Plus forts que le diable De Graham Guit | Par Graham Guit Avec Melvil Poupaud, Asia Argento, Marine Vacth

Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…

Plus forts que le diable signe le retour de Graham Guit à un cinéma volontiers excessif, peuplé de personnages cabossés et gouverné par une forme d’imprévisibilité permanente. Sous les apparences d’une histoire de retrouvailles entre un père et son fils, le réalisateur compose une comédie noire où la famille devient le point de départ d’un joyeux désastre.

Valentin n’a plus grand-chose : ni argent, ni véritable stabilité, et encore moins une existence dont il pourrait être fier. Après vingt années d’absence, il réapparaît dans la vie de son fils Joseph. Ces retrouvailles auraient pu ouvrir la voie à une tentative de réconciliation. Elles vont surtout provoquer une succession de catastrophes qui entraînent Joseph et sa femme Alice dans un univers dont ils ignoraient jusque-là les règles.

Autour d’eux gravitent JP, Mila et Gigi, personnages qui contribuent à faire basculer progressivement le récit dans une forme de folie collective. Graham Guit ne cherche pas véritablement la vraisemblance. Il préfère observer ce qui se produit lorsqu’un individu incapable de contrôler sa propre existence fait irruption dans celle, apparemment mieux organisée, de son entourage.

Le scénario fonctionne ainsi davantage par collisions que selon une progression classique. Les situations s’enchaînent, les personnages se croisent et les mauvaises décisions produisent presque systématiquement de nouvelles catastrophes. Cette écriture volontairement désordonnée donne au film son énergie, même si elle peut parfois créer une impression de dispersion.

Melvil Poupaud trouve en Valentin un personnage particulièrement réjouissant. Il en assume les contradictions sans chercher à le rendre artificiellement sympathique. Pathétique, séduisant, irresponsable et parfois touchant, Valentin possède cette capacité à entraîner tous ceux qui l’entourent dans sa propre fuite en avant.

Asia Argento s’intègre parfaitement à cet univers excessif. Sa présence apporte une énergie imprévisible qui correspond idéalement au ton recherché par Graham Guit. Marine Vacth joue davantage sur la retenue et offre un contrepoint nécessaire à cette galerie de personnalités explosives.

La mise en scène épouse cette agitation. Le film préfère le mouvement, les ruptures de ton et les changements de rythme à une narration parfaitement ordonnée. La comédie côtoie le drame familial, tandis qu’une forme de polar décalé semble régulièrement vouloir s’inviter dans l’histoire. Cette liberté constitue autant la qualité que la limite du projet.

Car Plus forts que le diable ne fonctionne pas toujours avec la même précision. Certaines digressions paraissent superflues et le goût du film pour l’excès peut parfois prendre le dessus sur ses personnages. Mais cette absence de sagesse possède aussi quelque chose de rafraîchissant dans un cinéma français souvent beaucoup plus balisé.

Derrière le chaos subsiste enfin une question plus intime : peut-on réellement revenir dans la vie de quelqu’un après vingt ans d’absence ? Le film ne cherche heureusement aucune réponse facile. Valentin ne peut effacer le passé simplement parce qu’il décide soudainement de redevenir père.

Imparfait mais réjouissant dans ses meilleurs moments, Plus forts que le diable est une comédie noire familiale qui préfère le chaos à la bienséance. Graham Guit dirige un Melvil Poupaud particulièrement inspiré et retrouve chez Asia Argento une partenaire idéale pour cet univers excessif. Un film libre, parfois désordonné, souvent imprévisible, mais suffisamment singulier pour ne jamais laisser indifférent.

Sukkwan Island De Vladimir de Fontenay | Par Vladimir de Fontenay Avec Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti

Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve.

Vladimir de Fontenay adapte le roman de David Vann en privilégiant une approche intime et dépouillée, portée par la relation fragile entre un père et son fils. Tom décide d’emmener son garçon de treize ans vivre pendant une année sur une île isolée du Grand Nord. Loin de la civilisation et du quotidien, il espère que cette expérience leur permettra de se rapprocher et de retrouver quelque chose qu’ils semblent avoir perdu.

Le décor est immédiatement saisissant. Face à une nature immense et majestueuse, les deux personnages paraissent minuscules. L’île devait être un refuge, presque une promesse de nouveau départ, mais l’isolement transforme progressivement cette expérience en véritable épreuve. Le froid, les difficultés matérielles et l’absence de contact avec le monde extérieur font disparaître les échappatoires habituelles.

Il ne reste bientôt plus qu’un père et son fils face à eux-mêmes.

C’est dans cette confrontation que le film trouve sa force. Tom veut reconstruire une relation, mais partir au bout du monde ne suffit pas à effacer les blessures ni les incompréhensions. Plus les conditions deviennent difficiles, plus les fragilités de chacun apparaissent. La nature ne répare rien par magie : elle oblige simplement les personnages à affronter ce qu’ils auraient peut-être préféré éviter.

Swann Arlaud apporte à Tom une vulnérabilité particulièrement intéressante. Derrière la volonté du père de reprendre le contrôle se dessine un homme beaucoup moins solide qu’il ne voudrait le montrer. Face à lui, Woody Norman incarne avec justesse un adolescent partagé entre l’attachement qu’il porte encore à son père et les tensions provoquées par cette situation extrême.

Vladimir de Fontenay utilise intelligemment les paysages du Grand Nord. Ils ne constituent jamais un simple décor spectaculaire. L’immensité extérieure contraste constamment avec l’enfermement psychologique des personnages. Plus l’espace autour d’eux semble infini, plus leur relation paraît étouffante.

Le film interroge également le fantasme du retour à une vie sauvage. Quitter la société, se débarrasser du superflu et recommencer ailleurs peut sembler séduisant. Mais l’isolement ne fait pas disparaître les problèmes que l’on emporte avec soi. Au contraire, il peut les rendre impossibles à ignorer.

La mise en scène prend le temps d’installer cette tension et de laisser les silences occuper une place importante. Le danger ne vient pas uniquement des conditions climatiques ou de l’environnement hostile : il naît aussi de ce qui se joue entre ces deux êtres incapables de toujours trouver les mots pour se comprendre.

Sukkwan Island devient alors moins un récit de survie traditionnel qu’un drame familial sous tension, où survivre signifie également préserver un lien qui menace de se briser.

Un film âpre, sensible et profondément humain, porté par ses interprètes et par une nature aussi magnifique qu’impitoyable. Une expérience de survie qui se transforme progressivement en confrontation intime entre un père, son fils et tout ce qu’ils n’ont jamais réussi à se dire.

Pour le meilleur De Marie-Castille Mention-Schaar Avec Pierre Rabine, Lilly-Fleur Pointeaux, Sandrine Bonnaire

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L’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon, un homme privé de ses quatre membres et de Suzana, une femme qui va lui redonner l’énergie et la possibilité d’avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage.

Avec Pour le meilleur, Marie-Castille Mention-Schaar adapte l’incroyable histoire de Philippe Croizon avec une grande sincérité. Plus qu’un biopic consacré à un exploit sportif hors norme, le film raconte avant tout une renaissance, portée par l’amour, la résilience et une volonté de vivre qui semble inépuisable. Inspiré d’une histoire vraie, le long métrage retrace le parcours de Philippe Croizon après son accident et sa reconstruction aux côtés de Suzana, jusqu’à son rêve de traverser la Manche à la nage.

Le scénario évite de réduire son héros à son handicap. S’il montre les épreuves physiques et psychologiques qu’il traverse, il met surtout en lumière la relation amoureuse qui transforme son existence. Suzana devient le moteur de cette seconde vie, celle où les limites paraissent soudain moins infranchissables. Le film rappelle avec justesse que les plus grandes victoires naissent souvent de la confiance accordée par les autres.

Pierre Rabine, lui-même quadri-amputé, impressionne par la vérité de son interprétation. Son jeu, d’une grande sobriété, apporte une authenticité rare au personnage de Philippe Croizon. Face à lui, Lilly-Fleur Pointeaux incarne une Suzana lumineuse, pleine d’énergie et de bienveillance, dont la présence donne au film une émotion constante. La participation de Sandrine Bonnaire vient renforcer la solidité de cette distribution.

La mise en scène privilégie l’émotion à la démonstration. Marie-Castille Mention-Schaar filme les moments d’intimité avec beaucoup de délicatesse et réserve les séquences liées aux exploits sportifs à des instants de véritable dépassement de soi. Le résultat est un film qui touche davantage par son humanité que par le spectaculaire.

Au-delà du récit d’un homme devenu un symbole du courage, Pour le meilleur célèbre la force d’un couple. Il rappelle que les rêves les plus fous deviennent parfois possibles lorsqu’ils sont portés par l’amour, la détermination et une confiance inébranlable.

Un biopic profondément inspirant, porté par des interprètes d’une grande justesse. Marie-Castille Mention-Schaar signe un film lumineux qui transforme une histoire extraordinaire en une magnifique déclaration d’amour à la vie.

Un jour avec mon père De Akinola Davies | Par Akinola Davies, Wale Davies Avec Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo

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Un Jour avec mon père est un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l’immense ville alors que des troubles politiques menacent.

Avec Un jour avec mon père, Akinola Davies signe un premier long métrage d’une grande finesse, inspiré de son propre vécu. À travers le regard de deux enfants, il raconte une journée ordinaire qui devient le reflet d’un pays au bord du basculement. Entre chronique familiale et drame politique, le film offre un portrait profondément humain du Nigeria des années 1990.

L’action se déroule à Lagos, en 1993, alors que le pays traverse une grave crise électorale. Le temps d’une journée, un père emmène ses deux jeunes fils parcourir la ville. Derrière cette escapade en apparence anodine se dessinent les tensions d’une nation fragilisée par les incertitudes politiques, tandis que les enfants découvrent peu à peu la complexité du monde qui les entoure.

Le scénario impressionne par sa simplicité apparente. Sans grands discours ni démonstrations, Akinola Davies montre comment les bouleversements historiques s’immiscent dans le quotidien des familles. La relation entre ce père souvent absent et ses deux fils constitue le véritable cœur du récit, donnant au film une portée universelle qui dépasse largement son contexte historique.

Sope Dirisu livre une interprétation tout en retenue. Son personnage, à la fois protecteur, mystérieux et imparfait, incarne un homme cherchant à transmettre quelque chose à ses enfants avant que les événements ne le dépassent. Les jeunes Chibuike Marvellous Egbo et Godwin Egbo apportent une spontanéité remarquable, donnant au film une authenticité bouleversante.

La mise en scène privilégie un réalisme immersif. Les rues animées de Lagos deviennent un personnage à part entière, captées avec une caméra proche des corps et attentive aux détails du quotidien. Cette approche documentaire renforce la sensation de vivre cette journée aux côtés des personnages, tout en laissant planer une tension constante liée aux événements politiques.

Au-delà de son contexte historique, Un jour avec mon père parle de transmission, de mémoire et du lien fragile entre un père et ses enfants. C’est une œuvre délicate qui rappelle que les grands bouleversements de l’Histoire se racontent aussi à travers les gestes les plus simples et les relations les plus intimes.

Un premier film d’une grande élégance, sensible et profondément humain. Akinola Davies transforme une journée ordinaire en un récit universel sur la famille, l’enfance et les fractures d’un pays en pleine mutation.

Dossier 137 De Dominik Moll | Par Dominik Moll, Gilles Marchand Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich

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Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Avec Dossier 137, Dominik Moll s’inscrit dans la lignée de son cinéma tendu et profondément ancré dans le réel. Après La Nuit du 12, il explore ici un nouveau terrain : celui de l’IGPN, la police des polices, à travers une enquête aussi sensible que troublante.

Au centre du récit, Léa Drucker incarne Stéphanie, enquêtrice rigoureuse confrontée à un dossier en apparence banal : une manifestation sous tension, un tir de LBD, un jeune homme blessé. Mais très vite, ce qui semblait n’être qu’une procédure administrative se fissure, laissant apparaître une réalité plus complexe, plus intime.

Dominik Moll excelle dans l’art de faire monter la tension sans jamais forcer le trait. Ici, pas d’effets spectaculaires, mais une progression lente, presque clinique, où chaque détail compte. Le film interroge avec finesse la notion de responsabilité, la difficulté de juger ses pairs, et les zones grises d’un système sous pression.

Léa Drucker livre une performance remarquable, tout en retenue. Son personnage, d’abord solide et méthodique, laisse peu à peu transparaître le doute, voire une implication personnelle inattendue. À ses côtés, Guslagie Malanda et Mathilde Roehrich complètent avec justesse un casting sobre et crédible.

La mise en scène, épurée, renforce le sentiment d’immersion. Les bureaux, les salles d’interrogatoire, les rapports… tout concourt à créer un univers réaliste, presque étouffant, où la vérité semble toujours partielle, fragmentée.

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un film à la fois politique et intime, qui évite les jugements simplistes pour mieux questionner notre rapport à l’institution, à la justice et à la vérité.

Des bonus éclairants

L’édition DVD propose des contenus particulièrement pertinents :

  • Un entretien avec Dominik Moll, qui revient sur la genèse du film et ses intentions
  • Une analyse de séquence, permettant de mieux comprendre la construction du récit et les choix de mise en scène

Des suppléments qui prolongent intelligemment la réflexion et offrent un regard précieux sur le travail du réalisateur.

Verdict

Avec Dossier 137, Dominik Moll signe un thriller d’enquête dense et nuancé, porté par une Léa Drucker remarquable.

Un film sobre, intelligent et profondément humain, qui laisse une empreinte durable bien après le générique.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 70 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Dominik Moll Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 51 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 25 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Guslagie Malanda, Jonathan Turnbull, Léa Drucker, Mathilde Roehrich, Stanislas Merhar Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out ASIN ‏ : ‎ B0G5B9R3S4

Insaisissables 3 De Ruben Fleischer | Par Michael Lesslie Avec Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco

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Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé !

Avec Insaisissables 3, Ruben Fleischer relance la mécanique bien huilée de la saga en misant sur ce qui a fait son succès : un mélange de braquage, de spectacle et d’illusions toujours plus ambitieuses. Les Cavaliers sont de retour, plus joueurs que jamais, pour un nouveau tour de piste placé sous le signe de la démesure.

Jesse Eisenberg, Woody Harrelson et Dave Franco reprennent leurs rôles avec une complicité intacte, rejoints par une nouvelle génération de magiciens bien décidée à marcher dans leurs pas. Cette transmission apporte un souffle nouveau au récit, tout en conservant l’ADN de la franchise.

L’intrigue, centrée sur le vol du joyau le plus précieux au monde, entraîne les personnages dans une course contre la montre face à une organisation criminelle redoutable. Comme toujours, le film joue avec le spectateur, multipliant les faux-semblants, les retournements de situation et les illusions spectaculaires. Si certains twists restent prévisibles, l’ensemble conserve une efficacité redoutable, portée par un rythme soutenu.

Visuellement, Insaisissables 3 mise sur le grand spectacle : tours de magie grandioses, mises en scène millimétrées et séquences de braquage chorégraphiées comme de véritables numéros. Le film assume pleinement son côté divertissement, sans chercher à se prendre trop au sérieux.

Au-delà de l’action, le long-métrage explore aussi la notion d’héritage et de transmission, questionnant la place des Cavaliers dans un monde où la magie doit sans cesse se réinventer.

Au final, Ruben Fleischer livre un troisième opus efficace et spectaculaire, qui séduira les fans de la première heure tout en ouvrant la porte à une nouvelle génération.

Des bonus généreux pour prolonger le spectacle

L’édition DVD vient enrichir l’expérience avec :

  • 9 scènes coupées, qui permettent de découvrir des variations autour de certaines séquences et d’approfondir les personnages
  • Un making-of d’environ 45 minutes, particulièrement immersif, qui dévoile les coulisses des tours, la préparation des scènes et le travail des acteurs

Ces suppléments apportent un vrai plus, notamment pour les amateurs de magie et de cinéma de divertissement, curieux de comprendre les rouages de ces illusions spectaculaires.

Verdict

Ce troisième opus assume pleinement son statut de grand divertissement. Porté par un casting solide et une mise en scène efficace, il prolonge avec plaisir l’univers des Cavaliers tout en préparant la relève.

Un film spectaculaire et ludique, qui prouve que la magie opère toujours.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17,1 x 13,6 x 1,4 cm; 160 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Ruben Fleischer Format ‏ : ‎ 4K, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 52 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ Dave Franco, Isla Fisher, Jesse Eisenberg, Justice Smith, Woody Harrelson Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo

ARCO De Ugo Bienvenu | Par Ugo Bienvenu, Félix de Givry Avec Oscar Tresanini, Margot Ringard Oldra, Vincent Macaigne

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En 2075, une petite fille de 10 ans, Iris, voit un mystérieux garçon vêtu d’une combinaison arc-en-ciel tomber du ciel. C’est Arco. Il vient d’un futur lointain et idyllique où voyager dans le temps est possible. Iris le recueille et va l’aider par tous les moyens à rentrer chez lui.

Avec Arco, Ugo Bienvenu signe un film d’animation d’une grande délicatesse, à la fois poétique et profondément contemporain. À travers le regard d’Iris, une fillette de 10 ans, le spectateur découvre l’arrivée d’Arco, un enfant venu d’un futur lointain et idéalisé, tombé du ciel dans une combinaison arc-en-ciel.

Très vite, une relation sincère et lumineuse se noue entre eux. Iris devient son refuge, son guide, et ensemble ils tentent de réparer l’accident du temps qui a bouleversé leurs trajectoires. Derrière cette aventure, le film explore avec finesse des thèmes universels : l’amitié, l’exil, le temps qui passe et la peur de l’avenir.

Visuellement, Arco impressionne par la finesse de son animation. Le style graphique, à la fois épuré et riche en émotions, donne vie à un univers futuriste jamais froid, toujours habité. Chaque plan semble composé comme une illustration, renforçant la dimension onirique du récit.

Mais la véritable force du film réside dans son équilibre entre émerveillement et réflexion. Sans jamais alourdir son propos, Ugo Bienvenu aborde des sujets majeurs comme le réchauffement climatique ou la transformation du monde par la technologie, en les intégrant naturellement à son récit.

Porté par un casting vocal remarquable — Alma Jodorowsky, Swann Arlaud, Vincent Macaigne, Louis Garrel et Oxmo Puccino — Arco s’impose comme une œuvre sensible et engagée, capable de toucher toutes les générations.

Des bonus qui prolongent l’expérience

L’édition DVD enrichit intelligemment le visionnage avec plusieurs contenus :

  • L’Entretien, court-métrage signé Ugo Bienvenu et Félix de Givry, qui permet de découvrir une autre facette de leur univers
  • Un making-of de la bande son, dévoilant le travail précis autour des ambiances et des voix
  • Un making-of de l’animatique, passionnant pour comprendre la construction visuelle et narrative du film

Ces suppléments apportent un éclairage précieux sur la fabrication du film et séduiront autant les amateurs d’animation que les curieux des coulisses.

Verdict

Avec Arco, Ugo Bienvenu livre un film d’animation rare, à la fois doux, engagé et visuellement sublime. Une œuvre qui touche autant qu’elle fait réfléchir, et dont les bonus permettent de prolonger intelligemment l’expérience.

Un véritable bijou d’animation, à découvrir et à partager.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.77:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 14,1 x 1,3 x 17,5 cm; 153 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Ugo Bienvenu Format ‏ : ‎ 4K, PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 28 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 mars 2026 Langue ‏ : ‎ Français (DTS-HD 7.1) Studio  ‏ : ‎ Diaphana

La Femme la plus riche du Monde De Thierry Klifa Avec Isabelle Huppert, Marina Foïs, Laurent Lafitte

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La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie.

Avec La Femme la plus riche du monde, Thierry Klifa signe un drame feutré où le pouvoir et les sentiments s’entremêlent dans une danse aussi élégante que dangereuse. Porté par un trio d’acteurs magistraux — Isabelle Huppert, Marina Foïs et Laurent Lafitte — le film s’impose comme une exploration fascinante des rapports de domination, d’amour et de manipulation.

Dès les premières minutes, le cinéaste installe une atmosphère de luxe presque irréel, où chaque regard, chaque silence semble chargé d’enjeux. Isabelle Huppert y incarne une héritière à la fois toute-puissante et profondément vulnérable. Sous ses airs de contrôle absolu, se cache une femme en quête d’amour, prête à franchir toutes les limites pour combler un manque abyssal. Une composition tout en retenue, où la froideur apparente laisse affleurer une faille bouleversante.

Face à elle, Laurent Lafitte joue avec brio un écrivain-photographe ambigu, mélange de charme et d’opportunisme. Son personnage, insaisissable, oscille constamment entre sincérité et calcul, donnant au récit une tension permanente. Marina Foïs, quant à elle, apporte une énergie plus directe, presque brutale, incarnant une figure de résistance lucide dans cet univers de faux-semblants.

Le scénario, construit autour d’un coup de foudre aussi fulgurant que suspect, glisse progressivement vers une guerre intime où les sentiments deviennent des armes. Donations extravagantes, secrets de famille et luttes de pouvoir composent un théâtre cruel où chacun tente de tirer profit de l’autre. Le film évoque subtilement certaines grandes affaires françaises, sans jamais tomber dans le simple biopic, préférant la suggestion à la démonstration.

Visuellement, Thierry Klifa privilégie une mise en scène élégante, presque classique, où les décors luxueux contrastent avec la violence psychologique des rapports humains. Les espaces deviennent des cages dorées, amplifiant le sentiment d’isolement des personnages.

Mais là où La Femme la plus riche du monde frappe le plus fort, c’est dans sa capacité à brouiller les lignes morales. Qui manipule qui ? Qui aime réellement ? Derrière les apparences, le film révèle une vérité plus troublante : dans un monde où tout s’achète, même les sentiments deviennent suspects.

Édition DVD : sobre mais efficace

Côté édition, on reste généralement sur une proposition classique :

  • Image propre et fidèle à l’esthétique du film
  • Son équilibré, mettant en valeur les dialogues et les silences
  • Quelques bonus comme interviews des acteurs et du réalisateur permettant de mieux saisir les intentions du film

Même sans avalanche de suppléments, l’essentiel est là : le film lui-même, dense, élégant et troublant.

Verdict

Avec cette sortie DVD, La Femme la plus riche du monde s’impose comme un drame à (re)découvrir dans des conditions plus intimes, où sa dimension psychologique prend toute son ampleur. Thierry Klifa signe une œuvre raffinée et acide, sublimée par une Isabelle Huppert impériale.

Un film venimeux et captivant, qui confirme que derrière le luxe se cache souvent une solitude insondable.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 19 x 13,7 x 1,7 cm; 80 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Thierry Klifa Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 2 heures Date de sortie ‏ : ‎ 12 mars 2026 Acteurs ‏ : ‎ André Marcon, Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Marina Foïs, Raphaël Personnaz Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out

Kaamelott- Deuxième volet- partie 1 / Alexandre Astier (Acteur, Réalisateur), Lionnel Astier (Acteur)

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Après la destruction de Kaamelott, son refus obstiné de tuer Lancelot précipite le Royaume de Logres à sa perte.

près le succès du premier film, Alexandre Astier poursuit l’ambitieuse transposition cinématographique de son univers culte avec Kaamelott – Deuxième volet, partie 1. Plus sombre, plus ample et résolument épique, ce nouveau chapitre marque une étape décisive dans la destinée du roi Arthur et du royaume de Logres.

Les dieux sont en colère. La chute de Kaamelott et le refus d’Arthur d’achever Lancelot ont plongé le royaume dans le chaos. Fidèle à la dimension tragique déjà amorcée dans les dernières saisons de la série, Astier approfondit ici le poids moral qui écrase son héros : celui d’un roi fatigué, hanté par ses choix et confronté à un monde qui se délite.

Là où la série brillait par ses dialogues ciselés et son humour absurde, ce second volet assume pleinement une ambition cinématographique. Les paysages s’élargissent, l’aventure devient géographique et mythologique. Des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent, les chevaliers — novices maladroits comme vétérans désabusés — sont envoyés aux quatre coins du monde pour prouver leur valeur et tenter de reconstruire un idéal désormais fragile.

Alexandre Astier réussit une nouvelle fois l’équilibre délicat entre comédie et tragédie. L’humour, toujours présent, surgit dans les échanges absurdes et les réactions profondément humaines des chevaliers, mais il laisse désormais davantage de place à la mélancolie et à la gravité. Le film explore la fin d’un âge héroïque, où les mythes se fissurent face aux failles très humaines de ceux censés les incarner.

Face caméra, Astier livre une interprétation plus intérieure d’Arthur, tandis que Lionnel Astier apporte une présence toujours aussi magnétique, ancrant le récit dans une filiation émotionnelle forte. Cette dimension familiale et presque intime contraste habilement avec l’ampleur du récit épique.

Avec cette première partie du deuxième volet, Kaamelott confirme sa mutation : d’une comédie culte née à la télévision à une véritable fresque arthurienne moderne. Plus mature, plus ambitieuse, l’œuvre s’adresse autant aux fidèles de la première heure qu’aux amateurs de fantasy française désireux de voir un univers populaire atteindre une véritable ampleur mythologique.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Alexandre Astier Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 2 heures et 13 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 26 février 2026 Acteurs ‏ : ‎ Alexandre Astier, Joëlle Sevilla, Lionnel Astier, Serge Papagalli, Thomas Cousseau Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ M6 Vidéo ASIN ‏ : ‎ B0FX5NPVXQ

Escape from the 21st Century Yang, Song (Acteur), Zhong, Elane (Acteur), Li, Yang (Réalisateur)

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En 1999, trois adolescents découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps.

Avec Escape from the 21st Century, le réalisateur Li Yang signe une œuvre de science-fiction aussi surprenante qu’énergique, mêlant aventure adolescente, humour absurde et réflexion sur le temps qui passe. Porté par Song Yang et Elane Zhong, le film revisite le récit du voyage temporel avec une inventivité visuelle assumée et un ton résolument décalé.

Tout commence en 1999, à l’aube d’un nouveau millénaire chargé de fantasmes technologiques. Trois adolescents ordinaires découvrent par hasard un pouvoir improbable : un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps. Ce point de départ volontairement loufoque donne immédiatement le ton d’un film qui refuse le sérieux scientifique pour privilégier l’imagination et la liberté narrative.

Rapidement propulsés dans différentes époques, les jeunes héros se retrouvent confrontés à une mission inattendue : sauver le monde. Mais derrière l’aventure spectaculaire, Escape from the 21st Century explore surtout le passage à l’âge adulte et la nostalgie d’une génération coincée entre deux siècles, entre innocence analogique et futur incertain.

Visuellement, Li Yang adopte une mise en scène frénétique, presque pop, où les effets spéciaux et les ruptures de ton participent à une esthétique volontairement chaotique. Le film assume ses excès, oscillant entre comédie adolescente, science-fiction et satire sociale. Cette énergie permanente peut désorienter, mais elle constitue aussi la signature d’un cinéma libre, refusant les codes narratifs trop formatés.

Le trio d’acteurs fonctionne grâce à une dynamique crédible et spontanée, incarnant des personnages encore maladroits face à leurs responsabilités. Leur évolution émotionnelle devient progressivement le véritable moteur du récit, bien plus que la mécanique temporelle elle-même.

Sous ses airs de divertissement fantasque, Escape from the 21st Century pose finalement une question simple : que ferait-on si l’on pouvait corriger le futur avant même de devenir adulte ? Entre humour, chaos et mélancolie générationnelle, le film transforme le voyage dans le temps en métaphore du passage à la maturité.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 16,9 x 13,9 x 1,3 cm; 90 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Li Yang Durée ‏ : ‎ 1 heure et 35 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 14 février 2026 Acteurs ‏ : ‎ Elane Zhong, Leon Lee, Yang Song, Zhang Ruoyun, Zhu Yanmanzi Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Mandarin (DTS-HD 2.0), Mandarin (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ Blaq Out ASIN ‏ : ‎ B0FWTKHY3Y