Comme une odeur de flics par Tom Dragan

Je m’appelle Isabelle, « Isa » pour les intimes. Isabelle Diz, enfin lieutenante Isabelle Diz, et ouais, je suis flic. Du plus loin que je me souvienne, je ne voulais pas être flic, je crois que je voulais être véto ou un truc comme ça.

Chronique : Le personnage principal, Isabelle Diz, se présente avec une franchise rafraîchissante et une ironie mordante. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un protagoniste de roman policier, Isabelle n’a jamais rêvé d’être flic. Son aspiration d’enfance était de devenir vétérinaire, un rêve qui s’est évaporé le jour tragique où elle a découvert le meurtre brutal de sa mère. Ce choc, plus que tout autre événement, a défini son cheminement professionnel : devenu flic par une sorte de détournement tragique de ses rêves d’enfant.

La scène de l’enfance d’Isabelle, marquée par la découverte du meurtre de sa mère et l’inefficacité des enquêteurs, est dépeinte avec une intensité qui nous plonge directement dans le traumatisme fondateur de sa carrière. Le « crime de rôdeur », comme l’ont qualifié les policiers, est resté irrésolu, et les murmures d’un enquêteur qui qualifie l’agresseur d’ »animal » la marqueront profondément. Ce moment la pousse à fuir son rêve de soigner les animaux pour endosser le rôle de flic, une décision qu’elle assume avec une certaine amertume mais aussi avec une résilience palpable.

Le roman dépeint la vie quotidienne d’Isabelle avec un réalisme cru, en soulignant la dureté de son travail et la fange qu’elle doit affronter chaque jour. En tant que lieutenant, elle est confrontée à des situations désespérées et des individus qui révèlent les aspects les plus sombres de l’humanité. Le style de Dragan, incisif et sans compromis, reflète cette réalité brutale et l’amertume de son héroïne face à un monde qu’elle ne cesse de vouloir comprendre et changer.

Malgré les défis et les frustrations, Isabelle navigue dans son univers avec une détermination et une force qui révèlent sa véritable passion pour la justice. Son engagement à « pelleter chaque jour la fange des actions humaines » illustre une forme de dévouement impitoyable, renforcée par son passé traumatique et sa quête personnelle de justice.

Belle comme tes pieds par Françoise Benassis

Nuit d’hiver, deux octogénaires liées à la vie à la mort, veillent. Octoviane raconte à sa belle Amie, une aventure sexuelle extravagante qu’elle vient de vivre sur les réseaux sociaux. Janus est tombé fou amoureux de ses pieds entr’aperçus sur Facebook.

Chronique : L’intrigue débute dans une nuit d’hiver où deux octogénaires, Octoviane et sa fidèle Amie, partagent des moments d’intimité et de réflexion. Octoviane, dont la vie sexuelle a récemment pris un tournant inattendu, raconte à son amie l’histoire de Janus, un personnage complexe et troublant qu’elle a rencontré sur les réseaux sociaux. Janus, un homme aux désirs fétichistes et libertins, devient obsédé par les pieds d’Octoviane après avoir vu une photo d’eux sur Facebook.

L’obsession de Janus pour les pieds d’Octoviane l’amène à lui proposer un projet littéraire érotique : une collaboration à distance où il enverra des photos pornographiques tandis qu’Octoviane, alias O., se livrera à des séances photo provocatrices de ses pieds. Cette proposition, qui pourrait sembler banale ou même ludique, devient rapidement une spirale d’exigences sexuelles de plus en plus intenses et déstabilisantes.

À travers cette aventure, le roman explore non seulement le fétichisme mais aussi la manière dont les femmes naviguent dans leur sexualité dans un monde saturé de pornographie et de réseaux sociaux. Les échanges de messages entre O. et Janus, détaillés dans leurs dialogues crûs et incessants sur WhatsApp, révèlent l’intensité et l’exploitation de leur relation. Ce tourbillon émotionnel et psychologique conduit O. à une crise de schizophrénie, un symbole puissant de la perte d’identité et du contrôle face à une emprise de plus en plus dévorante.

Le roman met également en lumière une réflexion plus large sur le corps féminin à travers les âges et les cultures, en faisant référence à des figures littéraires et artistiques telles que Apollinaire, Flaubert, Victor Hugo, Fragonard, et Gustave Courbet avec son célèbre Origine du Monde. En revisitant ces œuvres et leurs représentations du sexe féminin, Benassis interroge la propriété et la revendication du corps féminin, soulignant les tensions entre l’art, la sexualité et l’autonomie.

Poupées roumaines par Marie Khazrai

Sur scène, son pied se brise et sa carrière s’interrompt, la laissant sans boussole. Malchance ? Destin ?

Chronique : Le roman débute sur une note dramatique avec la fin brutale de la carrière de l’héroïne à cause d’un accident de scène. Cette interruption soudaine laisse notre protagoniste sans direction, et son désespoir la pousse vers ses origines roumaines. Le voyage en Roumanie devient alors une tentative de trouver des réponses et de réconcilier son passé avec son présent.

En arrivant dans le village où résident sa grand-mère et sa tante, elle espère trouver des réponses claires et peut-être un sens de continuité. Cependant, elle est rapidement confrontée à une réalité troublante et complexe. Le village, marqué par les cicatrices du régime communiste, semble abriter des histoires et des mystères qui échappent à la compréhension rationnelle. Les rencontres avec les villageois la conduisent à découvrir des récits imprégnés de folklore et de mythes, où empoisonneuses, ogres, et vampires se mélangent aux récits de vie quotidienne.

À mesure qu’elle interroge les habitants, les confidences se transforment en contes effrayants, et elle se rend compte que ces femmes ont toutes été marquées par une forme de sauvagerie inhérente. Cette sauvagerie, qui semble transcender les générations et les époques, devient le fil conducteur de son enquête et l’amène à explorer les profondeurs de l’histoire roumaine et de son propre héritage.

Khazrai mêle habilement réalité et légende, offrant une réflexion sur la manière dont les histoires et les mythes façonnent les individus et les communautés. Le roman explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et de la résilience à travers une lentille fascinante et poétique.

Éditeur ‏ : ‎ Les Avrils (21 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 304 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2383110302 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2383110309

Dogrun de Arthur Nersesian

Quand Mary revient un soir dans son appartement de l’East Village, elle n’est pas surprise de trouver Primo, son nouveau petit ami, avachi devant la tv .

Chronique : Mary, personnage principal de Dogrun, revient un soir dans son appartement de l’East Village et découvre Primo, son petit ami, inerte devant la télévision. Ce moment de choc est le point de départ d’une aventure aussi imprévisible que révélatrice. Le roman débute sur une note de désarroi et de confusion, et le contraste entre la banalité de la scène et l’ampleur du drame donne le ton à l’ensemble de l’histoire.

Avec le chien de Primo comme seul lien tangible avec le défunt, Mary se lance dans une quête pour retrouver les proches de Primo et comprendre qui il était vraiment. Ce voyage, qui la mène à travers les rues vibrantes et variées de New York, devient un parcours initiatique où elle croise des personnages aussi hauts en couleur que divers. Ces rencontres surprenantes, à la fois touchantes et déconcertantes, révèlent les couches cachées de la vie de Primo, tout en mettant en lumière les propres contradictions et aspirations de Mary.

Le roman de Nersesian se distingue par sa manière vivante et cynique de dépeindre la ville de New York et ses habitants. L’humour de Nersesian est un outil puissant pour explorer des thèmes profonds comme l’identité, la perte et la quête de sens. Mary, avec son mélange de naïveté et de détermination, se confronte à une galerie de personnages pittoresques et souvent peu recommandables, ce qui accentue l’absurdité et la beauté de sa quête.

Mary est accompagnée de sa meilleure amie Zoe, d’une série de petits boulots qui font partie de son quotidien, et d’un groupe de punk rock amateur qui reflète l’esprit anarchique de son existence. Cette configuration permet à Nersesian de tordre les clichés sur la jeunesse new-yorkaise et de créer un portrait authentique et souvent décalé de ses personnages.

Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2413086145 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413086147

La couleur noire n’existe pas par Greta Olivo

Livia a la vie devant elle, une famille aimante, des yeux magnifiques. Et elle court vite, très vite, remportant ses courses les unes après les autres. Mais un jour, une ombre la fait trébucher après la ligne d’arrivée. Petit à petit, les objets se mettent à disparaître, engloutis par un mal qui s’attaque à sa rétine.

Chronique : Livia, avec sa vie prometteuse et son talent de coureuse, est l’incarnation de la réussite et de l’énergie juvénile. Ses victoires sont célébrées, et son avenir semble radieux. Mais lorsque la maladie commence à obscurcir sa vision, elle entre dans une lutte contre un ennemi invisible et inéluctable : la perte progressive de sa vue. Ce processus de dégradation, à la fois physiquement déstabilisant et émotionnellement déchirant, entraîne Livia dans un voyage intérieur intense.

La perte de la vue n’est pas simplement une question de privation physique, mais un bouleversement profond de son identité et de sa perception du monde. Livia se voit confrontée à la nécessité de réinventer sa relation avec l’environnement et, surtout, avec elle-même. Le soutien d’Emilio, son tuteur, devient essentiel dans cette épreuve. Leur relation, empreinte de compassion et de compréhension, sert de fil conducteur dans cette quête pour redéfinir la vie au-delà des victoires sportives.

Le roman se distingue par sa manière de décrire le monde à travers le prisme de l’obscurité croissante. Greta Olivo utilise une langue cristalline pour contraster avec la ténacité des ténèbres qui envahissent peu à peu la vision de Livia. Cette juxtaposition entre la clarté du texte et l’obscurité grandissante est non seulement une prouesse stylistique, mais aussi une métaphore poignante de la lutte intérieure de Livia. Le roman questionne les notions de couleur, de lumière et de perception, posant la question cruciale : peut-on encore voir la beauté quand tout semble devenir noir ?

À travers ce voyage de transformation, La Couleur Noire n’existe pas devient un roman de formation universel, où la véritable victoire réside dans l’acceptation de soi et la capacité à se réinventer face à l’impossible. Livia, confrontée à ses propres limites, apprend que la vie peut encore être riche et significative même lorsqu’elle se voit réduite à des contours flous

Éditeur ‏ : ‎ PHEBUS (22 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2752914024 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2752914026

Le crématorium froid de Jozsef Debreczeni

Lorsque József Debreczeni arrive à Auschwitz, son espérance de vie est de quarante-cinq minutes. C’est le temps qu’il faut aux déportés envoyés dans la file de gauche pour se déshabiller et être emmenés dans les chambres à gaz. L’auteur, lui, est dans la file de droite.

Chronique : À son arrivée à Auschwitz, József Debreczeni se voit condamné à une existence aussi éphémère qu’une étincelle. L’espérance de vie des déportés envoyés dans la file de gauche est réduite à quarante-cinq minutes, le temps nécessaire pour être triés, déshabillés et envoyés aux chambres à gaz. Cependant, pour Debreczeni, la destinée s’écrit autrement : il est dirigé vers la file de droite, une lueur d’espoir parmi l’horreur.

Son récit, qui se déploie sur douze mois de souffrances, de survie et de résistance, nous plonge dans le « pays d’Auschwitz », un territoire de désespoir et de déshumanisation. Au camp de Dörnhau, surnommé le « crématorium froid », il décrit la déchéance physique et mentale des prisonniers, traités comme des objets jetables par un régime nazi déterminé à exterminer systématiquement toute forme d’humanité.

Ce qui distingue Le Crématorium Froid des autres témoignages, c’est la profondeur avec laquelle Debreczeni explore la hiérarchie concentrationnaire et la mécanique implacable de l’extermination. Son récit est une exploration minutieuse du système inhumain mis en place par les nazis, où la mort est banalisée et le mépris pour la vie humaine atteint son paroxysme.

L’œuvre va au-delà des faits pour s’attarder sur les individus qui, à travers la souffrance, se voient redonnés une identité. Debreczeni nous fait découvrir les visages et les histoires des compagnons de détention, sortant ces êtres humains de l’ombre des numéros et leur restituant leur dignité. Ces portraits poignants humanisent la barbarie du régime et rendent le récit d’autant plus déchirant.

Éditeur ‏ : ‎ Stock (28 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 336 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2234095379 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2234095373

Le retour de Saturne de Daphné Tamage

Voici Apolline partie à Conques, sous les glycines d’un village sacré et de son abbatiale. Pour la première fois, cette trentenaire dépendante du regard et des caresses des hommes doit s’imposer un sevrage éprouvant. Portée par la lumière des lieux, elle revisite sa carte amoureuse, pour détisser les fils de ses erreurs et de ses désirs.

Chronique : Dans « Le Retour de Saturne », Daphné Tamage nous plonge dans un voyage singulier, où la quête personnelle se mêle à une exploration introspective de l’amour et de soi-même. Le roman s’ouvre sur une prescription aussi surprenante que radicale : « Un mois sans hommes ». Cette directive, énoncée par un médecin dans une scène à la fois comique et révélatrice, marque le début d’un périple introspectif pour Apolline, une trentenaire en quête de réinvention.

Apolline, l’héroïne du roman, est une femme qui, jusqu’à présent, a navigué dans sa vie avec une dépendance marquée au regard et aux caresses des hommes. Le médecin, avec une prescription aussi brutale qu’ironique, l’encourage à une forme de sevrage qui semble à la fois déconcertante et nécessaire. Se retrouver en tête-à-tête avec elle-même, loin des distractions et des validations masculines, devient une épreuve autant qu’une révélation.

C’est ainsi qu’Apolline se réfugie à Conques, un village sacré baigné par la lumière spirituelle et les glycines envoûtantes. Ce décor immémorial devient le théâtre d’une introspection profonde. À travers les déambulations d’Apolline dans ce cadre pittoresque et presque hors du temps, le roman explore les méandres de l’amour et de la dépendance. Conques, avec son abbatiale majestueuse, se transforme en un espace où les souvenirs d’erreurs passées et les désirs non comblés se confrontent à une lumière nouvelle, celle de la rédemption personnelle.

La rencontre inattendue avec frère Charles, un personnage à la fois sage et décalé, ajoute une dimension de légèreté et de profondeur à cette quête spirituelle. Frère Charles, avec son regard bienveillant mais lucide, devient le guide non officiel d’Apolline dans ce voyage intérieur. Leur interaction est empreinte de douceur et d’humour, apportant une touche d’humanité dans ce périple souvent marqué par un désespoir léger.

« Le Retour de Saturne » est bien plus qu’une simple exploration de l’amour et de la dépendance ; c’est un voyage initiatique où la recherche de soi-même se mêle à la découverte d’un monde spirituel et intemporel. Daphné Tamage réussit à tordre les clichés et à offrir une réflexion profonde et originale sur la manière dont nous nous définissons à travers nos relations et nos attentes. Le roman invite ses lecteurs à réfléchir sur la difficulté d’être véritablement soi-même, loin des influences extérieures et des attentes sociétales. Au final, Apolline nous montre que le retour à soi, loin des distractions et des illusions, est peut-être le plus grand des voyages.

ASIN ‏ : ‎ B0CW1GBKR5 Éditeur ‏ : ‎ Stock (21 août 2024) Langue ‏ : ‎ Français

Twisted Kingdom, Royal Elite Tome 3 : Après Deviant King et Steel Princess de Rina Kent

Le royaume n’était pas censé s’effondrer. 

Chronique : Dix années après la disparition de son père, Elsa est toujours tourmentée par son passé. Quand la vérité éclate enfin, les masques tombent, les secrets sont révélés, et la jeune femme décide de fuir. Jamais elle ne reviendra.

Pour Aiden, c’était le pire scénario possible. Mais il se battra pour elle. Il la récupèrera, quoi qu’il en coûte. Après tout, ils se sont fait une promesse. Elle est sienne.

Le jeu final est sur le point de commencer…

Twisted Kingdom est le troisième tome de la série Royal Elite de Rina Kent, une saga captivante qui mêle romance, drame et suspense. Après Deviant King et Steel Princess, ce nouvel opus plonge encore plus profondément dans les méandres du passé et les luttes intérieures de ses protagonistes.

Elsa, hantée par les fantômes de son passé et la mystérieuse disparition de son père, se voit confrontée à une vérité bouleversante. La révélation de secrets enfouis depuis des années la pousse à prendre une décision radicale : fuir pour ne jamais revenir. Son départ marque un tournant décisif dans l’histoire, déclenchant une série d’événements qui mettront à l’épreuve les liens et les promesses entre elle et Aiden.

Aiden, quant à lui, est prêt à tout pour retrouver Elsa et la ramener dans sa vie. Déterminé et passionné, il incarne la force et la résilience face à l’adversité. Leur relation, marquée par des hauts et des bas, des secrets et des révélations, est au cœur de cette intrigue haletante.

Rina Kent réussit avec brio à maintenir le suspense et l’intensité émotionnelle tout au long du récit. Les lecteurs sont entraînés dans un tourbillon de sentiments, de rebondissements inattendus et de moments poignants. La profondeur des personnages et la complexité de leurs relations ajoutent une dimension supplémentaire à cette histoire déjà riche en émotions.

Twisted Kingdom est plus qu’un simple roman de romance ; c’est une exploration des thèmes de la loyauté, de la rédemption et du pouvoir destructeur des secrets. Les fans de la série Royal Elite ne seront pas déçus par ce troisième volet, qui promet de clôturer la trilogie de manière spectaculaire et émouvante.

ASIN ‏ : ‎ B0D73BXZ26 Éditeur ‏ : ‎ BMR (18 juillet 2024)

Scandale de Marlène Schiappa (Auteur)

« Mais enfin, Madame la ministre, vous ne pouvez pas rester à New York ! »
Et pourtant, Jasmine reste

Chronique : « Scandale » de Marlène Schiappa, paru le 19 juin 2024, est une œuvre audacieuse qui explore les limites entre devoir et désir, politique et vie privée. Marlène Schiappa, connue pour son engagement politique et ses essais sur des sujets sociaux, se lance ici dans la fiction, offrant un roman captivant et riche en émotions.

L’histoire suit Jasmine Patxi, ministre de l’Intérieur, en plein voyage diplomatique à New York. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre Parker Saint-James, une star de la NBA. Jasmine, prise entre la campagne présidentielle en France, la garde alternée de son fils, des parents exigeants, et un rival politique manœuvrant dans l’ombre, décide contre toute attente de rester à New York pour vivre cette nouvelle histoire d’amour. Cette décision marque un tournant inattendu dans sa vie, où le bonheur personnel prend enfin le pas sur ses obligations professionnelles.

Schiappa excelle dans la description des dilemmes intérieurs de Jasmine, partagée entre son rôle de ministre et ses désirs personnels. Le personnage de Jasmine est complexe et attachant, incarnant à la fois la force d’une femme en politique et la vulnérabilité d’une mère et amante. La rencontre avec Parker est un véritable coup de foudre, mais l’auteur sème le doute : le destin est-il vraiment derrière cette rencontre, ou y a-t-il une autre force à l’œuvre ?

Le roman, rythmé et bien structuré, nous plonge dans une intrigue qui mêle romance, politique et drame personnel. Schiappa utilise son expérience dans le domaine public pour ajouter une profondeur réaliste aux intrigues politiques, rendant l’histoire d’autant plus crédible et prenante.

« Scandale » n’est pas seulement une romance, mais une réflexion sur les choix de vie, les sacrifices personnels et le courage de suivre son cœur face aux attentes sociétales et professionnelles. La plume de Schiappa est fluide et engageante, rendant la lecture aussi plaisante qu’inspirante.

Éditeur ‏ : ‎ Fayard (19 juin 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 252 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2213727678 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2213727677

Quelques jours pas plus De Julie Navarro Avec Camille Cottin, Benjamin Biolay, Amrullah Safi

Arthur Berthier, critique rock relégué aux informations générales après avoir saccagé une chambre d’hôtel, découvre que le journalisme est un sport de combat. Envoyé à l’hôpital par un CRS en couvrant l’évacuation d’un camp de migrants, il tombe sous le charme de Mathilde, la responsable de l’association Solidarité Exilés et accepte d’héberger Daoud, un jeune Afghan, pour quelques jours croit-il…

Chronique : Quelques jours pas plus, réalisé par Julie Navarro, est une comédie dramatique qui explore les thèmes de l’amour, de la responsabilité sociale et de la rédemption. Le film, porté par un casting talentueux, raconte l’histoire d’Arthur Berthier, un critique rock en disgrâce, dont la vie change de manière inattendue.

Un Récit Émotionnel et Engagé

Camille Cottin incarne Mathilde, la passionnée responsable de l’association Solidarité Exilés, qui fait chavirer le cœur d’Arthur Berthier, joué par Benjamin Biolay. Biolay offre une performance nuancée en tant qu’Arthur, un journaliste autrefois flamboyant, maintenant déchu, qui découvre une nouvelle facette de lui-même en s’engageant pour une cause humanitaire. Amrullah Safi joue le rôle de Daoud, un jeune migrant afghan, dont la présence chez Arthur devient le catalyseur de nombreux bouleversements.

Une Réalisation Juste et Humaine

Julie Navarro parvient à capturer l’essence de l’engagement social et des défis personnels avec une sensibilité remarquable. La réalisation est subtile, équilibrant habilement les moments d’humour et de drame. Navarro met en lumière les complexités des relations humaines et les dilemmes moraux auxquels sont confrontés ses personnages, sans tomber dans la moralisation ou le pathos excessif.

Des Thèmes Actuels

Le film aborde des sujets très actuels comme la crise migratoire, la responsabilité des médias et l’activisme social. Arthur Berthier, relégué aux informations générales après avoir saccagé une chambre d’hôtel, incarne la figure du journaliste désabusé, forcé de redécouvrir le vrai sens du métier lorsqu’il est envoyé couvrir l’évacuation d’un camp de migrants. Sa rencontre avec Mathilde et Daoud le pousse à se questionner sur son rôle dans la société et à dépasser son cynisme.

Performances et Dynamique

Les interactions entre les personnages sont au cœur de l’histoire. Camille Cottin apporte une force tranquille à Mathilde, équilibrant le personnage tourmenté de Biolay. Amrullah Safi, dans le rôle de Daoud, offre une performance touchante qui ajoute une dimension authentique et poignante au film. La chimie entre les acteurs contribue à rendre l’histoire crédible et engageante.

Conclusion

Quelques jours pas plus est un film qui allie humour, émotion et réflexion sociale. Julie Navarro réussit à créer une œuvre qui non seulement divertit, mais aussi incite à la réflexion sur des questions importantes de notre époque. Grâce à des performances solides de Camille Cottin, Benjamin Biolay et Amrullah Safi, le film se distingue comme une comédie dramatique touchante et pertinente.

Réalisateur ‏ : ‎ Julie Navarro Format ‏ : ‎ Couleur, PAL, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 1 heure et 39 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 7 août 2024 Acteurs ‏ : ‎ Benjamin Biolay, Camille Cottin, Amrullah Safi, Makita Samba, Saadia Bentaïeb Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo