Harleen de Stjepan Šejic, folie trop douce

Introduite dans la série animée désormais culte des années 90 et sobrement intitulé batman, le personnage d’Harley Quinn fut ensuite intégré au monde des comics en devenant une nouvelle ennemie régulière du chevalier noir avant d’être intronisée icône de la pop culture par le biais d’une série de films à la qualité discutable. Et je dois avouer que ce personnage m’a toujours posé un problème, une sorte de dichotomie insoluble. D’un côté je trouvais son personnage de peste criminelle réjouissant, ses interventions apportées un vent de fraicheur dans la relation entre batman et le joker dans une Gotham souvent glauque et sordide. De l’autre j’avais du mal à comprendre comment une psychiatre avait pu basculer dans la folie criminelle aussi facilement et les différentes références à ses origines ne m’avaient jamais vraiment convaincu. Et malheureusement ce n’est pas cette nouvelle itération sur son origin story, signé par le brillant illustrateur Stjepan Šejic, qui va parvenir à boucler le dossier Harley Quinn.

On va tout d’abord évacuer l’aspect graphique de l’ouvrage. C’est magnifique, il n’y a pas d’autres mots. Šejic signe des planches d’une beauté à coupé le souffle. Il y a un énorme travail de recherche sur la composition des cases, sur les ombres et la lumière et les couleurs, le rouge surtout et en opposition des couleurs plus ternes. Bien évidemment le Joker et sa conquête occupent la première place mais l’auteur offre aussi de belles mise en image pour d’autres personnages comme poison ivy ou encore double face. Le thème de l’arlequin est présent dès les premières pages, histoire de rappeler au lecteur que la folie guette.

L’ombre de Quinn plane sur Quinzel

Le personnage D’Harleen est au centre de ce jeu de faux-semblants que met l’auteur en place. Pas toujours de manière subtile mais cela a le mérite d’accrocher le regard. Ainsi Harleen ne sera vêtu que de couleurs ternes ou sombres durant le premier chapitre, sauf après son premier jour de travail à l’asile d’Harkam où elle enfilera en haut aussi rouge que sa confiance en elle est fragile, comme si l’image qu’elle renvoie au monde s’était mis à compter pour elle suite à ce poste inespéré. Puis les vêtements sombres et ternes reprennent le dessus à mesure qu’elle fait face à l’immensité de sa tâche avant de faire un retour inattendu lorsqu’elle se heurte à la folie destructrice de la ville de Gotham. Le rouge domine tout le troisième chapitre, le symbole de l’arlequin est omniprésent, le point de rupture se rapproche.

Et ce n’est pas la plus belle planche de l’album

J’aurais aimé que ce déploiement graphique soit au service d’un scénario intelligent et qui aurait permis de mettre le doigt sur la dangerosité de personnalité manipulatrice du Joker mais malheureusement il n’en ait rien. On va passer sur quelques raccourcis scénaristiques qui s’expliquent par le format court imposé à l’auteur par l’éditeur mais je reste quand même dubitatif sur le plan final d’un adversaire bien connu de batman et surtout sur l’imbécilité de ses hommes de main qui auront au moins la décence d’être éjecté du récit assez rapidement. Mais c’est sur le cœur de son récit que l’auteur fait chou blanc.

Il échoue en effet à nous conter une relation crédible entre le Dr. Quinzel et son patient. La manipulation du Joker manque de subtilité tandis que la psychiatre diplômée peine à convaincre dans son rôle de chercheuse tant les termes liés à la psychiatrie se font rare. Ses réflexions personnelles sur les patients dont elle a la charge tiennent plus du verbiage de remplissage que du diagnostic de professionnelle. L’auteur parvient à écrire une Harleen Quinzel crédible en tant que jeune femme fragile et isolé mais jamais à lui faire revêtir une blouse blanche de manière crédible. Quant au Joker sa représentation en mannequin criminel peut évidemment s’expliquer par la représentation que s’en fait Harleen, après tout c’est elle qui nous narre son récit, mais il n’en reste pas moins que c’est un Joker un peu fade que nous est donné à voir dans ces pages.

Une plongée bien trop lisse dans la folie

Ce nouveau graphic novel du black label de DC comics, qui à bien du mal a convaincre, prouve une fois de plus à quel point il est difficile d’écrire la folie sans tomber dans la facilité. Après tout bien peu d’auteurs sont parvenus au fil des années à écrire correctement le Joker, pas en tant que nemesis ultime de batman, mais en tant qu’avatar de la folie destructrice et ravageuse. L’effort de Stjepan Šejic est louable mais reste à l’état d’essai timide et trop lisse pour être convaincant.

Résumé: Après des études mouvementées qui ont entamé sa confiance en elle, la jeune psychologue Harleen Quinzel pense enfin avoir décroché le poste de ses rêves en étant embauchée à l’Asile d’Arkham afin d’apporter son soutien et son expertise aux plus grands criminels de Gotham. Mais il est un être au sein de cet asile qui va à la fois faire chavirer son esprit et son coeur : le Joker ! Petit à petit, Harleen va se laisser séduire puis sombrer dans un abîme de folie y laissant à tout jamais son innocence et ses illusions perdues.

  • Poids de l’article : 1.02 kg
  • Relié : 224 pages
  • ISBN-13 : 979-1026816065
  • Dimensions : 22.2 x 1.8 x 28.2 cm
  • Éditeur : Urban Comics Editions (12 juin 2020)
  • Langue : : Français

Sirènes et vikings T2: Écume de nacre – 4 novembre 2020 de GIHEF – DOMINICI

Victime d’une prophétie, la jeune Freydis fut abandonnée par son clan de sirènes et recueillie par une famille viking. Élevée en guerrière et fière de son appartenance au peuple norrois, elle est prête à tout pour anéantir les sirènes, auxquelles elle voue une haine farouche. Mais les liens du cœur seront-ils plus forts que les liens du sang ?

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Chronique: Cette bd est vraiment bien tourné, l’univers est captivant. Ici, on va suivre le clan des sirènes et des norrois, deux peuples qui se vouent une haine depuis des siècles et se livre bataille à chaque fois qu’un des leur trépasse.
J’ai beaucoup aimé le déroulement de l’histoire, l’interaction des protagonistes. J’ai apprécié la tentative de trêve lancé par deux représentants de chaque clan, montrant à l’autre qu’ils ne sont pas si différents et qu’ils ne se connaissent pas si bien finalement. Mais la trahison rôde et des années de déchirement ne peuvent être effacés comme cela, surtout quand les complots s’en mêlent. Les auteurs nous livrent une histoire prenante et attachante avec une once de romance.
Le graphisme se prête à l’histoire et épouse à merveilles l’ambiance parfois sombre de ce volume. de plus, le réalisme du dessin est superbe, on distingue facilement les traits distinctifs que chaque peuplades.
Un dessin très plaisant et travaillé pour une histoire qui mélange divers univers, et des dialogues appuyés.

Note : 9,5/10

Broché : 56 pages ISBN-10 : 2731650273 ISBN-13 : 978-2731650273 Dimensions : 24.1 x 1 x 32 cm Éditeur : Les Humanoïdes Associés (4 novembre 2020)

Whisky de Arnaud Delalande, Stéphane Carrié, et al. | 12 novembre 2020

Lors d’une soirée totalement déjantée, Fix, trader déchu qui n’a plus goût à rien, fait la connaissance de l’un des plus grands dégustateurs mondiaux de whisky, Giorgio Paviani, aveugle. Celui-ci lui propose de relever un défi insensé lancé par un collectionneur italien : retrouver cinq whikies de légende dispersés aux quatres coins du globe

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Chronique : Whisky est un projet ambitieux et original qui permet d’en apprendre davantage sur cette boisson mais également sur notre civilisation. Les fictions développées dans la bd sont très différentes, en cohérence avec le contexte historique. Le contenu scénaristique est bien écrit face au contexte politique complexe. L’histoire, classique mais bien menée. Entre les lignes, on en apprend beaucoup sur le commerce du et les modes de consommation . On nous montre quelques moments comme ceux où le tandem nous fait comprendre le but de leur quêtes.
Voici une bd magnifique très bien écrit  dont on sent le travail pour aboutir à ce livre. On passe de l’émotion à la violence  par le regard des personnages qui ne s’attendent pas à ce qui va leur arriver. A lire et à recommander.

Note : 9,5/10

Broché : 130 pages ISBN-13 : 979-1037502339 Dimensions : 20.1 x 1.7 x 28.4 cm Éditeur : Les Arènes (12 novembre 2020)

Au coeur de la vague – 4 novembre 2020 de Patrick Chappatte

De mars à août 2020, Chappatte a tenu un journal dessiné de l’épidémie de Covid-19. Urgentistes, épidémiologistes, personnel soignant et personnel de service en sont les principaux protagonistes. Le dessinateur porte un regard sincère et poignant sur ces « combattants » de l’ombre.

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Chronique : Patrick Chappatte et les Arénes ose sortir cette bd reportage dans cette seconde vague et son peut dire que bravo parce qu’il s’agit ici d’un texte et une réflexion de la personne la plus posée, sensée et réaliste sur la crise actuelle. Loin de l’affectif et du politiquement correct qui se confond avec une dictature de la pensée par les temps qui court celui-ci nous décrit l’état de la santé dans le monde. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela fait froid dans le dos et que l’argent a supplanté la vie des hommes. Je pense que cette Bd peut servir de déclic chez beaucoup d’entre nous afin de nous permettre de construire un monde ou l’être humain retrouvera sa juste place c’est à dire au centre. A partager au maximum et à faire lire à toutes les personnes curieuses ou perdues par les injonctions contradictoires de nos dirigeants. Patrick Chappatte a une écriture et un dessin lucide et très agréable à lire qui sert une immense expérience d’observation et de compréhension des pratiques scientifiques, de recherche et de la lecture des articles scientifiques. Son éclairage est utile, rassurant, étayé par de nombreuses et sérieuses sources et surtout très humain. Son humanité s’oppose radicalement à l’inversion des valeurs véhiculées par notre époque.

Note : 9,5/10

Broché : 124 pages ISBN-13 : 979-1037502650 Dimensions : 18.8 x 17.3 x 26.3 cm Éditeur : Les Arènes (4 novembre 2020)

Garulfo de Ayroles et Maïrona, il était une fois une grenouille…

Oyez osez!! Avis à la population. Il est temps pour moi de vous parler du chef-d’œuvre intemporel qui a bercé mon enfance. Relue maintes et maintes fois cette bande dessinée brillamment écrite et illustré a sans nul doute participé à forger l’adulte que je suis aujourd’hui. Un récit délicieusement naïf, drôle, émouvant servis par un dessin dynamique, riches de détails et de trouvailles graphiques.

Le scénariste de cette petite merveille se nomme Alain Ayroles, il est également scénariste de l’excellentissime série de capes et de crocs, également publié chez Delcourt et qui se charge de revisiter les classiques littéraires du XVII siècle. Garulfo se concentre sur l’époque médiévale et les contes de Grimm. Il s’empare des codes des contes pour mieux les détourner sans pour autant verser dans la parodie. Garulfo tient plus du conte philosophique dénonçant les travers de la nature humaine. Comme tout conte le récit de Garulfo contient une part de naïveté qu’il faut accepter comme tel. Mais l’auteur enrobe les mésaventures de notre brave grenouille avec des dialogues truculents parsemés d’anachronismes bienvenus qui n’ont d’autres objectifs que de réveiller les zygomatiques.

Les dessins de Maïrona contribuent grandement à la réputation de la série dans le milieu des bédéphiles. Son trait fin, nerveux et très expressifs apporte un côté cartoon au récit, le tout rehaussé par les magnifiques couleurs signées Thierry Leprevost . Les deux auteurs sont tous deux passionnés par l’histoire, la littérature de tous genres et le cinéma. Il résulte donc de leurs collaborations des cases au dynamisme rarement égalé dans la bd française, certaines scènes sont des hommages appuyés au cinéma de genre.

Les aventures de Garulfo sont composées de deux cycles. Le premier cycle constitue une aventure complète mais devant le succès rencontré à l’époque par cet improbable batracien l’éditeur encouragea le duo d’auteur à produire un second cycle. Grand bien leur en a pris car c’est au cours de ce second cycle que le talent de conteur d’Ayroles et de Maïrona explose. Si le premier cycle se propose de mettre en scène un mignon petit conte naïf, divertissant avec une morale quelque peu simpliste, le second cycle, composé de quatre tomes, redistribue les cartes et nous invite à suivre le duo d’aventuriers le plus improbable de la bande dessinée française. Ce sera l’occasion pour Ayroles de signer une fable sur la nature humaine, qui a bien peu changée depuis le moyen Âge, sur la dualité de l’âme humaine et le manque de dialogue alors même que nous sommes la seule espèce à maîtriser le langage.

Une fable touchante que l’auteur a su enrober d’ingrédients délicieux afin de rendre le tout plus digeste. L’humour est le premier d’entre eux, un humour polymorphe qui fait mouche à chaque fois, on a droit à du comique de situation, de répétition, des personnages utilisés à contre-emplois et bien évidemment des dialogues savoureux et drôles. L’auteur s’amuse également à placer de multiples références à de célèbres contes. Mais contrairement au premier cycle, où cela se limitait au clin d’œil et à un hommage général, l’intrigue va cette fois-ci s’enrichir de ces contes intemporels afin d’étayer le propos de l’auteur. Les amateurs des contes de notre enfance retrouveront avec plaisir certains des personnages les plus emblématiques de cette littérature.

Je me répète mais Garulfo reste pour moi un chef-d’œuvre intemporel. Il ya tout dans cette bd, de l’aventure, de l’humour, de la romance, une morale humaniste et une bonne dizaine de détails graphiques que l’on se surprend à découvrir au cours de la dixième lecture.

La série fait maintenant partie du fond de catalogue de Delcourt mais elle est toujours disponible en deux intégrales en la commandant chez votre libraire préféré.

Résumé: Par la magie d’un doux baiser, Garulfo la grenouille est devenue prince. Mais en s’arrachant à son insouciante vie animale, l’innocent batracien s’est précipité dans les tourments de la race humaine ! La jalousie d’une princesse, la fourberie d’un roi, la cruauté d’un grand veneur se conjuguent pour faire regretter à Garulfo la douceur de sa mare natale…

Intégrale 1

  • Relié : 96 pages
  • ISBN-10 : 2756030066
  • ISBN-13 : 978-2756030067
  • Dimensions du produit : 32 x 1.5 x 23 cm
  • Poids de l’article : 898 g
  • Éditeur : Delcourt (30 novembre 2011)

Intégrale 2

  • Broché : 200 pages
  • Poids de l’article : 1.38 kg
  • ISBN-10 : 275603116X
  • ISBN-13 : 978-2756031163
  • Éditeur : Delcourt (4 avril 2012)
  • Dimensions du produit : 32 x 2 x 23 cm

L’Incroyable histoire du sexe livre 2 : de l’Afrique à l’Asie – 4 novembre 2020 de Philippe Brenot & Laetitia Coryn

Voici le premier récit graphique sur l’histoire de la sexualité à travers les âges au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Il nous fait voyager dans toutes les époques du plaisir avec beaucoup d’humour. Cet album dévoile ce que les livres d’histoire n’osent pas raconter.

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Chronique : Une chose est sur c’est que au éditions Les arènes on à pas de tabou et c’est pour le mieux du lecteurs parce ce que cette bd est vraiment un petit chef d’œuvre et elle ne s’agit pas que de cul, c’est toute une philosophie qui se cache derrière. Si vous n’avez comme moi pas lu le tome 1 pas grave Philippe Brenot & Laetitia Coryn savent mettre autant en avant le plaisir physique que le plaisir mental. Il y a de la découverte, de l’évolution pour chacun dans l’histoire de l’Afrique à l’Asie, elle renverse les tabous si connu des communs des mortels. Elle va permettre l’ouverture pour beaucoup d’entre vous. Ce bouquin est une perle, il est la vague qui va pousser bon nombre d’entre nous a enfin prendre du plaisir par tous les moyens, mais surtout aussi en donner. Ce livre oui aborde un sujet que peut de personne ose parler et qui pourtant fait parti du quotidien donc le voir sous forme d’histoire est ludique si vous souhaitez vous informer sur l’éducation sexuelle où son évolution ce livre va vous apprendre le plaisir de pleins de façons et par pays. Ce livre est écrit pour que tout le monde quelque soit l’orientation sexuelle, le genre,…s’y retrouve.
Je pense vraiment que tout le monde peut apprendre quelques petites choses dans ce livre et cela ouvre également l’esprit de chacun.

Note : 9,5/10

Extraits :

Broché : 134 pages ISBN-13 : 979-1037502575 Dimensions du produit : 18.3 x 1.4 x 25.4 cm Éditeur : Les Arènes (4 novembre 2020)

A mains nues – 4 novembre 2020 de Leila Slimani & Clément Oubrerie

« Monsieur, ce sont des idées bien rétrogrades que vous exposez là. Bientôt les femmes seront médecins, ingénieures, avocates… Aucune nation moderne ne peut se priver de l’intelligence de la moitié de sa population. »

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Chronique : Pendant la guerre de 14/18, dans des conditions extrêmement précaires, Suzanne Noël, la première femme à réparer des visages, opère les  »gueules cassées », les blessés de la face, pour leur redonner une identité. Une vie à sauver des vies. A recoudre un peu l’Humanité. Une Bd  merveilleusement bien écrite mais vous ne pouvez vous empêcher d’avoir des frissons dans le dos en lisant cet ouvrage. L’atmosphère y est très forte. Cette bd n’est pas qu’une autobiographie sur un personnage Il en a certains aspects mais il est plus que cela, il y a aussi toute une analyse de l’importance de l’apparence de nos jours, et de la lutte incessante que l’on cherche à porter contre la fuite du temps. Cette bd nous renvoie notre propre perception de la fuite du temps, notre propre peur des rides et autres indices du temps qui s’écoule, notre lutte futile contre l’irrémédiable. Leila Slimani & Clément Oubrerie utilisent leurs personnages pour illustrer ce que deviennent les gens après avoir trop cogité sur la fuite du temps, et les danger de ne pas accepter la possibilité de sa propre mort. Leila Slimani y livre un scénario ciselé, alambiqué mais compréhensible  et l’écriture est enlevée, caustique, riche en clins d’œil et Clément Oubrerie d’un trait léger et vivant inspiré par  propose des pages pleines de lumières aux décors riches, sublime cette histoire par les couleurs magistrale.

Note : 10/10

Broché : 104 pages ISBN-13 : 979-1037502643 Dimensions du produit : 19.5 x 1.4 x 26.8 cm Éditeur : Les Arènes (4 novembre 2020)

Le Château des animaux, Tome 2 : Les Marguerites de l’hiver – 4 novembre 2020 de Félix Delep & Xavier Dorison

L’hiver a gagné le château. Le climat est rude pour ses habitants, d’autant que le Président Silvio continue de faire régner la terreur…

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Chronique : L’histoire continue pour nos amis animaux dans leur lutte contre le pouvoir tyrannique du président Silvio.

Cette bd est un vrai chef d’œuvre, le travail des couleurs, l’utilisation très habile des couleurs ainsi que toutes les surprises subtilement intégrée tout au long de l’ouvrage !
Le scénario, les dessins, les couleurs tout est maîtrisé, il y a plein de messages à « décoder » et rechercher dans les planches. À chaque lecture on découvre un nouveau détail !

Viennent se greffer à cela des personnages où plutôt des animaux, nombreux et charismatiques. Il n’y a pas ici de super-héros mais un florilège de personnages rongés par des sentiments contradictoires. Plus la série avance plus ces animaux s’humanise et dévoilent des facettes différentes, les rendant plus humains, plus complexes. Et jusqu’à présent, seul le président Silvio grand méchant de ce récit, demeure dans la caricature qui se vérifie malheureusement aussi souvent dans la réalité,

Les dialogues sont nerveux et sonnent de manière naturelle. L’action est constamment au rendez-vous dans ce château en plein chaos. les rebondissements sont multiples et bien amenés.
Les auteurs ont réussi à embarquer le lecteur dans l’aventure, le surprendre, on à hâte de lire le 3éme volume et c’est un vrai coup de cœur.

Note : 10/10

Relié : 56 pages ISBN-13 : 978-2203172500 Dimensions du produit : 24.1 x 1 x 32.2 cm Éditeur : Casterman (4 novembre 2020)

Asterix : Le Menhir d’Or – 21 octobre 2020 de René Goscinny & Albert Uderzo

Au village, l’agitation règne : Assurancetourix a décidé de participer au célèbre concours de chant des bardes gaulois pour remporter le menhir d’or.
Pour le protéger dans cette compétition suivie de près par les romains, Astérix et Obélix sont chargés de l’accompagner : ils ne doivent pas quitter Assurancetourix des yeux ; quitte à y perdre une oreille !

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Chronique : Il s’agit, en effet, d’un récit écrit par Goscinny et illustré par Uderzo, publié en 1967 sous la forme d’un livre-disque et qui était quasi-introuvable depuis, tombé ainsi dans une sorte d’oubli… mais ce n’est pas une BD traditionnelle.
Et pourtant, quand on découvre ce récit raconté, accompagné de très belles illustrations d’Uderzo, on retrouve cette impression de partage intact avec nos deux gaulois irremplaçables.
Les illustrations sont superbes, sur papier légèrement jauni, comme pour mieux donner l’impression que l’album est un original ancien.
La saveur du texte de Goscinny rappelle le grand talent du conteur et son esprit génialement espiègle.
En feuilletant cet album retrouvé et rapporté du passé, le sentiment précieux de passer un moment privilégié .

Note : 9,5/10

Relié : 48 pages ISBN-13 : 978-2864973461 ISBN-10 : 2864973464 Dimensions du produit : 22.4 x 0.9 x 29.5 cm Éditeur : Editions Albert René (21 octobre 2020)

Les Aventures de Lucky Luke d’Après Morris – Tome 9 – Un cow-boy dans le coton – 23 octobre 2020 de Achdé (Illustrations), Jul (Scenario)

Lucky Luke se retrouve bien malgré lui propriétaire d’une immense plantation de coton en Louisiane. Accueilli par les grands planteurs blancs comme l’un des leurs, Lucky Luke va devoir se battre pour redistribuer cet héritage aux fermiers noirs. Le héros du far-west réussira-t-il à rétablir la justice dans les terrains mouvants des marais de Louisiane ? Dans cette lutte, il sera contre toute attente épaulé par les Dalton venus pour l’éliminer, par les Cajuns du bayou, ces blancs laissés-pour-compte de la prospérité du Sud, et par Bass Reeves, premier marshall noir des États-Unis.

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Chronique : Le Lucky luke nouveau est arrivé!
Sitôt acquis, sitôt lu et à relire encore…. Et à chroniquer de suite!
L’actualité n’attend pas.
Un héritage dont il se serait fort bien passé, emmène notre cow-boy en Louisiane.
La guerre de sécession est finie depuis cinq années, et les noirs sont libres… Libre, mais vivant dans la peur du Ku-klux-klan, des persécutions et des lynchages.
Lucky Luke a hérité d’une riche plantation de coton (L’or blanc de l’époque) mais désire céder l’entreprise à ceux qui la font vivre: Les esclaves affranchis.
Car Lucky Luke le preux ne mange pas de ce pain (blanc)-là!
Bien entendu, le cow-boy qui tire plus vite que son ombre va se heurter aux propriétaires des plantations voisines….
Rajoutez à ce récit parfois poignant un marshall noir, les Dalton, les Cajuns, et un grand coup de vent (oh la fine allusion…) et vous obtenez un bel album trop court (c’est là son seul défaut) dans ses quarante-six pages.
Et bien sûr, avec quelques clins d’oeil aux légendes du sud et d’ailleurs.
Un album, aussi, « sur le fil » pour garder la retenue qui sied aux belles causes sans tomber dans le pathos ou la leçon d’histoire…. le genre de récit qui peu vite tourner au « casse-gueule » et à l’embourbement pire que dans les bayoux!
Alors, merci à messieurs Jul et Achdé d’avoir offert cette belle tranche d’aventures du cow-boy loin de chez lui.

Note : 9/10

Chronique de HORUSFONCK