Age of Vice de Deepti Kapoor

New Delhi, 3 heures du matin. Une Mercedes roulant à vive allure manque un virage et, en un instant, cinq personnes sont tuées. C’est la voiture d’un homme riche. Mais lorsque la poussière retombe, le chauffeur s’avère n’être qu’un domestique en état de choc qui ne peut expliquer l’étrange série d’événements qui a mené à ce crime. Tout comme il ne peut prévoir le drame qui est sur le point de se dérouler.

Chronique : Age of Vice est une épopée tentaculaire et totalement captivante. Les personnages sont richement dessinés et Kapoor maîtrise parfaitement le genre dans lequel elle écrit. Sa façon d’écrire sur les privations et les excès, sur les pires travers de l’humanité, est très convaincante. Excellente écriture au niveau des phrases. J’aime la façon dont la fin va crescendo jusqu’à un cliffhanger qui vous laisse retenir votre souffle, vacillant sur un précipice narratif.

Il y a des choses étranges dans la structure. Le livre commence avec Ajay, un jeune garçon vendu par sa mère et comment il grandit et finit par travailler pour Sonny Wadia, le descendant de Bunty Wadia, un riche homme d’affaires (et terrible père) de l’Uttar Pradesh. Il y a aussi l’intérêt amoureux de Sonny, Neda, et leurs vies entrent en collision dans un accident de voiture avec de graves conséquences qui modifient leurs vies de manière profonde et déchirante. L’histoire change souvent de perspective, ce qui est bien. Mais elle le fait de manière incohérente. Parfois, il y a des titres, comme dans un scénario, mais ce n’est pas un scénario, alors pourquoi ne pas indiquer les changements de temps, de scène, etc. en prose ? Le dernier cinquième du livre tombe vraiment en morceaux. Le projet est clair mais l’exécution vacille. L’oncle de Sonny, Vicky, est une figure de l’ombre et il est clair qu’il a fait de mauvaises choses et qu’il a une sorte de relation désordonnée avec Sonny, mais les détails, du moins pour moi, étaient trop vagues. Oui, le mystère, c’est bien, mais qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que c’est ce que je pense ?

Nous sommes immergés dans la vie et les interactions de 3 individus, le loyal, désireux de plaire Ajay qui a réussi à se relever de la mort déchirante de son père alors qu’il était un jeune enfant, de l’extrême pauvreté dans l’est de l’Utter Pradish et de servir une famille dans les montagnes après avoir été vendu. Ajay parvient à survivre à des circonstances difficiles, il rencontre Sunny Wadia, qui lui donne sa carte et lui propose de travailler pour lui à Delhi. Discret, travailleur, extrêmement loyal et ne buvant pas, Ajay impressionne lorsqu’il gravit les échelons pour devenir le garde du corps de Sunny, faisant tout ce que Sunny veut qu’il fasse, il ne rêve pas de dire non à ce qu’on lui demande. Neda est une jeune journaliste naïve et privilégiée de Delhi, peu dévouée à sa profession. Désireuse d’être perçue comme cool, elle est attirée par les fêtes hédonistes glamour, artistiques et sans fin, où l’on boit et où l’on se drogue, où l’on rencontre des célébrités et qui sont organisées par Sunny, philanthrope et mécène. Jusqu’à quel point voit-elle vraiment Sunny et jusqu’où ira-t-elle pour lui ?

Sunny est le fils d’un gangster redouté, Bunty, et d’un oncle vicieux, Vicky. Il semble avoir peu en commun avec sa famille brutalement violente et cruelle. Kapoor explore le caractère complexe de Sunny, sa relation troublante avec son père, mais au fond, est-il le fils de son père ? Ajay et Neda lui font confiance, le regretteront-ils un jour ? Il s’agit d’un drame littéraire policier passionnant et captivant, situé en plein cœur du miracle économique, social et politique de l’Inde moderne, dans les environnements politiques urbains et ruraux contestés de la nation, à l’intrigue serrée et aux personnages qui dépeignent les problèmes centraux et les tensions nationales qui affligent l’Inde, la complicité, le manque d’éthique et de moralité, le personnel et le politique. Je suis certain que ce roman engageant et captivant suscitera l’intérêt d’une grande variété de lecteurs.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (12 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 592 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221251725 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221251720

Si je n’existe pas de Cat Kueva

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Camille aime les livres plus que tout. Ils sont son refuge dans le fracas du monde. À vrai dire, le monde, elle le fuit.
Tout bascule lorsque, dès son premier jour au service des archives des bibliothèques de la ville, elle découvre un mystérieux roman dans lequel apparaît mot pour mot un texte tiré de son journal intime.

Chronique : Le style de Si je n’existe pas de Cat Kueva est travaillé dans toutes ses pirouettes et métaphores… bien loin des simples plumes que j’affectionne habituellement. C’est la première chose qui me freine : j’ai du mal à rentrer dans l’intrigue car les descriptions sont parfois bizarres.
Camille est originale et on le voit avant même que les aspects surnaturels de l’histoire ne commencent à émerger. À son aversion pour l’interaction sociale s’ajoutent son obsession du détail et son mode de vie, sa façon de penser.

Elle est plus âgée que les héroïnes que l’on voit habituellement dans Young Adult et apporte une vision de la sexualité et de l’amour qui est très en contradiction avec ce que nous avons lu dans le genre. J’ai trouvé qu’au-delà de sa spécificité, cette différence d’âge se jouait de plusieurs manières (elle a trouvé une colocation, un travail) et contribuait à l’étrangeté du roman.

Ce qui est merveilleux dans le roman, c’est qu’il part d’un point d’ancrage réaliste, ce qui nous amène à nous demander : ce que Camille a vécu est-il réel ? Les soupçons s’insinuent lorsqu’elle découvre sur son lieu de travail un livre contenant des extraits de son journal intime et des parallèles forts avec sa vie. D’étranges rebondissements le renforcent : et si rien de tout cela n’était vrai ? Et si Camille était juste folle ? Et si elle hallucinait ?

J’apprécie particulièrement certains passages qui laissent perplexe le lecteur, comme l’échange avec Hakim, ou quand Camille cherche l’auteur de Si je n’existe pas, qui se trouve habiter dans la même ville qu’elle.

Cat Kueva joue avec le lecteur, le perdant dans les multiples superpositions qui composent le roman. Au final, on a l’impression de participer à une cérémonie d’ouverture de Matriochka, toutes imbriquées. Je ne suis pas sûr de tout comprendre, mais je suis sûr d’une chose : c’est un livre qui continue de faire réfléchir les lecteurs une fois qu’on le lui demande.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (16 février 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 304 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221267141 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221267141

Les grandes oubliés de l’histoire de Titiou Lecoq

L’Histoire secrète des femmes

L’histoire est écrite par les vainqueurs. Cette phrase toute faite est une affirmation qui se révèle bien souvent trop juste. L’autrice Titiou Lecoq se propose de lever un voile sur tout un pan de l’Histoire française tombé dans l’oubli, celle des femmes.

Patiemment, avec minutie et pédagogie, ainsi qu’un brin d’ironie et d’humour, elle nous démontre comment les femmes ont été progressivement écartées des grands moments de l’histoire afin que soit rédigé le grand roman national français.

Elle raconte comment la pensée misogyne s’est construite jusqu’à devenir une institution qui façonne encore notre manière d’appréhender notre rapport au monde. Elle n’omet pas d’évoquer comment, en réaction, ont émergé les premiers mouvements féministes.

Certaines grandes figures historiques féminines sont remises en avant, comme la reine Brunehaut, inconnue des livres d’histoire scolaires. Elle remet aux goûts du jour certaines légendes oubliées et remet les compteurs à zéro en ce qui concerne les grands moments de l’Histoire française afin de rappeler une vérité évidente, les femmes ont toujours été actrices de notre Histoire.

Aussi affligeant pour l’image de l’homme soit la lecture de cet ouvrage fort instructif, il soulève un point intéressant. Alors que l’on pourrait croire qu’il n’y a plus rien à dire sur notre passé, les nouveaux points de vue stimulants qui viennent écorner l’histoire officielle nous révèlent qu’au contraire tout reste à découvrir, et cela est fort enthousiasmant.

Cette entrée en matière dans les essais féministes interroge également sur les solutions à apporter pour que cesse ce dénigrement envers les femmes. L’éducation est bien entendue l’un des biais souligné par l’autrice mais le retard de l’éducation nationale met en lumière tout le travail qu’il reste à faire pour parvenir un jour à cette égalité tant désirée et méritée.

Résumé : tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d’histoire.
 » C’est maintenant, à l’âge adulte, que je réalise la tromperie dont j’ai été victime sur les bancs
de l’école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre
histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l’on nous a apprise. « 
Pourquoi ce grand oubli ? De l’âge des cavernes jusqu’à nos jours, Titiou Lecoq s’appuie sur
les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l’Histoire.
Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié
le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s’éclaire. Les femmes ne se sont
jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix.

Éditeur ‎Iconoclaste; Illustrated édition (16 septembre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎325 pages
ISBN-10 ‎2378802420
ISBN-13 ‎978-2378802424

Chien 51 de Laurent Gaudé

Monde de merde

Laurent Gaudé est un auteur touche à tout, pièce de théâtre, romans, poésie, aucun genre n’échappe à sa plume délicate. Avec Chien 51 il s’essaye au récit d’anticipation pour un résultat convaincant malgré son manque d’originalité.

En effet, quiconque a déjà lu des récits de science-fiction ne sera pas surpris par le futur peu engageant que nous propose l’auteur. Dans un pur esprit cyberpunk, l’auteur nous décrit un monde où les multinationales surpuissantes ont fini par prendre le pouvoir, où ceux qui osent se soulever sont réprimés jusqu’à la mort et où le climat n’en finit pas de se détériorer. La devise de ce monde est simple : servir ou périr.

Au sein de cet univers très référencé l’auteur narre une intrigue policière qui suit là aussi des sentiers très balisés, le duo d’enquêteurs antinomiques, les magouilles politiques et en personnage principal, Zem, un enquêteur dépressif, héritier des plus grands enquêteurs du roman noir. Il ne faut pas être lassé de ce genre de récit afin d’en apprécier le déroulement.

Malgré ce manque criant d’originalité le récit se révèle plaisant à suivre. Zem porte le récit sur ses épaules, avec ses traumatismes, ses fantômes dont il ne parvient pas à se débarrasser et son cynisme de vaincu harassé.Sa tirade cynique lors du dénouement vaut à elle seule la lecture de l’ouvrage.

Chien 51 offre un bon moment de lecture, parsemé de quelques passages poétiques, mais qui aurait mérité un soupçon d’originalité pour rester mémorable.

Résumé :  dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que Zem Sparak passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, Zem n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante.
Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel Zem s’est depuis longtemps retranché. Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, Zem a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.
Sous les ciels en furie d’une mégalopole privatisée, “Chien 51” se fait l’écho de notre monde inquiétant, à la fois menaçant et menacé. Mais ce roman abrite aussi le souvenir ardent de ce qui fut, à transmettre pour demain, comme un dernier rempart à notre postmodernité.

Éditeur ‎Actes Sud (17 août 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎304 pages
ISBN-10 ‎2330168330
ISBN-13 ‎978-2330168339

Jake de Bryan Reardon

Un titre-nom qui résonne comme un hurlement de douleur. Celui d’un père de famille qui voit son monde s’écrouler.

L’auteur propose un thriller haletant tourné du côté de personnes lambda qui se retrouvent projetées du jour au lendemain dans un maelstrom médiatique et juridique qui les dépasse et les annihilent.

Pour apprécier le récit dans son entièreté il vaut mieux le lire d’une traite afin de ne pas ressentir les longueurs habituelles en milieu de lecture.

Mais il faut aussi ressentir une empathie totale pour Simon, ce père au foyer, pétris de culpabilité, victime d’une très forte pression sociale, qui cherche depuis la naissance à être le père parfait aux yeux de tous jusqu’à s’en vouloir de ne pas sociabiliser avec les mères des autres enfants. Un portrait touchant d’un père en manque de confiance en soi. On traverse l’enfer familial que subit cette famille par son regard désespéré.

La grande force émotionnelle du récit survint lors de l’épilogue, particulièrement touchant. L’auteur parvient à conclure son récit en signant un vibrant appel à la compassion, le pardon et la résilience sans pourtant verser dans le mélo de manière abusive.

Une lecture qui s’apparente à un tunnel de l’horreur jusqu’à ce que surgisse la lumière.

Résumé : Simon Connolly est l’heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Sa situation d’homme au foyer est pour le moins originale et Simon n’est pas toujours très à l’aise dans ce rôle. Mais, cahin-caha, la famille coule des jours paisibles… Jusqu’au matin où Doug Martin-Klein, un gamin insociable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs camarades de classe avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués, mais Jake est introuvable. Et très vite soupçonné d’être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ? Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?

Éditeur ‎Gallimard (8 février 2018)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎207014724X
ISBN-13 ‎978-2070147243

L’oiseau rouge de Elodie Duhameau

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Après Le croco qui vit chez papi, Élodie Duhameau revient avec son deuxième livre en tant qu’autrice-illustratrice. Il s’agit cette fois d’une fable contemporaine mettant en vedette un chat rouge qui se prend pour un oiseau (ou qui le fait peut-être seulement pour arriver à ses fins, qui sait ?) et un oiseau bleu peut-être plus futé qu’il en a l’air.

Critique :  Un très bel album avec un beau format adapté au petite mains et où l’histoire de cette fable. La plume et le dessin est élégante, parfois pleine de poésie, belle à vous élever l’âme! Et ce style sert parfaitement l’intrigue . La mise en place de l’oiseau et du chat , leur profondeur psychologique, leurs failles notamment sur ce duo qui est juste drôle. Une écriture subtile qui crée une atmosphère et donne corps aux personnages. L’auteur nous livre ce récit, vif et extrêmement bien écrit.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ 400 Coups jeunesse; Illustrated édition (9 février 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2898152137 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2898152139

Disney Baby – Pas à pas – Au dodo

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Des livres tout-carton qui accompagnent les enfants pas à pas durant les différentes étapes de leur vie.

Chaque livre propose une thématique proche de l’univers de l’enfant et met en situation les adorables personnages Disney Baby qui vivent les mêmes étapes que lui et le guident pas à pas.

Chronique : Livre de qualité pour bébé/jeune enfant.
La couverture et les pages sont en carton mat, épais et rigide, bien résistantes donc aux mains de bébé. La matière est douce au toucher.

Les couleurs sont vives, les dessins sont jolis, chaque double pages représentent un univers du monde de Disney (Dumbo, Monstre & Cie ect ) qui vont au lit et accompagne étape par étape l’enfant au lit ,le design Disney fait toujours son petit effet aussi bien auprès de bébé qu’auprès des parents

Éditeur ‏ : ‎ Hemma; Illustrated édition (26 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 12 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2508054992 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2508054990

Le Chalet des Disparus de Ruth Ware

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Quand les associés d’une célèbre application de musique se décident à organiser un séminaire dans un chalet perdu en pleine montagne pour évoquer l’avenir de leur entreprise, ils n’imaginent pas qu’ils vont être soudain coincés par une tempête de neige. Et bientôt, un premier membre de l’équipe va manquer à l’appel.

Chronique : Le Chalet des Disparus nous faisons la connaissance de l’équipe de direction de Snoop, une startup Internet sur le point de conclure une affaire lucrative. Mais comme la plupart des startups, ils perdent de l’argent, et tous les membres ne sont pas d’accord sur ce qu’ils doivent faire ensuite. Ils sont donc emmenés dans une retraite d’entreprise dans les montagnes enneigées pour régler leurs problèmes. Mais les choses prennent rapidement une tournure sombre lorsqu’une avalanche se déclenche et que tout le monde ne parvient pas à regagner son logement. Coupés du monde, ils sont incapables d’appeler à l’aide. Et il semble que quelqu’un dans leur groupe soit déterminé à les empêcher de s’en sortir vivants.

J’ai trouvé l’idée de la start-up Internet de Snoop fascinante. Je n’ai cessé de me demander si l’idée pouvait être viable et j’espère que l’auteur l’a fait breveter, juste au cas où. Les manœuvres et les querelles entre les actionnaires étaient une autre touche bien exécutée de l’intrigue. Lorsqu’une histoire repose sur une entreprise, le fait que celle-ci soit réelle la rend d’autant plus crédible.

Il y avait beaucoup de suspense dans cette histoire, presque dès le début. Le rythme était tendu, avec juste ce qu’il faut de tension entre les personnages, sans que l’on s’embourbe dans leurs pensées et leurs ruminations. Si j’avais une critique à faire, ce serait que le point culminant et la résolution sont trop longs. Ça n’arrête pas, et même quand c’est fini, on a encore quelques chapitres d’explications qui n’étaient pas vraiment nécessaires. Mais je préfère avoir plus d’explications que moins, donc c’est un petit problème.

En ce qui concerne le mystère lui-même, ce n’est pas vraiment un genre en soi. Il n’y a pas vraiment d’indices à rassembler, même si j’ai commencé à avoir une idée de qui pourrait être responsable. Mais cela ne prend tout son sens que lorsque tout est expliqué à la fin. Cependant, pour une fois, le fait de ne pas être un détective de salon ne m’a pas empêché de prendre du plaisir à lire cette histoire.

Je suis si heureux d’être restée fidèle à Ruth Ware, qui a finalement écrit une histoire à mon goût. En regardant les autres critiques, il semble que beaucoup de lecteurs ne soient pas d’accord avec moi. Ils ont adoré ses livres précédents et ont trouvé celui-ci ennuyeux et moyen, alors que je suis exactement le contraire. En y réfléchissant, je pense que la raison pourrait être nos goûts différents en matière de thrillers psychologiques. Je préfère la partie thriller (que je trouve excitante), et j’en veux moins de la partie psychologique (que je trouve être surtout de la tergiversation et de la remise en question). Mais de nombreux lecteurs préfèrent l’inverse. Prenez donc ma critique avec un grain de sel, et ne la laissez pas influencer votre décision de lire ou non cette histoire.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (2 février 2023) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 432 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265155586 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265155589

Les fossoyeurs de Victor Castanet

Aux noms de nos aînés

Je n’aime pas ce monde, je n’aime pas la manière dont il est conçu, pensé, dirigé, constamment tourné vers le profit et l’oppression des plus faibles. Raison pour laquelle je me plonge inlassablement dans la fiction, dans l’espoir un peu vain d’oublier ce monde souillé par la cupidité humaine. Pourtant parfois il est bon de relever les yeux et de regarder la souillure en face.

Le scandale orpéa a eu suffisamment de retentissement pour que nous ayons tous, plus ou moins, une idée de ce en quoi il consiste. Encore une fois une entreprise dirigée par une bande d’être cupides pour qui seul compte l’argent est parvenu à tirer profit du système et à s’enrichir sur le dos de ses employés, de ses résidents et de leurs familles.

Mais la lecture minutieuse de l’ouvrage de Victor Castanet permet de se rendre compte de l’abysse inhumain que représente ce scandale, et qui va bien au-delà de la simple maltraitance humaine. Avec force détails, le journaliste expose toutes les strates qui font d’orpéa l’un des pires scandales sanitaires de ces dernières années. Il met à jour un système extrêmement élaboré qui permet d’enrichir quelques-uns pour le malheur de beaucoup d’autres.

Magouilles comptables, harcèlement moral, accointances politiques, syndicat créé de toutes pièces pour servir les intérêts du siège, trucages des effectifs afin de percevoir les financements publics, sans oublier les traditionnels pot de vin, il ne nous sera rien épargné afin que l’on puisse prendre la mesure de l’horreur qui se jouait sous nos yeux. Le tout dans un style clair et incisif que ne renierait pas un bon polar.

La lecture sidérante de cette enquête courageuse nous interroge sur le modèle de société que nous voulons et nous force à ouvrir les yeux sur un modèle capitaliste déshumanisé.

Résumé : Trois ans d’investigations, 250 témoins, le courage d’une poignée de lanceurs d’alerte, des dizaines de documents explosifs, plusieurs personnalités impliquées…
Voici une plongée inquiétante dans les secrets du groupe Orpéa, leader mondial des Ehpad et des cliniques. Truffé de révélations spectaculaires, ce récit haletant et émouvant met au jour de multiples dérives et révèle un vaste réseau d’influence, bien loin du dévouement des équipes d’aidants et de soignants, majoritairement attachées au soutien des plus fragiles.
Personnes âgées maltraitées, salariés malmenés, acrobaties comptables, argent public dilapidé… Nous sommes tous concernés.

Éditeur ‎Fayard (26 janvier 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎400 pages
ISBN-10 ‎2213716552
ISBN-13 ‎978-2213716558

YOU Saison 4 Part 1 / Explication de la fin & Théorie sur la Partie 2

Un jeune homme dangereusement charmant et pernicieusement obsessionnel tente par tous les moyens de s’immiscer dans la vie des personnes qui le transissent.
Avec :Penn Badgley,Victoria Pedretti,Elizabeth Lail
Créateurs :Greg Berlanti,Sera Gamble