En l’an de grâce 1715, le Roy-Soleil s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.
Chronique : Et si Louis XIV continuait à gouverner ? Le Roi Soleil devient le Roi des Ténèbres suite à une transmutation. Avec ce livre nous sommes immergés dans une atmosphère où la mélancolie qui nous touche immédiatement. On baigne dans quelque chose de presque lyrique, comme suspendu dans le temps et dans l’espace, Un univers gothique dans sa plus noble définition, à la fois sombre, mais d’une richesse incomparable. La magie et les ténèbres en fait partie intégrante, nous faisant voir de la féerie dans tout ce qui nous entoure. Les paysages sont notamment d’un réalisme époustouflant, nous faisant littéralement rêver. Mais le côté obscur est tout aussi fascinant, nous faisant part d’un portrait vampirique tout à fait unique. Des vampires exceptionnels à mes yeux, différents de tous ceux que l’on a pu connaître. Deux styles de vampires se détachent, chacun d’eux ressentant une certaine nostalgie de leur condition humaine perdue, mais pendant que l’un voudrait mettre fin à cette vie, l’autre en profite cruellement. Ce roman a tous les ingrédients pour plaire. Tout d’abord, le lieu choisi pour l’intrigue et les créatures fantastiques, parfait pour ajouter un peu plus de mystères avec des descriptions sont toutes bien détaillées et travaillées. un début de saga où Victor Dixien nous offre un récit puissant et touche le lecteur au plus profond de lui-même. Dixien nous mène dans les plus sombres recoins de l’âme humaine et de la folie à travers des personnages tous plus monstrueux les uns que les autres et mélanges les thèmes de l’amour et de la haine, la passion et la folie avec une efficacité surprenante et nous offre un diptyque sensationnel. Une lecture dont nous ne ressortons pas indemne et dont la suite arrive en mai 2021
En se basant sur la recette éculée du thriller politique, l’éditorialiste Tom Chatfield signe une première œuvre au rythme haletant qui présente sous nos yeux un monde effrayant.
Car l’auteur ne nous présente rien d’autre dans son ouvrage qu’un monde en guerre, mais une guerre souterraine, ignorée par ses habitants qui continuent à profiter du confort de la vie occidentale sans se poser de questions. À l’aide de son savoir encyclopédique sur les nouvelles technologies l’auteur déploie le catalogue des armes de cette guerre sans nom. Les notes de bas de pages s’avèrent indispensables si, comme moi, vous êtes incapables de vous y retrouver dans cette débauche technologique. Celles-ci n’alourdissent en aucun cas la lecture et permettent de partir à la découverte d’un monde enfoui sous les capots de nos ordinateurs portables.
Mais savoir et raconter n’est pas la même chose. L’auteur n’oublie pas d’enrober toutes ses connaissances autour d’une histoire au schéma classique mais toujours aussi efficace. Notre héros principal, le brave Azi Bello, se retrouve donc embarqué bien malgré lui dans une sombre histoire de terrorisme international avec option piratage informatique. À l’aide de ses seules connaissances en informatique il va devoir survivre tout en parcourant la moitié du globe. L’équilibre entre déballage de savoir et action frénétique est conservé même si les scènes d’action restent timides mais il aurait été difficile de faire du malingre Azi un combattant à la Sylvester Stallone. Ce n’est pas pour autant que le récit l’épargne et, s’il n’en a pas la formation, azi ressortira tout de même de cette aventure avec tous les traumatismes et les cicatrices des agents secrets. Seule la fin verse dans l’incrédulité avec l’apparition d’un élément futuriste peu plausible qui heureusement disparaît avant de couvrir le récit de ridicule.
Entre la plongée dans un univers méconnu et effrayant et le rythme soutenu on pourrait s’attendre à ce que l’auteur est fini de déployer tous les éléments qui font de son roman un excellent thriller, ce serait sans compter la petite touche d’humour constante qui vient alléger de manière subtile une intrigue bien sombre et cynique au demeurant. Le personnage d’Azi est parfaitement écrit, surdoué en informatique mais complètement inadapté à la vie sociale, il se trouve être en décalage constant entre sa nature de techno-branleur et le monde dangereux dans lequel il se retrouve projeté. Il permet ainsi au lecteur de s’immerger facilement dans ce monde complexe où rien n’est ce qu’il semble être et où la mort est toujours prodiguée par des machines bien humaines.
En conclusion l’auteur signe ici un premier roman ambitieux, informatif mais pas rébarbatif, et malin, surtout dans ses dernières pages où il prend soin d’éviter le cliché du grand terroriste qui révèle ses plans aux héros prisonniers. Un techno-thriller politique qui vous fera vérifier à deux fois votre niveau de protection contre les logiciels malveillants.
Résumé: Gomorrhe. Un nom murmuré dans les recoins les plus sombres des forums les plustordus. Un endroit que la lie du Darknet rêve de visiter. Un mot prononcé sur un tonironique, quand on plaisante sur ce qu’aucun darknet ne vous vendra jamais. Tout le monde sait comment on se divertissait à Sodome, mais de quelle nature étaient les moeurs de Gomorrhe pour mériter, elle aussi, d’être détruite par « une pluie de souffreet de feu ? Infiltrer des néo-nazis occupés à faire de notre planète un endroit infréquentable suffisait largement à remplir la vie d’Azi Bello, et à lui permettre de faire la démonstration de ses talents de hackeur. Mais lorsque la mystérieuse Anna s’invite dans l’abri de jardin qui lui sert de bureau,la vie d’Azi prend une toute autre tournure.Car Anna et l’organisation secrète pour laquelle elle travaille en savent suffisamment sur Azi pour qu’il n’ait pas d’autre choix que de leur obéir. Et ceux qu’on lui ordonne de mettre hors d’état de nuire sont considérablement plus dangereux que la meutede suprémacistes qu’il combattait derrière ses écrans. De Londres à Raqqa en passant par Berlin, Athènes, San Francisco et l’Allemagne,pourchassé par des ennemis d’autant plus terrifiants qu’ils sont souvent invisibles,Azi va découvrir que le monde réel est infiniment plus dangereux que le virtuel.Et que d’un monde à l’autre, Gomorrhe se nourrit avec la même avidité de l’argentdes uns et de l’idéologie des autres pour étendre son règne de terreur.
Je remercie les éditions Hugo pour l’envoie de ce thriller au rythme trépidant
Est-ce qu’un robot a un cerveau ? Y a-t-il de l’intelligence artificielle dans un robot ? Les robots peuvent-ils sauver des vies ? Qui a inventé le premier robot ? Peut-il être dangereux ? Comment vont évoluer les robots ?
Chronique : Très bon condensé sur les robots et l’ IA, un ouvrage pédagogique permettant de le connaitre (ou mieux) cette technologie. Il est constitué de 14 questions avec des réponses simples et claires. De belles illustrations, des anecdotes, des encarts rendent ce documentaire ludique et très instructif. De qualité, la couverture et les pages ajoutent un plaisir de lecture supplémentaire. Le contenu est facilement assimilable et simplifié, ce qui permet de ne pas décourager les lecteurs. C’est une excellente manière d’apprendre, de comprendre, de se cultiver. Cette série est une valeur sûre que nous vous conseillons vivement de découvrir. Un panel de thèmes et de personnages est proposé, c’est un excellent support pour enrichir ses connaissances et faire aimer l’avenir.
Depuis que les agents Gulliver ont réussi à contrer les plans de l’organisation Shark qui avait conçu un jeu vidéo pour décérébrer les adolescents du monde entier, le danger semble écarté. Même si Amos n’a toujours pas recouvré la mémoire et que son ordinateur a été piraté.
Chronique : Concernant l’histoire, elle est vraiment drôle et sympathique à suivre. Les deux personnages principaux sont des têtes brûlé qui se retrouvent dans des situations cocasses et se découvrent de véritables dons en matière d’espionnage. On va de rebondissements en rebondissements. Le récit est agrémenté d’illustrations pour ravir les plus jeunes. le tout à un prix plus qu’abordable, je vous le recommande vivement !
Alors qu’ils font du vélo en montagne, Yan et Pauline sont témoins d’un meurtre. Pris en chasse par les tueurs, ils parviennent de justesse à s’échapper. Les preuves qu’ils ont récoltées dans l’urgence sont inexploitables, et au poste de police, personne ne les croit. Bientôt, la traque reprend… Ils doivent fuir.
Chronique : Voici un superbe livre des Éditions Rageot qui est un véritable coup de cœur, une histoire toute simple mais interactive dans cette course poursuite . Et chacun se pose la question de comment vont t’il y arriver et Yan et Pauline vont il arriver à s’enfuir, ce qui nous fait rentrer dans une surenchère d’action de la suspens de ce magnifique livre de Olivier Gay où la conclusion nous ouvre sur une moralité bien faite à partager.
Entrez dans un Londres post-apocalyptique ravagé par des créatures surnaturelles, à la fois étranges et familières… Dans la novella récompensée par le prix Locus en 2003 » Le Tain « , Miéville imagine que nos miroirs abritent des êtres d’une nature incertaine, dangereux. Enfermés et réduits à une condition de simple reflet après avoir été défaits par les hommes dans une guerre très ancienne, ils attendent leur heure… Une fois libérées, ces créatures se mettent à assouvir sans merci leur désir de vengeance. Un seul survivant au milieu de l’apocalypse, Sholl, va tenter de rassembler ce qu’il reste de l’humanité pour résister.
Chronique : Le nom de China Miéville n’est généralement pas synonyme de nouvelles, probablement parce qu’il ne les écrit pas souvent. Au cours de la dernière décennie, il a publié dix romans, et dans la même période, il n’a produit que seize nouvelles. Enfin, peu importe. Le mec est occupé. Je pense qu’il est aussi devenu un génie de l’économie, s’est présenté à des élections et a fait environ 3 millions de boucles de bras pendant cette décennie. Oh, et il s’est fait tatouer un calmar géant.
Quoi qu’il en soit, c’est assez ennuyeux de découvrir qu’il fait aussi de la fiction de façon étonnante. J’aime Miéville en tant que romancier, mais le talent pour les longs romans ne garantit pas une aptitude pour la nouvelle.
Il y a quatorze histoires ici, la plupart ayant été publiées ailleurs. Quelques-unes ont reçu des prix. Néanmoins, chacun d’entre eux a ses points forts.
A la recherche de Jake : une ouverture glaciale et sinistre. Un reportage post-apo à l’ambiance feutrée qui donne le ton de ce qui va suivre.
Fondations : J’ai évidemment été inspiré par un événement réel, et j’ai pris plaisir à relever les indices qui laissaient entrevoir sur quoi il était basé, pour découvrir que la Chine vous le dit carrément dans la section des remerciements. C’était très délicat ; il est clair que la Chine était très sensible à cet événement, mais je ne suis pas sûr que la nouvelle soit le meilleur format pour le traiter.
La piscine à balles : Co-écrit avec deux autres personnes, il semble être le moins chinois du lot. Une histoire de fantômes plutôt banale et effrayante. Bien, le cadre est le principal, mais l’histoire est basée sur des formules.
De certains évenements survenu à Londres : Un conte lovecraftien intriguant. Le dispositif de cadrage et la structure du texte trouvé peuvent sembler astucieux, mais ils sont vraiment bien traiter.
Familier : Un mélange de Wicca, Frankenstein et de fantaisie urbaine pimenté d’une touche de Heidegger. Horrible, dégoûtant, m’a donné envie de vomir plusieurs fois mais juste superbe.
Entrée tirée d’une encyclopédie médicale : J’adore les histoires au format dictionnaire/encyclopédie, comme Datum Centurio de David Foster Wallace (tiré de Brief Interviews with Hideous Men) ou les extraits du New World Authorized Dictionary d’Alexander Weinstein (tiré de Children of the New World). Voici un ajout agréable et effrayant à ce micro-genre particulier.
Les Détails : Rien de moins que brillant. Comparé à la piscine à balle l’autre histoire d’horreur ouverte de ce recueil, cela montre ce que j’attendais de Miéville en matière de manipulation de ce genre. C’est une sorte d’horreur cosmique, dans la veine de Lovecraft, et cela m’a franchement fait peur de regarder autour de moi pendant un moment immédiatement après l’avoir terminé .
Intermédiaire : Celui-ci rappelait beaucoup Thomas Pynchon, qui s’adonnait à la paranoïa. Une merveilleuse étude de personnage avec une prémisse délicieusement vague. Elle n’a pas besoin de plus d’informations qu’elle n’en offre.
Un autre ciel : A un aspect d’horreur classique, comme Poe ou Maupassant. Plus j’y pense, cette histoire me semble être la perfection de la nouvelle. Le dispositif de cadrage, le narrateur peu fiable, les thèmes de la jeunesse et de la vieillesse… tout est distillé dans un mélange aussi fin que du whisky.
Mort à la faim: J’ai apprécié ce film jusqu’au moment où j’ai réalisé où tout cela allait et où j’ai pensé : « Oh… c’est ça ? J’en attendais un peu plus, mais j’ai tout de même apprécié la narration et l’étude amusante des personnages/
De saison : C’était un concept qui aurait pu apparaître dans Children of the New World, seul Weinstein l’aurait joué directement. Heureusement, Miéville sait comment se détendre et la jouer pour rire. C’est un peu bête et la Chine le sait, donc le résultat est très amusant .
Jacques : Dans l’univers de la station de la rue Perdido, que je n’ai pas lu. Il a pour double objectif de séduire ceux qui n’ont pas encore lu les romans Bas-Lag et de fournir un service de fan à ceux qui l’ont fait.
Sur le chemin du front: Un peu de mystère, celui-là. J’ai l’impression que le format du livre ne profite pas aux vignettes de la bande dessinée. Les images sont laides et exiguës, difficiles à déchiffrer, et l’histoire est assez énigmatique sans cette difficulté supplémentaire. Une expérience ratée.
Le Tain : Construit sur une micro-édition de Jorge Luis Borges. Cela m’a parfois rappelé I Am Legend, et la conclusion m’a fait penser à UnLunDun. Miéville a une relation compliquée avec les héros. Le concept est brillant et terrifiant, mais l’histoire est d’un ennui mortel. Cela ne justifie pas la longueur de la nouvelle, mais cela aurait mieux fonctionné en tant qu’histoire
Dans le cimetière où Wilma et sa famille ont trouvé refuge après avoir été chassés des Carpates, on prépare Halloween avec enthousiasme. À l’école, tous les revenants ne parlent que de ça : Mordörhead, le plus grand groupe de rock du mooonde, vient donner son dernier concert juste de l’autre côté des murs.
Chronique : Merci sarbacane de proposer ce récit de Chrysostome Gourio qui s’accorde parfaitement avec cette période pré Halloween . Un livre pour enfant qui en marquera plus d’un celui-ci fermer. Un vrai chef-d’oeuvre qui fait du bien à lire et à faire découvrir aux autres tant il accroche et marque l’esprit du lecteur et les superbes illustration de Eglantine Ceulemans aide. Gourio traite de plusieurs thématiques assez complexes dans ce roman avec le harcèlement à l’école, d’exil, et de l’importance de l’amitié grâce à une galerie de personnages hors-cadre, tour à tours séduisants et repoussants. Ce roman est puissant car dès où l’on le lit naît une lente montée en tension de l’environnement dit fantastique. et communautaire mais aussi de révélations tardives sur les motifs des personnages, qui font prendre toute son épaisseur. Un livre atypique, d’un exotisme et d’un caractère étonnants où la jeunesse à ici a une portée philosophique.
Premier jour de l’an 1970. Smokey Dalton n’est pas malheureux de voir une nouvelle décennie s’ouvrir, pourtant sa bonne humeur sera de courte durée. Son fils, Jimmy, l’appelle à l’aide. Il s’est mis en mauvaise posture en voulant protéger son amie et « cousine » Lacey, terriblement en danger… et c’est ainsi que Smokey va découvrir un sordide réseau de kidnapping de jeunes filles, d’esclavage et de prostitution.
Chronique : Une autre grande histoire – en partie fiction historique, en partie roman policier. Au fur et à mesure que l’histoire progresse elle devient de plus en plus dure. Cette histoire aborde le viol, la prostitution et la corruption. Smokey a été appelé pour s’attaquer à un problème que Jimmy a découvert. Il doit apprendre à gérer la crise avec compassion et à éliminer le problème. Il trouve d’improbables alliés dans un groupe de femmes hardcore tournées dans ce sens par les circonstances et l’histoire. Jimmy joue un rôle plus important dans ce roman et ressemble de plus en plus à Smokey, au grand regret de ce dernier.
Lorsque Dalton retrouve le violeur, il découvre que Lacey n’est pas la seule victime.Un groupe mafieux ayant des liens politiques, s’en prend aux filles de l’école de Lacey et les force brutalement à se prostituer. Smokey tente d’obtenir de l’aide des canaux officiels, mais il découvre rapidement que la police a été achetée et que d’autres options sont bloquées. Puis, au moment où les choses commencent à sembler désespérées, il trouve des alliés improbables. La justice de rue sera nécessaire pour arrêter ce mal, et Smokey Dalton et ses alliés sont justement ceux qui l’administrent. J’adore cette série. Smokey Dalton est un vrai héros.
L’éditeur les arènes entretient une ligne éditoriale exigeante en matière de style et de sujets à aborder. Les œuvres parus au sein de la collection equinox mélangent polars et roman noirs avec toujours cette volonté de pousser à la réflexion sur des sujets de société alarmants. Le deuxième roman de Thomas Sands ne déroge pas à la règle et pousse encore plus loin la noirceur et le désespoir.
L’auteur s’empare du genre post-apocalyptique pour nous conter un récit d’une noirceur absolue. N’espérez pas apercevoir la moindre lueur d’espoir dans ce récit sans concessions. L’auteur fait le bilan d’une société à bout de souffle, d’un modèle occidental qui s’est effondré pour laisser la part belle à la sauvagerie et la violence qui se tapissent dans le cœur des hommes. Seuls les chapitres où Timothé, le frère fugitif, occupe les paragraphes sont écrits dans un mélange de poésie naturaliste mélancolique. Une respiration bienvenue dans un récit si oppressant par ailleurs.
Les chapitres où l’on suit Marie-Jean sont très intimiste. La narration désabusée nous fait plonger dans la psyché d’un personnage en bout de course, qui n’attend plus rien du monde. Son monologue intérieur résonne comme une plainte lancinante de désespoir. C’est par son point de vue que l’auteur nous livre les détails de la chute du monde occidental et des conséquences que doivent endurer les survivants. Cela fait de lui le personnage auquel on peut le mieux s’identifier et le plus incarné du récit mais c’est également un personnage écrit à rebours, un peu comme son nom. Il part en quête alors qu’il n’a plus rien à espérer et cesse de se battre alors qu’il a enfin trouvé une raison de survivre. . En bon narrateur, Marie-Jean délivre de manière succincte les éléments qui ont fait de lui cet errant nihiliste jusqu’au final où le barrage mental de ses secrets s’effrite dans une déferlante sanglante.
Enfin il reste le troisième personnage de ce conte macabre. Une femme, Anna, il faudra attendre la page 56 pour qu’elle prononce son nom pour la première fois. L’auteur a choisi d’en faire volontairement un personnage désincarné. Un fantôme qui ne retrouvera la vie qu’au contact de Marie-Jean. Ces chapitres seront l’occasion de voir une autre facette de l’apocalypse. Ils sont écrits avec une plume plus organique, c’est la danse des corps qui se touchent, qui se pénètrent dans des étreintes sans joie comme si seul le sexe prouvait encore la vie. À mesure que son destin va se mélanger à celui de Marie-Jean, Anne s’incarnera un peu plus chapitres après chapitres, contaminée par le désespoir de son compagnon et par sa sombre quête. Le robot de chair des premiers chapitres acquiert pages après pages une âme et un cœur qui bat pour son plus grand malheur.
Par petites touches l’auteur met en avant tout ce qui pourrait mener notre société civilisée à sa perte. Des sujets certes inquiétants et qui méritent que l’on se batte pour changer de mode de vie mais qui, accoler les uns aux autres au fil du récit, s’annulent un peu et prennent un tour caricatural. Comme si l’auteur s’était efforcé de cocher toutes les cases des thèmes qui pourraient mener à l’apocalypse alors que le désastre géothermique cité en fin d’ouvrage était déjà bien suffisamment angoissant pour décrire son apocalypse.
En définitive ce roman noir et macabre, parcouru de sanglantes touches gores, m’aura bien plus convaincu par sa plume désespérément belle que par sa réflexion sur notre mode de vie occidental trop survolée et diffuse pour être pertinente.
« L’aurore est violente. Comme la fente d’une vierge ouverte avec le poing. C’est la dernière fois. Elle s’en ira.”
Résumé:Le pays s’effondre sous leurs yeux. La violence rôde. Ils sont deux à rouler à bord d’une voiture volée. Elle laisse derrière elle un amour tué par les flics. Il s’est lancé sur les traces de son frère disparu. Les régions qu’ils traversent sont des champs de bataille. Ils croisent un peuple ravagé par la peur et les épidémies. Ils apprennent à aimer ce qui leur manque. Ils essaient aussi d’inventer un chemin.
Après la lecture du premier volume de cette saga de dark fantasy, qui fût un régal, je ne pouvais pas attendre très longtemps avant de me replonger dans l’univers sombre et violent de Richard Morgan, las, la déception fût à la hauteur de mes attentes tellement la lecture de ce second opus de terre de héros fût laborieuse. À noter que la quatrième de couverture, qui se concentre sur Ringil en occultant les deux autres personnages, n’aide vraiment pas à se faire une idée de l’intrigue et se révèle mensongère.
Le problème tient en deux choix qu’a fait l’auteur et qui sont malheureusement courants dans l’écriture de saga fantastique. Le premier est que l’auteur a réécrit le tome un sans ajouter d’éléments nouveaux qui relanceraient l’intérêt pour son univers. Les trois personnages principaux vivent leurs aventures séparément et une sombre menace diffuse se présage à l’horizon. Archeth doit à nouveau convaincre son empereur décadent que cette menace pourrait signifier la fin de la civilisation tandis qu’Egar enquête sur des compatriotes qui se retrouvent embrigadés par la religion principale. Son arc est le plus intéressant à suivre même si les révélations restent prévisibles. L’auteur a du mal à mettre en avant la lutte de pouvoir entre l’empire, l’église et la ligue et forcément cela se ressent sur l’intérêt que l’on prend à suivre ses intrigues diluées qui se révéleront assez basiques au final.
Et Ringil dans tout ça ? Et bien le grand guerrier amateur de torses poilus et d’empoignades virils, dans tous les sens du terme, est à nouveau exilé. Son parcours est le plus introspectif des trois personnages mais également le plus laborieux à suivre. Il soliloque avec des entités divines et magiques, et même un peu plus que cela, sans que cela n’apporte grand-chose à son personnage et sa psychologie, à part une puissance magique sortit un peu de nulle part, comme si son épée gigantesque n’était pas suffisante à faire de lui un ennemi redoutable. L’auteur tente de lancer une réflexion sur la notion de héros sans que cela ne porte ses fruits car trop timide et noyé dans des chapitres où l’onirisme sombre le dispute à l’ennui. Les dialogues où Ringil envoie paître l’empereur et les conventions sociales restent toujours aussi plaisant à suivre mais sont beaucoup trop rares pour constituer un élément principal de l’intrigue.
On se retrouve donc avec un tome un bis repetita sans éléments nouveaux significatifs qui permettraient d’enrichir l’univers. Mais qui plus est ce second volume n’est qu’une longue introduction au troisième et dernier volume de la saga, second choix qui handicape ce volume. Le choix de l’auteur d’en faire une trilogie a dû s’imposer suite au succès du premier livre mais cela fait de cet opus un tome bâtard victime d’un surplace narratif, de longueurs fatales au rythme de lecture et globalement d’une faiblesse au niveau de la mise en place des enjeux.
Reste à voir comment l’auteur parviendra à conclure sa saga dans le troisième volume même s’il me faut bien reconnaître que mon intérêt pour son univers s’est effrité à la lecture de ce second volume poussif.
Résumé:Ringil fuit son passé, la famille qui l’a renié, et les magnats du commerce d’esclaves qui veulent sa peau. Il n’a plus qu’un endroit où se réfugier : Yhelteth, coeur de l’empire du Sud. Il y trouve asile auprès d’Archeth, une ancienne soeur d’armes, désormais haute conseillère de l’empereur. Mais celle-ci a ses propres problèmes, et Ringil se retrouve impliqué dans des allégeances douteuses. Personne ne le sait encore, mais la cité est sur le point d’exploser…