Meute de Karine Rennberg, colore le monde

Colore le monde

Parvenir à évoquer les loups-garous, la synesthésie et la naissance de liens de meute, tels étaient les défis auxquels s’est confronté Karine Rennberg dans ce roman atypique qui prend le contre-pied de la tendance actuelle.

Là où les auteurs de fantastique vont s’attacher à développer un univers et une intrigue addictive, l’autrice a préféré se concentrer sur les personnages en faisant fi du reste. Des personnages attachants, qui sous une fourrure rêche de violence,  cachent un besoin d’être aimés, d’être acceptés, d’être entendus. 

Le récit met en avant trois personnages principaux que l’on ne peut qu’apprécier. Nat le solitaire, au caractère ombrageux, inadapté à la vie en société qui va découvrir qu’il peut compter pour quelqu’un. Val, le tueur muet, sans doute le plus mature et réfléchi et enfin Calame, le louveteau brisé, hanté par une terreur que nul ne peut apaiser, petit être fragile au talent immense qui mélange couleurs et émotions.

Ces trois personnages soutiennent le récit de tous leurs traumatismes et de toute leur amitié, si vous ne vous attachez pas à eux, difficile d’apprécier la lecture. Mais il est encore plus difficile de ne pas s’attacher à eux. La synesthésie, ce trouble neurologique très complexe à expliquer, font des passages consacré à Calame les plus beaux que j’ai pu lire. Ce mariage de couleur et d’émotions rend le texte poétique et intense, tel une flamme ardente qui éclaire les ténèbres.

Meute est donc un récit sur la création de liens puissants, qui transcendent l’amour, l’amitié et le respect. Pauvre en worlbuiding il offre une palette d’émotions rarement vues dans la littérature fantastique, il aurait juste gagné à être plus concis.

Résumé : Roman atypique lycantrope, Meute suit Nathanaël, Val et Calame. Si le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude, le second est un humain à qui l’on a volé la voix alors que le troisième est un loupiot traumatisé, incapable d’accéder à la moindre autonomie. Ce récit fantastique est avant tout celui d’une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la lumière. Karine Rennberg est une autrice nantaise. Elle taille ses personnages dans la pierre en nuance de gris, de ceux à porter du sang en parure pour vous emmener dans les recoins sombres de l’imaginaire lupin

Éditeur ‎ACTUSF (4 mars 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎320 pages
ISBN-10 ‎2376864380
ISBN-13 ‎978-2376864387

Aventures à Guedelon 2 : Le maitre-chêne (19 mai 2016) de Danielle Martinigol

Les jumeaux Pierrel et Tim vivent de nos jours au chantier médiéval de Guédelon. Les voilà obligés d’accompagner Nouranne, la turbulente cousine de leur amie Najoie, en visite scolaire au château. Mais à peine arrivée, Nouranne disparaît. La situation devient très embarrassante pour les trois amis. Et si la jeune fille avait trouvé le chemin pour remonter le temps jusqu’au Moyen-âge ? Pourront-ils aller la récupérer ? C’est d’autant plus urgent qu’il se déroule des évènements bien mystérieux dans la forêt de Guédelon…
Un nouveau volume plein de péripéties qui fait la part belle au travail du bois

Critique : Connaissez-vous le château de Guédelon , magnifique projet qui consiste à bâtir un château du Moyen-Age avec les matériaux et les techniques de l’époque. En plus de visiter le château en construction, on peut voir les artisans et ouvriers au travail et les écouter expliquer ce qu’ils sont en train de faire, après un très bon tome 1 voici la suite  des aventure de Pierrel, Tim  et Najoie .
On adore parcourir Guédelon à leurs coté cotés. Loin d’être tous sages, ils se sont complétés à merveille pour résoudre ce mystère. L’histoire est prenante, on a envie de savoir ce qui va se passer. On apprend beaucoup de choses sur le château, sa construction, sur le Moyen-Age.
L’histoire et fluide et c’est un livre qui se lit d’une seule traite. Une superbe suite aussi bonne que le premier tome.

Note : 9/10

 

  • Poche: 125 pages
  • Editeur : ACTUSF (19 mai 2016)
  • Collection : Aventures à Guédelon
  • Prix : 5 euros

 

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Le Dernier Chant d’Orphée (20 août 2015) de Robert SILVERBERG

0n dit qu’il pouvait, par son chant, charmer les animaux et les arbres. Sa voix fit chavirer les sirènes elles-mêmes. Mais son coeur appartenait à Eurydice, et lorsque la mort vint la lui ravir, Orphée se présenta aux portes des enfers, armé de sa seule lyre, afin de reprendre à Hadès l’âme de sa bien-aimée. Robert Silverberg est l’un des derniers maîtres de la science fiction américaine. Mais c’est dans la veine de Gilgamesh, Roi d’Ourouk que l’auteur des Monades Urbaines et du Cycle de Majipoor revient pour cette réécriture épique du mythe d’Orphée. Un roman inédit qui est un véritable événement.

Critique : Robert Silverberg retrace ici l’histoire d’Orphée, héros de la mythologie grecque bien connu : de l’acquisition de son don pour la musique et de sa lyre à son aventure avec les Argonautes pour aller chercher la Toison d’Or, en passant par la perte d’Eurydice.

Ce petit roman est très bien écrit, cela ne fait pas de doute, c’est presque poétique parfois, explorant le thème du destin.Les amateurs d’histoire ancienne et de mythologie seront satisfaits d’y retrouver tous les éléments connus du mythe : l’ascendance divine d’Orphée ; son règne dans sa Thrace natale ; son talent incomparable pour la musique ; son amour pour Eurydice et la douleur de sa perte ; sa participation à la quête de la Toison d’or ; et enfin sa triste et douloureuse fin aux mains des Ménades.Parmi la multitude d’épreuves et d’aventures relatées par le poète, deux épisodes en particulier se distinguent : celui de la perte d’Eurydice et celui de la quête de la Toison d’or. Rien de très fantasy ou fantastique non plus ici, si ce n’est le merveilleux intrinsèque à la mythologie. Dans un sens ce roman  fait pensé à « Lavinia »d’Ursula le Guin, où l’auteur raconte l’histoire de ce personnage mythologique à la première personne et d’une manière plutôt réaliste, mis à part quelques fantômes et autres créatures mythologiques.  Au final, Silverberg réussit à rendre ce demi-dieu tout à fait humain, pétri de questions existentielles et victime de tous les sentiments, toutes les émotions.

Note : 9,5/10

  • Broché: 200 pages
  • Editeur : ActuSF (24 octobre 2012)
  • Collection : Perles d’épice
  • Prix : 12 euros

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Chanson de la Terre mourante (Tome 1 :2 mai 2013) de Gardner Dozois et George R-R Martin

A l’autre bout du temps, un soleil rouge et obèse jette sur la Terre mourante sa lumière de fin du monde. Ceux qui arpentent cette terre agonisante sont les derniers héros de l’humanité. Ils s’appellent Cugel ou Rhialto, T’saïs ou Pandelume, ils sont mages ou voleurs, bretteurs ou escrocs, mais ils sont toujours flamboyants, car ils sont nés il y a de cela soixante ans, sous la plume de Jack Vance.

Critique : L’objectif est atteint : il est possible de faire revivre l’univers ancien, et plus précisément la terre mourante. Ces textes sélectionnés atteignent à leur butQue vous connaissiez sur le bout du doigt l’intégralité de l’œuvre de l’auteur ou que vous n’aillez pas encore sauté le pas, voilà un ouvrage qui vous donnera en tous les cas enviez de vous (re)plonger dans les romans qui sont à l’origine de cette brillante idée qui consiste à écrire de la science-fiction qui se déroulerait dans un futur tellement lointain qu’on pourrait la lire comme de la fantaisie. La Terre mourant c’est donc un monde merveilleux où la magie a remplacé la technique et par conséquent peuplé de sorciers, créatures surnaturelles plus improbables les unes que les autres, objets enchantés…, mais aussi un monde sur le déclin, avançant lentement mais inexorablement vers sa fin. Ne vous étonnez donc pas d’y croiser des sorciers astucieux mais d’une affligeante nullité ou encore des poètes et nécromants mélancoliques ou dépressifs, le tout parsemé de compétitions de sorts, de quêtes insolites, de combats de magie.…                                                                                          Chaque auteur possède bien évidemment un style et une façon de faire qui lui est propre, mais l’ensemble se lit avec une grande fluidité sans que jamais l’ennui ou la répétition ne s’installe. Trois auteurs tirent cela dit, à mon sens, leur épingle du jeu dans ce premier volume : Byron Tetrick, qui met en scène dans « L’université de magie » un jeune homme en quête de son père; G. R. R. Martin, qui nous offre comme à son habitude avec « Une Nuit au chalet du Lac » une nouvelle pleine de surprises et habilement construite ; et enfin Jeff VanderMeer, qui nous embarque avec « La dernière Quête du mage Sarnod » dans les terrifiants royaumes de l’En Dessous aux côtés de personnages attachants et tourmentés tour à tour drôles, touchants, surprenants ou envoûtants, chacun des textes présents au sommaire ne manquera en tout cas pas de séduire les amoureux de fantaisie. Outre la qualité des nouvelles, on peut également saluer la présence au sein de l’ouvrage de postfaces à la fin de chaque texte dans lesquelles les auteurs reviennent tous sur leur première découverte des œuvres et sur l’influence que cela a pu avoir dans leurs écrits. Instructif.
Qu’il s’agisse de rendre hommage à ce grand écrivain ou tout simplement d’amener de nouveaux lecteurs à découvrir l’univers de la Terre mourante, dans les deux cas le pari est parfaitement réussi
Une anthologie qui vaut le détour

Note : 9,5/10

 

  • Broché: 386 pages
  • Editeur : ActuSF (2 mai 2013)
  • Collection : Perles d’épice

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Le club des punks contre l’apocalypse zombie de Karim Berrouka

Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie…
Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !
Politiquement incorrect, taché de bière et de Lutte finale, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie est un condensé d’humour salutaire.

Critique : Un livre complètement barré qui commence par la classique invasion dans la ville de Paris avec des gens qui paniquent et monstres qui les mangent. Ce qui fait que le livre est original et les héros entièrement composés de squatteurs. Un livre bien fun qui ne se prend pas au sérieux avec des péripéties qui font rire, écrit dans un ton, léger, et drôle. On voit ce l’auteur connaît l’univers des squatters et n’en fait pas une caricature ce qui nous permet aussi de nous attacher à cette bande.
Dans ce roman l’auteur arrivé à nous parler de thème fort comme la politique et les médias. Le livre n’émarge personne surtout les policiers ou les patrons.
Voici un livre fun qui ne se prend pas au sérieux tout en arrivant à nous faire réfléchir.

Note : 8/10

 

  • Broché: 400 pages
  • Editeur : ACTUSF (5 mai 2016)
  • Collection : TROIS SOUHAITS

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