2054. Tarik est un fonctionnaire d’un genre particulier : son département utilise le voyage dans le temps pour modifier le passé et façonner le présent. Mais lorsque des anomalies se manifestent dans la ligne du temps, Tarik est chargé d’en découvrir la source. Avant cela, il lui faudra trouver comment s’échapper de la boucle temporelle dans laquelle il se retrouve piégé…
Chronique : Les services secrets du monde entier ont le pouvoir de voyager dans le temps. Aux États-Unis, le Bureau américain des affaires temporelles est installé dans un bâtiment où des compartiments ressemblant à des ascenseurs sont les machines à voyager dans le temps dans lesquelles un agent doit entrer pour remonter le temps.
Le Bureau américain des affaires temporelles modifie certains événements, et d’autres pas – pourquoi certaines choses restent intactes, et d’autres sont modifiées, n’est pas clair pour les agents, ils ne font que suivre les ordres. Vous pouvez probablement voir où cela mène.
Il y a un jeu intéressant avec les tropes du voyage dans le temps, tandis que le personnage principal commence lentement à douter de l’utilité du Bureau américain des affaires temporelles.
L’un des points forts pour moi a été la façon dont l’auteur Ibrahim Moustafa a transformé l’histoire très confuse de la boucle temporelle en une situation politique simplifiée qui montre à quel point les jeux de pouvoir sont ridicules et destructeurs. Le graphisme de Brad Simpson est expressif et capture vraiment l’action. Il parvient à donner un aspect futuriste.
Éditeur : Les Humanoïdes Associés (2 mars 2022) Langue : Français Broché : 136 pages ISBN-10 : 273167511X ISBN-13 : 978-2731675115
Plus de dix ans que le marin le plus audacieux de tous les temps, le grand Lord Cochrane, a défait la terreur immémoriale et cosmique, le monstrueux Cthulhu.
Chronique : Le premier volume des aventures du fameux Lord Cochrane m’avait permis de faire de belles rencontres. La rencontre d’un auteur d’abord, Gilberto Villaroel, d’origine chilienne, résident à Paris, passionné d’histoire européenne et de littérature fantastique. La rencontre avec une maison d’éditions ensuite, aux forges de vulcain, dont les couvertures minimalistes et hautes en couleurs m’ont immédiatement séduites. Enfin j’ai pu faire connaissance avec une figure historique des plus fascinantes, le fameux Lord Cochrane, navigateur anglais, inventeur excentrique, héros du chili et tant d’autres choses encore. Inutile de vous dire qu’avec tous ces éléments réunis le livre n’est pas resté longtemps sur le présentoir de mon libraire.
L’aspect historique prend une place plus importante dans ce volume, là où le premier volume faisait plus office de parenthèse fantastique sans réel lien avec la marche incessante du monde. Le récit se situe durant la période ô combien confuse de la restauration monarchique. Napoléon et son empire sont partis en fumé mais pourtant son ombre imprègne tout le récit. L’auteur parvient à dérouler l’aspect historique de son récit tout en évitant de donner un simple cours d’histoire et c’est en grande partie grâce à son personnage principal, lord Cochrane.
La plume de l’auteur ne s’anime jamais autant que lorsqu’il s’agit de mettre en scène cet aventurier intrépide, ce soldat rebelle qui a dû dire adieu à sa patrie, cet inventeur touche-à-tout qui regrette la lenteur du monde qui l’entoure. À la fin de l’ouvrage, l’auteur explique que Lord Cochrane a probablement servi de source d’inspiration pour nombre de figures d’aventurier navigateur qui ont émergé dans la culture populaire contemporaine et ce n’est guère surprenant. Ce personnage charismatique dynamite les pages du récit, son aura de capitaine chevronné accorde au moindre dialogue une atmosphère chargée en testostérone, rendant la narration encore plus riche et savoureuse. La caractérisation sur ce personnage est très juste, l’auteur en fait un personnage complexe, non manichéen, plus âgé mais donc aussi plus sage mais toujours déterminée à faire mordre la poussière à ses adversaires.
En ce qui concerne l’intrigue l’auteur a décidé de s’aventurer vers des chemins plus balisés. Ce tome est l’occasion d’invoquer l’esprit des pulps d’antan, le Paris des mystères et ses ruelles insalubres. Cela donne un récit d’aventure honnête mais on y perd l’originalité du premier volume. L’auteur coche les cases des récits d’aventures du 19ème siècle. Le cimetière lugubre, les catacombes morbides, sans oublier les ecclésiastiques fanatiques qui font office d’ennemis au final bien peu menaçant mais très clichés. Le rythme est haletant, les personnages ont à peine le temps de s’extirper d’une situation mortelle qu’une nouvelle péripétie survient. Mais ce que l’on y gagne en rythme on le perd en atmosphère. L’apport de cet ordre des catacombes est minime, jamais le récit ne va développer de réelles intrigues politiques ce qui empêche d’accorder du crédit et de l’épaisseur narrative à cet ordre de fanatiques.
Le fantastique est quelque peu en retrait dans ce tome. L’univers Lovecraftien sert plus de toile de fond que de moteur à l’intrigue. Les horreurs surgies de l’esprit de Lovecraft n’ont qu’un rôle extrêmement secondaire. Les chapitres se déroulant dans l’Antiquité et incarnant deux autres personnages historiques majeurs, à savoir César et Vercingétorix, sont plaisants à suivre au début avant que l’on comprenne qu’il s’agit pour l’auteur de mettre à nouveau en scène un combat contre la divinité des profondeurs. Une confrontation intéressante mais qui a perdu la fraîcheur des débuts.
Un petit bémol également concernant la plume de l’auteur. Celle-ci est très riche et dense. L’auteur livre des éléments historiques, il dresse un portrait détaillé de la situation politique française et revient sur les dernières heures du règne de Napoléon, il effectue une biographie qui couvre plusieurs années de la vie de ce cher Lord Cochrane. Mais il nous donne aussi des détails techniques sur l’artillerie, la marine, la conquête de la Gaule par les Romains, et une étrange machine à vapeur qui servira vaillamment nos protagonistes. Tout ça fait que le récit souffre d’une certaine rigidité factuelle que la plume de l’auteur n’allège pas tend celui-ci tient à tout expliquer, tout détailler au risque de relâcher l’attention du lecteur. L’effort de produire le récit le plus complet possible que ce soit au niveau historique, technique ou des portraits de personnages est louables mais cela se fait au détriment de l’intrigue qui aurait pu être moins orientée action et offrir un peu plus d’effroi fantastique.
Avec ce second volume des aventures de Lord Cochrane l’auteur a pris le parti d’une aventure plus terre à terre en rappelant à notre bon souvenir l’esprit des récits d’aventures mâtiné d’une légère touche de fantastique. On y perd donc l’originalité du premier volume pour suivre un récit d’aventures mouvementées mais manquant d’originalité, qui vaut surtout pour la présence de son héros principal qui illumine chaque page où il est présent.
Éditeur : Pocket (10 février 2022) Langue : Français Poche : 600 pages ISBN-10 : 226632229X ISBN-13 : 978-2266322294
L’ambiance, l’atmosphère, c’est sûr ces concepts ambitieux mais hasardeux que certains auteurs décident de bâtir leurs œuvres. L’intrigue en elle-même passe au second plan au profit d’un aura mystérieux, promesse d’une évasion sur des terres inconnues. Encore faut-il que la promesse soit tenue.
L’intrigue prometteuse de 16 nous convie dans la ville d’Ilmarsh en Écosse et nous promet de révéler tous les sales petits secrets de la petite ville. Pourtant en refermant l’ouvrage je serais bien incapable de citer un habitant de la bourgade ou une spécificité de celle-ci. L’auteur échoue à créer une véritable atmosphère autour du décor de son intrigue. Cela manque de contexte, d’interactions quotidiennes, de vie en somme.
L’auteur a préféré se concentrer sur les portraits de ces deux enquêteurs, autant le personnage d’Alec s’en sort plutôt bien, malgré un côté passif et naïf assez irritant, autant celui de Cooper, la vétérinaire, est complètement raté. L’auteur a essayé de faire quelque chose avec elle, il souligne un trait de caractère assez original mais qui m’a complètement sortie de l’histoire. Je ne croyais plus en ce que je lisais. Difficile alors de développer de l’empathie pour ce duo qui gémit plus qu’il n’enquête.
Le gros point noir pour moi vient surtout de la narration. Trop occupé à répandre désespérément les brumes d’Ilmarsh l’auteur oublie de nous intéresser à son intrigue. Ainsi les développements de l’enquête nous sont-ils transmis de manière formelle, comme si l’on lisait un rapport dénué d’emphase mais aussi de toute tension, de tout suspens, alourdie par des flash-back inutiles et une stagnation du récit. La résolution se révèle décevante et retombe dans les travers des pires polars, à l’image d’une intrigue qui jamais ne décolle.
Un premier roman au résumé original qui se veut audacieux dans son traitement de l’intrigue et des personnages mais qui se révèle terne dans son atmosphère, inconsistant dans ses personnages et frustrant dans son intrigue. Dommage.
Résumé : Dans la campagne marécageuse et pittoresque d’Ilmarsh, les apparences sont malheureusement trompeuses… L’inspecteur Alec Nichols et la vétérinaire Cooper Allen vont le découvrir à leurs dépens. Leur quotidien paisible vole en éclats le jour où ils se rendent sur la scène d’un crime atroce et unique : face à eux, seize cadavres de chevaux. Impossible de cerner le profil de ce tueur si spécial, ses intentions, ou de déterminer qui sera sa prochaine cible. Les deux enquêteurs vont vite comprendre que le mal sommeille à Ilmarsh : mensonges, incendies, meurtres en série… personne ne sera épargné. Cette petite ville tranquille survivra-t-elle à la vérité ?
Éditeur Calmann-Lévy (2 mars 2022) Langue Français Broché 486 pages ISBN-10 2702167551 ISBN-13 978-2702167557
Pouvoir revenir en arrière, prendre un chemin différent de celui qui nous a menés à l’impasse, faire d’autres choix que ceux qui se sont révélés insatisfaisants, on en a tous rêvé. Récursion nous montre où tout cela pourrait nous mener.
Les lecteurs fatigués de voir toujours les mêmes thèmes revenir dans la fiction devraient tout de même se pencher sur ce thriller d’anticipation original, qui offre une belle morale en plus d’une intrigue haletante, pleine de rebondissements, qui rappelle par certains aspects, les meilleures œuvres de SF, telle minority report.
Car au-delà d’être un excellent thriller, l’ouvrage nous narre une romance touchante entre deux personnages meurtris. L’un, Barry, a le regard tourné vers son passé brisé tandis que l’autre, la scientifique Helena, peine à apercevoir un rayon de soleil dans son avenir alourdi par le spectre de la maladie. Le destin les réunira dans une bulle de passion qui durera ce qu’elle durera. Trop peu en regard de l’amour que se vouent ces deux êtres fracassés par la vie.
Bien sûr, l’auteur évoque la résilience, la nécessité de surmonter son deuil, notre impuissance devant la cruauté de la vie, il questionne également nos regrets et nos remords mais le récit est aussi une invitation à profiter de chaque moment bienheureux que nous offre la vie, à en tirer le maximum dans le court temps qui nous est imparti. À profiter de l’autre et de ce qu’il nous apporte avant qu’il ne s’évapore.
Car le temps file trop vite pour que l’on s’arrête sur ce que l’on a perdu et la chance d’être heureux, ne serait-ce que pour un moment, risque de nous filer entre les doigts sans même que l’on ne s’en rende compte. Parmi tous les messages délivrés par ce récit passionnant, c’est peut-être le plus important
Résumé : La réalité n’est qu’un souvenir. Barry Sutton, flic désabusé de la police new-yorkaise, enquête sur une vague de suicides engendrée par le Syndrome des Faux Souvenirs, une maladie neurologique inexpliquée dont les victimes se remémorent une vie qu’ils n’ont jamais vécue. Parallèlement, Helena Smith, une neurologue travaillant sur la mémoire, est recrutée par le richissime Marcus Slade pour développer un dispositif permettant d’enregistrer les souvenirs, officiellement pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Mais Slade comprend bientôt que cette invention peut faire bien plus que cela, et ses ambitions font peser sur la réalité elle-même un danger inouï.Seuls Helena et Barry, en joignant leurs forces, ont une chance de l’arrêter…
Éditeur J’AI LU (6 octobre 2021) Langue Français Broché 320 pages ISBN-10 2290233153 ISBN-13 978-2290233153
La princesse Peach débarque le 1er août prochain dans la gamme LEGO Super Mario avec sept nouveautés au programme : un nouveau pack de démarrage et six extensions, dont son château. Et un déguisement de chat.
Les sept nouvelles références LEGO Super Mario 2022 sont dès maintenant en ligne sur le Shop officiel LEGO :
a nouvelle venue Rosalie Chiang incarne la protagoniste Mei, accablée par une malédiction familiale qui la transforme en panda chaque fois qu’elle se sent en colère, contrariée, ou même simplement très, très excitée par son boys band préféré.
Le film, réalisé et coécrit par Domee Shi, lauréate d’un Oscar, est centré sur une jeune fille de 13 ans, Mei Lee, qui est déchirée entre la loyauté familiale, le chaos de la puberté et les difficultés de croissance du collège. En cours de route, elle se transforme régulièrement en panda géant rouge.
Alerte Rouge a t’il une scène post-générique sur Disney Plus ?
Le générique de Alerte Rouge défile sur l’air d’une des chansons de 4*Town, aidé par une animation plus spectaculaire qui consiste principalement à faire danser les personnages sur l’écran. Les spectateurs voudront peut-être rester jusqu’à la fin car Alerte Rouge comporte une scène post-générique. Elle est très brève et très mignonne, mais elle vaut la peine d’être regardée car elle donne un aperçu amusant d’un personnage qui n’a pas un rôle aussi important que d’autres.
Les spectateurs riront probablement de la scène post-générique de Alerte Rouge parce qu’elle est inattendue et qu’elle continue à développer la famille de Mei et la période à laquelle se déroule le film. La scène post-générique de Alerte Rouge n’établit pas de suite et n’apporte pas nécessairement d’éléments supplémentaires à l’intrigue principale du film, mais c’est un moment amusant qui fonctionne à plusieurs niveaux.
Les films Pixar ont tendance à avoir une scène post-générique qui est en accord avec le ton du film plutôt que d’être un teaser pour quelque chose d’autre à venir.
Adam Reed, un pilote qui voyage dans le temps, retourne accidentellement en 2022 et demande l’aide de son cadet pour sauver l’avenir. Afin de mener à bien la mission de sauver le monde, Adam fait également équipe avec son défunt père, Louis Reed.
Il y a tellement de scènes d’action et de moments drôles dans le film, mais rien n’est comparable à la fin époustouflante. Comme il s’agit d’un film sur le voyage dans le temps, vous devez faire preuve de logique pour bien comprendre ce qui se passe. Mais si vous êtes un amateur de science-fiction, vous aimez les films qui vous font réfléchir.
Adam à Travers le Temps vous restera dans la tête et vous fera réfléchir longtemps après la fin du film. C’est un bon film familial que vous vous surprendrez peut-être à regarder une deuxième fois. Alors voici l’explication de la fin de Adam à Travers le Temps sur Netflix !
Explication de la fin de Adam à Travers le Temps
Dans Adam à Travers le Temps, le concept de temps fixe désigne le seul endroit dans le temps où un individu appartient à un niveau quantique lorsqu’il ne voyage pas dans le temps et ne converse pas avec son moi plus jeune. Étant donné qu’en 2022, un an et demi s’est écoulé depuis le décès de Louis, nous pouvons présumer sans risque qu’il est mort à un moment donné en 2021.
Sorian a voyagé jusqu’en novembre 2018 et a parlé à son moi plus jeune juste au moment où l’accélérateur de particules de Louis ou le Projet Adam a été mis en ligne. L’ancienne Sorian a donné à la version plus jeune d’elle-même des informations clés sur la façon de procéder pour que le projet se déroule plus facilement.
Louis est d’abord réticent à l’idée d’aider ses fils, non pas parce que le seul moyen de sauver l’avenir est de détruire l’œuvre de sa vie, mais en raison des conséquences de cet acte. A la fin de Adam à Travers le Temps, l’accélérateur commence à se désagréger. Lorsque l’Ancien Sorien tente de tirer sur la famille Reed, la balle se retourne en l’air et touche la Jeune Sorienne, la tuant et effaçant l’Ancien Sorien.
Les balles perforantes contiennent apparemment des aimants à l’intérieur, qui sont entraînés par l’accélérateur de particules. Les fils de Louis essaient de lui raconter ce qui lui est arrivé. Mais même lorsqu’il s’agit de son propre destin, Louis est un idéaliste acharné. Il refuse d’écouter. Dans une scène poignante, ils jouent tous les trois à se rattraper jusqu’à ce que les Adams retournent à leur époque.
Dans la nouvelle période fixée, Adam est toujours à l’université ce qui implique que sa bourse ne lui a pas été retirée. Laura et lui se rencontrent dans des circonstances presque similaires à celles de la première fois, la jeune fille se retrouvant une fois de plus dans la mauvaise classe.
Ils se rendent vite compte qu’ils se connaissent d’une certaine façon. Adam se porte volontaire pour lui montrer le chemin de la classe, comme il l’a fait auparavant. L’avenir semble prometteur pour ces deux individus.
Jusqu’au 24 mars 2022, les deux polybags 30385 Super Mushroom Surprise et 30389 Fuzzy & Mushroom sont offerts dès 60€ d’achat dans la gamme LEGO Super Mario. L’offre est bien sûr cumulable avec celle qui permet actuellement d’obtenir le joli set LEGO 40530 Jane Goodall Tribute offert jusqu’au 18 mars dès 120€ d’achat sans restriction de gamme.
Et en LEGO Store, vous pouvez même obtenir une pièce Collector Mario en venant avec votre figurine Super Mario Luigi (là aussi, l’offre n’est valable que jusqu’au 13 mars).
Raf et Julie, un couple au bord de la rupture, se retrouvent dans un service d’Urgences proche de l’asphyxie le soir d’une manifestation parisienne des Gilets Jaunes.
Chronique : Le film éminemment politique qui évoque les préoccupations actuelles des Français est une véritable réussite. Le courage d’aborder des sujets pas toujours consensuels, le choix de l’humour pour couvrir d’un voile pudique les dysfonctionnements de notre service de santé publique ou la gestion des forces de l’ordre constituent un défi relevé avec beaucoup d’élégance et de brio par une Catherine Corsini au meilleur de sa forme. Les histoires croisées du couple Raf-Julie (Valeria Bruni-Tedeschi et Marina Foïs) et de Yann (Pio Marmaï) apparaissent criantes de naturel par la grâce d’une direction d’acteurs très précise, semble-t-il, et d’un montage nerveux qui garde le fil chronologique du scénario. On ne s’ennuie pas une minute à ce film qui restera emblématique de cette période « gilets jaunes » et sera indispensable dans quelques années pour comprendre cette explosion de colère qui a marqué notre pays en 2019-20.
Ce film est virtuose dans le jeu, dans la mise en scène, le film regorge de morceaux de bravoure et il est traversé par une énergie de dingue! Les Urgences comme un Rond-point où les patients patientent, s’écharpent, se jaugent, se jugent et se préjugent, et finissent par dialoguer et s’entraider dans l’adversité. Au milieu de soignants débordés mais terriblement vaillants et dévoués.
Lorsqu’on parle sérieusement de sujets graves tels que la déliquescence de l’hôpital public, la fracture sociale et les violences policières, il n’est pas interdit d’alléger le propos en accompagnant ces propos de belles tranches d’un comique parfaitement assumé. C’est le choix qu’a fait Catherine Corsini dans « La fracture » et cela lui a peut-être couté la Palme d’or qu’elle méritait largement.
Dans un futur proche, la France est devenue pionnière en matière de nouvelles technologies. Chaque individu porte un implant pour se connecter à Internet. Toutes les données personnelles sont conservées dans une Crypte et consultables seulement par la justice et la police, dans le but d’éradiquer toute criminalité. Ce système semble bien fonctionner, mais en pleine campagne présidentielle, Paris connaît une vague d’attentats très meurtriers. D’où vient la faille ? L’inspectrice Anastasia Ovard va mener l’enquête !
Chronique : La SF, l’anticipation sont souvent, pour les auteurs, un moyen de dénoncer certaines dérives de notre société et de mettre en garde leurs lecteurs face à ces phénomènes. Erreur système ne faillit pas à la règle en situant son intrigue dans une contexte pas si éloigné de notre quotidien, mais ultra-connecté et..sécurisé, et dans lequel la majorité des citoyens porte un implant assurant, justement, cette connexion.
Et ce sont les manipulations, les abus rendus possibles par cette véritable toile reliant les acteurs interconnectés de ce modèle sociétal qu’imagine Valérie Mangin à travers l’enquête d’Anastasia Ovard, puis à travers l’histoire de cette policière. Pour étayer son propos, la scénariste fait appel à des événements qui ne peuvent que nous rappeler une actualité récente ou présente. Une série d’attentats commis à Paris, et dont les auteurs sont tous passés par…Bruxelles, une campagne électorale et des anti-implants au moins aussi remontés que certains…anti-vaccins.
Erreur système débute comme un polar dynamique et on suit volontiers Anastasia dans cette aventure, avant d’en découvrir progressivement les méandres et les réels enjeux. Ces découvertes, que l’on effectue en même temps que l’inspectrice, se révèlent aussi surprenantes que glaçantes, tout en renvoyant le lecteur, de manière interpellante, à son présent. Difficile d’en dire plus sans spoiler cette Erreur système remarquablement construite.
Jenolab, dont c’est le premier album, transcrit avec talent cet univers et les sensations qu’il génère. Le dessinateur ne s’attaque pas à un sujet facile, et, de plus, celui-ci se développe sur près d’une centaine de pages. Certaines de ses planches sont foisonnantes, d’autres illustrent au contraire le côté froid et impersonnel d’un système reposant sur les données renfermées dans la Crypte.
Éditeur : CASTERMAN; Illustrated édition (2 mars 2022)