Le silence selon Manon de Benjamin Fogel

Des soucis et des hommes

Le combat des femmes pour leurs droits dans la société n’a jamais été aussi central et critique. Il a divisé la société en deux pôles qui semblent irréconciliables. Benjamin Fogel s’empare de ce thème complexe pour livrer un polar psychologique futuriste, puisqu’il situe son action en 2025, mais sidérant de réalisme.

Autour du féminisme l’auteur invoque tout un tas de thèmes primordiaux, le masculinisme et le virilisme tout d’abord les penchants néfastes du féminisme, notre rapport naïf aux réseaux sociaux, le phénomène effarant des incels, ces célibataires involontaires qui crachent leurs haines à longueur de tweet, le courant musical du néo straight edge. Un ensemble de thèmes foisonnant servis à la manière d’un reportage.

Le style de l’auteur est en effet très propre, concis mais détaillé, en témoigne ce sommaire qui reprend la présentation d’une fiche wikipédia.
Un ton dépourvu de romanesque mais qui permet au récit de se parer des oripeaux de la réalité.
L’auteur dépeint une société sclérosée par ses dissensions absurdes. Le tableau qu’il en dresse est glaçant de réalisme.

Pourtant, malgré cette plume sèche qui va à l’essentiel, l’auteur parvient à dresser des portraits psychologiques saisissants. Ce qui débutait comme un constat accablant de notre société se transforme petit à petit en une plongée dans la psyché torturée d’un homme, la fin des illusions pour celui qui se rêvait en chevalier blanc du féminisme. L’exposé sidérant prend alors des allures psychose infernale qui renverse le tableau dépeint par l’auteur.

Le silence selon Manon se révèle donc plus sournois et surprenant que son approche un peu scolaire pourrait le laisser l’envisager. Il interroge notre rapport aux réseaux sociaux, nuance les luttes féministes, met à mal la misogynie et dissèque l’esprit des femmes et des hommes pour ne laisser que la criante vérité, la malveillance se dissimule même dans les plus ardents défenseurs de causes les plus nobles.

Résumé : Dans les années 2025, le monde occidental se caractérise par une montée de l’agressivité sur les réseaux sociaux et en particulier des cas de cyber harcèlement, au point qu’une unité spéciale de la police, dirigée par le commissaire Sébastien Mille, a dû être mise en place. Sébastien Mille s’intéresse de près aux manoeuvres des groupes masculinistes en France. L’Amérique du Nord avait déjà connu dans les années 2010 des attentats dont les auteurs se réclamaient du mouvement « incel » (pour «involuntary celibate) »autrement dit des célibataires forcés qui conçoivent une haine des femmes et de la société contemporaine qu’ils jugent trop favorable au féminisme.

Éditeur ‎Editions Payot & Rivages (7 avril 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎352 pages
ISBN-10 ‎2743652772
ISBN-13 ‎978-2743652777

Le chien du forgeron de Camille Leboulanger

Fin de race

Versez-vous une bonne bière dans une immense chope et laissez-vous porter par l’histoire que va vous conter Camille Leboulanger. Une histoire qui prend des airs de légende brumeuse où résonnent la fureur guerrière, la sueur des hommes et les pleurs silencieux des femmes.

Le peuple Celte utilisait plus volontiers la tradition orale que l’écrit, raison pour laquelle peu de choses les concernant nous sont parvenus. La légende de Cuchulainn, ou chien du forgeron, est sans doute la plus connue. Véritable héros de légende, la figure mythique de ce guerrier se voit réinventé par l’auteur au cours d’un récit inventif, brutal où la légende se voit sérieusement écornée.

Comme tout bon conte, celui-ci nous est narré par un conteur qui ne nous dit que ceux qu’il a envie, dissimulant certains faits qui pourraient éclairer l’intrigue de manière éblouissante. Mais l’intérêt du récit n’est pas de faire toute la lumière sur la lignée de Sualtam mais bien de conter la destinée d’un guerrier né.

Et quel guerrier, personnage central de l’histoire, Setanta, bientôt renommé le chien, sera aussi le plus détestable. Et pour cause : Orgueilleux, fier, impulsif, doté d’un caractère ombrageux qui le pousse à frapper d’abord et à ne pas questionner ensuite, Setanta est l’archétype du guerrier sûr de lui qui n’hésite pas à asservir les plus faibles que lui de la manière qui l’arrange le mieux. Féministe, passez votre chemin, ce récit sublime tout ce que vous combattez.

Pourtant en creux ce conte terrible narre les errances d’un homme qui ne se définit que par ses prouesses guerrières et interroge le lecteur sur son rapport à la virilité et la masculinité. L’ascension fulgurante du chien parmi le peuple Celte entraîne par la suite une série de tragédies personnelles qui finissent par creuser en lui un puits insondable de tristesse et de culpabilité. Jusqu’à la fin inexorable.

Le chien du forgeron allie trois atouts non négligeables, une narration malicieuse, une intrigue palpitante et une réflexion sur un sujet d’actualité. Trois bonnes raisons de prêter l’oreille à ce conte sorti des tréfonds des légendes.

Résumé : Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop

Éditeur ‎Argyll éditions (19 août 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎246 pages
ISBN-10 ‎249240319X
ISBN-13 ‎978-2492403194

Le Chant des glaces de Jean Krug

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Delas est une planète glaciaire dont les ressources, extraites jour et nuit par des milliers de prisonniers, alimentent en eau potable le reste de la galaxie. Mais on y trouve également le cryel, un morceau de glace aux propriétés spéciales que seuls les plus agiles des détenus parviennent à prospecter : les chanteurs. Lorsqu’un jour, l’occasion est donnée à Bliss et Fey, chanteurs insurgés, de se libérer, ils n’hésitent pas une seconde.

Chronique : Un roman à l’atmosphère sombre, hostile, sinistre. Pourtant, l’auteur en a fait quelque chose de beau. Car Jean Krug est glaciologue et passionné par ce qu’il fait. Vous pouvez le sentir en lisant. Il nous plonge dans son univers, et nous le suivons avec plaisir, grâce à son don de conteur. Il vulgarise les concepts avec la nature et tisse le tout dans un matériau lisse et romantique. Le Chant des Glace repose sur une poignée de personnages aux fortes personnalités. Parmi eux, il y a Bliss, une femme exploitée par la vie, rebelle et grande gueule. Elle ne se laisse dominer par personne. On peut dire qu’elle représente à elle seule un personnage puissant. À côté de lui se trouve Feli, un homme plus équilibré. Il agit souvent comme un tampon, incarnant le lien qui unit l’équipe envoyée pour explorer le glacier Goliath. Il est le personnage clé et le succès de cette mission dépend de lui.Ce roman relève peut-être de la science-fiction, mais il dégage une incroyable authenticité. Outre la plausibilité cosmique proposée par Jean Krug, l’auteur touche directement nos problèmes contemporains en faisant de l’eau une ressource précieuse. De plus, la connaissance des glaciers et des grands froids tout au long du roman sont presque devenus le journal de bord des explorateurs de l’Arctique : des gens qui affrontent l’immensité blanche. homme face au froid

Éditeur ‏ : ‎ Pocket (12 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Poche ‏ : ‎ 464 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266330519 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266330510

De l’ombre, il surgira de Alaina URQUHART

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Votre instinct est votre seul moyen de survie…

Chronique : Alaina Urquhart nous entraîne dans un thriller haletant et captivant avec ‘De l’ombre, il surgira’. Plongé dans l’atmosphère envoûtante de la Louisiane, ce récit met en scène un tueur en série d’une cruauté méthodique, qui défie les autorités et notamment le Dr Wren Muller, médecin légiste de renom.

Alors qu’elle affronte un prédateur insaisissable tapi dans l’obscurité du bayou, Wren Muller se trouve confrontée à un adversaire dont la perversité défie toute logique. Armée de son expertise encyclopédique sur l’histoire du crime et de ses années d’expérience à la morgue, elle se trouve pourtant impuissante face à ce tueur. Malgré les victimes qui se succèdent sur sa table d’examen et les échecs qui minent sa détermination, Wren ne renonce pas. Mais les démons du passé de Wren pourraient bien s’interposer sur sa route pour arrêter la folie meurtrière de celui que les médias ont surnommé ‘le boucher du bayou’.

Alaina Urquhart tisse une intrigue saisissante, où l’angoisse et la tension montent au fil des pages. L’ambiance sombre et mystérieuse du bayou sert de toile de fond à un thriller psychologique complexe, où les enjeux personnels se mêlent à une traque sans merci. Ce récit palpitant explore les recoins les plus sombres de l’âme humaine et met en lumière la force et la vulnérabilité du personnage principal, plongé dans une lutte sans répit pour la justice.

‘De l’ombre, il surgira’ est un roman captivant qui plaira aux amateurs de suspense, de mystère et d’adrénaline. Une lecture palpitante où l’instinct de survie devient le fil conducteur d’une quête pour mettre fin à la terreur orchestrée par un tueur aussi insaisissable que terrifiant.

Éditeur ‏ : ‎ Fleuve éditions (4 janvier 2024) Langue ‏ : ‎ Français Broché ‏ : ‎ 272 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2265156957 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2265156951

Contes des plus grands ballets de Astrid Valence

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Un magnifique ouvrage, préfacé par la danseuse étoile Dorothée Gilbert, pour le plaisir de se plonger dans les contes qui ont donné vie aux plus grands ballets.

Chronique : Cet ouvrage a pour but de présenter, de manière romancée, les plus célèbres ballets . Ainsi découvre-t-on, dans chaque conte un récit qui est suivi d’un petit pas de côté : « derrière le rideau » dévoilent les coulisses de ces ballets mythiques, on y croise Shakespeare et Tchaïkovski, on assiste à l’invention du tutu et des pointes, on pénètre dans les plus grands théâtres…

Les textes, simples d’accès, écrits en assez gros caractères, sont étayés par des illustrations justes superbes. Un résultat très réussi. On entre vraiment dans le récit, on imagine les personnages, leurs costumes, leurs émotions.


ASIN ‏ : ‎ B0BKRQLH15 Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 104 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040112754 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Une maman si pressée de Sara Lundberg

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La maman de Noah le sort du lit, pleine d’entrain. Elle a toute une liste de choses à faire et semble bien décidée à ne pas perdre une minute.

Chronique : De magnifiques images dans ce livre chaleureux et réaliste sur le stress quotidien, l’oubli et le lien fort entre une mère et son fils. Il y a juste la bonne quantité d’obscurité qui m’attire un peu ici. Acheter un cadeau pour quelqu’un que l’on ne connaît pas vraiment est déstabilisant. L’enfant ne veut même pas aller à la fête. Une mère qui oublie et qui fait tourner tellement de choses peut se sentir comme une merde.
Et le voyage du diadème à la fin est absolument magnifique !

ASIN ‏ : ‎ B0BMXS5S4X Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE; Illustrated édition (6 janvier 2023) Langue ‏ : ‎ Français Relié ‏ : ‎ 48 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023518863 Âge de lecture ‏ : ‎ Dès 3 ans

Mon coffret pinceau magique de Clémentine Derodit

Un coffret pinceau magique pour colorier avec de l’eau et regarder les animaux apparaître en couleur !

Chronique : En effet, les couleurs sont splendides et font ressortir les animaux ainsi que la végétation et tout ce qu’on peut trouver qui les accompagne de façon vraiment magnifique!
Les enfants prennent plaisir à « peindre » avec ce pinceau magique qui, une fois trempé dans de l’eau, peut faire découvrir de beaux paysages. En effet, en passant le passant le pinceau humide les couleurs apparaissent comme par magie!
Une belle activité que les enfants adorent! Alors si vous ne souhaitez pas sortir la peinture au risque d’en mettre de partout, n’hésitez pas à essayer ce magnifique album!

Note : 9,5/10

Ring shout de P. Djèli Clark

Latempét arrivé bientot…

Il était grand temps que des auteurs Issus des minorités ethniques martyrisés pendant des siècles s’empare du domaine du fantastique pour exorciser les démons de leur histoire. P. Djèli Clark le fait avec brio dans ce court roman. Lovecraft n’a qu’à bien se tenir.

Le récit est une aventure à part entière. Son intrigue, d’une part, nous fait suivre un trio féminin haut en couleur, sabre au clair et bâton de dynamite à la bouche, face à une horde de démons hargneux. C’est dynamique, c’est haletant, ça se lit d’une traite. 

D’autre part, la plume de l’auteur nous heurte à un patois, mélange d’anglais et de créoles, qui enrobe le récit d’une mélodie irrésistible fait d’argot et d’accent sudiste. Un dialecte secondé par un autre, encore plus surprenant, le gullah-geechee, qui demande un petit effort de la part du lecteur pour être compris. Une démarche lexicale réjouissante qui renforce l’immersion tout en apportant de la vraisemblance au récit. Une expérience réussie.

Un récit intense, une mise en bouche idéale pour qui voudrait partir à la découverte de cet auteur prometteur.

Résumé : Macon, 1922. En 1915. le film Naissance d’une nation a ensorcelé l’Amérique et gonflé les rangs du Ku Klux Klan. qui depuis s’abreuve aux pensées les plus sombres des Blancs. A travers le pays, le Klan sème la terreur et se déchaîne sur les anciens esclaves, déterminé à faire régner l’enfer sur Terre. Mais les Ku Kluxes ne sont pas immortels. Sur leur chemin se dressent Maryse Boudreaux et ses compagnes de résistance : une tireuse d’élite à la langue bien pendue et une Harlem Hellfighter. Armées de fusils, de bombes et d’une épée imprégnée de magie ancestrale, elles chassent ceux qui les traquent et renvoient les démons du Klan tout droit en enfer ; alors qu’un complot effroyable se trame à Macon et que la guerre contre le mal est sur le point de s’embraser. Phenderson Djèli Clark nous offre un récit où il mêle habilement histoire, magie et horreur lovecraftienne.

ASIN ‎B096HRZT8C
Éditeur ‎ATALANTE (21 octobre 2021)
Langue ‎Français
Broché ‎176 pages
ISBN-13 ‎979-1036000928

L’enfant qui voulait disparaître de Jason Mott

Courir après sois-même

Ce roman au ton volontairement burlesque nous entraîne à la poursuite d’un narrateur, l’auteur lui-même peut-être, dans une fuite en avant qui s’apparente à une quête désespérée pour se réconcilier avec soi-même.

On fait connaissance avec notre héros, en pleine promotion de son ouvrage, L’enfant qui voulait disparaître, alors qu’il échappe aux poings d’un mari jaloux, à peine s’il a le temps de s’engouffrer dans l’ascenseur. Accessoirement il est aussi nu comme un ver. 

Le ton est donné. Il sera haut en couleur. D’un jaune solaire comme les rayons d’humour, souvent grinçant et ironique, qui illuminent l’ouvrage. D’un vert cynique lorsqu’il s’agit de dépeindre le milieu de la promotion. D’un rouge écarlate lorsque la violence du monde s’invite dans l’univers bariolé du narrateur. Et puis il y a le noir, couleur charbon, que l’on tente d’ensevelir sous la futilité d’une vie frénétique. 

Car sous les couleurs chatoyantes se cache la souillure d’une enfance brisée par le harcèlement et le racisme. Jusqu’au drame fatal, celui qui creuse un trou béant dans la poitrine d’un jeune homme qui est peut-être le narrateur, ou pas. Un trou qui avalera toutes les couleurs pour ne laisser qu’un blanc infini de douleur.

Nu dans le premier chapitre, le narrateur prend forme sous nos yeux. À mesure que son univers s’étiole sous les coups de massue de la réalité, son esprit et son corps prennent forme. Son regard s’affûte, sa conscience s’éveille. Le récit nous offre une résurrection littéraire tout en s’emparant d’un sujet qui secoue les USA. 

C’est là toute la force du récit, derrière les pirouettes narratives et les bons mots, il aborde un thème complexe qui prend peu à peu l’ascendant sur le burlesque pour livrer une tirade finale bouleversante, qui résonne comme un constat amer mais aussi une victoire personnelle.

En équilibre constant entre la satire sociale et le récit introspectif, ce roman, malicieux et espiègle, offre une réflexion bouleversante sur la difficulté à se réconcilier avec son passé pour mieux faire face au présent.  

Résumé : u cours d’une tournée promotionnelle pour son dernier roman, un écrivain noir américain fait la connaissance d’un enfant à la peau si sombre qu’on le surnomme Charbon. D’abord rencontré dans la salle à manger d’un grand hôtel, le gamin d’une dizaine d’années réapparaît à chaque étape de la tournée et raconte sa vie, ses parents et leur idée folle : le pousser à devenir invisible pour ne pas avoir à subir le destin que sa couleur de peau lui réserve.L’enfant existe-t-il vraiment ? Affecté d’un étrange mal qui l’empêche de distinguer la réalité du produit de son imagination, l’écrivain serait bien incapable de le dire. Mais réelle ou fantasmée, cette rencontre va remettre en question son rapport à sa propre histoire, à sa condition et lui faire admettre une cruelle évidence : être noir aux États-Unis signifie vivre sous une menace constante.Comédie féroce, tragédie déchirante, manifeste contre la peur, l’oppression et les violences policières, L’Enfant qui voulait disparaître est tout cela à la fois

Éditeur ‎AUTREMENT (5 janvier 2022)
Langue ‎Français
Broché ‎432 pages
ISBN-10 ‎2746763001
ISBN-13 ‎978-2746763005

Mille soleils splendides de Khaled Hosseini

l’Afghanistan à visage humain

Loin des clichés véhiculés par les médias occidentaux, Khaled Hosseini nous convie à un voyage dans un pays martyr. Une épopée dont on ne ressort pas indemne.

Le récit offre le portrait de deux femmes dans un pays saigné à blanc. Deux enfants qui vont devoir grandir trop vite, deux filles dont les parents, trop accaparés par leurs soucis d’adultes n’aiment pas suffisamment ou ne parviennent pas à protéger. Deux mères désemparées face à la cruauté du monde dans lequel elles doivent élever leurs enfants. Deux portraits poignants qui font résonner l’ouvrage d’empathie et soutiennent tout le récit.

Le récit est aussi un portrait contrasté de l’Afghanistan et de la ville de Kaboul, l’auteur n’hésite pas à mettre en avant les beautés de ce pays, l’ingérence extérieure qui entrave le développement et le patriarcat omniprésent. On découvre le quotidien des habitants dans un pays en guerre sans jamais que le récit ne s’éloigne de ses personnages.

L’auteur nous livre une épopée tragique, parfois un peu naïve mais qui touche au cœur. Le tout porté par une plume délicate et attentionnée.

Résumé : Forcée d’épouser un homme de trente ans son aîné, exécrable islamiste aux allures de Barbe Bleue, Mariam subit la colère de son époux devant son incapacité à lui donner un fils. Après dix-huit ans de soumissions à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l’arrivée de Laila sous son propre foyer une petite voisine de 14 ans, que Rachid décide d’épouser en secondes noces. Les années passent, longues comme des veillées funèbres. Massoud assassiné. Les Talibans installés. De rivales, Mariam et Laila deviennent alliées, soeurs de malheur face au despotisme des pères, des maris et de leur cortège de lois inhumaines. Dans la prison de leur exil intérieur, elles unissent leur courage pour tenter de fuir l’Afghanistan et sa folie meurtrière, et partir au Pakistan. Mais parviendront-elles jamais à quitter cette terre dévastée, et leur ville, Kaboul, où « les soleils splendides » du passé sont aujourd’hui noyés dans des bains de sang ?

Éditeur ‎10 X 18 (8 janvier 2009)
Langue ‎Français
Poche ‎416 pages
ISBN-10 ‎2264049065
ISBN-13 ‎978-2264049063