Mon pays réinventé d’Isabel Allende, étrangère en terre natale

Certaines personnes portent en elles une histoire, un destin qu’elle s’efforce de partager avec un public de bien des manières. Isabel Allende porte en elle tout un pays, le Chili, terre natale qu’elle a dû fuir dans la tourmente. De par ses mots elle invoque le désert d’Atacama, la terre de feu, Santiago, la capitale tentaculaire. Une invitation au voyage immanquable.

L’ouvrage n’est pas un récit fictionnel, pas de personnage principal, hormis le Chili, qui verra sa géographie, son ethnographie et son histoire être minutieusement exposée. Les Chiliens, peuple d’immigrés et multiethniques, n’échappent pas à une étude de ses mœurs, de sa mentalité paradoxale empreinte d’un esprit de classe. Un portrait d’un pays détaillé qui vaut tous les cours d’histoire.

L’ouvrage n’en est pas moins pourvu d’une part fictionnelle.  Afin de panser sa mémoire d’exilée, Isabel livre ses souvenirs doux-amers sur son enfance. Elle porte un regard malicieux sur son pays et ses concitoyens, une nostalgie se dégage de sa plume chaude lorsqu’elle évoque ce pays si cher à son cœur, si présent dans sa tête mais si loin de son regard. Terre de mystère meurtri par la folie des hommes.

L’histoire tragique récente du Chili et la manière dont Isabel et sa famille l’ont vécu occupent une place importante. Le récit se fait alors analyse politique, débarrassé de l’affect auquel elle pourrait prétendre l’autrice narre le tourbillon sanglant qui a marqué son pays au fer rouge.

Un récit à la croisée des genres, entre récit historique et autobiographique. Peut-être le point d’entrée idéal pour découvrir Isabel Allende et sa plume ronde de conteuse.

Résumé : Isabel Allende se confie : « Presque toute ma vie, j’ai été une étrangère, condition que j’accepte car je n’ai pas d’alternative. Plusieurs fois, je me suis vue obligée de partir en brisant des liens et en laissant tout derrière moi, pour recommencer ma vie ailleurs. » Ayant choisi l’exil après le coup d’Etat du 11 septembre 1973 au Chili, Isabel Allende s’est engagée sur le chemin de la littérature. Aujourd’hui, sur un ton léger et émouvant, elle nous livre son Chili mythique, imaginé dans l’exil, territoire de sa nostalgie, seul pays où elle ne se sente pas une étrangère.
Ce portrait contrasté du Chili, où sont évoquées sa géographie, son histoire, sa culture ou ses mentalités, est entremêlé de souvenirs et de pensées personnelles qui retracent tout le chemin d’une vie. La famille extravagante, l’enfance, les rencontres, les voyages. Isabel Allende dévoile les origines et donne les clés des personnages et des lieux qui sont la matière de son œuvre romanesque.

Éditeur ‎Le Livre de Poche (1 juin 2005)
Langue ‎Français
Poche ‎288 pages
ISBN-10 ‎2253113557
ISBN-13 ‎978-2253113553

Mégapoles tome 1 Genèse de la cité de N.K. Jemisin, Super big apple

Mon premier est une ville mythique, Babylone moderne aux lumières éblouissantes, mon second est un univers, celui de N.K. Jemisin, foisonnant et dense. Mon tout forme un récit ambitieux tant dans son récit que dans le portrait de ses personnages.

Cette nouvelle saga s’abreuve à la source de deux genres très populaires sur divers médias de nos jours, les comics de super-héros d’un côté, avec ces êtres dotés de super-pouvoirs et le fantastique hérité d’un auteur reconnu par les amateurs du genre. L’autrice s’empare de ces genres pour les inscrire dans un récit qui, sous des faux airs de blockbuster à l’intrigue simple, cache de nombreuses interrogations métaphysiques et sociales en plus d’être une déclaration d’amour à la ville qui ne dort jamais.

New York prend vie sous la plume de Jemisin. Personnage à part entière du récit, nous allons faire connaissance avec les coins les plus reculés de son histoire mais aussi avec ses habitants, ses quartiers, véritables villes dans la ville. Rarement on aura autant eu l’impression d’être en plein milieu de ses gigantesques avenues.

Les protagonistes portent le récit sur leurs épaules et apportent une complexité psychologique qui fait tout l’intérêt du récit. Emportés par une destinée qu’ils n’ont pas choisie, ils vont devoir faire face à leurs contradictions, leurs doutes tout en tentant d’empêcher la destruction de leur ville. Leurs errements intérieurs sont minutieusement décrits, on plonge dans leur psyché comme dans un bassin sans fond. 

Toutes une série de thèmes sont portés par la voix des personnages. Des thèmes modernes qui secouent notre société actuelle avec tout un tas de mots en phobe mais l’autrice introduit aussi une réflexion sur notre place de l’univers, les conséquences de l’expansion de l’humanité et ce qui fait l’identité d’une ville, d’un quartier.

Ce premier volume nécessite d’être apprivoisé tant il est parfois dense, pour un résultat qui résonne comme une ode à la grosse pomme en plus d’être un récit fantastique divertissant.

Résumé : En descendant du train à Penn Station, le jeune homme se rend compte qu’il a tout oublié : son nom, son passé, son visage… Une seule certitude : quoiqu’il n’ait jamais mis les pieds à Manhattan, il est ici chez lui. Rien d’anormal, donc, à ce qu’un vieux taxi jaune à damiers s’arrête devant lui au moment où il en a le plus besoin. Il doit impérativement se rendre sur FDR Drive ; il ignore pourquoi, mais cela a sans doute un rapport avec les tentacules qui sèment le trouble à chaque coin de rue. La ville, sa ville est en danger, et lui seul semble être en mesure de la défendre. Lui seul ? Non, ils sont cinq, un pour chaque arrondissement de New York…

Éditeur ‎J’ai lu (3 février 2021)
Langue ‎Français
Poche ‎384 pages
ISBN-10 ‎2290232513
ISBN-13 ‎978-2290232514

Numéro Deux de David Foenkinos

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« En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement célèbre.
Des centaines d’acteurs furent auditionnés. Finalement, il n’en resta plus que deux. Ce roman raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi. »

Chronique : Martin est en compétition avec Daniel Radcliffe qui n’est pas encore connu, pour interpréter le premier rôle de la future saga d’ Harry Potter. Il a toutes ses chances et se voit déjà comme dit la chanson ‘ En haut de l’affiche’ .Dans son livre ‘ Numéro deux’ David Foenkinos décrit la douleur de ne pas avoir été choisi et de rester à jamais celui qui aurait pu,mais qui restera le numéro deux.
235 pages intéressantes qui à la fin confirme le dicton que ‘ Tout ce qui brille,n’est pas or’ et que le bonheur n’est pas toujours où on croit qu’il est .

J’aime beaucoup son humour, son écriture et je vais de ce pas commander d’autres livres de cet auteur génial.

Éditeur ‏ : ‎ GALLIMARD (6 janvier 2022) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2072959020 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2072959028

Le chat qui ne pouvait pas tourner d’Anne Dhoquois, Un flic dans la brume

Paris, des femmes retrouvées sauvagement poignardées, un flic désabusé et alcoolique, un résumé qui fait penser à des centaines d’autres polars déjà présents en librairie et c’est bien le problème de ce premier polar.

La première enquête de David Sterling, bien que de facture honnête dans son ensemble, souffre de deux défauts qui ne sont en rien rédhibitoires mais qui empêcheront tout amateur de polar de lui trouver un quelconque intérêt. Dès les prémices de l’enquête, le lecteur comprend qu’il est face à un polar d’un classicisme absolu. Un classicisme qui n’a rien de déméritant en soi mais dont il aurait fallu parvenir à se détacher afin de proposer quelque chose de plus original, qui aurait permis au récit de se démarquer du reste de la production littéraire policière.

Le second défaut tient surtout au portrait du capitaine Sterling trop scolaire pour être vraiment convaincant. Un flic solitaire, à la belle gueule fatigué, désabusé par la société dans laquelle il ne fait que passer pour ramasser les pires horreurs, captif d’une colère dont il ignore l’origine et légèrement alcoolique. Une description qui, sans être honteuse, correspond à des dizaines d’autres personnages de roman et à laquelle l’autrice ne parvient pas à donner une réelle consistance malgré ses efforts louables.

Ces défauts n’empêchent pas de passer un bon moment. L’intrigue se suit sans déplaisir à travers des chapitres rythmés, des suspects et des fausses pistes jusqu’à un final malheureusement prévisible. La conclusion est à la hauteur du récit, sans originalité mais honnête dans sa proposition.

Un polar à réserver aux lecteurs curieux de découvrir le genre. Mais dont le côté classique et scolaire empêchera tout autre lecteur plus assidu d’y trouver son compte.

Résumé : David Sterling est capitaine de police au 3e DPJ de Paris. Chef d’enquête pour le meurtre d’une jeune femme tuée à l’arme blanche sur les berges de la Seine, il pressent dès le départ une affaire hors du commun. La suite des événements va lui donner raison. Les meurtres de femmes s’enchaînent, tous commis dans des arrondissements de la rive gauche, le territoire du 3e DPJ. Est-ce un hasard ? Au capitaine et à ses lieutenants de percer le mystère, de fausses pistes en rebondissements, qui mettront Sterling à rude épreuve. Enquêteur renommé, instinctif, séducteur et torturé…et si le chat qui ne pouvait pas tourner, c’était lui ?

ASIN ‎B09NPDYHCR
Éditeur ‎Les Arènes (17 mars 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎317 pages
ISBN-13 ‎979-1037505859

Blackwing tome 3 La chute du corbeau de Ed McDonald, désert, démences et démons

Sur une base narrative peu originale, des êtres anciens veulent dominer le monde et asservir l’humanité, l’auteur Ed McDonald est parvenu à bâtir une trilogie solide malgré une conclusion qui souffre des défauts habituels de ce genre de saga.

L’univers imaginé par l’auteur reste l’atout majeur de la saga. À mi-chemin entre Western et récit post-apocalyptique, Blackwing s’intègre parfaitement dans le genre de la dark fantasy. Le désespoir et la folie règnent en maîtres sur une humanité qui se raccroche à ses dernières illusions dans des villes fortifiées poussiéreuses pendant que des forces qui la dépassent s’agitent en coulisses. 

Le personnage principal, Ryhalt hante chaque page du récit. Anti-héros parfait, il aime ou il déteste, pas de juste milieu avec lui. L’auteur tisse des relations entre lui et les différents protagonistes qui lorgnent parfois vers la caricature. Tous les personnages secondaires sont définis par leur relation avec Ryhalt, ils n’existent et servent l’intrigue que par le biais de la relation qui les unit à ce dernier, heureusement que ce brave capitaine des ailes noires est charismatique car sinon cela pourrait être lassant.

Passé une première partie qui relance les enjeux de l’intrigue principale et rabat les cartes du jeu mortel que se livrent les puissances innommables, le récit s’enlise dans une narration qui enchaîne les scènes d’action stérile et la redondance d’informations. L’auteur peine à conclure son récit de manière convaincante. Le final est particulièrement brouillon et maladroit par moments.

Même si la conclusion est en demi-teinte, l’univers poisseux que propose cette saga mérite le coup d’œil, ne serait-ce que pour la vision désespérée de l’humanité qu’elle propose.

Résumé : Un cataclysme a frappé le Cordon, l’ultime ligne de défense séparant la civilisation des Rois des profondeurs. Des pluies rouges accablent sans cesse la terre, de nouvelles monstruosités se nourrissent de terreur dans l’ombre et le pouvoir des Sans-Nom, les dieux qui protègent la république, demeure inutilisable. Les capitaines des Ailes noires qui les servent sont éliminés un par un, et même les immortels ont fini par apprendre ce que mourir signifiait. Entretemps, le pouvoir des Rois des profondeurs n’a fait que croître ; ils sont sur le point d’assener le coup final.

Ryhalt Galharrow se tient à l’écart de tout cela.

Il s’est aventuré plus loin que jamais dans ce désert appelé la Désolation. Celle-ci l’a changé. Mais tous les pouvoirs ont un prix, et à présent les fantômes de son passé, jusqu’alors confinés dans ces terres perdues, l’accompagnent partout. Ils le suivront même, ainsi que les quelques capitaines des Ailes noires encore en vie, pour son ultime mission dans les ténèbres.

ASIN ‎B08YP2H4LD
Éditeur ‎Bragelonne (7 juillet 2021)
Langue ‎Français
Poche ‎552 pages
ISBN-13 ‎979-1028118808

L’Evénement avec Anamaria Vartolomei (Acteur), Kacey Mottet Klein (Acteur), Audrey Diwan (Réalisateur)

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France, 1963. Anne, étudiante prometteuse, tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour disposer de son corps et de son avenir. Elle s’engage seule dans une course contre la montre, bravant la loi. Les examens approchent, son ventre s’arrondit.

Chronique : Tel un pur thriller, le film vous prend de bout en bout grâce au principe d’immersion totale dans la psyché et les entrailles de la jeune femme. Servi par une comédienne incroyable de justesse et de courage, Anamaria Vartolomei s’avère être une véritable révélation.

Dans les années 60, dans une fac de Lettres, Anne (Anamaria Vartolomei) tombe enceinte, alors qu’elle aborde les examens d’entrée pour l’université. A cette époque, avorter est illégal, et peut mener soit à la mort, soit en prison. Elle doit alors jongler entre sa cité U, le secret, la débrouille, le système D, les faiseuses d’ange…

‘est dans ces moments là que le cinéma est construit dans un but de réflexion, pour nous choquer, nous faire bouger. Quand on assiste à la saisissante reproduction d’une époque incompréhensible de nos jours, par l’asservissement du corps féminin aux volontés masculines, on ne peut qu’être glacé d’effroi. La quête de l’héroïne (et c’est une héroïne, vu ce qu’elle traverse), va la mener à travers des supplices incroyables, tant physiques qu’émotionnels, où rien n’est épargné, tant à elle qu’au spectateur.
Ce film c’est un peu le moment où même sans avoir d’utérus j’ai eu envie d’hurler quand quelques scènes montrent la souffrance de l’actrice principale, quand elle subit des violences absolument insoutenables – le film est hyper cru et graphique – et quand on a tantôt envie de la serrer dans nos bras pour l’aider, tantôt envie de secouer les médecins pour qu’ils l’aident.

Rien n’est camouflé, tout est soit montré en plein champ, soit laissé fortement à l’imagination des spectateurs. On serre les dents, on tente de ne pas s’imaginer les tortures infligées…la fin du film restera comme beaucoup dans la catégorie des moments où on ne s’imagine pas qu’une caméra puisse continuer à tourner, pour montrer ce qui malheureusement était monnaie courante pour beaucoup de femmes privées de leurs droits à cette époque.

On m’avait décrit ce film comme une claque, c’est pour moi plutôt un uppercut, qui prend bien le temps d’imprégner ses phalanges dans les gencives, pour y laisser une marque incroyablement tenace. Anamaria Vartolomei est vraiment incroyable dans ce film, qui la suit dans des plans séquences serrés, le format carré de l’image canalisant une angoisse graphique sur son incroyable bouille d’ange qui ne montre rien des tourments infâmes qu’elle subit.

On en sort secoués, parfois nauséeux, et on se souvient que dans les années soixante, les femmes avaient quelques libertés, mais que, comme aujourd’hui, elles étaient encore bien loin d’avoir LA liberté. Ce film est une pépite incroyablement brute et pure. Il est grand temps que ce cinéma social et politique prenne sa place, fasse bouger les lignes, et surtout les idées.
Film organique, indispensable à l’heure où le droit fondamentale est remis cause dans de nombreux pays, sa mise en scène extrêmement maîtrisée et merveilleuse d’inventivité et de modernité sur l’émancipation d’une femme qui garde le contrôle sur son corps envers le diktat de la société. bouleversant.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.37:1 Dimensions du colis ‏ : ‎ 19.1 x 13.9 x 1.7 cm; 110 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Audrey Diwan Format ‏ : ‎ Couleur, Cinémascope, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 35 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 30 mars 2022 Acteurs ‏ : ‎ Anamaria Vartolomei, Kacey Mottet Klein, Eric Verdin, Alice de Lencquesaing, Luàna Bajrami Doublé : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1), Français (DTS 5.1) Studio  ‏ : ‎ Wild Side Video

Avis de grand froid de Jérôme Charyn, Don Quichotte à la maison blanche

Douzième et ultime volet de la saga d’Isaac Sidel, ce roman envoie son personnage de flic juif, à la tête du plus puissant pays du monde dans une suite d’aventures rocambolesques.

Le ton employé par l’auteur a été une agréable découverte, une plume qui retranscrit à merveille la gouaille de son personnage principal. Le ton est familier mais jamais vulgaire, un côté burlesque et satirique enrobe le roman d’une aura de fausse légèreté qui fait oublier les enjeux élevés de l’histoire.

La personnalité de Sidel joue une grande part dans l’appréciation du roman. À la fois cynique et empreint d’une naïveté bienveillante qui le fait parfois agir au gré du bon sens. Son côté grand enfant, ajouté à son anticonformisme, tranche avec la galerie de protagonistes plus sérieux et fait tout le sel du récit.

Malheureusement ce ton enjoué et ce personnage en décalage complet avec son rôle de président entraîne une discordance avec l’intrigue, dont les enjeux ne sont rien de moins que la vie du président des États-Unis. L’aspect burlesque voulu par l’auteur prend l’avantage sur une intrigue à tiroirs à laquelle on a du mal à s’intéresser tant même le personnage principal semble s’en moquer complètement.

On enchaîne donc les péripéties dont est victime Sidel sans y croire vraiment, en attendant la prochaine punchline ou la prochaine description satirique. On passe d’une rencontre explosive avec le président de la République Tchèque à une émeute au pénitencier de Rykers sans que jamais le récit ne s’empare de la dramaturgie de son intrigue. Au final on finit par ne plus croire à ce que nous raconte l’auteur.

Reste une exploration minutieuse de la maison blanche et de ses protocoles. Un méandre administratif que l’auteur parvient à rendre intéressant par le regard néophyte de son personnage principal qui, en bon cow-boy solitaire, refuse les carcans que l’on lui impose. Pas suffisant malheureusement pour maintenir l’intérêt sur l’ensemble du récit.

Je retiendrai de ma rencontre avec Charyn un style inimitable, entre la comédie et le thriller politique mais j’aurais apprécié un peu plus d’équilibre entre les deux.

Résumé : Ultime volume dans la saga du héros de Charyn Isaac Sidel. Depuis Marilyn la Dingue, roman dans lequel il était inspecteur à la Criminelle de New York, Isaac a fait son chemin. Il est devenu commissaire principal de la police, puis maire de New York. Et voilà que par un concours de circonstances, il se retrouve… à la Maison-Blanche, le candidat élu n’ayant pu être intronisé.

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (16 mars 2022)
Langue ‎Français
Poche ‎400 pages
ISBN-10 ‎2743655917

Le goût du rouge à lèvres de ma mère de Gabrielle Massat, Walk on the wild side

Lorsqu’on est lecteur boulimique de polar comme moi on a tendance à croire que tout a été fait, que surprendre le lecteur est une tâche impossible. Avec son premier polar Gabrielle Massat nous prouve que tout est encore possible. Une sacrée bonne leçon pour le lecteur blasé que je suis.

Arrêtons nous d’abord sur ce qui constitue l’atout majeur du récit, le personnage principal, Cyrus Colfer. Son portrait psychologique est profond, ciselé et parsemé de nuances. Tiraillés entre son orgueil de malvoyant, son complexe d’Électre, sa morale ambivalente et sa volonté de faire ses preuves, on tient là un personnage marquant, rendu attachant par ses failles. Tant mieux car il va nous accompagner durant toute notre plongée dans les méandres de San Francisco.

La célèbre ville prend une autre couleur dans le récit, plus sombre, d’un rouge sale, comme celui que les filles de joie étalent sur leur joue après une altercation avec leur proxénète. Le décor idéal pour ce polar au contexte mafieux très fouillé, très documenté sur l’histoire mafieuse de la ville. Des personnages secondaires à la psychologie très bien étudiée complètent le tableau. 

L’autrice n’a pas misé uniquement sur ces personnages où son décor, l’intrigue réserve quelques surprises, comme la manière dont Cyrus s’immisce dans l’enquête. Une maîtrise narrative qui fait oublier la révélation prévisible sur l’identité du tueur tant le reste de l’intrigue recèle son lot de coups de théâtre.

Avec un ton acide et une bonne dose d’humour noir, l’autrice s’est d’ores et déjà taillé la part du lion dans le monde très compétitif du polar. Je n’ai qu’une seule hâte qu’elle en écrive un autre tout aussi jouissif.

Résumé : Qui a assassiné Amy Colfer, proxénète notoire ? Telle est la question qui ne cesse de hanter son fils, Cyrus, depuis une quinzaine d’années. Un nouveau meurtre relance le cold-case. Le jeune homme décide alors de revenir à San Francisco, dans le milieu interlope qui était le sien. Guidé par une soif de vérité et de vengeance, Cyrus Colfer – mi-truand, mi-indic – mène l’enquête de son côté, avec détermination. À un détail près : il est devenu aveugle.

Éditeur ‎Points (10 juin 2021)
Langue ‎Français
Poche ‎528 pages
ISBN-10 ‎2757888080
ISBN-13 ‎978-2757888087

Ne jetez pas vos vieilles VHS Disney, elles valent peut-être une fortune !

A l’heure du tout dématérialisé et des plateformes de streaming, les VHS font de la résistance. Certaines d’entre elles valent même une fortune !

A l’heure où tout est dématéralisé ou presque, avec l’explosion des plateformes de streaming / VOD, il y a quelque chose de rassérénant à voir le support physique faire vaillamment de la résistance. Qui plus est, un support physique sacrément ancien, puisque l’on parle de l’antique cassette VHS, que la génération née dans les années 2000 ne peut pas connaître.

Vous avez probablement dû écumer au moins une fois une brocante, en voyant sur les étals ces cassettes et leurs bobines magnétiques, parfois usées jusqu’à la corde à force de visionnages. Des nanards désormais introuvables ou jamais édités par la suite en DVD ou Blu-ray, en passant par ces dessins animés Disney de votre enfance, tout est trouvable, pour un prix souvent dérisoire d’ailleurs. Peut-être avez-vous aussi de vieilles VHS dormant dans un coffre au grenier et prenant la poussière ?

Sachez que si jamais l’envie vous prenait de tout jeter à la poubelle, vous avez plutôt intérêt à faire un tri sélectif. Car certaines VHS, devenues des pièces de collection, valent en effet une fortune et peuvent vous rapporter gros !

En février 2021, le site mic publiait des données fournies par le site de vente en ligne eBay. Entre 2016 et 2019, les ventes de VHS ont augmenté de 5 %, par année, alors que celles des DVD et Blu-Ray chutent en continu. Et n’allez pas croire que cet intérêt n’est que le ressort de particuliers. L’article révèle qu’en 2015 par exemple, l’Université de Yale a acheté un stock de 2700 VHS, composé de films d’horreur et de films d’exploitation tournés dans les années 70-80, pour enrichir sa médiathèque.

En mai 2020, un article du Sun se penchait sur le cas des VHS de Disney, véritable caverne d’Ali Baba. Les VHS de la collection Diamond (celle avec un petit logo diamant noir sur la tranche) valent une fortune. Une VHS de Mulan, datant de 1999, s’est ainsi vendue sur eBay en Australie plus de 14000 € ! Une VHS de La Belle et la Bête ? Plus de 8300 € ! Une Collection de dix VHS Disney s’est arrachée sur la version britannique eBay à plus de 16600 €. Hallucinant. Un prix à la hauteur de la rareté de cette collection Black Diamond, que Disney n’a fabriqué qu’entre 1984 et 1993.

Le site Slate rapporte que sur Instagram, « amateurs et professionnels partagent leurs précieuses cassettes, accompagnées du hashtag #VHSforsale (VHS à vendre), qui compte plus de 45.000 publications. Si certaines se vendent à des prix plutôt raisonnables comme Les Dents de la mer à 2,50 dollars ou Shining à 6 dollars, les tarifs peuvent vite augmenter : la cassette de la comédie Kangourou Jack, sortie en 2003, est notamment affichée à 190 $. La demande est tellement forte que l’on peut même trouver sur le site de vente en ligne Etsy, une copie en édition limitée du dessin animé Disney La Petite sirène à 45.000 $« . Evidemment, toutes ces VHS affichent un état impeccable.

Cela dit, et c’est important de le souligner, avec de tels prix affichés, les acheteurs prêts à lâcher autant sont plutôt rares… Et les prix de ventes réels restent quand même dans des clous nettement plus abordables. In fine, comme tout prend de la valeur avec le temps, au gré des modes aussi et du puissant facteur de nostalgie, l’idéal serait de ne rien jeter. Un peu compliqué quand même…

Les Animaux fantastiques 3 : Dumbledore déclare son amour et enflamme les fans d’Harry Potter

« I’m in love with you » ! Dumbledore déclare son amour à Grindelwald dans une nouvelle vidéo des Animaux fantastiques 3…

Voilà une réplique qui ne devrait pas manquer de faire réagir les fans de la saga Harry Potter ! Dans la toute dernière vidéo extraite des Animaux Fantastiques 3, en l’occurrence un spot TV international, Dumbledore révèle enfin clairement son amour secret pour son rival, Grindelwald.

Dans cette vidéo de 30 secondes, à découvrir ci-dessous, Jude Law prononce ces mots : « It’s because I was in love with you« . « C’est parce que j’étais amoureux de toi« , en français. Une phrase qu’il prononce après avoir sous-entendu que Grindelwald (Mads Mikkelsen) serait à ses côtés.

Dans les livres Harry Potter, il était sous-entendu qu’une romance avait existé entre les deux personnages, ce que J.K. Rowling avait par la suite confirmé, disant que Dumbledore était gay. 

Comme le rapporte The Independent, les premières réactions des fans à cette vidéo ont été globablement très positives. Plus largement, l’arrivée de Mads Mikkelsen, à la place de Johnny Depp, dans le rôe de Grindelwald, a également été bien accueillie.

Comme la première bande-annonce du film le montrait,  l’affrontement entre Dumbledore et son ennemi juré Grindelwald sera au coeur de ce troisième volet. Les Animaux fantastiques 3 est attendu dans nos salles le 13 avril prochain.

Rappelons que dans le précédent opus des Animaux fantastiques, il n’était pas question que l’homosexualité de Dumbledore soit dite ou montrée explicitement. En 2018, le réalisateur David Yates avait indiqué : « Pas de façon explicite. Mais de toute façon les fans le savent. Il a eu une relation très intense avec Grindelwald lorsqu’ils étaient jeunes. Ils sont tombés amoureux l’un de l’autre, de leurs idées. »

« [Dumbledore] est un dissident et un rebelle, et un professeur qui est source d’inspiration à Poudlard, poursuivait-il. Il est spirituel et a toujours un coup d’avance. Il n’est pas ce vieux vétéran [des précédents films]. (…) Et face à Johnny Depp [depuis remplacé par Mads Mikkelsen pour l’épisode 3] en Grindelwald, ils forment un duo incroyable« .

Prise à partie sur sur le sujet sur Twitter, la créatrice de l’univers Harry Potter et l’auteur des scénarii des 5 films Animaux fantatiques J.K. Rowling, avait alors tenu à défendre David Yates et à expliciter ce qu’il a voulu dire : « Que l’on me harcèle sur une interview qui n’est pas de moi, concernant un scénario que j’ai écrit mais qu’aucun des haters n’a lu, et qui fait partie d’une franchise de 5 films dont un seul est sorti est hilarant ; mais vous savez ce qui est encore « plus » hilarant ?« .

Il avait alors été déduit que l’homosexualité du personnage de Dumbledore aurait tout le temps d’être abordée dans les films à venir de la saga Animaux fantastiques, ce que confirme donc cette nouvelle vidéo.

Pour mémoire, la révélation de l’orientation sexuelle d’Albus Dumbledore avait été faite par JK Rowling en 2007.