Bon chien T02 – 21 avril 2021 de Lapuss’, Tartuff & Baba

Fidèles, affectueux et joueurs, les chiens illuminent le quotidien de leurs maîtres. Il faut cependant avouer que nos chers toutous se montrent aussi parfois un peu balourds et qu’ils provoquent, sans le vouloir, bien des catastrophes autour d’eux.

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Chronique : J’adore les chiens, les chats et.. la série Putain de Chat de Lapuss’
Fidèles, affectueux et joueurs, les chiens illuminent le quotidien de leurs maîtres. Il faut cependant avouer que nos chers toutous se montrent aussi parfois un peu balourds et qu’ils provoquent, sans le vouloir, bien des catastrophes autour d’eux. D’un point de vue esthétique, nous sommes sur la même ligne directrice que Putain de Chat. Les anecdotes sont en noir et blanc. Les traits sont fins et simples. Il y a peu de décor et de détails. Encore une réussite avec cette lecture qui m’a fait passer un agréable moment.

Note : 9/10

  • Éditeur : Kennes Editions (21 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Relié : 64 pages
  • ISBN-10 : 2380753466
  • ISBN-13 : 978-2380753462

Ninn T05: Magic City – 28 avril 2021 de Jean-Michel Darlot & Johan Pilet

Magic City… Un antique parc d’attractions perdu au coeur des Grands Lointains, abandonné depuis plus d’un siècle. Intriguée, Ninn décide de s’y rendre, emmenant avec elle son tigre de papier et ses amis Chad et Ulrika.

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Chronique : Merci au édition Kennes pour cet album si sublime. L’histoire  de cette petite fille trouver dans le métro nous plonge dans une superbe histoire et il est impossible de s’en détacher grâce à des dessins sont très doux avec un coté enfantins mais qui garde un sérieux pour que tous le publics puisse le lire avec des  décors qui nous permettent de passez facilement du réel au fantastique. Portée par des dessins précis et une narration captivante, ce tome cinq de Ninn est juste superbe.
Ninn est charmante et pleine de vie et on s’attache rapidement à elle et nous donne des émotions ce qui ne nous ne laisse pas indifférent. On glisse au fil des pages vers le fantastique, avec en final une ouverture sur un monde imaginaire .

L’originalité scénique s’est étiolée et fait place à présent à un enchaînement d’actions. L’aventure est dynamique et imaginative. C’est au milieu d’un parce d’attraction qu’elle va devoir avancer et combattre les idées sombres qui la poursuive. On retrouve la dualité des vignettes sombres et de celles aux tons plus pastel.
Une formidable quête de soi qui va révéler à notre héroïne ses origines et sa véritable nature. Un vrai coup de cœur.

Note : 10/10

Éditeur : Kennes Editions (28 avril 2021) Langue : Français Relié : 64 pages ISBN-10 : 2380752001 ISBN-13 : 978-2380752007

Le garçon au visage disparu – 21 avril 2021 de Larry Tremblay & Pierre Lecrenier

Jérémy se plaint que son père, travailleur humanitaire, délaisse sa famille au profit d’étrangers vivant à l’autre bout du monde. Il faudrait qu’il soit lui-même à moitié mort, pense-t-il, pour que son père lui exprime enfin son amour.

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Chronique : Un roman graphique sur le thème de la disparition…Jérémy se plaint que son père, travailleur humanitaire, délaisse sa famille au profit d’étrangers vivant à l’autre bout du monde. Il faudrait qu’il soit lui-même à moitié mort, pense-t-il, pour que son père lui exprime enfin son amour. Lorsque Jérémy apprend que celui-ci a été pris en otage, son univers bascule. Sa mère, un matin, le retrouve dans son lit sans visage. Les oreilles, les yeux, le nez de son fils ont disparu. Désemparée, elle contacte policier, psychiatre et prêtre afin qu’ils l’aident à comprendre cette étrange disparition.

Texte métaphorique, Le garçon au visage disparu nous transporte dans un monde teinté d’humour, tantôt loufoque, tantôt inquiétant, où le théâtre flirte avec le fantastique et le film d’épouvante. Larry Tremblay et Pierre Lecrenier dans cette nouvelle bande dessiné , explore le territoire de l’adolescence quand l’identité, encore fragile, cherche ses repères.

Tout est admirablement mis en place pour nous plonger dans un univers cinématographique, mais dans une bade dessiné c’est une intéressante distanciation qui laisse le temps d’absorber cet étrange univers et de comprendre la complexité des différentes couches de l’incomparable texte de Larry Tremblay.

Note : 9,5/10

Éditeur : Kennes Editions (21 avril 2021) Langue : Français Relié : 96 pages ISBN-10 : 2380753237 ISBN-13 : 978-2380753233

Porchery – 11 mai 2021 de Tyrone Finch & Mauricet

Lorsque des cochons infernaux menacent l’humanité, Ellis et Zoey n’ont d’autre choix que de les anéantir un à un.

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Chronique : Porchery donne un coup de poing à chaque page. Un voyage surnaturel au-delà de la Ferme des animaux, qui nous entraîne dans l’horreur de L’île du docteur Moreau. C’est différent de tout ce que vous avez déjà lu « À la page 20, c’était déjà l’un des meilleurs romans graphiques que j’avais lus depuis des années. À la fin, c’était l’un de mes préférés. De tous les temps. Pour l’amour de Dieu, achetez-le. » La violence biblique rencontre un charmant cochon parlant dans cette aventure passionnante à travers les petites villes, la moralité et les plus grandes calamités de l’histoire. » Un concept d’horreur unique et des personnages fascinants, de la part d’une équipe de scénaristes/artistes dont le travail semble si facile qu’on pourrait croire qu’ils travaillent ensemble depuis des années. Que vous soyez un mangeur de bacon ou un végétarien strict, Porchery restera en vous. Je tire mon chapeau en signe d’admiration aux créateurs, et j’espère qu’ils n’obtiendront pas l’aide dont ils ont clairement besoin – afin que nous puissions avoir plus de bandes dessinées comme ça. À la fois comédie d’horreur, film d’action, histoire biblique et dix autres choses,ce roman graphique est intelligent, enjoué et complètement divertissant. Finch et Mauricet nous donnent de vrais personnages auxquels nous pouvons nous intéresser, ce qui n’exclut pas l’étrange cochon maléfique.

Note : 9,5/10

Éditeur : Les Humanoïdes Associés (11 mai 2021) Langue : Français Broché : 144 pages ISBN-10 : 2731633425 ISBN-13 : 978-2731633429

DCEASED Hope at world’s end de Tom Taylor et Marco Failla(entre autres), bien maigre espoir…

Une trinité de belle gueule

La saga DCEASED initié par Tom Taylor prend une ampleur insoupçonnée que DC comics et son éditeur français Urban comics mettent beaucoup en avant. Il faut dire que les récits post-apocalyptique où l’on assiste à la chute de l’humanité on toujours le vent en poupe. Ce nouveau volume nous invite à suivre de nouveau les héros dans leur lutte désespérée contre l’équation d’anti-vie qui a transformé la population, et certains héros, en zombies déterminés à répandre l’épidémie. Ce troisième volume apporte-t-il du renouveau à la saga ou se contente-t-il de surfer sur la tendance du moment ?

C’est le moment de paniquer !

Le problème de ce troisième volume ne vient pas de la qualité du récit en soi, Tom Taylor parvient à maintenir une tension palpable et une angoisse pour les personnages bien connus de l’univers DC grâce à un rythme soutenu et une bonne utilisation des personnages. Même si l’on peut constater qu’il se répète dans certaines scènes. La scène entre Stéphanie Brown et Damian Wayne en  rappelera une autre entre Catwoman et Batman dans le comics Injustice qui raconte une autre itération dramatique de l’univers DC et qui est aussi scénarisé par Tom Taylor. Un autoplagiat que j’ai interprété comme une paresse d’écriture mais de manière globale l’auteur est toujours aussi doué pour mettre en scènes ses personnages et leur accorder de la profondeur en quelques pages. L’intrigue reprend le même schéma que dans les tomes précédents, l’épidémie se répand à une vitesse effrayante et les héros doivent faire face du mieux qu’ils peuvent.

Bis repetita

Au niveau des dessins il y a boire et à manger. Si Marco Failla et Renato Guedes sont les artistes principaux on peut aussi admirer le trait superbe de Carmine Di Giandomenico, un artiste que j’aimerais voir plus souvent mais aussi Dustin Nguyen sur les premières pages ainsi que Karl Master pour un court récit dont on se demande ce qu’il fait là. L’ensemble est suffisamment homogène pour que la lecture reste harmonieuse. Le trait dynamique de Failla est celui que l’on retrouve le plus au cours des épisodes. L’artiste a un trait fin et cartonny qui correspond plutôt bien au trio de héros que l’on suit durant une partie du récit, à savoir les héritiers de Batman, Superman et Wonderwoman. Il n’y a que sur certains visages que l’auteur n’accorde pas assez d’attention et qui paraissent du coup bâclé.

Talia Al Ghul a pris cher là

Mon problème sur ce volume tient au rapport qualité-prix. Le travail éditorial d’Urban comics n’a rien de déshonorant, l’ouvrage est de qualité mais il n’en reste pas moins que l’on a l’impression de lire une série de courts récits qui aurait pu être incorporé au premier volume de la saga. Le récit qui met en scène flash est tellement court et n’a rien à voir avec le reste de l’album qu’il aurait pu être inséré dans les volumes précédents. On a l’impression d’enchaîner la lecture de backs-up, de courts récits que les éditeurs insèrent à la fin d’un numéro mensuel pour mettre en avant des aspects secondaires de l’intrigue, et qui finissent par former un récit cohérent. Mais le fait est qu’à 17 euros les 176 pages ça fait cher le récit secondaire. La passion des comics reste une passion onéreuse et je vous conseillerais plutôt d’attendre une réédition en intégrale plutôt que de vous jeter sur ce tome de la saga DCEASED somme toute assez dispensable.

Résumé: L’équation anti-vie a infecté plus d’un milliard de personnes sur Terre. De chaque côté de l’échiquier, héros comme vilains, nombreux sont ceux qui lui ont succombé. Immédiatement après la destruction de Metropolis, Superman et Wonder Woman mènent un effort pour endiguer la vague d’infection, préserver et protéger les survivants et essayer d’entrevoir la lumière au bout du tunnel. À l’heure la plus sombre de la Terre, l’humanité fait face à son plus grand défi, ne pas perdre espoir, quand tout semble déjà perdu.

  • ASIN : B08Q6SQW9F
  • Éditeur : URBAN COMICS (9 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 176 pages
  • ISBN-13 : 979-1026828549
  • Poids de l’article : 750 g
  • Dimensions : 18.7 x 1.7 x 28.3 cm

La Fleur de la sorcière – 6 mai 2021 de Enrico ORLANDI

Voici l’histoire d’une quête, celle de Tami, né très loin dans le sud. Dans son village, tous les garçons sont exilés lorsqu’ils atteignent l’âge de dix ans. Ils abandonnent leurs foyers et partent… Ils ne sont autorisés à revenir qu’une fois devenus des hommes.

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Chronique : Nous sommes en Laponie et le petit Tami doit accomplir une mission pour devenir un homme. N’oubliez pas que le petit gars a dix ans et qu’il est seul au monde. Où ayant vaincu une créature surnaturelle, il est recueilli par un petit village nordique. Il a du mal à s’y habituer car tout le monde semble considérer comme acquis.

Malheureusement, le village est attaqué par la fille de la créature magique qu’il a tuée au début et lui, au lieu d’aider à le défendre, préfère poursuivre sa mission et rechercher cette fleur de sorcière fantôme.

J’ai apprécié l’histoire, bien qu’un peu tirée par les cheveux au début. J’aime le voyage intérieur de Tami, qui part de l’idée de devenir adulte pour arriver à la conclusion que rester un enfant n’est pas si mal.

Une jolie petite histoire dont les illustrations rappellent celles de Mathew Dow Smith.

Une excellente histoire de passage à l’âge adulte dans un pays qui m’a fait penser à la Finlande ou à la Russie, ou simplement à un endroit magique et très froid…
Il n’y a pas des tonnes de dialogues et c’est assez court donc ça ne devrait pas être trop pour un enfant qui ne veut pas d’un long livre.

Les illustrations vont bien avec l’histoire. J’aime particulièrement les dessins des personnages du démon et de la sorcière.

Note : 9,5/10

ASIN : B08TFC3LMC Éditeur : 404 Editions (6 mai 2021) Langue : Français Broché : 120 pages ISBN-13 : 979-1032404027

N.E.O. – Tome 1 – La chute du soleil de fer – 29 avril 2021 de Maxe L’hermenier (Auteur), Michel Bussi (Auteur), Djet (Dessins)

Zyzo et Alixe parviendront-ils à l’éviter, tout en sauvant les membres de leur clan ?

Un nuag empoisonné s’est répandu sur terre.

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Chronique : Grande satisfaction de retrouver les gamins d’après l’apocalypse dans cet ex haut lieu du tourisme que fût la ville de Paris. En BD cette fois. Pas question donc ni de spoiler ni de refaire une critique de fond du début de l’oeuvre de M. Bussi, beaucoup l’ont fait, et de manières très diverses sur ce site même. Mais cette BD…
Fidélité au roman : rien à dire, on retrouve le fond, l’essence… Quelques scènes raccourcies ou shuntées pour les besoins des 70 pages, mais je trouve que quand cela a été fait, c’est avec habileté.
Traits : fins, bien dessinés, dans l’air du temps. N’étant pas un spécialiste, j’ai pensé aux « Légendaires » dans ces personnages aux expressions très marquées, tendance manga ou jeux vidéos. Un petit reproche sur le dessin du loup : progrès à faire !
Police de caractère lisible, ils n’ont pas cédé à la tentation de choisir une police difforme et illisible pour faire djeune, bravo !
Découpage de facture classique mais très bien maîtrisé, aucune difficulté à suivre les actions, les changements de lieux.
Couleurs : excellent : vives, changeantes comme les situations, ne cherchant pas à insuffler un ton particulier à l’ensemble, mais servant seulement la narration.
Une petite galerie de personnages en deuxième et troisième de couverture très agréables.
J’avais trouvé le roman jeunesse très agréable à lire, et je réitère mon appréciation pour cette BD qui est une belle réussite en elle-même. Vous connaissez un gamin ou une gamine confiné(e), inutile d’acheter le livre (désolé M. Bussi ! ), offrez la BD !

Chronique de BurjBabil

Éditeur : Jungle (29 avril 2021) Langue : Français Relié : 67 pages ISBN-10 : 2822232598 ISBN-13 : 978-2822232593

Dunce : En roue libre – 1 avril 2021 de Jens K. STYVE

Faites la connaissance de Jens, Gustave, Brego et leurs amis dans leurs aventures septentrionales.

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Chronique : Le prix Sproing est décerné chaque année par la société littéraire norvégienne de bandes dessinées Norsk Tegneserieforum.

 La raison de ce succès est simple. Dunce  a un sens de l’humour désarmant et engageant qui rappelle entièrement Calvin et Hobbes de Bill Watterson   (1985-1995). L’interruption de cette série par M. Watterson est toujours pleurée par ses lecteurs. Dunce  est un univers alternatif, où Calvin a grandi et s’est installé en Norvège.

Le personnage principal de  Dunce  est M. Styve lui-même, où il travaille dans une petite entreprise, aime particulièrement son fils et se mêle aux bandes dessinées. M. Styve rencontre des problèmes de la vie quotidienne et contemporaine et les traite de manière concise à travers le prisme de l’humour: 

1. La rupture de M. Styve avec le représentant commercial de la compagnie d’électricité, mettant fin à une relation avec, était commerciale mais était devenue intime;


2. La photographie d’un collègue de M. Styve montrant son chat devenant viral, ce qui a amené le collègue à annoncer qu’il quitte son emploi pour devenir un influenceur des médias sociaux;


3. L’IA autoritaire, l’aspirateur en partie robot et en partie Amazon Echo, qui ressemble à un Dalek (le méchant majeur de l’émission de télévision de science-fiction britannique Dr Who) mais a l’attitude d’un adolescent – il veut conduire la voiture, et c’est le sarcasme ne peut pas être désactivé;

4. La relation de M. Styve avec son fils, qui est authentique et profonde au point de l’égoïsme. Dans la plus poignante des bandes, M. Styve veut jouer au jeu en ligne Fortnite avec son fils, et est désespéré lorsque son fils préfère plutôt être dehors au grand air sur un vélo avec un ami.

Le cadeau de M. Styve est de réduire ces émotions et ces scénarios complexes à une histoire en quatre panneaux, imprégnée d’humour. Il n’est pas étonnant que M. Styve ait eu un tel succès.

Note : 9,5/10

ASIN : B08KZ5QNXX Éditeur : 404 Editions (1 avril 2021) Langue : Français Relié : 176 pages ISBN-13 : 979-1032404102

Fables de Bill Willingham volume 1 et 2, vous pouvez rêver de nouveau

Il est temps de parler de cette série fabuleuse

Si vous tapez Fables comics sur google vous devriez normalement tomber sur pléthore d’articles qui vont vous vanter les mérites de ce comics américain mieux que moi. Pourtant j’ai décidé de me retrousser les manches pour enfin vous en parlez. À mon niveau j’ai décidé de partager mon amour pour cette série intemporelle et magnifiquement écrite.

Fables est une série qui a débuté sa publication en 2002 et qui comptabilise 150 numéros au final. Elle est édité par Dc comics sous le label Vertigo, un label aujourd’hui disparu mais qui a signé les plus grandes heures du comics américain avec des œuvres tels que Sandman, Preacher, Scalped ou encore Y le dernier homme (celui-là aussi un jour il va falloir en parler). Vertigo était réputé pour concentrer les idées les plus folles et novatrices des scénaristes alliés à une liberté créatrice qui a permis à de nombreux auteurs de marquer les mondes de l’imaginaire de leur empreinte.

Fables raconte l’exil forcé de personnages que l’on connaît tous, les personnages de contes de fées. Chassés de leurs royaumes par le terrible Adversaire, Blanche Neige et ses compatriotes ont été contraints de se réfugié dans un quartier de New-York, Fableville, où ils tentent de conserver un semblant de gloire passé.

Des personnages que l’on connaît tous, avec lesquels on a grandi, que l’on a appris à connaître à travers des adaptations diverses et variées et qui font partie de notre patrimoine culturel, sont ici réécrits et métamorphosé sous la plume magistrale de Bill Willingham. L’auteur s’amuse à prendre le contre pied des stéréotypes propagés par les adaptations les plus récentes pour mieux surprendre le lecteur et faire de son récit un renouveau du merveilleux. Vous trouviez Blanche Neige un peu cruche et niaise ? Préparez-vous à faire la rencontre d’une femme de pouvoir qui ne se laisse compter par personne. Le grand méchant loup vous a toujours fait l’effet d’un immonde croque-mitaine qui a bien mérité son sort ? À Fableville la loi c’est lui.

Tant de magie en deux pages

Ces deux exemples ne sont qu’un minuscule échantillon de personnages que l’auteur a su réinventer. L’univers de Fables est riche, vaste et la série principale ne suffit pas exploré entièrement son univers. Des séries dérivées seront publiées conjointement à la série mère, notamment Jack of fables et Fairest toujours scénarisé par Willingham. Mais restons concentré sur Fables et les deux premiers volumes proposés par Urban comics.

Ces deux volumes regroupent les épisodes 1 à 33 de la série et permettent de découvrir une histoire riche et passionnante. Le premier arc scénaristique s’inspire des romans noirs américains dont les ambassadeurs sont Dashiell Hammet et Raymond Chandler. Bigby Wolf, le fameux grand méchant loup, mène l’enquête sur le meurtre supposé de la turbulente Rose rouge, la sœur de Blanche Neige. Une primo intrigue idéale pour faire connaissance avec la micro-société que Willingham a créée, en suivant Bigby dans son enquête on est introduit dans une société régie par des règles strictes et dont les membres marchent constamment sur la corde raide. Les intrigues suivantes permettent d’étendre l’univers et de se rendre compte de sa complexité avec la ferme, qui regroupe à la campagne tous les fables ne pouvant prendre une apparence humaine. Une situation que certains vivent assez mal, au point de les pousser à la révolte.

La ferme centre névralgique qui concentre les tensions des fables

Je ne vais pas vous faire un résumé de toutes les intrigues développées dans ces deux volumes, contentez-vous de savoir que l’auteur aborde des thématiques mâtures tout en conservant une malice dans ses dialogues remplis de sous-entendus, de double sens qui recouvre ses personnages d’une profondeur que l’on aimerait voir plus souvent. Les échanges entre les personnages sont un délice à suivre qu’ils soient amicaux ou plus vindicatifs. Un délice renforcé par l’aspect graphique de l’œuvre, qui n’est pas à négliger non plus.

Durant les 150 numéros de Fables nombreux sont les artistes à s’être illustrée sur la série que ce soit pour un arc ou pour un seul épisode. La première intrigue est illustré par Lan Medina dont le trait soigné apporte une foule de détails qui ne se remarque qu’après plusieurs relectures. Mais celui que l’on peut considérer comme le dessinateur principal de la série est Mark Buckingham dont le trait rond et expressif va véritablement accorder à la série son empreinte graphique. C’est détaillé, c’est riche en décor et en arrière-plan, tout en étant dynamique lors des scènes d’action.

Les fables ne s’en laissent pas conté

Si ces deux premières intégrales mettent autant en avant le duo formé par Blanche Neige et Bigby ce n’est pas innocent. À travers ces deux êtres aux blessures mal cicatrisées l’auteur nous invite à un renouveau imaginaire. La figure de l’Adversaire, dont l’identité reste une énigme dans ces deux volumes, représente la mort de l’imagination. À ce stade de l’histoire le lecteur peut accoler à la figure de l’adversaire n’importe quelle image qui résonne personnellement. L’Adversaire c’est la mort de l’imagination, de nos rêves d’enfants. L’adversaire c’est cet adulte aigri, aux rêves flétris qui vous assène que les fées ça n’existe pas. L’Adversaire c’est ce réel impitoyable qui vous rappelle que la vie n’est pas faite que de merveilleux. L’Adversaire c’est ces avions qui foncent dans deux tours jumelles et qui mettent fin aux illusions de grandeurs de votre pays. L’Adversaire c’est la tragédie implacable à laquelle vous ne pouvez faire face qu’en vous endurcissant tout en étant irrémédiablement traumatisé. Ce n’est donc pas un hasard si l’on assiste, en compagnie de Blanche Neige et de Bigby à une renaissance du merveilleux, un renouveau féerique qui va entraîner ces deux personnages dans une reconquête personnelle mais aussi communautaire. Cela sera dur, sanglant et ardue mais cela se fera et j’en parlerai dans de nouvelles chroniques consacrés à ce comics fabuleux.

Blanche et Bigby deux personnages qui doivent se reconstruire

Fables est donc selon moi une histoire merveilleuse doublée d’une invitation à rêver, à imaginer les forêts peuplées de fées et de lutins, à supposer qu’un rocher est plus qu’un simple rocher mais peut-être un troll endormi. Fables est un appel à l’imagination que nous avons trop tendance à oublier, emportés que nous sommes par le tourbillon de notre quotidien routinier. Vous aimez que l’on vous raconte des histoires ? Alors vous aimerez Fables.

Wanted, Lucky Luke ! – 9 avril 2021 de Bonhomme Matthieu

Lucky Luke, qui vient d’être attaqué par un chasseur de primes, apprend que sa tête est mise à prix ! À peine a-t-il le temps de digérer la nouvelle qu’il vole au secours de trois soeurs aussi belles qu’intrigantes, en bien mauvaise posture avec leur convoi de bétail.

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Chronique
: Dans son style personnel qui avait déjà fait mouche une première fois, Mathieu Bonhomme nous revient avec un scénario en béton et un trait encore mieux maîtrisé que pour son premier tome.
Pour mieux frapper les esprits de ses lecteurs, Lucky Luke se trouve plongé dans une aventure ou l’amour (oui, vous avez bien lu !) mais aussi l’humour, la revanche, l’appât du gain et la tentation viennent percuter la vie pas si tranquille que cela, de notre héros. Ajoutez-y la cavalerie, les indiens et un troupeau de bétail en fuite et nous voilà embarqués dans une aventure au rythme soutenu et aux couleurs particulièrement réussies (à base de jaune, d’oranger et de bleu pour des scènes de paysages désertiques bien dans l’esprit western).
On y retrouve même le grand Goscinny, croqué en malfrat revanchard …mais pas si habile que cela.
En 66 pages souvent éblouissantes où Lucky Luke est la proie de chasseurs déterminés et sans pitié, on ne s’ennuie pas un seul instant. Mieux, on jubile devant les rebondissements d’une histoire dense où les surprises sont nombreuses, les rebondissements fréquents, mais le plaisir, toujours assuré….
Surement un grand succès à venir pour cette nouvelle aventure, qu’il serait sage d’accompagner d’un nouveau tome pour faire durer ce Lucky Luke décidément bien vu… je suis plus que partant…

Éditeur : LUCKY (9 avril 2021) Langue : Français Broché : 68 pages ISBN-10 : 2884714774 ISBN-13 : 978-2884714778