Sambre – Tome 08: Celle que mes yeux ne voient pas… (28 novembre 2018) de Yslaire

En cette fin d’année, trente ans après sa création, sept tomes parus et plus d’un million d’exemplaires vendus, se poursuit le dernier chapitre de la plus grande tragédie romantique du neuvième art. Écrite et dessinée par Yslaire, Sambre est l’œuvre d’exception d’un artiste inspiré, mêlant les qualités rares d’une bande dessinée d’auteur et d’un ouvrage grand public. Best-seller dès sa sortie, encensée par la critique et les professionnels, multi-récompensée internationalement, la série culte traverse le temps sans démentir son succès, et s’impose aujourd’hui comme un classique.

Chronique : Cet album reflète tout à fait le style « Yslaire » tant dans le dessin que dans l’ambiance générale lourde du scénario… L’ alliance des couleurs monochromes est tout à fait originale et participe entièrement à cette atmosphère si particulière que l’ auteur parvient à insufflé. Nous le savons donc : les deux jumeaux que tout sépare pourront enfin se retrouver dans le tome IX, à paraître d’ici à 2020, intitulé « Nos yeux, nos cheveux, nos fiertés… ». Ici le récit porte vers les retrouvailles de nos jumeaux , c’est toute la question de ce tome VIII. Comment deux jumeaux orphelins, ignorant leur existence, vont se retrouver ? On sent malheureusement ici le tome de transition. Un flashforward ouvre le tome comme une prophétie de ce qui devrait arriver dans le prochain et dernier tome de cet arc. Du coup, on est dans l’attente de voir les éléments se mettre en place. On suit les études sur les insectes de Bernard-Marie avec un doux sourire. Il fait vraiment peine à voir dans cet environnement ultra contrôlé et renfermé. Sa recherche d’évasion est d’autant plus poignante que ce soit avec son études sur la migrations de certains insectes ou sa nouvelle passion pour la photographie. C’est cependant un joli portrait de l’évolution d’une époque. A Paris, sa soeur poursuit son parcours interlope dans les bordels, place à la cocotte qui monte sur scène et se fait entretenir par un riche bourgeois. L’histoire reste donc dramatique à souhait. Petit à petit, tout se met en place : la « carrière » de Judith, la montée à Paris de Bernard-Marie. On attend maintenant le drame final.

Note : 9/10

Extrait :

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  • Album: 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (28 novembre 2018)
  • Collection : 24X32
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2344015779

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Wild West Dragons – Tome 01 (28 novembre 2018) de Elian Black’Mor et Carine-M

Après avoir consigné ses découvertes en Europe, en Scandinavie et aux confins de l’Asie, Élian Black’Mor part sur la traces des dragons du Nouveau Monde. Entre cérémonies vaudous et rituels amérindiens, l’explorateur et arpenteur de mondes débute son nouveau voyage à la rencontre de mythologies exotiques et fascinantes, de la Nouvelle-Orléans à la jungle amazonienne en passant par les plaines arides de Sonora.

Chronique :  Suite directe des Maudits et de Sur la piste des dragons oubliés, Wild West Dragons offre, à la manière d’un carnet de voyage, une fabuleuse expédition au cœur de territoires hostiles peuplés de créatures mystérieuses et grandioses.  Cet album propose un carnet de voyage, celui d’une fabuleuse expédition au cœur de territoires hostiles peuplés de créatures mystérieuses et grandioses. C’est un voyage qui va vite prendre des allures mouvementées puisque le navire quittant Liverpool plongera sa proue au cœur des Bermudes en passant par la Nouvelle-Orléans, c’est un goût d’Amérique empli de magie vaudoue qui va animer tout le livre. Graphiquement, les pages sont très travaillées avec leur lot de crayonnés, illustrations couleurs, affichettes, télégrammes, notes n’empêchant en rien la limpidité de ce journal de bord qui nous fait découvrir des dizaines de créatures magiques dans un rythme soutenu.C’est intéressant dans la conception , c’est fouillé, travaillé, pleins de novations et c’est plaisant.

Note : 9,5/10

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  • Album: 72 pages
  • Editeur : Glénat BD (28 novembre 2018)
  • Collection : Hors Collection
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 234400274X

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Test dvd : Le Pape François – Un homme de parole (16 janvier 2019) de Wim Wenders

Le 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le deux cent soixante sixième Souverain Pontife de l’Église Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de François d’Assise (1181-1226), un des saints catholiques les plus révérés, qui avait dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme la mère suprême.

Chronique :  Un documentaire de très haut niveau qui mérite vraiment d’être vu sur grand écran. Wim Wenders signe une œuvre d’une grande finesse et d’une très forte densité. Il réalise l’exploit de traiter de grands sujets (la terre, la pauvreté, la Shoah, la mort) sans ne jamais trahir l’approche extrêmement humble et humaine du Pape François. Le tout en moins de 90 minutes, et sans jamais précipiter son travail. Il prends son temps avec humilité (on ne le voit pas et on l’entend très peu) et s’appuie sur une sélection très émouvantes et remarquables d’images d’archives. Permis les nombreuses recommandations du Pape, il est étonnant qu’aucun média ne reprenne ceux traitant du scandale qui fait rage actuellement contre l’église : « avec les prêtres pédophiles, tolérance zéro. L’église doit les exclure et les poursuivre à côté des victimes… ». Remarquables aussi la qualité de la musique et la révélation de certaines confidences surprenantes du Pape (sur la confession et sur l’importance qu’il donne à l’humour). Un documentaire qui devrait marquer son temps, même si l’effet semble encore faible pour le moment.

 

  • Audio : Italien (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1), Espagnol (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Espagnol, Danois, Portugais, Français, Italien
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 16 janvier 2019

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Test dvd : RUDOLF NOUREEV (16 janvier 2019) de David Morris, Jacqui Morris

Icône de la danse classique et contemporaine, le danseur et chorégraphe russe Rudolf Noureev est le sujet d’un nouveau documentaire signé par Jacqui et David Morris. Une vie d’art et d’audaces

Chronique : Véritable star de la danse du XXe siècle ayant laissé son empreinte sur cet art aussi bien en tant que danseur (en soliste et en duo, aux côtés de Margot Fonteyn ou encore Sylvie Guillem) que chorégraphe, Rudolf Noureev bénéficie aujourd’hui encore d’une aura indiscutable, 25 ans depuis son décès tragique des suites du sida. D’une passion pour la danse venue très tôt, au plein cœur d’une URSS oppressante qu’il fuira dans les années 60, jusqu’à la direction du ballet de l’Opéra National de Paris en 1983, son parcours est revisité à l’occasion d’un nouveau documentaire de près de deux heures, signé par le duo de réalisateurs Jacqui et David Morris.

Illustré par de nombreuses séquences et entretiens inédits avec l’artiste, ce documentaire intimiste, faisant se rencontrer l’histoire d’un pays avec celle d’un homme, mixe des images inédites, une partition originale du compositeur primé Alex Baranowski et une série captivante de tableaux exclusifs de danse moderne dirigés par Russell Maliphant, ancien membre du Royal Ballet, Nureyev est une expérience théâtrale et cinématographique sans pareil.

En bonus, de nombreux entretiens et courts documents sur de nombreux thèmes (Martha Graham, l’impact du Sida sur les communautés de danseurs), des répétitions de Casse‑Noisette, des scènes coupées du documentaire ainsi que des commentaires des réalisateurs.

  • Audio : Italien (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1)
  • Sous-titres : Italien, Espagnol, Français
  • Sous-titres pour sourds et malentendants : Anglais
  • Région : Région 2
  • Nombre de disques : 1
  • Studio : Universal Pictures France
  • Date de sortie du DVD : 16 janvier 2019
  • Durée : 104 minutes

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Les Ombres du Roi Squelette: Shagan et Junia, T2 (16 janvier 2019) de Serge Brussolo

Shagan, le guerrier cul-de-jatte juché sur les épaules de l’ogresse géante Junia, pensait en avoir terminé avec le Roi Squelette dont les os tombaient en poussière au fond d’un obscur sépulcre… c’était compter sans Jarak, l’héritier de ce magicien sanguinaire, qui reprend le flambeau de ses conquêtes avec une ferveur qui confine à la démence. Shagan et Junia sont obligés de fuir, escortant de hauts dignitaires terrifiés dans un bien étrange abri souterrain. Là, au cœur d’une immense caverne, ils vont découvrir un monde de folie où les pierres de lumière réduisent en cendre les mineurs qui les exploitent, où les ténèbres peuvent vous engloutir et vous faire disparaître à jamais, où les lions albinos apprennent à parler parce qu’ils sont possédés par l’âme des morts.

Chronique : Grand retour pour Serge Brussolo à la Fantasy pour un tome 2 du Roi Squelette et ce livre ce dévore rapidement tant on entre dans un univers digne de Tolkien mais en plus sombre. Après l’intégrale Brussolo ce lâche et nous offre un de ses meilleurs romans. Les fans de Shagan et Julia en on pour leurs argent mais Brussolo nous offre un livre où regorge de bons ingrédients permettant aux lecteurs d’apprécier cette histoire : magie, aventure et récit initiatique. On peut honnêtement dire sans gâcher une chose que ce roman offre de l’estime de soi.
Car cela se ressent dans une véritable horreur depuis le début et jamais une fois la tension ne s’est glissée, se basant sur les détails, des caractérisations pointues et des révélations merveilleuses. On pourrait l’appeler une fantaisie sombre, bien sûr, ou une fiction historique avec un réalisme magique plié, ou même un conte  tellement enraciné dans la réalité qu’on ne pourrait jamais creuser assez profondément. Cette saga est donc dotée de bien des qualités. La plume de l’auteur est enchanteresse et il est agréable de se laisser porter par les mots, rien que pour le plaisir de lire de belles phrases bien tournées. Et puis il y a l’histoire et ses personnages. Nous emmenant dans un univers riche et complexe à souhait, peuplé de créatures fantastiques, où nos deux héros ne pourront se contenter d’être de simple spectateur et entre dans ce cauchemar. Instruments de pouvoir ou créatures dotées de conscience, capables de ressentir ?
Enjeux politiques, trahisons, prises de pouvoir, Shagan et Junia devront également faire face à l’antagonisme  Jarak,… Évoluant tant bien que mal dans les méandres des horreurs du Roi Squelette  nos héros vont subir de nombreuses épreuves et devront lutter chaque instant pour survivre. Merci Mr Brussolo pour ce superbe roman dont on souhaite déjà une suite.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 378 pages
  • Editeur : Bragelonne (16 janvier 2019)
  • Collection : Fantasy
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1028108427

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L’Etranger dans la maison (17 janvier 2019) de Shari LAPENA

Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds.

Chronique : « L’Etranger dans la maison » est un thriller de suspense brillant et intrigant qui était si fascinant que je ne pouvais pas le poser – je sais que c’est un cliché – mais je l’ai trouvé si facile à lire et à suivre, je voulais juste continuer à tourner les pages intrigantes et amusantes.
Karen prépare le thé à la maison en attendant le retour de son mari. C’est la dernière chose dont elle se souvienne ! Elle se réveille à l’hôpital en apprenant qu’elle vient de survivre à un accident de voiture après avoir quitté sa maison dans une panique aveugle. Qu’est-ce qui l’a effrayée et qu’est-ce qui a pu lui arriver avant l’accident de voiture qui l’a fait conduire de façon si erratique ?
Le début dramatique et excitant vous met vraiment dans l’ambiance pour ce suspense plein de suspense et intrigant avec des rebondissements et une fin inattendue que je n’ai vraiment pas vu venir.
Je ne sais pas si j’ai vraiment aimé les personnages principaux – sauf les détectives déterminés – les personnalités ne l’ont pas fait pour moi, mais cela n’avait certainement pas d’importance et n’avait aucune importance, car je l’ai toujours beaucoup aimé et je recommanderais vivement ce livre passionnant à quiconque aime ce genre particulier.
C’est une entreprise très compétitive sur le marché du suspense. Il est très intelligent, bien écrit, intrigant et plein de suspense et a toutes les caractéristiques d’un énorme best-seller .

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (17 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2258137667

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C’est lundi aujourd’hui (3 janvier 2019) de Sytske VAN KOEVERING

Julia, trente ans à peine, est une jeune femme solitaire qui gagne sa vie en faisant des ménages. En pénétrant dans leurs maisons, leurs appartements, elle se confronte à une galerie de personnages singuliers dont elle va observer les habitudes et les âmes à mesure qu’elle nettoie leurs intérieurs. Mais elle va aussi perdre pied. Pourquoi ne pas prendre possession de la baignoire de l’appartement 61, du salon de la 122-D, se nourrir quasi exclusivement de chips chipées ou déguster une bouteille de rosé sur une terrasse qui ne lui appartient pas ?

Chronique : Sytske van Koeveringe  est écrivain et diplômé en image et en langue de la Gerrit Rietveld Academy en 2014. L’aspect visuel de cette étude n’a pas eu d’influence consciente sur son écriture, dit Van Koeveringe dans une interview. Ce qu’elle a reçu au cours de cette étude, c’est la façon de travailler. Pour Van Koeveringe, un texte n’est pas seulement prêt :  » Si je pense que c’est fini, alors je devrais continuer jusqu’à ce que je sois complètement épuisé, que je puisse seulement pleurer et dormir pendant deux semaines. Je pense qu’il est important que vous réagissiez à vous-même, à votre propre travail, sans faire plaisir aux autres. Qu’il s’agit de votre propre étonnement, surprise ou frustration et d’autres termes difficiles de ce genre. Dans son premier roman Vandaag is het maandag (Nous sommes aujourd’hui le lundi), Van Koeveringe philosophe sur l’influence de l’autre. Son personnage principal, Julia, a du mal à croire en elle et à prendre contact avec l’autre.

Beaucoup de choses se font en secret : l’argent, le revenu, l’âge, le poids des femmes. En fait, tout ce qui a à voir avec les chiffres. Mais la tristesse est souvent jetée dans le monde en grandes lignes ».

La vie de Julia est rythmée tous les jours. Elle nettoie dans les maisons des autres, puis rentre souvent à la maison immédiatement et visite le café à des jours fixes. Elle préfère ne pas avoir affaire à ses parents, qui ont de grandes attentes à son égard, et sa petite amie l’a laissée tomber. Elle souffre également d’insomnie, de maux de tête et de boulimie. Julia est en fait une solitaire, mais que faites-vous quand vous êtes seule ? Alors les habitudes sont les seules choses auxquelles une personne peut s’accrocher. C’est lundi aujourd’hui, c’est l’histoire d’une jeune femme qui voit le nettoyage comme une fuite de sa vie déprimante. Le nettoyage est un résultat immédiat et une activité récurrente qui fait oublier à Julia que sa petite amie l’a quittée, que sa relation s’est mal terminée, que son père essaie de la contacter et que son premier roman n’a été qu’un échec.

Mais le vrai problème de Julia, c’est autre chose. Le lecteur se rend vite compte qu’il a de la difficulté avec les attentes de l’autre et celles d’elle-même. Ces attentes l’épuisent et un épuisement professionnel est déjà sur le point de se produire. Et que devriez-vous faire ? Laissez-vous ces émotions fortes dominer votre vie ou allez-vous vous battre contre elles ? Julia est un symbole pour les gens qui ont peu de volonté de lutter contre l’épuisement professionnel, simplement parce qu’ils ne réussissent pas. Julia essaie de trouver sa propre voie, avec la perte des autres, mais les émotions étouffantes l’empêchent de changer réellement.

Dans son roman, Van Koeveringe a écrit avec justesse sur la solitude contemporaine à travers les yeux d’une jeune femme engloutie par son burn-out. Elle exprime d’une manière spéciale la lutte entre les besoins individuels et l’attente que vous avez à traiter avec les autres. L’ornière de sa vie quotidienne et les interactions difficiles entre Julia et les autres personnages montrent qu’elle perd de plus en plus le contrôle de sa vie. Au bon moment, Van Koeveringe parvient à augmenter la tension de l’histoire, par exemple lorsque Julia prend en charge les actions de ses clients ainsi que ses propres habitudes. C’est la façon de Julia de se débarrasser de la solitude, mais avec elle, elle oublie ses propres problèmes et se transforme en une autre personne. Van Koeveringe brouille ainsi la frontière entre l’imagination et la réalité de Julia et, à différents moments, l’écrivain nous a presque mal guidés.

Il n’est pas nouveau que les auteurs d’aujourd’hui écrivent sur l’ornière de la vie quotidienne. Il existe également de nombreux livres sur les conséquences de l’épuisement professionnel, de la dépression ou de la solitude. Van Koeveringe, cependant, a décrit le monde de son personnage Julia à sa manière. Elle garde le lecteur avec elle en donnant plus d’informations sur le passé de Julia à certains moments. Cette information ne vient pas seulement des souvenirs de Julia, mais l’histoire est régulièrement interrompue par de vieux e-mails d’une amie ou par une conversation téléphonique avec sa mère. Peu à peu, le mystère de Julia est résolu, mais Van Koeveringe est un auteur créatif qui étonnera le lecteur jusqu’à la fin de son roman. De plus, le style ludique de Koeveringe est un atout majeur du roman et la raison pour laquelle le roman reste fascinant jusqu’à la fin.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 342 pages
  • Editeur : Nil (3 janvier 2019)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2841119904

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Maison des rumeurs (3 janvier 2019) de Colm TÓIBÍN

Après le sacrifice de sa fille, une mère fomente la mise à mort de l’assassin. Enragée, elle crie sa joie de venger son enfant. Puis son fils est enlevé et passe des années en exil où, dans un douloureux monologue intérieur, il revit le meurtre de sa soeur. Au foyer, il ne reste qu’une fille, obsédée jusqu’à la folie par la place démesurée qu’occupent les disparus dans le coeur de leur mère.

Chronique : La mort est toujours le personnage principal de la saga des Atréides. Agamemnon prit le trône de Mycènes par la mort, il s’embarqua pour Troie après avoir sacrifié Iphigénie et fut tué par Clytemnestre à son retour au pays. Orestes et Electra ont tué leur mère pour venger leur père. C’est une famille mythique où le sang et la mort règnent. Sang, mort et meurtre……. Colm Toibin fait un excellent usage des tragédies et comble l’écart entre la mort d’Iphigénie et le retour d’Agamemnon, ainsi que le temps entre le meurtre du roi et le matricide d’Orestes, d’une manière superbement travaillée. Il traite les personnages et le matériel source avec le plus grand respect  et insuffle une nouvelle vie dans cette histoire intemporelle d’une famille maudite. La manière dont il présente les personnages et met en lumière les motifs de leurs actions est exquise. Toibin raconte l’histoire d’une manière littéraire détachée, comme il convient à la matière. Ce sont des mythes connus de tous, immortels, inaltérables, inchangés. Il n’y a pas besoin de la « voix personnelle » de l’auteur, pas besoin de mélodrame. Nous ne pouvons pas voir un roman basé sur ces personnages sous la même lumière que n’importe quel autre livre commun. Les écrivains doués savent comment faire une histoire bien connue sans projeter leur voix haut et fort. Il est très intéressant de noter que si les chapitres de Clytemnestre et d’Electre sont racontés à la première personne, ceux d’Orestes sont écrits à la troisième personne. Peut-être pour l’isoler davantage de toute la connivence de sa mère et de sa sœur. L’interprétation d’Oreste du sacrifice d’Iphigénie est émouvante et l’une des pièces écrites les plus puissantes que j’aie lues. Il y a aussi une belle référence au mythe de la naissance d’Hélène et de la mort de ses frères, Kastor et Polydeuces, les Dioskouroi comme on les appelle à jamais. Il n’y a pas de dieux qui gouvernent le sort de nos Atréides maintenant. Il n’y a que des oracles et des prophéties insuffisants, des anciens qui sont incapables de faire un dessèchement. Chaque personnage obéit à ses propres principes personnels, à sa propre notion de justice et de vengeance. Qu’est-ce qui est vivant, alors ? Les âmes des morts qui s’attardent dans les couloirs sombres et les jardins ombragés à la recherche de leur chemin vers le monde des hommes. Donc ici, il n’y a aucune excuse que les dieux les aient dictés. Chacun est responsable de ses actes. Et les conséquences…… Le plus grand succès de ce roman est qu’il préserve l’esprit du mythe. La beauté des personnages de la tragédie grecque antique est qu’il n’y a pas de noir et blanc. Même ceux qui sont considérés comme des « méchants » ont leurs propres alibis pour justifier leurs actes. Les anciens dramaturges regardaient vers l’avenir… Quels chefs-d’œuvre ils ont créés et transmis aux générations jusqu’à la fin des temps…. Et Toibin respecte et écoute nos héros et héroïnes… Clytemnestra croit qu’elle se venge de l’inimaginable terreur de perdre un de ses enfants. J’avoue que j’ai toujours hésité à lui en vouloir, mais elle est victime de sa rage et de la cruauté et de l’ambition d’Égisthus qui trouve l’occasion de venger les crimes d’Agamemnon envers sa famille. Electra et Orestes en sont les victimes, avec Iphigénie, tandis qu’Electra a une image idéalisée d’un père qui a été un monstre de cupidité et d’ambition. Et elle ressemble plus à sa mère qu’elle ne serait prête à l’admettre. …Orestes lutte pour trouver son chemin vers un monde qui lui a été enlevé et il devient un meurtrier dans le processus. Des personnages comme Clytemnestre, Electra, Agamemnon et Orestes ne peuvent pas être « passés en revue ». C’est presque un blasphème. Ils sont plus grands que la vie. Il est plus que possible qu’ils n’aient jamais existé et pourtant, ils sont immortels, éternels. Dire que Clytemnestra « est mauvais », Electra « est folle », Orestes « est ennuyeux » est – à mon avis – stupide et immature. Et sans intérêt. Colm Toibin les écrit comme des personnages tridimensionnels, parfois puissants, parfois pleins de doutes, pleins d’amour, de malice et d’ambition. Mais ce sont avant tout des êtres humains, complexes et fascinants. L’auteur a choisi un sujet difficile qui peut brûler n’importe quel auteur moins habile voué à l’échec dans la tentative. Il a créé un roman d’une beauté exquise. Pas ennuyeux ou froid ou traînant, mais respectueux, vif, poétique, brut et sombre.

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Robert Laffont (3 janvier 2019)
  • Collection : Pavillons
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2221203615

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A table ! Mon imagier des animaux (3 janvier 2019) de Juliette Einhorn

De quoi se régalent la coccinelle, la girafe ou la marmotte ? En regardant cette galerie de photos, souhaite « bon appétit » à tous ces gourmands !

Chronique :Cet imagier sur le manger ce sont ceux des animaux, plus ou moins familiers mais que chaque enfant connaît, de près ou de loin. Défilent donc l’ours, le lion, le koala et leurs comparses, magnifiquement photographiés et accompagnés de quelques mots définissant leurs façon de manger. Fort apprécié et manipulé par les enfants avec un format carré et la qualité des photos et les couleurs éclatantes pour décrire les animaux est vraiment jubilatoire, même les parents en apprennent long .

Note : 9,5/10

  • Album: 46 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 5 années
  • Editeur : De la Martinière jeunesse (3 janvier 2019)
  • Collection : Albums
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2732489697

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Quand je m’ennuie (17 janvier 2019) de Juan Arjona et Enrique Quevedo

C’est l’histoire d’un enfant qui s’ennuie. Et qui s’imagine des choses… Qui se prend pour un canard, une vache, une créature chimérique… Et qui observe le monde ainsi, juste pour voir…

Chronique : J’ai vraiment aimé cet album. Il vous invite à nous accepter si nous nous sentons parfois différents.
Il est intéressant de voir comment il utilise des éléments de l’absurde, le rendant comique et nous obligeant à nous arrêter entre les dessins et à chercher des doubles lectures et interprétations. Les illustrations accompagnent beaucoup l’histoire avec ce style à moitié bizarre…. Soudain, je me suis souvenu des meilleures animations de Cartoon Network. Superbe !

Note : 9,5/10

 

  • Album: 40 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Seuil jeunesse (17 janvier 2019)
  • Collection : Album jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 979-1023511000

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