Le silence selon Manon de Benjamin Fogel

Des soucis et des hommes

Le combat des femmes pour leurs droits dans la société n’a jamais été aussi central et critique. Il a divisé la société en deux pôles qui semblent irréconciliables. Benjamin Fogel s’empare de ce thème complexe pour livrer un polar psychologique futuriste, puisqu’il situe son action en 2025, mais sidérant de réalisme.

Autour du féminisme l’auteur invoque tout un tas de thèmes primordiaux, le masculinisme et le virilisme tout d’abord les penchants néfastes du féminisme, notre rapport naïf aux réseaux sociaux, le phénomène effarant des incels, ces célibataires involontaires qui crachent leurs haines à longueur de tweet, le courant musical du néo straight edge. Un ensemble de thèmes foisonnant servis à la manière d’un reportage.

Le style de l’auteur est en effet très propre, concis mais détaillé, en témoigne ce sommaire qui reprend la présentation d’une fiche wikipédia.
Un ton dépourvu de romanesque mais qui permet au récit de se parer des oripeaux de la réalité.
L’auteur dépeint une société sclérosée par ses dissensions absurdes. Le tableau qu’il en dresse est glaçant de réalisme.

Pourtant, malgré cette plume sèche qui va à l’essentiel, l’auteur parvient à dresser des portraits psychologiques saisissants. Ce qui débutait comme un constat accablant de notre société se transforme petit à petit en une plongée dans la psyché torturée d’un homme, la fin des illusions pour celui qui se rêvait en chevalier blanc du féminisme. L’exposé sidérant prend alors des allures psychose infernale qui renverse le tableau dépeint par l’auteur.

Le silence selon Manon se révèle donc plus sournois et surprenant que son approche un peu scolaire pourrait le laisser l’envisager. Il interroge notre rapport aux réseaux sociaux, nuance les luttes féministes, met à mal la misogynie et dissèque l’esprit des femmes et des hommes pour ne laisser que la criante vérité, la malveillance se dissimule même dans les plus ardents défenseurs de causes les plus nobles.

Résumé : Dans les années 2025, le monde occidental se caractérise par une montée de l’agressivité sur les réseaux sociaux et en particulier des cas de cyber harcèlement, au point qu’une unité spéciale de la police, dirigée par le commissaire Sébastien Mille, a dû être mise en place. Sébastien Mille s’intéresse de près aux manoeuvres des groupes masculinistes en France. L’Amérique du Nord avait déjà connu dans les années 2010 des attentats dont les auteurs se réclamaient du mouvement « incel » (pour «involuntary celibate) »autrement dit des célibataires forcés qui conçoivent une haine des femmes et de la société contemporaine qu’ils jugent trop favorable au féminisme.

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (7 avril 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2743652772
ISBN-13 ‎978-2743652777

Le chien du forgeron de Camille Leboulanger

Fin de race

Versez-vous une bonne bière dans une immense chope et laissez-vous porter par l’histoire que va vous conter Camille Leboulanger. Une histoire qui prend des airs de légende brumeuse où résonnent la fureur guerrière, la sueur des hommes et les pleurs silencieux des femmes.

Le peuple Celte utilisait plus volontiers la tradition orale que l’écrit, raison pour laquelle peu de choses les concernant nous sont parvenus. La légende de Cuchulainn, ou chien du forgeron, est sans doute la plus connue. Véritable héros de légende, la figure mythique de ce guerrier se voit réinventé par l’auteur au cours d’un récit inventif, brutal où la légende se voit sérieusement écornée.

Comme tout bon conte, celui-ci nous est narré par un conteur qui ne nous dit que ceux qu’il a envie, dissimulant certains faits qui pourraient éclairer l’intrigue de manière éblouissante. Mais l’intérêt du récit n’est pas de faire toute la lumière sur la lignée de Sualtam mais bien de conter la destinée d’un guerrier né.

Et quel guerrier, personnage central de l’histoire, Setanta, bientôt renommé le chien, sera aussi le plus détestable. Et pour cause : Orgueilleux, fier, impulsif, doté d’un caractère ombrageux qui le pousse à frapper d’abord et à ne pas questionner ensuite, Setanta est l’archétype du guerrier sûr de lui qui n’hésite pas à asservir les plus faibles que lui de la manière qui l’arrange le mieux. Féministe, passez votre chemin, ce récit sublime tout ce que vous combattez.

Pourtant en creux ce conte terrible narre les errances d’un homme qui ne se définit que par ses prouesses guerrières et interroge le lecteur sur son rapport à la virilité et la masculinité. L’ascension fulgurante du chien parmi le peuple Celte entraîne par la suite une série de tragédies personnelles qui finissent par creuser en lui un puits insondable de tristesse et de culpabilité. Jusqu’à la fin inexorable.

Le chien du forgeron allie trois atouts non négligeables, une narration malicieuse, une intrigue palpitante et une réflexion sur un sujet d’actualité. Trois bonnes raisons de prêter l’oreille à ce conte sorti des tréfonds des légendes.

Résumé : Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop

Éditeur ‎Argyll éditions (19 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎246 pages
ISBN-10 ‎249240319X
ISBN-13 ‎978-2492403194

Le Chant des glaces de Jean Krug

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Delas est une planète glaciaire dont les ressources, extraites jour et nuit par des milliers de prisonniers, alimentent en eau potable le reste de la galaxie. Mais on y trouve également le cryel, un morceau de glace aux propriétés spéciales que seuls les plus agiles des détenus parviennent à prospecter : les chanteurs. Lorsqu’un jour, l’occasion est donnée à Bliss et Fey, chanteurs insurgés, de se libérer, ils n’hésitent pas une seconde.

Chronique : Un roman à l’atmosphère sombre, hostile, sinistre. Pourtant, l’auteur en a fait quelque chose de beau. Car Jean Krug est glaciologue et passionné par ce qu’il fait. Vous pouvez le sentir en lisant. Il nous plonge dans son univers, et nous le suivons avec plaisir, grâce à son don de conteur. Il vulgarise les concepts avec la nature et tisse le tout dans un matériau lisse et romantique. Le Chant des Glace repose sur une poignée de personnages aux fortes personnalités. Parmi eux, il y a Bliss, une femme exploitée par la vie, rebelle et grande gueule. Elle ne se laisse dominer par personne. On peut dire qu’elle représente à elle seule un personnage puissant. À côté de lui se trouve Feli, un homme plus équilibré. Il agit souvent comme un tampon, incarnant le lien qui unit l’équipe envoyée pour explorer le glacier Goliath. Il est le personnage clé et le succès de cette mission dépend de lui.Ce roman relève peut-être de la science-fiction, mais il dégage une incroyable authenticité. Outre la plausibilité cosmique proposée par Jean Krug, l’auteur touche directement nos problèmes contemporains en faisant de l’eau une ressource précieuse. De plus, la connaissance des glaciers et des grands froids tout au long du roman sont presque devenus le journal de bord des explorateurs de l’Arctique : des gens qui affrontent l’immensité blanche. homme face au froid

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (12 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266330519 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266330510

De l’ombre, il surgira de Alaina URQUHART

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Votre instinct est votre seul moyen de survie…

Chronique : Alaina Urquhart nous entraîne dans un thriller haletant et captivant avec ‘De l’ombre, il surgira’. Plongé dans l’atmosphère envoûtante de la Louisiane, ce récit met en scène un tueur en série d’une cruauté méthodique, qui défie les autorités et notamment le Dr Wren Muller, médecin légiste de renom.

Alors qu’elle affronte un prédateur insaisissable tapi dans l’obscurité du bayou, Wren Muller se trouve confrontée à un adversaire dont la perversité défie toute logique. Armée de son expertise encyclopédique sur l’histoire du crime et de ses années d’expérience à la morgue, elle se trouve pourtant impuissante face à ce tueur. Malgré les victimes qui se succèdent sur sa table d’examen et les échecs qui minent sa détermination, Wren ne renonce pas. Mais les démons du passé de Wren pourraient bien s’interposer sur sa route pour arrêter la folie meurtrière de celui que les médias ont surnommé ‘le boucher du bayou’.

Alaina Urquhart tisse une intrigue saisissante, où l’angoisse et la tension montent au fil des pages. L’ambiance sombre et mystérieuse du bayou sert de toile de fond à un thriller psychologique complexe, où les enjeux personnels se mêlent à une traque sans merci. Ce récit palpitant explore les recoins les plus sombres de l’âme humaine et met en lumière la force et la vulnérabilité du personnage principal, plongé dans une lutte sans répit pour la justice.

‘De l’ombre, il surgira’ est un roman captivant qui plaira aux amateurs de suspense, de mystère et d’adrénaline. Une lecture palpitante où l’instinct de survie devient le fil conducteur d’une quête pour mettre fin à la terreur orchestrée par un tueur aussi insaisissable que terrifiant.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (4 janvier 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265156957 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265156951

Contes des plus grands ballets de Astrid Valence

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Un magnifique ouvrage, préfacé par la danseuse étoile Dorothée Gilbert, pour le plaisir de se plonger dans les contes qui ont donné vie aux plus grands ballets.

Chronique : Cet ouvrage a pour but de présenter, de manière romancée, les plus célèbres ballets . Ainsi découvre-t-on, dans chaque conte un récit qui est suivi d’un petit pas de côté : « derrière le rideau » dévoilent les coulisses de ces ballets mythiques, on y croise Shakespeare et Tchaïkovski, on assiste à l’invention du tutu et des pointes, on pénètre dans les plus grands théâtres…

Les textes, simples d’accès, écrits en assez gros caractères, sont étayés par des illustrations justes superbes. Un résultat très réussi. On entre vraiment dans le récit, on imagine les personnages, leurs costumes, leurs émotions.


ASIN ‏ : ‎ B0BKRQLH15 Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 104 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040112754 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Une maman si pressée de Sara Lundberg

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La maman de Noah le sort du lit, pleine d’entrain. Elle a toute une liste de choses à faire et semble bien décidée à ne pas perdre une minute.

Chronique : De magnifiques images dans ce livre chaleureux et réaliste sur le stress quotidien, l’oubli et le lien fort entre une mère et son fils. Il y a juste la bonne quantité d’obscurité qui m’attire un peu ici. Acheter un cadeau pour quelqu’un que l’on ne connaît pas vraiment est déstabilisant. L’enfant ne veut même pas aller à la fête. Une mère qui oublie et qui fait tourner tellement de choses peut se sentir comme une merde.
Et le voyage du diadème à la fin est absolument magnifique !

ASIN ‏ : ‎ B0BMXS5S4X Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023518863 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Moonage Daydream avec David Bowie (Acteur), Brett Morgen (Réalisateur)

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MOONAGE DAYDREAM de Brett Morgen est une immersion dans l’art visuel et musical de David Bowie.

Chronique : Dans Moonage Daydream , le nouveau film documentaire de Brett Morgen, David Bowie raconte l’histoire de sa vie et de sa carrière avec un son extrait d’une multitude d’interviews au fil des années et des décennies. Il n’y a pas de « têtes parlantes » pour nous guider (il n’y a même pas de sous-titres), la seule voix que nous entendons est celle de Bowie et des différents intervieweurs du monde entier qui lui ont parlé. Tout cela est réglé sur des images de David Bowie étant David Bowie. Qu’il s’agisse de jouer en direct sur la tournée Ziggy Stardust en 1972/3, de se promener en Extrême-Orient (du documentaire Ricochet de 1984), de jouer dans des films ( The Man Who Fell To Earth ) ou simplement de parler à Russel Harty.

À un égard, le documentaire est assez traditionnel, avec l’histoire sonore de Bowie globalement dans l’ordre chronologique. Il nous parle de son éducation « ordinaire », de sa relation cool avec sa mère (« on s’entend »), de l’influence positive de son demi-frère Terry (qui a passé la majeure partie de sa vie à l’hôpital à cause de la schizophrénie) et au début des années 1970, son attitude détendue envers la (bi)sexualité. Nous traversons les différentes phases de sa vie créative, alors qu’il part pour l’Amérique pour s’imprégner des influences (comme une mouche dans un carton de lait !), se rend à Berlin pour enregistrer avec Eno et Visconti, décide de devenir un « artiste » au début des années 80 avec Let’s Danceet se retrouve ensuite dans le ghetto créatif du rock d’entreprise parrainé par Pepsi pendant la majeure partie du reste de cette décennie. Il renoue avec son désir d’être artistique, se jure de se faire plaisir dans les années 1990, rencontre sa seconde épouse Iman (il n’est pas question d’Angie), tombe amoureux et est enfin satisfait.

C’est là que la convention s’arrête. Visuellement , Moonage Daydream est un festin, à la limite parfois de l’excès. Pendant que Bowie nous parle, Morgen superpose souvent un visuel pertinent pour la période, avant de juxtaposer d’autres clichés de David d’époques complètement différentes de sa vie et de sa carrière. Ziggy sur scène dans 73 coupes directement à un Bowie pensif en étant filmé en Extrême-Orient une décennie plus tard, avant de revenir en arrière. 1991 « Sound + Vision » Bowie revient régulièrement tout au long des années 1970 (de nombreuses séquences sont utilisées à partir de la vidéo « Fame ’90 ») et pendant une séquence « Let’s Dance », il y a un rythme effréné dans le montage qui passe frénétiquement d’Earls Court dans ‘ 78 à Ziggy en 73, à David Liveà LA, à Footstompin’ sur The Dick Cavett Show et ainsi de suite. Des animations époustouflantes et des visuels célestes y sont souvent intégrés; coupes de visuels emblématiques de la culture pop du XXe siècle (par exemple Kubrick’s 2001: A Space Odyssey); des séquences familières (documentaire Cracked Actor d’ Alan Yentob de 1975) et moins familières (film époustouflant de Bowie dans les studios Hansa à Berlin).

L’audio et les visuels de la parole reposent sur un lit de musique qui lie tout ensemble. La conception sonore est incroyable et avec l’aide de Tony Visconti, les chansons sont souvent déconstruites et reconstruites au cours d’une séquence avant de se transformer en autre chose. Cela fournit une expérience kaléidoscopique et parfois désorientante. Morgen est clairement influencé par les techniques d’écriture lyrique « cut-up » de Bowie au milieu des années 70 (un concept emprunté à William Burroughs) où il écrivait des paroles, les découpait et les mélangeait dans le but d’inspirer de nouvelles idées. Morgen s’en inspire et utilise visuellement cette technique non linéaire, avec laquelle Steven Soderbergh a joué dans son film de 1999 The Limey .

En tant que réalisation technique et créative, c’est important et on ne peut que se demander combien de temps il a fallu à Morgen (qui a «écrit», réalisé et monté le documentaire) pour assembler ce puzzle d’un million de pièces. Ce fut sûrement une obsession dévorante pendant quelques années.

Bien que ce soit intelligent, une question que nous devons nous poser est de savoir si cette technique fonctionne vraiment comme un documentaire.
Moonage Daydream nous apprend-il quelque chose de nouveau sur David Bowie ?
Les images merveilleuses, les interviews approfondies (certaines plus révélatrices que d’autres) et les incroyables performances en direct sont toutes très agréables, mais une fois assemblées, elles ne représentent pas plus que la somme de leurs parties.
Le film cherche une vérité plus élevée et une perspicacité profonde mais ne parvient pas à la trouver.
David Bowie était une personne interrogée intéressante, mais vous devez vous demander si le fait de lier des réponses disparates, sur le sabot, nous fournit une vision du monde fiable.
Par exemple, sa «vente» pour être une pop star des années 80 à changement d’unité est certainement couverte mais n’est pas correctement explorée, à l’exception des indices qu’il voulait simplement un gros chèque de paie en passant à EMI (dans un clip, il rit avant de s’exclamer « pas de merde, Sherlock » quand on lui dit à la fin des années 1970 que sa période d’albums à Berlin n’a pas dû être la plus lucrative).
À deux heures et quinze minutes, le film est au moins une demi-heure trop long, un sentiment accentué par la réutilisation de clips que vous avez déjà vus à plusieurs reprises qui donne un plutôt circulaire, n’avons-nous-été-ici -avant ambiance à la procédure.
Lorsque vous jetez un coup d’œil à votre montre régulièrement au cours du dernier tronçon et que vous espérez que c’est la fin lorsque l’écran devient noir (uniquement pour qu’il commence dans la séquence suivante), vous savez qu’il y a quelque chose qui ne va pas, quelque part.
Le plus déconcertant,
Moonage Daydream est étrangement immobile, même dans les affres finales, alors que « Blackstar » joue.
On a l’impression que Bowie garde ses distances avec ses intervieweurs au fil des ans.
Il a le contrôle, jouant peut-être un rôle comme Ziggy ou The Thin White Duke.
Vous comprendrez pourquoi la succession a approuvé ce concept documentaire.
Avec David comme narrateur, Moonage Daydream est encore une autre masterclass à Bowie tirant les ficelles, cette fois d’outre-tombe.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.78:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17.4 x 13.7 x 1.4 cm; 40 grammes Audio description : ‏ : ‎ Anglais Réalisateur ‏ : ‎ Brett Morgen Format ‏ : ‎ Cinémascope, Couleur Durée ‏ : ‎ 2 heures et 15 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 21 décembre 2022 Acteurs ‏ : ‎ David Bowie Doublé : ‏ : ‎ Anglais Sous-titres : ‏ : ‎ Allemand, Français, Italien, Néerlandais Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Anglais (PCM Stéréo) Studio  ‏ : ‎ Universal Pictures France ASIN ‏ : ‎ B0BGQ5KZTX

Kompromat avec Gilles Lellouche (Acteur), Joanna Kulig (Acteur), Jérôme Salle (Réalisateur)

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Russie, 2017. Mathieu Roussel est arrêté et incarcéré sous les yeux de sa fille. Expatrié français, il est victime d’un  » kompromat », de faux documents compromettants utilisés par les services secrets russes pour nuire à un ennemi de l’Etat. Menacé d’une peine de prison à vie, il ne lui reste qu’une option : s’évader, et rejoindre la France par ses propres moyens…

Chronique : La beauté de Kompromat est que la force est permanente et qu’elle va partout. Nous n’optons jamais pour le 2:07 super soutenu, et le film le garde surréaliste et crédible sans le surcharger. Même les temps d’arrêt sont longs. C’est un multi-thriller, politique, policier, émotionnel, avec cette intensité dans le combat de Mathieu, la poursuite et enfin toute la chasse folle. L’intensité qui sépare nos deux pays, et au-delà, nos deux visions du monde. Mais peut-être le plus important, l’intensité de l’histoire très captivante et touchante avec Svetlana (Joanna Kulig). Cette passion est irrationnelle car interdite et puissante. Nous les soutenons pleinement et leurs histoires incarnent finalement les rencontres, la paix et les solutions. On retrouve dans Kompromat toutes les belles interprétations d’Anthony Zimmer (2005) du même réalisateur, mais avec plus de profondeur, de rythme et de stylisation. La scène est solide, musclée, méticuleuse et (presque) jamais exagérée. Il en va de même pour le scénario, même si l’histoire semble incroyable, elle est toujours inspirée de faits réels. Gilles Lellouche est parfait pour le rôle, portant bien le film avec ses larges épaules. La charmante et talentueuse comédienne polonaise Joanna Kulig (Cold War, Les Innocents…) et la très rare Judith Henry lui apportent une aide idéale. Au final, c’est un thriller bien fait qui n’actualise certainement pas le genre. Mais il y a là un suspense haletant et plutôt terrifiant, et on passe un très bon moment devant, et on ne s’ennuie pas une seconde. Une belle surprise.

Video : La clarté du film  est juste magique et avec un contraste exceptionnel. Bien qu’il n’y ait pas de point de grain visible, l’image dégage une merveilleuse sensation de film qui rappelle les films de la période des années 90. Les couleurs sont un peu atténuées pour refléter la nature désastreuse de la situation, mais des éclaboussures de paysages verts verdoyants et des éclats de neige  sont luxueusement riches, les blancs sont brillants mais ne fleurissent jamais, et les tons de chair restent naturels et constants tout au long. Les détails sautent de l’écran, tandis que des gros plans pointus soulignent les lignes, les rides et les taches sur les visages des personnages âgés, ainsi que la belle fraîcheur du teint de Lellouche

Audio :  Bien que les accents surround soient faibles, la fidélité supérieure et la profondeur tonale permettent à l’audio d’obtenir une sensation d’enveloppement fluide. Une séparation stéréo plus distincte est visible à l’avant, car des transitions douces élargissent bien le paysage sonore. La musique jouit d’une belle présence et remplit  avec aisance. C’est une piste beaucoup plus intéressante que ce à quoi on pourrait s’attendre, et l’excellent rendu accentue son impact.

Bonus :

Making of : Ce Making of comprend des interviews avec le réalisateur  et les acteurs et d’autres, ainsi que divers membres du personnel technique. Les sujets abordés comprennent la prémisse du film, les personnages, le maquillage, les chiens, les , la conception de la production, le style de réalisation de Jerome Salle et la tâche ardue de faire ce film

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.78:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 19.3 x 13.5 x 1.8 cm; 160 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Jérôme Salle Format ‏ : ‎ Cinémascope, Couleur, PAL Durée ‏ : ‎ 2 heures et 2 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 5 janvier 2023 Acteurs ‏ : ‎ Gilles Lellouche, Joanna Kulig, Michael Gor, Mikhail Safronov, Sasha Piltsin Doublé : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo ASIN ‏ : ‎ B0BCCY3KHB

Everything Everywhere All at Once avec Michelle Yeoh (Acteur), Stephanie Hsu (Acteur), Daniels (Réalisateur), Daniel Kwan (Réalisateur)

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Evelyn Wang est à bout : elle ne comprend plus sa famille, son travail et croule sous les impôts… Soudain, elle se retrouve plongée dans le multivers, des mondes parallèles où elle explore toutes les vies qu’elle aurait pu mener. Face à des forces obscures, elle seule peut sauver le monde mais aussi préserver la chose la plus précieuse : sa famille.

Chronique : De la même imagination qui nous a apporté la comédie surréaliste Swiss Army Man , Daniel Scheinert et Daniel Kwan, encore plus bizarrement divertissant, Everything Everywhere All at Once est une fantasmagorie ingénieusement dingue qui est tout aussi émouvante que visuellement palpitante. L’histoire d’une mère luttant pour trouver la stabilité et le contentement dans sa vie traverse des problèmes émotionnellement poignants avec la même ferveur et le même soin perspicaces qu’elle le fait en assemblant plusieurs genres en une expérience harmonieusement équilibrée et mémorable. En termes simples, ce drame absurde de genre est un film phénoménal et perspicace qui se classe facilement parmi les meilleures surprises de l’année, aux côtés de Top Gun: Maverick, Happening, Hellbender, You Won’t Be Alone et Hatching – tous des films défiant les pièges de leur genre, dépassant les attentes et livrant un récit émouvant et très satisfaisant.

Et ici, les Daniels, comme on les appelle collectivement, centrent leur intrigue autour de la journée dans la vie d’Evelyn Quan Wang (une merveilleuse Michelle Yeoh) alors qu’elle se prépare avec stress pour un audit de l’IRS sur sa laverie en difficulté tout en organisant névrotiquement une fête du nouvel an. pour son père (James Hong). Les premières minutes montrent magistralement la lutte pour équilibrer un travail, une maison et une famille avec un miroir montrant un souvenir coloré et joyeux d’une famille heureuse appréciant simplement la compagnie de l’autre et vivant dans l’instant. Cette image est rapidement supplantée par une table à manger, le cadre stéréotypé des réunions de famille, empilé de reçus et de documents à préparer pour l’auditeur (Jamie Lee Curtis). C’est l’un des nombreux moments simples qui en disent long dans un film qui embrasse le visuel élaboré et la fantaisie complexe. 

Lorsque nous sommes submergés par plus que ce que nous sommes réellement équipés pour gérer, nous sommes enclins à ignorer et à négliger les aspects les plus importants de nos vies, submergés par l’anxiété de tout résoudre en même temps, ce qui conduit à un sentiment de soi fracturé et à un désir d’aller ailleurs. , être quelqu’un d’autre. Evelyn a été tellement préoccupée qu’elle a vécu complètement aveugle à un mariage malheureux avec le toujours optimiste et optimiste Waymond (Ke Huy Quan des Goonies et Indiana Jones et l. Au même moment, sa fille Joy (Stephanie Hsu) est au point de rupture en attendant que sa mère l’accepte, elle et sa petite amie Becky (Tallie Medel). En ce jour particulier, l’univers d’Evelyn, celui qu’elle a travaillé si dur à construire pendant des années en renonçant aux nombreux rêves qu’elle souhaitait accomplir pour elle-même, est désormais menacé, sur le point de s’effondrer d’un coup, de tomber dans la vision nihiliste que rien n’a d’importance.

Le tout des Daniels partout à la foisest une réalisation vraiment merveilleuse qui équilibre des préoccupations existentielles profondément complexes, débordant d’une imagination passionnée et folle qui se sent désorganisée et naïve mais fascinante et libératrice à voir avec une cinématographie qui emprunte audacieusement au légendaire Wong Kar-wai. Et d’une manière ou d’une autre, au milieu de tout ce chaos visuellement époustouflant, les cinéastes révèlent un portrait tendre et émouvant de la modernité. La comédie dramatique noire absurde fonctionne également comme une allégorie ou une satire ménippéenne pour les défis de naviguer à travers cette existence de médias sociaux multiverselle en constante expansion, en constante expansion – nous tentant avec d’autres possibilités et détournant notre attention de ce qui est devant nous maintenant, dans le moment. C’est un chef-d’œuvre absolument brillant et ambitieux qui est infiniment amusant, inspirant et terriblement engageant.

Vidéo : Les lignes fines et les détails sont nets et distincts, de la couture et de l’enfilage des costumes aux objets individuels des bureaux de l’IRS, mais certains effets numériques et l’action rapide ne sont pas toujours aussi discrets, ce qui peut avoir à voir avec l’esthétique visuelle du cinéaste. 

Le film commence par un contraste quelque peu atténué et discret pour créer une atmosphère solennelle et améliorer l’état d’esprit actuel d’Evelyn, mais les blancs restent propres et vifs tandis que les reflets spéculaires fournissent un éclat net et serré dans les endroits les plus chauds sans laver les détails les plus fins. . Cette approche délibérément créative affecte également les couleurs, affichant une palette analogue la plupart du temps limitée favorisant les tons de terre, les bronzages et les jaunes chauds. Mais les visuels prennent soudainement vie grâce au Dolby Vision HDR, offrant une sélection plus large et plus complète de teintes primaires et secondaires, en particulier chaque fois que Jobu Tupaki fait une apparition. La variété de rouges et d’oranges dans le dernier quart du film, en particulier, est impressionnante et reflète parfaitement le changement de ton de l’histoire. Pendant tout ce temps, les niveaux de noir sont riches et vrais du début à la fin.

Audio : Le couplet dramatique fantastique absurde passe aux cinémas maison avec une bande-son Dolby Atmos absurdement fantastique qui dynamise et complète parfaitement les visuels follement fantaisistes. Étant une fonctionnalité axée sur les personnages, chaque conversation et chaque ligne de dialogue ont toujours la priorité absolue, venant haut et fort même pendant les segments les plus bruyants et les plus scandaleux. Tout en présentant une clarté et une distinction superbes dans les fréquences supérieures, l’imagerie semble continuellement large et spacieuse avec de nombreuses activités d’arrière-plan se déplaçant de manière convaincante sur les trois fronts et dans les hauteurs supérieures pour créer une scène sonore en demi-dôme très engageante. La partition de Son Lux bénéficie également d’une excellente fidélité et de détails acoustiques tout au long, tandis qu’un bas de gamme robuste ajoute une présence palpable à chaque séquence d’action avec quelques moments étonnamment autoritaires qui descendent jusqu’à 20 Hz Les séquences d’action sont également superposées avec une variété d’effets atmosphériques se déplaçant en douceur à travers les environs et se déplaçant occasionnellement au-dessus avec une efficacité sans faille, générant un champ sonore hémisphérique satisfaisant.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17.1 x 13.7 x 1.2 cm; 70 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Daniels, Daniel Kwan, Daniel Scheinert Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope Durée ‏ : ‎ 2 heures et 19 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 3 janvier 2023 Acteurs ‏ : ‎ Michelle Yeoh, Stephanie Hsu, Ke Huy Quan, James Hong, Jamie Lee Curtis Doublé : ‏ : ‎ Anglais, Français Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ Originals Factory

Les Enfants Perchés de la Révolution de Jean-Sébastien Bordas

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Paris, printemps 1789. Michel, 11 ans, est le fils d’un artisan veuf du faubourg Saint-Antoine. Lorsque celui-ci disparaît au cours d’une émeute contre la baisse des salaires, Michel est confié à un refuge pour enfants trouvés.

Chronique : Une bande dessinée pour enfants se déroulant aux premiers jours de ce qui allait devenir la Révolution française de 1789. Une révolte gronde parmi les enfants des rues de la banlieue parisienne, et le sort de la monarchie est en jeu. Jean-Sébastien Bordas a signé et peint cette nouvelle collection, puissante à plusieurs titres. Il est capable de fourrer habilement une section d’histoire didactique dans ces enfants perchés sur les toits, pas au-dessus de leurs têtes. Le choix des personnages est judicieux, les dessins sont beaux et les jeunes lecteurs s’amuseront tout en apprenant beaucoup de ces événements républicains.

Les pages se tournent toujours aussi vite et avec le sourire. On ne doute pas que le jeune public rigole des bons mots trouvés par Jean-Sébastien Bordas . Une histoire qui commence tout en douceur pour continuer avec des courses poursuites… On ne s’ennuie jamais. En plus, c’est les gentils qui gagnent à la fin grâce à l’amitié, l’écoute et le partage. le petit plus, c’est qu’on parle de l’importance des livres. La vérité est peut-être ailleurs parfois mais souvent elle peut se trouver dans des livres. . La trame de l’histoire n’est qu’un fil conducteur , léger et secondaire . Les dessins sont beaux, expressifs, fournis, et la colorisation a des teintes douces et lumineuses. Une bd jeunesse qui devrait en séduire plus d’un aventure et amitié sont les mots clés. Au final, lorsqu’on referme l’ouvrage, on a juste envie de lire la suite.

Note : 9,5/10

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN; Illustrated édition (4 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203226013 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203226012 Âge de lecture ‏ : ‎ 9 – 12 ans