Tout le monde savait. Tout le monde se doutait. Beaucoup de gens avaient leur petite idée de ce qui pouvait m’arriver dans l’intimité du foyer. Les coups, la violence banalisée, les humiliations quotidiennes… Tous les invariables de cette vie qui n’en est pas vraiment une. Un jour, pour qu’il ne nous tue pas, je l’ai tué.
Chronique : On est quitte, chacun y trouve son compte. Un an de préventive pour avoir tué son monstre de mari. condamnée à quatre ans de prison dont 3 avec sursis, avec de larges circonstances atténuantes. A l’issue de son procès, Valérie Bacot sort libre ! Quel heureux dénouement pour celle qui avait la peur bleue de retourner en prison ! Et avec en prime, il n’y aura pas appel du jugement ! La société n’est-elle pas coupable alors au premier chef d’avoir laissé pendant 25 ans cette ordure sadique commettre toutes ses abominations sur tout ce qui lui tombait sous la main comme viande fraîche, puisqu’il semble démontré que tout le monde savait. Puisqu’il y a eu dysfonctionnements, puisqu’il n’y a pas eu un jour où le monstre ne présentait pas un risque pour la vie de Valérie Bacot. Que n’a-t-il pas fait pour ne pas la tuer dans le calvaire qu’elle a vécu ! La main de cette vermine préférait toucher les biftons de la prostitution. La légitime défense compterait-elle pour du beurre ? Simulacre de justice d’une veulerie et d’une fumisterie insupportables !..
Éditeur : Fayard (12 mai 2021) Langue : Français Broché : 208 pages ISBN-10 : 2213717184 ISBN-13 : 978-2213717180
Paris, veille de Noël, de nos jours. Comme tous les soirs ou presque, le commissaire Amaury Marsac va s’asseoir sur un banc dans le square du Vert-Galant, sa soupape pour chasser les horreurs du métier avant de rentrer chez lui. Mais cette nuit-là, son refuge a été gagné par le Mal : dans une poubelle du jardin public gît un cadavre au ventre ouvert, rempli de mort-aux-rats.
Chronique : À chaque roman je ressort avec un vide et je sens le manque arriver jusqu’au prochain. Pourquoi … À chaque fois que j’apprends qu’un nouveau roman va sortir, je note dans ma tête la date et je ne l’oublie pas et je file me le procurer et malgré une PAL monstrueuse, je le fais passer avant tout. Ici, j’ai retrouvé le commissaire Amaury Marsac à Paris la veille de Noël assis sur un banc au square Vert-Galant, son endroit préfère pour décompresser face à toutes les horreurs qu’ils voient défile dans sa journée, mais malheureusement cette nuit-là, son refuge et gagné par le Mal, dans une poubelle du jardin public gît un cadavre au ventre ouvert, rempli de mort-aux-rats. Je me suis retrouvé en parallèle en 1995 à Paris avec Alex qui a 15 ans, et qui fuit son domicile familial et part vivre dans la rue, mais il résiste au désespoir, car dans ses yeux et dans coeur une leur d’espoir brille, il le sait au fond de ses tripes, il va la retrouver, elle, et à deux, ils seront liés. Et c’est ainsi que les chemins de Marsac et Alex vont se croiser et tous les deux pensent avoir connu le pire, mais au final, sur beaucoup de points, il se ressemble. Marsac, qui lui va se retrouver bouleversé, face à l’histoire d’Alex. Son histoire, sera l’élément déclencheur qui le poussera à agir face à son histoire personnelle. Roman qui aborde les liens du sang, d’une enfance complètement brisée, et d’une soif de vengeance terrible. Et ça peut se comprendre …. Comme j’avais la haine face à l’histoire d’Alex, je me suis dit, mais comment peut-on faire ça et vivre comme si de rien n’était et vivre comme une personne respectable tout sourire devant tout le monde, alors qu’on est la pire ordure au monde. Et c’est avec la délicatesse poétique de cette écriture, que l’auteure nous raconte cette terrible tragédie et ça fais mal au coeur. Les liens du sang ici sont bouleversants d’amour, j’aurais aimé avoir ce lien du sang si fort avec celui qui a 6 ans de plus que moi, malgré les douloureuses épreuves que nous avons du affronter malheureusement la vie nous à définitivement éloigne et j’ai dû choisir de vivre ma vie, pour pouvoir devenir celle que je suis, il n’y a pas de recette pour surmonter les épreuves. À chaque roman, je ressors conquise, à chaque roman, je prends un coup au coeur, à chaque roman, je ressors bluffé. Et à chaque fois, je me dis, à nouveau cette écriture va terriblement me manquer. J’ai poussé le sadisme, jusqu’au bout, j’ai essayé de pas trop le termine vite. À nouveau, c’est un énorme coup de coeur.
Éditeur : Calmann-Lévy (12 mai 2021) Langue : Français Broché : 272 pages ISBN-10 : 2702180787 ISBN-13 : 978-2702180785
La jeunesse de Poe Dameron et ses aventures auprès des Passeurs d’épice !
Depuis tout petit, Poe Dameron rêve de voler parmi les étoiles et sa mère, pilote d’A-wing pendant la Rébellion, était plus qu’heureuse de transmettre à son fils tout ce qu’elle savait.
Chronique :Le monde souterrain criminel m’a toujours intrigué lorsqu’il s’agit de Star Wars. Qu’il s’agisse de chasseurs de primes ou de vendeurs d’épices, j’ai toujours aimé découvrir l’histoire des différents cartels et enclaves qui hantent la galaxie entre Tatooine et 1313. Poe Dameron : Free Fall », écrit par Alex Segura, a merveilleusement rendu ce monde. L’histoire suit un jeune garçon de 16 ans, Poe Dameron, qui rêve d’étoiles avant de s’aventurer dans un voyage qui le mènera inévitablement à la Résistance au moment de l’épisode 7 de Star Wars.
Personnellement, j’ai adoré ce roman. Il commence sur Yavin 4, 20 ans après la bataille de Yavin. Au fil des ans, une communauté axée sur l’agriculture s’est développée sur la lune, et Poe redoute l’idée de devoir s’occuper de la ferme familiale. Il est happé par la vie d’un Spice Runner de Kijimi et se retrouve rapidement dans le feu de l’action, luttant contre d’autres syndicats du crime et fuyant constamment le Bureau de sécurité de la Nouvelle République. J’ai vraiment aimé l’équilibre entre Poe et sa vie de criminel, et comment il se sent vraiment à propos des événements qui se déroulent, voulant désespérément rentrer chez lui mais sachant qu’il sera inévitablement arrêté. L’un de mes problèmes avec le » Rise of Skywalker » de 2019 était la façon dont Poe était sous-entendu comme une canaille Han Solo, mais le roman a clairement montré que ce n’était pas le cas. Le visionnage des scènes Kijimi de ce film aura certainement un impact plus lourd pour moi lors de la relecture. Cela ne changera pas complètement la donne, mais le fait de connaître la planète et son fonctionnement changera définitivement ma perspective.
J’ai trouvé que Segura a merveilleusement développé le personnage de Poe, et a montré que son temps en tant que Spice Runner n’était pas bidimensionnel. Comme je l’ai dit, ce n’était pas une canaille comme Han Solo, mais un garçon en conflit qui ne savait pas comment se sortir de quelque chose dans lequel il était déjà trop impliqué. J’ai eu l’impression que le roman a parfaitement saisi le conflit intérieur et que, vers la fin, nous commencions à voir le Poe Dameron qui figurait dans la série de bandes dessinées de 2016-2018.
L’inclusion de nouveaux personnages, comme Sela Trune, s’est bien mélangée à l’approfondissement de personnages déjà présents dans la tradition, comme L’ulo L’ampar. Sela Trune, en particulier, était intéressante. Ce roman est probablement la seule fois où nous la verrons logiquement, puisque son histoire est entièrement racontée, mais j’ai vraiment apprécié ses scènes. Elle m’a rappelé le personnage de Berch Teller dans « Tarkin » de James Luceno par sa détermination et ses motivations. J’espère qu’il y a plus à son sujet, et peut-être qu’elle sera incluse dans le canon plus tard, mais je comprendrais si ce n’était pas le cas.
Le livre jette également une lumière fantastique sur Zorri Bliss. Nous voyons son engagement indéfectible envers les Spice Runners de Kijimi, et nous la voyons développer une relation difficile avec Poe, tout en luttant contre ses propres troubles intérieurs. Le mystère qui l’entoure et l’histoire derrière son casque dans le film sont de grands ajouts à l’histoire. Encore une fois, cela aura plus de poids après avoir revu le dernier Star Wars. Mais surtout, le roman met en scène le bien-aimé Babu Frik, qui, j’en suis sûr, sera le facteur déterminant pour beaucoup.
Même si j’ai trouvé que le rythme du livre était un peu lent dans les derniers chapitres, j’ai trouvé que les personnages étaient bien développés, que l’intrigue était exactement ce qu’elle devait être et que la continuité était extrêmement amusante (les fans du MMO Star Wars : Galaxies vont s’éclater). Pour moi, cela a ajouté beaucoup de choses au personnage de Poe, et cela apportera un véritable changement à la trilogie des suites et à ce que je ressens pour le personnage lorsque je le reverrai. Un grand ajout au canon et j’espère que nous aurons d’autres histoires centrées sur Poe à l’avenir.
Note : 9/10
Éditeur : Pocket (24 juin 2021) Langue : Français Poche : 352 pages ISBN-10 : 2266316060 ISBN-13 : 978-2266316064
LEGO vient de dévoiler à l’occasion de la LEGO CON 2021 le projet qui a été retenu pour devenir un set officiel parmi le top 10 du concours We love sports : il s’agit du baby-foot Foosball Table par Donat, qui avait terminé premier du classement du concours.
Ce baby-foot est jouable, avec 11 figurines dans chaque équipe. D’où des dimensions conséquentes : 30 cm par 55 cm. Comme d’habitude, il va maintenant passer entre les mains d’un designer LEGO Ideas avant de devenir un set officiel.
Pas de gros scoop Star Wars pendant la LEGO CON, il faut se contenter de trois nouveautés LEGO Star Wars 2021 The Mandalorian qui avaient déjà fuité dans le catalogue japonais début juin :
Ces trois boites sortiront le 1er août prochain, et sont déjà en ligne sur le Shop officiel :
On notera que la figurine de Cara Dune du set 75254 AT-ST Raider revient dans la boite 75315 Imperial Light Cruiser : même si l’actrice n’est plus en odeur de sainteté chez Disney après quelques déclarations polémiques, LEGO n’a pas blacklisté le personnage de ses sets, contrairement à ce que certains pensaient.
La blague du jour, c’est le Slave I renommé “le vaisseau de Boba Fett”… parce que Disney n’aime plus trop utiliser le mot “esclave” par les temps qui courent. Bref… Sinon, ce nouveau Slave I rappellera à certains celui du set 75222 Betrayal at Cloud City, même si cette nouvelle version est plus détaillée malgré son format réduit.
Comment persuader les lecteurs de se lancer dans une nouvelle saga ?
La réponse de Bennett tient en un concept simple: de l’action et des personnages convaincants.
Et il faut reconnaître que cette formule s’avère efficace. Les 250 premières pages ne sont qu’une gigantesque course-poursuite, où l’on fait connaissance des personnages principaux, entrecoupé de passages où l’auteur expose les bases de son univers de manière simple et en les remettant en perspective dans l’histoire ce qui évite l’aspect rébarbatif de telles explications. C’est très malin de dévoiler les bases de son univers ainsi car lorsque l’intrigue se recentre sur les complots on a déjà appris à faire connaissance avec les personnages et l’univers de Tevanne.
Les personnages sont un atout précieux du récit. La piquante Sancia occupe le devant de la scène. Intrépide, courageuse, endurcie par un passé traumatisant et qui ne se laisse pas démonter par l’adversité. Sa gouaille et le duo qu’elle forme avec un autre personnage plus inattendu font d’elle une grande réussite de ce premier volume. Le reste des personnages n’est pas pas reste, Gregor est pétri d’idéaux et a plus en commun avec Sancia que l’on pourrait le croire. Orso fait partie de ses personnages délicieusement odieux dont chaque réplique est une balle de sniper entre les deux yeux. La douce bérénice complète le tableau.
L’approche de Bennett dans la création de son univers m’a paru très américaine. D’un côté on a les très riches, parqués dans des quartiers au luxe ostentatoire, et de l’autre les pauvres, cantonnés à des quartiers insalubres à la misère insoutenable. L’idée même d’ascension sociale, de justice ou d’équité est inexistante. Tout repose sur le commerce et l’appât du gain. Un univers qui transpire la critique un peu trop sommaire et sans nuances du capitalisme mais qui a le mérite d’être accessible à tous les lecteurs.
Pour un lecteur assidu de récits de fantasy Les maitres enlumineurs ne propose rien d’original mais l’originalité n’est sans doute pas le but recherché par l’auteur. À la place il signe un récit redoutable d’efficacité, doté de personnages attachants et bourré d’action.
Résumé: Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. A l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique.Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais. Quiconque entrerait en sa possession pourrait mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.
Berlin, 1947. Dans une capitale allemande divisée et affamée, le commissaire Oppenheimer est appelé sur le lieu d’un crime banal : un cambrioleur tué par le locataire de l’appartement dans lequel il est entré par effraction. Un cas d’autodéfense classique ? Oppenheimer en doute et découvre des zones troubles.
Chronique : La capitale Berlin, divisée en quatre zones d’occupation, gît en ruines, les appartements bombardés ne sont plus que de fortune. Les habitants tentent de reconstruire leur modeste vie. Les escrocs d’avant-guerre sont transformés en hommes d’affaires douteux, les nazis autrefois convaincus en citoyens respectables. En novembre 1947, la première neige tombe, la nourriture est rare. Il s’agit de « l’hiver de la faim », que l’historien et auteur Harald Gilbers (51 ans) décrit en de nombreux faits et facettes de manière immensément impressionnante dans le cinquième tome éponyme de sa fascinante série policière autour du superintendant détective juif Richard Oppenheimer, qui a déjà été traduite en huit langues et a remporté des prix internationaux. À partir d’un meurtre mal déguisé en légitime défense, qu’Oppenheimer, autrefois licencié par les nazis et revenu depuis peu dans la police en tant qu’inspecteur, et son assistant Wenzel parviennent à découvrir assez rapidement, Gilbers élabore une documentation historique contemporaine de cette deuxième année d’après-guerre, qui ne s’applique pas seulement à la situation de Berlin à l’époque, mais qui ressemble aussi à celle d’autres grandes villes allemandes. Dans des images réalistes, mises en scène de manière cinématographique, nous en apprenons beaucoup sur la vie quotidienne des Berlinois, notamment sur le goût douteux des aliments de substitution en raison des pénuries alimentaires. La situation générale est totalement confuse, les puissances occupantes travaillent de manière non coordonnée, le début de la guerre froide entre les trois alliés occidentaux, notamment les Américains, et les Soviétiques se dessine déjà. Le commissaire Oppenheimer ne sait plus à qui faire confiance. Non seulement il rencontre inopinément un ancien petit délinquant, « Kleenen Hans », à nouveau dans son bureau en tant que stagiaire de la police, mais les criminels nazis ont également trouvé une nouvelle identité peu suspecte à la Kripo avec un curriculum vitae falsifié. On ne peut même pas faire confiance à ses plus proches collaborateurs. Même son collègue de longue date, Billhardt, qui disparaît soudainement au cours de sa propre enquête sur une affaire de meurtre, semble s’être rendu coupable lors de son bref déploiement sur le front de l’Est pendant la guerre. Bien que « Les exfiltrés de Berlin » soit déjà le cinquième volume de la série Oppenheimer, qui débute en 1944, il peut être lu sans souci même si vous ne connaissez pas les quatre volumes précédents. L’intrigue de chaque volume se suffit à elle-même, les personnages sont suffisamment caractérisés pour leur donner vie. Le thème central est la construction stratégique des « lignes de rat » dans l’Allemagne d’après-guerre, par lesquelles le président argentin Perón d’une part, et le Vatican d’autre part, utilisent des contrebandiers allemands pour faire passer à l’étranger des hauts fonctionnaires nazis et des criminels de guerre. Nous apprenons des faits intéressants sur le contexte politique et la motivation des responsables et de ceux qui tirent les ficelles. Dans le même temps, nous découvrons les débuts de l’organisation Gehlen, qui se construit comme un nouveau service secret allemand avec l’aide de nazis expérimentés et toléré par les Américains. Dans son roman, l’historien Gilbers réussit brillamment à nous présenter de manière exhaustive le contexte historique dans ses détails les plus importants. L’auteur à succès Gilbers parvient à tisser parfaitement ces faits dans une histoire policière si passionnante qu’on ne peut plus lâcher « Les exfiltrés de Berlin ».
Note : 9,5/10
Éditeur : Calmann-Lévy (26 mai 2021) Langue : Français Broché : 448 pages ISBN-10 : 2702182321 ISBN-13 : 978-2702182321
Kieran Elliott, trentenaire vivant à Sidney, retourne en basse saison dans sa ville natale d’Evelyn Bay, minuscule station balnéaire de Tasmanie. Ce court séjour familial fait aussitôt resurgir des souvenirs douloureux : douze ans plus tôt, à cause d’une aventure peu prudente en mer avec sa meilleure amie Olivia, deux hommes venant à leur secours ont disparu dans les flots. Depuis ce drame, de nombreux autochtones se méfient de Kieran.
Chronique : Le meurtre d’un jeune étudiant en art a menacé la sécurité de la ville côtière en faisant ressortir les secrets enfouis, les mensonges, la culpabilité, l’injustice, les mauvaises punitions, les regrets du passé liés à la grande tempête qui a emporté la vie de trois personnes et traumatisé la vie de leurs familles à jamais !
Bienvenue à Evelyn Bay sur la côte de Tasmanie. (lieu fictif) Kieran Elliott est notre narrateur, il revient dans la maison familiale après avoir construit une nouvelle vie avec sa petite amie Mia à Sydney, élevant leur petite fille.
Ils sont revenus pour aider la mère de Kieran, Verity, et son père, Brian, qui souffre de démence, à emballer leurs affaires pour déménager.
Mais ce voyage ouvre la boîte de Pandore des événements tragiques liés à la tempête désastreuse qui a pris la vie de deux garçons (l’un d’eux est son propre frère) et de Gabby, 14 ans (qui était aussi la meilleure amie de Mia) parce qu’il voulait juste embrasser une fille dans les grottes et qu’il était trop tard pour réaliser que la marée montait. Et son frère a reçu la mission suicide de conduire le bateau pour le sauver. Pendant ce temps, Gabby Birch s’est noyée et son sac à dos a été retrouvé par les autorités.
Après 12 ans de lutte contre ses sentiments de culpabilité et de dépression, Kieran est devenu un homme plus attentif, plus compréhensif et plus mature avec l’aide de Mia et de sa fille, mais le fait de voir ses parents brisés qui pleurent encore son frère fait ressortir le ressentiment et la tristesse qu’il a refoulés pendant des années.
Dès qu’il retrouve ses amis Ash, Sean et Olivia au Surf & Turf, l’endroit même où Olivia et sa nouvelle colocataire Bronte travaillent, les vieux souvenirs commencent à ressurgir et les démons intérieurs à le torturer.
Il écoute aussi la conversation entre Bronte et Liam (le fils du meilleur ami de son frère) sur le fait que c’est lui qui est responsable de la mort de trois personnes.
Le lendemain, le cadavre de la pauvre Bronte est retrouvé sur le rivage, ce qui alimente les questions et les rumeurs de la ville, car Liam est la dernière personne à l’avoir vue vivante.
Les autorités sortent l’artillerie lourde : L’inspecteur Pendlebury commence à travailler avec la police locale et, en tant que personne extérieure, elle peut avoir un regard plus objectif et plus frais sur les événements qui se produisent dans cette petite ville côtière, ce qui l’aide à faire le lien entre le meurtre de Bronté et trois morts du passé.
Le développement des personnages, l’approche réaliste de la lutte d’une famille contre le chagrin, la perte des souvenirs de leur vie heureuse d’antan et la lutte sans fin de Kieran entre se punir par la culpabilité et se pardonner pour fonder sa propre famille ont été écrits avec réalisme et authenticité.
Tous les personnages sont imparfaits comme Kieran : ils sont coincés dans la petite ville, confrontés à leurs échecs, leurs regrets, leurs tristesses. Ils se noient lentement comme les personnes qu’ils ont perdues. Chacun d’entre eux était attachant, honnête et il était impossible de ne pas avoir de la compassion pour eux.
Et la fin, au cœur brisé, m’a rendu insensible. C’est l’histoire la plus émouvante de cette auteure et l’un de ses livres préférés (j’ai aimé les trois autres, mais je pense que celui-ci aura une place spéciale dans mon cœur).
Note : 9,5/10
Éditeur : Calmann-Lévy (5 mai 2021) Langue : Français Broché : 416 pages ISBN-10 : 2702182798 ISBN-13 : 978-2702182796
En se réveillant dans son salon, John Brenner, ancien alcoolique, découvre à côté de lui le cadavre d’une jeune femme tuée par balle, une bouteille de vodka et le pistolet de son père. Même si tout l’accuse, il est en certain : il n’a pas tué cette inconnue.
Chronique : Lorsque John Brenner se réveille désorienté dans le salon de sa maison, il voit le corps d’une jeune fille inconnue à quelques mètres de lui. Il ne se souvient pas de ce qui s’est passé entre eux, ni comment elle s’est retrouvée chez lui, ni même s’il l’a tuée lui-même. Paniqué, il contacte son frère, l’homme vers lequel il s’est toujours tourné pour trouver du soutien. Mais le temps qu’il lui raconte ce qui s’est exactement passé (et qu’il le réalise lui-même), il se rend compte que le corps de la jeune fille a disparu et que rien dans la maison n’indique que, quelques minutes auparavant, elle était la scène d’un crime. John a un passé trouble ; il a lutté pour se sevrer de l’alcool et lutte encore contre la tentation. Il essaie également d’être un bon père pour sa jeune fille, même s’il n’y parvient pas toujours. Tout cela, combiné à sa psyché fragile et à son caractère trouble, rend son histoire pour le moins improbable. Lui-même oscille entre certitude et doute, laissant toutes les possibilités ouvertes dans son esprit – même s’il a tué la fille et ne s’en souvient pas ! Et à mesure que son enquête progresse, essayant de découvrir qui était la victime et ce qu’elle attendait de lui, les questions ne cessent de croître. Il semble qu’il n’était pas le seul à avoir vu cette fille dans son rêve. Le comportement de son frère, toujours mesuré et confiant, est curieux ; pour la première fois, il semble nerveux et déconnecté, et les problèmes de son entreprise ne semblent pas être une excuse adéquate pour cela. John a deux bons amis à ses côtés qui vont l’aider à démêler cette étrange affaire. En fin de compte, laquelle de ces choses est la réalité et laquelle est seulement dans son esprit ? Y a-t-il une conspiration en cours ou non ? Et si c’est le cas, est-ce qu’elle ne vise que lui, ou s’est-il simplement retrouvé pris dans un jeu dangereux ? Les questions cherchent des réponses dans un crescendo dramatique qui mènera à des révélations qui bouleverseront le monde de John pour de bon…
Le livre commence de la manière la plus dynamique qui soit : une scène de meurtre, un cadavre et un suspect – apparemment idéal. Tout semble correct en ce qui concerne l’acte, et ce que l’on cherche, c’est le motif. Mais est-ce vraiment le cas, ou les apparences sont-elles trompeuses ? Le mystère, magistralement mis en place par l’auteur, étend immédiatement ses tentacules dans toutes les directions et enveloppe les autres personnages et le lecteur dans sa toile complexe. Des rythmes narratifs tonitruants, une action qui ne s’arrête jamais et des questions qui demandent avec insistance des réponses, mais qui sont données littéralement au pied levé. Le récit à la première personne ajoute de la vitalité et du suspense à l’écriture, car les pensées, les idées, les craintes et les doutes du héros sont transmis au lecteur de la manière la plus directe. John Brenner est le type de personne parfait pour « soutenir » ce complot. De nature artistique (il est illustrateur de livres pour enfants), un personnage un peu obsessionnel, un peu paranoïaque, un peu erratique, un peu peu peu fiable, ancien alcoolique, avec un passé traumatique qui continue à l’affecter. Ses… antécédents montrent donc un homme peu fiable, c’est-à-dire qu’on ne peut pas être sûr que ce qu’il affirme est réellement réel ou le fruit de son imagination. C’est un homme spécial, fort et faible à la fois, et lui-même ne sait pas s’il trouvera la force de continuer l’instant d’après ou s’il s’effondrera complètement. Elle s’accorde donc parfaitement avec le ton incertain du livre, la « noirceur » dont l’auteur entoure l’intrigue et la façon dont il s’est retrouvé pris dans tout cela. Il devra se convaincre lui-même avant tout, ses amis et alliés ensuite, et enfin le lecteur. En outre, une grande partie du livre est consacrée à la psyché du héros et à des éléments du passé de sa famille. Dès son plus jeune âge, John a été appelé à faire face à une réalité traumatisante qui pouvait briser des personnages bien plus forts que lui. Sa culpabilité et ses remords continuent de le hanter même aujourd’hui, des années plus tard. D’autre part, il voit la vie « parfaite » et organisée de son frère s’effondrer et réalise qu’il a vécu un mensonge pendant tant d’années. La révélation finale le choquera, mais elle sera aussi l’occasion pour lui de se secouer fermement et de refermer les plaies ouvertes du passé, à sa manière. Ces scènes « humaines » volent des heures et des heures aux développements liés à la résolution de l’affaire et témoignent de la puissance et du dynamisme de la plume d’Axat à ce niveau également.
Captivant, atmosphérique, rapide, plein de suspense, émouvant, subversif et à plusieurs niveaux, le livre d’Axat promet des déchirements de lecture sans fin et constitue un excellent exemple de thriller psychologique, un digne « enfant » du genre et de son créateur.
Note : 9,5/10
Éditeur : Calmann-Lévy (23 juin 2021) Langue : Français Broché : 432 pages ISBN-10 : 2702165613 ISBN-13 : 978-2702165614
Portrait amoureux de Grenoble, de ses quartiers, de son histoire et de sa grande région : ce sont les origines italiennes du quartier Saint-Laurent, c’est la ville refuge de la France « libre », ou le château de Vizille, premier berceau méconnu de la Révolution de 1789, et qui en abrite aujourd’hui le mus
Chronique : Écrit comme un journal intime ou comme une conversation , ce livre est magistral. Un peu autobiographique. Une femme de 40 ans parle de sa vie d’avant sans vie depuis des années. ici les sentiments sont exprimés avec justesse, presque avec poésie tant l’implicite, la suspension et le silence ont leur place . Nous sommes face à la réalité dans toute sa brutalité et sa cruauté.. Ce livre est très bien documenté et nous ouvre sur la les problèmes sentimentaux qui nous conduit vers la liberté, tout sonne vrai ce qui donne un récit très dur mené d’une écriture tout en pudeur et réalisme, un livre choc qui ne laissera personne indifférent.
Note : 9,5/10
Éditeur : MAGELLAN ET CIE (4 juin 2021) Langue : Français ISBN-10 : 2350746038