Ringo: L’âme des Beatles (1940-1968) de Hervé Bourhis (Auteur)

En 1968, en pleine création du mythique  » Double Blanc « , Ringo Starr quitte temporairement les Beatles. Épuisé par les tensions internes et persuadé de ne plus être à la hauteur, il part se réfugier en Sardaigne. Isolé, il replonge dans ses souvenirs : une enfance pauvre et marquée par la maladie, le Liverpool populaire des années 1950, les clubs enfumés, puis son arrivée tardive au sein du plus grand groupe du monde. À travers son regard, la légende des Beatles prend une dimension nouvelle : plus intime, plus fragile, profondément humaine.

Ringo : l’âme des Beatles, derrière la légende

En choisissant Ringo Starr comme porte d’entrée dans l’histoire des Beatles, Hervé Bourhis place le doute au cœur du mythe. Ringo : L’âme des Beatles (1940-1968) s’intéresse à un musicien qui, malgré le succès, en vient à se demander s’il mérite encore sa place.

En 1968, pendant la création du « Double Blanc », Ringo quitte temporairement le groupe. Les tensions l’épuisent et il ne se sent plus à la hauteur. Réfugié en Sardaigne, il revient sur son parcours : une enfance pauvre, la maladie, le Liverpool populaire, les clubs, puis son arrivée au sein des Beatles.

Ce départ offre au récit un point d’ancrage particulièrement intéressant. L’histoire s’ouvre sur une rupture, à un moment où la réussite ne suffit plus à protéger celui qui la vit. Comment continuer à jouer ensemble lorsque la confiance en soi et les liens avec les autres se fragilisent ?

Le retour vers l’enfance donne une autre profondeur à cette interrogation. Avant la célébrité, il y a un garçon confronté à la précarité et aux épreuves physiques. Relier ces années à celles des Beatles permet d’envisager le parcours autrement que comme une succession de concerts et de disques : devenir une vedette n’efface pas nécessairement les vulnérabilités anciennes.

Le regard de Ringo déplace aussi le centre du récit. Son arrivée tardive dans le groupe soulève la question de l’appartenance : trouver sa place, contribuer à une création collective, puis craindre de ne plus être indispensable. À travers cette perspective, les tensions prennent une dimension intime, au-delà de leur place dans l’histoire musicale.

Le sous-titre, L’âme des Beatles, invite ainsi à considérer ce qui fait tenir un groupe humain. Derrière les chansons se trouvent des personnalités, des besoins de reconnaissance et des équilibres parfois précaires. La parenthèse sarde devient le lieu où mesurer la distance entre l’image publique et l’expérience personnelle.

Hervé Bourhis propose un angle sensible pour revenir sur une légende abondamment racontée : suivre celui qui doute au milieu du triomphe. Une approche dont la force tient à cette question très humaine : comment se sentir à sa place lorsque l’on appartient au plus grand groupe du monde ?

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 7 octobre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 104 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203304235 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203304239

Annie Leibovitz & Susan Sontag – En clair-obscur de Anaïs Depommier (Dessins), Claire Paq (Couleur), Fabrice Colin (Scénario)

Quand Annie Leibovitz et Susan Sontag se rencontrent, à la fin des années 1980 à New York, leur histoire n’a rien d’un coup de foudre classique : c’est un choc asymétrique.

Au scénario, Fabrice Colin, au dessin, Anaïs Depommier, et à la couleur, Claire Paq : trois regards pour raconter la rencontre de deux femmes dont les façons d’aimer et de créer se heurtent. Annie Leibovitz & Susan Sontag – En clair-obscur aborde leur relation à travers ses déséquilibres, entre fascination, besoin de protection et exigence intellectuelle.

À New York, à la fin des années 1980, Annie et Susan se rencontrent. Le récit présente cette rencontre comme un choc asymétrique. Susan apparaît brillante, exigeante, en quête de reconnaissance ; Annie, sensible et généreuse, aspire à aimer et à protéger. Ces attentes différentes dessinent d’emblée une relation dont l’intensité ne garantit pas l’équilibre.

L’opposition entre les mots et les images constitue un fil particulièrement intéressant. Comment se comprendre lorsque chacune possède sa propre manière d’interpréter le monde ? La pensée et la photographie deviennent ici des langages qui peuvent se rejoindre, mais aussi maintenir une distance au cœur de l’intimité.

Le titre, En clair-obscur, annonce cette attention aux contrastes. La proximité cohabite avec l’incompréhension, l’admiration avec la difficulté à trouver sa place auprès de l’autre. La création nourrit leur lien tout en soumettant leur expérience commune à des regards différents. Ce qui est vécu à deux peut devenir une réflexion, une représentation, une matière artistique.

C’est là que se situe la question la plus troublante du projet : comment partager sa vie avec quelqu’un qui analyse jusqu’à l’amour ? Le récit invite à considérer ce que cette mise à distance peut produire chez l’autre, entre stimulation intellectuelle et sentiment de ne jamais être tout à fait rejoint.

Le contexte politique inscrit également leur histoire dans une époque qui les sollicite et les traverse. Leur relation se construit au contact du monde, de ses tensions et de leurs engagements. Cette articulation entre vie intime et vie publique donne au sujet une ampleur qui dépasse le seul portrait amoureux.

Avec ce roman graphique, Fabrice Colin, Anaïs Depommier et Claire Paq proposent d’explorer ce qui rapproche deux créatrices autant que ce qui leur résiste. Une approche dont l’intérêt tient à cette interrogation : comment préserver un espace commun lorsque chacune transforme le monde à travers son propre regard ?

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 113 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368466177 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368466179

Propaganda de Edward Bernays (Auteur), Maxime Belloche (Illustrations), FRANCOISE RUSCAK (Adapté par)

En 1928, Edward Bernays publie Propaganda : un ouvrage qui révèle comment l’opinion publique peut être façonnée, orientée, influencée. Faire acheter un produit, faire élire un président ou faire adhérer à une idée : pour lui, ces objectifs reposent sur les mêmes mécanismes. Des décennies plus tard, Noam Chomsky décrira l’ouvrage comme  » le manuel classique de l’industrie des relations publiques « .

Comment fait-on naître une envie, adhérer à une idée ou soutenir un candidat ? Dans cette adaptation de Propaganda, Françoise Ruscak et Maxime Belloche mettent les théories d’Edward Bernays à l’épreuve du présent. Le choix d’un dialogue avec une jeune stagiaire donne un cadre concret à une question dérangeante : quelle part de nos opinions se construit sous influence ?

Mildred travaille dans une agence de communication et prépare un mémoire consacré à Bernays. Un soir, l’auteur apparaît à ses côtés. Il entend l’aider à obtenir un poste, mais aussi lui démontrer que ses théories conservent toute leur pertinence. Cette rencontre imaginaire constitue le ressort du récit : une professionnelle en devenir se retrouve face à un homme pour qui orienter l’opinion relève d’une méthode.

Le dispositif possède un intérêt immédiat. Mildred peut interroger, confronter et replacer ces idées dans son propre environnement. L’information en continu, les réseaux sociaux et l’utilisation des données personnelles nourrissent ainsi un échange entre deux époques. Les moyens de diffusion ont changé ; le dialogue invite à examiner ce qui demeure dans la manière de susciter l’adhésion.

Le projet de Bernays — aider Mildred à décrocher un emploi — apporte une ambiguïté féconde. Ses conseils répondent à un besoin personnel et compréhensible. Mais leur efficacité éventuelle pose aussi une question éthique : jusqu’où accepter d’influencer les autres pour parvenir à ses fins ? La manipulation cesse alors d’être un sujet abstrait, réservé aux grandes campagnes politiques ou commerciales.

L’adaptation rapproche également des objectifs que l’on distingue volontiers : vendre un produit, promouvoir une personnalité, défendre une idée. En les examinant à travers les mêmes mécanismes d’influence, elle invite à observer autrement les messages qui nous entourent. Qui parle ? À qui ? Avec quelle intention ? Et pourquoi certains arguments nous semblent-ils spontanément convaincants ?

La bande dessinée offre ici un cadre propice à la transmission : des concepts peuvent être discutés à travers une relation et une situation professionnelle. L’enjeu du dialogue consiste toutefois à laisser une place à la contradiction, face à un Bernays venu défendre la validité de ses propres méthodes.

Cette adaptation de Propaganda propose ainsi une rencontre entre histoire de la communication et interrogations contemporaines. Sa prémisse la plus stimulante tient à la position de Mildred : apprendre à convaincre tout en découvrant les conséquences de ce savoir. Une invitation à examiner autant les messages que nous recevons que ceux que nous contribuons à diffuser.

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 151 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2368469508 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368469507

Expédition Antarctica de Greg Lecoeur (D’après un recit), Cyrille Meyer (Scénario, dessin et Couleur)

À la fin de l’été austral 2019, le photographe animalier Greg Lecoeur embarque avec l’apnéiste Guillaume Néry et le caméraman Florian Fischer pour une expédition extrême vers l’Antarctique. Au plus près des icebergs, ils documentent une faune sous-marine exceptionnelle : baleines, manchots, otaries, phoques… avec pour quête ultime la rencontre avec le mythique léopard de mer. Mais derrière cette beauté sauvage, ils découvrent une nature fragilisée par le réchauffement climatique et nous interrogent sur les conséquences de ce dérèglement qui menace directement la biodiversité et l’équilibre de toute la planète.

D’après le récit du photographe animalier Greg Lecoeur, Cyrille Meyer retrace une expédition vers l’Antarctique où l’exploration sous-marine rencontre les enjeux de la préservation du vivant. Une bande dessinée qui prend pour point de départ l’émerveillement, avant d’interroger la fragilité de ce qu’elle donne à découvrir.

À la fin de l’été austral 2019, Greg Lecoeur embarque avec l’apnéiste Guillaume Néry et le caméraman Florian Fischer. Leur objectif : documenter la faune sous-marine au plus près des icebergs, avec l’espoir de rencontrer le léopard de mer. Baleines, manchots, otaries et phoques jalonnent cette exploration d’un territoire dont une grande partie de la vie échappe aux regards.

Le choix de la bande dessinée offre une perspective intéressante sur cette aventure née du travail de l’image. Au scénario, au dessin et à la couleur, Cyrille Meyer transpose le récit d’un photographe dont la démarche consiste précisément à rendre visible un monde difficile d’accès. L’expédition devient ainsi une rencontre entre différentes façons de témoigner : photographier, filmer et raconter par le dessin.

La recherche du léopard de mer donne un objectif concret au voyage. Elle inscrit la découverte de l’écosystème dans une aventure humaine, portée par l’attente d’une rencontre qui ne peut être garantie. Dans cet environnement extrême, les explorateurs dépendent des conditions naturelles et doivent accepter que le vivant conserve sa part d’imprévisible.

Mais la beauté des lieux s’accompagne d’une inquiétude. Le récit aborde les effets du réchauffement climatique sur un milieu dont l’éloignement pourrait donner une trompeuse impression de protection. Cette dimension élargit la portée de l’expédition : observer les espèces implique aussi de s’interroger sur les conditions de leur survie.

Le sujet trouve sa force dans ce lien entre découverte et responsabilité. L’Antarctique apparaît comme un écosystème auquel notre avenir est lié. Les animaux rencontrés donnent un visage concret à cette biodiversité menacée, au-delà des paysages de glace.

Avec Expédition Antarctica, Greg Lecoeur et Cyrille Meyer proposent une entrée dans les profondeurs du continent austral, entre quête animalière et interrogation écologique. Un projet qui invite à regarder sous la surface, là où la fascination pour le monde sauvage peut devenir une raison de mieux le protéger.

Éditeur ‏ : ‎ Steinkis Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 179 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 236846638X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2368466384

La faim du squelette de Ludovic Lecomte (Auteur), Barroux (Illustrations)

Chaque année, la nuit du passage à l’an suivant, un Nouveau est choisi pour rejoindre le cortège des Z’horribles, dans la maison hantée.

Cette année, ce sera le tour d’Ostache, le squelette, qui doit, comme le veut la tradition, préparer un festin pour tous les Z’horribles de la maison, en guise d’intronisation. Ostache leur a préparé un régal, mais ne semble pas s’y intéresser. Forcément, quand on est un squelette, impossible de manger ! Vraiment ? Les Z’horribles ne s’avouent pas battus et passent la nuit du Nouvel An à fouiller la grande bibliothèque du manoir en quête d’une solution pour que leur nouvel ami puisse lui aussi manger.

Un squelette peut-il partager un repas ? Dans La Faim du squelette, Ludovic Lecomte et Barroux font de cette question insolite le point de départ d’une aventure où les habitants d’une maison hantée se mobilisent pour leur nouvel ami. Une histoire de monstres dont la prémisse déborde de générosité.

Chaque nuit du passage à la nouvelle année, les Z’horribles accueillent un nouveau membre. Cette fois, c’est Ostache, un squelette, qui rejoint leur cortège. Pour son intronisation, la tradition exige qu’il prépare un festin. Tout est prêt, mais un problème demeure : comment profiter du repas lorsque l’on n’a que des os ?

Le décalage est savoureux. Ostache a cuisiné pour les autres sans pouvoir, semble-t-il, goûter à ce qu’il leur offre. Cette situation transforme une difficulté très concrète en ressort fantastique et comique. Elle donne surtout aux Z’horribles une belle occasion de montrer quel accueil ils réservent à leur compagnon.

Car personne ne se résigne à le laisser de côté. Le groupe passe la nuit à fouiller la bibliothèque du manoir pour trouver une solution. Le repas devient alors une quête collective : recevoir un nouvel ami implique de chercher comment lui permettre de participer pleinement à la fête.

C’est cette attention qui rend le sujet attachant. Les personnages prennent en compte la particularité d’Ostache et mettent leur énergie au service d’une même envie : partager un moment avec lui. Sous leurs allures inquiétantes, les Z’horribles révèlent ainsi un sens chaleureux de l’amitié.

La bibliothèque apporte une autre idée réjouissante : face à une difficulté apparemment insoluble, les livres pourraient bien ouvrir une piste. Le décor du manoir hanté devient un lieu de recherche, de curiosité et d’entraide, dont on préfère laisser découvrir l’issue.

Écrit par Ludovic Lecomte et illustré par Barroux, La Faim du squelette associe l’imaginaire des monstres à une question toute simple : comment faire une place à chacun ? Un point de départ malicieux pour rappeler qu’une fête se prépare aussi en pensant à celui qui risque de ne pas pouvoir en profiter.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 1 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 48 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 287426749X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267499

Cher Père Noël de Davide Cali (Auteur), Giulia Pintus (Illustrations)

L’important pendant les fêtes, c’est le partage !

Adrien aimerait recevoir pour Noël un robot, et pas n’importe lequel : Mangatron. Si possible, il aimerait bien aussi Ultrabot, son ennemi… Et un vaisseau, pourquoi pas ? Mais, quand sa soeur tombe malade, Adrien change sa liste au Père Noël…

Avec Cher Père Noël, Davide Cali et Giulia Pintus invitent les jeunes lecteurs à suivre les envies d’Adrien, un garçon dont la liste semble pouvoir s’allonger à l’infini. Mais derrière les robots et les aventures imaginaires se dessine une histoire plus tendre, dont il faut préserver la surprise.

Pour Noël, Adrien veut Mangatron. Pas un autre robot : celui-là précisément ! Et pour lui inventer des combats extraordinaires, Ultrabot, son ennemi, serait lui aussi le bienvenu. Quant au vaisseau, il trouverait facilement sa place au pied du sapin…

Cette succession de souhaits retrouve avec humour la logique des listes enfantines : un jouet ouvre tout un monde, puis donne envie d’en ajouter un autre. Adrien rêve en grand, avec ce mélange de conviction et d’enthousiasme qui rend ses demandes immédiatement familières.

Mais sa lettre va évoluer. C’est dans ce changement que réside la jolie promesse du récit : partir du plaisir de recevoir pour laisser apparaître une envie différente, plus intime. Mieux vaut ne pas en dire davantage pour conserver l’émotion de cette découverte.

Le choix de la lettre au Père Noël offre un cadre simple pour parler de ce qui compte. Derrière une liste d’objets peuvent se cacher des attentes que l’on ne sait pas toujours formuler autrement. Le récit invite ainsi à réfléchir aux cadeaux que l’on désire et à ce que l’on souhaite profondément.

Signé Davide Cali et illustré par Giulia Pintus, Cher Père Noël fait évoluer une demande de cadeaux vers une attention plus délicate. Une histoire à découvrir ensemble, en gardant jusqu’au bout la surprise du souhait d’Adrien.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 12 novembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2874267481 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267482

La fée de la nuit – La magicienne de la nuit de Oksana Bula

C’est un tâche très complexe d’installer toutes les étoiles à la bonne place au début de chaque nuit !

La fée de la nuit a beaucoup de travail. Heureusement, elle connait la place exacte de chaque étoile. Mais une nuit, quelques étoiles mal placées tombent, et la fée de la nuit doit choisir entre partir à leur recherche ou s’occuper de celles qui restent à placer. Le temps qu’elle puisse essayer de les retrouver, elles ont disparu. Commencera une longue quête, parsemée de conseils tous plus farfelus les uns que les autres…

ui veille à ce que chaque étoile trouve sa place dans le ciel ? Dans cet album jeunesse illustré, Oksana Bula imagine une fée chargée d’organiser la nuit. Un travail minutieux, jusqu’au soir où quelques étoiles tombent et bouleversent cette mécanique céleste.

La fée connaît l’emplacement exact de chaque étoile. Pourtant, un incident suffit à la confronter à un choix difficile : partir chercher celles qui sont tombées ou terminer d’installer les autres. Lorsqu’elle peut enfin se lancer à leur recherche, les disparues sont devenues introuvables.

Ce dilemme donne au conte un ancrage sensible. Comment faire lorsque plusieurs tâches réclament notre attention en même temps ? La fée a beau posséder un savoir précieux, elle ne peut pas être partout. Cette limite rend son personnage proche des enfants, eux aussi confrontés aux imprévus et à la frustration de ne pas tout réussir.

La recherche ouvre ensuite l’histoire à la fantaisie. Les conseils farfelus reçus en chemin introduisent un décalage amusant entre le sérieux de sa mission et les solutions qu’on lui propose. De quoi transformer une responsabilité immense en aventure pleine d’incertitudes.

L’idée de départ possède surtout une belle force visuelle : considérer le ciel nocturne comme un espace dont il faut prendre soin, étoile après étoile. Elle invite les jeunes lecteurs à regarder autrement ce paysage familier et à imaginer le travail invisible qui précéderait chaque nuit.

Entre quête céleste et contretemps bien terrestres, cet album associe une question accessible — comment réagir quand rien ne se passe comme prévu ? — au plaisir d’imaginer les coulisses du ciel. Une prémisse poétique qui donne envie de lever les yeux à la nuit tombée.

Éditeur ‏ : ‎ Alice Date de publication ‏ : ‎ 8 octobre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2874267503 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2874267505

Carnets d’Ukraine avec Hugo Becker – Théâtre Marigny

Au Théâtre Marigny, Carnets d’Ukraine porte à la scène les rencontres de Michel Hazanavicius dans un pays en guerre. Interprété par Hugo Becker et mis en scène par Julien Gelas, ce seul-en-scène interroge ce que les récits individuels peuvent nous faire comprendre d’un conflit : les raisons de combattre, les liens qui permettent de tenir et la place de l’art lorsque la violence bouleverse toute une existence.

Comment raconter une guerre qui se poursuit ? Comment trouver la distance nécessaire au récit sans atténuer l’urgence de ce qui se joue ? Carnets d’Ukraine aborde ces questions à travers des personnes rencontrées, écoutées et dessinées. À l’origine du spectacle, un voyage effectué par Michel Hazanavicius en novembre 2023, dont il rapporte des portraits au crayon et des témoignages. Julien Gelas en propose une traduction théâtrale, confiée à Hugo Becker. Le projet repose sur cette circulation : une rencontre devient un dessin, une parole devient un texte, puis une voix la transmet à d’autres.

Ce déplacement vers la scène engage une responsabilité particulière. Porter la parole d’une personne confrontée à la guerre suppose de préserver ce qui lui appartient : une manière de penser, une contradiction, une inquiétude, parfois une plaisanterie. Le témoignage prend toute sa valeur lorsqu’il laisse apparaître une personnalité qui déborde les circonstances dans lesquelles elle nous est présentée. Un combattant possède une histoire antérieure au front, des habitudes, des proches, une idée de l’avenir. La guerre traverse cette existence et en modifie brutalement les possibilités.

C’est à cet endroit que le projet trouve sa profondeur. La succession des portraits invite à considérer ce que signifie tenir, jour après jour, lorsque les gestes les plus ordinaires dépendent d’une menace permanente. La résistance devient une expérience intime autant qu’un engagement collectif. Elle se mesure dans la fidélité à une personne, dans le besoin de protéger un lieu, dans la difficulté de préserver une continuité avec la vie d’avant.

La critique de L’Affiche relève cette présence de la vie au sein des récits militaires : l’humour, le soutien mutuel et la diversité des tempéraments. Elle salue également les nuances apportées par Hugo Becker aux différentes personnalités. Ces observations éclairent un enjeu essentiel du seul-en-scène : permettre à chaque voix de conserver sa singularité, alors qu’un même interprète les rassemble.

Le choix d’un acteur unique possède, à cet égard, une portée particulière. Il concentre l’attention sur l’acte de transmission. Hugo Becker occupe la place fragile de celui qui accueille des paroles et les fait parvenir jusqu’à nous. Cette position pose aussi une question au public : quelle écoute accordons-nous à ces histoires ? Sommes-nous encore capables de recevoir un récit de guerre avec toute l’attention qu’exige une expérience humaine singulière ?

Car la durée d’un conflit transforme notre rapport à ses images. À mesure que les nouvelles s’accumulent, une forme de familiarité s’installe. On reconnaît les lieux, les mots, les situations. Cette reconnaissance peut donner l’impression de savoir, alors même qu’elle nous éloigne parfois de la réalité des existences concernées. Le théâtre dispose ici d’une ressource précieuse : le temps partagé. Il crée les conditions d’une écoute qui se prolonge, d’une présence à laquelle on accepte de consacrer plus que quelques secondes.

La place des « Forces culturelles », ces artistes ukrainiens engagés auprès des combattants, ouvre une autre réflexion. Leur présence dans le récit rappelle que les besoins humains persistent au milieu des destructions. Une musique, une parole ou une rencontre peuvent préserver un lien avec ce qui donne du sens à l’existence. L’art participe alors à un travail de soutien et de solidarité, au plus près des personnes.

Cette dimension donne également un sens au passage des carnets à la scène. Représenter ces histoires, c’est prolonger leur circulation, leur permettre d’atteindre d’autres lieux et d’autres consciences. C’est aussi reconnaître que la culture appartient à ce que l’on cherche à préserver : une langue, une mémoire, la possibilité de raconter soi-même son histoire.

Une telle entreprise appelle cependant une vigilance. L’émotion du spectateur peut être intense tout en restant passagère. Le mot « courage », à force d’être employé, peut finir par recouvrir la fatigue et la vulnérabilité de ceux qu’il désigne. La richesse d’un théâtre de témoignage se joue précisément dans sa capacité à laisser ces fragilités exister. Entendre une peur ou un doute permet de mesurer le coût humain de la résistance.

Carnets d’Ukraine soulève ainsi une question qui dépasse son sujet immédiat : que faisons-nous de la parole de ceux dont la vie a été bouleversée ? La recevoir engage à leur accorder une place dans notre attention, à reconnaître la complexité de leur expérience et à résister aux récits trop rapides.

À travers les rencontres de Michel Hazanavicius, le travail de Julien Gelas et la voix d’Hugo Becker, le théâtre devient un relais. Il nous invite à regarder plus longtemps des visages que l’actualité nous laisse rarement le temps de connaître.

Carnets d’Ukraine — Théâtre Marigny. Texte de Michel Hazanavicius. Mise en scène et musiques de Julien Gelas. Avec Hugo Becker. Durée : 1 h 10.

Les Misérables (2026) : Explication de la fin !

Le dénouement des Misérables oppose deux trajectoires : celle de Javert, dont les certitudes s’effondrent, et celle de Jean Valjean, qui trouve dans l’amour de Cosette l’aboutissement de son parcours. Les morts des barricades donnent à cette conclusion intime une dimension collective.

Attention, cet article dévoile les événements du dénouement.

Pourquoi Jean Valjean sauve-t-il Marius ?

Lors des barricades de juin 1832, Marius est grièvement blessé. Valjean le transporte à travers les égouts de Paris pour lui sauver la vie. En protégeant le jeune homme aimé de Cosette, il accepte aussi la perspective de leur séparation.

Ce geste prolonge la promesse faite à Fantine : veiller sur sa fille implique désormais de lui permettre de construire sa propre existence. L’amour paternel de Valjean s’exprime dans sa capacité à préserver un bonheur dont il craint de devenir un obstacle.

Pourquoi Javert se suicide-t-il ?

La clémence de Valjean bouleverse les principes sur lesquels Javert a fondé sa vie. L’ancien forçat, qu’il considère comme un coupable irréductible, lui a épargné la vie et vient de sauver Marius.

Javert doit alors reconnaître qu’un homme condamné peut agir avec justice et générosité. Cette réalité rend insoutenable sa conception de la loi, qui confond le statut de criminel avec une identité définitive. Incapable de résoudre cette contradiction, il se jette dans la Seine.

Sa mort constitue l’aboutissement tragique d’une pensée qui ne laisse aucune place au changement ni au pardon.

Jean Valjean meurt-il à la fin ?

Oui. Après avoir consacré son existence à protéger Cosette, Valjean s’éloigne, persuadé que son passé pourrait compromettre son avenir avec Marius. Son retrait conduit à une solitude que leur retour vient finalement interrompre.

Cosette et Marius le rejoignent avant sa mort. Leur présence lui apporte la reconnaissance et l’affection qu’il n’osait plus attendre. Épuisé, il s’éteint auprès d’eux.

Les chandeliers de l’évêque Myriel donnent à ces derniers instants leur portée symbolique. Conservés depuis la rencontre qui a transformé sa vie, ils rappellent qu’un acte de bonté a rendu possible tout son parcours. À son tour, Valjean a prolongé ce geste en protégeant d’autres êtres.

Qui sont les autres victimes ?

Éponine, Gavroche et les insurgés morts sur les barricades incarnent le coût humain du soulèvement. Leur disparition empêche de réduire le dénouement au seul apaisement de Valjean : le bonheur de Cosette et de Marius demeure entouré de pertes.

La conclusion fait ainsi coexister l’espoir et le deuil. Valjean meurt reconnu pour l’homme qu’il est devenu, tandis que les injustices qui ont façonné son existence subsistent. Sa rédemption prend tout son sens dans cette tension : la bonté ne répare pas toutes les violences du monde, mais elle transforme durablement les vies qu’elle touche.

Englouti : Explication de la fin !

Le dénouement d’Englouti associe l’évasion de Jay à l’acceptation de la disparition de son père. Au terme de son enfermement dans un cachalot, le jeune plongeur trouve une raison de revenir parmi les vivants.

Attention, cet article dévoile la fin du film.

Parti en mer pour retrouver la dépouille de son père Mitt, Jay se retrouve avalé par un cachalot. Avec une réserve d’oxygène limitée, il tente de s’échapper tandis que les souvenirs de leur relation ressurgissent. La lutte pour survivre devient alors une confrontation avec un héritage familial aussi précieux que douloureux.

Comment Jay parvient-il à sortir du cachalot ?

Après plusieurs tentatives infructueuses, Jay entrevoit une possibilité de secours lorsque l’animal remonte près d’un bateau. Mais le cachalot replonge avant qu’il puisse signaler sa présence.

L’attaque d’un groupe d’orques précipite ensuite le dénouement. Mortellement blessé, le cétacé remonte vers la surface. Jay improvise alors une explosion à partir d’objets récupérés dans son estomac et de son équipement. La déflagration ouvre une brèche qui lui permet de s’extraire du corps de l’animal.

Il rejoint la surface et des scientifiques présents à proximité le recueillent. Jay survit donc à son enfermement. Les dernières scènes le montrent auprès de sa mère et de ses sœurs.

Qui meurt à la fin ?

Le cachalot succombe aux blessures infligées par les orques avant l’évasion de Jay. Mitt, le père du jeune homme, est quant à lui déjà mort avant les événements principaux du récit. Sa voix, entendue pendant l’enfermement, relève des souvenirs de Jay et de son état physique de plus en plus précaire.

Le rapprochement entre cette voix et celle que Jay semble attribuer au cachalot donne toutefois une dimension symbolique à la mort de l’animal. Pour le jeune homme, s’en extraire revient aussi à quitter un espace entièrement occupé par la présence du père disparu.

Que signifie la dernière évocation de Mitt ?

Le sens du dénouement repose sur cette idée : Jay porte en lui une part de son père. Les gestes, les connaissances et les réflexes transmis par Mitt contribuent à sa survie, même si leur relation demeure marquée par la dureté et les blessures.

Cette transmission fait écho au phénomène du whalefall, lorsqu’une carcasse de baleine devient une source de nourriture pour tout un écosystème marin. Le parallèle transforme la disparition en continuité : quelque chose du défunt subsiste et participe à la vie de ceux qui restent.

Jay ne retrouve pas la dépouille qu’il était venu chercher. Il revient cependant auprès de sa famille avec une autre manière d’envisager ce qui le relie à Mitt. Sa survie ouvre ainsi la possibilité d’un apaisement, sans effacer la complexité de leur histoire.