Les Dimanches avec Blanca Soroa , Patricia López Arnaiz de Alauda Ruíz de Azúa

Ainara, 17 ans, élève dans un lycée catholique, s’apprête à passer son bac et à choisir son futur parcours universitaire. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Si le père semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, pour Maite, la tante d’Ainara, cette vocation inattendue est la manifestation d’un mal plus profond …

Après le remarqué Lullaby, Alauda Ruiz de Azúa poursuit son exploration des liens familiaux et des tensions intimes avec Les Dimanches, un drame sensible et profondément troublant autour de la foi, du doute et de la construction de soi.

Ainara, 17 ans, brillante lycéenne issue d’un milieu catholique, semble avoir un avenir tout tracé. Pourtant, à la surprise générale, elle annonce à sa famille son désir d’intégrer un couvent afin de devenir religieuse. Une décision incompréhensible pour ses proches, qui fait éclater des tensions enfouies et révèle les fractures silencieuses d’une famille incapable de réellement communiquer.

Le film évite constamment le jugement facile. Alauda Ruiz de Azúa ne cherche ni à idéaliser la foi ni à la condamner. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est ce moment fragile où une jeune femme tente de donner un sens à sa vie dans un monde où chacun projette sur elle ses propres attentes. La vocation d’Ainara devient alors un miroir des peurs et des frustrations familiales.

La grande réussite du film réside dans sa subtilité émotionnelle. Derrière les repas de famille, les discussions banales et les silences pesants, se dessine peu à peu un malaise plus profond. La tante Maite, interprétée avec une intensité remarquable par Patricia López Arnaiz, pressent que cette vocation soudaine cache peut-être une souffrance plus intime. Son regard inquiet donne au récit une tension psychologique discrète mais constante.

Face à elle, Blanca Soroa impressionne par la retenue de son jeu. Son Ainara demeure insaisissable, entre conviction sincère, besoin d’évasion et quête identitaire. Cette ambiguïté nourrit toute la force du film.

Visuellement, Les Dimanches adopte une mise en scène épurée et naturaliste. Les intérieurs familiaux, les salles de classe et les espaces religieux sont filmés avec douceur, presque comme des lieux suspendus où le temps ralentit. La lumière naturelle et les cadres fixes renforcent cette impression d’intimité étouffante.

Mais au-delà du sujet religieux, le film parle surtout de liberté et du poids des attentes sociales. Peut-on réellement choisir sa vie lorsque tout le monde pense savoir ce qui est bon pour nous ? Cette question traverse le récit avec une grande délicatesse.

Un drame intimiste et bouleversant, porté par deux performances remarquables et la mise en scène sensible de Alauda Ruiz de Azúa. Les Dimanches confirme le talent d’une cinéaste capable de transformer les conflits silencieux du quotidien en véritable tension émotionnelle.


DVD / Blu-ray – Image / Son / Bonus

Image

L’édition vidéo met parfaitement en valeur l’esthétique sobre et lumineuse du film. La photographie naturelle conserve une belle finesse dans les détails, notamment dans les scènes d’intérieur baignées de lumière douce. Les teintes discrètes et les cadres épurés participent pleinement à cette atmosphère contemplative et intime. L’image privilégie le réalisme et la proximité avec les personnages, sans artifices visuels inutiles.

Son

La piste sonore repose avant tout sur la subtilité. Les dialogues sont clairs et parfaitement équilibrés, essentiels dans un film où chaque silence et chaque hésitation comptent autant que les mots. Les ambiances discrètes — craquements, bruits domestiques, chants religieux ou simples respirations — renforcent l’immersion émotionnelle. La musique, utilisée avec parcimonie, accompagne délicatement les moments de tension intérieure.

Verdict

Une très belle édition pour un drame intimiste d’une grande finesse. Grâce à une image élégante, un son immersif et des bonus enrichissants, Les Dimanches confirme toute la sensibilité du cinéma de Alauda Ruiz de Azúa. Un film délicat et habité, qui explore avec intelligence les tensions entre foi, liberté et famille.

  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1,5 x 19 cm; 85 grammes
  • Réalisateur ‏ : ‎ Alauda Ruíz de Azúa
  • Format ‏ : ‎ PAL
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 50 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 16 juin 2026
  • Acteurs ‏ : ‎ Blanca Soroa, Juan Minujin, Mabel Rivera, Miguel Garcés, Patricia López Arnaiz
  • Sous-titres : ‏ : ‎ Français
  • Langue ‏ : ‎ Espagnol (Dolby Digital 5.1)

Baise-en-ville Avec Martin Jauvat , Emmanuelle Bercot

Quand sa mère menace de le virer du pavillon familial s’il ne se bouge pas les fesses, Sprite se retrouve coincé dans un paradoxe : il doit passer son permis pour trouver un taf, mais il a besoin d’un taf pour payer son permis. Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider – même à lui prêter son baise-en-ville. Mais… C’est quoi, au fait, un baise-en-ville ?

Avec Baise-en-ville, Martin Jauvat confirme son regard singulier sur une jeunesse française débrouillarde, paumée et profondément attachante. Entre chronique sociale, comédie absurde et portrait de banlieue, le film capte avec beaucoup de justesse les galères du quotidien et cette impression de tourner en rond quand tout semble bloqué avant même d’avoir commencé.

Sprite vit encore chez sa mère, sans permis, sans travail et sans véritable perspective. Lorsqu’elle menace de le mettre dehors s’il ne se prend pas enfin en main, il se retrouve enfermé dans un cercle absurde : impossible de trouver un emploi sans permis, impossible de payer le permis sans emploi. Une mécanique sociale simple mais terriblement réaliste, que le film transforme en comédie douce-amère.

La grande force de Baise-en-ville réside dans son ton. Martin Jauvat filme ses personnages avec énormément de tendresse, sans jamais les juger. L’humour naît des situations, des maladresses, des silences et d’un sens très particulier du décalage. Le titre lui-même devient un running gag étrange et mélancolique autour de cet objet mystérieux qu’est le “baise-en-ville”, à la fois accessoire concret et symbole d’un passage à l’âge adulte qui semble toujours repoussé.

Face à lui, Emmanuelle Bercot apporte une énergie inattendue dans le rôle de Marie-Charlotte, monitrice d’auto-école aussi fantasque que touchante. Leur relation, faite de maladresses et d’élans improbables, donne au film une humanité permanente.

Visuellement, le long métrage adopte une mise en scène minimaliste mais extrêmement vivante. Les zones pavillonnaires, parkings, petites routes et appartements modestes deviennent le décor d’une France périphérique rarement filmée avec autant de douceur. Le réalisme du quotidien glisse régulièrement vers une forme de poésie absurde discrète mais très personnelle.

Sous son apparence légère, Baise-en-ville parle finalement de précarité, de solitude et de la difficulté à devenir adulte dans une société où tout semble conditionné par l’argent et les codes administratifs. Mais le film ne sombre jamais dans le misérabilisme. Il préfère observer ses personnages avec humour, empathie et une vraie sincérité.

Une comédie atypique, fragile et profondément humaine, portée par le charme maladroit de Martin Jauvat et la présence lumineuse de Emmanuelle Bercot.


DVD / Blu-ray – Image / Son / Bonus

Image

L’édition vidéo restitue parfaitement l’esthétique naturaliste du film. La photographie privilégie les lumières naturelles et les décors du quotidien, donnant au récit une authenticité immédiate. Les couleurs légèrement ternes et les ambiances de banlieue pavillonnaire participent pleinement au charme discret du long métrage. Les détails restent précis, notamment dans les scènes extérieures et les séquences de conduite, tout en conservant ce grain réaliste volontairement modeste.

Son

La piste sonore mise avant tout sur la proximité et le réalisme. Les dialogues restent toujours clairs, élément essentiel dans une comédie reposant autant sur les échanges maladroits et les silences gênés. Les bruits du quotidien — moteurs, circulation, appartements, auto-école — renforcent l’immersion dans cet univers très concret. La musique accompagne subtilement le récit sans jamais casser la simplicité du ton.

Verdict

Une édition cohérente avec l’esprit du film : simple, sincère et profondément attachante. Grâce à une image fidèle à son réalisme délicat et une ambiance sonore immersive, Baise-en-ville confirme le talent singulier de Martin Jauvat pour raconter les galères ordinaires avec humour et humanité.

  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 14 x 1,4 cm; 80 grammes
  • Format ‏ : ‎ PAL
  • Durée ‏ : ‎ 1 heure et 33 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 2 juin 2026
  • Acteurs ‏ : ‎ Anaïde Rozam, Emmanuelle Bercot, Martin Jauvat, Sébastien Chassagne, William Lebghil
  • Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1)
  • Studio  ‏ : ‎ Le Pacte

L’Affaire Bojarski Avec Reda Kateb , Sara Giraudeau

Jean-Paul SALOMÉ (La Daronne) signe avec L’Affaire Bojarski un polar tendu et immersif, qui se distingue par son ancrage dans une histoire vraie mais méconnue, inspirée du véritable Ceslaw Jan Bojarski.

Le film plonge au cœur d’une enquête minutieuse, faite de surveillance, d’infiltration et de manipulation, en privilégiant une approche réaliste et sans artifices.

Après La Daronne, Jean-Paul Salomé revient au polar avec L’Affaire Bojarski, un thriller inspiré d’une histoire vraie aussi fascinante que méconnue. Le cinéaste plonge le spectateur dans la trajectoire de Jan Bojarski, ingénieur polonais réfugié en France après la guerre, dont le génie technique va progressivement le faire basculer dans le monde du faux monnayage.

Le film suit l’ascension discrète mais dangereuse de cet homme incapable de faire reconnaître légalement ses inventions à cause de son absence d’état civil. Condamné aux petits boulots malgré son intelligence hors norme, Bojarski accepte finalement de mettre son talent au service du crime en fabriquant de faux billets pour des réseaux clandestins. Une décision qui l’entraîne dans une double vie de plus en plus risquée, tandis que l’inspecteur Mattei se rapproche inexorablement de lui.

Là où L’Affaire Bojarski impressionne, c’est dans son refus du spectaculaire facile. Jean-Paul Salomé privilégie une approche réaliste, presque documentaire par moments, où l’enquête se construit à travers la surveillance, les filatures et les détails techniques. Cette sobriété donne au film une tension constante et immersive.

Le casting contribue énormément à cette réussite. Reda Kateb livre une performance magnétique, tout en retenue, incarnant un homme brillant mais enfermé dans ses contradictions. Sara Giraudeau apporte une vraie intensité au rôle de l’enquêtrice déterminée, tandis que Pierre Lottin et Bastien Bouillon renforcent la crédibilité et l’épaisseur de cette mécanique policière.

Visuellement, le film adopte une esthétique sombre et élégante, où les ateliers clandestins, appartements modestes et bureaux d’enquête deviennent les pièces d’un puzzle criminel étouffant. La photographie froide et les décors minutieux participent pleinement à cette immersion dans une France d’après-guerre encore marquée par les cicatrices du conflit.

Mais au-delà du polar, L’Affaire Bojarski raconte surtout la tragédie d’un homme invisible, dont le génie finit récupéré par un système qui l’exploite autant qu’il le rejette. Cette dimension humaine donne au film une profondeur inattendue.

Porté par une mise en scène précise et un superbe casting, L’Affaire Bojarski s’impose comme un thriller rigoureux, captivant et intelligent. Un polar français solide, qui redonne vie à un fait divers oublié avec une remarquable maîtrise.


DVD / Blu-ray – Image / Son / Bonus

Image

L’édition vidéo propose une image particulièrement soignée, fidèle à l’esthétique froide et réaliste voulue par Jean-Paul Salomé. Les contrastes maîtrisés mettent en valeur les ambiances nocturnes, les ateliers clandestins et les intérieurs sombres qui dominent le film. La photographie conserve une belle précision dans les détails, notamment lors des scènes d’enquête et de fabrication des faux billets. Les teintes légèrement désaturées renforcent cette sensation de tension permanente et d’immersion dans une France d’après-guerre encore marquée par l’ombre du conflit.

Son

La piste sonore privilégie l’efficacité et la sobriété. Les dialogues restent parfaitement intelligibles, élément essentiel dans un thriller où chaque échange compte. Le mixage joue beaucoup sur les silences, les bruits mécaniques, les surveillances discrètes et les ambiances urbaines pour installer une tension continue. La musique accompagne le récit avec retenue, sans jamais prendre le dessus sur l’atmosphère réaliste du film. Un ensemble immersif qui soutient parfaitement le suspense.

Verdict

Une très belle édition pour un polar français élégant et immersif. Grâce à une image soignée, une ambiance sonore précise et des bonus enrichissants, L’Affaire Bojarski confirme toutes les qualités d’un thriller tendu et intelligent porté par un casting remarquable.

  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes
  • Format ‏ : ‎ PAL
  • Durée ‏ : ‎ 2 heures et 3 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 14 mai 2026
  • Acteurs ‏ : ‎ Bastien Bouillon, Pierre Lottin, Quentin Dolmaire, Reda Kateb, Sara Giraudeau
  • Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1)
  • Studio  ‏ : ‎ Le Pacte

Les échos du passé Avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsk De Mascha Schilinski

Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l’Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre

PRIX DU JURY À CANNES

Récompensé par le Prix du Jury au Festival de Cannes, Les Échos du passé s’impose comme une œuvre sensorielle et hantée, où le temps semble se replier sur lui-même. Avec ce deuxième long métrage, Mascha Schilinski construit un récit vertigineux autour de quatre adolescentes vivant à des époques différentes, mais toutes liées à une même ferme perdue dans le nord de l’Allemagne.

Alma, Erika, Angelika et Lenka grandissent chacune dans cette maison qui traverse le siècle. Les murs changent, les générations passent, mais quelque chose demeure. Des gestes, des silences, des peurs, des désirs. Peu à peu, le film crée des correspondances troublantes entre ces jeunes filles séparées par les décennies, comme si leurs existences dialoguaient au-delà du temps.

Là où le cinéma de Mascha Schilinski impressionne, c’est dans sa manière de faire ressentir la mémoire plutôt que de l’expliquer. La narration éclatée refuse les repères faciles. Les temporalités se mêlent, les visages se répondent, les sons deviennent des passerelles invisibles entre les époques. Le spectateur se perd parfois volontairement dans ce labyrinthe sensoriel où chaque pièce de la ferme semble contenir les traces des vies précédentes.

Visuellement, le film possède une puissance rare. La mise en scène joue constamment sur les matières, les lumières naturelles et les détails du quotidien pour faire émerger une sensation de présence fantomatique. La maison devient un personnage à part entière : témoin silencieux des traumatismes, des rêves et des répétitions de l’Histoire.

Les jeunes comédiennes, notamment Hanna Heckt et Lena Urzendowsky, portent le film avec une intensité fragile et presque hypnotique. Leurs regards suffisent souvent à transmettre ce que les mots taisent.

Avec Les Échos du passé, Mascha Schilinski signe une œuvre exigeante, profondément immersive, qui parle de transmission, de mémoire féminine et des blessures invisibles qui traversent les générations. Un film mystérieux et bouleversant, qui confirme l’émergence d’une voix singulière dans le cinéma européen contemporain.

DVD – Image / Son / Bonus

Image

L’édition DVD restitue avec beaucoup de finesse le travail visuel du film. Les contrastes volontairement doux et la photographie naturelle conservent une belle tenue malgré le format DVD. Les textures de la ferme, les jeux d’ombre et les lumières froides du nord de l’Allemagne participent pleinement à cette atmosphère fantomatique et mélancolique. Les différentes époques possèdent chacune leur identité visuelle, subtilement retranscrite dans cette édition.

Son

La piste sonore se révèle particulièrement immersive. Le film repose énormément sur les ambiances : craquements du bois, souffle du vent, silences pesants et échos lointains deviennent presque des personnages à part entière. Les dialogues restent toujours clairs, tandis que la musique accompagne discrètement cette sensation de mémoire qui hante les lieux. Un mixage sobre mais extrêmement précis, idéal pour un visionnage dans le calme.

Verdict

Une édition élégante pour un film d’auteur marquant, porté par une ambiance unique et une mise en scène hypnotique. Les Échos du passé confirme le talent singulier de Mascha Schilinski et mérite pleinement sa distinction cannoise. Un DVD indispensable pour les amateurs de cinéma contemplatif et de récits hantés par le temps.

  • Rapport de forme ‏ : ‎ 1.37:1
  • Classé ‏ : ‎ Tous publics
  • Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes
  • Réalisateur ‏ : ‎ Mascha Schilinski
  • Format ‏ : ‎ Blu-ray, PAL
  • Durée ‏ : ‎ 149 minutes
  • Date de sortie ‏ : ‎ 19 mai 2026
  • Acteurs ‏ : ‎ Hanna Heckt, Lena Urzendowsk
  • Sous-titres : ‏ : ‎ Français
  • Langue ‏ : ‎ Allemand (DTS-HD 5.1)
  • Studio  ‏ : ‎ DIAPHANA

Marcel et Monsieur Pagnol de Sylvain Chomet

À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain. Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire.

Avec Marcel et Monsieur Pagnol, Sylvain Chomet signe un film d’animation délicat, tendre et profondément cinéphile. Le réalisateur des Triplettes de Belleville s’empare de la figure de Marcel Pagnol non comme d’un monument figé, mais comme d’un homme traversé par ses souvenirs, ses doutes et son besoin vital de raconter. Le film, présenté à Cannes en 2025, revient sur Pagnol à l’heure où il se replonge dans son enfance et dans la Provence qui a nourri toute son œuvre.

Le récit trouve sa belle idée dans cette rencontre imaginaire entre Marcel adulte et le petit Marcel. À travers ce dialogue intérieur, les souvenirs reprennent vie : la famille, les premières émotions, l’arrivée du cinéma parlant, la naissance des studios, l’amour des acteurs et cette passion de l’écriture qui devient une manière de retenir le temps. Chomet compose un portrait affectueux, parfois mélancolique, où l’hommage ne tombe jamais dans la simple illustration scolaire.

Visuellement, le film séduit par son élégance. L’animation garde cette patte artisanale, légèrement rétro, qui donne aux personnages une présence chaleureuse. Les couleurs de Provence, les décors, les silhouettes et les détails graphiques créent un univers entre mémoire, théâtre et cinéma. L’image du DVD restitue bien cette douceur picturale : les contrastes sont équilibrés, les teintes lumineuses sans excès, et les scènes plus intimes conservent une belle lisibilité.

Côté son, l’édition accompagne efficacement le charme du film. Les dialogues restent clairs, essentiels dans une œuvre consacrée à un immense conteur. La musique de Stefano Bollani accompagne le mouvement des souvenirs avec finesse, sans jamais écraser l’émotion.

Verdict : un très beau DVD, à la fois patrimonial et accessible, qui célèbre Marcel Pagnol avec poésie. Un film tendre, élégant et idéal pour redécouvrir l’homme derrière l’écrivain, le cinéaste et le conteur populaire.

Classé ‏ : ‎ Tous publics

Audio description : ‏ : ‎ Français

Réalisateur ‏ : ‎ Sylvain Chomet

Durée ‏ : ‎ 1 heure et 31 minutes

Date de sortie ‏ : ‎ 15 mai 2026

Langue ‏ : ‎ Français (DTS-HD 2.0), Français (DTS-HD 5.1)

Studio  ‏ : ‎ Wild Side Video

Mamie Luger: La tentation du mâle de Nicolas Keramidas

Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée par la police après avoir tiré sur un homme avec un Luger, un vieux pistolet allemand.

Avec Mamie Luger : La tentation du mâle, Nicolas Keramidas livre une bande dessinée explosive qui mélange polar noir, humour burlesque et satire sociale.

Le point de départ est aussi absurde qu’efficace : Berthe Gavignol, 102 ans, est arrêtée après avoir tiré sur un homme avec un vieux Luger allemand. Mais l’interrogatoire révèle rapidement que cette vieille dame au caractère bien trempé cache un passé autrement plus dangereux qu’il n’y paraît.

Le récit repose sur le contraste entre l’image traditionnelle de la « petite mamie » et la réalité du personnage. Berthe détourne immédiatement les attentes : langage cru, tempérament incontrôlable, souvenirs violents. Cette opposition nourrit une grande partie de l’humour noir de l’album.

Au fil des révélations, la BD dévoile une succession de secrets, de cadavres et de règlements de comptes. Derrière le ton déjanté, le livre aborde pourtant des thèmes sérieux, notamment les violences faites aux femmes et les mécanismes de domination.

Berthe apparaît alors comme une figure de résistance radicale. Refusant le statut de victime, elle transforme sa colère en arme. Le récit joue volontairement sur l’exagération, flirtant avec le grotesque sans perdre sa dimension critique.

Graphiquement, Nicolas Keramidas développe un style énergique et expressif. Les scènes d’action, les expressions et les dialogues participent pleinement à l’humour corrosif de l’ensemble.

L’album alterne entre enquête policière, souvenirs et scènes absurdes, créant un rythme très vivant. L’humour grinçant permet d’équilibrer la noirceur des sujets abordés.

Mamie Luger s’inscrit dans une tradition de polar satirique, où la violence et la comédie coexistent pour dénoncer certaines hypocrisies sociales.

Une bande dessinée irrévérencieuse et jubilatoire, portée par une héroïne aussi incontrôlable qu’inoubliable.

  • Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN
  • Date de publication ‏ : ‎ 13 mai 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2203281812
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203281813

Le chat chelou venu d’ailleurs de J.M. Erre

Un drôle de chat apparaît chez Zazie…

Avec Le chat chelou venu d’ailleurs, J.M. Erre mêle humour absurde, aventure jeunesse et réflexion écologique dans un récit aussi décalé qu’inventif.

Tout commence avec l’apparition de Cachou, un chat étrange qui ressemble presque au Roudoudou de Zazie… à quelques détails près. Oreille écrabouillée, yeux fluorescents, langage improbable et habitudes alimentaires totalement absurdes : l’animal intrigue immédiatement.

Le livre joue beaucoup sur ce décalage. Cachou refuse les comportements classiques d’un chat domestique pour se nourrir de plastique, de pots d’échappement ou encore de poteaux électriques. Cette étrangeté nourrit l’humour du récit, tout en ouvrant progressivement vers une idée plus large.

Zazie, héroïne curieuse et débrouillarde, comprend rapidement que ce chat pourrait représenter bien plus qu’une bizarrerie. Son idée d’utiliser Cachou pour « sauver la Terre » donne au roman une dimension écologique légère mais présente.

Le récit adopte un ton volontairement fantaisiste. Les situations absurdes, les dialogues et le comportement imprévisible du chat créent un rythme dynamique et accessible aux jeunes lecteurs.

Derrière cette légèreté, le livre aborde des questions contemporaines : pollution, déchets, consommation. Mais plutôt que de délivrer un discours appuyé, l’auteur privilégie l’imaginaire et le comique.

Le personnage de Cachou fonctionne comme une figure venue perturber le quotidien, à mi-chemin entre l’animal fantastique et l’extraterrestre.

L’écriture de J.M. Erre conserve un ton vif et ludique, qui laisse une grande place au plaisir de lecture.

Le chat chelou venu d’ailleurs s’inscrit dans ces romans jeunesse capables d’aborder des sujets sérieux à travers le rire et l’absurde.

Un livre drôle et original, où un chat improbable pourrait bien devenir le héros inattendu d’une aventure écologique complètement déjantée

  • Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur
  • Date de publication ‏ : ‎ 20 mai 2026
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 160 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2700288645
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700288643
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 132 g

Vaillantes de Émilie Chazerand (Auteur), Cécile Becq (Illustrations)

Été 1936. La France découvre les premiers congés payés et, sur les plages, les frontières sociales semblent s’effacer.

Avec Vaillantes, Émilie Chazerand et Cécile Becq proposent une bande dessinée historique sensible, centrée sur l’émancipation féminine dans la France des années 1930.

Le récit prend place durant l’été 1936, moment charnière marqué par l’arrivée des premiers congés payés après les grandes avancées sociales du Front populaire. Les plages deviennent alors des espaces nouveaux, où différentes classes sociales se croisent et où certaines barrières semblent temporairement s’effacer.

C’est dans ce contexte que se rencontrent Suzanne et Mabel. Tout les oppose : l’une est une paysanne française marquée par les épreuves et le poids des traditions, l’autre une Américaine en décalage avec les conventions du pays qu’elle découvre. Leur relation constitue le cœur du livre.

L’album explore la manière dont une amitié peut transformer le regard porté sur soi-même et sur le monde. Au fil de leurs échanges, les deux femmes remettent en question les normes sociales qui encadrent leurs vies.

Le thème de la liberté traverse tout le récit. Liberté de mouvement, de choix, d’existence : dans une société encore très codifiée, les héroïnes cherchent à devenir maîtresses de leur destin.

Graphiquement, Cécile Becq restitue avec finesse l’atmosphère de l’époque. Les paysages balnéaires, les vêtements, les lumières estivales donnent au livre une dimension à la fois historique et lumineuse.

Loin d’un récit militant frontal, Vaillantes privilégie une approche humaine et intime. Les grands bouleversements sociaux sont perçus à travers les trajectoires individuelles.

Le contraste entre légèreté estivale et poids des conventions donne au récit une tonalité particulièrement touchante.

Vaillantes s’impose ainsi comme une bande dessinée sur la rencontre, la solidarité et les petites révolutions personnelles qui accompagnent les grands changements historiques.

Une œuvre délicate et inspirante, qui célèbre le courage discret de celles qui osent choisir leur propre chemin.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 6 mai 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 144 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810208336 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810208333

Mon amie Andreina de Alice Coppini

La petite Emma passe beaucoup d’après-midis chez sa grand-mère Lina.

vec Mon amie Andreina, Alice Coppini propose une bande dessinée jeunesse sensible, où le mystère familial rencontre le récit d’amitié et le voyage dans le temps.

Le récit débute dans un quotidien très simple : Emma passe ses journées chez sa grand-mère Lina, dans une maison où le temps semble parfois suspendu. L’ennui de l’enfant devient le point de départ de l’aventure lorsqu’elle découvre, dans le grenier, une boîte remplie de vieilles photographies.

La bascule fantastique survient avec l’orage. Propulsée dans le passé, Emma rencontre Andreina, une fillette qui ressemble étrangement à celle aperçue sur les photos. Cette apparition ouvre immédiatement un mystère familial qui structure tout l’album.

L’histoire fonctionne sur deux niveaux. D’un côté, une aventure accessible aux jeunes lecteurs, faite de découvertes et de complicité. De l’autre, une réflexion plus douce sur la mémoire, les générations et les liens invisibles qui unissent les familles.

La relation entre Emma et Andreina constitue le cœur émotionnel du livre. Leur amitié se construit progressivement, portée par la curiosité et le partage, tandis que le lecteur comprend peu à peu l’importance de cette rencontre.

Graphiquement, l’album privilégie une approche chaleureuse et expressive. Les décors de la maison ancienne, du grenier et du passé créent une atmosphère nostalgique, presque hors du temps.

Le fantastique reste délicat, jamais envahissant. Il sert avant tout à rendre possible une rencontre impossible entre deux époques et à explorer les souvenirs familiaux sous une forme poétique.

Mon amie Andreina s’inscrit dans la tradition des récits jeunesse où l’imaginaire permet de mieux comprendre l’histoire personnelle et familiale.

Une bande dessinée tendre et mystérieuse, qui mêle enfance, mémoire et amitié avec beaucoup de douceur.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 6 mai 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 184 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810210764 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810210763

Ultimage, le maître des magies – Tome 7, La fin des ultimages de Adrien Tomas (Auteur), Elisabeth Jammes (Illustrations)

Maël et son ancien ennemi, Léothax, partent à la recherche de Wuna et Qana, enlevées par un puissant mage mort-vivant dénommé Norguld.

Avec La fin des ultimages, septième tome de la saga Ultimage, Adrien Tomas poursuit l’évolution de son univers de fantasy jeunesse en renforçant les enjeux émotionnels et les menaces à l’échelle du monde.

Le récit place Maël face à une nouvelle urgence : sauver Wuna et Qana, capturées par Norguld, un mage mort-vivant animé par un désir de vengeance. Cette quête personnelle donne immédiatement au roman une forte intensité dramatique.

L’alliance entre Maël et Léothax constitue l’un des éléments marquants du tome. Ancien adversaire devenu allié de circonstance, Léothax introduit une relation plus complexe que la simple opposition entre héros et ennemi. Cette collaboration forcée enrichit les dynamiques du récit.

Le roman approfondit également son système magique. La magie de l’esprit, que Maël doit apprendre en urgence, devient centrale. Contrairement à une puissance purement offensive, elle implique maîtrise mentale et compréhension intérieure, renforçant la dimension initiatique du personnage.

Face à eux, Norguld incarne une menace plus sombre encore. Son statut de mage mort-vivant et sa quête de vengeance lui donnent une présence inquiétante, mais c’est surtout son nouveau type de magie qui fait basculer l’intrigue vers des enjeux apocalyptiques.

Le monde d’Oara, déjà fragilisé par les conflits précédents, se retrouve une nouvelle fois au bord du chaos. Le titre lui-même, La fin des ultimages, suggère un tournant majeur dans la saga.

L’écriture d’Adrien Tomas conserve un rythme dynamique, alternant scènes d’action, progression magique et relations entre personnages. Les illustrations d’Elisabeth Jammes accompagnent cet univers en renforçant son aspect épique et fantastique.

Le roman continue ainsi de développer des thèmes classiques de fantasy — transmission, responsabilité, pouvoir — tout en restant accessible à un lectorat jeunesse.

Un tome intense et spectaculaire, où la magie devient autant une arme qu’un danger capable de faire vaciller tout un monde.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 13 mai 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700284232 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700284232