit club de football, un film qui raconte une histoire presque simple, mais qui n’en réserve pas moins mille trésors d’émotion et d’intelligence du propos. Dans ce petit club, se trouve Théo (Maleaume Paquin), un garçon de 12 ans qui, malgré sa petite taille (qui lui vaut le surnom de Fourmi), brille sur le terrain. Flanqué de Laurent (François Damiens), un père qui ne manque pas une occasion de venir le soutenir au point d’en être encombrant (d’autant plus qu’il a de sérieux problèmes d’alcool), le garçon fait la fierté de Claude (André Dussollier), son entraîneur. Le jour où Théo, après avoir été convoqué en entretien privé par le sélectionneur d’un grand club anglais, affirme crânement qu’il a été recruté, on imagine le débordement de joie, non seulement de son père et de son entraîneur, mais de la commune tout entière où réside le garçon. Or ce dernier a menti : du fait de sa petite taille, le sélectionneur anglais n’a pas voulu de lui. Mais une fois qu’un mensonge a été prononcé, il est difficile de s’amender. D’autant plus que l’intention du garçon était bonne : il souhaitait, en contentant son père, se rapprocher de lui. Il faut préciser que, ses parents étant divorcés, c’est sa mère qui en a, quasi exclusivement, la charge. A partir de cette histoire dans le milieu du football, le réalisateur déploie finement tous ses dons pour explorer les conséquences d’un mensonge. C’est là le sujet principal du film. Or, contrairement aux idées reçues, les répercussions du mensonge, en l’occurrence, n’ont rien de négatif, au contraire. Le père de Théo en est dynamisé. Il ne se fait pas prier pour suivre les conseils de l’assistante sociale (Laetitia Dosch) qui l’accompagne : trouver un travail, cesser de boire et apprendre l’anglais. Un vrai chemin de conversion a été entamé. Et, bien sûr, plus important que tout, c’est dans le rapport père/fils qu’il se passe quelque chose de déterminant. Et quand la vérité éclatera, que se passera-t-il ?, se demande-t-on. Pas sûr que cela change grand-chose. Théo mérite bien la fierté de son père autant que son surnom de Fourmi. Car ce sobriquet ne lui convient pas seulement à cause de sa petite taille. Il est une autre caractéristique des fourmis. Ce sont des hyménoptères qui ne vivent qu’en colonie. Une fourmi solitaire est condamnée, elle ne peut déployer ses talents que dans la collectivité. Tout comme Théo : il ne s’affirme bon footballeur que parce qu’il « joue collectif » !
Note : 8,5/10
Vidéo : Le travail du détail excelle ici, provoquant l’apparition des détails les plus subtils.Mais la plupart des arrière-plans semblent beaucoup plus unidimensionnels dans un film qui a autrement une dimension incroyable. Cela crée un look très unique qui se traduit extrêmement bien en contraste avec son propos .
Son : L’audio dégage l’énergie du film sans effort. La partition remplit votre champ sonore d’exubérance.Même les scènes subtiles où les personnages ont des conversations rencontrent une excellente séparation des enceintes, l’une provenant de votre haut-parleur avant gauche et l’autre de votre droite. Les hautes, moyennes et basses fréquences sont exactement ce que nous voulons.
Bonus : Interview de Julien Rappeneau
Clip « Alphabet Song » The ABC’S
Acteurs : François Damiens, Maleaume Paquin, André Dussollier, Ludivine Sagnier, Laetitia Dosch
Réalisateurs : Julien Rappeneau
Format : Couleur, PAL
Audio : Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1)
Sous-titres : Français
Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
Chloé a 7 ans et n’a jamais vu la lumière du jour. Son père la maintient à l’écart du monde extérieur, ne cessant de lui répéter qu’elle est différente, et que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée représente une menace. C’est en bravant tous les interdits que Chloé va pouvoir découvrir la vérité sur sa condition.
Chronique : L’un des avantages de notre monde câblé est qu’il est facile d’obtenir des informations. Quiconque possède un smartphone et souhaite savoir comment brancher une bougie d’allumage, faire 12 types de quiche différents, éviter le trafic sur le chemin d’une destination ou recharger un téléphone peut facilement trouver ces informations en quelques secondes. Mais il y a des inconvénients complémentaires: les informations personnelles sur nous sont également faciles à trouver et à exploiter , et il peut être difficile d’éviter d’accéder à une vague sans fin de nouvelles démoralisantes qui, dans l’ensemble, rendent le monde plus mauvais qu’il ne l’est.
Mais il y a un autre petit mais réel inconvénient de trop d’informations: il peut être difficile d’entrer dans un divertissement donné sans en savoir tellement à l’avance que l’expérience réelle est une déception. La «culture de l’anticipation», où les fans attendent avec impatience chaque nouvelle goutte de nouvelles informations sur un film ou une émission de télévision ou une bande dessinée ou un livre, est une excroissance de stratégies de marketing qui insistent sur le fait que le public est mieux servi en pensant constamment à une sortie à venir au cours de mois qu’en y entrant frais. Mais le marketing est généralement l’ennemi de l’expérience réelle: les bandes-annonces de films sont conçues pour rendre les films passionnants, de sorte qu’elles ont tendance à révéler les moments les plus marquants d’un film.
Les tentatives d’une campagne de marketing pour aiguiser l’appétit des téléspectateurs avec des visites fixes, des clips «divulgués», des vidéos de processus de jeu, des entrevues d’avant-diffusion, etc. peuvent signifier que ces téléspectateurs ont l’impression d’avoir expérimenté – et souvent tourné en dérision et rejeté – une nouvelle version bien avant il frappe en fait les écrans ou les magasins. Tout cela est la mort d’une expérience cinématographique complètement passionnante comme Freaks.
Freaks s’ouvre sur un scénario d’une simplicité trompeuse qui n’est pas tout à fait ce qu’il semble, et continue de se dérouler en une série de surprises qui semblent conçues pour inciter les téléspectateurs à deviner à chaque étape du jeu ce qu’ils voient et ce que cela signifie. Les scénaristes-réalisateurs ne sont pas là pour tromper le public ou jouer avec eux – à la fin, tous les mystères sont complètement élucidés, dans une série de séquences d’action de plus en plus intenses et passionnantes.
Freaks va certainement être une expérience différente et un peu plus bâclée la deuxième fois que lors d’un premier visionnage. Cela semble répétitif et parfois étiré, et certains choix d’histoire semblent plus conçus pour attiser le drame émotionnel que pour faire avancer l’action. Certains téléspectateurs vont inévitablement être ennuyés par les personnages, qui prennent tous des décisions spectaculairement mauvaises en cours de route.
Mais l’extrémité de ces décisions – les extrêmes choquants auxquels Freaks finit par aller -fait partie de ce qui rend Freaks audacieux et engageant. Aussi familiers que soient certains de ses tropes, ils se déroulent généralement de manière à faire paraître ses personnages beaucoup plus justifiés sur leurs motifs qui sont clairs, tout comme la trame de fond qui a conduit au scénario d’ouverture de l’histoire – sans sympathie totale. Il s’agit, dans une certaine mesure, d’un récit sur les personnes qui commettent des erreurs terribles dans des circonstances horribles. Certains d’entre eux essaient de corriger le cours avant qu’il ne soit trop tard. D’autres doublent avec défi. Les deux options se révèlent satisfaisantes sur le plan narratif.
Là où Freaks excelle vraiment, c’est sa structure, qui permet un flux constant de révélations, jusqu’aux derniers instants. Même une fois que le scénario de base devient clair – parfois via une révélation surprenante que le public absorbera avant les personnages, et parfois via une action bien dirigée – il reste encore beaucoup à apprendre sur le monde. Et la façon dont les scénaristes-réalisateurs détournent les conventions de genre autour de Chloé en particulier fait monter la tension simplement parce que les téléspectateurs ne peuvent pas leur faire confiance pour jouer l’histoire comme sûre, sentimentale ou prévisible. Dans un monde rempli d’informations, il est tout simplement excitant de savoir si peu de choses sur une histoire ou jusqu’où elle est prête à aller pour y arriver.
Salut à tous ! Nouvelle critique sur The New Pope est une série TV de Paolo Sorrentino avec Jude Law (Lenny Belardo / Pie XIII), John Malkovich (John Brannox / Jean-Paul III) sur Canal+ et HBO dispinible dés le 13 janvier 2020 #HBO#TheNewPope#canal+
Résumé : 24 décembre. Un enfant disparaît dans un centre commercial de Madrid. Même lieu et même mode opératoire qu’une ancienne affaire : l’enlèvement de Nicolás Acosta deux ans plus tôt. Et si tout recommençait ? L’inspectrice Ana Arén, qui a failli lors de l’enquête précédente, se lance à corps perdu dans une course contre la montre pour retrouver le petit garçon. Mais certains journalistes viennent contrarier son enquête, avides de scoops et d’audience. Les fausses pistes s’enchaînent, les rumeurs enflent et les politiques s’en mêlent. La ville tremble, sans répit, devant la menace d’un tueur en série, d’un prédateur à l’affût des proies qu’il veut faire siennes. Alors que la vérité est sur le point d’éclater, l’inspectrice se retrouve face à une effroyable réalité qui pourrait la consumer
Chronique : L’empathie. Voilà une donnée essentielle pour tout auteur qui cherche à captiver les lecteurs dans leurs récits. Sans empathie pour les personnages les livres se retrouvent vite abandonnés en pleine lecture.
L’auteure, Carme Chaparro a bien tenté de mettre l’accent sur l’empathie dans son récit mais sans y parvenir réellement. La faute a un personnage d’enqêtrice surtout définie par une émotion prédominante, la colère. Une colère tout d’abord dirigée sur elle-même mais aussi contre sa hiérarchie. La rendre cassante envers ses subordonnés n’aide pas à faire d’elle un personnage attachant.
Le personnage d’Inès, la journaliste qui doit jongler entre son métier exigeant et son rôle de mère, est plus nuancé mais là encore je ne suis pas parvenu à m’attacher à elle.
En ce qui concerne l’enquête, celle-ci paraît être assez brouillonne. Certains éléments sont amenés sans que cela n’aille plus loin. La technique consistant à achever les chapitres sur la promesse d’une révélation choc est usante. Comme si l’auteure ne connaissait que cette astuce pour maintenir le suspens.
Deux mots sur la fin, qui participe à la renommée du roman, je n’ai pas tant été déçu par le dénouement en lui-même mais plutôt par le choix de basculer dans un récit confession sans aucune tension dramatique. Les enquêteurs dévoués et exténués qui avaient enfin les clés pour résoudre le mystère méritaient mieux que cette éclipse soudaine du récit.
J’ai plus apprécié les cent premières pages, où l’auteur met en place son récit et ses personnages que l’enquête en elle-même. Ce qui est dommage pour un polar.
Note 6/10
Éditeur Plon
Date de publication 26 septembre 2019
Langue Français
Longueur du livre 320
ISBN-10 2259277667
Salut à tous !
Nouvelle critique sur Underwater réalisé par William Eubank avec Kristen Stewart, T.J. Miller
#Underwater #VincentCassel #Kristen Stewart
Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur » la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
Chronique : Une histoire de survie, de ce qu’est la profondeur de la solitude quand une jeune fille est abandonnée d’abord par sa mère, puis par ses quatre frères et sœurs. Même à cinq ans, Kya comprend pourquoi ils sont partis – à cause de son père, à cause de sa méchanceté, de ses mauvais traitements, de sa consommation d’alcool. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est pourquoi ils l’ont laissée derrière eux et moi non plus. Elle reste à peu près seule puisque son père va et vient jusqu’à ce qu’il ne revienne plus. C’était dégoûtant quand elle était assise sur la plage avec les mouettes, ne voulant pas qu’elles s’envolent et la laissent aussi. C’est déchirant de voir comment elle est négligée et abandonnée, se rappelant les coups, essayant de trouver un moyen de manger.
Atmosphérique est un euphémisme, et je n’utilise pas souvent ce mot car il semble parfois surutilisé mais cet endroit, le marais imprègne à peu près tout ce qui est significatif dans cette histoire commençant par la réalisation de Kya Le marais devient sa vie, son gagne-pain, l’essence de ce qu’elle devient par son expertise autodidacte des insectes et des oiseaux, son art. Mais est-ce suffisant pour la guérir ?Le seul contact humain qu’elle a jusqu’à ce que l’ami de son frère Tate entre dans sa vie, mais est-ce suffisant pour l’aider à guérir ? J’adore l’écriture, les fabuleuses descriptions du marais. Le marais et ses habitants, les insectes, les poissons, les oiseaux qui piquent la curiosité de Kya, lui donnent tant de joie et de compagnie, et lui permettent de devenir l’experte qu’elle est devenue sur la vie des marais et des marécages. Mais est-ce suffisant pour que Kya retrouve sa santé après tant de souffrance et de solitude ?
Je ne pleure pas souvent sur les livres, mais celui-ci m’a définitivement fait pleurer à plusieurs endroits. Dans l’ensemble, c’était une lecture fabuleuse, déchirante à bien des égards, avec une écriture et des personnages merveilleux, un portrait saisissant d’un lieu, du traumatisme de la perte et de la solitude. Mon cœur a toujours été brisé pour Kya, un personnage dont on se souvient. Une fin inoubliable.
Une femme, en plein hiver, se jette nue dans la Seine. Un homme qui prend possession de ses victimes, les ruines, puis les oblige à se suicider. Un colis qui arrive entre les mains de Magne, fait remonter à la surface une affaire de plus de 30 ans. Comment mener deux affaires de front, quand votre vie perso part en vrille ?
Chronique : Un livre qui en marquera plus d’un celui-ci fermer. Un vrai chef-d’oeuvre qui fait du bien à lire et à faire découvrir aux autres tant il accroche et marque l’esprit du lecteur.
Saussey traite de plusieurs thématiques assez complexes dans ce roman :le harcèlement, les violences conjugales, la mauvaise conscience et l’amour grâce à une galerie de personnages hors-cadre, tour à tours séduisants et repoussants. Ce roman est puissant car dèsoù l’on le lit naît une lente montée en tension de l’environnement familial, et sociétal vu par Magne, mais aussi de révélations tardives sur les motifs des personnages, qui font prendre toute son épaisseur grâce a cette enquête mené tambour battant. Un livre atypique, d’un exotisme et d’un caractère étonnants et qui traite de superbe sujet.
Étrange message que Matthew Slides reçoit à son domicile !
Le texte est codé, au point qu’il faut faire appel aux talents de Sonny Boy pour en saisir le sens.
Et voilà que l’ancien avocat d’affaires est rattrapé par son passé : un vieil ami, perdu de vue depuis des lustres, l’appelle au secours depuis la Russie. Il se dit menacé par les services secrets et bientôt arrêté.
Si tel est le cas, le malheureux risque d’être condamné pour espionnage… et exécuté sans que quiconque ait vent de sa terrible situation.
Chronique : Jean-luc Bizien revient ici avec ce tome 4 de Justin Case et même si je n’est pas lu les précédent de la série , ce livre peut ce lire indépendamment. Si certaine personne on peur de ce coté Young Adult , il ne faut pas y faire attention. L’auteur va nous entraîner dans cette aventure . Avec une écriture des plus belle Jean-luc Bizien arrivé à nous emporter dans une intrigue assez complexe et passionnante entre l’envie que le livre continue encore et encore afin d’en savoir comment tout cela va se terminer. Le mystère central est peut-être un peu simpliste, mais il est irrésistible. Bizien a le don d’accrocher un nouvel indice à chaque fois que on à envie d’abandonner le navire. J’ai donc couru jusqu’au bout pour découvrir la solution et je l’ai trouvée… vraiment sympathique. Ce livre est l’équivalent littéraire d’un bon repas..
2182, des colons fuient la Terre devenue stérile dans une vingtaine d’immenses vaisseaux pour un voyage de deux cents ans. Toutes prennent la direction de Sinisyys, une autre planète bleue, dans le système 82 Eridani. Une seconde chance pour l’humanité. Mais à leur réveil d’un long sommeil en biostase, les occupants du Stern III ne se trouvent pas sur le nouvel Éden tant souhaité. Ici, point de voûte étoilée, et l’IA du vaisseau en panne ne peut leur donner aucune indication.
Les seuls indices que les passagers ont sont l’extraordinaire évolution de la forêt qui sert de poumon au vaisseau, et des Jardiniers – des pucerons génétiquement modifiés devenus scarabées. Combien de temps ont-ils bien pu passer en stase pour qu’une telle chose soit possible ? Et quel est cet environnement froid et noir, ressemblant à un tunnel aux proportions dantesques ?
Chronique :Qu’on put ressentir les explorateurs d’antan lorsque, après un long voyage, ils découvrent qu’ils ne sont pas parvenus à destination et surtout que le lieu où ils se trouvent leur est complètement inconnu ? C’est sur ce sentiment étrange, mélange de peur et d’incompréhension, que l’auteur base son récit.
Il n’est pas tant question de science-fiction dans cet ouvrage que de nature humaine. Les détails ayant trait à la science-fiction sont exposés de manière claire et concis, le récit se concentre sur les réactions des naufragés qui doivent appréhender un environnement inconnu et aux proportions gigantesques. Le récit se transforme alors en fable ethnologique nous montrant comment un groupe d’humains livré à lui-même peut se livrer aux pires comportements comme aux meilleurs. Les tensions se créent vite et certains personnages tombent rapidement dans les extrêmes, en étant fermés au dialogue et prêt à tout pour imposer leurs points de vue. C’est le seul reproche que je pourrais faire au livre, il manque une transition entre la naissance des différents groupes et le durcissement des opinions. On a l’impression qu’il manque une étape dans le basculement psychologique des personnages. Le manque de caractérisation des personnages secondaires n’aide pas.
Cependant l’auteur parvient à nous conter la création d’une société humaine sans être jamais ennuyeux malgré le nombre de pages conséquents. Le mystère entourant leur présence dans ce tunnel mystérieux reste finalement au second plan, l’auteur préférant se concentrer sur les passions humaines. Les détails épars distillés par l’auteur suffisent à maintenir la curiosité du lecteur tout au long de l’œuvre.
Le final apportera autant de réponses que de questions mais offrira de belles fins aux arcs narratifs des principaux personnages.
Pyramides offrent donc un récit captivant, une fable sur la nature humaine et ses travers, mais aussi sur sa force et sa capacité d’adaptation. On pourrait retenir que la morale de l’histoire est que la providence sourit aux téméraires.