Et ma petite main dans la tienne – 11 mars 2021 de Louison NIELMAN (Auteur), Maud LEGRAND (Illustrations)

Une première histoire tendre dans un format adapté aux tout-petits, pour renforcer la complicité entre parents et enfant !

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Chronique : Utile pour les enfants comme pour les parents pour apprendre à porter un regard sans jugement sur les autres. Apprendre à écouter son cœur en maintenant la qualité de la relation. Une histoire qui met à la portée des enfants des outils pour :
-améliorer sa relation à l’autre,
-désamorcer les conflits,
-éviter les suppositions pour découvrir la réalité de l’autre,
– s’accepter tel que nous sommes parce que le regard que les autres ont sur nous sera toujours différents et dépendra de l’endroit d’où ils nous regardent, de leur façon d’appréhender la réalité,
-Prendre confiance en soi…

Magnifique.

Note : 9,5/10

Éditeur : Langue au Chat (11 mars 2021) Langue : Français Relié : 22 pages ISBN-10 : 2806311101 ISBN-13 : 978-2806311108

Petit sage du monde – Ubuntu – L’extraordinaire voyage au pays du partage – 25 mars 2021 de Anna GRIOT & Erine Savannah

Il n’est jamais trop tôt pour ouvrir les enfants à la philosophie ! Les petits contes, Petit sage du monde, aux illustrations colorées, sont racontés simplement afin d’être accessibles à tous.

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Chronique : Dans une ère où l’individualisme et l’égoïsme tend à prendre le dessus ce livre nous permet de nous remettre en question.
Il nous ouvre les yeux sur les fondamentaux de la vie, le bien-être, le partage la tolérance, le vivre ensemble etc… Une pure perle permettant aux plus septiques de s’éveiller. Il y a des défauts dans l’impression qui donne du charme a cette « philosophie » venue d’Afrique, cependant cela ne gâche nullement la lecture et la compréhension pour les plus jeunes.

Note : 9,5/10

Éditeur : Langue au Chat (25 mars 2021) Langue : Français Relié : 14 pages ISBN-10 : 280631108X ISBN-13 : 978-2806311085

Je suis moi ! – Je suis un chaton ! – 11 février 2021 de Céline PERSON (Auteur), Lili LA BALEINE (Illustrations)

Un grand album d’histoire très original avec, à la fin, 2 pages cartonnées épaisses détachables avec des masques prédécoupés à colorier.

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Chronique : Cet album, tendre et poétique, permet d’évoquer l’importance de partager ses envies . Ici, Céline PERSON met en avant la relation entre un petit garçon déguisé en chat et sa classe.
L’affection, la camaraderie sont partis prenants au début du livre pour expliquer toute l’amour que les enfants doivent montrer.
Les illustrations de Lili LA BALEINE sont magnifiques, colorées et lumineuses. et un petit cadeau se cache à la fin du livre pour chaque enfant qui rêve encore.

Note : 9,5/10

Éditeur : Langue au Chat (11 février 2021) Langue : Français Relié : 34 pages ISBN-10 : 2806311055 ISBN-13 : 978-2806311054

Les mystères du trône de fer volume 2 d’Aurélie Paci et Thierry Soulard, la clarté du propos et la richesse du sujet

Ce n’est pas toujours évident de déterminer précisément pourquoi telle saga va vous plaire et faire de vous un fan inconditionnel. Les personnages, l’intrigue, l’univers tout ça se mélange parfois à tel point qu’il nous est parfois difficile de dire pourquoi on s’attache à un récit. Sans oublier la frénésie de lecture qui s’empare de nous dès qu’un nouveau volume de notre saga préférée apparaît sur les étales des librairies. Heureusement certains auteurs sont là pour nous permettre d’y voir plus clair dans notre passion.

C’est à cela que m’a servi personnellement ce nouvel essai consacré à la saga littéraire de George R.R. Martin. Car outre la somme d’informations historiques condensées dans les 500 pages nécessaires pour faire le tour des influences de l’auteur, l’ouvrage manifeste surtout la passion dévorante de Martin pour l’histoire avec un grand H. Une passion qui l’a amené à voyager, à s’immerger dans les vestiges historiques, comme le mur d’Hadrien en Écosse, pour nourrir ses influences et l’immense fresque épique qu’est la saga du trône de fer.

Un cri d’amour pour une matière qui reste l’une des plus ludiques que l’on nous enseigne à l’école. Pour peu que l’on est comme professeur un passionné, les cours d’histoire peuvent vite devenir un exutoire à l’imagination. Les leçons sur les conquêtes romaines font résonner le bruit des batailles, le fracas des épées sur les boucliers, le reflet du métal des armures au soleil tandis que les chapitres des livres d’histoire consacrés à la Grèce antique nous ramènent à une époque chargée de légendes et de mythologie tandis que l’histoire des rois et reines nous en apprend beaucoup sur la nature humaine et la folie du pouvoir. C’est cet amour pour l’Histoire que George R.R. Martin exprime dans sa saga et je crois que c’est pour ça que je l’apprécie autant, pour être parvenu à créer son propre univers à partir de références universelles.

Car avoir su réunir autant de références différentes, d’époques diverses et d’influences aussi variées tout en gardant une cohésion et une maîtrise de son œuvre, révèle déjà d’un travail formidable. Celui effectué par le tandem Aurélie Paci et Thierry Soulard n’en est pas moins impressionnant. L’ouvrage est extrêmement bien organisé, l’on passe de la préhistoire à l’antiquité gréco-romaine en passant par le tant décrier Moyen-âge, sans oublier ses chers vikings. Toutes ces influences sont replacés dans leurs contextes, les auteurs n’oublient pas de préciser que la saga du trône de fer à commencer à être rédigé durant les années 1990 et que la manière d’étudier l’histoire a changé depuis. Ils nous démontrent comment l’auteur s’est emparé d’un élément historique pour le remplacer dans son œuvre, avec des encarts spécialement réservés à la série télévisée. Un même personnage, citée ou arc scénaristique du trône de fer peut être donc un patchwork de multiples références historiques.

La première partie s’accentue sur les rapports ambigus entre le genre littéraire de la fantasy et l’Histoire. Il ne s’agit pas seulement d’une introduction au propos générale du livre mais aussi d’une réflexion sur comment raconter une histoire, comment créer un univers fantastique sur la base d’éléments historiques. Le sujet de la fantasy historique, qui réécrit l’histoire en y incorporant des éléments fantastiques ou la popular history, un genre littéraire qui romance les grands moments de notre histoire, y sont abordés. L’Histoire n’a pas fini d’inspirer nombre d’auteurs.

Cette partie est également l’occasion de se pencher sur la narration malicieuse de Martin dont certains des récits annexes au trône de fer sont narré par des mestres, qui sont des personnages à part entières de son récit, dans une réflexion autour de la notion de conteur et d’historien. À travers leur étude exhaustive de l’œuvre de Martin le tandem Paci-Soulard nous montre que l’auteur est parvenu à intégrer cette problématique à sa saga et à densifier l’histoire de celle-ci par des mystères historiques et des sources contradictoires, rendant sa saga encore plus riche et passionnante. Le duo d’auteur parvient à illustrer de manière claire et concise ces éléments introductifs aux propos principals.

La guerre des deux roses, un immense morceau de l’histoire anglaise, est également évoquée au cours d’un chapitre dont la lecture m’a paru plus laborieuse que les précédents. Je pense qu’il est nécessaire de s’aventurer dans cette partie en ayant déjà une certaine connaissance des événements de cette période trouble de l’Angleterre. Les multiples renvoie au récit de Martin ont parasité ma lecture et perturbé ma compréhension de cette guerre de succession. Il faut dire qu’il y a un nombre impressionnant de personnages concernés, que ce soit dans l’histoire véritable que dans le récit de Martin, et le duo n’a pas forcément le temps de tous les introduire correctement

Mis à part cette partie dont la lecture fût plus ardue que le reste. Cet essai se révèle être, pour qui veut encore plus explorer l’univers du trône de fer, une mine d’informations intarissables sur la saga de George R.R. Martin. Un ouvrage qui se veut comme un passeur de savoir, qui permet de rajouter une nouvelle brique à l’édifice gigantesque dont Martin a entrepris la construction il y a de cela maintenant une trentaine d’années.

Quatrième de couverture: Passionné d’histoire, George R.R. Martin a parsemé Le Trône de Fer de références à notre monde, créant une saga culte aux contours familiers. De la guerre des Deux-Roses (1455-1485) à la guerre des Cinq Rois, de l’Anarchie anglaise (1135-1153) à la Danse des Dragons, de la guerre de Cent Ans (1337-1453) aux rébellions Feunoyr, en nous contant ses conflits inventés, George R.R. Martin nous entraîne dans les couloirs de l’histoire. Si le Moyen Âge est au coeur de son imaginaire, il est loin de s’y limiter : Préhistoire, Antiquité, Renaissance ou période des « grandes découvertes » nourrissent également son inspiration. Comment George R.R. Martin s’inspire-t-il de l’histoire ? Quelles sont ses sources ? À partir de quelles figures historiques a-t-il modelé Jon Snow, Daenerys Targaryen, Tyrion Lannister ? Comment utilise-t-il l’histoire pour renforcer ses intrigues ? Les réponses à ces questions et à bien d’autres sont dans cet ouvrage, incontournable pour décrypter Le Trône de Fer, les livres dérivés de cette saga, et les séries télévisées (Game of Thrones, House of the Dragon) qui en sont tirées

  • Éditeur : PYGMALION (17 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 2756431117
  • ISBN-13 : 978-2756431116
  • Poids de l’article : 660 g

Chronique d’un abandon: le livre des martyrs tome 1 les jardins de la lune, froides étreintes

Je t’ai d’abord remarqué en parcourant les différents blogs et groupes de lectures virtuels, tu semblais être la nouvelle coqueluche des amateurs de fantasy. Tu m’as tout de suite attiré, la promesse d’une saga dense aux scénarios complexe avec une myriade de personnages couplé à un univers sombre avait déjà suffi à attiser les braises du désir mais lorsque ton chaperon, les éditions Leha, ont entamé une opération commerciale en baissant ton prix d’achat à 10 euros, je n’ai pas pu me retenir et je me suis précipité sur toi.

Je t’ai ramené chez moi mais j’ai décidé de reporter à plus tard les étreintes de la découverte, occupé que j’étais avec d’autres lectures. On s’observait mutuellement, toi coincé dans les rayonnages de ma bibliothèque moi me pavanant avec d’autres lectures. Puis enfin le moment arriva où nous partîmes à la découverte l’un de l’autre.

Et ce fut une véritable douche froide. J’avais beau faire bruisser tes 600 pages de papiers fins, parcourir ton interminable liste de personnages, lire et relire les mêmes phrases pour tenter d’en dégager la saveur du style de ton créateur mais il n’y avait rien à faire, tout en toi me laisser froid. Notre étreinte tant désirée se révéler stérile de tout plaisir.

Seul certains dialogues parvenaient à susciter de l’intérêt même si la plupart se révélaient être purement factuels. Je n’y retrouverais pas cette ironie douce amère, ce jeu des faux-semblants que l’on peut savourer dans les dialogues d’autres sagas. Avec toi tout est constamment grave, dramatique alors certes c’est la guerre mais un peu de second degré et d’humour noir serait le bienvenu.

Tu es une lecture exigeante mais tu as confondu exigence et accessibilité. Ta volonté de nous plonger dans ton vaste univers sans nous en donner les clés est louable à condition de nous faire accompagné par un personnage qui serait un compagnon de découverte de ton monde rude et lugubre. Il y a pléthore de personnages certes mais aucun qui se détache du lot, tous ne font que prendre part au vaste jeu de pouvoirs qui semblent se mettre en place sans y apporter son grain de sel personnel. Tu donnes l’impression de suivre des pièces d’échec dépersonnalisé et sans aucune aspérité, c’est fort dommage.

Tu t’échines à rendre dramatique chaque situation, chaque dialogue mais cela crée l’effet inverse, lorsque tout est grave plus rien ne l’est au final. Et c’est lorsque j’ai compris ça que mes mains t’ont lâché, à mon grand regret. J’aurais aimé vibrer avec tes récits de combats homériques, sentir la décrépitude de ton univers poisseux et m’inquiéter de la prochaine malversation divine mais il n’y avait rien à faire, plus j’essayais de m’accrocher à ton récit plus celui-ci me fuyait et notre étreinte s’acheva avant même d’avoir commencé. Crois-moi j’en fus le premier malheureux.

Tu me vois dans le regret de te reposer définitivement, en ayant péniblement atteint la moitié de tes 600 pages. Je suis persuadé que toi et moi ne parlons pas le même langage ni la même manière de raconter une histoire. Ta narration inutilement alambiquée m’a refroidi d’emblée et ta manière d’amener les enjeux de ton histoire ne m’a guère convaincu. Je n’éprouve aucune rancœur envers toi, tu n’étais pas fait pour moi tout simplement et je te souhaite le meilleur dans tes futures rencontres de lecteurs et lectrices qui seront plus conquis que moi par ton style sans concessions. Je me console en me disant que des étreintes qui m’emporteront dans un tourbillon fantastique j’en connaîtrai sûrement d’autres mais subir une telle désillusion est toujours difficile.

Résumé: Dans un monde qui a vu naître et disparaître d’innombrables races et civilisations, l’empire malazéen étend implacablement sa domination, soumettant des continents entiers les uns après les autres, grâce à la discipline de ses armées et la supériorité de ses mages de guerre.
Mais la loyauté de ses soldats, abandonnés et trahis par leur impératrice, est mise à rude épreuve. Perdus, abandonnés et déchus, les fidèles de l’empire vont devoir tenter de survivre, entre sacrifices et dangers mortels.
Un complot bien plus vaste se joue en toile de fond. D’anciennes forces terrées dans l’ombre semblent se réveiller, prêtes à tout pour regagner leur splendeur passée. Regroupés sous la coupe du jeu des dragons, dieux et ascendants, sorciers et chamans, Eleints et changeurs de formes, tirent les ficelles d’un drame qui, transcendant les conflits des simples mortels, se joue à l’échelle du temps lui-même.
Avec un enjeu de taille : la suprématie totale

  • ASIN : B079VF7Q12
  • Éditeur : LEHA (18 mai 2018)
  • Langue : Français
  • Broché : 512 pages
  • ISBN-13 : 979-1097270193
  • Poids de l’article : 800 g

Marcher dans les bois – Le guide amoureux de la forêt – 1 avril 2021 de Peter Wohlleben

Les sorties, en solo ou en famille, sont l’occasion d’explorer, d’apprendre, de goûter… Mille et une astuces vous attendent au tournant : comment fabriquer un chewing-gum avec de la résine, imiter le brame du cerf à l’aide d’une feuille de hêtre, tailler des sifflets dans des branches de saule.

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Chronique : J’adore la nature et le plein air, et les bois ont toujours été mon lieu de bonheur et mon refuge. Il y a quelque chose dans le fait de marcher dans les bois qui vous vide l’esprit et vous remonte le moral.
Ce livre, selon les propres termes de l’auteur, est « une mise en bouche » des différents aspects de la forêt. Des premières techniques de survie au repérage des animaux sauvages, en passant par la conservation des forêts et la législation sur la faune, ce livre aborde tous les sujets.
Peter Wohlleben est originaire d’Allemagne et la plupart des histoires et des faits concernent les forêts allemandes, mais il s’intéresse aussi à d’autres régions.

« Marcher dans les bois » de Peter Wohlleben m’a enthousiasmé. De nos jours, il faut un « mode d’emploi » pour tout et j’ai emporté de nombreux conseils utiles et une quantité incroyable de connaissances rafraîchies, mais aussi nouvelles.
Le manuel traite entre autres de la course de fond, de la cueillette des champignons (est-ce autorisé et combien ?), de l’observation des animaux, des vêtements adaptés à la forêt, des différents arbres, des tiques, de la raison pour laquelle il ne faut pas aller en forêt avec les cheveux fraîchement lavés (le saviez-vous ? Je ne le savais pas.), de la protection de la nature, de ce qu’il faut faire en cas de tonnerre et d’éclairs, de la survie en forêt, des voyages de nuit et de bien d’autres choses encore.
Je connais déjà les autres livres de Wohlleben et je suis honnêtement ravie que rien ne soit répété ici, car le thème des forêts offre tellement de possibilités d’écriture. En outre, je trouve que les astuces et les conseils pour les promenades en forêt sont aussi vraiment très recommandables, mais je trouve aussi très exaltant que même Wohlleben ne savait pas tout au début, mais qu’il devait aussi apprendre d’abord. Certains des sujets abordés ont toutefois donné matière à réflexion, notamment la sylviculture funéraire, la qualité des meubles en bois, mais aussi la survie en forêt et les rencontres avec des animaux sauvages, comme les loups ou les ours.

« Marcher dans les bois » est un livre merveilleusement informatif et éducatif que je ne peux que recommander à tous ceux qui ont ne serait-ce qu’un petit amour pour la nature

Note : 9,5/10

ASIN : B08R76KVSZ Éditeur : Les Arènes (1 avril 2021) Langue : Français Broché : 298 pages ISBN-13 : 979-1037503473

Serial bomber de Robert Pobi, boom boom boom et re-boom

Un polar explosif

Janvier 2020, j’abandonne deux lectures guère passionnantes pour me lancer dans City of windows de Robert Pobi. Un polar captivant qui finira dans le top de mes lectures de l’année. Une plume addictive, des thèmes qui pousse au débat et un personnage sans concessions, Lucas Page, que l’on retrouve dans cette nouvelle enquête. L’auteur parviendra-t-il à reproduire l’engouement que j’ai ressenti pour son précédent roman ? Réponse dans les lignes qui suivent.

L’ouvrage commence de manière tonitruante, une explosion ravage un musée lors d’un gala privé, plus de 700 morts sont dénombrés, des œuvres d’art inestimables sont perdus à jamais et la bombe laisse une nouvelle plaie béante dans la chair de la ville de New York. Rapidement le professeur en astrophysique Lucas Page est appelé à la rescousse par le FBI pour mener l’enquête alors que les attentats se suivent à une vitesse effrayante.

Pendant près de trois cents pages l’auteur est parvenu à maintenir l’illusion qu’il me racontait un bon polar d’enquête. C’est bien le seul aspect positif que je peux lui trouver, savoir maintenir l’intérêt du lecteur avec une intrigue aussi riche en péripéties redondantes et un récit dénué d’originalité est une prouesse. Moi qui aime lorsque l’intrigue se présente comme une pelote de mystère qu’il va s’agir de démêler jusqu’à trouver le fil conducteur je dois avouer que j’ai été particulièrement déçu avec cet ouvrage. Le schéma narratif se révèle répétitif, Page se traîne de site d’explosions en sites d’explosions sans que jamais ses capacités, qui relèvent de plus en plus du superpouvoir, ne permettent de faire avancer l’enquête.

Il faut dire que ladite enquête n’a rien de passionnant. Très vite une piste apparaît, plutôt un boulevard qu’une simple piste sans parler d’un personnage tellement suspect qu’il ne pourrait pas l’être plus s’il se baladait avec une pancarte marquée « JE SUIS COUPABLE « . Mais plutôt que d’approfondir ces pistes pour nous livrer une enquête dense et passionnante et, pourquoi pas, en profiter pour soulever à nouveau des sujets de société brûlants, l’auteur préfère enchaîner les scènes d’action et les répliques acerbes de Page, dont le caractère hautain et méprisant devient de plus en plus difficile à apprécier au fil des pages. Surtout que ce personnage que l’on nous présente comme hautement intelligent passe son temps à mettre sa vie en danger après avoir gambergé sur les motivations du coupable que n’importe quel lecteur habitué aux intrigues de polar aura deviné depuis longtemps.

En fil rouge l’auteur insère des interludes qui montre l’impact des événements du récit sur la population américaine. Autant d’occasions pour l’auteur de fustiger l’emprise des réseaux sociaux et de la technologie sur nos vies. Mais ces thèmes auraient mérité une approche plus subtile et un développement plus conséquent que le cliché de la stupidité rampante accentué par les réseaux sociaux. Ces courts interludes font plus office de parodie sinistre que de réelle réflexion sur l’état de notre monde.

Je vais passer sur les incohérences du récit, dont le rythme effréné permet de passer à côté, pour conclure que cette nouvelle aventure de Lucas Page est bien en deçà de la précédente. L’auteur reproduit le schéma de City of windows, jusqu’au dénouement, mais sans le charme ni la minutie de la précédente enquête. Une déception à la hauteur de mes attentes.

Résumé: soir d’octobre à New York. Privatisé à l’occasion d’un gala, le musée Guggenheim accueille 702 convives, la plupart membres des élites du pays. Une explosion les tue tous, sans discrimination.
Un attentat d’une telle précision ne saurait être le fruit du hasard et le FBI est immédiatement débordé par le nombre extravagant des victimes, des profils à comparer, des dossiers à recouper. Il fait appel à Lucas Page, un ancien agent pour l’heure astrophysicien et professeur d’université. Atteint d’une forme du syndrome d’Asperger, il est capable de  » lire  » la scène d’un crime comme s’il y avait assisté, de compulser des données d’un seul coup d’œil. Lui seul semble à même d’arrêter le serial bomber avant qu’il ne frappe encore.
Une nouvelle enquête de Lucas Page, le génial héros de Robert Pobi, qui a fait une irruption remarquée dans le monde du thriller avec City of windows.

  • ASIN : B08R7BRYS5
  • Éditeur : Les Arènes (1 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 531 pages
  • ISBN-13 : 979-1037502933
  • Poids de l’article : 662 g

Le Pacte du Hob de Patricia Briggs / 24 mars 2021

Haïe et redoutée, la magie avait disparu du pays. Elle s’en revient aujourd’hui, libérée des sortilèges des mages de sang. Et Aren sent croître son propre pouvoir, la « vue », qui lui révèle des instants du passé comme d’obscurs éclats d’avenir.

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Chronique : C’est un livre amusant avec un personnage profondément sympathique dont il a été facile de tomber amoureux. Aren est plus forte qu’elle ne le pense, et plus puissante. Et compatissante, bien plus que je n’aurais pu le faire. Briggs fait un excellent travail en créant une histoire et un cadre aux contours très larges de pouvoir et de lutte dans un village isolé dans une vallée loin de la dévastation de la guerre mais qui en ressent néanmoins les effets.

Cela est facilité par la création de trois forces contre lesquelles les villageois doivent se battre, toutes effroyablement plus puissantes qu’elles ne le sont. Parmi elles, les mages du sang sont les plus puissants et les plus implacablement maléfiques. Leur pouvoir est fondé sur la mort et l’asservissement d’autrui et sur une envie folle d’en avoir plus, qui ne fait que croître à mesure que leur pouvoir augmente.

Récemment libéré de la domination des maîtres du sang, le monde sauvage éveillé est plus imprévisible. Je pourrais les appeler fey, car beaucoup d’entre eux correspondent aux définitions traditionnelles, mais je préfère le terme de Briggs de « sauvageons ». Ils peuvent varier de l’esprit de la terre de la vallée entière aux dryades, nyades, fantômes et fetchs plus subtils qui tourmentent les individus ou hantent des parcelles spécifiques de niches facilement définies. Une grande partie de l’histoire consiste à réapprendre le vieux savoir pour trouver comment coexister/apprivoiser/défaire ces forces nouvellement sorties de leur sommeil.

Enfin, il y a les raiders qui viennent d’arriver dans leur vallée. Ces antagonistes « simplement » humains ne sont peut-être pas aussi effrayants que les autres, mais leurs prédations sont tout autant une menace existentielle et semblent aussi implacables. En effet, ils sont les premiers que nous rencontrons lorsque Briggs nous fait passer d’un début facile, voire pastoral, à un déchirement et une perte.

Le courage d’Aren est mis à l’épreuve dès le début, car sa maison est l’une des premières à être confrontée aux nouvelles menaces qui pèsent sur leur vallée. Son chagrin m’a immédiatement attiré vers elle et a suscité une intimité qui m’a porté tout au long de la phase de découverte de l’histoire. En fait, mon intérêt a baissé un peu périodiquement dans cette phase initiale. Jamais assez pour rompre avec l’histoire, mais les événements étaient parfois télégraphiés un peu trop simplement et Briggs s’est un peu attardé sur certains des bas-fonds émotionnels du début du roman, je pense. Étant donné que l’action est en grande partie épisodique tout au long du roman (les objectifs étant principalement à court terme et rapidement atteints), le problème de rythme du début du roman a été plus marqué qu’il ne l’aurait été autrement.

Cela dit, la dernière moitié de l’histoire a été extrêmement difficile à mettre en place, avec la nature épisodique de l’action clairement sur un vecteur unifié mais sans être prévisible ou ennuyeux. Briggs fait un excellent travail en guidant le voyage émotionnel d’Aren et de Caefawn alors qu’ils s’unissent dans leur lutte pour la survie, à la fois d’eux-mêmes en tant qu’individus et du village pour lequel Aren se sent obligé. La seule distraction dans cette dernière partie du livre a été le mépris du village lui-même. Je comprends que les gens sont mesquins et que les querelles et la mauvaise humeur peuvent s’envenimer, mais ces gens ont été inutilement stupides en plus et j’ai eu beaucoup plus de mal à m’y faire. Enfin, ça et les liens d’Aren avec le village. En y repensant, j’aurais préféré qu’Aren et Caefawn leur fassent un doigt d’honneur et partent seuls à l’aventure. Heureusement que ça ne m’est pas venu à l’esprit, sinon j’aurais perdu mon investissement émotionnel.

Et la raison pour laquelle cela ne s’est pas produit est que l’action était rapide et captivante et que les liens d’Aren avec sa maison avaient du sens, même si j’avais du mal à les accepter moi-même. Si le village avait été rayé de la vallée à la fin et qu’Aren et Caefawn avaient chevauché vers un coucher de soleil modérément sûr, j’aurais été satisfait.

Mais cela m’aurait privé d’une conclusion qui aurait fait grimper le livre d’une étoile à lui tout seul. Tous les fils de l’histoire se sont révélés beaucoup plus tridimensionnels que ce à quoi je m’attendais et la conclusion a eu une forte charge utile qui m’a laissé un peu abasourdi (et oui, il y a eu des larmes). La fin forte a plus que compensé les bégaiements du début et m’a laissé avec une chaleur dans laquelle je me prélasse encore un peu.

Note : 9,5/10

EAN : 9791028117733
360 pages
Éditeur : Bragelonne (24/03/2021)

L’homme craie de C. J. Tudor, souvenons-nous des instants terribles

Et toujours les ombres du passé…

Cela fait longtemps que ce thriller me faisait de l’œil mais ma médiathèque n’ayant jamais daigné se le procurer, j’ai dû attendre de le trouver en promotion sur ma liseuse. C’est désormais chose faite et il est temps de vous parler de cette lecture somme toute plaisante.

Une petite ville tranquille, une bande d’amis qui ne pensent qu’à profiter de chaque minute de l’été avant la reprise de l’école… Cela ne vous fait penser à rien ? L’ombre de Stephen King plane sur les passages se déroulant dans le passé. De nombreuses scènes mettant en scène la petite bande d’amis rendent hommage à l’un des récits les plus célèbres du grand auteur, à savoir ÇA. Pour quiconque connaît l’œuvre de King l’hommage sera évident sans pour autant que cela soit gênant à la lecture. Le récit possède sa propre empreinte et, même si j’aurais personnellement préféré que le récit insiste encore plus sur cette bande de potes que le sort va marquer à vie, il faut reconnaître que l’auteure amène d’une belle façon les thèmes qu’elle veut inclure à son récit, la maladie d’halzeimer, le droit à l’avortement.

La double temporalité est menée avec malice, empilant les mystères et les questions qui trouveront leurs réponses trente ans plus tard. Le suspens est astucieusement dosé pour que l’on est envie de continuer la lecture. Le récit flirte parfois avec l’horreur lors de courtes scènes cauchemardesques ou lors de la scène d’ouverture qui m’a happé et convaincu sur les talents de conteuse de Tudor, la plume de l’auteure est attirée par ce genre comme un aimant cela se ressent énormément. En témoignent les scènes de cauchemars et toutes les inquiétudes autour des dessins à la craie. Pourtant l’ouvrage est bien un thriller, l’auteure a probablement voulu s’en tenir à un récit plus accessible pour sa première publication. Le tout forme un ensemble convaincant mais qui aurait mérité un peu plus de profondeur dans le style.

Un parfum de nostalgie imprègne le récit, y compris les passages se situant de nos jours. Tendresse des jours d’été passé à déambuler avec ses amis, regrets de ne pas avoir pu faire ou dire ce qu’il fallait au bon moment sans parler des griffures du destin qui cicatrisent mal, même trente ans après. Cette atmosphère en teinte sépia se teinte peu à peu d’un rouge écarlate à mesure que le dénouement approche. Un dénouement quelque peu prévisible malheureusement mais qui a le mérite de ne pas traîner en longueur.

L’homme craie signe pour son auteure une entrée convaincante dans le monde du polar. Placé sous l’influence d’une autre grande plume mais avec suffisamment de présence et de d’atmosphère pour se démarquer du reste de la production. Depuis l’auteure a publié un autre polar et un troisième et sur le point de paraître, une auteure suivre donc.

Résumé: Le problème, c’est que nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ? Etait-ce à partir du terrible accident ? Ou quand ils ont découvert le premier corps ?

  • Éditeur : Pygmalion (17 janvier 2018)
  • Langue : Français
  • Broché : 384 pages
  • ISBN-10 : 2756421731
  • ISBN-13 : 978-2756421735
  • Poids de l’article : 420 g
  • Dimensions : 13.6 x 2.6 x 21 cm

L appel des grands cors – Chevauche-Brumes, tome 3 / 19 mars 2021 / de Thibaud LATIL-NICOLAS THIBAUD

Le Bleu-Royaume n’a jamais été aussi menacé. Pourtant, face à l’ennemi qui les met en péril, les grands seigneurs sont incapables de lui opposer un front uni.

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Chronique : Merci à MNEMOS pour ce superbe livre de fantasy qui nous fait voyager vers des terres peu connues. Avec une superbe couverture, des chapitres bien mis en évidence…et c’est surtout un agréable roman.

Il y a de bons ingrédients permettant aux lecteurs d’apprécier cette histoire : magie, aventure et récit initiatique. On peut honnêtement dire sans gâcher une chose que ce roman offre de l’estime de soi. Car cela se ressent dans une véritable horreur depuis le début et jamais une fois la tension ne s’est glissée, se basant sur les détails, des caractérisations pointues et des révélations merveilleuses. On pourrait l’appeler une fantasy sombre, bien sûr, ou une fiction historique avec un réalisme magique plié, ou même un conte tellement enraciné dans la réalité qu’on ne pourrait jamais creuser assez profondément. Cette saga est donc dotée de bien des qualités. La plume de l’auteur est enchanteresse et il est agréable de se laisser porter par les mots, rien que pour le plaisir de lire de belles phrases bien tournées. Et puis il y a l’histoire et ses personnages. Nous emmenant dans un univers riche et complexe à souhait, peuplé de créatures fantastiques, où nos héros ne pourront se contenter d’être de simple spectateur et entre dans ce cauchemar. Instruments de pouvoir ou créatures dotées de consciences, capables de ressentir .

Plus qu’un roman de fantaisie d’aventure, Thibaud Latil-Nicolas tire à chaque fois la bonne combinaison pour trouver alliés et solutions à chaque étape de son périple… Quel tome bien rempli ! Là encore, impossible d’arrêter ma lecture, de décrocher de cet univers car la structure du livre nous montrent les deux tableaux séparés avec les liens qui les unissent.Côté ambiance générale, c’est assez froid et fataliste quoi que réchauffé par de belles rencontres et de grandes surprises. L’amitié et la force de la fidélité façonnent dans ce troisiéme tome la plume de l’auteur est fluide et met en place un parfait équilibre entre descriptions, dialogues et actions, nous présentant au travers d’une intrigue captivante.

Note : 9,5/10

Éditeur : MNEMOS (19 mars 2021) Langue : Français Broché : 350 pages ISBN-10 : 2354088078 ISBN-13 : 978-2354088071

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