Chronique : Wow, passionnant et aventureux – fait directement suite à la course du dernier volume et offre des aperçus détaillés du passé de Diego et des connaissances supplémentaires sur les Lindbergh.
Le parcours de Diego, son passé et surtout ce qui l’a fait devenir un pirate sont révélés ici. Ainsi, le personnage trop mystérieux, peu scrupuleux et casse-cou du tome 1 perd cet aspect de son charisme, mais gagne en sympathie dans la même mesure. Nous savons maintenant exactement pourquoi il a décidé de faire cela, quels sont ses motifs et, essentiellement, son plan. Ici, le tricot passe au second plan, son Lindbergh ne partage pas ce sort, car maintenant que les lecteurs en apprennent plus sur les Lindbergh, son importance augmente énormément.
Ce livre poursuit l’histoire de façon fluide et habile, aventureuse et pleine d’action. Les nouveaux personnages s’intègrent rapidement, car ils ne remplissent pour l’instant qu’un seul objectif dans ce volume, à savoir lancer une chasse vicieuse et sans scrupules à Diego.
Dans l’ensemble, ce volume est divertissant et maintient une tension agréable jusqu’à la fin, vous laissant sur votre faim. La mi-temps est terminée, désormais c’est de plus en plus vers la fin.
Sur Saarok, l’île sanctuaire des Kiviks, la situation dégénère. Les contestataires enchainent les sabotages sur le site du barrage soutenu par le gouvernement.
Chronique : Cette série a vraiment un énorme potentiel et devrait séduire plus d’un lecteur.Tout d’abord vient son cadre : un petit archipel de l’Atlantique Nord répondant au nom de Vukland. Un archipel qui n’est pas sans rappeler l’Islande d’avant la crise bancaire mais créé de toutes parts par Anthony Pastor. L’artiste dote au passage cet archipel d’une culture quasi-chamanique défendue par une peuplade ancestrale de l’Ile. Tout est donc réuni pour, petit a) nous dépayser, petit b) nous placer dans un contexte encore d’actualité, petit c) nous intriguer.
Et franchement, c’est très réussi. A un point tel que j’ai vraiment cru à l’existence de ce Vukland, jusqu’à chercher à en savoir plus sur cet archipel et sur la culture des Kiviks.
Ensuite vient l’intrigue. Elle mêle habilement une enquête policière et une dimension fantastique dans un contexte reprenant quelques grands thèmes d’actualité. Politique, écologie, économie, médecine, droits sociaux : voilà autant de thèmes abordés par cette série… mais sans que rien ne soit lourdingue car ces éléments demeurent le décors de l’intrigue. Ce pays au bord de la guerre civile, à la tête duquel un régime d’extrême-droite a pris le pouvoir -lors d’élections controversées à l’origine des manifestations violentes qui perturbent la capitale-, face à des choix économiques, écologiques et culturels -cristallisés autour d’un projet de barrage soutenu par les politiciens au pouvoir et les industriels les plus influents au mépris des habitants du lieu- ce pays est on ne peut plus en résonance avec notre propre actualité. Les camps fermés, les manifestations sanglantes, le musellement de la presse, tous ces sujets qui, malheureusement, sont chaque jour au coeur de nos infos quotidiennes trouvent leur place dans ce théâtre sombre et réaliste.
Viennent se greffer à cela des personnages, nombreux et charismatiques. Il n’y a pas ici de super-héros mais un florilège de personnages rongés par des sentiments contradictoires. Au plus la série avance, au plus ces personnages dévoilent des facettes différentes, les rendant plus humains, plus complexes. Et jusqu’à présent, seul le responsable de la sécurité du territoire, grand méchant de ce récit, demeure dans la caricature -une caricature qui se vérifie malheureusement aussi souvent dans la réalité, de Jan Jambon en Belgique à Sándor Pintér en Hongrie, en passant par bien d’autres. Franchement, j’ai eu le sentiment d’être dans une très bonne série nordique, genre Millenium, mais avec une dimension supplémentaire.
Les dialogues sont nerveux et sonnent de manière naturelle. L’action est constamment au rendez-vous dans ce pays en plein chaos. les rebondissements sont multiples et bien amenés.
Enfin vient le dessin. Anthony Pastor change totalement de style par rapport à ses dernières œuvres pour nous livrer un trait brut ciselé dans un bloc de granit à coups de haches… qui convient en fait merveilleusement à l’esprit de ce récit. Le trait est gras, la colorisation est réduite au strict minimum -juste suffisant pour faire ressortir les personnages de décors chaotiques- mais les personnages sont parfaitement typés, facilement identifiables. Les décors m’ont immergé dans cet univers parfois urbain, parfois aride (on voyage entre la ville et une île volcanique faiblement peuplée). Un tome 4 à la hauteur.
Léo, 12 ans, un jeune garçon du nord de la France, emménage avec sa mère, Adèle,
assistante maternelle, dans la ville de Marseille. Son père, un ancien footballeur, a quitté le foyer familial sans plus donner de nouvelles.
Chronique :Zampano et Pedro j. Colombo arrivent où peut d’auteurs savent parler de Football et d’une belle façon. Ce n’est pas une bd exceptionnel mais elle peu donner envie à des enfants de s’approcher de la lecture et y placer des base. Les enfants vont vibrez au rythme des entrainements, des buts, des rebondissements, d’une histoire d’amitié et d’amour pour ce sport… la plume de Colombo qui surprendra les jeunes lecteurs qui pensaient lire une histoire de foot, bien que c’est le sujet il creuse ici une belle histoire qu’il développe sur le long de la bd
Une BD surprenante qui explique en douceur et permet une réflexion plutôt saine pour éviter parler d’un sport très médiatisé.
Alors que les joueurs attendent désespérément un nouveau volet, l’univers de Bloodborne continue d’exister à travers cette adaptation en comics publié par titan comics aux U.S.A et par Urban comics en France.
C’est déjà le troisième volume de cette adaptation et la formule commence à être rodé. Le scénariste Aleš Kot s’empare d’un personnage ou d’un concept présenté dans le jeu vidéo de From software et le met en scène sur quatre numéros mensuels avant de passer à un autre.
SOLITUDE ET INTROSPECTION INTÉRIEURE
Bloodborne possède un univers riche où Lovecraft côtoie l’angleterre du XVIII siècle mais le jeu a également la réputation d’avoir l’intrigue la plus cryptique parmis la production vidéo-ludique. Les lecteurs qui espèrent des éclaircissements sur l’univers ou l’intrigue risquent d’être déçus. Difficile de savoir quelle est la part personnelle apportée par le scénariste mais nul doute qu’il doit respecter un cahier des charges précis de la part des créateurs du jeu vidéo. Et parmis ces charges doit certainement figurer celles de signer une intrigue la plus ésotérique possible, au risque de perdre un peu le lecteur. Le second tome se penché sur la fameuse église du remède, l’un des antagonistes du jeu, et proposait une intrigue plus terre à terre, centrée sur les dérisoires ambitions humaines.
L’intrigue de ce tome est plus introspective et solitaire. On suit Eileen, la traqueuse de chasseurs fous, durant son errance à travers une Yharnam enneigée. Pas de dialogues, juste les ruminations mentales d’Eileen alors que sa santé mentale se détériore et que le voile de la réalité se fissure de plus en plus. Une intrigue qui a le mérite d’être fidèle à la création de Miyasaki mais qui laisse cependant un goût d’inachevé. Quant au lecteurs qui découvriront l’univers de Bloodborne avec ce comics, ils pourraient bien rester bloqués aux portes de la ville derrière un haut portail en fer forgé vu l’hermétisme de l’oeuvre.
PLANCHES DE SANG
En ce qui concerne la partie graphique, j’avoue avoir été déçu par les premières planches de Piotr Kowalski dans les premiers tomes, j’attendais un style plus organique, plus gothique. Les croquis de Kowalski me semblaient trop éthérés et figés pour représenter l’univers glauque et dangereux de Bloodborne. Mais force est de reconnaître que l’artiste livre des planches d’une grande beauté et moins gore que précédemment, sa représentation de Yharnam sous la neige sont splendides et la lune de sang omniprésente éclaire les pages d’une lumière écarlate et inquiétante. L’architecture labyrinthique de la ville transparaît dans les cases tout comme l’ambiance glauque instaurée par le jeu vidéo. Sur ce point là en particulier l’oeuvre est une réussite.
Après trois tomes et douze numéros, il faut reconnaître que l’adaptation de Bloodborne en comics est une semi-réussite. Le scénario est cryptique, tout comme l’œuvre originale, mais ne propose pas malheureusement ses différents niveaux de lecture et d’interprétations, les planches magnifiques de Piotr Kowalski offrent un voyage graphique qui ne pourra ravir que les fans déjà conquis par l’univers de Bloodborne.
Résumé: Eileen le Corbeau traque une espèce de monstres bien particuliers : ses pairs corrompus par une vie de Chasse. À l’oeuvre avec l’un d’entre eux, elle le laisse cependant prendre la fuite. Empoisonné et guidé par ses instincts bestiaux, le fugitif rôde en ville, entassant les corps sur son passage. Au même moment, le voile de la réalité menace de se déchirer à Byrgenwerth. À la recherche du chasseur, Eileen se débat avec sa propre santé mentale et ces visions qu’elle ne comprend pas. Le sang et la mort envahissent Yharnam et ceux qui la suivent…
Peter Tomasi est un auteur de comics qui est parvenu à me séduire grâce à deux séries qu’il a écrite pour DC, Batman et robin et, plus récemment, superman. Ses dialogues sont un délice et il n’a pas son pareil pour tisser des liens parentaux forts entre les héros emblématiques de l’éditeur de comics et leurs héritiers.
Il reprend la série Batman: detective, une énième itération consacrée au chevalier noir de Gotham, après le run ambitieux de James Tynion IV déjà publié par urban en sept volumes. Le premier volume du run de Tomasi, intitulé mythologie, développé l’idée d’un batman constamment sur le qui-vive, anticipant les situations avant qu’elles ne se présentent. Un batman que l’on peut voir à peu près partout depuis une bonne décennie et le scénariste semblait vouloir poursuivre dans cette voie héritée de Grant Morisson et Scott Snyder.
BATMAN EST L’ENNEMI
Dans ce second volume le scénariste recycle une idée que l’on a déjà pu lire dans les précédentes séries consacrées au protecteur de Gotham. Une idée qui consiste à placer Batman face à des ennemis qui remettent en cause son existence et son concept même de justice. Les antagonistes ne peuvent plus se contenter d’être des mafieux ou des fous dangereux, ils doivent mettre batman face à ces contradictions et faire trembler les fondations de son univers. Ainsi Snyder dévoilait l’existence d’une société secrète, la cour des hiboux, qui remettait en cause la connaissance que Bruce Wayne pensait avoir sur la ville qu’il considère comme la sienne. James Tynion IV créait le syndicat des victimes, et même si ses membres se sont révélés plus complexes que ne le laissait prévoir leur première apparition, l’idée est là: instiller l’idée que batman est plus néfaste pour Gotham que bénéfique. Pourtant dans l’intrigue qui nous intéresse aujourd’hui aucun élément nouveau ou original ne vient épaissir le propos du scénariste, qui semble ici en petite forme.
Batman se retrouve donc encore une fois face à un ennemi qui, en plus de posséder autant de ressource technologique que lui, a su fédérer autour de lui des ennemis de Batman de seconde zone connu pour leurs ego démesurés. Mais même en passant au-dessus de ces incohérences le récit manque d’entrain et de consistance. Le scénariste semble en roue libre et ne paraît pas savoir où mener son histoire ni comment lui donner de l’ampleur. Le fait de retrouver le tandem père-fils avec batman de nouveau accompagné de Damian Wayne ne suffit pas à rendre l’intrigue intéressante même si Tomasi excelle toujours à écrire le dynamique duo.
UN TRAVAIL GRAPHIQUE SOIGNÉ
Aux crayons on retrouve Brad Walker, qui signe ici un travail correct mais sans génie non plus. Les couleurs sont assurées par Nathan Fairbairn et David Baron, le rendu donne au comic un aspect rond ,gentillet, au ton colorés voir flashy, bien loin de l’aspect nerveux et sombre de la précédente série detective comics. Un choix qui contribue à donner une identité visuelle propre à ce nouveau run.
Ce second tome me prouve une fois de plus qu’il n’y a pas de valeur sûre. Que ce soit en littérature, en musique ou dans le septième art ce n’est pas parce qu’un auteur nous a captivés avec une histoire, un album ou film qu’il faut pour autant se jeter sur sa nouvelle œuvre car le risque d’être déçu est toujours présent. Une leçon que je n’ai pas finie de recevoir malheureusement.
Résumé: Après avoir passé un test dans un simulateur où chaque année Batman exorcise ses démons et se confronte à sa propre mort, Bruce Wayne reprend la mission de sa vie : protéger Gotham. Mais l’apparition d’un mystérieux chevalier vêtu d’une armure lourde, armé d’une épée et visiblement très au fait des activités de l’homme chauve-souris, va lancer une véritable joute : le Chevalier Noir contre le Chevalier d’Arkham !
Synopsis: Grant McKay, fondateur de la Ligue Anarchiste Scientifique, a accompli l’impensable en créant le Pilier, un artefact capable de plier les arcanes de la Science Interdite à sa volonté et offrant à l’humanité la possibilité de voyager à travers les dimensions. Seul problème : un incident technique est venu perturber la première expédition avec pour résultat de piéger Grant, ses deux enfants et son équipe de scientifiques entre les dimensions de l’Infinivers, à la merci de mondes plus hostiles les uns que les autres. Seule solution face à l’inconnu : aller de l’avant.
Je suis en train de tomber amoureux…de l’application izneo et des nombreuses offres qu’elle propose. En l’occurrence les éditions urban proposent une réduction sur sa collection urban indies, qui regroupe plusieurs comics indépendants écrits par les grands noms de l’industrie du comic book en creator-owned, c’est-à-dire que leurs créations leurs appartiennent entièrement ce qui n’est pas le cas lorsqu’ils écrivent pour les big two, Marvel et DC.
L’offre initiale concerne les trois premiers tomes de chaque série mais les huit premiers tomes de la série dont je vais vous parler sont tous proposer au tarif dérisoire de 2,99 € ce qui signifie que vous pouvez accéder aux trente premiers épisodes pour moins de 23,92 €. Mêmes les épisodes uniques à la parution hebdomadaires vendues dans les comics shops américains coûtent plus cher. L’occasion était donc trop belle pour passer à côté de ce comic qui me faisait de l’oeil depuis un moment.
Black science donc, puisque c’est d’elle qu’il s’agit ,comme ne le laissait pas deviner le titre de l’article. En lisant le premier épisode une référence évidente va venir à l’esprit des lecteurs, en tout cas des trentenaires, ce sera la série sliders qui narrait les mésaventures d’un groupe d’explorateurs perdus dans les dimensions mais en vérité l’héritage remonte à plus loin que ça. Grant Mckay et ses compagnons d’infortune s’inscrivent dans l’héritage laissé par Homère et son Odyssée. Black science est donc une modernisation d’une épopée bien connue dans laquelle le scénariste y poursuit l’étude de son thème fétiche.
Le comic est mené d’une main de maître par le scénariste Rick Remender. Ce dernier fait partie de ces scénaristes qui se passionnent pour un thème qu’ils vont développer tout au long des différentes œuvres qu’ils écrivent en y mettant beaucoup d’eux-mêmes. Le thème favori de Remender ? La paternité, désirée ou non, et son corollaire, l’éducation que l’on transmet à notre descendance et comment celle-ci influence le caractère et le devenir de nos enfants. C’est un thème fondateur pour cet auteur. On le retrouve dans la plupart de ses oeuvres, que ce soit en creator-owned, dans les séries Fear agent ou Low, ou bien dans ses runs pour Marvel sur uncanny avengers ou uncanny x-force. Le portrait qu’il dresse de son personnage principal, Grant Mckay, est loin d’être élogieux, mari volage et père absent. Il fait aussi preuve d’une certaine arrogance, jugeant que son génie et son travail l’exempt de ses responsabilités familiales. Un personnage à déconstruire donc, ce que Remender va s’employer à faire au travers d’un périple sans temps morts où le danger est présent à chaque croisement.
Le rythme est effréné, rappelons que Remender n’a qu’une vingtaine de pages par épisodes pour faire avancer son récit. Tout va donc très vite. L’auteur a recours à une technique courante dans les comics, la double narration. Pendant que les bulles de dialogues vont se centrer sur ce qui se passe à l’instant, des cases de monologue intérieur vont nous permettre de faire connaissance avec le personnage en tête d’affiche de l’épisode et ses tourments intérieurs. Un choix qui s’explique par l’aspect compressé du récit et le manque de pagination mais c’est le système des comics américains qui veut ça. C’est une technique que j’ai toujours trouvée un peu indigeste mais cela n’enlève rien à l’ingéniosité du scénario et la maîtrise de son scénariste. L’autre défaut que je pourrais faire ne concerne pas la série directement, il est inhérent à la lecture d’un comic sur tablette et je ne suis sans doute pas le seul à l’avoir expérimenté. Les auteurs de comics adorent étaler la lecture sur des doubles pages où la narration se fait horizontalement d’un bout à l’autre de la double page. Cette technique est souvent bluffante en version physique mais elle perd beaucoup de son effet sur tablette malheureusement.
Enfin je ne pourrais pas clore cet article sans parler du talentueux Mateo Scalera dont les dessins énergiques et colorés permettent aux idées les plus folles du duo de prendre forme. Vous voulez trembler pour le sort de nos héros tout en les regardant sauter du haut d’une tortue géante sur lesquelles ont été bâti des cités maya ? Vous voulez lire leur infiltration d’un camp d’amérindiens disposant d’une technologie futuriste en pleine guerre mondiale ? Scalera offrent tout ceci à ses lecteurs ébahis et tout ça dans le premier tome de la série. Les mondes parallèles s’enchaînent tandis que nos dimensionnautes, comme ils s’appellent eux-mêmes, font face à leurs erreurs, parfois mortel.
Black science est donc une excellente surprise, qui vient de s’achever au U.S.A. au numéro 42, dont je n’ai pas encore découvert tous les rebondissements de son intrigue à tiroir. Voilà pourquoi vous m’excuserez sans doute de vous quitter sur cette conclusion un peu abrupte pour me remettre à la lecture de ce passionnant comic.
Moscou 1988. Exilé en Russie loin de son Angleterre natale, Kim Philby retrouve un vieil ami : il lui raconte comment est né sa vocation pour l’espionnage. Enfant timide issu d’une famille bourgeoise, diplômé de Cambridge, rien ne le prédestinait en effet à trahir son pays pour la cause soviétique.
Chronique :Cette Bd c’est presque un contre-espionnage de chambre très discrètement , des agents secrets presque des bureaucrates de bureau qui traduisent ou chiffrent des télégrammes codés et pourtant l’inspiration de Pierre Boisserie et Christophe Gaultier réussissent à créer une tension d’accumulation sous la surface des événements répétés, nous fait percevoir comme un paladin franc le dilemme de l’homme conscient de trahisons mais pour une raison très noble, celui qui est au fait d’une trahison, d’un traître, et ce qui est pour une bonne et honnête raison.
La vie de l’agent secret qui fait du contre-espionnage est mauvaise, il veille toujours sur ses épaules, il n’a pas le droit, ne serait-ce qu’un instant, d’imposer le secret, immergé dans la solitude de ce qu’il sait et ne peut partager, avec personne.
Un professionnel chargé d’un péché vieux comme le monde : la trahison qui devient son modus vivendi, est même payée pour trahir et perpétuer la trahison, mais ceux qui trahissent méritent d’être éliminés sans même passer par un processus, sans agitation ni publicité ne doivent que disparaître, ne jamais avoir existé.
Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.
Chronique : Les médias s’emballent, les opinions s’affrontent autour de la personne de Polanski, et après le visionnage de ce film , j’en sort subjugué par la manière tant accrocheuse avec laquelle le réalisateur nous raconte cette histoire, entre drame historique, humour, suspense et grincement de dents. Aujourd’hui on ne peut avoir de recul sur l’actualité. Les infos et les opinions vont plus vite que la pensée humaine. Pas question donc dans ce texte d’émettre un avis de comptoir sur la sombre information qui entoure le cinéaste. Il faut espérer que le temps et l’Histoire avec un H majuscule, éclaireront tout cela. Et on peut bien sûr souhaiter que cela ait lieu plus tôt que tard. Mais quelle qu’en soit l’issue, il est certain que l’œuvre de Polanski restera dans le paysage cinématographique. « J’accuse » fait découvrir ou redécouvrir un fait connu dans une captivante mise en scène, à travers le prisme d’un personnage tout à fait intéressant par son action pour réhabiliter Dreyfus . On plonge à la fin du XIXème siècle dans une atmosphère palpable par son réalisme, et il semble que chacun des membres du casting vive réellement à cette époque. Il se trouve un plaisir immense dans ce long-métrage à observer le jeu de tous ces acteurs, mais aussi à les écouter. Ils servent des dialogues très écrits, très beaux. Et puis surtout, « J’accuse » a quelque-chose de nécessaire, tant son propos résonne fort avec notre époque contemporaine dans laquelle s’entrechoquent des mots tels que « islamophobie » ou « antisémitisme ». A croire que la nature humaine évolue bien peu, même si elle est capable de penser, comme ce film invite pertinemment les spectateurs à le faire. Le film prend son temps, monte en régime progressivement, et se concentre sur le personnage de Georges Picquard, un homme honnête dont la quête de la vérité était non seulement courageuse mais aussi contraire aux intérêts de l’Armée et partant, de l’ensemble de la société française, traumatisée par la défaite de 1870 et revancharde. Dans quel autre film français a-t-on pu voir une aussi radicale dénonciation de l’antisémitisme qui prévalait dans une grande partie du pays ? La charge est violente mais fidèle à la réalité de l’époque. Pour ceux qui connaissent parfaitement les tenants et aboutissants de l’affaire Dreyfus, il n’y a pas à proprement parler de révélation dans J’accuse mais une solide reconstitution des faits de cette période où la guerre de 14 se prépare déjà, y compris vis-à-vis de l’opinion. Par ailleurs, on y voit le fonctionnement du contre-espionnage français de manière quasi documentaire, avec une ironie sous-jacente dans la façon dont le film montre ses tâtonnements, son inexpérience et ses erreurs commandités. Sans céder au grandiose, Polanski filme cette histoire avec une virtuosité indéniable et limpide, se surpassant dans la direction d’acteurs. Outre Dujardin, parfait, tous les rôles, y compris les plus minces, sont joués avec conviction par des comédiens renommés ou non, avec un égal talent. Une mention spéciale, tout de même, à Gregory Gadebois, extraordinaire, malgré toute cette polémique ce film est vraiment très bon et oublier le cinéaste derrière et plonger vous dans un excellent film , vous ne le regretter pas.
Note : 9,5/10
Image : Il s’agit d’une excellente présentation vidéo qui semble correspondre parfaitement au matériel source. Les couleurs sont profondément saturées d’une vitalité agréable et d’une profondeur délimitée. Les images sont résolues, avec une netteté stable, des détails nets et un raffinement subtil appréciable. Certaines scènes semblent mieux résolues que d’autres bien que je soupçonne que cela est lié à la photographie. Le contraste est dynamique sans être accablant et les noirs sont respectables en profondeur avec des détails perceptibles visibles sous un faible éclairage et des ombres. Je n’ai vu aucun signe d’artefacts liés à la vidéo et j’ai pensé qu’en général, la qualité vidéo était excellente. Chaque détail ressort avec une précision d’orfèvre que ce soit sur les tissus, les environnements, les lambris de la république ou les extérieurs. Des intérieurs sombres ou à la lumière tamisée, aux salles d’audiences, ou encore les rues de Paris.
Son : Il s’agit essentiellement d’un film basé sur les dialogues, mais certains aspects de la présentation utilisent efficacement les canaux arrière pour étendre la scène sonore. Le dialogue est limpide avec une description vocale exigeante et une texture raffinée. Le mix repose fortement sur les trois canaux avant. La séparation, l’imagerie et l’espacement directionnel sont excellents car le mélange de dialogue, de musique et de sons enregistrés est clairement articulé.
Bonus : Si le making of fait la part belle aux équipes techniques, toutes ces petites mains qui ont permis la réussite du film, il ne peut s’empêcher, comme cela est souvent le cas dans les documentaires américains, des effusions de superlatifs en direction du réalisateur. Comme s’il était nécessaire de dire aux spectateurs, toutes les qualités de Roman Polanski.
Acteurs : Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric
Réalisateurs : Roman Polanski
Format : Couleur, PAL
Audio : Français (Dolby Digital 2.0), Français (Dolby Digital 5.1)
Audio description : Français
Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
Tout juste arrivé à Paris, Octave Mouret emménage rue de Choiseul dans un immeuble bourgeois au cœur d’une capitale en pleine transformation haussmannienne. Derrière la façade policée, il découvre l’envers du décor : basses intrigues et adultères à tous les étages !
Chronique :Pot-bouille, l’équivalent de popotte, de tambouille, d’une mitonnée ordinaire et juste destinée à combler le manque de la faim. Est-ce à cette idée de médiocrité que l’auteu qu’est Zola assimile la vie ordinaire de cet immeuble plutôt cossu, où débarque le jeune Octave Mouret, arrivant tout droit de Plassans, plein d’ambitions, d’idées et de volonté de se faire un nom?
C’est avec naïveté que les auteurs Cédric Simon et Éric Stalner nous offre cette belle adaptation que le jeune homme tente sa chance auprès des jeunes demoiselles, voire des femmes mariées pour assouvir des désirs naturels, assortis d’un attrait pour la réussite sociale. Il faut dire qu’il s’en passe de belles, dans l’immeuble, malgré la vigilance aigrie de Mr Gourd, le concierge garant de la moralité de ces messieurs-dames.
Les cornes fleurissent sur tous les paliers et derrière les portes closes, les corps exultent en bafouant les serments prononcés lors des noces.
Parlons-en des noces : la recherche de l’époux pour les jeunes filles plus ou moins gracieuses et plus ou moins fortunées est une occupation à plein temps pour les mères en quête du gendre idéal, quitte à dépenser des fortunes qu’elles n’ont pas pour parer des atours masquant les disgrâces les jeunes filles en mal de maris. Promesses et trahison, pièges à gogo, tous les stratagèmes sont permis.
L’empereur n’a plus la cote, les électeurs sont prêts à lui donner une leçon. Ambiance de fin de règne
les auteurs ne sont pas tendre pour ce milieu bourgeois, arriviste, et bas de plafond. Aucun personnage n’est paré d’une quelconque aura spirituelle, même les prêtres sont prêts à accepter la compromission. Les hommes sont dominés par leurs instincts de conquête féminine et les femmes ne songent qu’à s’orner de parures clinquantes.
En outre, les cadrages sont variés et le découpage assure une bonne lisibilité qui nous offre de beaux moment d’émotion et Stalner offre un dessin et une colorisation à la hauteur de son histoire pour un premier tome qui annonce une trilogie à suivre absolument !.
André le mauvais cheval, Pic Pic le cochon Magik et Eléphant sont inséparables. Vivant de petits boulots, fans de musique, de littérature et de bière, leur quotidien créatif, délirant et parfois absurde n’est pas sans rappeler celui de leurs facétieux créateurs, Vincent Patar et Stéphane Aubier, figures emblématiques et cultes de l’animation belge (Panique au village, Ernest et Célestine et bien sûr plusieurs courts métrages de Pic Pic André Shoow)
Chronique : Le cochon mélomane, le cheval lettré et l’éléphant féru d’art moderne prennent leurs quartiers grâce à ce superbe album. L’occasion de découvrir sous formes de strips BD l’univers joyeusement gamin et impertinent de leurs auteurs Vincent Patar et Stéphane Aubier. Les fans de longue date de Vincent Patar et Stéphane Aubier vont être ravis. Petits et grands prendront leur pied à patafioler avec un porcelet rose et un canasson écarlate, un duo très contrasté qui ne se côtoie guère qu’en trinquant au générique. Le cochon se contente d’une coupe de champagne, le bourrin se bourre à la bière. Il y a belle lurette que Vincent Patar a versé du houblon dans le picotin d’André, que Stéphane Aubier s’est entiché de son cochonnet. Patar et Aubier, deux cartooneurs bruxellois, nous convient à un pétaradant cocktail. Moins calamiteux qu’André, Pic-Pic a des pouvoirs «magiks». Leurs comparses se bousculent avec un bonus d’accent belge. A découvrir pour bien rire.