La supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse – Prépas scientifiques 2020-2021 de Svetlana Alexievitch

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte : ― Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main !  »

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Chronique : Ce livre m’a énormément touché…
Du léger frisson sur les bras, à l’horreur au point de fermer les yeux.
Combien de larmes ai-je retenues jusqu’au point final ?
Combien de fois me suis-je levé pour marcher et respirer un coup ?

Ce n’est pas un roman.
C’est une compilation d’interviews toutes plus instructives et intéressantes les unes que les autres. C’est un concentré de douleur et d’amour, d’humanité et de monstruosité, de résignation et de colère…

Tristesse et colère, oui, c’est ça. C’est ce que je retiendrai finalement de cette lecture.

Je ne connaissais pas non plus le terme de « roman de voix » pour qualifier le travail d’un ouvrage par des témoignages.

Svetlana Alexievitch a utilisé des voix intimes et sans autre vêtement que celui d’une vérité émotionnelle propre. L’ouvrage tisse au fur et à mesure des paroles retranscrites sans fioritures. Grâce à ces multiples échanges, j’ai vu une URSS qui se divisait entre les adorateurs de Staline et les nouvelles générations, qui ne tendent plus vers les mêmes idéaux ; mais j’entendais aussi ces enfants devenus grands et auxquels les guerres ont laissé le goût de souvenirs amers ; le ressente des combats de ces populations pour l’amour de leur patrie. Ce livre se dresse d’empathie sous des non-dits qui sont devenus traumatismes, comme le fut le triste événement de Tchernobyl…
Le seul but de notre romancière de voix parait d’être honnête et de se battre, même si son arme est la plume et celle des interrogés, leurs souvenirs.
Et bien qu’elle ne se décrive pas comme une héroïne, elle n’en reste pas moins, une porteuse de lumière.
Rien n’est foncièrement mauvais ou bon et c’est pour cela qu’il est bien loin d’être simple d’expliquer les faits…
D’où l’importance des témoignages…
Et tous les témoignages recueillis convergent vers cette idée d’impuissance mais aussi d’inexpérience, de vérité cachée…
Lorsque le 26 avril 1986, un accident se produit à la centrale de Tchernobyl, on envoie les pompiers, comme s’il s’agissait d’un simple incendie. Les pauvres hommes vont ainsi se confronter à la mort.

Que ce soit les habitants de la zone, les militaires, les hommes réquisitionnés pour le “nettoyage”… Nous avons ici une relation du vécu, psychologique et concrète, des victimes. Effarement, incompréhension, inconscience quant à la gravité et aux conséquences… Et par leurs paroles reflet de l’âme Biélorusse : fatalisme, attachement viscéral au système de valeurs de l’époque (1986, juste avant la chute du communisme), avec parfois un côté très naïf, presqu’enfantin.

Si vous voulez sentir les choses de l’intérieur, à lire absolument !

Chronique de Jean-Paul DOS SANTOS

 

  • Poche : 249 pages
  • Editeur : Editions 84 (5 octobre 2016)
  • Collection : J’ai lu
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2290135992

 

 

Fait maison – numéro 1 Par Cyril Lignac Cyril Lignac

Cyril Lignac, fort d’une formation complète et d’un parcours prestigieux (des cuisines d’Alain Passard au laboratoire de Pierre Hermé), est aujourd’hui à la tête de quatre restaurants (Le Quinzième, Le Chardenoux, Aux Prés, Le Bar des Prés), cinq pâtisseries et une chocolaterie. Il anime également depuis plus de dix ans des émissions culinaires, dont  » Le Meilleur Pâtissier  » sur M6. Depuis le début du confinement, il propose une quotidienne sur M6 en direct de sa cuisine, Tous en cuisine, qui remporte un énorme succès.

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ChroniqueSuite à l’émission « improvisée » de Cyril Lignac,recevoir ce livre pour tester ces 45 recettes il se présente comme un cahier de bonne qualité et relié… Très bien pour le parcourir, mais un peu moins pour cuisiner en même temps que l’on suit la recette car les pages ne se mettent pas à plat, au risque d’abimer le cahier. Recettes très bien expliquées et illustrées. Toutes les recettes présentées dans les émissions ne sont pas toutes présentes. Il faudra attendre les prochains numéros , . Ce livre est un succès assuré.

 

  • Broché : 112 pages
  • Editeur : La Martinière (11 juin 2020)
  • Collection : Cuisine – Gastronomie
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2732496162

 

🐛Butterhorn se fait des amis – Funko Pop Wetmore Forest / Lecture du livre pour enfant

Retrouve tes figurines  @Original Funko  dans d’adorables fictions ! Quelque part au fin fond de l’Amérique se trouve un vallon boisé nommé Wetmore Forest, peuplé de joyeuses créatures poilues prêtes à vivre plein d’aventures ! Merci à 404 Editions

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L’emprise de Marc Dugain, qu’il est profond ce mal qui les ronge

Écrire sur la plus vieille ambition humaine ? Oui mais avec un style bien affirmé. Peindre une fresque réaliste et ambitieuse ? Oui mais avec un style propre et sans emphase. Ainsi agit Marc Dugain.

Ce premier tome de la trilogie sur la politique française de Marc Dugain pose les bases de ce qui s’annonce comme son projet le plus ambitieux. Avec un sujet aussi fort et qui remue des passions humaines complexes et diverses on aurait pu s’attendre à ce que l’auteur s’engage dans un récit où les émotions des protagonistes occupent le devant de la scène, c’est mal connaître l’auteur. Au déchaînement de la passion, il préfère la froideur des phrases assassines qui donnent à voir une piètre image du monde politique. On a parfois l’impression de lire le reportage d’un journaliste qui aurait réussi à s’infiltrer dans l’intimité des rouages du pouvoir politique français tout en conservant une certaine distance avec son sujet.

Sa plume d’une précision chirurgicale dissèque la vie politique française dans une expérience d’un réalisme glaçant. Peu d’humour dans cette autopsie qui ne laisse rien au hasard, mis à part dans les quelques portraits au vitriol qu’affectionne l’auteur et dans ces dialogues qui sont autant de piques envoyées à une caste qui n’a même plus conscience d’évoluer en dehors du monde dans lequel le peuple se débat jour après jour. À travers son intrigue aux ramifications internationales c’est un constat amer et pessimiste qui se dresse sous nos yeux. Les rivaux sont assassinés, au propre comme au figuré, sans qu’une voix ne se hausse. Les alliances avec les ennemis d’hier sont noués alors que les menaces n’étaient même pas voilées la veille. Quant aux rares bonnes décisions qui sont prises, elles sont acceptées avec tant de compromission et de mépris pour la vérité et la vie humaine que l’on en vient à douter de leur pérennité.

Un récit dense donc mais qui possède son propre rythme, plus posé que celui auquel on est en droit de s’attendre vu le sujet abordé. L’ambition de l’auteur n’est pas de produire un énième polar politique aux pages vite tournés, vite oubliés mais de développer un début de réflexion sur les cercles de pouvoir politiques et financiers et sur la manière dont ces hommes, que ni les sentiments ni la loi n’arrêtent, se positionnent sur l’immense échiquier de la politique en constant mouvement.

Pour conclure on peut se demander quelle est l’emprise réellement évoquée par le titre. La logique voudrait que l’on considère ces hommes de pouvoirs comme ayant une réelle maîtrise sur le jeu politique et par ricochet sur nos vies à tous. Mais les différents portraits d’hommes rongés par leurs ambitions nous amènent à voir les choses différemment, et si la véritable emprise était celle qu’exerce la soif de pouvoir sur ces êtres dénués de scrupules ? Une question qui renverse l’échiquier et nous amènent à les voir d’une autre manière, beaucoup plus humaine et misérable.

Nul doute que l’auteur appronfondira cette réflexion dans les tomes suivants de sa trilogie.

Résumé : Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier ? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien. De Paris, en passant par la Bretagne et l’Irlande, pourra-t-elle y parvenir ? Rien n’est moins certain. Neuf ans après La malédiction d’Edgar, Marc Dugain nous offre une plongée romanesque sans concession au coeur du système français où se mêlent politiques, industriels et espions.

  • Broché : 368 pages
  • Editeur : Folio (19 mars 2015)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2070463044

Dave le dragon pas terrible – Sorcier incognito – Tome 2 – roman BD – Dès 9 ans (2) de Elys Dolan | 9 juillet 2020

Nouvelle catastrophe : Terrence le sorcier a enlevé presque tous les animaux parlants du royaume ! Seuls Dave le dragon-chevalier et son mentor Albrecht, le bouc germanophone, peuvent les sauver.
Nos deux héros s’apprêtent donc à infiltrer la très secrète Guilde des Sorciers ; heureusement, pour cela ils ont le guide de L’Apprenti sorcier… Armés d’une fausse barbe, d’un chapeau dûment pointu et de leur courage, les voici prêts à affronter Terrence le Terrible !

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Chronique : Dave et Albrecht sont de retour et cette fois, nous allons de nouveau faire appel aux sorciers, à la magie, à la bouillie et à des tonnes d’allemand.

C’était tellement amusant de le lire et de revoir Dave et Albrecht. Nous commençons le livre par un club de lecture où les différents personnages lisent un livre très intéressant pour la toux. Ensuite, des enlèvements se produisent et notre duo part à la recherche du grand méchant sorcier nommé Terrence. À partir de ce moment, le livre commence vraiment avec des tonnes de rires, de bouillie et de brillance des cheveux.

Tout cela était très intéressant à lire et j’ai adoré qu’on l’ait ajouté. Bien que cela me rend heureux de ne pas être un sorcier… toutes ces règles sont tout simplement ridicules ; comment peut-on vivre sa vie quand elle est remplie de toutes ces règles ? Et puis, le grand méchant sorcier semble les aimer, ce qui ne m’a pas surpris, mais c’est quelque chose qui a fait que les autres sorciers ne l’ont pas aimé.

Je ne suis pas du tout fan du grand méchant sorcier, il est juste tellement ennuyeux et frustrant. Je comprends qu’il veuille être populaire, mais peut-être qu’il devrait arrêter d’être aussi anal à propos de tout et de rien. Il rend la vie très dure aux gens et il traîne les animaux hors de leur habitat pour les faire parler… eh. Il ne gagne pas de points de popularité. Nous découvrons pourquoi il kidnappe des animaux et bien que je n’approuve pas, je comprends un peu mieux son raisonnement (il aurait dû savoir dès le départ que certains animaux ne fonctionneraient jamais… quoi qu’il arrive).

J’aime Brian et leurs pouvoirs. J’aimerais bien avoir des pouvoirs de bouillie, c’est tout simplement ce qu’il y a de mieux.

Le sport de sorcier ? J’ai adoré ! J’adorerais participer ou même être dans le public et voir quel genre de choses étranges sont convoquées.

J’aime aussi Albrecht et ses trucs allemands. Cela a donné un peu plus de piment à l’histoire et c’était tout simplement parfait. Je suis également heureux que, malgré son grand ego, il se soucie de Dave et des autres.

Dave était également parfait. J’aime la facilité avec laquelle il part à l’aventure avec Albrecht, et le fait que ces deux-là sont les meilleurs amis du monde.

La fin a été merveilleuse et j’étais vraiment heureuse ! Il y a eu quelques rebondissements dans la bataille finale que je n’ai pas vu venir (et certains qui étaient évidents). J’espère que nous aurons d’autres Dave/Albrecht, car je n’en ai pas fini avec ces deux-là.

Bien sûr, comme les autres livres, celui-ci est délicieusement illustré à ras bord, ce qui donne encore plus de vie à l’histoire.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 224 pages
  • Tranche d’âges: 9.0 ans et plus
  • Editeur : Nathan (9 juillet 2020)
  • Collection : GRAND FORMAT DIVERS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092582305

 

 

Le chevalet T’choupi Petit Yogi – dès 3 ans de Thierry Courtin | 18 juin 2020

25 postures de yoga pour les enfants très simples & 2 séances de relaxation guidées à partager en famille.

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Chronique : Livre très sympa et réussi sur cette première approche du yoga. Sur chaque double page l’enfant est mis en scène dans une situation de yoga sur un thème avec tchoupi
Un texte évocateur qui reprend bien l’esprit de la  relaxation et du yoga et bien sur des illustrations douces sur le thème.Ce livre  est très facile à lire, et va vous permettre d’initier votre enfant au yoga. Il permet de se libérer de ses angoisses et de prendre confiance en soi.

Note : 9,5/10

  • Couverture à spirales : 32 pages
  • Tranche d’âges: 3.0 ans et plus
  • Editeur : Nathan (18 juin 2020)
  • Collection : T’Choupi Petit chevalet
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092594133

 

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L’ami imaginaire de Stephen Chbosky | 17 juin 2020

Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.
Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

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Chronique : Ce livre…. CE LIVRE…. cette lecture de fiction d’horreur pour jeunes adultes. est-ce que ça vaut chaque page de 700+ ? Bien sûr que oui.

Ce livre est tout simplement extrêmement engageant. Même avec ses 700 pages et plus, les chapitres sont courts et j’aime les divers petits changements de format qui s’y trouvent. Vous comprendrez ce que je veux dire lorsque vous prendrez votre exemplaire, et je vous encourage à vous assurer de le mettre sur votre pal. Ce livre est plein de leçons. Une relation entre une mère et son fils – Christopher et comment il prend soin de sa mère alors qu’elle se sent coupable de ne pas être la mère qu’elle pense devoir être. La foi, qui se manifeste surtout chez Mary Katherine et où nous trouvons nos premiers indices des nuances religieuses de ce roman. Le bien contre le mal et comment rien n’est surtout ce qu’il semble être – surtout dans le monde imaginaire – RESTEZ DANS LES RUES ! La loyauté du groupe d’amis de votre enfance. Le passé qui vient vous hanter et la façon dont vous avancez dans tout type de vie. Je pourrais continuer encore et encore.

Bien que je considère absolument cela comme une de mes meilleurs lecture du point de vu fantastique de cette année , il y a deux ou trois choses qui n’ont pas vraiment fonctionné pour moi. Les enfants ayant 7 ans, cela n’était pas très plausible – s’ils avaient quelques années de plus, cela aurait fait une petite différence. Certaines choses peuvent sembler un peu répétitives, mais personnellement, cela ne me dérangeait pas du tout et je pense que cela a permis de peaufiner certains éléments de l’histoire. Cependant, la description des dents de lait m’est restée en tête – j’aurais aimé qu’elle soit identifiée à quelque chose de différent ou qu’elle ne soit pas décrite de manière répétitive tout au long de la lecture. Mais ce ne sont que des piques que je peux ignorer en raison de l’impact que cette histoire a eu sur moi. Certaines personnes peuvent penser que cette histoire aurait pu être raccourcie, mais je pense que chaque page a fonctionné pour raconter cette histoire aux multiples facettes.

Pour moi, il y a cette ambiance flippante  de « groupe d’enfants combattant le mal », de King, avec cette impression de Burton. J’adorerais voir cette adaptation. La femme qui siffle, les gens de la boîte aux lettres et l’homme gentil – chacun raconté et décrit sur un ton qui vous a mis sur la voie de votre voyage avec Christopher dans le monde imaginaire et tout cela sera ancré dans mon esprit pendant un certain temps. Et laissez-moi vous dire que j’espère ne pas rencontrer de cerfs de sitôt (ou jamais).

En gros, mettez ceci sur votre pal ou liste, gardez l’esprit ouvert et réservez quelques heures pour vraiment laisser cette histoire s’infiltrer dans votre sang. Je vous verrai de l’autre côté.

Note : 9,5

/10

 

  • Broché : 747 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (17 juin 2020)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702166717

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La Liberté au pied des oliviers de Rosa VENTRELLA| 11 juin 2020

Italie, années 1940. Dans le sud du pays, âpre et rural, grandissent deux soeurs que tout oppose : Teresa, délicate et silencieuse et Angelina, sa soeur cadette, impertinente et curieuse.
Pour échapper à la pauvreté et subvenir aux besoins de sa famille, leur mère, dont la beauté fascine tant qu’elle en devient une malédiction, cède à un terrible compromis et tombe sous la coupe du baron Personè. Tout le village se met alors à bruisser de la nouvelle…

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Chronique : Il est vraiment difficile de donner un avis sur ce livre car je me trouve très tiraillé entre ce que je ressens, c’est-à-dire une profonde tristesse et mélancolie et ce que je pense de ce livre, qui est terriblement beau et immensément tragique.
La protagoniste, tout comme le narrateur, est Teresa, la sœur de la famille, douce, silencieuse et timide, contrairement à Angelina qui est tout le contraire. Rien de ce qui la concerne ne ressort, alors qu’Angelina ne fait qu’apparaître et dérange tout le monde. Elle n’exprime guère d’opinion et peut-être même en forme, alors que sa sieur en a toujours une de plus que les autres et ne l’exprime presque jamais, d’abord le désir de s’éloigner de toute cette merde.
Ce livre est leur histoire.
Malalegna est le terme dialectal qui désigne le bavardage des habitants du village, souvent calomnieux et commérages.
Mais ce livre est aussi l’histoire d’une famille, d’une des nombreuses familles du sud qui se retrouvent à vivre dans la misère et la pauvreté dans un petit village de quelques âmes, Copertino, en lutte contre le seigneur du village et ses voyous qui contrôlent toutes les terres de la région et donc la seule richesse disponible. Et les luttes qui ont vu la naissance de petits groupes de syndicats issus des factions communistes, se sont heurtées à des représailles violentes et sanglantes, où le droit et la justice faisaient souvent totalement défaut.
Mais c’est aussi l’histoire d’une époque, d’une période historique où la guerre a bouleversé la vie des familles, éloignant les hommes de leur foyer et laissant les femmes seules, sans protection et sans nourriture. Et quand ils ont eu la chance de revenir, ils ont souvent trouvé une désolation pire que celle qu’ils avaient laissée derrière eux, ayant perdu beaucoup de leurs biens à cause des abus des escouades fascistes qui collectaient des contributions pour la guerre.
Ou bien ils ne retrouvaient plus les proches qu’ils avaient laissés derrière eux et dont la vie avait été écourtée lorsqu’ils étaient loin d’eux, et parfois même des bombardements qui n’étaient pas toujours signalés à temps.
Je suis peut-être mauvais mais je n’ai pas pu ressentir d’empathie, ni pour cette mère Catherine qui ne réagit en aucune façon à ce qui lui arrive et qui choisit la voie la plus facile, ni pour le cœur brisé de Giacomo que je n’ai pas du tout aimé, avec son caractère trop impulsif et qui s’enflamme facilement et qui se montre totalement ingrat.
Le Baron Personè qui est mauvais est connu, mais en réalité il n’accomplit pas tant de mauvaises actions au cours de l’histoire, alors que je me suis trouvé plusieurs fois à me demander combien plus n’étaient pas les dames du village qui répandent la malignité et prennent parti sur ceux avec une rapidité et une facilité désarmantes.
J’ai ressenti une telle compassion pour ces deux filles qu’elles se sont retrouvées, malgré elles, confrontées à une réalité impitoyable et infâme, devant faire face à la pauvreté et à la faim, à la guerre et à la violence des puissants et des bandits, mais aussi à la réalité étroite et étouffante d’un petit pays qui vole les rêves et freine les attentes, avec les bavardages et les calomnies auxquels ceux qui disent ne pas écouter sont toujours et en tout cas à répondre, chacun réagissant selon son propre caractère, ressentant des émotions plus intenses mais plus destructrices dans un cas et plus silencieuses mais avec moins de conséquences dans l’autre.
La grand-mère est le personnage le plus intéressant avec le makara, mais l’explication du changement final semble un peu tirée pour expliquer les conséquences d’un fort choc.
Mais j’ai ressenti plus que quiconque tant de pitié et de tristesse pour un père qui, esclave des conventions de l’époque et de ses propres rancunes familiales, ne peut rester indifférent aux choix de sa fille mais qui au contraire, en s’y opposant de toutes ses forces, a pour seul résultat de l’éloigner de sa famille et de lui-même. Ce père qui, avec le recul, regrette sa position et souhaite seulement que le temps revienne pour lui rendre le temps perdu et lui donner une autre chance d’être meilleur.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 288 pages
  • Editeur : Les escales éditions (4 juin 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2365694985

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Le lecteur de cadavres de Antonio Garrido, Candide au pays du soleil levant

Un auteur espagnol qui s’intéresse à la Chine antique ? Voilà qui avait de quoi susciter mon intérêt, je me plongeais rapidement dans la lecture de ce pavé de plus de 700 pages. Froide fût la douche que je reçus lorsque j’eus compris que l’auteur et moi n’étions pas du tout sur la même longueur d’onde.

Le sous-titre que j’ai donné à ma chronique donnera un indice quant à la direction que j’ai choisie de prendre. Voltaire et son personnage de Candide auront traumatisé assez de collégiens pour laisser une empreinte indélébile dans les esprits des lecteurs. Cette oeuvre figure-t-elle au chevet de l’auteur italien ? Difficile de croire le contraire lorsqu’on le voit à quel point son personnage est coulé dans le moule du célèbre récit publié au XVIII siècle.

Le personnage principal, le jeune Ci Song, et la manière dont celui-ci est développé constituent le principal problème. Le début de l’intrigue nous le présente comme un jeune paysan mais on apprend rapidement qu’il a étudié pendant quatre ans à l’université de la capitale Lin’an. Il a donc pu se frotter aux us et coutumes de la société chinoise de l’époque, il a même pu seconder un juge dans ses enquêtes criminelles. C’est donc un jeune homme de vingt-deux ans que nous introduit le récit, certes encore innocent à propos des choses de la vie mais pas non plus le campagnard reculé que l’on pourrait croire au premier abord. Pourtant ce pauvre Ci fait preuve d’une extrême naïveté et ce tout au long du récit. Une fois, deux fois passe encore, surtout sous le coup de l’émotion, mais à la troisième puis la quatrième fois où on le voit se faire berner par des antagonistes qui ont maintes fois fais preuve de leur duplicité la formule ne fonctionne plus.

Et ce trait de caractère constant se révèle être incohérent avec le don qui fait de lui un ancêtre de Sherlock Holmes, les déductions qu’il livre lors de ses investigations sont toujours bien amenées et surprenantes. Il s’agit des meilleurs passages du récit. De plus il sait faire preuve d’une grande malignité lorsqu’il s’agit de s’extirper de situations périlleuses avant de se remettre dans le pétrin cent pages plus loin. Comment expliquer qu’un personnage aussi instruit et intuitif lors de ses enquêtes soit complètement aveugle à la malveillance humaine à peine dissimulée ? Cette linéarité dans la construction du personnage lui ôte son authenticité, malgré l’aspect historique de l’œuvre et empêche de s’attacher à lui.

La plume de l’auteur est fluide, l’immersion dans le récit est immédiate et, si le récit n’échappe pas à quelques longueurs, il n’est jamais inintéressant. La représentation de la chine antique paraît fidèle même si je regrette le manque de subtilité des personnages. Les antagonistes que croise Ci durant son périple possèdent des traits grossiers alliant la cupidité, la cruauté et le mépris qui finit par décrédibiliser encore un peu plus le récit. Un peu de subtilité dans cet empire du soleil levant n’aurait pas fait de mal. Ce portrait grossier de la société chinoise de l’époque plus l’écriture de ce pauvre Ci font que le roman tient plus du conte que du polar historique et m’a personnellement empêché d’apprécier le récit dans son ensemble.

En somme les lecteurs qui attendent d’un récit qui les transportent ailleurs, à la découverte d’un monde disparu seront ravis. Ceux qui ,comme moi, attendent d’un récit qu’il fasse évoluer ses personnages à coups d’épreuves initiatiques, d’échecs fondateurs et de prise de conscience salvatrice seront déçus.

Résumé : Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s’il échoue, c’est la mort. C’est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l’époque médiévale, la haine côtoie l’ambition, comme l’amour, la mort.

  • Editeur : Le Livre de Poche (3 juin 2015)
  • Collection : Policiers
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2253184195

L’Univers du Sorceleur : The Witcher illustré : CRITIQUE ET UNBOXING (1 juillet 2020) de Andrzej Sapkowski (Auteur), Thimothée Montaigne (Auteur)

Nouvelle critique et unboxing (2:07) du livre où je donne mon avis sur L’Univers du Sorceleur : The Witcher illustré au édition Bragelonne
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Chronique : L’illustration de la première nouvelle du Sorceleur, issue du Dernier Voeu écrit par Sapkowski est un régal, mélangeant ce que l’on pouvait imaginer suite à notre lecture mais contentant également les adeptes du jeu vidéo ou de la série !
La représentation de la strige m’a quand même surprise, je m’attendais à quelque chose…
Les illustrations de Thimothée Montaigne sont incroyables et riches ; le fait qu’elles aient été réalisées à la peinture ajoute un cachet à cet univers d’inspiration médiéval !

Vidéo et Unboxing

 

  • Broché : 56 pages
  • Editeur : Bragelonne (1 juillet 2020)
  • Collection : L’Univers du Sorceleur (Witcher) (The Witcher illustré : Le Sorceleur)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028102708

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