Un jour, Valentine, 10 ans, se promène avec son chien au bord de l’eau lorsqu’elle entend une voix .
Avec Adopte ta rivière, Erik Orsenna revient à la veine poétique et pédagogique qui avait fait le succès de La grammaire est une chanson douce. Vingt-cinq ans plus tard, l’académicien et grand défenseur de l’environnement livre un conte écologique sensible et lumineux, à hauteur d’enfant, pour alerter tout en émerveillant.
Tout commence par une rencontre extraordinaire. En se promenant au bord de l’eau avec son chien, Valentine, dix ans, entend une voix plaintive : « Au secours ! Je suis malade. » Personne autour d’elle… jusqu’à ce qu’elle réalise que c’est la rivière elle-même qui lui parle. Souillée, abîmée, étouffée par les déchets et l’indifférence, la rivière demande de l’aide. Touchée, Valentine entraîne sa classe de CM2 dans une aventure citoyenne et scientifique : comprendre les maux de la rivière, apprendre à la soigner, et surtout, redonner à l’eau la place qu’elle mérite.
Erik Orsenna, fidèle à son talent de conteur, marie ici imagination et conscience écologique. Son écriture claire et musicale fait dialoguer les enfants avec le monde naturel, sans jamais tomber dans la leçon moralisatrice. Il rappelle, à travers les yeux émerveillés de ses jeunes héros, que la connaissance et la curiosité sont les premières étapes vers le respect du vivant.
Les illustrations délicates de Delphine Balme accompagnent le récit avec justesse : aquarelles douces, paysages fluviaux, silhouettes d’enfants en action… elles traduisent la beauté fragile de la nature et la force tranquille de la solidarité.
Adopte ta rivière est un conte initiatique et écologique, mais aussi une fable d’espoir : celle d’une génération capable d’écouter les voix qu’on n’entend plus. Porté par une écriture sensible et des images apaisantes, le livre invite les enfants à devenir acteurs du changement, à aimer et à protéger leur environnement.
Éditeur : Iconoclaste Date de publication : 28 août 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 114 pages ISBN-10 : 2378805101 ISBN-13 : 978-2378805104
Avec Timoté fête la Saint-Nicolas, Emmanuelle Massonaud et Mélanie Combes offrent un nouvel épisode plein de douceur et de découvertes dans la vie du plus attachant des petits lapins. Cette fois, Timoté célèbre une fête chère à de nombreuses familles : la Saint-Nicolas, moment de joie, de partage et de traditions régionales.
Invité chez ses cousins, Timoté plonge dans l’effervescence d’une journée pas comme les autres. Entre la grande parade, les friandises distribuées dans les rues et l’apparition du Père Fouettard, un peu effrayante mais vite dépassée par la magie du moment, tout émerveille notre petit héros. Et quand vient le tour de Saint Nicolas et de son âne, que Timoté récompense avec quelques carottes, la fête devient un véritable souvenir enchanté.
Comme toujours, Emmanuelle Massonaud trouve le ton juste pour s’adresser aux tout-petits : un texte simple, rythmé et bienveillant, qui mêle curiosité et tendresse. Les illustrations colorées et expressives de Mélanie Combes prolongent cette atmosphère joyeuse et rassurante, où chaque détail – un bonbon, un sourire, un costume – participe à l’émerveillement.
La grande nouveauté de cet album est l’ajout d’une version audio gratuite, accessible via l’application Lizzie. En scannant le QR code présent dans le livre, les enfants peuvent écouter l’histoire racontée à voix haute, transformant la lecture en un moment sensoriel complet et idéal pour les premières écoutes autonomes.
Destiné aux enfants à partir de deux ans, Timoté fête la Saint-Nicolas est une petite célébration pleine de charme, parfaite pour initier les plus jeunes à cette fête traditionnelle tout en cultivant le plaisir de lire et d’écouter.
Éditeur : Grund Date de publication : 2 octobre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 24 pages ISBN-10 : 2324034263 ISBN-13 : 978-2324034268
Enfant des rues de Kegar, Aiz n’a connu que la misère, mais c’est l’amour pour son peuple qui la pousse à une erreur fatale, et à une cellule où s’enflamme la braise de sa colère.
Avec Heir, Sabaa Tahir signe un retour flamboyant à la fantasy épique, dans une fresque aussi sombre que passionnée où le destin, la révolte et le pouvoir s’entrecroisent. L’autrice de Une braise sous la cendre retrouve ici ce qui a fait la force de sa première saga : des personnages puissants, un souffle narratif haletant et une écriture incandescente, tout en ouvrant un nouvel univers d’une richesse impressionnante.
Dans l’empire de Kegar, les héros se forgent dans la douleur. Aiz, orpheline des rues, n’a connu que la misère et l’humiliation. Son amour pour son peuple la pousse à commettre une erreur fatale, qui la conduit en prison — mais aussi à la naissance d’une colère que rien ne pourra plus étouffer. De son côté, Sirsha, bannie par les siens, vit de ses talents de traqueuse. Sa nouvelle mission : retrouver un tueur d’enfants. Une traque qui se complique lorsqu’elle croise un fugitif trop séduisant pour être honnête. Quant à Quil, prince héritier réticent et neveu d’une célèbre guerrière, il porte le fardeau d’un nom maudit : celui du fils de l’empereur le plus haï de l’histoire. Pourtant, alors qu’un nouvel ennemi frappe l’empire, il devra choisir entre fuir son héritage ou devenir le souverain que son peuple attend.
Sabaa Tahir tisse ces trois destins dans une trame d’une intensité dramatique rare, où les intrigues politiques se mêlent aux drames intimes. Chaque chapitre explore les blessures du passé, les loyautés déchirées et la difficulté de choisir entre vengeance et espoir. La plume de Tahir reste fidèle à son ADN : lyrique, sensorielle, traversée d’émotions à vif et de scènes d’action d’une redoutable efficacité.
À travers cette nouvelle saga, l’autrice interroge la notion même d’héritage : que devient-on quand le sang que l’on porte est à la fois une bénédiction et une malédiction ? Peut-on se libérer d’un empire corrompu sans reproduire ses erreurs ? Ces questions, portées par des personnages complexes et profondément humains, confèrent au roman une dimension à la fois politique et universelle.
Heir s’impose déjà comme un événement de la rentrée fantasy : un récit dense, visuel, vibrant, où se mêlent destins brisés, magie, trahisons et espoir farouche. Sabaa Tahir livre ici une épopée puissante sur la colère, la rédemption et le courage de devenir soi-même, même contre un monde entier.
Éditeur : Bigbang Date de publication : 8 octobre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 576 pages ISBN-10 : 2362314154 ISBN-13 : 978-2362314155
Sylvain, Amédée, Julius, Nini, Igor, toute la grande famille s’affaire en ce matin de veille de Noël, pour préparer la fête, et ça sent bon comme une journée qui commence bien !
Avec Le Noël de la Grande Famille, Camille Jourdy nous offre un album tendre, coloré et plein de cette chaleur bienveillante qui caractérise son univers. Le temps d’un matin de veille de Noël, toute la grande famille s’affaire joyeusement : Sylvain, Amédée, Julius, Nini, Igor… chacun prépare à sa manière la fête à venir. La maison embaume, les rires fusent, et l’on sent déjà la promesse d’une journée parfaite. Mais dans ce joyeux tumulte, Camille la tortue manque à l’appel. C’est son anniversaire, et comme chaque année, elle redoute que personne n’y pense, éclipsé par la magie de Noël.
L’autrice parvient, avec la douceur et la finesse qu’on lui connaît, à transformer une situation simple en un récit profondément touchant. Derrière les préparatifs festifs se cache un sentiment universel d’oubli et de solitude, celui de ne pas se sentir à sa place ou de craindre de ne pas compter autant qu’on le voudrait. Mais la tendresse, l’amitié et l’attention des autres finissent toujours par rallumer la lumière du cœur.
Le charme opère d’autant plus grâce aux illustrations délicates et foisonnantes de Camille Jourdy. Chaque double page est un enchantement : une explosion de détails, de petits gestes quotidiens, de regards et d’émotions subtiles. Les teintes chaudes, les compositions pleines de vie et le soin accordé à chaque personnage offrent aux jeunes lecteurs un univers aussi réconfortant qu’un chocolat chaud au coin du feu.
Le Noël de la Grande Famille est une ode à la bienveillance et à la solidarité, un conte sans grands effets mais avec une authenticité bouleversante, qui rappelle ce qu’il y a de plus précieux dans les fêtes : se sentir aimé et entouré.
Éditeur : EDL Date de publication : 22 octobre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 38 pages ISBN-10 : 2211349641 ISBN-13 : 978-2211349642
Un guide indispensable pour initier les enfants au meilleur du cinéma de façon ludique et éclairée ! Richement illustré par des photos et des illustrations, ce guide présente une centaine de films adaptés aux enfants à partir de 7 ans, 8, 9 , ou 10 ans. Résumé, avis d’un spécialiste, questions posées sur le film, passerelles vers d’autres films et des livres, pour donner envie de savourer des trésors du cinéma en famille ou entre amis…
Avec ce nouvel ouvrage, Clotilde Szymanski signe un guide de référence pour les jeunes cinéphiles en herbe et leurs parents. Publié par Benshi, la plateforme bien connue pour son exigence cinématographique et son engagement dans la transmission du 7ᵉ art aux enfants, ce livre s’impose comme un compagnon de route idéal pour découvrir ensemble la magie du cinéma.
Richement illustré de photographies, affiches et dessins, ce guide rassemble une centaine de films soigneusement sélectionnés, adaptés aux enfants à partir de 7 ans. Chaque œuvre présentée fait l’objet d’une fiche claire et vivante : résumé concis, avis d’un spécialiste, réflexion sur les thèmes abordés, pistes de discussion et passerelles vers d’autres films ou livres. On y croise des classiques intemporels comme Le Magicien d’Oz, E.T., Mon voisin Totoro ou Le Ballon rouge, mais aussi des œuvres plus récentes et audacieuses, venues du monde entier.
L’approche de Clotilde Szymanski est à la fois ludique et éclairée : elle encourage la curiosité, l’émotion partagée et la réflexion. Loin d’un simple catalogue, le livre invite à un véritable voyage à travers l’histoire du cinéma, en donnant à chaque film une place dans une constellation d’œuvres et de valeurs : l’amitié, la liberté, la différence, l’imaginaire. Les questions proposées à la fin de chaque fiche permettent d’ouvrir le dialogue entre enfants et adultes, transformant la séance de cinéma en moment d’échange et de découverte.
En s’appuyant sur l’expertise de Benshi, ce guide offre un panorama d’une rare qualité, où l’éducation à l’image rime avec plaisir et émerveillement. C’est un outil précieux pour les parents, enseignants et médiateurs culturels, mais aussi un superbe livre à feuilleter, à partager et à offrir.
ASIN : B0FC5MD7KP Éditeur : SEUIL JEUNESSE Date de publication : 3 octobre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 248 pages ISBN-13 : 979-1023520330
Redécouvrez les classiques de Kurokawa avec Emerging, une dystopie plus proche de la réalité que vous ne l’imaginez.
Avec Emerging, le mangaka Masaya Hokazono signe un thriller médical glaçant, publié pour la première fois au milieu des années 2000, mais d’une actualité troublante. En revisitant ce classique dans une édition intégrale, Kurokawa permet de redécouvrir une œuvre coup de poing qui mêle avec brio réalisme scientifique, tension dramatique et critique sociale.
Tout commence à Shinjuku, l’un des quartiers les plus vivants et densément peuplés de Tokyo. En plein jour, un homme d’affaires s’effondre soudainement, pris de convulsions terribles avant de se vider littéralement de son sang. Sa mort, aussi brutale qu’incompréhensible, marque le point de départ d’une épidémie foudroyante. Très vite, la panique s’installe, les hôpitaux débordent, les autorités tergiversent, et la population sombre dans la peur. Deux médecins, les professeurs Onodera et Sekiguchi, se retrouvent en première ligne, chargés d’autopsier le corps et de comprendre l’origine du mal. Leurs découvertes vont révéler bien plus qu’un simple virus : un système au bord de l’effondrement.
Masaya Hokazono met en scène avec une précision chirurgicale les réactions en chaîne d’une crise sanitaire. Le réalisme des procédures, la lente montée de la terreur collective et la gestion politique du désastre rappellent à bien des égards des situations réelles récentes, donnant au récit une force quasi prophétique. La narration, nerveuse et implacable, alterne entre séquences d’urgence médicale, scènes d’enquête et plongées dans la psychose urbaine.
Le dessin, d’un noir intense, joue sur le contraste entre la froideur clinique des laboratoires et la frénésie de la ville contaminée. Chaque case restitue l’angoisse d’une société qui perd pied face à l’invisible. Ce mélange d’horreur organique et de réalisme documentaire confère à Emerging une atmosphère oppressante, proche de films comme Contagion ou Virus.
Cette édition intégrale s’enrichit d’un bonus original et ironique : un guide du quartier de Shinjuku signé Lonely Planet, clin d’œil qui souligne la porosité entre fiction et réalité dans ce Tokyo menacé.
Emerging est un manga qui bouscule et fascine, à la fois thriller apocalyptique et miroir d’une humanité fragile. Plus de quinze ans après sa première publication, il résonne encore plus fort aujourd’hui, rappelant que le vrai virus, peut-être, se niche autant dans la peur que dans le sang.
ASIN : B0F59582TX Éditeur : Kurokawa Date de publication : 9 octobre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 568 pages ISBN-13 : 979-1042020767
Disponible sur HBO, la saison 2 de Peacemaker propulse la série encore plus loin dans la folie interdimensionnelle et la satire politique. Entre univers parallèles, revanche familiale et machinations de Lex Luthor, James Gunn clôt cette deuxième saison sur un final aussi explosif que tragique, où la question du “héros” devient plus floue que jamais.
Earth-X : l’univers où les nazis ont gagné
L’épisode 7 dévoile enfin l’un des grands mystères de la saison : la dimension Earth-X. Dans cet univers parallèle, les nazis ont remporté la Seconde Guerre mondiale, érigeant une société où seuls les Blancs jouissent des droits fondamentaux, tandis que toutes les minorités sont traquées et réduites en esclavage.
Face à cette dystopie, les Sons of Liberty se dressent comme la dernière résistance. Parmi eux : Adrian 2, un génie instable chargé de fabriquer des bombes pour combattre le régime.
Pendant ce temps, Auggie 2, version alternative du père de Chris, incarne un “nazi modéré” — un oxymore vivant — qui ne veut pas tuer les héros venus d’un autre monde, mais simplement les renvoyer chez eux. Cette position ambiguë lui sera fatale : Adrian l’exécute, déclarant froidement qu’“un nazi modéré reste un nazi”. Une ligne dure, à la fois politique et tragiquement cohérente avec la brutalité morale du show.
Le piège final : la capture de Peacemaker
Après avoir survécu à Earth-X, Chris Smith (John Cena) semble enfin prêt à tourner la page : il a affronté ses démons, renoué avec Harcourt et les “11th Street Kids”, et tenté de se reconstruire. Mais la paix, comme toujours chez Gunn, n’est qu’une illusion.
Dans la dernière scène, Peacemaker est enlevé par des agents de l’A.R.G.U.S., agissant sur ordre de Rick Flag Sr. (Ed Harris). Chris, inconscient du danger, est jeté dans un fourgon, un sac sur la tête. Lorsqu’il revient à lui, il se retrouve menotté dans le quartier général de l’agence, face à Flag Sr., qui lui réserve un châtiment symbolique et implacable.
« Ceci est pour Ricky, espèce de salaud », lâche Flag Sr. en référence à Rick Flag Jr. (Joel Kinnaman), tué par Peacemaker dans The Suicide Squad (2021).
Puis, sans une once d’émotion, il projette Chris à travers un portail interdimensionnel vers Salvation, une dimension expérimentale récemment découverte par Sasha et Harcourt.
Salvation : la prison des métahumains
Les fans des comics DC reconnaîtront Salvation : une planète-prison utilisée par Amanda Waller et l’organisation Checkmate pour exiler les métahumains dangereux. Autrement dit : un enfer à ciel ouvert.
Dans un long plan final, la caméra s’éloigne lentement pour révéler Chris seul, vêtu de son uniforme, perdu dans un désert étranger, sans espoir de retour. La paix qu’il cherchait depuis deux saisons s’est transformée en isolement total — une punition ironique pour un homme qui n’a jamais su vivre avec lui-même.
Qui meurt à la fin de Peacemaker Saison 2 ?
Le corps de Chris 2 (la version alternative de Peacemaker sur Earth-X) est confirmé comme mort après son affrontement avec les Sons of Liberty. Auggie 2 est également tué par Adrian. Mais le vrai deuil moral de la saison concerne Chris lui-même, condamné à une mort lente et symbolique sur Salvation.
De son côté, Flag Sr. devient un pion majeur du futur DCU : on apprend dans la scène post-générique qu’il agit désormais sous les ordres directs de Lex Luthor. Le milliardaire, obsédé par la domination de l’humanité sur les surhommes, prépare un plan titanesque pour “purger” le monde des métahumains — prélude direct au prochain Superman : Man of Tomorrow.
Une fin ouverte pour tout le DC Universe
James Gunn, désormais à la tête du DCU, tisse ici les fils de son nouvel univers partagé. Le sort de Peacemaker n’est pas une fin, mais un point de jonction entre les futures séries et films :
Supergirl : Woman of Tomorrow,
Creature Commandos,
Lanterns,
et le prochain Superman : Man of Tomorrow, où la question des métahumains exilés sur Salvation devrait prendre une place centrale.
Le sens de la fin
Au-delà de ses clins d’œil et de ses univers parallèles, Peacemaker reste une tragédie humaine. Chris Smith, soldat obsédé par la paix, se retrouve exilé dans un monde sans guerre, sans cause, sans public. Le héros qui tuait “pour la paix” est condamné à vivre dans un silence absolu.
C’est peut-être la plus grande ironie de James Gunn : montrer qu’on ne devient vraiment un héros que lorsqu’il n’y a plus personne pour le voir.
Le thriller indonésien Dendam Malam Kelam, réalisé par Danial Rifki, s’impose comme l’un des drames les plus sombres de l’année. Entre adultère, manipulation et vengeance, le film tisse une toile empoisonnée où chaque personnage devient à son tour victime de ses propres mensonges.
Un crime parfait qui tourne au cauchemar
Tout commence avec Jefri et Sarah, deux amants liés par la passion et le crime. Ensemble, ils assassinent Sofia, l’épouse légitime de Jefri, espérant ouvrir la voie à une nouvelle vie. Mais leur rêve s’effondre aussitôt : le corps de Sofia disparaît mystérieusement du laboratoire médico-légal.
Dès lors, tout bascule. Sous la pression de l’inspecteur Arya Pradana, implacable enquêteur au regard d’acier, Jefri et Sarah s’enfoncent dans une spirale de mensonges, d’alibis bricolés et de paranoïa. Chaque pas qu’ils font pour échapper à la justice les rapproche un peu plus de la vérité — et de la mort.
La chute de Jefri
La fin de Dendam Malam Kelam confirme la mort de Jefri, victime d’un plan plus vaste qu’il ne l’imaginait. Après avoir confessé le meurtre de Sofia, il tente de fuir, mais une toxine qu’il a ingérée à son insu le paralyse en pleine course. S’effondrant au sol, il supplie Arya de l’aider — en vain.
Arya le regarde mourir sans un mot. Pour lui, Jefri n’est qu’un criminel de plus, un homme sans remords qui mérite son sort. Mais derrière son indifférence se cache une vérité plus dérangeante : Arya n’est pas un justicier, il est lui aussi complice d’une vengeance ancienne.
La véritable manipulatrice : Lidya
Le twist final révèle que Lidya, l’assistante d’Arya, n’était pas qu’une spectatrice. C’est elle qui, dans l’ombre, a manipulé l’enquête et orchestré la chute de Jefri. Son but ? Venger sa mère, assassinée des années plus tôt par le même homme.
Dès le début, Lidya avait infiltré l’affaire pour provoquer la destruction de Jefri — en utilisant Sarah, Arya et même la police comme pions sur son échiquier. Une fois sa vengeance accomplie, elle quitte le pays pour s’exiler en Malaisie, laissant derrière elle un dossier classé, un cadavre sans sépulture et un enquêteur rongé par le doute.
Sofia : victime ou bourreau ?
Le film entretient volontairement l’ambiguïté sur le sort de Sofia. Son corps disparu hante tout le récit : est-elle vraiment morte ? Ou bien a-t-elle contribué à sa propre vengeance ?
Certaines scènes, notamment les reflets nocturnes où Jefri croit entendre sa voix, laissent entendre qu’elle hante symboliquement ses assassins. Mais à la fin, lorsque le corps de Sofia est finalement retrouvé, la vérité éclate : elle est bel et bien morte. Son esprit, en revanche, continue de planer sur tous ceux qui ont participé à sa chute — comme une malédiction silencieuse.
La morale de la fin
Dendam Malam Kelam se clôt sur une vision d’une noirceur implacable : personne n’est innocent, et la justice n’est qu’un autre nom pour la vengeance.
Jefri meurt seul, trahi par celle qu’il aimait. Sarah disparaît, écrasée par la culpabilité. Arya ferme les yeux sur la vérité. Et Lidya, enfin libre, porte la marque du mal qu’elle a elle-même nourri.
Le film se termine sur une citation écrite à la craie sur un tableau effacé :
“La nuit garde toujours les secrets qu’on croit avoir enterrés.”
Une phrase qui résume à elle seule la philosophie du film : dans Dendam Malam Kelam, la vengeance ne rend jamais justice — elle ne fait qu’entretenir les ténèbres.
Présenté en avant-première à la Mostra de Venise, After the Hunt marque le retour de Luca Guadagnino à un cinéma plus cérébral et moralement ambigu, après Challengers. Le film nous plonge dans le microcosme feutré mais toxique de l’université américaine, où la quête de vérité devient une arme politique et intime.
Dans ce huis clos intellectuel, Julia Roberts incarne Maggie, professeure à Yale en passe d’obtenir sa titularisation, dont la vie bascule lorsqu’une ancienne étudiante, Maggie, relance une affaire d’agression présumée visant un collègue, Hank. Mais que s’est-il réellement passé ? Et surtout, qui ment à la fin de After the Hunt ?
Un monde où tout le monde joue un rôle
Dès ses premières scènes, After the Hunt s’amuse à disséquer un univers où chaque phrase est un piège rhétorique. Les professeurs parlent comme dans leurs livres, les débats moraux remplacent les émotions, et la vérité devient une performance académique.
Dans ce décor d’élite, Guadagnino met en scène une guerre de prestige : celle de la réputation. Une accusation suffit à tout faire exploser, et chacun réécrit sa propre version des faits — comme on réécrit une thèse ou une citation de Nietzsche.
Maggie : la manipulatrice ou la victime du système ?
À la fin du film, tout semble indiquer que Maggie (l’étudiante) a inventé ou réécrit une partie de son récit. Elle tombe sur un article allemand décrivant de vieilles accusations rétractées contre Alma, et s’en inspire mot pour mot pour construire son témoignage. Un simple copier-coller émotionnel, mais aux conséquences dévastatrices.
Pourquoi ? Peut-être voulait-elle détruire Hank, qu’elle soupçonne de vouloir la dénoncer pour plagiat. Peut-être voulait-elle blesser Alma, qu’elle aime en secret. Ou peut-être, tout simplement, voulait-elle exister dans un monde où la parole n’a de valeur que si elle choque.
Mais si elle ment, pourquoi y croire ?
Guadagnino sème volontairement le doute. Maggie ment peut-être sur les faits, mais pas sur le ressenti. Lorsqu’elle décrit la peur, la honte ou la solitude dans un système patriarcal, le spectateur perçoit une authenticité que les hommes autour d’elle refusent de voir.
En revanche, Hank n’est pas innocent non plus. Lorsqu’il raconte sa version à Alma, sa défense s’effondre à la première question :
« Pourquoi es-tu monté chez elle ? »
Ce simple geste — franchir le seuil — suffit à révéler qu’il a dépassé une limite, qu’il a cru qu’il pouvait tout contrôler. Et cette arrogance est, à sa manière, une forme de faute.
Une vérité fracturée
After the Hunt ne cherche pas à trancher. Le film oppose deux récits crédibles, deux culpabilités possibles, et laisse le spectateur seul juge. Guadagnino ne filme pas un procès, mais le brouillard moral de notre époque, où la recherche de vérité se transforme en champ de bataille idéologique.
La brillante manœuvre de Maggie contre Alma montre qu’elle est calculatrice, mais l’agression de Hank contre Alma montre qu’il est, lui aussi, capable de violence. Ces deux vérités se neutralisent. Et c’est précisément le propos du film : l’absence de vérité n’est pas une faiblesse du récit, mais son cœur.
Le sens de la fin
Dans sa dernière partie, After the Hunt ne prend le parti de personne. Guadagnino rejette la tentation du jugement moral. Il filme des êtres intelligents mais perdus, pris dans la contradiction entre le savoir et la chair, entre la théorie et la faute.
La scène finale — une salle de conférence vide, avec le micro resté allumé — en dit plus que n’importe quelle confession. Les mots continuent de résonner, mais plus personne ne les écoute.
Ce que Luca Guadagnino nous dit
Sous ses airs de drame universitaire, After the Hunt parle de notre époque obsédée par la “vérité” et la “transparence”, mais incapable d’accepter que la réalité humaine soit ambiguë, mouvante et souvent mensongère.
Ici, il n’y a ni victime parfaite ni coupable absolu. Seulement des individus enfermés dans leurs récits — persuadés d’avoir raison, et détruits par leur besoin d’être crus.
Tron : Ares est actuellement au cinéma, et son final, à la fois grandiose et troublant, laisse la saga ouverte à de nouvelles possibilités. Entre héritage mythologique, enjeux technologiques et réflexions existentielles, ce troisième volet du culte Tron transforme la “Grille” en miroir du monde réel.
Une fin entre clôture et renaissance
Comme beaucoup de franchises modernes, Tron : Ares ne se contente pas d’une conclusion. Il trace deux routes :
celle d’Eve Kim, qui reste à la tête d’ENCOM pour utiliser la technologie de “permanence” afin de sauver la planète,
et celle d’Ares, programme devenu humain, parti explorer le monde réel à la recherche d’un sens — et peut-être d’un visage familier.
C’est une fin qui se regarde comme un pont entre le passé et l’avenir : Tron : Ares clôt une époque tout en rouvrant les portes du cyberespace.
Qui meurt à la fin de Tron : Ares ?
La mort la plus marquante du film est celle de Gillian Anderson, qui incarne la scientifique visionnaire à l’origine du code de permanence. Elle est tuée dans une attaque numérique orchestrée par Julian, son propre fils, déchiré entre loyauté et obsession. Mais sa disparition n’est qu’un déclencheur : elle pousse Ares à s’interroger sur la frontière entre création et créateur, entre code et conscience.
Julian, rongé par la culpabilité et traqué par ses pairs, disparaît dans son propre serveur, avalé par la Grille — un sort qui n’est ni mort, ni vie. Eve Kim, quant à elle, survit, mais au prix d’une transformation morale : en s’appropriant le code, elle en devient la gardienne, voire la déesse.
Ares, lui, choisit la chair. En quittant le monde numérique pour rester dans le réel, il “meurt” symboliquement en tant que programme, mais “renaît” comme être vivant. Un cycle s’achève — un autre commence.
Le choix d’Ares : quitter la Grille
À la fin du film, Ares détient enfin le code de permanence : la clé qui permet à un programme d’exister durablement dans le monde physique. Mais ce don est à double tranchant : il ne peut plus jamais retourner dans la Grille.
On le voit alors marcher, solitaire, dans un monde qu’il découvre avec des yeux neufs. La scène où il observe des lucioles dans la nuit — accompagnée de Enjoy the Silence de Depeche Mode — résume toute la beauté du personnage : un être né du code, fasciné par la fragilité du vivant.
C’est dans ce moment suspendu qu’il trouve deux photos de Quorra (la protagoniste de Tron : L’Héritage). L’une ancienne, où elle apparaît avec Sam Flynn. L’autre, plus récente, preuve que Quorra est toujours vivante. Ares décide alors de partir à sa recherche — une quête qui semble déjà être la promesse du prochain film.
Quorra : le chaînon manquant
La présence de Quorra à la fin n’est pas anodine. Comme Ares, elle est une ISO, une forme de vie née spontanément dans la Grille. Mais contrairement à lui, elle a choisi d’apprendre, d’aimer, d’exister à travers la culture et l’art, non la guerre.
Leur rencontre potentielle symbolise la fusion de deux philosophies :
Ares, la création artificielle conçue pour le combat.
Quorra, la création organique, née du hasard et du rêve.
Leur face-à-face, déjà teasé par la dernière image, promet une suite plus métaphysique que jamais.
Le monde après Tron : Ares
La fin révèle qu’Eve Kim a utilisé le code de permanence pour le bien de l’humanité. Grâce à cette technologie, la planète connaît un âge d’abondance : plus de faim, plus de pénurie d’énergie. Mais à quel prix ?
Car désormais, tout le monde sait que les entités numériques peuvent agir sur le monde réel. L’attaque d’Athena a révélé cette vérité au grand jour, et les gouvernements — notamment l’armée américaine — s’en emparent déjà. Les premières scènes du film montraient leur intérêt pour l’arme numérique : la boucle est bouclée.
Le futur du monde de Tron pourrait donc devenir celui d’une guerre hybride, où programmes et humains se mêleront sur un champ de bataille commun.
La morale du film
À travers Ares, Tron pose une question vertigineuse :
Que devient une création quand elle comprend qu’elle est vivante ?
Ares choisit la liberté, Eve choisit la responsabilité, Julian choisit la fuite. Trois voies, trois réponses à la même énigme : celle du pouvoir et de la conscience.
La dernière image — la clé lumineuse d’Ares s’éteignant dans sa main — n’annonce pas une fin, mais une métamorphose. Le programme est devenu homme. Le code est devenu âme.
Et dans ce nouveau monde, Tron renaît, plus humain que jamais.