Palestine 36 De Annemarie Jacir | Par Annemarie Jacir Avec Hiam Abbass, Kamel El Basha, Jalal Altawil

Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.

Palestine 36 revient sur un moment déterminant de l’histoire palestinienne : la grande révolte arabe de 1936-1939, déclenchée alors que la Palestine se trouve sous mandat britannique. Annemarie Jacir choisit d’aborder cette période non comme une simple reconstitution historique, mais à hauteur d’hommes et de femmes confrontés aux bouleversements politiques, sociaux et humains d’un territoire dont l’avenir est en train de se décider.

En 1936, la contestation contre l’administration britannique et les transformations qui traversent la Palestine prend une ampleur nouvelle. Les revendications d’indépendance se renforcent et la résistance s’organise. Dans ce contexte de tensions grandissantes, le film suit plusieurs trajectoires individuelles prises dans un mouvement historique qui les dépasse.

L’écriture d’Annemarie Jacir trouve précisément sa force dans cette articulation entre destin collectif et expériences personnelles. Plutôt que de transformer ses personnages en simples représentants d’un événement historique, la réalisatrice s’intéresse à leurs choix, leurs hésitations, leurs liens familiaux et aux conséquences très concrètes de l’engagement politique sur leur quotidien.

Cette approche permet à Palestine 36 d’éviter la froideur de la reconstitution académique. La grande Histoire demeure constamment présente, mais elle se manifeste dans les villages, les maisons, les conversations et les déplacements. Le film rappelle ainsi qu’une révolte ne se résume jamais à ses dirigeants ou à ses affrontements : elle bouleverse également ceux qui tentent simplement de continuer à travailler, aimer et protéger leur famille.

Hiam Abbass apporte au récit une présence remarquable. Son jeu, d’une grande économie, inscrit immédiatement son personnage dans cette mémoire collective que le film cherche à préserver. Kamel El Basha possède une intensité tout aussi importante, tandis que Jalal Altawil contribue à cette dimension chorale où plusieurs générations et sensibilités se confrontent.

La mise en scène privilégie les paysages et les espaces collectifs sans sacrifier l’intimité des personnages. Annemarie Jacir accorde une importance particulière aux lieux, à la terre et à la manière dont les individus y sont enracinés. Cette dimension géographique devient naturellement politique : lorsqu’un territoire est au cœur d’un conflit, habiter quelque part constitue déjà une question d’appartenance.

La réalisatrice prend également le temps d’exposer la complexité de la période. Le mandat britannique, les aspirations nationales palestiniennes et les différentes stratégies de résistance constituent l’arrière-plan d’un récit qui demande une certaine attention. Cette densité historique pourra parfois donner au film une dimension didactique, mais elle permet surtout de restituer une période rarement représentée au cinéma avec une telle ampleur.

Le regard porté sur 1936 résonne inévitablement avec l’histoire qui suivra. Le film n’a cependant pas besoin de constamment souligner ces correspondances : la connaissance du devenir de la région donne naturellement aux événements une dimension tragique supplémentaire.

Ambitieux, ample et profondément ancré dans la mémoire palestinienne, Palestine 36 réussit à conjuguer fresque historique et destins individuels. Annemarie Jacir restitue un épisode essentiel et encore trop peu connu de l’histoire du territoire sans perdre de vue ceux qui l’ont vécu. Porté notamment par la présence remarquable de Hiam Abbass, un film historique dense et nécessaire, qui fait de la mémoire l’un de ses principaux enjeux.

Le Cri des gardes De Claire Denis | Par Claire Denis, Suzanne Lindon Avec Isaach de Bankolé, Matt Dillon, Mia McKenna-Bruce

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur, partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury. Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier…

Le Cri des gardes retrouve un territoire essentiel du cinéma de Claire Denis : celui des rapports de domination, des héritages coloniaux et de la violence qui circule entre les corps avant même d’éclater. Sur un chantier d’Afrique de l’Ouest, la cinéaste installe quelques personnages derrière des grilles et transforme progressivement cet espace en huis clos politique et moral.

Horn dirige un vaste chantier de travaux publics. Il partage une habitation provisoire avec Cal, jeune ingénieur, dans une enceinte réservée aux Blancs et protégée par une double grille. L’arrivée d’Europe de Leone, future épouse de Horn, devrait constituer l’événement de la soirée. Mais un homme surgit derrière les barrières. Il s’appelle Alboury et formule une demande aussi simple qu’inflexible : récupérer le corps de son frère, mort sur le chantier. Il ne partira pas sans lui.

À partir de cette confrontation, Claire Denis et Suzanne Lindon construisent un récit fondé moins sur l’action que sur l’attente. Un homme demande un corps ; ceux qui détiennent le pouvoir doivent décider s’ils acceptent de le lui rendre. Derrière cette situation apparemment élémentaire apparaît progressivement tout un système de rapports économiques, sociaux et raciaux.

Les grilles deviennent naturellement le symbole central du film. Elles prétendent protéger ceux qui vivent à l’intérieur mais matérialisent surtout la séparation entre deux mondes qui occupent pourtant le même territoire. Claire Denis exploite cette frontière physique avec une remarquable précision : celui que les personnages considèrent comme un intrus est aussi celui qui vient leur rappeler une réalité qu’ils préféreraient maintenir à l’extérieur.

Isaach de Bankolé impose une présence remarquable. Son personnage n’a pas besoin d’élever constamment la voix pour devenir le centre de gravité du récit. Son attente, son obstination et son refus de disparaître produisent une tension beaucoup plus forte que n’importe quelle démonstration de violence.

Matt Dillon incarne efficacement une autorité dont l’assurance se fissure à mesure que la nuit avance. Face à lui, Mia McKenna-Bruce apporte le regard d’une nouvelle arrivante qui découvre progressivement les règles implicites du lieu et la violence sur laquelle repose son apparente tranquillité.

La mise en scène refuse toute surenchère. La nuit, les bruits du chantier, les éclairages artificiels et les barrières métalliques suffisent à construire une atmosphère de menace permanente. L’espace paraît vaste, mais les personnages semblent paradoxalement enfermés. Claire Denis filme les distances entre les individus autant que leurs échanges, laissant les silences exprimer ce que les dialogues ne peuvent ou ne veulent pas formuler.

Le corps absent devient alors le véritable enjeu politique du film. Derrière la demande d’Alboury se pose une question fondamentale : quelle valeur accorde-t-on à la vie d’un homme lorsque celui-ci appartient à ceux qui travaillent dans l’ombre d’un système économique dont d’autres récoltent les bénéfices ?

Cette approche volontairement austère pourra dérouter. Le Cri des gardes refuse les explications appuyées et préfère installer une tension lente, parfois inconfortable. Mais cette radicalité correspond précisément à son sujet.

Dense, tendu et profondément politique, Le Cri des gardes transforme une demande élémentaire — rendre un corps à sa famille — en confrontation avec les rapports de pouvoir et les traces persistantes du colonialisme. Claire Denis signe un huis clos nocturne d’une grande maîtrise, dominé par l’impressionnante présence d’Isaach de Bankolé. Un film exigeant, qui fait du silence, de l’attente et de l’espace les véritables instruments de sa violence.

Yellow Letters De İlker Çatak | Par İlker Çatak, Ayda Çatak Avec Özgü Namal, Tansu Biçer, Leyla Smyrna Cabas

Professeur à la faculté d’Ankara, Aziz reçoit la « lettre jaune » qui lui signifie arbitrairement sa révocation. Quand sa femme Derya, célèbre comédienne au théâtre national, la reçoit à son tour, c’est le coup de grâce pour le couple. L’un et l’autre, condamnés pour leurs idées, sont obligés de se réfugier à Istanbul chez la mère d’Aziz. Le compromis entre cette précarité nouvelle et leur engagement politique va mettre leur mariage à l’épreuve.

Yellow Letters confirme l’intérêt d’İlker Çatak pour les individus confrontés à des institutions qui les dépassent. Après avoir exploré les mécanismes de suspicion et de pouvoir dans La Salle des profs, le cinéaste déplace son regard vers la Turquie et fait de la répression politique le point de départ d’un drame conjugal particulièrement intime. Cosigné avec Ayda Çatak, le film observe moins le pouvoir lui-même que les dégâts qu’il provoque dans la vie de ceux qu’il décide de marginaliser.

Aziz est professeur à l’université d’Ankara lorsqu’il reçoit une « lettre jaune » lui annonçant arbitrairement sa révocation. Sa femme Derya, comédienne reconnue du théâtre national, subit bientôt le même sort. En quelques décisions administratives, le couple perd son statut, ses revenus et une grande partie de l’existence qu’il avait construite.

Contraints de rejoindre Istanbul et de s’installer chez la mère d’Aziz, ils découvrent une précarité à laquelle rien ne les avait préparés. Mais l’épreuve matérielle n’est que la première conséquence de leur exclusion. Le véritable conflit apparaît lorsqu’il devient nécessaire de déterminer jusqu’où chacun est prêt à aller pour rester fidèle à ses convictions.

İlker et Ayda Çatak ont l’intelligence de ne pas transformer leurs personnages en symboles. Aziz et Derya partagent certaines valeurs, mais ne vivent pas leur mise à l’écart de la même manière. Lorsque travailler, créer ou simplement préserver une vie familiale impose des compromis, les certitudes idéologiques deviennent beaucoup plus difficiles à défendre.

C’est précisément dans cette confrontation entre le politique et l’intime que Yellow Letters trouve sa plus grande force. La répression ne s’exprime pas seulement à travers une décision officielle. Elle pénètre progressivement le foyer, modifie les rapports de pouvoir dans le couple et transforme chaque choix quotidien en question morale.

Özgü Namal livre une interprétation remarquable de Derya. Son personnage refuse progressivement de n’être défini que par ce qu’on lui interdit de faire. L’actrice traduit avec beaucoup de finesse la colère, la frustration mais également le besoin de continuer à exister comme artiste.

Face à elle, Tansu Biçer compose un Aziz plus intérieur, dont les convictions se heurtent progressivement aux conséquences très concrètes de leur nouvelle situation. Leur complémentarité donne au film sa véritable tension : derrière le combat politique se joue également la survie d’un mariage. Leyla Smyrna Cabas complète avec justesse cette distribution dominée par les non-dits et les rapports familiaux.

La mise en scène d’İlker Çatak demeure précise et contenue. Le réalisateur évite les grandes démonstrations et laisse la violence institutionnelle apparaître à travers ses conséquences : appartements trop étroits, dépendance financière, conversations interrompues, humiliations quotidiennes. Istanbul n’est pas filmée comme une échappatoire, mais comme le décor d’un exil intérieur.

Le rythme volontairement mesuré pourra sembler austère, mais cette retenue évite au film de devenir un manifeste. Yellow Letters demeure avant tout l’histoire de deux personnes qui découvrent que partager des convictions ne garantit pas de savoir comment en payer ensemble le prix.

Sobre, politique et profondément humain, Yellow Letters réussit à faire de la répression institutionnelle une expérience intime. İlker Çatak observe avec une grande finesse la manière dont la perte du travail, du statut et de la liberté artistique finit par contaminer l’amour lui-même. Özgü Namal et Tansu Biçer donnent une remarquable densité à ce couple confronté à une question douloureuse : jusqu’où rester fidèle à ses principes lorsque toute une existence menace de s’effondrer ?

Plus forts que le diable De Graham Guit | Par Graham Guit Avec Melvil Poupaud, Asia Argento, Marine Vacth

Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…

Plus forts que le diable signe le retour de Graham Guit à un cinéma volontiers excessif, peuplé de personnages cabossés et gouverné par une forme d’imprévisibilité permanente. Sous les apparences d’une histoire de retrouvailles entre un père et son fils, le réalisateur compose une comédie noire où la famille devient le point de départ d’un joyeux désastre.

Valentin n’a plus grand-chose : ni argent, ni véritable stabilité, et encore moins une existence dont il pourrait être fier. Après vingt années d’absence, il réapparaît dans la vie de son fils Joseph. Ces retrouvailles auraient pu ouvrir la voie à une tentative de réconciliation. Elles vont surtout provoquer une succession de catastrophes qui entraînent Joseph et sa femme Alice dans un univers dont ils ignoraient jusque-là les règles.

Autour d’eux gravitent JP, Mila et Gigi, personnages qui contribuent à faire basculer progressivement le récit dans une forme de folie collective. Graham Guit ne cherche pas véritablement la vraisemblance. Il préfère observer ce qui se produit lorsqu’un individu incapable de contrôler sa propre existence fait irruption dans celle, apparemment mieux organisée, de son entourage.

Le scénario fonctionne ainsi davantage par collisions que selon une progression classique. Les situations s’enchaînent, les personnages se croisent et les mauvaises décisions produisent presque systématiquement de nouvelles catastrophes. Cette écriture volontairement désordonnée donne au film son énergie, même si elle peut parfois créer une impression de dispersion.

Melvil Poupaud trouve en Valentin un personnage particulièrement réjouissant. Il en assume les contradictions sans chercher à le rendre artificiellement sympathique. Pathétique, séduisant, irresponsable et parfois touchant, Valentin possède cette capacité à entraîner tous ceux qui l’entourent dans sa propre fuite en avant.

Asia Argento s’intègre parfaitement à cet univers excessif. Sa présence apporte une énergie imprévisible qui correspond idéalement au ton recherché par Graham Guit. Marine Vacth joue davantage sur la retenue et offre un contrepoint nécessaire à cette galerie de personnalités explosives.

La mise en scène épouse cette agitation. Le film préfère le mouvement, les ruptures de ton et les changements de rythme à une narration parfaitement ordonnée. La comédie côtoie le drame familial, tandis qu’une forme de polar décalé semble régulièrement vouloir s’inviter dans l’histoire. Cette liberté constitue autant la qualité que la limite du projet.

Car Plus forts que le diable ne fonctionne pas toujours avec la même précision. Certaines digressions paraissent superflues et le goût du film pour l’excès peut parfois prendre le dessus sur ses personnages. Mais cette absence de sagesse possède aussi quelque chose de rafraîchissant dans un cinéma français souvent beaucoup plus balisé.

Derrière le chaos subsiste enfin une question plus intime : peut-on réellement revenir dans la vie de quelqu’un après vingt ans d’absence ? Le film ne cherche heureusement aucune réponse facile. Valentin ne peut effacer le passé simplement parce qu’il décide soudainement de redevenir père.

Imparfait mais réjouissant dans ses meilleurs moments, Plus forts que le diable est une comédie noire familiale qui préfère le chaos à la bienséance. Graham Guit dirige un Melvil Poupaud particulièrement inspiré et retrouve chez Asia Argento une partenaire idéale pour cet univers excessif. Un film libre, parfois désordonné, souvent imprévisible, mais suffisamment singulier pour ne jamais laisser indifférent.

Sukkwan Island De Vladimir de Fontenay | Par Vladimir de Fontenay Avec Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti

Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve.

Vladimir de Fontenay adapte le roman de David Vann en privilégiant une approche intime et dépouillée, portée par la relation fragile entre un père et son fils. Tom décide d’emmener son garçon de treize ans vivre pendant une année sur une île isolée du Grand Nord. Loin de la civilisation et du quotidien, il espère que cette expérience leur permettra de se rapprocher et de retrouver quelque chose qu’ils semblent avoir perdu.

Le décor est immédiatement saisissant. Face à une nature immense et majestueuse, les deux personnages paraissent minuscules. L’île devait être un refuge, presque une promesse de nouveau départ, mais l’isolement transforme progressivement cette expérience en véritable épreuve. Le froid, les difficultés matérielles et l’absence de contact avec le monde extérieur font disparaître les échappatoires habituelles.

Il ne reste bientôt plus qu’un père et son fils face à eux-mêmes.

C’est dans cette confrontation que le film trouve sa force. Tom veut reconstruire une relation, mais partir au bout du monde ne suffit pas à effacer les blessures ni les incompréhensions. Plus les conditions deviennent difficiles, plus les fragilités de chacun apparaissent. La nature ne répare rien par magie : elle oblige simplement les personnages à affronter ce qu’ils auraient peut-être préféré éviter.

Swann Arlaud apporte à Tom une vulnérabilité particulièrement intéressante. Derrière la volonté du père de reprendre le contrôle se dessine un homme beaucoup moins solide qu’il ne voudrait le montrer. Face à lui, Woody Norman incarne avec justesse un adolescent partagé entre l’attachement qu’il porte encore à son père et les tensions provoquées par cette situation extrême.

Vladimir de Fontenay utilise intelligemment les paysages du Grand Nord. Ils ne constituent jamais un simple décor spectaculaire. L’immensité extérieure contraste constamment avec l’enfermement psychologique des personnages. Plus l’espace autour d’eux semble infini, plus leur relation paraît étouffante.

Le film interroge également le fantasme du retour à une vie sauvage. Quitter la société, se débarrasser du superflu et recommencer ailleurs peut sembler séduisant. Mais l’isolement ne fait pas disparaître les problèmes que l’on emporte avec soi. Au contraire, il peut les rendre impossibles à ignorer.

La mise en scène prend le temps d’installer cette tension et de laisser les silences occuper une place importante. Le danger ne vient pas uniquement des conditions climatiques ou de l’environnement hostile : il naît aussi de ce qui se joue entre ces deux êtres incapables de toujours trouver les mots pour se comprendre.

Sukkwan Island devient alors moins un récit de survie traditionnel qu’un drame familial sous tension, où survivre signifie également préserver un lien qui menace de se briser.

Un film âpre, sensible et profondément humain, porté par ses interprètes et par une nature aussi magnifique qu’impitoyable. Une expérience de survie qui se transforme progressivement en confrontation intime entre un père, son fils et tout ce qu’ils n’ont jamais réussi à se dire.

Pour le meilleur De Marie-Castille Mention-Schaar Avec Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux, Sandrine Bonnaire

Achat : https://amzn.to/4pQvERj

L’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon, un homme privé de ses quatre membres et de Suzana, une femme qui va lui redonner l’énergie et la possibilité d’avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage.

Avec Pour le meilleur, Marie-Castille Mention-Schaar adapte l’incroyable histoire de Philippe Croizon avec une grande sincérité. Plus qu’un biopic consacré à un exploit sportif hors norme, le film raconte avant tout une renaissance, portée par l’amour, la résilience et une volonté de vivre qui semble inépuisable. Inspiré d’une histoire vraie, le long métrage retrace le parcours de Philippe Croizon après son accident et sa reconstruction aux côtés de Suzana, jusqu’à son rêve de traverser la Manche à la nage.

Le scénario évite de réduire son héros à son handicap. S’il montre les épreuves physiques et psychologiques qu’il traverse, il met surtout en lumière la relation amoureuse qui transforme son existence. Suzana devient le moteur de cette seconde vie, celle où les limites paraissent soudain moins infranchissables. Le film rappelle avec justesse que les plus grandes victoires naissent souvent de la confiance accordée par les autres.

Pierre Rabine, lui-même quadri-amputé, impressionne par la vérité de son interprétation. Son jeu, d’une grande sobriété, apporte une authenticité rare au personnage de Philippe Croizon. Face à lui, Lilly-Fleur Pointeaux incarne une Suzana lumineuse, pleine d’énergie et de bienveillance, dont la présence donne au film une émotion constante. La participation de Sandrine Bonnaire vient renforcer la solidité de cette distribution.

La mise en scène privilégie l’émotion à la démonstration. Marie-Castille Mention-Schaar filme les moments d’intimité avec beaucoup de délicatesse et réserve les séquences liées aux exploits sportifs à des instants de véritable dépassement de soi. Le résultat est un film qui touche davantage par son humanité que par le spectaculaire.

Au-delà du récit d’un homme devenu un symbole du courage, Pour le meilleur célèbre la force d’un couple. Il rappelle que les rêves les plus fous deviennent parfois possibles lorsqu’ils sont portés par l’amour, la détermination et une confiance inébranlable.

Un biopic profondément inspirant, porté par des interprètes d’une grande justesse. Marie-Castille Mention-Schaar signe un film lumineux qui transforme une histoire extraordinaire en une magnifique déclaration d’amour à la vie.

Un jour avec mon père De Akinola Davies | Par Akinola Davies, Wale Davies Avec Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo

Achat : https://amzn.to/4vJ3Xep

Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.

Avec Un jour avec mon père, Akinola Davies signe un premier long métrage d’une grande finesse, inspiré de son propre vécu. À travers le regard de deux enfants, il raconte une journée ordinaire qui devient le reflet d’un pays au bord du basculement. Entre chronique familiale et drame politique, le film offre un portrait profondément humain du Nigeria des années 1990.

L’action se déroule à Lagos, en 1993, alors que le pays traverse une grave crise électorale. Le temps d’une journée, un père emmène ses deux jeunes fils parcourir la ville. Derrière cette escapade en apparence anodine se dessinent les tensions d’une nation fragilisée par les incertitudes politiques, tandis que les enfants découvrent peu à peu la complexité du monde qui les entoure.

Le scénario impressionne par sa simplicité apparente. Sans grands discours ni démonstrations, Akinola Davies montre comment les bouleversements historiques s’immiscent dans le quotidien des familles. La relation entre ce père souvent absent et ses deux fils constitue le véritable cœur du récit, donnant au film une portée universelle qui dépasse largement son contexte historique.

Sope Dirisu livre une interprétation tout en retenue. Son personnage, à la fois protecteur, mystérieux et imparfait, incarne un homme cherchant à transmettre quelque chose à ses enfants avant que les événements ne le dépassent. Les jeunes Chibuike Marvellous Egbo et Godwin Egbo apportent une spontanéité remarquable, donnant au film une authenticité bouleversante.

La mise en scène privilégie un réalisme immersif. Les rues animées de Lagos deviennent un personnage à part entière, captées avec une caméra proche des corps et attentive aux détails du quotidien. Cette approche documentaire renforce la sensation de vivre cette journée aux côtés des personnages, tout en laissant planer une tension constante liée aux événements politiques.

Au-delà de son contexte historique, Un jour avec mon père parle de transmission, de mémoire et du lien fragile entre un père et ses enfants. C’est une œuvre délicate qui rappelle que les grands bouleversements de l’Histoire se racontent aussi à travers les gestes les plus simples et les relations les plus intimes.

Un premier film d’une grande élégance, sensible et profondément humain. Akinola Davies transforme une journée ordinaire en un récit universel sur la famille, l’enfance et les fractures d’un pays en pleine mutation.

Dossier 137 De Dominik Moll | Par Dominik Moll, Gilles Marchand Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich

achat : https://amzn.to/4bQ1bNE

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Avec Dossier 137, Dominik Moll s’inscrit dans la lignée de son cinéma tendu et profondément ancré dans le réel. Après La Nuit du 12, il explore ici un nouveau terrain : celui de l’IGPN, la police des polices, à travers une enquête aussi sensible que troublante.

Au centre du récit, Léa Drucker incarne Stéphanie, enquêtrice rigoureuse confrontée à un dossier en apparence banal : une manifestation sous tension, un tir de LBD, un jeune homme blessé. Mais très vite, ce qui semblait n’être qu’une procédure administrative se fissure, laissant apparaître une réalité plus complexe, plus intime.

Dominik Moll excelle dans l’art de faire monter la tension sans jamais forcer le trait. Ici, pas d’effets spectaculaires, mais une progression lente, presque clinique, où chaque détail compte. Le film interroge avec finesse la notion de responsabilité, la difficulté de juger ses pairs, et les zones grises d’un système sous pression.

Léa Drucker livre une performance remarquable, tout en retenue. Son personnage, d’abord solide et méthodique, laisse peu à peu transparaître le doute, voire une implication personnelle inattendue. À ses côtés, Guslagie Malanda et Mathilde Roehrich complètent avec justesse un casting sobre et crédible.

La mise en scène, épurée, renforce le sentiment d’immersion. Les bureaux, les salles d’interrogatoire, les rapports… tout concourt à créer un univers réaliste, presque étouffant, où la vérité semble toujours partielle, fragmentée.

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un film à la fois politique et intime, qui évite les jugements simplistes pour mieux questionner notre rapport à l’institution, à la justice et à la vérité.

Des bonus éclairants

L’édition DVD propose des contenus particulièrement pertinents :

  • Un entretien avec Dominik Moll, qui revient sur la genèse du film et ses intentions
  • Une analyse de séquence, permettant de mieux comprendre la construction du récit et les choix de mise en scène

Des suppléments qui prolongent intelligemment la réflexion et offrent un regard précieux sur le travail du réalisateur.

Verdict

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un thriller d’enquête dense et nuancé, porté par une Léa Drucker remarquable.

Un film sobre, intelligent et profondément humain, qui laisse une empreinte durable bien après le générique.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 70 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Dominik Moll Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 51 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 25 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Guslagie Malanda, Jonathan Turnbull, Léa Drucker, Mathilde Roehrich, Stanislas Merhar Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out ASIN ‏ : ‎ B0G5B9R3S4

Insaisissables 3 De Ruben Fleischer | Par Michael Lesslie Avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco

Achat : https://amzn.to/4rB0AnD

Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé !

Avec Insaisissables 3, Ruben Fleischer relance la mécanique bien huilée de la saga en misant sur ce qui a fait son succès : un mélange de braquage, de spectacle et d’illusions toujours plus ambitieuses. Les Cavaliers sont de retour, plus joueurs que jamais, pour un nouveau tour de piste placé sous le signe de la démesure.

Jesse Eisenberg, Woody Harrelson et Dave Franco reprennent leurs rôles avec une complicité intacte, rejoints par une nouvelle génération de magiciens bien décidée à marcher dans leurs pas. Cette transmission apporte un souffle nouveau au récit, tout en conservant l’ADN de la franchise.

L’intrigue, centrée sur le vol du joyau le plus précieux au monde, entraîne les personnages dans une course contre la montre face à une organisation criminelle redoutable. Comme toujours, le film joue avec le spectateur, multipliant les faux-semblants, les retournements de situation et les illusions spectaculaires. Si certains twists restent prévisibles, l’ensemble conserve une efficacité redoutable, portée par un rythme soutenu.

Visuellement, Insaisissables 3 mise sur le grand spectacle : tours de magie grandioses, mises en scène millimétrées et séquences de braquage chorégraphiées comme de véritables numéros. Le film assume pleinement son côté divertissement, sans chercher à se prendre trop au sérieux.

Au-delà de l’action, le long-métrage explore aussi la notion d’héritage et de transmission, questionnant la place des Cavaliers dans un monde où la magie doit sans cesse se réinventer.

Au final, Ruben Fleischer livre un troisième opus efficace et spectaculaire, qui séduira les fans de la première heure tout en ouvrant la porte à une nouvelle génération.

Des bonus généreux pour prolonger le spectacle

L’édition DVD vient enrichir l’expérience avec :

  • 9 scènes coupées, qui permettent de découvrir des variations autour de certaines séquences et d’approfondir les personnages
  • Un making-of d’environ 45 minutes, particulièrement immersif, qui dévoile les coulisses des tours, la préparation des scènes et le travail des acteurs

Ces suppléments apportent un vrai plus, notamment pour les amateurs de magie et de cinéma de divertissement, curieux de comprendre les rouages de ces illusions spectaculaires.

Verdict

Ce troisième opus assume pleinement son statut de grand divertissement. Porté par un casting solide et une mise en scène efficace, il prolonge avec plaisir l’univers des Cavaliers tout en préparant la relève.

Un film spectaculaire et ludique, qui prouve que la magie opère toujours.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17,1 x 13,6 x 1,4 cm; 160 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Ruben Fleischer Format ‏ : ‎ 4K, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 52 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Justice Smith, Woody Harrelson Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo

ARCO De Ugo Bienvenu | Par Ugo Bienvenu, Félix de Givry Avec Oscar Tresanini, Margot Ringard Oldra, Vincent Macaigne

Achat : https://amzn.to/4bSez3K

En 2075, une petite fille de 10 ans, Iris, voit un mystérieux garçon vêtu d’une combinaison arc-en-ciel tomber du ciel. C’est Arco. Il vient d’un futur lointain et idyllique où voyager dans le temps est possible. Iris le recueille et va l’aider par tous les moyens à rentrer chez lui.

Avec Arco, Ugo Bienvenu signe un film d’animation d’une grande délicatesse, à la fois poétique et profondément contemporain. À travers le regard d’Iris, une fillette de 10 ans, le spectateur découvre l’arrivée d’Arco, un enfant venu d’un futur lointain et idéalisé, tombé du ciel dans une combinaison arc-en-ciel.

Très vite, une relation sincère et lumineuse se noue entre eux. Iris devient son refuge, son guide, et ensemble ils tentent de réparer l’accident du temps qui a bouleversé leurs trajectoires. Derrière cette aventure, le film explore avec finesse des thèmes universels : l’amitié, l’exil, le temps qui passe et la peur de l’avenir.

Visuellement, Arco impressionne par la finesse de son animation. Le style graphique, à la fois épuré et riche en émotions, donne vie à un univers futuriste jamais froid, toujours habité. Chaque plan semble composé comme une illustration, renforçant la dimension onirique du récit.

Mais la véritable force du film réside dans son équilibre entre émerveillement et réflexion. Sans jamais alourdir son propos, Ugo Bienvenu aborde des sujets majeurs comme le réchauffement climatique ou la transformation du monde par la technologie, en les intégrant naturellement à son récit.

Porté par un casting vocal remarquable — Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel et Oxmo Puccino — Arco s’impose comme une œuvre sensible et engagée, capable de toucher toutes les générations.

Des bonus qui prolongent l’expérience

L’édition DVD enrichit intelligemment le visionnage avec plusieurs contenus :

  • L’Entretien, court-métrage signé Ugo Bienvenu et Félix de Givry, qui permet de découvrir une autre facette de leur univers
  • Un making-of de la bande son, dévoilant le travail précis autour des ambiances et des voix
  • Un making-of de l’animatique, passionnant pour comprendre la construction visuelle et narrative du film

Ces suppléments apportent un éclairage précieux sur la fabrication du film et séduiront autant les amateurs d’animation que les curieux des coulisses.

Verdict

Avec Arco, Ugo Bienvenu livre un film d’animation rare, à la fois doux, engagé et visuellement sublime. Une œuvre qui touche autant qu’elle fait réfléchir, et dont les bonus permettent de prolonger intelligemment l’expérience.

Un véritable bijou d’animation, à découvrir et à partager.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.77:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 14,1 x 1,3 x 17,5 cm; 153 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Ugo Bienvenu Format ‏ : ‎ 4K, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 28 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 mars 2026 Langue ‏ : ‎ Français (DTS-HD 7.1) Studio  ‏ : ‎ Diaphana