MAY Un film de Lucky McKee Avec Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris

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May travaille dans un cabinet vétérinaire. C’est une jeune fille timide et complexée qui a beaucoup du mal à se faire des amis et dont l’attitude est étrange aux yeux des autres. Elle partage son appartement avec sa seule vraie amie, une poupée que lui a donné sa mère quand elle était petite.

Œuvre à part dans le cinéma d’horreur américain des années 2000, May est un conte macabre sur la solitude, la marginalité et le besoin déchirant d’amour. Lucky McKee signe ici son premier long métrage, et impose déjà une patte singulière, entre esthétique gothique, horreur psychologique et poésie morbide.

Angela Bettis incarne une héroïne inoubliable : May, jeune femme introvertie et fragile, mal à l’aise dans son corps et face aux autres. Incapable de tisser des liens durables, elle finit par se replier sur une idée délirante : construire un partenaire « parfait » à partir des « plus belles parties » de ceux qu’elle a croisés. Le film glisse progressivement du malaise au cauchemar, avec une lente montée en tension qui culmine dans un final tragique et démentiel.

La grande force du film repose sur son ton profondément empathique. McKee ne juge jamais son personnage. Il filme May avec tendresse, sans la réduire à une « folle » ou une tueuse. C’est ce qui rend le basculement vers l’horreur d’autant plus saisissant : c’est une douleur extrême, et non une pulsion sadique, qui pousse l’héroïne vers l’irrémédiable.


🎧 LE SON : INTROSPECTION ET DISSONANCES

La bande-son, oscillant entre compositions minimalistes et bruitages organiques, renforce l’enfermement psychique du personnage principal. Les silences sont pesants, et les rares moments de musique plus rythmée marquent des ruptures émotionnelles violentes. Le travail de design sonore rend palpable la porosité entre l’univers intérieur de May et la réalité qui l’entoure.


🎨 L’IMAGE : UNE ESTHÉTIQUE INTIMISTE ET VISCÉRALE

Visuellement, May navigue entre douceur pastel et crudité clinique. Les décors étriqués, les jeux d’ombres dans l’appartement, et la lumière blafarde de la clinique vétérinaire participent à créer un monde refermé sur lui-même. Le regard que porte la caméra sur Angela Bettis est d’une rare subtilité, captant ses tics, ses hésitations, ses fêlures — comme autant d’indices d’une psyché en lente dislocation.


📀 LES BONUS : UN ÉCLAIRAGE PRÉCIEUX ET INTIME

Cette édition Combo DVD + Blu-ray enrichit l’expérience du film avec une série de suppléments inédits et pertinents :

🎙 Commentaire audio de Lucky McKee

Un commentaire humble, passionné et profondément sincère. Le réalisateur revient sur la genèse du projet, ses influences (de Carrie à Frankenstein), son lien personnel avec le personnage de May, et le casting d’Angela Bettis, qu’il considère comme son alter ego féminin à l’écran.

🎬 « Morceaux choisis » : sur le tournage de May

Un documentaire de plateau rare, montrant McKee à l’œuvre avec son équipe. On y découvre une ambiance de tournage artisanale, presque familiale, où chaque détail compte. L’alchimie entre le réalisateur et son actrice principale est palpable.

🧸 « Le Fabricant de jouets » : entretien inédit avec Lucky McKee

Un échange riche et analytique où McKee aborde May comme une métaphore sur la création artistique. Pour lui, fabriquer un être à partir de morceaux épars revient à construire un film à partir de fragments émotionnels. Un bonus précieux pour comprendre l’intimité de son geste cinématographique.

✂️ « Des mains de maître » : entretien inédit avec Jeremy Sisto

L’acteur évoque son personnage — un homme fasciné par l’étrangeté de May, puis repoussé par sa fragilité. Il revient aussi sur la direction d’acteurs fine et intuitive de McKee, et sur la difficulté à maintenir l’équilibre entre sensualité et malaise.

🧟‍♀️ « De Frankenstein à May » : analyses de Miranda Corcoran

Une intervention universitaire captivante, qui replace May dans la tradition du monstre créé par rejet. Corcoran établit des ponts entre Mary Shelley, la figure du golem et le cinéma de genre féminin, en soulignant la modernité et la profondeur du film.

📽 Bande-annonce

Un trailer envoûtant, presque trompeur, qui met l’accent sur la bizarrerie du film plus que sur sa charge émotionnelle. Il reflète bien l’ambiguïté de l’œuvre : ni purement horreur, ni purement drame.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ 16 ans et plus Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 90 grammes Format ‏ : ‎ Couleur, Importé Durée ‏ : ‎ 1 heure et 33 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 4 juin 2025 Acteurs ‏ : ‎ Angela Bettis, Jeremy Sisto, Anna Faris, James Duval, Nichole Hiltz Sous-titres : ‏ : ‎ Français Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

DÉTOUR MORTEL de Rob Schmid avec Eliza Dushku, Emmanuelle Chriqui, Jeremy Sisto, Kevin Zegers

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Sur une autoroute de Virginie, un accident paralyse totalement la circulation. Chris quitte l’autoroute et s’engage dans un chemin de terre pour tenter de contourner l’embouteillage

Détour Mortel s’inscrit dans la tradition du survival horrifique américain, croisement entre Massacre à la tronçonneuse et Délivrance. L’histoire est simple mais redoutablement efficace : un groupe de jeunes se retrouve piégé dans une forêt reculée de Virginie, traqué par une famille de mutants cannibales. La structure narrative est linéaire, mais parfaitement rythmée. Dès l’accident qui lance l’intrigue, la tension grimpe et ne redescend plus.

Rob Schmidt livre un film sans prétention, mais remarquablement tenu. En moins d’1h30, il exploite à fond l’espace forestier, multipliant les cachettes, les pièges, les poursuites, et surtout les scènes de mise à mort, souvent brutales, parfois inventives. Le film évite l’ironie et joue la carte du sérieux, avec une réalisation propre et une économie de dialogues qui favorise l’action pure.

Côté casting, Eliza Dushku impose un vrai charisme de final girl, athlétique et farouche, loin des héroïnes tremblotantes. À ses côtés, Desmond Harrington incarne un citadin pragmatique et volontaire. Les autres personnages sont rapidement écartés, mais apportent assez d’épaisseur pour que leurs morts suscitent un frisson d’empathie.


🔊 LE SON : UN ENVIRONNEMENT QUI RÉSONNE DE TERREUR

La bande-son signée Elia Cmiral mêle nappes anxiogènes et silences tendus. Les ambiances sonores — branches qui craquent, respirations paniquées, hurlements lointains — participent grandement à l’immersion. Le mixage accentue chaque moment de violence avec un réalisme saisissant, donnant parfois l’impression d’être physiquement à côté des victimes.


🖼 L’IMAGE : UNE FORÊT DEVENUE PIÈGE

Visuellement, Détour Mortel est dense et poisseux. Le chef opérateur John S. Bartley joue sur les contrastes entre lumière naturelle et pénombre totale. La forêt n’est pas un simple décor : elle devient un organisme vivant, écrasant les personnages. Les plans larges sur les cimes des arbres laissent place à des cadrages serrés, étouffants, dès que le groupe entre dans le territoire des tueurs. La violence est montrée frontalement, sans voyeurisme mais avec une volonté d’impact brut.


📀 LES BONUS (Édition collector DVD/Blu-ray)

Un soin particulier a été apporté aux suppléments, qui permettent de mieux comprendre la fabrication du film et le contexte de sa sortie.

🎙 Commentaire audio de l’équipe du film

Un commentaire classique mais plaisant, réunissant le réalisateur Rob Schmidt et quelques membres du casting. Ils reviennent sur les conditions de tournage en extérieur, les choix esthétiques, et les scènes marquantes du film. Quelques anecdotes savoureuses parsèment la piste.

🎥 Making of promotionnel (4 min)

Une courte featurette d’époque, au format EPK, montrant rapidement les coulisses du tournage. Les interviews sont très calibrées, mais donnent un aperçu du climat sur le plateau.

🧟 « De la viande fraîche » – Les maquillages de Détour Mortel (9 min)

Un module passionnant consacré aux effets spéciaux sanglants. On y découvre les techniques de prothèses utilisées pour les mutants et les cadavres mutilés. L’accent est mis sur le réalisme organique : sang, chairs ouvertes, os apparents, tout est fait main. Un bel hommage au savoir-faire artisanal.

👹 « Stan Winston : le seigneur des monstres » (5 min)

Petit portrait du mythique concepteur de créatures, à qui l’on doit également les dinosaures de Jurassic Park ou les monstres de Predator. Winston a supervisé la création des mutants, leur donnant une identité visuelle forte, grotesque mais crédible. Ce bonus permet de comprendre son influence capitale sur le film.

🌲 « Eliza Dushku : la petite fille dans les bois » (4 min)

Interview centrée sur l’actrice, qui parle de son approche du rôle, de son goût pour les films de genre et des cascades physiques qu’elle a effectuées elle-même. Un supplément qui met en lumière son implication.

🎤 Interviews de l’équipe (7 min)

Un condensé d’interviews plus libres, dans lesquelles les comédiens et le réalisateur évoquent leurs inspirations, les conditions climatiques difficiles, et l’aspect viscéral du film.

🎬 Behind-the-scenes (9 min)

Une immersion plus organique dans le tournage. On voit les techniciens à l’œuvre, les répétitions de cascades, les essais de prothèses. Un complément idéal pour les curieux des effets spéciaux pratiques.

💀 Scène coupée – La cascade & le meurtre de Francine (3 min)

Une séquence inédite violente et bien montée, qui renforce encore la sauvagerie des antagonistes. Elle n’apporte rien de crucial à l’intrigue mais vaut le détour pour les amateurs de gore.

📽 Bande-annonce d’époque

Une bande-annonce dans la pure tradition du survival US : voix off grave, plans rapides, musique saturée, slogans accrocheurs. Un bel objet rétro.

Rapport de forme ‏ : ‎ 1.85:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 13,5 x 1 x 17,5 cm; 130 grammes Format ‏ : ‎ Blu-ray et DVD Durée ‏ : ‎ 1 heure et 24 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 7 mai 2025 Acteurs ‏ : ‎ Rob Schmidt Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ ESC Editions

Pokémon – Mon grand combat – Jeu de société avec 5 cartes-scènes cherche-et-trouve et 200 cartes défis – De 2 à 6 joueurs – 20 minutes de jeu

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Un petit jeu de cherche-et-trouve Pokémon pour mettre tes amis au défi !

Dans l’univers foisonnant des jeux de société inspirés par les licences cultes, Pokémon – Mon grand combat tire habilement son épingle du jeu en misant sur une mécanique simple, rapide et diablement efficace : l’observation. Accessible dès 6 ans, ce jeu cherche-et-trouve propose aux petits (et aux grands) d’aiguiser leur regard tout en retrouvant leurs créatures favorites de l’univers Pokémon. Une formule gagnante pour les familles et les fans.

La boîte, compacte et facile à emporter, contient 5 grandes cartes-scènes foisonnantes de détails et 200 cartes de défis. Chaque partie invite les joueurs à se concentrer, repérer le bon Pokémon parmi la foule, et être le plus rapide à pointer sa cible. Un principe qui rappelle les fameux « Où est Charlie ? », mais revisité avec l’attrait coloré, dynamique et nostalgique des Pokémon. Les règles sont vite assimilées : on peut lancer une partie en quelques minutes, ce qui rend ce jeu idéal pour les goûters d’anniversaire, les voyages ou les week-ends en famille.

Ce qui séduit, au-delà de l’aspect ludique, c’est l’équilibre réussi entre jeu compétitif et accessibilité. Pas besoin d’être un fin stratège ou un dresseur expert : ici, tout se joue à l’œil nu, à l’attention, à la vivacité d’esprit. Les plus jeunes peuvent ainsi rivaliser avec les adultes, ce qui crée des parties pleines de rebondissements et d’éclats de rire.

L’univers graphique est fidèle à la franchise, coloré et vivant, avec des scènes qui fourmillent de détails sans jamais devenir illisibles. On y retrouve une grande diversité de Pokémon — un vrai bonheur pour les fans de tous âges.

Mon grand combat est une jolie réussite. Sans prétention mais parfaitement conçu, ce jeu d’observation offre un moment de plaisir pur, où la concentration, la mémoire visuelle et l’esprit d’équipe sont mis à contribution dans un esprit bon enfant. Le tout dans un format pratique et à prix accessible. De quoi ravir petits et grands dresseurs en herbe !

Éditeur ‏ : ‎ Dragon D’Or; Illustrated édition (10 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 200 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2821218583 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2821218581

Mon voeu le plus sincère – Tome 5 de Kiri

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Si un génie vous offrait un seul et unique vœu, que demanderiez-vous ?

Dans ce cinquième tome à la fois poignant et lumineux, Kiri continue de creuser la complexité émotionnelle de ses personnages. Alors qu’Api vacille sous le poids du retour brutal de son père, c’est au tour de Praince de voir les fondations de sa propre histoire vaciller : secrets enfouis, douleurs héritées, héritages imposés. Ce volume met au cœur du récit une tension douce-amère entre la fidélité aux siens et le droit d’inventer sa propre voie.

Graphiquement, le trait reste empreint de délicatesse, avec des planches subtilement contrastées entre rêve et mélancolie. Mais c’est surtout l’écriture des silences, des regards et des hésitations qui frappe : Kiri réussit à faire du vœu d’Api une métaphore bouleversante de l’entrée dans l’âge adulte. Un tome charnière, profondément humain, où le merveilleux n’efface jamais les cicatrices — mais leur offre un autre avenir.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon; Illustrated édition (17 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 288 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102790 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102798

Le croque-en-murs de Mickaël Brun-Arnaud (Auteur), Jérémy Pailler (Illustrations)

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Au village des animaux, le croque-en-murs a mauvaise réputation. Qui est ce blaireau mystérieux, que l’on dit porteur de malheurs ? Edgar, un petit lapereau curieux, va tenter de percer le mystère qui l’entoure…

Dans le village des animaux, chacun vit paisiblement… sauf lorsqu’on évoque le Croque-en-murs. Mi-légende, mi-cauchemar, ce blaireau solitaire aux allures d’ombre fait trembler les cœurs et taire les conversations. On murmure qu’il porte malheur, qu’il est le signe que quelque chose de terrible est arrivé ou va arriver. Et pourtant, Edgar, un petit lapin aux yeux immenses et au courage discret, va choisir de ne pas croire ce que les autres colportent. Il veut savoir. Comprendre. S’approcher.

Dans Le Croque-en-murs, Mickaël Brun-Arnaud – déjà salué pour La Maison qui parcourait le monde – signe un récit d’une délicatesse rare sur la peur de l’inconnu, le deuil et ce que nous faisons de la mémoire des absents. Il nous rappelle, sans jamais forcer le trait, que la vérité est souvent plus belle que la rumeur. Que derrière les figures qui nous effraient se cachent parfois des âmes qui veillent.

Les illustrations de Jérémy Pailler, tout en textures feutrées et lumières tamisées, accompagnent avec une grâce infinie ce texte subtil. Chaque planche semble respirer, comme traversée par les saisons, les émotions et le silence. Une véritable œuvre d’art, qui donne au récit toute sa dimension onirique et sensible.

À travers le regard d’Edgar, Le Croque-en-murs devient bien plus qu’un album pour enfants : c’est une fable intergénérationnelle sur la transmission, le lien entre les vivants et les disparus, et la magie douce des souvenirs. Un livre qui parle à l’enfant que nous avons été, à celui que nous accompagnons, et à celui qui veille peut-être encore, quelque part, derrière un mur.

Éditeur ‏ : ‎ KALEIDOSCOPE; Illustrated édition (23 avril 2025) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 44 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2378882858 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378882853

Villain to Kill – Tome 5 de Eunji (Dessin), Fupin (Auteur)

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Pour rétablir la justice, il doit devenir le plus puissant des vilains.

La série coréenne Villain to Kill poursuit son ascension avec un cinquième tome haletant, où les jeux de pouvoir s’intensifient, et où la psyché de son protagoniste devient le véritable champ de bataille. Fupin et Eunji, en duo parfaitement rôdé, approfondissent ici leur univers où héros et vilains ne sont plus que des rôles interchangeables dans un monde qui a perdu tout repère moral.

Cassian Lee, ancien psyker exemplaire, continue son combat dans le corps d’un jeune adolescent catalogué comme « vilain ». Son objectif : détruire ceux qui manipulent et corrompent l’équilibre fragile entre pouvoirs psychiques, organisations criminelles et pseudo-justiciers. Mais plus il avance, plus la frontière entre justice et vengeance s’amenuise, et plus ses propres méthodes deviennent suspectes.

Ce tome met l’accent sur les conflits internes, les alliances ambiguës, et les confrontations de plus en plus brutales avec d’autres vilains — dont certains, comme lui, cachent une part de lumière. La tension narrative repose autant sur les combats spectaculaires que sur la dérive mentale de Cassian, confronté à la haine, à la trahison et à un sentiment croissant d’isolement.

Graphiquement, Eunji livre des planches percutantes, avec une mise en scène nerveuse, des affrontements chorégraphiés et une expressivité toujours plus fine dans les regards, les silences, les moments de doute. Le webtoon, dans ce format imprimé, conserve toute sa force visuelle et rythmique, avec un découpage pensé pour maintenir une tension constante.

Tome 5 confirme que Villain to Kill est bien plus qu’un simple récit de super-pouvoirs : c’est une fable moderne sur l’identité, la manipulation des masses et la difficulté à rester fidèle à ses idéaux quand le monde ne vous offre que des masques à porter.

Éditeur ‏ : ‎ Kotoon Date de publication ‏ : ‎ 17 avril 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102774 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102774

L’Habitant de l’infini: Nouvelle édition (8) de HIROAKI SAMURA

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Manji a été fait prisonnier par Habaki Kagimura, déterminé à percer le secret de son immortalité par tous les moyens.

Avec ce huitième volume de la nouvelle édition de L’Habitant de l’infini, Hiroaki Samura continue d’ausculter la frontière ténue entre l’immortalité et la déshumanisation. Loin de se reposer sur son ambiance de récit de sabre, la série plonge ici dans l’horreur chirurgicale et l’expérimentation barbare, sans jamais renier sa profondeur morale et esthétique.

Manji, le samouraï maudit par la vie éternelle, est désormais prisonnier du capitaine Habaki Kagimura, figure glaçante de l’autorité impitoyable. L’objectif de ce dernier : percer le secret de l’immortalité, quitte à en faire un cobaye vivant, offert aux scalpels et aux ambitions dévorantes de médecins sans scrupule. Ces scènes d’expériences – d’une brutalité clinique, presque insoutenable – rappellent à quel point Samura maîtrise l’art de représenter la douleur sans tomber dans le sensationnalisme : chaque incision est une trahison du corps et de la dignité.

Pendant ce temps, Rin, jeune femme liée à Manji par un pacte de vengeance, tente de retrouver sa trace. Mais le destin ne cesse de la ralentir : deux membres de l’Ittôryû, le clan ennemi, débarquent chez elle en pleine nuit. Leur intrusion n’est pas qu’un obstacle narratif : c’est aussi le rappel que la violence systémique de ce monde surgit toujours là où on se croit à l’abri, et que personne n’échappe vraiment aux conséquences de ses choix.

Graphiquement, ce tome est à la hauteur de la réputation de la série : traits précis, mises en page dynamiques, contrastes maîtrisés, Samura transforme chaque confrontation – physique ou psychologique – en un duel esthétique. Mais c’est surtout la tension morale qui saisit : qu’est-ce qu’un homme prêt à sacrifier pour comprendre la vie ? Et qu’est-ce qu’un homme prêt à endurer pour racheter la sienne ?

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 14 mai 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 416 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203257598 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203257597

L’Habitant de l’infini – Bakumatsu (8) de HIROAKI SAMURA / RYU SUENOBU / RENJI TAKIGAWA

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Manji a vaincu Sasaki Tadasaburô, l’agent du shogunat qui le poursuivait, lui et Ayame Buran.

Avec ce huitième volume de Bakumatsu, spin-off de la série culte L’Habitant de l’infini, Hiroaki Samura et ses complices poursuivent leur relecture sombre et politique des dernières heures du shogunat Tokugawa. Toujours pris dans un maelström de trahisons, de révoltes et d’obsessions scientifiques, Manji, le guerrier immortel, avance vers une vérité plus dérangeante encore que la mort elle-même.

Ce tome s’ouvre sur la chute de Sasaki Tadasaburô, dernier obstacle sur la route de Manji et Ayame Buran, jeune savante aussi brillante que déterminée. Mais la vraie révélation est d’ordre charnel et symbolique : le bras arraché de Manji, vestige d’un passé mutilé, est conservé et utilisé pour perpétuer des expérimentations abjectes sur l’immortalité. À travers cette image macabre, Samura continue de tisser une méditation sur le corps instrumentalisé, la mémoire de la chair, et l’échec éthique de la science lorsqu’elle devient bras armé du pouvoir.

En parallèle, la toile historique s’épaissit. Les fiefs de Satsuma et de Chôshû s’unissent enfin contre le shogunat, et Sakamoto Ryôma, figure visionnaire et fragile, tente de faire émerger un Japon nouveau au milieu du chaos. Mais les couteaux sont toujours prêts à se lever, et Ryôma, cible d’un nouvel attentat, devient le fardeau vivant de Manji, contraint de jouer les gardes du corps malgré ses doutes croissants.

Ce volume mêle drame intime, enjeux historiques et tension existentielle avec une intensité qui ne faiblit jamais. Les dialogues ciselés, les scènes de combat chorégraphiées avec une précision brutale, et les contrastes puissants entre ombre et lumière renforcent la sensation d’un monde au bord de l’effondrement, où l’immortalité n’est pas un don mais une malédiction politique.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 14 mai 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203290978 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203290976

Au temps de Botchan (3) de NATSUO SEKIKAWA / JIRO TANIGUCHI

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Japon, 1909. Ishikawa Takuboku se fait dérober son porte-monnaie par Tomita Ginzo, le roi des pickpockets, lors d’un voyage en tramway.

Avec ce troisième volet de l’ambitieuse série Au temps de Botchan, Jirō Taniguchi et Natsuo Sekikawa poursuivent leur exploration érudite et sensible de la naissance de la littérature japonaise moderne, au croisement du tumulte historique et du trouble existentiel. Nous sommes en 1909, à Tokyo, dans un Japon tiraillé entre tradition et modernité, où la culture occidentale s’insinue dans tous les interstices d’une société encore en quête d’identité.

Au cœur de ce volume, Ishikawa Takuboku, poète à l’âme vacillante, homme instable, contradictoire et intensément humain. Victime d’un vol dérisoire dans un tramway, il réagit non pas avec colère, mais avec une forme de fatalisme amusé. Plus tard, il rase sa moustache « parce qu’elle tombe » – geste intime, trivial et poignant, à l’image de cet être en décalage permanent avec le monde. Ce n’est pas tant la biographie de Takuboku qui est ici contée, que la façon dont l’acte de création poétique devient un refuge fragile face à l’absurde et à la dureté du quotidien.

Le dessin de Taniguchi, toujours aussi précis, lent et contemplatif, confère à cette fresque historique une dimension profondément intérieure. On lit autant dans les visages que dans les dialogues. La narration prend son temps, ménage des silences, des soupirs, des errances. Le rythme, résolument littéraire, invite à la méditation plus qu’à l’action.

Mais Au temps de Botchan est aussi un portrait collectif, un récit choral où apparaissent d’autres figures marquantes de l’époque Meiji, des intellectuels en rupture, des artistes asphyxiés par la société, des rêveurs sans terre. Ce troisième tome insiste particulièrement sur le lien conflictuel entre l’art et la société, entre la nécessité d’écrire et l’impossibilité de vivre dans un monde qui valorise si peu les voix singulières.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 14 mai 2025 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 312 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203218061 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203218062

Un père de JEAN-LOUIS TRIPP

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Longtemps resté enfant unique, JeanLouis reçoit dans ses premières années l’affection exclusive de son jeune père.

Avec Un père, Jean-Louis Tripp poursuit l’œuvre autobiographique amorcée depuis plusieurs années, en s’attaquant cette fois au nœud le plus intime : la relation filiale. Le père, figure centrale, tant aimée que redoutée, devient ici le miroir d’une génération, d’une époque, et d’un combat sourd entre tendresse et incompréhension.

Nourrie de souvenirs fragmentés, de gestes oubliés, de silences lourds et d’instants lumineux, cette bande dessinée est avant tout une quête de réconciliation intérieure. Tripp y raconte sa jeunesse, d’abord baignée par l’amour inconditionnel d’un père jeune et fier, puis secouée par l’arrivée des frères et sœurs, la montée des tensions conjugales, l’éclatement progressif du noyau familial. Ce récit d’émancipation heurtée prend peu à peu les contours d’une méditation sur la distance qui s’installe sans bruit entre les êtres qui s’aiment.

Le dessin, d’une sobriété expressive, épouse l’introspection avec justesse. Aucun pathos, jamais : Tripp travaille l’émotion par les détails, les silences, les regards. Il s’autorise aussi l’humour, discret mais salvateur, pour évoquer les maladresses paternelles, les erreurs de jeunesse, et ces moments d’absurde beauté que seule la vie familiale peut offrir.

Ce qui frappe surtout dans Un père, c’est la justesse émotionnelle, la façon dont l’auteur parvient à rendre palpable le mélange d’admiration, de colère, de tendresse et d’impuissance que tout enfant devenu adulte peut ressentir face à son père. Le récit devient ainsi universel, sans jamais cesser d’être personnel.

À la fois hommage, aveu et tentative de comprendre l’incompréhensible, Un père est une œuvre pudique et bouleversante. Une main tendue à tous ceux qui n’ont jamais su dire « je t’aime » à voix haute.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 14 mai 2025 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 360 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203295937 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203295933