Quand Elvis, le maître d’école, a expliqué qu’on allait fêter Halloween et manger des confiseries, les petites souris étaient très excitées. Même si elles ne savaient pas ce qu’étaient des confiseries, et encore moins qu’il leur faudrait aller dans la forêt en pleine nuit…
Avec L’école des souris – Bonbons et potirons, Agnès Mathieu-Daudé et Marc Boutavant poursuivent leur tendre et malicieuse série jeunesse, qui mêle humour, fantaisie et esprit d’aventure. Cette fois, c’est Halloween qui s’invite dans la classe d’Elvis, le maître d’école. Quand il annonce aux petites souris qu’on va fêter cette étrange coutume et surtout déguster des confiseries, l’excitation est immédiate. Problème : les petites élèves ne savent pas ce que sont les bonbons… et encore moins qu’il leur faudra braver la forêt en pleine nuit pour en trouver.
Comme toujours, le récit joue sur le contraste entre l’innocence curieuse des souris et le regard amusé de l’adulte lecteur. Les dialogues sont pleins de fraîcheur, les situations à la fois cocasses et légèrement inquiétantes, juste ce qu’il faut pour chatouiller l’imaginaire des jeunes enfants sans les effrayer. Derrière le ton léger se cachent aussi des thèmes universels : l’entraide, le courage collectif, l’importance d’apprendre à affronter ses peurs.
Le texte d’Agnès Mathieu-Daudé, vif et rythmé, se lit à voix haute avec un vrai plaisir. Les illustrations de Marc Boutavant, chaleureuses et colorées, donnent vie à cette petite communauté de souris à la fois espiègles et craquantes. Chaque page devient un terrain de jeu visuel où se nichent des détails à observer, renforçant l’envie de plonger dans l’histoire.
Ce nouvel épisode confirme la série comme une valeur sûre de la littérature jeunesse, idéale pour les premières lectures accompagnées. L’univers drôle et attachant de l’école des souris séduit autant par sa tendresse que par sa capacité à faire grandir les jeunes lecteurs en douceur, en leur donnant confiance face au monde qui les entoure.
Un album parfait pour fêter Halloween avec humour et complicité, qui fera briller les yeux des petits comme des grands.
Éditeur : EDL Date de publication : 24 septembre 2025 Édition : Illustrated Langue : Français Nombre de pages de l’édition imprimée : 80 pages ISBN-10 : 2211329624 ISBN-13 : 978-2211329620
Et tout comme Squid Game a mis en place un spin-off américain, cette dernière saison de la série japonaise pourrait bien faire de même. Cette saison s’est concentrée sur une analyse plus profonde de la nature humaine : leurs valeurs fondamentales, leur égoïsme, mais aussi la façon dont, en coopérant, ils finissent par trouver une issue plus bénéfique pour tous.
Avec Arisu entrant de nouveau au Borderland parce qu’Usagi y avait été entraînée par un professeur obsédé nommé Ryuji, nous avons découvert neuf nouveaux jeux et une fin où apparaissait un mystérieux personnage qui veillait sur ce monde entre la vie et la mort. Alors, voyons ensemble cette saison, ses jeux, sa conclusion et la manière dont elle prépare un possible spin-off. Voici l’explication de la fin de la saison 3 d’Alice in Borderland. (Spoilers à venir).
Que signifie la fin ?
Je dirais qu’il y avait deux lectures possibles. La première concernait les thèmes profonds : l’égoïsme humain, la tendance à sacrifier les autres pour progresser, et la manière dont ce comportement finit souvent par se retourner contre eux. C’était particulièrement visible dans le jeu de la boîte de conserve (kick the can) : ceux qui fonçaient seuls et cupides étaient éliminés, tandis que la coopération permettait de survivre. Idem dans le huitième jeu, Futurs possibles : la porte la plus séduisante éloignait en réalité les participants de la sortie. Seul l’effort collectif et l’acceptation de la souffrance à court terme pouvaient permettre d’avancer.
L’autre lecture concernait Arisu : il posait la question du sens de la vie et des choses qui la rendent digne d’être vécue. Les réponses venaient de personnages déjà croisés dans les jeux, qu’il ne reconnaissait pas et qui ne le reconnaissaient pas non plus. Par exemple, Chishiya, ou encore Risu qui disait que, ce jour-là, le sens de sa vie se résumait simplement à choisir le prénom de son enfant. Cela montrait que la beauté de la vie réside dans les petites choses, même au milieu de la douleur, car ce sont elles qui rendent les moments heureux précieux.
Un des thèmes de la saison était résumé par cette citation : « Toutes nos blessures deviennent notre raison d’exister. » Au final, Arisu choisit de vivre, plutôt que d’entrer dans le vortex (symbole de la mort, où plus aucune souffrance n’existerait). Il prouve son amour pour Usagi en plongeant vers la mort pour la sauver, alors qu’il pouvait rentrer seul dans le monde réel. D’où la remarque du Veilleur : « Tu es un être intéressant. »
Ryuji et ses choix
Ryuji était celui qui avait entraîné Usagi dans les jeux, chargé par Bander de la tuer, afin que la perte d’Usagi pousse Arisu à rester au Borderland pour toujours. Mais Ryuji finit par changer d’avis, rongé par la culpabilité d’avoir accidentellement tué Yano. Comprenant qu’il allait mourir, il a obtenu ses réponses sur ce monde entre vie et mort, et il n’avait plus besoin de sacrifier d’innocents. Il incite même Arisu et Usagi à vivre leur vie.
Le tremblement et le spin-off américain
Dans les derniers instants, un tremblement secoue le Japon, mais la vraie menace était ailleurs : un tsunami aux États-Unis, à Los Angeles. Cela faisait écho aux paroles du Veilleur, annonçant qu’un grand nombre de personnes allaient bientôt rejoindre le Borderland, pire encore que lors de la chute des météorites sur Shibuya. La caméra nous emmène alors dans un diner à Los Angeles, où l’on aperçoit un flash info en arrière-plan et où la serveuse s’appelle… Alice. Tout porte donc à croire qu’un spin-off américain est en préparation, avec une héroïne prénommée Alice.
Qui était le Veilleur ?
Le Veilleur était le grand antagoniste de la saison. Il dictait le fonctionnement du Borderland, capable même de figer le monde entier par un simple chant. Il n’était pas le Joker comme beaucoup le pensaient, mais bien celui qui remplissait l’espace entre vie et mort. N’étant ni vraiment vivant ni mort, il demeurait dans ce purgatoire, contrôlant les jeux et offrant à chacun l’opportunité de choisir.
La signification de la carte du Joker
À la fin de la saison 2, cette carte avait intrigué tout le monde. Le Joker représentait une différence : les joueurs n’étaient pas libres de circuler en ville, mais devaient suivre un chemin précis. Tous les participants avaient déjà connu une expérience de mort imminente. Le dernier jeu du Joker était en réalité une blague : il promettait la survie à ceux qui sortaient par une porte, mais c’était en fait celui qui se sacrifiait qui survivait. Un clin d’œil au nom de la carte.
De plus, si l’on additionne toutes les valeurs numériques d’un jeu de cartes plus un Joker, on obtient 365, soit une année calendaire. Avec deux Jokers, cela donne 366, une année bissextile. Une métaphore du Joker comblant les vides, comme le Veilleur entre vie et mort.
Le destin des autres personnages
Nou : il survit, traverse la rue avec sa mère, et semble avoir repris sa vie en main après avoir été harcelé.
Sachiko : elle a un enfant et une vie stable, fière d’être un modèle pour lui.
Ry : réconciliée avec sa mère, elle décroche son travail de rêve dans l’animation, destiné aux cinémas.
Yuna : elle retrouve l’amour, comme dans sa projection de futur, et emmène son compagnon sur la tombe de son frère Sot.
Tous obtiennent ainsi des fins positives, signe d’une rédemption.
Mon avis sur la saison 3
J’ai trouvé que c’était une excellente conclusion à la série. L’histoire était intense, la raison du retour d’Usagi au Borderland était crédible, et les thématiques profondes bien développées. Les jeux, notamment le dernier, étaient parmi les meilleurs de toute la série : brillants, émotionnels, et porteurs de messages forts.
La scène entre Sot et Yuna m’a particulièrement marqué : sa mort était déchirante, mais belle, presque symbolique lorsqu’il lui « donnait la main » pour son mariage futur. La musique chorale a sublimé le moment.
Les décors et effets visuels étaient impressionnants : même une pluie de flèches massives paraissait réaliste et immersive. Côté interprétations, Arisu, Usagi, Nou, Tetsu et le Veilleur ont été magistraux. Le regard perçant de ce dernier donnait réellement l’impression de sonder l’âme d’Arisu. Le face-à-face final avec Usagi et son père, l’aidant à choisir la vie, fut également très puissant.
Avec seulement six épisodes (souvent longs de plus d’une heure), la saison a réussi à surpasser la 2e à mes yeux. Clore une série est toujours difficile, mais Alice in Borderland a réussi au-delà de mes attentes.
Conclusion
Voilà donc l’explication de la fin de la saison 3 d’Alice in Borderland. La série a su offrir une conclusion satisfaisante, tout en ouvrant la porte à un potentiel spin-off américain.
Et vous, qu’avez-vous pensé de cette dernière saison ?
Un hôtel qui va faire un malheur !Juin 1933. Kitty Underhay, jeune femme indépendante, vient de récupérer les rênes de l’hôtel familial, le Dolphin.
Avec Meurtre au Dolphin Hotel, Helena Dixon ouvre une nouvelle série de cozy mystery qui s’annonce déjà comme un délice pour les amateurs de whodunnits classiques à la manière d’Agatha Christie. Nous sommes en juin 1933, sur la côte anglaise, dans le charmant hôtel Dolphin que la jeune et indépendante Kitty Underhay vient de reprendre en main. L’endroit respire l’élégance et la tranquillité, entre réception étincelante, candélabres polis et agitation feutrée des femmes de chambre. Mais sous ce vernis policé se prépare un orage : l’arrivée d’une chanteuse de jazz glamour de Chicago et un bal masqué, censé être l’événement de la saison, deviennent rapidement le théâtre d’événements inquiétants.
Plusieurs chambres sont fouillées, y compris celle de Kitty, et l’on murmure qu’un rubis disparu – qui aurait appartenu à la mère de Kitty, elle-même mystérieusement disparue durant la Grande Guerre – serait la clé de toutes ces intrusions. Lorsque les cambriolages dégénèrent en agressions, puis en meurtre, l’affaire prend une tournure sanglante. La paisible façade du Dolphin se craquelle pour révéler un univers de secrets, de rancunes et de convoitises.
Kitty, héroïne aussi intrépide qu’attachante, ne se laisse pas intimider. Déterminée à protéger la réputation de son hôtel et la sécurité de ses clients, elle mène sa propre enquête. Elle trouve un allié de taille en la personne de Matthew Bryant, ex-capitaine de l’armée devenu agent de sécurité. Le duo, à la fois complémentaire et piquant, rappelle avec un charme indéniable les tandems mythiques du roman policier classique.
Helena Dixon réussit à recréer l’atmosphère raffinée et mystérieuse de l’Angleterre des années 30, où chaque détail – un bal masqué, un couloir mal éclairé, une rumeur persistante – devient une pièce du puzzle. Le style est fluide, alerte, et la tension monte par paliers, entre fausses pistes, rebondissements et révélations. Ce premier tome installe un univers riche en personnages hauts en couleur, où l’on devine déjà le potentiel pour de futures enquêtes savoureuses.
Meurtre au Dolphin Hotel est une lecture réjouissante, parfaite pour les amateurs de mystères à l’ancienne, où l’ambiance feutrée et élégante contraste avec l’ombre de la mort qui rôde. L’énigme, finement construite, s’ancre dans un contexte historique qui donne au récit une saveur particulière, avec en toile de fond le mystère du passé familial de Kitty.
Un premier volume accrocheur et addictif, qui séduira aussi bien les nostalgiques d’Agatha Christie que les lecteurs de T.E. Kinsey ou d’Elizabeth Edmondson. À la fois divertissant et intrigant, ce roman installe une héroïne forte et moderne dans un décor classique, et promet une série d’enquêtes qu’il sera difficile de lâcher.
Éditeur : Talent Editions
Date de publication : 24 septembre 2025
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 320 pages
Le destin hors du commun d’une résistante déportée.
Avec ce troisième tome, Jean-David Morvan poursuit son travail d’orfèvre autour de la figure de Simone Veil, en collaboration avec David Evrard au dessin et Walter Pezzali à l’encrage. Après avoir exploré l’enfance, l’arrestation puis la déportation de Simone Jacob à Auschwitz-Birkenau, la série entre dans une nouvelle étape, plus intime mais tout aussi bouleversante : celle du retour à la vie, de la reconstruction après l’horreur, et du lent chemin vers une parole publique qui fera d’elle l’une des plus grandes voix de la France contemporaine.
Le titre, Mais un jour dans notre vie, le printemps refleurira, porte en lui une promesse : celle de l’espérance renaissante après la nuit la plus noire. Tout l’album est traversé par cette tension entre la mémoire du traumatisme et l’exigence de vivre, entre la douleur du passé et la force d’avancer. On y découvre une Simone jeune adulte, fragile mais déterminée, marquée par l’expérience concentrationnaire mais déjà portée par une énergie incroyable, celle qui la conduira plus tard à devenir magistrate, puis femme politique.
Le scénario de Jean-David Morvan se distingue par son équilibre entre rigueur historique et intensité émotionnelle. Jamais l’emphase ne vient brouiller le récit, mais chaque dialogue, chaque séquence porte la trace d’un immense respect pour la vérité et pour la mémoire. La documentation est précise, nourrie par les témoignages et par la voix même de Simone Veil, mais elle est toujours mise au service d’une narration accessible, claire et sensible, capable de toucher un large public, des collégiens aux lecteurs adultes.
Le dessin de David Evrard, appuyé par l’encrage subtil de Walter Pezzali, joue un rôle fondamental. Par un trait expressif, parfois presque fragile, il parvient à traduire ce mélange d’humanité et de douleur. Les visages, marqués mais lumineux, disent autant que les mots la difficulté de vivre après l’indicible. La couleur, délicatement posée, fait ressortir les contrastes entre les souvenirs sombres et la lumière d’un avenir possible. L’ensemble donne à l’album une dimension visuelle poignante, qui rend palpable l’émotion.
Ce tome n’est pas seulement un chapitre supplémentaire dans une biographie : il est une véritable œuvre de transmission. En mettant en avant la force de résilience de Simone Veil, il rappelle aux lecteurs que la mémoire n’est pas qu’un devoir de rappel, mais aussi une invitation à construire un avenir différent. Le récit parle autant de la nécessité de témoigner que de la possibilité de transformer l’épreuve en engagement.
La série Simone se confirme ainsi comme un projet d’envergure, qui dépasse le cadre de la bande dessinée biographique pour devenir un outil pédagogique et citoyen. À travers elle, c’est toute une nouvelle génération qui peut découvrir la trajectoire d’une femme dont le parcours a façonné l’histoire européenne.
Avec Mais un jour dans notre vie, le printemps refleurira, Morvan, Evrard et Pezzali livrent un album puissant, à la fois hommage et leçon d’espérance. Un récit qui, sans jamais atténuer la douleur du passé, fait naître dans le cœur du lecteur une certitude : après la nuit, le printemps peut refleurir.
Éditeur : Glénat BD
Date de publication : 24 septembre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 72 pages
La série El Refugio Atómico vient tout juste d’arriver sur Netflix et elle fait déjà beaucoup parler. Sur le papier, l’idée est simple : un groupe de personnes s’enferme dans un bunker pour échapper à une catastrophe mondiale. Mais, comme souvent dans ce genre de récits, la réalité est bien plus complexe. Aujourd’hui, je vais revenir en détail sur la fin, expliquer ce qu’elle signifie, analyser les points importants de l’histoire et donner mon avis général. Alors prenez place, servez-vous quelque chose à boire, et c’est parti.
Dès le départ, la série installe une atmosphère oppressante. Les personnages, persuadés que le monde extérieur est détruit, s’enferment dans un bunker présenté comme leur seul refuge. L’espace est clos, les règles sont strictes et les tensions apparaissent très vite. Mais au fil des épisodes, on sent que quelque chose ne colle pas. Des indices disséminés ici et là laissent planer le doute : et si la catastrophe n’avait jamais eu lieu ?
Dans le dernier épisode, tout explose, au sens figuré. Max, qui a peu à peu gagné la confiance des autres, parvient à prendre le contrôle du bunker. Son objectif n’est pas seulement de survivre, mais de sauver Mimi, une jeune fille malade dont l’état s’aggrave rapidement. Pour cela, il n’a qu’une solution : sortir, affronter la surface, trouver un hôpital. Il est soutenu par Asia, la petite sœur de son ancienne compagne Anne, décédée avant les événements. Cette relation compliquée crée déjà un dilemme émotionnel fort, mais Max n’a pas le choix.
Il se prépare, enfile une combinaison pour se protéger des radiations supposées, et approche de la porte blindée. Mais Minerva, la propriétaire du bunker et véritable chef de cette machinerie, l’a compris. Elle envoie Jao pour le stopper. Pendant ce temps, Asia découvre que Mimi est morte. Elle tente de raisonner Max, de l’empêcher de sortir, mais lui est déterminé : il n’en peut plus de cette prison souterraine. C’est alors qu’Asia, dans un moment de sincérité bouleversant, lui avoue son amour. Elle n’a jamais osé le dire, pensant que c’était une trahison envers sa sœur. Max reçoit ses mots, lui promet de revenir, puis franchit la porte. La série s’achève là-dessus, sur cette ouverture qui nous laisse haletants : a-t-il découvert le vrai monde, ou seulement une autre illusion ?
Pour comprendre cette fin, il faut revenir au cœur de l’intrigue : le bunker lui-même. Contrairement à ce que tout le monde croit, il n’a jamais été construit pour sauver l’humanité. La catastrophe mondiale n’existe pas. Pas de guerre nucléaire, pas de radiation, pas de fin du monde. Tout est une invention de Minerva et de son frère. Leur objectif est purement financier : escroquer les plus riches en leur vendant une place dans un abri de luxe. Pour y parvenir, ils ont déployé une mise en scène impressionnante. Minerva a créé des environnements trompeurs, a tourné une fausse vidéo d’une dizaine de minutes montrant un monde détruit, irradié, chaotique. Les pensionnaires, terrifiés, ont cru à ce spectacle et ont accepté leur enfermement.
Ce plan machiavélique ne se limite pas à enfermer quelques milliardaires crédules. Minerva a également profité de la situation pour escroquer leurs familles, leur soutirant encore plus d’argent. Le plus effrayant, c’est que cette supercherie n’était programmée que pour durer trois semaines. Ensuite ? On ne sait pas. Les créateurs de la série laissent volontairement cette zone d’ombre. Venaient-ils éliminer les pensionnaires ? Lancer une nouvelle illusion pour prolonger le confinement ? Tout est possible. Mais c’était sans compter sur Max, la variable imprévue qui menace de tout faire s’effondrer.
Le personnage de Max est fascinant parce qu’il incarne à la fois la rébellion et le doute. Contrairement aux autres, il ne se laisse pas berner par les images ou les discours de Minerva. Sa volonté de chercher la vérité le pousse à prendre tous les risques, même celui de mourir à la surface. Mais le twist, c’est que la série ne nous dit jamais clairement ce qu’il découvre. Est-il vraiment sorti dans le monde réel ? Ou Minerva avait-elle prévu ce scénario, avec une nouvelle illusion prête à le piéger ? On sait qu’elle a toujours un coup d’avance, et ce doute final est précisément ce qui rend la conclusion si troublante.
Un autre fil narratif important, c’est la relation entre Max et Asia. Tout au long de la série, une tension sous-jacente se développe. Asia est la petite sœur d’Anne, l’ancienne compagne de Max, morte avant les événements. Elle est partagée entre sa fidélité à la mémoire de sa sœur et ses propres sentiments. Max, de son côté, est tiraillé entre son deuil, sa volonté de survivre et son attirance pour Asia. Ce n’est qu’au moment du final que la vérité éclate : Asia l’aime depuis longtemps. Cette confession bouleverse la dynamique et donne une profondeur émotionnelle supplémentaire au cliffhanger.
Ce choix scénaristique, de mêler le suspense d’un thriller avec les émotions d’un drame intime, rappelle d’ailleurs les codes déjà utilisés par les créateurs de La Casa de Papel. On y retrouve le goût pour les intrigues en huis clos, les jeux de manipulation psychologique et les relations complexes entre les personnages. El Refugio Atómico n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est aussi une critique sociale. Elle pointe du doigt la cupidité des riches, la vulnérabilité des foules face à la peur, et la façon dont certains peuvent exploiter ces peurs pour en tirer profit.
Le bunker devient une métaphore : une prison dorée où l’on s’enferme volontairement parce qu’on préfère croire à une illusion rassurante plutôt qu’affronter la vérité. Max, en refusant cette illusion, incarne le besoin de liberté et de vérité, même au risque de tout perdre.
Au final, cette série nous laisse avec plus de questions que de réponses. Max est-il libre ou piégé ? Asia et lui auront-ils une chance de se retrouver ? Minerva a-t-elle encore un plan en réserve ? Tout est laissé en suspens, et cette ambiguïté nourrit la réflexion bien après le visionnage.
Sur le plan narratif, El Refugio Atómico est une réussite. Dès le premier épisode, on est accroché, on veut comprendre, on cherche les indices. Le rythme est soutenu, les retournements nombreux, et même si certains passages paraissent parfois un peu longs ou trop explicites, la tension reste constante. Le final, ouvert, frustrera sans doute une partie du public, mais il est parfait pour nourrir des théories et créer l’attente d’une éventuelle saison deux.
Personnellement, j’ai vraiment apprécié l’expérience. Ce mélange de thriller psychologique, de science-fiction et de drame humain fonctionne bien. L’esthétique est soignée, l’atmosphère angoissante, et les personnages, même secondaires, ont tous quelque chose à défendre. Pour moi, c’est un solide huit sur dix.
Disponible sur Netflix, Same Day with Someone ressemble au départ à une comédie romantique classique sur fond de boucle temporelle. Mais ce film thaïlandais signé Rangsima Aukkarawiwat et Yanyong Kuruangkura se distingue en apportant une dimension plus profonde, centrée sur l’amitié, la solidarité et la responsabilité.
Le vrai sens de la boucle
Dès le début, Mesa explique que « l’histoire se répète toujours si nous n’en tirons pas les leçons » et que chacun est comme un fil d’un tissu plus grand. C’est précisément ce qu’elle va comprendre au fil de la boucle du 8 août.
Convaincue que ses problèmes viennent du musée et de sa rupture, Mesa réalise que l’essentiel est ailleurs : son amie de toujours, Ning, mène une vie marquée par la solitude et les violences d’un compagnon abusif. Le drame entendu aux infos — une femme qui s’est jetée d’un pont — concernait en réalité Ning.
Sauver Ning
Quand Mesa découvre les cicatrices de son amie et son véritable nom, elle comprend enfin que la clé est simple : empêcher Ning de se suicider. En choisissant d’être présente pour elle, Mesa brise la boucle. Ce geste d’amitié devient plus fort que tous ses échecs personnels.
Avec l’aide de Ben, qui alerte les secours, elle parvient à sauver Ning. Ce geste change tout : Mesa apprend à regarder au-delà de ses propres désillusions et trouve une forme de rédemption.
Une seconde chance
La boucle se brise : Mesa se réveille le 9 août, Ben à ses côtés. Son ex, Tul, voulait rompre depuis longtemps — un fil narratif qui s’efface naturellement. Ben, lui, part étudier, et leur histoire d’amour se construit désormais à distance, mais sur des bases solides.
De son côté, Ning gagne en force : elle rompt avec son compagnon violent et échappe ainsi au cycle destructeur qu’avait déjà connu sa mère. Une autre boucle est brisée.
Une fin lumineuse
La déesse du ruban rouge réapparaît une dernière fois pour remercier Mesa d’avoir fait du musée un lieu de mémoire et d’avoir redonné sens à ses vœux d’enfant. Puis elle disparaît, car Mesa n’a plus besoin d’elle : elle a trouvé sa propre voie.
En conclusion, la fin de Same Day with Someone est résolument optimiste : Mesa a appris à aimer autrement, Ning a repris sa vie en main, et la boucle temporelle s’est transformée en une métaphore de guérison et de renaissance.
La série Black Rabbit, disponible sur Netflix, suit deux frères très différents, obligés de s’unir pour affronter les côtés les plus sombres de New York. Mais leurs propres blessures et leurs secrets les rattrapent inexorablement.
La vérité éclate
Le final révèle enfin le lourd secret qui hantait la famille : Vince avoue avoir tué leur père des années plus tôt. Une nuit de violence qui s’était conclue quand Vince, adolescent, avait frappé son père avec une boule de bowling. Leur mère avait ensuite étouffé l’affaire avec l’aide de Mancuso.
Jake n’est pas surpris. Il confie qu’il savait déjà, et cette confession met brutalement fin à des années de silence et de mensonges entre eux. Cette vérité explique tout : la dette morale de Vince, sa spirale d’autodestruction, et l’emprise que Mancuso a toujours exercée sur leur famille.
La chute de Vince, le choix de Jake
Rongé par la culpabilité, Vince finit par mourir peu après ses aveux, laissant Jake seul face aux décombres. Ce dernier ferme définitivement le Black Rabbit, transmet les preuves contre Jules à la police et prend ses distances avec le monde qui les a détruits.
Et les autres ?
Pendant ce temps, Roxie et Tony lancent un nouveau restaurant, en hommage à Anna, l’hôtesse assassinée. Estelle poursuit sa carrière dans le design, rompant ses liens avec Jake et Wes. Mancuso, marqué par la disparition de Vince, choisit finalement d’épargner Jake, tournant ainsi une page.
Une nouvelle vie
La dernière scène montre Jake derrière un bar, menant une existence plus simple, et assistant au cours de danse de son fils. Loin du chaos, il tente enfin de reconstruire quelque chose de stable.
La fin de la saison 1 souligne un message fort : les secrets et les violences du passé ont détruit le Black Rabbit et consumé une famille entière. Pour Jake, la seule solution était de tout quitter pour espérer un nouveau départ.
Catastrophe ! La meilleure amie de Marion est amoureuse d’un bellâtre nommé Bruno. Marion est consternée, mais quand Nina lui demande de l’aide pour répondre aux messages qu’il lui envoie, elle ne peut pas refuser.
Avec Les Journaux (pas si intimes) de Marion, Faustina Fiore signe un roman drôle et vif qui explore les affres de l’adolescence, ses élans contradictoires et ses petites catastrophes du quotidien. Tout commence par une situation à la fois banale et explosive : Nina, la meilleure amie de Marion, tombe amoureuse d’un certain Bruno. Problème, aux yeux de Marion, ce bellâtre n’a rien d’exceptionnel. Mais par loyauté et curiosité, elle accepte de l’aider à répondre à ses messages. Et comme Marion a toujours aimé écrire, ce qui devait être un simple coup de main devient bientôt un véritable jeu… qui la rapproche dangereusement de Bruno.
Faustina Fiore décrit avec une ironie tendre la confusion des sentiments adolescents, entre amitié, désir, jalousie et premiers émois. Marion, héroïne irrésistible par son humour et son irrévérence, capte l’attention dès les premières pages. Sa voix, pleine de spontanéité et de maladresse assumée, rend la lecture d’autant plus vivante et permet aux lecteurs jeunes comme moins jeunes de s’identifier à ses dilemmes. Derrière la légèreté des situations se cache une vraie finesse psychologique : comment rester fidèle à une amitié sans étouffer ses propres envies ? Jusqu’où aller pour plaire aux autres ? Et que faire quand l’écriture, ce terrain intime, devient l’espace où naît la trahison ?
Les illustrations pétillantes de Sess Boudebesse accompagnent le texte et accentuent son énergie comique, renforçant ce ton à la fois décapant et accessible. Le roman joue ainsi avec les codes du journal intime et de la comédie adolescente, tout en parlant avec franchise des questions qui agitent les jeunes lecteurs.
Les Journaux (pas si intimes) de Marion est à la fois une chronique d’ados pleine de fraîcheur et une réflexion légère mais juste sur l’amitié, la loyauté et l’éveil des sentiments. Un livre vif, drôle et attachant, qui séduira aussi bien les lecteurs en quête d’identification que ceux qui veulent retrouver, avec un brin de nostalgie, l’énergie pétillante de l’adolescence
Éditeur : Poulpe Fictions
Date de publication : 2 octobre 2025
Édition : Illustrated
Langue : Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : 176 pages
Après trois saisons, L’Été où je suis devenue jolie s’achève sur Amazon Prime Video, et les spectateurs découvrent enfin le choix de Belly entre Conrad et Jeremiah.
Belly et Conrad
Après des années de doutes, Belly réalise à Paris que ses sentiments pour Conrad ne se sont jamais éteints. Elle tente d’abord de le repousser pour qu’il rejoigne sa conférence à Bruxelles, mais finit par courir après lui à la gare. Dans une scène très attendue par les fans, avec Out of the Woods de Taylor Swift en fond sonore, elle lui avoue qu’elle l’aime encore.
Conrad lui avait offert une petite bouteille remplie de sable de Cousins, symbole de leur histoire. Belly, émue, lui rend son amour et tous deux passent enfin une nuit ensemble à Paris. Le final confirme donc que Belly choisit Conrad, son premier amour.
Jeremiah
De son côté, Jeremiah trouve lui aussi une forme de sérénité. Resté à Cousins, il organise un grand dîner dans la maison familiale. Une complicité naît avec Denise, et après l’avoir embrassée, il semble prêt à tourner la page et à se consacrer à sa passion pour la cuisine. Dans un moment touchant, Adam lui avoue être fier de lui, ce qui offre à Jeremiah une conclusion apaisée.
Taylor et Steven
Le couple tant attendu se concrétise enfin : Taylor et Steven décident de bâtir leur avenir ensemble à San Francisco, après que Steven ait obtenu le financement de son entreprise. Taylor lui confie qu’elle n’a plus peur d’aimer, et qu’ils doivent avancer côte à côte.
Une fin douce-amère
La saison se termine sur une note à la fois joyeuse et nostalgique. Jeremiah réunit tout le monde autour de son dîner, tandis que Belly et Conrad s’ouvrent à un avenir commun. Même si Belly ne retourne pas immédiatement à Cousins cet été-là, elle finira par y revenir.
Ainsi s’achève la série : entre rires, larmes et réconciliations, Belly choisit Conrad, et les fans obtiennent enfin la conclusion romantique qu’ils attendaient depuis la saison 1.
Le K-drama Twelve raconte l’histoire de douze anges inspirés du zodiaque oriental, vivant parmi les humains pour protéger la Terre contre des forces obscures. Des siècles plus tôt, ils avaient emprisonné un esprit destructeur. Mais lorsque ce dernier se libère, les anges sont forcés de reprendre les armes pour éviter le chaos.
Dans le final, tout converge vers un affrontement brutal contre Sa-min.
La bataille finale
Sa-min s’est imposé comme une menace redoutable : il a manipulé O-gwi, corrompu Hae-tae et même ressuscité des anges déchus pour en faire ses soldats. Face à lui, les anges sont épuisés, et même Tae-san, le plus endurant, finit au sol.
Alors que Mir semblait perdue, O-gwi intervient. Ancien serviteur de Sa-min, il choisit cette fois d’agir par amour et d’aider Mir et Tae-san. Mais ce choix lui coûte la vie : poignardé par Sa-min, il meurt sous les yeux de ceux qu’il voulait sauver. Son sacrifice galvanise Tae-san, qui trouve la force de se relever et de vaincre définitivement l’ennemi.
Un prix amer
La victoire des anges permet de sceller la « bouche de l’enfer », privant le mal de son passage vers le monde humain. Mais cette paix retrouvée a un prix lourd : Hae-tae est perdu, et Mir doit affronter une nouvelle fois la mort d’O-gwi, l’homme qu’elle a aimé par le passé et qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.
Pour Mir, cette perte est insupportable : l’histoire se répète, et elle reste impuissante face au destin.
Un battement de cœur
Pourtant, la série sème le doute. Dans les toutes dernières minutes, Mir retourne sur le lieu où elle avait partagé un fragment de vie avec O-gwi. Là, elle perçoit quelque chose d’inattendu : son cœur bat encore. Tae-san aussi avait ressenti cette étrange vibration dans les ruines.
Cette révélation suggère qu’O-gwi n’est peut-être pas entièrement perdu. Son retour reste possible… mais la question est de savoir s’il reviendra guidé par l’amour ou par les ténèbres.
Une fin ouverte
La saison 1 se conclut donc sur une double note :
une victoire éclatante, puisque Sa-min est vaincu et les anges peuvent à nouveau vivre parmi les humains,
mais aussi une ombre persistante, car le sacrifice, la douleur et l’ambiguïté demeurent.
Le battement de cœur d’O-gwi symbolise cette frontière fragile entre l’amour et le mal, entre la paix et la guerre. C’est un avertissement : les batailles peuvent être gagnées, mais la lutte contre les ténèbres n’est jamais finie.
Cette fin ouvre clairement la porte à une saison 2, et laisse les spectateurs partagés entre l’espoir et l’appréhension.