Les Tourmentés De Lucas Belvaux | Par Lucas Belvaux Avec Niels Schneider, Ramzy Bedia, Linh-Dan Pham

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Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien.

Avec Les Tourmentés, Lucas Belvaux signe un film sombre, tendu et profondément politique, qui interroge frontalement la valeur d’une vie humaine dans une société où l’argent peut tout acheter — jusqu’au droit de tuer.

Skender, ancien légionnaire sans attaches, sans travail et sans avenir, erre dans une France qui ne veut plus de lui. C’est un homme brisé, survivant plus qu’il ne vit. À l’autre bout de l’échelle sociale, une riche veuve que tous appellent simplement “Madame” s’ennuie. Passionnée de chasse, entourée de luxe et de domestiques, elle cherche une distraction ultime. Par l’intermédiaire de son majordome, elle imagine alors l’impensable : organiser une chasse à l’homme, contre rémunération, dans un huis clos forestier où le gibier serait humain.

Le film bascule rapidement dans un thriller implacable. Skender accepte, poussé par la misère, sans mesurer l’ampleur de ce pacte faustien. Mais la traque ne se déroule pas selon les règles établies. Très vite, la mécanique de domination se fissure, et la victime désignée se transforme en adversaire imprévisible.

Lucas Belvaux détourne ici les codes du film de chasse et du survival pour en faire une allégorie sociale violente et dérangeante. Plus qu’un simple jeu de massacre, Les Tourmentés observe la fracture entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n’ont plus rien — au point de devoir louer leur propre mort pour survivre. La forêt devient un théâtre primitif où s’effondrent les faux-semblants de la civilisation.

Le casting porte le film avec une intensité remarquable.
Niels Schneider incarne Skender avec une brutalité contenue et une fragilité bouleversante, donnant au personnage une densité morale rare. Face à lui, Ramzy Bedia, dans un contre-emploi glaçant, impressionne par son minimalisme et son ambiguïté trouble. Linh-Dan Pham, magnétique, apporte à Madame une froideur presque abstraite, symbole d’une élite déshumanisée, coupée de toute empathie.

La mise en scène de Belvaux est sèche, sans emphase inutile. Les silences, les regards, les respirations comptent autant que la violence physique. La caméra épouse les corps, la fatigue, la peur, et laisse la nature envahir progressivement le cadre, comme si la civilisation reculait à mesure que la chasse avançait. La tension ne repose pas sur l’action pure, mais sur une lente montée d’angoisse morale.

Les Tourmentés s’inscrit dans la lignée des grands récits de chasse humaine — de La Proie à Battle Royale — mais y ajoute une dimension profondément française et contemporaine : celle d’un monde où l’exclusion sociale devient un terrain de jeu pour les puissants. Le film pose une question simple et terriblement actuelle :

combien vaut la vie d’un homme quand il n’a plus rien ?

Un thriller nerveux, politique et implacable, qui laisse une impression durable et confirme Lucas Belvaux comme l’un des cinéastes français les plus lucides sur la violence sociale de notre époque.

Dès les premières minutes, Les Tourmentés impose une identité visuelle forte, austère et profondément immersive. Lucas Belvaux opte pour une mise en image réaliste, presque rugueuse, qui épouse le destin de son personnage principal et refuse toute esthétisation gratuite de la violence.

Image

La photographie privilégie des teintes froides, terreuses et désaturées, où dominent les verts sombres, les gris métalliques et les noirs profonds. Cette palette renforce la sensation d’un monde sans horizon, écrasant les personnages sous le poids du décor. La forêt, lieu central du récit, n’est jamais montrée comme un refuge naturel mais comme un espace hostile, labyrinthique, presque mental.

Les cadres sont souvent resserrés, parfois étouffants, isolant Skender dans l’image comme il l’est dans la société. À l’inverse, les plans larges surgissent brutalement pour rappeler la petitesse de l’homme face à la nature et à ceux qui le traquent. La caméra à hauteur d’homme, souvent portée à l’épaule, accentue la sensation d’urgence et de danger permanent.

Belvaux privilégie une mise en scène sèche et frontale, sans effets ostentatoires. Les scènes de chasse sont filmées avec une lisibilité exemplaire, refusant le montage hystérique au profit d’une tension continue. La violence n’est jamais spectaculaire : elle est crue, rapide, parfois hors champ — bien plus dérangeante de cette manière.

Le travail sur la lumière naturelle est remarquable. Les scènes nocturnes, souvent difficiles à maîtriser, conservent ici une excellente lisibilité tout en respectant l’obscurité du lieu, renforçant l’angoisse sans jamais perdre le spectateur.

Son

Le design sonore joue un rôle central dans l’expérience du film. La bande-son est volontairement minimaliste, laissant une large place aux sons organiques : pas dans la boue, branches qui craquent, respiration haletante, frottement des vêtements, battements du cœur.

Le silence devient une véritable arme narrative. Belvaux l’utilise comme un espace de menace, rendant chaque bruit potentiellement fatal. Le spectateur partage l’hypervigilance du personnage traqué.

Les effets sonores sont d’une grande précision : tirs étouffés, échos lointains, voix portées par le vent, créant une spatialisation efficace qui accentue l’immersion, notamment lors des scènes de poursuite.

La musique, discrète et parcimonieuse, n’intervient jamais pour souligner artificiellement l’émotion. Lorsqu’elle surgit, c’est par nappes graves, presque imperceptibles, renforçant l’oppression psychologique plus que le suspense mécanique.

Les dialogues, volontairement peu nombreux, bénéficient d’un mixage soigné, parfaitement intelligible même dans les séquences nocturnes ou sous tension. Le film fait confiance au son pour raconter autant que l’image.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 19,2 x 13,4 x 1,7 cm; 70 grammes Audio description : ‏ : ‎ Français Réalisateur ‏ : ‎ Lucas Belvaux Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 53 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 17 janvier 2026 Acteurs ‏ : ‎ Déborah François, Linh-Dan Pham, Mahé Boujard, Niels Schneider, Ramzy Bédia Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ UGC

Space Projekt U.M.O. Eric Serra

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Cet album est le récit d’un voyage imaginaire dans l’espace, à bord de la Station Spatiale Internationale, à travers les émotions ressenties au fil des différentes étapes. Le compositeur et producteur, également multi-instrumentiste et interprète de cet opus, nous invite à fermer les yeux et à partager ce périple avec lui. Décollage immédiat !!!

Avec Space Projekt U.M.O., Éric Serra propose bien plus qu’un album : une véritable expérience sensorielle et cinématographique, fidèle à l’ADN du compositeur mythique du Grand Bleu, de Léon ou de GoldenEye. Ici, aucune image à l’écran, mais un film intérieur que chacun est invité à projeter en soi.

Pensé comme le journal sonore d’un voyage imaginaire dans l’espace, l’album nous embarque à bord de la Station spatiale internationale. Dès les premières notes, la gravité terrestre semble s’effacer. Les nappes électroniques, les pulsations organiques et les textures synthétiques dessinent un environnement flottant, presque tactile, où chaque son évoque une étape du périple : le compte à rebours, le décollage, l’apesanteur, la solitude cosmique, la contemplation silencieuse de la Terre.

Compositeur, producteur, multi-instrumentiste et interprète, Éric Serra signe une œuvre profondément personnelle, presque méditative. Loin de la démonstration technique, Space Projekt U.M.O. privilégie l’émotion pure : celle du vertige face à l’infini, du calme absolu après la poussée des moteurs, de la poésie qui naît dans le vide spatial. L’album avance comme une dérive contrôlée, alternant tensions électroniques, respirations ambient et envolées mélodiques discrètes mais puissantes.

On retrouve la patte Serra : ce mélange singulier de science-fiction, de mélancolie et de spiritualité. La musique ne cherche jamais à illustrer l’espace de manière spectaculaire, mais plutôt à traduire ce que l’on ressent lorsqu’on s’y trouve — l’isolement, la fragilité humaine, la beauté hypnotique du cosmos.

À écouter idéalement au casque, dans l’obscurité, Space Projekt U.M.O. devient une traversée intime, presque contemplative. Un album qui invite à fermer les yeux, ralentir le temps et accepter de se laisser porter, comme en orbite.

Dimensions du produit (L x l x h) ‏ : ‎ 0,5 x 14 x 12,5 cm; 64 grammes Fabricant ‏ : ‎ Polydor Label ‏ : ‎ Polydor ASIN ‏ : ‎ B0G1ZMYVDX Pays d’origine ‏ : ‎ France

Put Your Soul on Your Hand and Walk

« Put Your Soul on Your Hand and Walk » est ma réponse en tant que cinéaste, aux massacres en cours des Palestiniens.

Il est des films qui naissent du cinéma. Et d’autres qui naissent de l’urgence. Put Your Soul on Your Hand and Walk appartient à cette seconde catégorie : une œuvre forgée dans la nécessité absolue de témoigner, là où les images manquent, là où les voix sont étouffées, là où la réalité se dérobe sous les bombardements.

Face aux massacres en cours à Gaza, la cinéaste Sepideh Farsi choisit de filmer autrement — à distance, dans la fragmentation, dans l’échange fragile de pixels et de sons. Le film repose sur une rencontre déterminante : celle de Fatem Hassona, jeune femme gazaouie qui documentait la guerre depuis l’intérieur, caméra à la main, au cœur même de ce qu’elle appelait sa « prison de Gaza ».

De cette relation singulière naît un lien vital. Fatem devient les yeux de la réalisatrice sur le terrain ; Sepideh Farsi, depuis l’extérieur, devient un relais, un passage, une respiration vers le monde. Ensemble, elles inventent une forme de cinéma sans précédent : un film tissé de messages vocaux, de vidéos compressées, d’appels instables, de silences contraints. Une correspondance filmée traversée par la peur, l’épuisement, mais aussi par une détermination farouche à continuer de regarder.

Le dispositif, d’une extrême simplicité apparente, se révèle d’une puissance bouleversante. Ici, aucune reconstitution, aucun commentaire surplombant. Seulement la persistance d’un dialogue, maintenu pendant près d’un an malgré les coupures d’électricité, la destruction des infrastructures et la menace constante de la mort. Chaque image devient un acte de résistance.

Le film interroge profondément la nature même du cinéma. Que peut une caméra lorsque tout s’effondre ? Que signifie filmer quand survivre est déjà un combat ? Put Your Soul on Your Hand and Walk ne prétend jamais expliquer le conflit. Il montre ce que les chiffres et les discours ne peuvent saisir : l’attente, la peur diffuse, la fatigue des corps, la banalité tragique du quotidien sous les bombes.

Fatem Hassona n’est pas une simple témoin. Elle est une présence lumineuse, une conscience en éveil, une voix qui refuse de se taire. Sa parole, parfois douce, parfois traversée d’une lucidité implacable, donne au film une humanité rare. Elle parle de sa ville, de sa famille, de sa peur de mourir, mais aussi de son désir obstiné de vivre, de transmettre, de rester digne.

L’assassinat de Fatem, le 16 avril 2025, lors d’une attaque israélienne visant sa maison, bouleverse irréversiblement la nature du film. Ce qui était un journal de guerre devient une œuvre-mémoire. Ce qui était un échange vivant se transforme en testament cinématographique. Chaque image acquiert soudain une dimension tragique et sacrée : celle d’une voix désormais réduite au silence.

Sans pathos ni démonstration, Sepideh Farsi signe un geste de cinéma politique au sens le plus noble du terme. Un cinéma qui ne cherche pas l’effet, mais la présence. Qui ne parle pas à la place de, mais avec. Qui ne transforme jamais la souffrance en spectacle.

Put Your Soul on Your Hand and Walk est un film sur la transmission quand tout s’effondre, sur la responsabilité de regarder, sur la nécessité de porter la parole de ceux à qui l’on refuse le droit d’exister. Il rappelle que filmer peut être un acte vital, et que parfois, tenir une caméra revient à tenir une main à distance.Voici une chronique presse professionnelle – édition DVD, rédigée dans un ton éditorial sobre et culturel, prête à publication (magazine, site cinéma, dossier presse), incluant image / son / bonus avec entretien de la réalisatrice.


Put Your Soul on Your Hand and Walk – Édition DVD

L’édition DVD de Put Your Soul on Your Hand and Walk prolonge l’expérience bouleversante du film de Sepideh Farsi dans un écrin respectueux, pensé avant tout comme un support de transmission et de mémoire.

Œuvre née de l’urgence, du dialogue à distance et de la résistance par l’image, le film trouve ici une édition qui accompagne avec sobriété la puissance de son propos, sans jamais chercher à l’esthétiser artificiellement.


Image

Le transfert respecte pleinement la nature singulière du film.
Composé majoritairement de vidéos captées à distance — appels mobiles, images compressées, fichiers envoyés dans l’instabilité des réseaux gazaouis — le long métrage revendique une texture brute, parfois heurtée, souvent fragmentée.

L’édition DVD n’en gomme jamais les aspérités. Les variations de définition, les artefacts numériques, les coupures visuelles font partie intégrante du langage du film. L’image conserve cette matière fragile, presque tremblante, qui devient le reflet direct des conditions de tournage.

Les rares séquences filmées hors champ de guerre, plus stables visuellement, créent un contraste saisissant avec les images venues de Gaza, accentuant encore la tension entre deux mondes séparés par la violence et la distance.

Un respect total de l’intention artistique, sans lissage ni artificialisation.


Son

Le travail sonore constitue l’un des piliers émotionnels du film, et l’édition DVD en restitue toute la complexité.

Voix enregistrées à la volée, respirations, silences, saturations, coupures de communication : chaque élément sonore participe à la dramaturgie. Le mixage conserve volontairement ces imperfections qui traduisent l’urgence et la précarité des échanges.

Les paroles de Fatem Hassona, souvent captées dans des conditions extrêmes, demeurent bouleversantes de proximité. Le spectateur entend parfois le monde s’effondrer autour d’elle — explosions lointaines, bruits sourds, interférences — sans jamais tomber dans l’effet spectaculaire.

Le rendu sonore privilégie l’intime à la démonstration, renforçant la sensation d’un dialogue suspendu au bord du silence.


Bonus – Entretien avec la réalisatrice

Le supplément principal de cette édition est un entretien approfondi avec Sepideh Farsi, d’une grande valeur documentaire et humaine.

La cinéaste y revient sur la genèse du film, née d’un sentiment d’impuissance face aux massacres en cours et de la nécessité de trouver une autre manière de filmer quand l’accès au territoire est impossible.

Elle évoque sa rencontre avec Fatem Hassona, la construction progressive de leur relation, la confiance mutuelle, mais aussi la responsabilité morale de filmer une personne exposée à un danger permanent. Le dialogue éclaire les choix éthiques fondamentaux du film : ne jamais voler une image, ne jamais contraindre la parole, laisser l’autre décider de ce qui peut être montré.

L’entretien prend une dimension particulièrement poignante lorsque la réalisatrice aborde la mort de Fatem, survenue après la finalisation du film. Elle explique comment cet événement transforme irrémédiablement l’œuvre, désormais traversée par une mission mémorielle : préserver une voix que la guerre a tenté d’effacer.

Ce bonus apporte un éclairage essentiel sur le dispositif, la fabrication du film et la place du cinéma face à la destruction.

La Fin du Courage Avec Isabelle Adjani et Laure Calamy – Théâtre de l’Atelier, Paris

Isabelle Adjani et Laure Calamy explorent le courage féminin dans une adaptation théâtrale captivante de La Fin du courage au Théâtre de l’Atelier.

Il est rare qu’une pensée philosophique trouve une traduction scénique aussi juste, aussi incarnée et profondément humaine que La fin du courage. Adaptée librement de l’essai éponyme de Cynthia Fleury, cette lecture mise en scène transforme une réflexion intellectuelle majeure en expérience sensible, portée par la puissance du théâtre et la grâce de l’interprétation.

Sur scène, deux femmes se font face. Une auteure — philosophe, penseuse du politique et de l’intime — et une journaliste. Deux figures contemporaines, deux manières d’habiter le monde, deux postures face à la violence sociale, à l’usure morale, au sentiment d’impuissance. À travers quatre actes, quatre situations, leurs échanges dessinent une cartographie du découragement moderne : fatigue démocratique, effritement du sens, brutalité du réel, difficulté à « tenir » sans se renier.

Le texte avance par fragments, par élans et résistances, refusant toute démonstration figée. Ici, la philosophie ne surplombe jamais l’émotion : elle la traverse. Les mots interrogent la chute, le doute, la honte parfois, mais aussi la nécessité vitale du courage — non comme héroïsme spectaculaire, mais comme exercice quotidien, fragile, recommencé.

La mise en scène de Jacques Vincey choisit la retenue et la précision. Une scénographie épurée, presque nue, laisse toute la place aux corps, aux silences et aux regards. Rien n’illustre : tout accompagne. Le théâtre devient un espace de pensée vivante, un lieu où l’écoute importe autant que la parole.

La singularité du projet réside dans son dispositif : six duos de comédiennes se relaient pour incarner les deux personnages. Chaque duo apporte sa couleur, sa respiration, sa tension propre. Cette pluralité de voix, loin d’affaiblir le propos, l’enrichit. Elle prolonge la pensée de Cynthia Fleury elle-même, pour qui le courage ne peut se construire qu’à plusieurs, dans la confrontation des expériences et des sensibilités.

Parmi ces interprétations, la rencontre entre Isabelle Adjani et Laure Calamy frappe par sa justesse. L’une, habitée par une intensité presque tellurique ; l’autre, ancrée dans une modernité nerveuse, lucide, souvent traversée d’ironie. Ensemble, elles donnent chair à ce dialogue où la gravité n’exclut jamais l’humour, où la lucidité se pare d’autodérision, où la pensée respire.

La fin du courage ne propose ni réponse toute faite ni leçon morale. Elle pose une question essentielle : comment continuer à faire face quand le monde devient brutal, instable, parfois vulgaire ? Comment ne pas céder au cynisme ni à la fuite ? Où puiser la force — et auprès de qui ?

À mesure que le spectacle avance, quelque chose se déplace. Ce qui semblait opposition devient reconnaissance. Ce qui paraissait faiblesse devient point d’appui. Le courage n’est plus une injonction, mais un lien. Une capacité à tenir ensemble.

Plus qu’une lecture théâtralisée, La fin du courage est une traversée intérieure, une fable contemporaine sur la dignité, le doute et la persévérance. Un moment rare où la philosophie cesse d’être abstraite pour redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une manière de vivre.

Sorry, Baby de Eva Victor (Acteur, Réalisateur), Naomi Ackie (Acteur)

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Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après…

Avec Sorry, Baby, Eva Victor signe un premier film d’une délicatesse rare, à la fois intime, pudique et profondément humain. Le récit s’ouvre sur un événement qui ne sera jamais frontalement nommé : « quelque chose est arrivé à Agnès ». Ce choix narratif, loin de l’esquive, installe d’emblée une émotion sourde et durable, laissant au spectateur la place de ressentir plutôt que de comprendre.

Agnès avance difficilement dans un monde qui, lui, continue sans elle. Le temps semble disloqué, les gestes quotidiens chargés d’un poids invisible. Dans ce flottement, une seule chose tient bon : son amitié avec Lydie. Interprétée avec une justesse remarquable par Naomi Ackie, Lydie n’est jamais un soutien démonstratif ou héroïque, mais une présence constante, chaleureuse, essentielle. Leur relation devient le véritable cœur du film, un espace de respiration fait de silences, de rires maladroits et d’une tendresse jamais appuyée.

La mise en scène d’Eva Victor se distingue par sa sobriété : plans fixes, cadres épurés, attention portée aux corps et aux regards plutôt qu’aux dialogues explicatifs. Le film avance à pas feutrés, refusant tout pathos, préférant capter les micro-variations de l’âme, les moments où l’on croit aller un peu mieux avant de retomber. Cette retenue donne à Sorry, Baby une puissance émotionnelle d’autant plus forte qu’elle est contenue.

Le film parle de traumatisme sans jamais l’exploiter, de reconstruction sans promesse artificielle de guérison. Il s’intéresse à « l’après », à ce qui reste quand les mots manquent, quand le monde paraît légèrement décalé. Et surtout, il célèbre l’amitié comme un refuge vital, une force discrète capable de maintenir un lien avec la vie quand tout vacille.

Œuvre sensible et profondément sincère, Sorry, Baby s’impose comme un film de douceur et de résistance intérieure. Un regard juste sur la fragilité, porté par deux interprètes remarquables et une réalisatrice qui filme l’intime avec une maturité impressionnante.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 31,6 x 13,6 x 1,8 cm; 110 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Eva Victor Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 39 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 5 décembre 2025 Acteurs ‏ : ‎ Eva Victor, Kelly McCormack, Louis Cancelmi, Lucas Hedges, Naomi Ackie Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Anglais (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Wild Side Video

Ne t’enfuis plus (Run Away) sur Netflix : la fin expliquée de la série thriller d’Harlan Coben

C’est une nouvelle année, donc vous savez ce que ça veut dire, non ? Harlan Coben a une nouvelle série sur Netflix. Et le plus grand choc, c’est qu’elle ne met pas en scène Richard Armitage. À la place, on retrouve James Nesbitt dans le rôle de Simon, un homme à la recherche de sa fille fugueuse.
On y voit des sectes, des tueurs, de nombreuses morts, et des mensonges au cœur de cette série en 8 épisodes. Une fin qui révèle la personne responsable de la mort d’Aaron, tout en laissant un goût amer, puisque la série se termine sur un énorme mensonge.

Fin expliquée

Quand on arrive à la fin de la série, elle nous tient littéralement en haleine jusqu’à la toute dernière image. Avec les différentes intrigues en cours, on voit que, pendant que Simon est convoqué pour voir Rocco une dernière fois — celui-ci affirmant avoir des informations sur la localisation de Paige — Ash et Dee se rendent au domaine pour tuer Aaron, sans savoir qu’il est déjà mort.

À ce stade, on apprend qu’Aaron était un enfant issu de la secte The Shining Truth, destiné à hériter d’une fortune, ce qui faisait de lui une cible. Ash et Dee pensent alors que Simon est à leurs trousses, car Elena a reçu un message de lui sur son téléphone, message qu’ils découvrent après l’avoir tuée.
Ils suivent Simon dans le sous-sol, où ils tendent une embuscade à Rocco et le tuent, Luther étant également abattu dans l’échange de tirs. Ash est tué, puis Dee, en poursuivant Simon, est projetée par-dessus le balcon avant de pouvoir le tuer et fait une chute mortelle.

Cet acte est commis par un membre de The Shining Truth, une mère qui tentait de prévenir son fils et qui ne faisait pas réellement partie de la secte. Elle ne voulait pas que son enfant soit tué et refusait l’idée que les fils soient pourchassés. En tuant Dee, elle pensait empêcher d’autres meurtres.

Après cela, Simon se retrouve à l’hôpital. Une fois rétabli, il rend visite à sa femme Ingrid, toujours dans le coma depuis qu’elle a été blessée par balle par Luther au début de la saison. C’est là qu’il retrouve Paige, assise au chevet de sa mère.
La fille qu’il cherchait désespérément est finalement venue à lui. Elle était en centre de désintoxication depuis un certain temps et essayait de remettre sa vie sur les rails après la mort d’Aaron.

Même si la quête pour retrouver Paige est terminée, la question de savoir qui a tué Aaron reste en suspens. Lorsque Ingrid se réveille et rentre chez elle, Paige révèle à son père que c’est elle qui a tué Aaron, justifiant son acte par le fait qu’il la menait sur une mauvaise voie.
À ce moment-là, on pense que la série va se conclure sur Simon gardant un ultime secret : celui que sa fille est une meurtrière. Mais ce n’est pas la vérité.

La vérité, c’est qu’Ingrid a en réalité tué Aaron, le tenant pour responsable d’avoir entraîné Paige dans cette spirale.
Cependant, la série réserve un dernier retournement de situation sombre et dérangeant : Ingrid faisait autrefois partie de la secte The Shining Truth, et Paige et Aaron n’étaient pas en couple. Ils étaient en réalité demi-frère et demi-sœur.

Paige faisait des recherches sur ses gènes et son histoire familiale, et c’est ainsi qu’elle découvre qu’Aaron et elle étaient liés par le sang. Ce détail était d’ailleurs sous nos yeux depuis le début : il y avait deux matelas dans l’appartement où ils vivaient, et non un seul, montrant qu’ils ne dormaient pas ensemble. Comme le dit Simon : pourquoi un jeune couple dormirait-il sur des matelas séparés ?

J’ai aimé le fait que cet indice soit dissimulé de manière si subtile, juste sous nos yeux, sans que l’idée ne me traverse l’esprit.
Une fois révélé qu’Ingrid était la mère d’Aaron — et qu’après avoir fui la secte, elle ignorait qu’Aaron était son fils — on comprend qu’elle a en réalité tué son propre enfant.

Paige ne veut pas que Simon révèle à Ingrid qu’Aaron était son fils, car elle pense que cela la briserait totalement. Ainsi, même si Simon promet de ne plus avoir de secrets au sein de la famille, celui-ci restera enfoui, pour préserver la santé mentale d’Ingrid.

Les secrets sont précisément ce qui a détruit la famille au départ, puisque Paige n’a jamais révélé à ses parents qui était réellement Aaron. Ce qui a causé leur chute devient donc le fondement de leur avenir.

Le lent travelling final vers Simon, le montrant face aux deux femmes les plus importantes de sa vie — sa fille et sa femme — illustre parfaitement le conflit qui le ronge intérieurement. Son visage troublé montre qu’il ne pourra jamais se débarrasser de ce secret, et qu’il le portera en lui pour l’éternité.
Qui sait, ce cycle destructeur pourrait bien recommencer. Même si ce secret protège Ingrid, il pourrait détruire la santé mentale de Simon.

La toute dernière image le montre regardant directement la caméra, comme s’il nous posait la question : que ferions-nous à sa place ? Garder le secret ou dire à la personne que l’on aime qu’elle a tué son propre enfant ?

En dehors de la mort d’Aaron et de la responsabilité d’Ingrid, on apprend également que la secte The Shining Truth est exposée et démantelée. Le corps d’Elena est retrouvé, des funérailles ont lieu auxquelles Simon assiste, et l’on découvre aussi l’existence de la fille biologique du mari d’Elena, qu’il lui avait cachée.


Critique de Run Away

En ce qui concerne les séries adaptées des romans de Harlan Coben, j’ai l’impression de dire la même chose chaque année. Elles manquent souvent de profondeur. Le jeu d’acteur est très superficiel, peu convaincant, donnant parfois l’impression de regarder un soap opera comme Hollyoaks. L’écriture du scénario n’est pas particulièrement stimulante.

Cela dit, la série se regarde facilement et sait parfaitement créer des cliffhangers efficaces, au point de nous donner envie de lancer l’épisode suivant. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant le visionnage.

L’intrigue autour de Dee et Dash aurait presque pu être une série à part entière. J’ai plutôt apprécié de les suivre dans leur traque méthodique des personnes figurant sur leur liste noire. En revanche, l’aspect secte m’a semblé ajouté tardivement et ne m’a pas vraiment captivé. J’ai trouvé que cela compliquait inutilement l’histoire, même si le reste des intrigues s’imbriquait plutôt bien.

J’ai été profondément choqué par la mort d’Elena. C’était probablement mon personnage préféré, et je ne pensais absolument pas qu’elle allait mourir. J’ai lancé l’épisode suivant immédiatement pour comprendre ce qui lui était arrivé.

Concernant la disparition de Paige, même si je comprends le désespoir de Simon, c’est l’intrigue qui m’a le moins convaincu. Elle apparaît simplement au chevet du lit d’hôpital à la fin, ce que j’ai trouvé décevant. Toute la série repose sur sa fuite, les accusations contre elle, et l’argent que Simon dépense pour la retrouver… pour qu’elle réapparaisse soudainement à la toute fin.

Le nombre de morts et la manière dont elles sont montrées sont particulièrement violents. La série ne détourne pas le regard, ce qui est assez rafraîchissant, même si cela m’a surpris au départ.

Côté interprétation, j’ai trouvé la majorité des performances assez faibles. Seuls trois acteurs m’ont réellement convaincu : James Nesbitt (Simon), Ruth Jones (Elena) et Maeve Courtier-Lilley (Dee). Pour les autres, on a souvent l’impression qu’ils récitent leur texte, avec un niveau proche du théâtre scolaire. C’est particulièrement flagrant pour Ash et Sam, le fils de Simon.

Globalement, cela frôle souvent le niveau d’un soap. C’est sans doute pour cela que j’ai du mal à vraiment apprécier les séries de Harlan Coben : je n’arrive jamais à m’immerger totalement, et le jeu d’acteur ne correspond pas à la gravité des thèmes abordés.

Alors, est-ce que la série vaut le coup ? Malgré ses faiblesses, elle reste regardable. Elle ne pousse pas vraiment à s’attacher aux personnages ni à s’investir émotionnellement, mais elle est prenante. On comprend pourquoi elle est numéro un sur Netflix : elle donne constamment envie de connaître la suite.

L’intrigue peut devenir confuse par moments, et l’aspect secte frôle parfois le ridicule, mais l’ensemble permet de se laisser happer pendant huit heures sans avoir l’impression de perdre son temps.
À titre de comparaison, Fool Me Once était meilleure, et Missing You l’an dernier aussi.

Run Away est divertissante, mais il ne faut pas en attendre trop. Si vous avez déjà vu les autres séries de Harlan Coben, vous savez exactement dans quoi vous vous engagez.

Coffret Desplechin – 14 films de Arnaud Desplechin

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Description du produit

Contient 14 films en Blu-ray :
– La Vie des morts
– La Sentinelle
– Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)
– eSTheR KaHN (nouvelle restauration)
– Léo en jouant dans la compagnie des hommes
– Rois & reine (nouvelle restauration)
– « Un conte de Noël » (nouvelle restauration)
– « Jimmy P. (Psychothérapie d’un Indien des Plaines) »
– « Trois souvenirs de ma jeunesse »
– « Les Fantômes d’Ismaël »
– « Roubaix, une lumière »
– « Tromperie »
– « Frère et soeur »
– Spectateurs !
– un livret (28 pages)
– 6 cartes postales
– une planche de stickers

Avec ce Coffret Desplechin – 14 films, c’est tout un pan du cinéma français contemporain qui se trouve réuni dans un écrin éditorial ambitieux et cohérent. Plus qu’une simple compilation, ce coffret propose une traversée sensible et intellectuelle de l’œuvre d’Arnaud Desplechin, cinéaste majeur de l’intime, de la parole et de la complexité des êtres.

La sélection embrasse l’ensemble de sa filmographie, des débuts fulgurants (La Vie des morts, La Sentinelle) aux œuvres plus récentes (Frère et sœur, Spectateurs !), en passant par les films devenus emblématiques (Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), Rois & reine, Un conte de Noël). Les nouvelles restaurations, particulièrement soignées, redonnent une vigueur saisissante à des films souvent très dialogués, où la précision des regards, des silences et des corps est essentielle.

Visionner ces films dans leur continuité permet de mesurer la cohérence profonde du cinéma de Desplechin : une obsession pour la famille comme champ de bataille affectif, pour la psychanalyse, la mémoire, la culpabilité et la transmission. On y retrouve cette manière unique de faire cohabiter le romanesque et l’autobiographique, la légèreté apparente et la douleur brute. Des œuvres comme Trois souvenirs de ma jeunesse ou Tromperie prennent une résonance particulière replacées dans cet ensemble, comme des variations tardives sur des thèmes fondateurs.

Le coffret se distingue aussi par la richesse de ses compléments matériels. Le livret de 28 pages, les cartes postales et la planche de stickers ne relèvent pas du gadget, mais participent d’une véritable volonté éditoriale : accompagner le spectateur dans une relation presque charnelle à l’œuvre, fidèle à l’idée d’un cinéma vécu, pensé, revisité.

Sur le plan technique, les Blu-ray offrent un confort de visionnage à la hauteur de l’ambition du projet, respectant les textures originales tout en gagnant en lisibilité. Cette édition s’adresse autant aux cinéphiles avertis qu’aux spectateurs désireux de découvrir un auteur dont chaque film dialogue avec les autres.

Dense, exigeant, profondément humain, ce coffret s’impose comme une référence. Une invitation à se perdre — et se retrouver — dans un cinéma de la parole et des failles, où penser et ressentir ne sont jamais dissociés. Un indispensable pour comprendre l’œuvre d’Arnaud Desplechin, et, à travers elle, une certaine idée du cinéma français.

Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 18 x 14,4 x 12,9 cm; 1,35 kilogrammes Réalisateur ‏ : ‎ Arnaud Desplechin Format ‏ : ‎ Blu-ray Durée ‏ : ‎ 13 heures et 20 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 2 décembre 2025 Acteurs ‏ : ‎ Chiara Mastroianni, Ian Holm, Roch Leibovici, Summer Phoenix, Thibault de Montalembert Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Français (Audio DTS-HD High Resolution), Français (Audio DTS-HD High Resolution) Studio  ‏ : ‎ Le Pacte ASIN ‏ : ‎ B0FL88GW64

Left Handed Girl avec Janel Tsai (Acteur), Nina Ye (Acteur), Tsou Shih-Ching (Réalisateur)

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Une mère célibataire et ses deux filles arrivent à Taipei pour ouvrir une petite cantine au cœur d’un marché nocturne de la capitale taiwanaise. Chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale.

Avec Left Handed Girl, la réalisatrice Tsou Shih-Ching livre un film d’une grande délicatesse, à la frontière du drame social et du portrait intime, qui capte avec une précision rare les fragilités du lien familial face au déracinement. Ancré dans le tumulte sensoriel des marchés nocturnes de Taipei, le film raconte l’installation d’une mère célibataire et de ses deux filles dans une ville aussi vibrante qu’indifférente.

Dès les premières scènes, le décor devient un personnage à part entière. Les néons, les odeurs de friture, la foule compacte et le vacarme permanent contrastent avec la solitude intérieure des protagonistes. La petite cantine qu’elles ouvrent agit comme un fragile refuge, mais aussi comme un révélateur de tensions enfouies. Chacune des trois femmes affronte cette nouvelle vie à sa manière, entre désir d’émancipation, sentiment d’abandon et besoin vital de rester soudées.

La mise en scène de Tsou Shih-Ching se distingue par sa sobriété. Elle privilégie les gestes du quotidien, les silences, les regards qui s’évitent ou se cherchent. Le récit progresse sans effets appuyés, laissant au spectateur le soin de percevoir les micro-fractures qui menacent l’équilibre familial. Cette approche quasi documentaire donne au film une authenticité bouleversante, sans jamais tomber dans le misérabilisme.

Janel Tsai incarne la mère avec une retenue remarquable. Son jeu, tout en intériorité, traduit la fatigue d’une femme qui porte seule la responsabilité du foyer, tout en tentant de préserver ses filles de ses propres renoncements. À ses côtés, Nina Ye impressionne par la justesse avec laquelle elle exprime les contradictions de l’adolescence : le besoin de liberté face à la peur de trahir les siens. La cadette, plus silencieuse, agit comme un miroir sensible de cette cellule familiale en recomposition.

Au-delà de son récit intime, Left Handed Girl esquisse une réflexion plus large sur la place des femmes dans une société urbaine en perpétuel mouvement, où la réussite économique se paie souvent d’une grande solitude. Le film parle de transmission, de résilience et de cette capacité à réinventer une famille malgré les fractures.

Œuvre discrète mais profondément humaine, Left Handed Girl touche par sa douceur mélancolique et par la justesse de son regard. Un cinéma du sensible, qui s’attarde sur l’essentiel : la difficulté d’aimer et de rester ensemble quand tout pousse à la dispersion.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 17 x 14 x 14 cm; 85 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Tsou Shih-Ching Format ‏ : ‎ Blu-ray Durée ‏ : ‎ 1 heure et 48 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 22 janvier 2026 Acteurs ‏ : ‎ Blaire Chang, Huang Teng-Hui, Janel Tsai, Ma Shi-Yuan, Nina Ye Sous-titres : ‏ : ‎ Français Langue ‏ : ‎ Mandarin (DTS-HD 5.1) Studio  ‏ : ‎ Le Pacte ASIN ‏ : ‎ B0FWG3548W

L’Âme Idéale De Alice Vial | Par Alice Vial, Jean-Toussaint Bernard Avec Jonathan Cohen, Magalie Lépine Blondeau, Florence Janas

Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts.

Avec L’Âme Idéale, Alice Vial signe une comédie romantique singulière, teintée de fantastique, qui détourne avec finesse les codes du genre pour mieux interroger la solitude, le deuil et la peur de l’attachement. Le film suit Elsa, 40 ans, femme indépendante et désabusée, dotée d’un don encombrant : elle voit et parle aux morts. Une faculté qui, loin d’être un pouvoir, agit comme une barrière invisible entre elle et les autres.

Le scénario, coécrit avec Jean-Toussaint Bernard, installe d’abord une chronique douce-amère du célibat contemporain, avant de glisser progressivement vers une romance aussi séduisante que troublante. La rencontre avec Oscar, homme solaire et plein d’esprit, redonne à Elsa le goût du possible. Mais très vite, le film instille un doute : et si cette histoire d’amour reposait sur une illusion plus profonde qu’un simple malentendu sentimental ? Ce basculement narratif, mené avec délicatesse, confère au film une tonalité mélancolique inattendue.

Magalie Lépine Blondeau livre une interprétation tout en nuances. Son Elsa est à la fois ironique, fragile et profondément humaine. Elle évite l’écueil du personnage “à concept” pour incarner une femme blessée, qui s’est protégée du monde par lucidité autant que par peur. Face à elle, Jonathan Cohen surprend par une composition plus retenue qu’à l’accoutumée. Son Oscar, charmeur et sensible, apporte une vraie douceur au récit, tout en conservant une part d’étrangeté qui nourrit le mystère du film. Florence Janas complète le casting avec justesse, apportant un contrepoint émotionnel essentiel.

La mise en scène d’Alice Vial privilégie l’intime : plans resserrés, lumières douces, décors du quotidien qui contrastent avec l’irruption du surnaturel. Le fantastique n’est jamais spectaculaire ; il s’insinue discrètement dans le réel, à l’image des morts qui entourent Elsa. Le travail sonore, subtil, accompagne cette frontière floue entre présence et absence, réalité et projection affective.

Sous ses airs de romance décalée, L’Âme Idéale pose une question universelle : peut-on aimer pleinement quand on est hanté par le passé ? Le film parle moins des fantômes que de ce qui nous empêche de vivre : les regrets, les peurs, les histoires inachevées. Une œuvre sensible et originale, qui touche par sa sincérité et par sa capacité à faire cohabiter légèreté, émotion et réflexion existentielle.

Une place pour Pierrot De Hélène Medigue | Par Hélène Medigue, Stéphane Cabel Avec Marie Gillain, Grégory Gadebois, Patrick Mille

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Pierrot, 45 ans, est autiste et vit dans un foyer médicalisé. Déterminée à lui offrir une vie digne, sa sœur Camille le prend chez elle et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place.

Avec Une place pour Pierrot, Hélène Medigue signe un film profondément humain, d’une grande délicatesse, qui aborde l’autisme adulte sans pathos ni simplification. Le récit s’attache à Pierrot, 45 ans, autiste vivant en foyer médicalisé, et à sa sœur Camille, qui décide de le prendre chez elle pour lui offrir une existence plus digne et plus juste. Un geste d’amour, mais aussi un parcours semé d’obstacles administratifs, émotionnels et intimes.

La force du film réside dans son regard posé, respectueux, presque pudique. La mise en scène choisit la sobriété : peu d’effets, une caméra discrète, souvent à hauteur d’homme, qui accompagne les personnages sans jamais les enfermer dans un discours démonstratif. Le quotidien de Pierrot est montré dans sa complexité, entre routines nécessaires, fragilités, mais aussi désirs et élans d’autonomie. Le film rappelle avec justesse que l’inclusion ne se décrète pas : elle se construit, lentement, au prix d’efforts partagés.

L’interprétation est l’un des grands atouts du long métrage. Grégory Gadebois incarne Pierrot avec une retenue admirable, loin de toute caricature. Son jeu repose sur les silences, les gestes, les regards, et donne au personnage une épaisseur bouleversante. À ses côtés, Marie Gillain compose une Camille crédible, tiraillée entre amour, fatigue, culpabilité et détermination. Leur relation fraternelle, au cœur du film, est traitée avec une rare justesse émotionnelle. Patrick Mille apporte quant à lui une présence secondaire mais précieuse, ancrant le récit dans une réalité sociale concrète.

Sur le plan de l’image et du son, Une place pour Pierrot privilégie le naturel. La photographie, douce et réaliste, accompagne les variations d’humeur sans les souligner excessivement. Le travail sonore est particulièrement soigné : les ambiances du quotidien, parfois envahissantes pour Pierrot, deviennent un outil de mise en empathie avec son ressenti, sans jamais basculer dans l’effet appuyé.

Sans angélisme ni misérabilisme, Une place pour Pierrot interroge la notion de “place” dans la société, la famille et le regard porté sur la différence. Un film sensible, nécessaire, qui touche par sa sincérité et par la dignité qu’il accorde à ses personnages. Une œuvre discrète mais profondément marquante.

Rapport de forme ‏ : ‎ 2.35:1 Classé ‏ : ‎ Tous publics Dimensions du colis ‏ : ‎ 19 x 14 x 1,4 cm; 85 grammes Réalisateur ‏ : ‎ Hélène Médigue Format ‏ : ‎ PAL Durée ‏ : ‎ 1 heure et 35 minutes Date de sortie ‏ : ‎ 20 janvier 2026 Acteurs ‏ : ‎ Grégory Gadebois, Marie Gillain, Mathilde Labarthe, Patrick Mille, Vincent Elbaz Langue ‏ : ‎ Français (Dolby Digital 5.1) Studio  ‏ : ‎ Diaphana ASIN ‏ : ‎ B0FVRJY3P2