Mayday De Jonathan Goldstein (XII), John Francis Daley | Par Jonathan Goldstein (XII), John Francis Daley Avec Ryan Reynolds, Kenneth Branagh, Maria Bakalova

La mission de reconnaissance du lieutenant Troy Brennan au-dessus du territoire soviétique tourne mal, l’obligeant à atterrir en catastrophe et à survivre dans la nature russe tout en évitant d’être capturé ou secouru.

Mayday détourne les codes du film d’espionnage et de survie pour construire une aventure où le danger côtoie constamment l’absurde. Jonathan Goldstein et John Francis Daley misent sur un terrain qu’ils connaissent bien : des personnages dépassés par une situation qui devient progressivement incontrôlable, avec un mélange assumé d’action, de comédie et de spectaculaire.

Le lieutenant Troy Brennan effectue une mission de reconnaissance au-dessus du territoire soviétique lorsque tout bascule. Contraint d’atterrir en catastrophe, il se retrouve isolé au cœur de la nature russe. Commence alors une survie dans un environnement hostile où chaque rencontre peut représenter une menace. Plus singulier encore, Brennan doit éviter aussi bien d’être capturé que d’être secouru, donnant au récit une mécanique volontairement paradoxale.

Le scénario de Goldstein et Daley exploite efficacement cette situation. Mayday possède les apparences du traditionnel récit d’un homme derrière les lignes ennemies, mais refuse de se prendre complètement au sérieux. La tension existe, tout comme la menace soviétique et les difficultés de survie, mais le film introduit régulièrement un décalage qui empêche l’aventure de devenir un thriller militaire conventionnel.

Ryan Reynolds évolue naturellement dans ce registre. Son sens du rythme et son ironie fonctionnent particulièrement bien lorsqu’ils sont confrontés à la solitude et à une situation où l’assurance de Brennan ne suffit plus. L’acteur retrouve certes certains mécanismes familiers de son jeu, mais le contexte militaire et l’isolement de son personnage permettent d’en renouveler suffisamment la formule.

Kenneth Branagh apporte une présence plus imposante et théâtrale, idéale pour contrebalancer l’énergie de Reynolds. Maria Bakalova complète efficacement ce trio et s’intègre particulièrement bien à cette tonalité qui navigue entre premier et second degré.

La réussite du film tient également à son environnement. Les grandes étendues naturelles ne constituent pas seulement un décor spectaculaire : elles renforcent l’isolement du personnage principal. Après la dimension mécanique et brutale de l’atterrissage forcé, le récit peut ainsi changer d’échelle et confronter Brennan à un territoire immense dont il ne maîtrise ni les règles ni les dangers.

Goldstein et Daley privilégient néanmoins le divertissement à la vraisemblance. Certaines péripéties reposent sur des coïncidences ou des situations difficilement crédibles, tandis que le mélange des genres produit quelques ruptures de ton. Le film fonctionne donc davantage lorsqu’il assume pleinement son statut d’aventure décomplexée que lorsqu’il cherche à installer une véritable gravité.

Cette légèreté constitue à la fois sa limite et son principal charme. Derrière son contexte géopolitique et son dispositif de survie, Mayday n’ambitionne pas de devenir une grande réflexion sur la guerre froide. Il utilise plutôt cet imaginaire comme un formidable terrain de jeu cinématographique.

Énergique, drôle et généreux en péripéties, Mayday réussit son mélange entre espionnage, survie et comédie d’action. Jonathan Goldstein et John Francis Daley ne révolutionnent aucun de ces genres, mais savent les combiner pour proposer un divertissement efficace porté par un Ryan Reynolds parfaitement à son aise. Quelques facilités et un humour parfois trop présent limitent l’impact de l’aventure, sans véritablement gâcher le plaisir.

Hysteria de Elizabeth Holleville

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Secret de famille : une enquête aux racines du mal

Elizabeth Holleville plonge dans l’horreur familiale et psychologique à travers Garance, trentenaire et réalisatrice de films d’épouvante qui, après une rupture douloureuse, quitte Paris pour trouver refuge dans le vieux manoir de ses grands-parents. Elle ne les a pas revus depuis son enfance et pense probablement y trouver un endroit où se reconstruire. Elle va surtout réveiller un passé qui aurait peut-être dû rester enfoui.

Dès son arrivée, le manoir impose une atmosphère pesante. Les objets semblent figés dans le temps, les souvenirs reviennent par fragments et certains rituels familiaux prennent progressivement une dimension inquiétante. Garance retrouve un univers marqué par un héritage maternel étouffant, où les traditions semblent avoir davantage de poids que les désirs individuels.

Puis la frontière entre réalité et cauchemar commence à se brouiller. Rêves inquiétants, rites étrangement familiers et présence diffuse du surnaturel donnent le sentiment que quelque chose attend Garance depuis longtemps. Derrière les habitudes transmises de génération en génération pourrait se cacher une réalité beaucoup plus ancienne et terrifiante.

Elizabeth Holleville ne se contente pourtant pas de construire une histoire de maison hantée ou de malédiction familiale. L’horreur devient le moyen d’explorer l’emprise exercée par la famille sur le corps et les choix des femmes. Garance se retrouve confrontée aux attentes héritées des générations précédentes et à cette idée persistante selon laquelle une femme devrait nécessairement suivre un chemin déjà tracé pour elle.

La question de la maternité occupe ainsi une place importante. L’album interroge la manière dont la société considère encore celles qui choisissent de ne pas avoir d’enfant et la pression, parfois intime et familiale, qui accompagne cette décision. Le fantastique donne une forme concrète à cette contrainte : l’héritage devient presque une force physique dont il faut parvenir à se libérer.

Cette dimension féministe s’intègre naturellement au récit horrifique. Le véritable monstre n’est peut-être pas uniquement celui qui se cache dans l’ombre, mais aussi ce qui se transmet lorsqu’une famille refuse de laisser ses membres choisir librement leur existence.

Visuellement, Elizabeth Holleville puise dans l’imaginaire du cinéma d’horreur des années 1970. Le manoir, les silences, les corps et les visions participent à une atmosphère oppressante où l’on sent constamment que quelque chose peut surgir. Le dessin accompagne parfaitement cette montée progressive de l’angoisse sans avoir besoin de multiplier artificiellement les effets.

Garance est d’autant plus intéressante qu’elle connaît elle-même les codes de l’épouvante par son métier de réalisatrice. Pourtant, lorsqu’elle se retrouve plongée dans sa propre histoire familiale, cette connaissance ne suffit plus. Ce qui pourrait sembler familier dans un film devient autrement plus inquiétant lorsqu’il touche à sa propre identité.

Hysteria fonctionne ainsi autant comme un récit d’horreur que comme une histoire d’émancipation. Derrière les secrets, les rituels et la menace surnaturelle se joue une lutte beaucoup plus intime : celle d’une femme qui cherche à déterminer ce qui lui appartient réellement dans tout ce que sa famille lui a transmis.

Elizabeth Holleville signe un album sombre et oppressant qui utilise intelligemment les codes du fantastique pour parler de transmission, de maternité, d’aliénation et de liberté. Une plongée inquiétante dans les secrets d’une famille où l’héritage peut devenir une prison et où se libérer du passé signifie parfois affronter les monstres qu’il a engendrés.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD Date de publication ‏ : ‎ 26 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2344056173 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344056172

Mathémagica de Tristan Pichard (Auteur), Wouzit (Illustrations)

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Libre adaptation du best-seller de David Bessis, Mathématica, MathémaGica raconte comment les maths, loin d’être une discipline élitiste, sont à la porté de tous et de toutes.

Tristan Pichard et Wouzit réussissent un pari qui semblait presque impossible : parler de mathématiques aux enfants sans transformer la lecture en cours supplémentaire. Librement adaptée de l’ouvrage de David Bessis, cette BD s’attaque avec humour aux nombreuses idées reçues qui entourent une matière encore trop souvent considérée comme difficile ou réservée à quelques esprits particulièrement doués.

Lilian et sa meilleure amie Abscisse découvrent un territoire où les mathématiques deviennent une véritable aventure. Une grande partie de l’histoire se déroule dans l’étrange maison de Loga et Néperien Ixigrec, les parents d’Abscisse. Ces derniers sont des « mathémaGiciens » capables d’utiliser leurs connaissances pour accomplir des choses extraordinaires. Une magie qui possède cependant une particularité essentielle : avec de la curiosité, de l’imagination et de l’entraînement, tout le monde peut apprendre à la maîtriser.

C’est précisément le message le plus intéressant de l’album. Les mathématiques ne sont plus présentées comme une accumulation de formules à mémoriser, mais comme une pratique que l’on peut développer. Se tromper, chercher, recommencer et expérimenter font partie de l’apprentissage.

Le récit insiste également sur une idée essentielle : être bon en maths n’est pas un don réservé à quelques privilégiés. Comme dans un sport, on progresse en pratiquant. La curiosité et l’imagination deviennent alors aussi importantes que la logique.

La fiction permet d’aborder ces notions sans lourdeur. Le vocabulaire mathématique, parfois intimidant, devient matière à jouer, tandis que les aventures de Lilian et Abscisse donnent une dimension concrète à des concepts qui pourraient sembler abstraits. L’humour contribue beaucoup à cette réussite et évite au projet de tomber dans la démonstration pédagogique.

Les illustrations de Wouzit, expressives et pleines d’énergie, participent pleinement à cette volonté de rendre les mathématiques vivantes. Les concepts deviennent des situations, des images et presque des pouvoirs que les personnages peuvent manipuler.

En 112 pages, l’album rappelle ainsi que les maths servent à comprendre le monde, qu’il est possible d’y prendre du plaisir et surtout que chacun peut progresser. Un message particulièrement précieux pour les enfants de 8 à 12 ans qui commencent parfois très tôt à se persuader qu’ils sont « nuls en maths ».

Une BD drôle, inventive et intelligemment pédagogique, qui remplace la peur des mathématiques par l’envie d’essayer. Tristan Pichard et Wouzit montrent surtout qu’avant d’être une affaire de bonnes réponses, les maths sont une formidable invitation à chercher, imaginer et comprendre.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNSS8Y8 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 4 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 112 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522365

Cizo T07: La ligue des champions de Aré

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Découvrez l’incroyable destin de Zandro Cizo, chat tigré de 17 ans promis à un avenir hors norme. Longtemps jugé trop frêle pour rivaliser au plus haut niveau, il devient pourtant l’un des derniers espoirs d’une Europe en perte de vitesse sur la scène footballistique. Sa trajectoire bascule grâce à Mattéo Di Magio, ancien champion bien décidé à ramener son continent au sommet.

Aré poursuit l’incroyable parcours de Zandro Cizo, jeune chat tigré de 17 ans que beaucoup jugeaient trop frêle pour espérer s’imposer au plus haut niveau. Pourtant, à force de travail et de détermination, le voilà désormais confronté à l’une des compétitions les plus prestigieuses du football européen : la Ligue des champions.

Dans ce septième tome, les choses sérieuses commencent véritablement. Les matchs s’enchaînent, la pression augmente et chaque rencontre peut modifier le destin d’une équipe comme celui d’un joueur. Zandro doit prouver qu’il possède sa place parmi les meilleurs, alors que les attentes deviennent de plus en plus importantes.

À ses côtés, Mattéo Di Magio, ancien champion déterminé à replacer l’Europe au sommet, continue de jouer un rôle essentiel. Mais le terrain n’est qu’une partie de l’histoire. Aré s’intéresse aussi à tout ce qui accompagne une carrière professionnelle : la concurrence, les doutes, les décisions parfois difficiles et cette obligation permanente de confirmer son talent.

C’est justement ce regard porté sur l’envers du décor du football de haut niveau qui donne de la profondeur à la série. Derrière les exploits et l’excitation des grandes rencontres se trouvent des adolescents et de jeunes adultes soumis à une pression considérable. Le talent ne suffit pas : il faut apprendre à gérer les échecs, les attentes et les choix qui peuvent déterminer toute une carrière.

La Ligue des champions offre naturellement un cadre idéal pour faire monter la tension. Chaque match devient une étape supplémentaire dans la construction de Zandro, avec cette incertitude propre au football où une action peut suffire à faire basculer une rencontre.

Aré conserve également ce qui fait l’identité de la série : un véritable amour du football, de son histoire et de ses grandes figures, tout en portant un regard actuel sur son évolution. Les amateurs reconnaîtront de nombreuses références, tandis que les lecteurs moins familiers avec ce sport peuvent parfaitement se laisser entraîner par l’aventure et les personnages.

Le dessin dynamique restitue efficacement l’intensité des matchs, les accélérations et les duels, mais sait également ralentir lorsque l’histoire s’intéresse aux émotions et aux interrogations des joueurs. Cette alternance permet de ne jamais réduire l’album à une simple succession de rencontres.

Ce septième tome marque ainsi une nouvelle étape importante dans le parcours de Zandro. Le jeune joueur qui devait constamment prouver qu’il était capable de rivaliser avec les autres se rapproche de son rêve, mais découvre également que plus on approche du sommet, plus la pression devient forte.

Une BD sportive énergique et sincère qui mêle spectacle, passion et réalité du football professionnel. La Ligue des champions donne un nouvel élan à la série et rappelle que derrière chaque grand joueur se cachent du travail, des sacrifices, des doutes et une formidable envie de ne jamais renoncer.

Éditeur ‏ : ‎ Kennes les 3 As Date de publication ‏ : ‎ 2 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2931300845 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2931300848

Les plieurs de temps – Charly pour toujours de Manon Fargetton

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Grâce à l’horloge magique de son ami Robin, Charly peut arrêter le temps. Mais quand il est enlevé, son pouvoir se dérègle. Tandis que Camille et Anthony, les autres Plieurs de temps, se lancent sur sa piste, Charly s’efforce de maîtriser son nouveau pouvoir dans l’espoir de s’échapper.

Manon Fargetton retrouve l’univers des Plieurs de temps avec une aventure où le pouvoir de manipuler les secondes devient plus imprévisible et dangereux que jamais. Charly possède l’horloge magique de son ami Robin, un objet extraordinaire qui lui permet d’arrêter le temps. Un pouvoir dont beaucoup rêveraient, jusqu’au jour où tout échappe à son contrôle.

Lorsque Charly est enlevé, son don commence en effet à se dérégler. Prisonnier et confronté à une situation qu’il ne maîtrise plus, il doit comprendre ce qui lui arrive et apprendre à utiliser autrement ses capacités s’il veut espérer s’échapper.

Pendant ce temps, Camille et Anthony, les autres Plieurs de temps, se lancent à sa recherche. Le récit joue ainsi sur deux fronts : Charly tente de survivre et de reprendre le contrôle de son pouvoir tandis que ses amis cherchent à retrouver sa trace. Cette construction apporte du rythme et entretient efficacement le suspense.

L’idée de départ reste particulièrement séduisante pour un roman jeunesse. Pouvoir arrêter le temps représente un fantasme universel, mais Manon Fargetton s’intéresse surtout aux conséquences d’un tel pouvoir. Lorsque celui-ci devient instable, ce qui ressemblait à un formidable avantage peut rapidement se transformer en menace.

Maîtriser le temps signifie aussi apprendre à maîtriser ses peurs et ses décisions. L’enlèvement oblige ainsi Charly à gagner en autonomie. Privé de ses repères, il ne peut plus simplement compter sur les autres et doit trouver en lui les ressources nécessaires pour agir.

L’amitié reste parallèlement essentielle. Camille et Anthony refusent d’abandonner leur camarade et leur recherche rappelle que les pouvoirs extraordinaires ne sont pas ce qui unit réellement les Plieurs de temps. Leur véritable force vient de leur solidarité et de la confiance qu’ils ont construite ensemble.

Manon Fargetton associe ainsi avec efficacité fantastique, aventure et suspense, tout en conservant des préoccupations très proches de ses jeunes personnages : la peur de perdre quelqu’un, le besoin de trouver sa place, la confiance en soi et l’importance des amis.

Le dérèglement du pouvoir de Charly permet également de renouveler intelligemment le principe de la série. Les règles que l’on pensait connaître deviennent incertaines et ouvrent de nouvelles possibilités, mais aussi de nouveaux dangers. Le lecteur partage alors les interrogations du héros et découvre en même temps que lui jusqu’où son étrange capacité peut désormais le conduire.

Le roman conserve un rythme accessible et entraînant, avec suffisamment de mystère pour donner envie de poursuivre la lecture. Derrière le plaisir de jouer avec le temps se dessine surtout une aventure sur le passage à l’action et la nécessité de grandir lorsque les événements ne peuvent plus simplement être mis sur pause.

Une aventure fantastique rythmée et pleine de suspense, qui utilise intelligemment le pouvoir d’arrêter le temps pour parler d’amitié, de courage et de confiance en soi. Charly doit désormais comprendre que certains obstacles ne peuvent être évités : il faut apprendre à les affronter

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 16 mai 2018 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700259130 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700259131

Lady Liberty, Complot contre la statue de la Liberté de Sabine Stamm (Auteur), Sophie Leullier (Illustrations)

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1883. Charles, 14 ans, travaille sur le chantier de la statue de la Liberté, à Paris. Un soir, il observe un curieux manège autour de la statue et découvre un message caché dans les entrailles de la Dame de cuivre.

Sabine Stamm entraîne les jeunes lecteurs dans le Paris de 1883, au moment où se construit l’un des monuments les plus célèbres au monde : la statue de la Liberté. En mêlant aventure, enquête et réalité historique, elle transforme les coulisses de ce chantier exceptionnel en terrain de jeu idéal pour un roman plein de mystères.

Charles, 14 ans, travaille sur la construction de la gigantesque Dame de cuivre destinée à rejoindre les États-Unis. Un soir, il remarque un comportement étrange autour de la statue et découvre un message dissimulé dans ses entrailles. Quelqu’un semble déterminé à ralentir les travaux, voire à empêcher leur achèvement. L’adolescent se retrouve rapidement au cœur d’une affaire qui le dépasse lorsque le carnet de Bartholdi disparaît et que les soupçons se portent sur lui.

Pour prouver son innocence, Charles peut compter sur deux alliées : Claudie, une jeune voleuse des rues, et Valentine, la fille de Gustave Eiffel. Ce trio aux personnalités et aux origines très différentes apporte beaucoup de dynamisme à l’aventure. Chacun possède ses qualités et doit apprendre à faire confiance aux autres pour comprendre ce qui se trame autour du chantier.

Sabine Stamm construit efficacement son intrigue autour d’un épisode historique particulièrement fascinant. Avant de dominer l’entrée du port de New York, la statue imaginée par Auguste Bartholdi a en effet été assemblée en France. Le roman permet ainsi aux jeunes lecteurs de découvrir autrement la naissance de ce monument, en pénétrant symboliquement dans ses entrailles et dans les ateliers de ceux qui participent à sa réalisation.

L’autrice réussit surtout à faire passer l’Histoire par l’aventure. Les informations sur la construction et les grandes figures associées au projet s’intègrent au récit sans donner l’impression de lire une leçon. Le chantier devient un lieu vivant, rempli d’ouvriers, de secrets et de dangers.

Le complot apporte quant à lui le suspense nécessaire pour maintenir l’attention. Entre le message mystérieux, le carnet disparu et les tentatives de sabotage, Charles doit comprendre rapidement à qui il peut faire confiance. L’accusation de vol ajoute un enjeu personnel à son enquête : il ne s’agit plus seulement de sauver la statue, mais également de défendre son honneur.

Les illustrations de Sophie Leullier accompagnent agréablement cette plongée dans le XIXe siècle et contribuent à rendre l’univers historique accessible aux plus jeunes. Elles renforcent l’atmosphère d’un Paris en pleine transformation et donnent encore davantage de vie à cette aventure.

Au-delà du mystère, le roman parle aussi de courage, d’amitié et de solidarité. Charles, Claudie et Valentine viennent de milieux différents, mais leurs différences deviennent précisément une force lorsqu’ils doivent unir leurs compétences.

Le résultat est un roman historique jeunesse rythmé, qui sait éveiller la curiosité sans sacrifier le plaisir de l’enquête. La statue de la Liberté cesse momentanément d’être un monument familier pour redevenir ce qu’elle était en 1883 : un projet immense, audacieux et encore fragile.

Une aventure historique pleine de mystères qui mêle habilement faits réels et fiction, tout en donnant envie aux jeunes lecteurs d’en apprendre davantage sur les étonnantes origines françaises de la statue de la Liberté.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 12 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700285662 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700285666

Vie de Marin, Vie de chien ? de Roberto Garçon

Réalisé et produit par Roberto Garçon, 27 ans, Vie de Marin, Vie de chien ? est une nouvelle immersion, après celle chez les bergers nomades de Mongolie, sur un bateau de pêcheurs vendéens. 

Vie de Marin, Vie de chien ? embarque le spectateur loin de l’image romanesque du marin et des représentations parfois folkloriques du métier de pêcheur. Durant 52 minutes, Roberto Garçon partage le quotidien d’un équipage vendéen et retrouve ce qui constitue déjà la singularité de son travail : s’immerger suffisamment longtemps dans une communauté pour laisser ceux qu’il rencontre devenir les véritables personnages du récit.

Après avoir notamment partagé le quotidien de bergers nomades en Mongolie, le journaliste-réalisateur change radicalement de décor. Cette fois, pas d’immensité terrestre : un bateau de pêche, un équipage, la mer et un espace dont il est impossible de s’échapper avant le retour au port.

L’expérience commence presque comme une aventure. Elle se charge rapidement d’une réalité beaucoup moins séduisante. Fatigue, manque de sommeil, conditions météorologiques, gestes répétés, promiscuité et travail physique imposent leur rythme. Roberto Garçon ne cherche pas à transformer cette difficulté en performance personnelle. Son inconfort sert plutôt de porte d’entrée vers une question beaucoup plus intéressante : comment ces hommes supportent-ils quotidiennement ce que lui-même peine déjà à encaisser durant quelques jours ?

C’est précisément dans son rapport aux personnes filmées que le documentaire trouve sa principale qualité. Roberto Garçon apparaît lorsque sa présence possède un intérêt narratif, mais sait également disparaître. Il ne cherche ni à devenir le héros de l’expérience ni à adopter artificiellement une position d’observateur totalement invisible. Cette place intermédiaire lui permet d’assumer sa subjectivité tout en laissant suffisamment d’espace aux marins.

Le franc-parler revendiqué par le réalisateur participe également à l’identité du film. Vie de Marin, Vie de chien ? ne cherche pas à fabriquer une vision idéalisée de la pêche. L’expérience peut être fascinante sans être agréable, spectaculaire sans être enviable. Le documentaire assume ces contradictions et gagne en sincérité lorsqu’il confronte les attentes du réalisateur à ce qu’il découvre réellement une fois embarqué.

La caméra s’intéresse naturellement au travail, mais aussi à tout ce qui existe autour : l’attente, les conversations, les habitudes et cette proximité forcée entre des hommes qui doivent vivre et travailler ensemble dans quelques mètres carrés. Le bateau devient progressivement un petit monde autonome, régi par ses propres règles et son propre rapport au temps.

Le format de 52 minutes convient particulièrement bien à cette approche. Suffisamment long pour dépasser la simple découverte d’un métier, il reste assez resserré pour conserver le sentiment d’immersion. La mer fournit évidemment des images fortes, mais le documentaire ne se contente pas de leur potentiel spectaculaire. Ce sont les visages, les gestes et la fatigue qui finissent par raconter le plus justement cette existence.

Une question traverse finalement l’ensemble : pourquoi continuer à exercer un métier aussi exigeant ? Le documentaire évite heureusement d’imposer une réponse unique. Derrière la pénibilité apparaissent aussi l’attachement à la mer, la solidarité de l’équipage, le savoir-faire et une manière de vivre difficilement compréhensible depuis la terre ferme.

Accessible, sincère et profondément humain, Vie de Marin, Vie de chien ? dépasse la simple immersion dans le quotidien de pêcheurs vendéens. Roberto Garçon trouve la bonne distance entre expérience personnelle et observation documentaire, sans héroïser son propre voyage ni idéaliser ceux qu’il filme. Un regard direct sur un métier éprouvant et sur les hommes qui ont choisi d’en faire leur vie.

Palestine 36 De Annemarie Jacir | Par Annemarie Jacir Avec Hiam Abbass, Kamel El Basha, Jalal Altawil

Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.

Palestine 36 revient sur un moment déterminant de l’histoire palestinienne : la grande révolte arabe de 1936-1939, déclenchée alors que la Palestine se trouve sous mandat britannique. Annemarie Jacir choisit d’aborder cette période non comme une simple reconstitution historique, mais à hauteur d’hommes et de femmes confrontés aux bouleversements politiques, sociaux et humains d’un territoire dont l’avenir est en train de se décider.

En 1936, la contestation contre l’administration britannique et les transformations qui traversent la Palestine prend une ampleur nouvelle. Les revendications d’indépendance se renforcent et la résistance s’organise. Dans ce contexte de tensions grandissantes, le film suit plusieurs trajectoires individuelles prises dans un mouvement historique qui les dépasse.

L’écriture d’Annemarie Jacir trouve précisément sa force dans cette articulation entre destin collectif et expériences personnelles. Plutôt que de transformer ses personnages en simples représentants d’un événement historique, la réalisatrice s’intéresse à leurs choix, leurs hésitations, leurs liens familiaux et aux conséquences très concrètes de l’engagement politique sur leur quotidien.

Cette approche permet à Palestine 36 d’éviter la froideur de la reconstitution académique. La grande Histoire demeure constamment présente, mais elle se manifeste dans les villages, les maisons, les conversations et les déplacements. Le film rappelle ainsi qu’une révolte ne se résume jamais à ses dirigeants ou à ses affrontements : elle bouleverse également ceux qui tentent simplement de continuer à travailler, aimer et protéger leur famille.

Hiam Abbass apporte au récit une présence remarquable. Son jeu, d’une grande économie, inscrit immédiatement son personnage dans cette mémoire collective que le film cherche à préserver. Kamel El Basha possède une intensité tout aussi importante, tandis que Jalal Altawil contribue à cette dimension chorale où plusieurs générations et sensibilités se confrontent.

La mise en scène privilégie les paysages et les espaces collectifs sans sacrifier l’intimité des personnages. Annemarie Jacir accorde une importance particulière aux lieux, à la terre et à la manière dont les individus y sont enracinés. Cette dimension géographique devient naturellement politique : lorsqu’un territoire est au cœur d’un conflit, habiter quelque part constitue déjà une question d’appartenance.

La réalisatrice prend également le temps d’exposer la complexité de la période. Le mandat britannique, les aspirations nationales palestiniennes et les différentes stratégies de résistance constituent l’arrière-plan d’un récit qui demande une certaine attention. Cette densité historique pourra parfois donner au film une dimension didactique, mais elle permet surtout de restituer une période rarement représentée au cinéma avec une telle ampleur.

Le regard porté sur 1936 résonne inévitablement avec l’histoire qui suivra. Le film n’a cependant pas besoin de constamment souligner ces correspondances : la connaissance du devenir de la région donne naturellement aux événements une dimension tragique supplémentaire.

Ambitieux, ample et profondément ancré dans la mémoire palestinienne, Palestine 36 réussit à conjuguer fresque historique et destins individuels. Annemarie Jacir restitue un épisode essentiel et encore trop peu connu de l’histoire du territoire sans perdre de vue ceux qui l’ont vécu. Porté notamment par la présence remarquable de Hiam Abbass, un film historique dense et nécessaire, qui fait de la mémoire l’un de ses principaux enjeux.

Le Cri des gardes De Claire Denis | Par Claire Denis, Suzanne Lindon Avec Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier…

Le Cri des gardes retrouve un territoire essentiel du cinéma de Claire Denis : celui des rapports de domination, des héritages coloniaux et de la violence qui circule entre les corps avant même d’éclater. Sur un chantier d’Afrique de l’Ouest, la cinéaste installe quelques personnages derrière des grilles et transforme progressivement cet espace en huis clos politique et moral.

Horn dirige un vaste chantier de travaux publics. Il partage une habitation provisoire avec Cal, jeune ingénieur, dans une enceinte réservée aux Blancs et protégée par une double grille. L’arrivée d’Europe de Leone, future épouse de Horn, devrait constituer l’événement de la soirée. Mais un homme surgit derrière les barrières. Il s’appelle Alboury et formule une demande aussi simple qu’inflexible : récupérer le corps de son frère, mort sur le chantier. Il ne partira pas sans lui.

À partir de cette confrontation, Claire Denis et Suzanne Lindon construisent un récit fondé moins sur l’action que sur l’attente. Un homme demande un corps ; ceux qui détiennent le pouvoir doivent décider s’ils acceptent de le lui rendre. Derrière cette situation apparemment élémentaire apparaît progressivement tout un système de rapports économiques, sociaux et raciaux.

Les grilles deviennent naturellement le symbole central du film. Elles prétendent protéger ceux qui vivent à l’intérieur mais matérialisent surtout la séparation entre deux mondes qui occupent pourtant le même territoire. Claire Denis exploite cette frontière physique avec une remarquable précision : celui que les personnages considèrent comme un intrus est aussi celui qui vient leur rappeler une réalité qu’ils préféreraient maintenir à l’extérieur.

Isaach de Bankolé impose une présence remarquable. Son personnage n’a pas besoin d’élever constamment la voix pour devenir le centre de gravité du récit. Son attente, son obstination et son refus de disparaître produisent une tension beaucoup plus forte que n’importe quelle démonstration de violence.

Matt Dillon incarne efficacement une autorité dont l’assurance se fissure à mesure que la nuit avance. Face à lui, Mia McKenna-Bruce apporte le regard d’une nouvelle arrivante qui découvre progressivement les règles implicites du lieu et la violence sur laquelle repose son apparente tranquillité.

La mise en scène refuse toute surenchère. La nuit, les bruits du chantier, les éclairages artificiels et les barrières métalliques suffisent à construire une atmosphère de menace permanente. L’espace paraît vaste, mais les personnages semblent paradoxalement enfermés. Claire Denis filme les distances entre les individus autant que leurs échanges, laissant les silences exprimer ce que les dialogues ne peuvent ou ne veulent pas formuler.

Le corps absent devient alors le véritable enjeu politique du film. Derrière la demande d’Alboury se pose une question fondamentale : quelle valeur accorde-t-on à la vie d’un homme lorsque celui-ci appartient à ceux qui travaillent dans l’ombre d’un système économique dont d’autres récoltent les bénéfices ?

Cette approche volontairement austère pourra dérouter. Le Cri des gardes refuse les explications appuyées et préfère installer une tension lente, parfois inconfortable. Mais cette radicalité correspond précisément à son sujet.

Dense, tendu et profondément politique, Le Cri des gardes transforme une demande élémentaire — rendre un corps à sa famille — en confrontation avec les rapports de pouvoir et les traces persistantes du colonialisme. Claire Denis signe un huis clos nocturne d’une grande maîtrise, dominé par l’impressionnante présence d’Isaach de Bankolé. Un film exigeant, qui fait du silence, de l’attente et de l’espace les véritables instruments de sa violence.

Yellow Letters De İlker Çatak | Par İlker Çatak, Ayda Çatak Avec Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas

Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

Yellow Letters confirme l’intérêt d’İlker Çatak pour les individus confrontés à des institutions qui les dépassent. Après avoir exploré les mécanismes de suspicion et de pouvoir dans La Salle des profs, le cinéaste déplace son regard vers la Turquie et fait de la répression politique le point de départ d’un drame conjugal particulièrement intime. Cosigné avec Ayda Çatak, le film observe moins le pouvoir lui-même que les dégâts qu’il provoque dans la vie de ceux qu’il décide de marginaliser.

Aziz est professeur à l’université d’Ankara lorsqu’il reçoit une « lettre jaune » lui annonçant arbitrairement sa révocation. Sa femme Derya, comédienne reconnue du théâtre national, subit bientôt le même sort. En quelques décisions administratives, le couple perd son statut, ses revenus et une grande partie de l’existence qu’il avait construite.

Contraints de rejoindre Istanbul et de s’installer chez la mère d’Aziz, ils découvrent une précarité à laquelle rien ne les avait préparés. Mais l’épreuve matérielle n’est que la première conséquence de leur exclusion. Le véritable conflit apparaît lorsqu’il devient nécessaire de déterminer jusqu’où chacun est prêt à aller pour rester fidèle à ses convictions.

İlker et Ayda Çatak ont l’intelligence de ne pas transformer leurs personnages en symboles. Aziz et Derya partagent certaines valeurs, mais ne vivent pas leur mise à l’écart de la même manière. Lorsque travailler, créer ou simplement préserver une vie familiale impose des compromis, les certitudes idéologiques deviennent beaucoup plus difficiles à défendre.

C’est précisément dans cette confrontation entre le politique et l’intime que Yellow Letters trouve sa plus grande force. La répression ne s’exprime pas seulement à travers une décision officielle. Elle pénètre progressivement le foyer, modifie les rapports de pouvoir dans le couple et transforme chaque choix quotidien en question morale.

Özgü Namal livre une interprétation remarquable de Derya. Son personnage refuse progressivement de n’être défini que par ce qu’on lui interdit de faire. L’actrice traduit avec beaucoup de finesse la colère, la frustration mais également le besoin de continuer à exister comme artiste.

Face à elle, Tansu Biçer compose un Aziz plus intérieur, dont les convictions se heurtent progressivement aux conséquences très concrètes de leur nouvelle situation. Leur complémentarité donne au film sa véritable tension : derrière le combat politique se joue également la survie d’un mariage. Leyla Smyrna Cabas complète avec justesse cette distribution dominée par les non-dits et les rapports familiaux.

La mise en scène d’İlker Çatak demeure précise et contenue. Le réalisateur évite les grandes démonstrations et laisse la violence institutionnelle apparaître à travers ses conséquences : appartements trop étroits, dépendance financière, conversations interrompues, humiliations quotidiennes. Istanbul n’est pas filmée comme une échappatoire, mais comme le décor d’un exil intérieur.

Le rythme volontairement mesuré pourra sembler austère, mais cette retenue évite au film de devenir un manifeste. Yellow Letters demeure avant tout l’histoire de deux personnes qui découvrent que partager des convictions ne garantit pas de savoir comment en payer ensemble le prix.

Sobre, politique et profondément humain, Yellow Letters réussit à faire de la répression institutionnelle une expérience intime. İlker Çatak observe avec une grande finesse la manière dont la perte du travail, du statut et de la liberté artistique finit par contaminer l’amour lui-même. Özgü Namal et Tansu Biçer donnent une remarquable densité à ce couple confronté à une question douloureuse : jusqu’où rester fidèle à ses principes lorsque toute une existence menace de s’effondrer ?