C’est où, le plus loin d’ici ? (3) de BOSS/ROSENBERG TYLER/MATTHEW

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Au fil des rencontres et des dangers qui ponctuent son voyage, Sid parvient enfin à trouver La Ville.

Avec C’est où, le plus loin d’ici ? – Tome 3, Boss, Rosenberg Tyler et Matthew livrent une conclusion puissante et profondément humaine au premier cycle de cette série de science-fiction dystopique aussi âpre que bouleversante.

Au terme d’un long périple marqué par la fuite, la peur et l’apprentissage de la survie, Sid atteint enfin La Ville, ce lieu presque mythique dont l’existence semblait incertaine. Cette arrivée n’est pas un aboutissement confortable, mais le point de bascule du récit. La Ville révèle peu à peu sa véritable nature : une société organisée, régie par des règles implacables, où l’ordre apparent dissimule une violence plus insidieuse encore. Sid y découvre les raisons de sa différence, ce mal étrange qui transforme son corps, et surtout la place qu’on cherche à lui assigner dans un système qui tolère mal ce qui échappe à la norme.

Le scénario frappe par sa justesse émotionnelle. Sans jamais tomber dans le pathos, le récit explore des thèmes lourds : le contrôle des corps, la peur de l’altérité, la reproduction des violences sociales, mais aussi la transmission, l’attachement et la résistance intime. Sid n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, souffre, se trompe, mais avance, portée par une détermination farouche à protéger ce qui lui reste de plus précieux. Cette humanité fragile fait toute la force du livre.

Graphiquement, l’album maintient une atmosphère oppressante et tendue. Le dessin, sec et expressif, sert parfaitement un univers rude, où chaque décor semble hostile et chaque visage marqué par la fatigue ou la résignation. La mise en scène, très maîtrisée, renforce le sentiment d’urgence et d’enfermement, notamment dans les séquences situées au cœur de La Ville, où l’espace lui-même devient un instrument de domination.

En refermant ce troisième tome, une idée s’impose avec évidence : C’est où, le plus loin d’ici ? n’est pas seulement un récit de fuite géographique, mais une quête existentielle. Ce premier cycle se conclut sur une affirmation forte et lucide : face à des systèmes qui broient, se battre pour sa vie et celle de ses proches est déjà un acte de résistance. Une conclusion dense, courageuse et mémorable, qui confirme la série comme l’une des propositions les plus sensibles et percutantes de la bande dessinée de science-fiction contemporaine.

Éditeur ‏ : ‎ CASTERMAN Date de publication ‏ : ‎ 4 février 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 192 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2203296135 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2203296138

Les Utopistes – Tome 1 – Tlaloc Broché – Illustré, 30 janvier 2026 de Vincent Le Bars (Auteur), Zanchi Stefano (Illustrations)

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Imaginez un monde presque identique au nôtre mais à une très grosse différence près : dans notre histoire, les grands mythes, les royaumes fantastiques, les contes et légendes et les divinités mythologiques sont bel et bien réels !

Avec Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc, Vincent Le Bars et Zanchi Stefano posent les bases d’une nouvelle grande saga d’aventure jeunesse ambitieuse, spectaculaire et profondément contemporaine. Un récit qui convoque l’imaginaire mythologique mondial tout en questionnant notre rapport au patrimoine, à la transmission et à l’utopie.

Le postulat est immédiatement séduisant : et si les mythes n’avaient jamais cessé d’exister ? Si les dieux, les royaumes légendaires et les récits fondateurs de l’humanité étaient bien réels, dissimulés derrière des portails-miroirs disséminés à travers le monde ? Dans cet univers presque identique au nôtre, Alexandre Desvereaux, aventurier star des réseaux et explorateur charismatique, a découvert comment franchir ces seuils interdits. Mais cette révélation n’a pas seulement ouvert la porte à la connaissance : elle a déclenché une nouvelle forme de pillage.

Car là où certains voient un héritage commun à préserver, d’autres n’aperçoivent qu’un terrain de chasse. De richissimes collectionneurs envoient des mercenaires exploiter ces mondes mythiques, détruisant dieux, vestiges et équilibres ancestraux au nom du profit. Lorsque Desvereaux disparaît mystérieusement, c’est tout un pan de cet univers fragile qui vacille.

Le récit bascule alors vers Aurore, sa fille adolescente, héroïne volontaire, intelligente et profondément humaine. Refusant la disparition de son père, elle s’entoure d’un groupe de camarades et décide de partir à sa recherche. Autoproclamés les Utopistes, ces jeunes personnages vont faire irruption dans des territoires où l’Histoire, la légende et le danger s’entremêlent — à commencer par l’univers aztèque et la figure terrifiante de Tlaloc, dieu de la pluie et des tempêtes.

Ce premier tome frappe par la solidité de sa construction narrative. Vincent Le Bars maîtrise parfaitement les codes du récit d’aventure tout en y injectant une réflexion moderne : qui a le droit d’accéder aux mythes ? À qui appartient l’imaginaire collectif ? Et jusqu’où peut-on aller au nom du progrès ou de la curiosité ?

L’album réussit un équilibre délicat entre divertissement pur et sous-texte engagé. La critique du pillage culturel, du capitalisme prédateur et de la marchandisation de l’Histoire traverse le récit sans jamais l’alourdir. Elle donne au contraire de l’épaisseur aux enjeux et inscrit Les Utopistes dans une tradition d’aventures intelligentes, où l’action nourrit le sens.

Graphiquement, le travail de Stefano Zanchi impressionne. Son dessin précis, dynamique et expressif donne vie à des mondes mythologiques foisonnants, sans jamais perdre en lisibilité. Les scènes d’exploration alternent avec des séquences d’action spectaculaires, tandis que les divinités — Tlaloc en tête — dégagent une présence à la fois majestueuse et inquiétante. La mise en couleur renforce cette sensation d’émerveillement permanent, entre réel familier et fantastique déchaîné.

Mais la vraie force de l’album réside dans ses personnages. Aurore n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, improvise, se trompe, mais avance portée par une foi obstinée dans l’impossible. Autour d’elle, chaque membre du groupe apporte une énergie différente, dessinant une dynamique collective qui fait écho à la citation-clé du récit : l’utopie, ce n’est pas rêver, c’est agir.

Les Utopistes – Tome 1 : Tlaloc réussit ainsi son pari : lancer une série prometteuse sans sacrifier la cohérence ni la profondeur. C’est un album d’aventure au souffle ample, accessible aux jeunes lecteurs mais suffisamment dense pour séduire un public adulte, notamment par ses thématiques culturelles et politiques.

Un premier tome solide, généreux et inspiré, qui ouvre une porte fascinante sur un univers où l’imaginaire n’est pas une fuite, mais un combat. Une invitation à croire, envers et contre tout, que rendre l’impossible possible reste un acte de résistance.

#LesUtopistes #NetGalleyFrance

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 30 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 88 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808503385 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808503389

Dire Bound – The Wolves of Ruin Tome 1 de Sable Sorensen

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À Sturmfrost, les loups ne pardonnent pas.

Avec Bound – The Wolves of Ruin, tome 1, Sable Sorensen signe une entrée remarquée dans la fantasy romantique sombre, portée par un univers puissant, une héroïne combative et une tension émotionnelle constante. Entre épreuves initiatiques, créatures mythiques et jeux de pouvoir, ce premier volume pose les bases d’une saga aussi immersive que addictive.

À Sturmfrost, royaume glacé perpétuellement menacé par des monstres immortels, les loups géants ne sont pas de simples bêtes de guerre : ils sont liés mentalement à une élite de guerriers capables de ressentir leurs pensées, leurs douleurs et leurs instincts les plus sauvages. Ces “liés” incarnent à la fois la gloire et le sacrifice absolu. Un destin que Meryn Cooper n’a jamais convoité.

Lorsque sa sœur est enlevée par l’ennemi ancestral du royaume, toute prudence disparaît. Meryn s’engage dans l’armée avec une seule obsession : franchir le front et la retrouver. Mais pour cela, elle doit survivre aux Épreuves du Lien — une sélection brutale où la mort fait partie de l’apprentissage — puis affronter quatre mois d’entraînement impitoyable au château.

Très vite, le roman dépasse le simple schéma de la fantasy militaire. Le cœur du récit repose sur le lien psychique entre humains et loups, traité avec une vraie originalité. La relation entre Meryn et sa louve, farouche, violente et mutique, devient une métaphore poignante du traumatisme, de la peur et de la reconstruction. Là où d’autres liés communiquent instinctivement avec leur compagnon, Meryn doit apprendre à écouter autrement, à composer avec le silence et la défiance.

Sable Sorensen excelle dans la description des entraînements : ascensions mortelles, combats réalistes, discipline extrême, rivalités entre recrues. La violence n’est jamais gratuite, mais toujours chargée d’enjeux physiques et psychologiques. Chaque victoire se paie cher, chaque faiblesse peut être fatale.

En parallèle, l’autrice développe un second terrain de bataille : celui de la cour. Derrière les bals étincelants, les alliances politiques, les sourires polis et les robes brodées se cachent trahisons, ambitions et manipulations. Le contraste entre la brutalité du champ de bataille et l’hypocrisie des salons royaux renforce l’atmosphère de tension permanente.

Les personnages secondaires apportent une réelle profondeur au récit. Stark Therion, instructeur aussi cruel que magnétique, incarne la dureté du système militaire, tandis que Killian Valtiere, prince héritier charismatique, offre une alternative troublante, où séduction rime avec danger. La romance, subtilement distillée, évite les clichés faciles et s’inscrit pleinement dans les conflits de loyauté, de pouvoir et de survie.

Mais la grande force du roman reste son héroïne. Meryn n’est ni invincible ni naïve. Elle doute, chute, échoue, se relève. Sa détermination ne repose pas sur une prophétie ou un don exceptionnel, mais sur l’amour, la colère et la peur de perdre ce qui lui reste. Un personnage profondément humain, auquel le lecteur s’attache instantanément.

Avec son écriture fluide, immersive et visuelle, Bound – The Wolves of Ruin s’inscrit dans la lignée des grandes sagas de romantasy contemporaine tout en affirmant sa propre identité. Loups géants, magie mentale, formation militaire, intrigues politiques et passions interdites s’entrelacent dans un récit haletant qui ne relâche jamais la pression.

Un premier tome solide, sombre et captivant, qui pose les fondations d’un univers riche et prometteur. Une lecture idéale pour les amateurs de fantasy intense, de romances dangereuses et d’héroïnes prêtes à affronter la meute — quitte à y laisser une part d’elles-mêmes.

Éditeur ‏ : ‎ Hachette Lab Date de publication ‏ : ‎ 1 avril 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 660 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2017293830 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2017293835

Mi-Mouche – Tome 2 – Duels au collège de Cazot Vero (Auteur), Maurel Carole (Illustrations)

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Punie par sa mère pour lui avoir caché qu’elle faisait de la boxe malgré son interdiction formelle, trahie par Élias, son ex-meilleur ami, qui a tout cafté, harcelée par ses camarades de classe qui ne ratent pas une occasion de se moquer de son format réduit, Colette manque terriblement de moments un peu excitants dans sa vie.

Avec Mi-Mouche – Tome 2 : Duels au collège, Vero Cazot et Carole Maurel poursuivent avec justesse et sensibilité l’un des récits jeunesse les plus forts et les plus sincères de ces dernières années. Plus qu’une simple histoire de sport, la série s’impose comme une chronique bouleversante de l’adolescence, de ses violences invisibles et de ses combats intérieurs.

Colette n’a rien d’une héroïne classique. Trop petite, trop discrète, souvent moquée, elle encaisse les humiliations quotidiennes avec une résilience fragile. Punie par sa mère pour avoir pratiqué la boxe en cachette, trahie par son ancien meilleur ami, elle se retrouve isolée dans un collège où chaque jour ressemble à une épreuve. Jusqu’au moment où Astrid, son harceleuse de toujours, lui propose un pacte glaçant : quelques combats clandestins dans la salle de sport de l’établissement contre l’arrêt des brimades.

Ce point de départ, aussi choquant que réaliste, donne naissance à un récit d’une rare intelligence. Sans jamais glorifier la violence, l’album explore ce que représente le combat pour une adolescente : un moyen de reprendre possession de son corps, de sa colère, de sa dignité. La boxe devient ici un langage, une respiration, presque une nécessité vitale face au mépris et à la solitude.

Le scénario de Vero Cazot évite tous les écueils moralisateurs. Les adultes sont dépassés, parfois aimants, parfois maladroits. Les bourreaux ne sont jamais caricaturaux. Les victimes ne sont jamais réduites à leur souffrance. Tout sonne juste, profondément humain, avec une écriture qui alterne humour, tension et émotion brute.

Le dessin de Carole Maurel sublime cette sincérité. Son trait expressif capte les silences, les regards fuyants, la violence sourde des couloirs scolaires comme l’intensité physique des combats. Les scènes de boxe, nerveuses et dynamiques, contrastent avec la douceur fragile de Colette, renforçant la puissance émotionnelle du récit. La couleur accompagne subtilement les variations de ton, passant de la légèreté du quotidien à la gravité des affrontements.

Avec Duels au collège, Mi-Mouche confirme qu’il ne s’agit pas seulement d’une série sur le sport, mais d’une œuvre profondément engagée sur le harcèlement scolaire, le rapport au corps, la reconstruction de soi et le courage d’être différent. Une bande dessinée nécessaire, accessible aux jeunes lecteurs comme aux adultes, qui frappe juste, sans jamais frapper gratuitement.

Un album poignant, lumineux et percutant, qui rappelle que les plus grands combats ne se livrent pas toujours sur un ring.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 56 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808506821 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808506823

Havana Split – Tome 2 – Tropicana de BRREMAUD (Auteur), Vic Macioci (Illustrations)

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Cuba, 1958. Lily a assumé sa part du deal : kidnapper Concepción, la pépée d’un mafieux local, afin que l’un de ses rivaux accepte de libérer son père, détective accro au jeu.

Avec Havana Split – Tome 2 : Tropicana, Frédéric Brémaud et Vic Macioci confirment tout le potentiel de leur polar cubain aussi explosif que séduisant. Ce deuxième volet accélère le tempo, densifie les enjeux et plonge ses personnages dans un engrenage de violence et de faux-semblants, sur fond de fin de régime batististe.

Nous sommes toujours à La Havane, en 1958. Lily a tenu parole : elle a kidnappé Concepción, la fille chérie d’un parrain local, espérant ainsi sauver son père, détective rongé par le jeu. En planque avec John, ancien agent de la CIA aussi charismatique qu’insaisissable, et José, acolyte aussi encombrant que dangereux, la jeune femme pense avoir une longueur d’avance. Mais la mafia ne tarde pas à répliquer. Et lorsqu’El Torturador, tueur psychopathe incontrôlable, est lâché dans les rues de la capitale, la situation bascule dans une spirale de chaos.

Le scénario de Brémaud joue habilement avec les codes du polar et du film noir : alliances fragiles, trahisons permanentes, personnages aux motivations troubles. À cela s’ajoute une toile historique finement intégrée, où les tensions politiques, la révolution castriste naissante et les luttes d’influence de la CIA nourrissent constamment le récit. Chaque camp poursuit ses propres intérêts, brouillant les frontières entre héros et salauds dans une atmosphère où personne ne semble digne de confiance.

Mais la grande force de Tropicana réside dans son ton. Loin du réalisme pesant, l’album cultive un humour décalé savamment dosé, faisant cohabiter dialogues piquants, situations absurdes et violence sèche. Ce mélange donne au récit une identité très marquée, à la fois jubilatoire et tendue, où le danger peut surgir à chaque page sans jamais étouffer le plaisir de lecture.

Graphiquement, Vic Macioci livre une prestation remarquable. Son dessin sensuel et élégant magnifie la Havane nocturne, ses néons, ses clubs enfumés, ses ruelles moites et ses silhouettes fatales. La mise en scène, très cinématographique, évoque autant le film noir américain que le pulp latino. La couleur chaude et contrastée accentue l’atmosphère poisseuse d’une ville au bord de l’implosion.

Avec ce deuxième tome, Havana Split gagne en ampleur et en ambition. L’intrigue s’épaissit, les personnages s’assombrissent et la fresque historique prend de plus en plus de poids. Un polar d’aventure stylisé, rythmé et audacieux, qui confirme la série comme l’un des divertissements les plus élégants et efficaces de la bande dessinée contemporaine.

Une suite maîtrisée, explosive et irrésistiblement addictive.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 23 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808512015 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808512015

Dina et le millimonde – Tome 1 – Le peuple du grenier de Lapuss’ (Auteur), Dalena (Illustrations)

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La jeune Dina, dont le père a mystérieusement disparu depuis un an, vit seule avec sa mère.

Avec Dina et le Millimonde – Le peuple du grenier, Lapuss’ signe une entrée en matière aussi inventive que chaleureuse dans l’univers de la bande dessinée jeunesse d’aventure. À mi-chemin entre le conte initiatique, la fantasy miniature et la comédie familiale, ce premier tome déploie un monde foisonnant d’imagination et d’émotion.

Dina, jeune héroïne vive et attachante, voit son quotidien bouleversé lors de vacances chez sa grand-mère italienne. Un matin, elle se réveille réduite à une taille minuscule : cinq millimètres à peine. La voilà projetée dans le Millimonde, un village de lilliputiens caché dans le grenier, régi par ses propres lois, ses conflits internes et ses traditions aussi farfelues que mystérieuses.

À hauteur d’enfant, mais aussi d’insecte ou de chat devenu monstre, le récit transforme le moindre objet du quotidien en terrain d’aventure. Le danger est omniprésent, mais jamais gratuit : chaque obstacle devient une étape de l’apprentissage de Dina, confrontée à la peur, à la responsabilité et au poids du secret qui entoure la disparition de son père.

Lapuss’, connu pour son sens du gag et du rythme, réussit ici un équilibre subtil entre humour et narration. Les situations comiques s’enchaînent sans jamais nuire à la progression du récit, tandis que les intrigues politiques du Millimonde, les luttes de pouvoir et l’étrange secret pâtissier apportent une profondeur inattendue à cet univers miniature.

Le dessin d’Antonello Dalena sublime l’ensemble. Son trait rond, expressif et lumineux donne vie à un monde débordant de détails, où chaque planche fourmille d’indices visuels et d’idées graphiques. L’influence du conte et de l’animation se ressent dans la lisibilité, le dynamisme et la chaleur des décors, rendant la lecture aussi immersive qu’accessible.

À travers cette aventure à taille réduite, Dina et le Millimonde aborde des thèmes universels : la perte, la transmission familiale, le courage face à l’inconnu et la capacité à grandir malgré l’absence. Un premier tome généreux, drôle et touchant, qui pose les bases d’une série prometteuse, aussi captivante pour les jeunes lecteurs que pour les adultes en quête d’évasion.

Une très belle surprise jeunesse, où l’imaginaire devient un refuge et l’aventure, une manière de se reconstruire.

Éditeur ‏ : ‎ DUPUIS Date de publication ‏ : ‎ 16 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2808512589 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2808512589

Les Chimères de Vénus T3 de Alain Ayroles (Auteur), Etienne Jung (Illustrations)

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Hélène Martin, a réussi à atteindre l’île magnétique et à y retrouver son fiancé, le poète Aurélien d’Hormont. Elle n’a à présent plus qu’une hâte : regagner la Terre avec lui. Seulement, il semblerait qu’une étrange énergie gorge l’île. Elle déraille le temps et attire irrésistiblement Aurélien…

Avec Les Chimères de Vénus – Tome 3, Alain Ayroles et Étienne Jung livrent un nouvel épisode d’une ampleur romanesque saisissante, où la science-fiction rétro flirte plus que jamais avec la tragédie amoureuse et le souffle de l’aventure feuilletonesque.

Nous sommes en 1874, sur une planète Vénus rêvée, fantasmatique, héritière directe des grands récits d’anticipation du XIXᵉ siècle. Hélène Martin a accompli l’impossible : atteindre la mystérieuse île magnétique et retrouver Aurélien d’Hormont, son fiancé poète, disparu dans les méandres de cette planète étrangère. Leur réunion, pourtant, ne marque pas la fin du périple. Elle en constitue au contraire le cœur le plus inquiétant.

Car l’île est imprégnée d’une étrange énergie, l’éthérite, capable de bouleverser les lois du monde. Le temps s’y dérègle, les perceptions se troublent, et Aurélien semble peu à peu happé par cette force invisible, comme si Vénus elle-même refusait de le laisser repartir. L’amour devient alors un combat contre l’irrationnel, contre une planète vivante qui agit telle une chimère insaisissable.

En parallèle, la tension politique atteint son paroxysme. Le sous-marin du général Mercadet, accompagné de l’ambitieux et manipulateur duc de Chouvigny, s’apprête à annexer l’île. La quête scientifique se transforme en conflit impérial, révélant la cupidité humaine face à une ressource dont la puissance dépasse toute compréhension. L’éthérite n’est plus seulement un mystère : elle devient un enjeu stratégique, capable de faire basculer l’équilibre des puissances terrestres.

Alain Ayroles poursuit ici son remarquable travail d’écriture : dialogues ciselés, ironie discrète, humanisme sous-jacent et sens aigu du rythme. Le récit entremêle avec une grande maîtrise romance, aventure, science et critique du colonialisme, dans une montée dramatique parfaitement orchestrée. Chaque personnage est tiraillé entre désir intime et ambition collective, donnant à l’ensemble une profondeur émotionnelle rare.

Le dessin d’Étienne Jung sublime cette fresque rétrofuturiste. Son trait élégant, précis et foisonnant évoque aussi bien la gravure scientifique que l’illustration vernienne. Les décors vénusiens fascinent par leur étrangeté organique, tandis que l’île magnétique semble presque douée de conscience. La mise en couleur, subtile et atmosphérique, accompagne la dérive temporelle et accentue la sensation de malaise progressif.

Avec ce troisième tome, Les Chimères de Vénus affirme pleinement son ambition : celle d’un grand récit d’aventure à l’ancienne, nourri d’une modernité thématique puissante. Derrière les dirigeables, les sous-marins et les savants barbus se dessine une réflexion vertigineuse sur le progrès, la possession et le prix à payer lorsque l’humanité prétend s’approprier l’inconnu.

Un volume dense, somptueux et envoûtant, qui fait basculer la série vers une dimension plus tragique encore — et confirme Les Chimères de Vénus comme l’une des œuvres les plus brillantes du paysage de la bande dessinée contemporaine.

Éditeur ‏ : ‎ RUE DE SEVRES Date de publication ‏ : ‎ 28 janvier 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 72 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2810202427 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810202423

Gardiens de fer – Tome 01 de Christophe Alliel

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Dans un monde asservi par les machines, un garçon et son chien pourraient bien rallumer l’étincelle de la révolte.

el réussit un équilibre subtil entre récit d’apprentissage, science-fiction post-apocalyptique et aventure populaire. La relation entre le garçon et son chien donne au récit une dimension affective forte, renforcée par un enjeu bouleversant lorsque Dumpling est grièvement blessé. Le choix de Soni — vendre son mécha pour sauver son compagnon — déclenche une spirale dramatique qui l’entraîne dans les bas-fonds d’une cité corrompue, entre gangs violents et arènes clandestines.

L’introduction du tournoi First Strike, où humains et Phantoms s’affrontent dans des combats de méchas titanesques, injecte une énergie spectaculaire au récit. Mais au-delà du pur divertissement, l’album interroge la domination, la propagande et la mémoire de la guerre. Derrière les affrontements d’acier se cache une question essentielle : que reste-t-il de l’humanité quand elle n’a plus le droit de choisir ?

Graphiquement, l’album impressionne par la lisibilité de l’action, la puissance des machines et la finesse accordée aux expressions des personnages. Les décors industriels, les carcasses de robots et les cités verticales composent un monde crédible, oppressant, parfaitement cohérent. Les scènes de combat, dynamiques et spectaculaires, n’éclipsent jamais la narration ni l’émotion.

Avec ce premier tome, Gardiens de fer s’inscrit dans la grande tradition de la SF d’aventure tout en affirmant une identité propre. Entre hommage assumé aux récits de méchas et regard sensible sur la survie et la loyauté, Christophe Alliel propose un album généreux, rythmé et déjà chargé de promesses.

Un lancement solide et captivant, qui donne envie de suivre Soni et Dumpling jusqu’au bout de cette révolte naissante — là où l’acier pourrait bien finir par céder face au courage.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344067132
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344067130

Mickey et le roi des pirates de Joris Chamblain (Scenario), Dav (Dessins)

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Entre Dickens et Pirates des Caraïbes !

Avec Mickey et le roi des pirates, Joris Chamblain et Dav livrent une relecture ambitieuse et résolument romanesque de l’univers Disney, mêlant aventure, mystère et souffle épique dans un album à la croisée de Dickens, du récit maritime et du conte fantastique.

L’intrigue s’ouvre dans un Londres de 1850 magnifiquement recréé, noyé de brume, de docks grouillants et de quartiers industriels menacés par l’effondrement économique. La disparition du légendaire sou-fétiche de Picsou ne provoque pas seulement la ruine du plus riche canard du monde : elle déséquilibre toute la ville, plongeant usines et habitants dans le chaos. Picsou, lui-même méconnaissable, dilapide sa fortune comme s’il avait perdu toute raison.

Face à cette catastrophe inexplicable, Mickey endosse le rôle d’un jeune reporter déterminé, animé par un sens aigu de la justice. Accompagné de Pluto, il se lance dans une enquête qui dépasse rapidement le simple vol pour révéler une toile de complots, de légendes oubliées et de pirates surgis du passé. Sur sa route se greffent Dingo, embarqué dans une mission mystérieuse outre-Atlantique, et Donald, fuyant un héritage dont il pressent le danger. Peu à peu, leurs destins s’entrelacent autour d’un secret ancien, bien plus vaste qu’ils ne l’imaginaient.

Le scénario de Joris Chamblain impressionne par sa construction dense mais limpide, alternant enquête, humour, action et révélations successives. Les personnages Disney sont respectés dans leur essence tout en gagnant une profondeur nouvelle : Mickey devient un véritable héros d’aventure, Donald un héritier tourmenté, Dingo un compagnon aussi imprévisible qu’essentiel. L’ensemble évoque les grands romans-feuilletons du XIXe siècle, avec un sens du rythme et du suspense particulièrement maîtrisé.

Graphiquement, Dav signe un travail remarquable. Son trait expressif s’adapte parfaitement à l’ambiance sombre et fantastique du récit. Les décors — docks londoniens, clubs de milliardaires, tavernes des Açores — regorgent de détails et plongent le lecteur dans une atmosphère riche, presque cinématographique. Les jeux d’ombres, la dynamique des scènes d’action et la lisibilité des planches renforcent l’immersion.

À travers cette aventure haletante, l’album interroge subtilement la notion de richesse, de pouvoir et de responsabilité. Un simple sou peut-il réellement décider du destin d’un homme… ou du monde entier ? Entre trahisons, révélations et légendes maritimes, la course contre la montre devient aussi une quête morale.

À la fois hommage à l’univers Disney et récit d’aventure mature, Mickey et le roi des pirates s’impose comme une réussite majeure de la collection. Un album généreux, sombre juste ce qu’il faut, accessible à tous les publics mais suffisamment riche pour séduire les lecteurs adultes. Une aventure palpitante qui prouve que Mickey peut, lui aussi, voguer vers des territoires narratifs audacieux sans jamais perdre son âme.

  • Éditeur ‏ : ‎ Glénat Disney
  • Date de publication ‏ : ‎ 2 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 80 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2344051112
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344051115

La Nouvelle Cheffe de clan – tome 6 de Roah Kim (Auteur), Mon (Auteur), Antstudio (Auteur)

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Une jeune femme décide de changer son destin et devient cheffe de famille.

e course contre la montre, rythmée par l’urgence médicale, les pressions politiques et les manœuvres en coulisses. Chaque décision compte, chaque retard peut être fatal. Astira n’est plus seulement une héritière brillante : elle s’impose comme une cheffe en devenir, capable de prendre des risques, d’assumer ses choix et de porter sur ses épaules la vie des autres.

La relation avec Perez gagne ici en profondeur. Leur alliance, faite de respect, de confiance et de non-dits, apporte une dimension humaine bienvenue au récit. Leurs échanges, souvent sobres mais chargés de sens, renforcent l’émotion et donnent toute sa densité au combat qu’ils mènent ensemble.

Graphiquement, Antstudio continue d’impressionner par la clarté de la mise en scène et l’élégance des décors. Les visages, expressifs, traduisent avec finesse la pression, la fatigue et la détermination qui traversent les personnages. Les scènes de laboratoire comme celles de confrontation politique bénéficient d’un découpage fluide, renforçant la sensation d’urgence permanente.

Ce sixième tome marque ainsi une étape essentielle dans la série : le pouvoir ne se conquiert plus seulement par l’intelligence ou l’anticipation, mais par le courage de choisir, même lorsque tout peut s’effondrer. Entre drame familial, stratégie de clan et montée en puissance d’une héroïne déterminée à réécrire son destin, La Nouvelle Cheffe de clan confirme son statut de référence du webtoon de fantasy politique.

  • Éditeur ‏ : ‎ Kotoon
  • Date de publication ‏ : ‎ 22 janvier 2026
  • Édition ‏ : ‎ Illustrated
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 272 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2494102944
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494102941