Fiancés à la tempête de Aubry M.M.

Voleuse libre et prince sous pression, Sarya et Kaé voient leur alliance forcée exploser sous les secrets, le désir et la magie. Une romantasy intense où fuir devient le seul moyen d’exister.

Aubry M.M. nous entraîne dans une romantasy où la quête de liberté se heurte aux obligations du pouvoir. Sarya vit librement sur les toits d’Anthelle et s’est construit une existence de voleuse loin des contraintes de la cour. Mais ses yeux d’émeraude finissent par révéler une identité qu’elle ignorait ou voulait laisser derrière elle : elle est une princesse disparue, destinée à épouser un prince héritier.

Arrachée à son quotidien et conduite au palais, Sarya passe brutalement de la liberté des rues à un univers régi par l’étiquette, les alliances et les intérêts politiques. Le contraste fonctionne immédiatement. Celle qui avait l’habitude de décider seule de ses mouvements découvre que son avenir a été négocié sans elle et que son mariage représente avant tout une pièce sur l’échiquier du pouvoir.

Mais le prince auquel elle est promise n’est pas exactement l’adversaire qu’elle imaginait. Kaé apparaît lui aussi prisonnier de son rang et des attentes placées sur ses épaules. Derrière leurs différences se dessine alors une situation commune : tous deux doivent incarner un rôle choisi par d’autres.

Leur rapprochement se construit à travers les joutes verbales, les leçons de danse et les confidences échangées loin des regards. Aubry M.M. prend ainsi le temps de faire naître l’attirance entre ses personnages sans oublier les tensions qui les entourent. Le désir devient presque une nouvelle forme de désobéissance dans un monde où leurs sentiments devraient eux aussi répondre à des impératifs politiques.

Sarya constitue surtout une héroïne intéressante par son refus de se laisser définir uniquement par ses origines. Retrouver son statut de princesse ne signifie pas nécessairement retrouver sa place. Au contraire, cette révélation pose une question centrale : sommes-nous obligés de devenir ce que notre naissance a décidé pour nous ?

À cette dimension romantique viennent s’ajouter secrets et magie, qui font progressivement vaciller l’équilibre déjà fragile du palais. La cérémonie des fiançailles marque alors un véritable point de rupture. Ce qui devait consacrer une alliance politique fait éclater les tensions et oblige Sarya et Kaé à déterminer jusqu’où ils sont prêts à aller pour reprendre possession de leur existence.

La fuite prend dès lors une signification plus profonde qu’une simple aventure. Partir, c’est refuser les couronnes, les devoirs imposés et les identités toutes faites. La liberté devient ici une conquête, avec les risques et les sacrifices qu’elle suppose.

Aubry M.M. mêle efficacement romance, fantasy et intrigues de cour dans un récit porté par deux personnages qui cherchent moins à conquérir un royaume qu’à devenir maîtres de leur propre destin. Leur relation fonctionne d’autant mieux qu’elle naît d’une même envie d’échapper aux cages dorées dans lesquelles chacun a été enfermé.

Une romantasy entraînante où l’amour se mêle à la rébellion, aux secrets et à la magie. Derrière les fiançailles imposées et les jeux de pouvoir se dessine surtout une belle quête d’émancipation : celle de deux jeunes gens prêts à tout risquer pour obtenir le droit de choisir leur propre vie

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 64 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095067045 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095067045

T’choupi a de plus en plus confiance en lui de Thierry Courtin

Grandir en confiance avec T’choupi : une histoire tendre pour apprendre à croire en soi !

Thierry Courtin accompagne une nouvelle fois les tout-petits dans une étape essentielle de leur développement : apprendre à croire en soi et à assumer ce que l’on aime. À travers une situation simple et facilement identifiable, T’choupi permet d’aborder la confiance en soi avec beaucoup de douceur.

Cette fois, T’choupi doute. Il s’interroge sur ses goûts, mais aussi sur sa capacité à se faire des copains. Des préoccupations qui peuvent sembler anodines aux adultes, mais qui occupent une place importante lorsque l’enfant commence à construire son identité et à se confronter davantage au regard des autres.

L’album montre progressivement que prendre confiance ne signifie pas ne plus avoir peur ou ne jamais hésiter. Il s’agit plutôt d’apprendre à reconnaître ses envies, à accepter ses préférences et à comprendre que l’on n’a pas besoin de ressembler aux autres pour être apprécié.

La force de T’choupi reste cette proximité immédiate avec le quotidien des jeunes enfants. Le personnage ne donne pas de leçon : il expérimente lui-même les émotions et les difficultés que le lecteur peut rencontrer. Ses hésitations deviennent ainsi un moyen rassurant de montrer que le manque de confiance est naturel et qu’il peut être dépassé petit à petit.

L’histoire offre également un support intéressant pour les parents. Elle permet d’ouvrir simplement la discussion autour de l’estime de soi, de l’amitié et du regard des autres, sans transformer ces sujets en notions trop abstraites pour un enfant de deux ans.

Les illustrations familières et expressives participent pleinement à cette dimension rassurante. Les émotions restent immédiatement compréhensibles et permettent aux plus jeunes de suivre le cheminement de T’choupi, jusqu’à le voir progressivement plus sûr de lui.

Un album tendre et accessible qui aborde avec justesse une étape importante de l’enfance. En apprenant à écouter ses propres envies et à reconnaître ses qualités, T’choupi rappelle aux tout-petits qu’avoir confiance en soi se construit progressivement, à travers les petites expériences du quotidien

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 3 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095058712 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095058715

A l’ombre du leviathan – tome 1 – Une larme de poison de Robert Jackson Bennett

A chaque saison des pluies, année après année, les léviathans attaquent la ligne de fortifications de l’Empire et leur sang répandu empoisonne les chairs et les esprits.

Robert Jackson Bennett construit un univers de fantasy aussi fascinant qu’inquiétant, où l’enquête policière côtoie les monstres gigantesques, les mutations et les intrigues politiques. Aux frontières d’un immense Empire, chaque saison des pluies apporte la même menace : des léviathans attaquent les fortifications tandis que leur sang contamine les êtres vivants et transforme progressivement le monde qui les entoure.

C’est dans cet environnement déjà instable qu’un meurtre particulièrement spectaculaire est commis dans un manoir de Daretana. Un haut fonctionnaire est retrouvé mort après qu’un arbre a littéralement jailli de son corps. Une contamination de cette nature semble impossible à cet endroit, et pourtant le cadavre est bien là.

L’enquête est confiée à Ana Dolabra, investigatrice brillante et profondément excentrique. Toujours les yeux dissimulés derrière un bandeau, elle possède une capacité exceptionnelle à analyser les informations et à établir des connexions là où les autres ne voient que le chaos. Elle n’a cependant aucune intention de parcourir elle-même les scènes de crime.

Cette tâche revient à Dinios Kol, son assistant. Son corps et ses facultés mentales ont été modifiés par magie afin d’en faire un observateur capable de recueillir et de restituer une quantité considérable d’informations. Leur duo constitue l’une des grandes forces du roman : Dinios observe, Ana déduit, et leurs personnalités très différentes donnent beaucoup de relief à l’enquête.

Robert Jackson Bennett détourne ainsi avec plaisir les codes du duo d’enquêteurs à la Sherlock Holmes, mais les transpose dans un monde où les preuves peuvent être biologiques, magiques ou monstrueuses. Cette association entre polar et fantasy fonctionne particulièrement bien et permet de découvrir progressivement l’univers sans être submergé par ses nombreuses particularités.

Car derrière le meurtre se dessine rapidement quelque chose de beaucoup plus vaste. Plus Dinios avance, plus les ramifications de l’affaire semblent atteindre les sphères supérieures de l’Empire. Corruption, secrets et luttes d’influence viennent alors s’ajouter à la menace permanente des léviathans.

L’univers impressionne surtout par sa dimension organique. Les corps peuvent être modifiés, la nature devenir une arme et le vivant lui-même se transformer en menace. Cette étrangeté donne au récit une identité très forte et entretient constamment le sentiment que les règles du monde peuvent réserver de nouvelles surprises.

Le roman ne se limite pourtant pas à son spectaculaire imaginaire. À travers cette enquête, l’auteur questionne aussi les institutions, la concentration du pouvoir et les systèmes qui prétendent protéger une population tout en dissimulant leurs propres failles. Le danger ne vient donc pas nécessairement uniquement des créatures gigantesques qui assiègent les frontières.

La relation entre Ana et Dinios apporte heureusement de l’humour et de l’humanité à cet univers oppressant. Leur complémentarité transforme la résolution du crime en véritable jeu intellectuel, tandis que chaque révélation ouvre de nouvelles interrogations.

Ce premier tome réussit ainsi à associer mystère criminel, fantasy biologique et complot politique sans perdre le plaisir d’une enquête construite autour d’indices et de déductions. Les léviathans constituent une menace spectaculaire, mais le roman comprend rapidement que les monstres les plus dangereux ne sont pas toujours ceux qui se trouvent derrière les fortifications.

Une entrée en matière inventive et captivante, portée par un formidable duo d’enquêteurs et un univers aussi étrange que cohérent. Robert Jackson Bennett transforme le roman à énigme en une aventure de fantasy ambitieuse où résoudre un meurtre pourrait bien révéler quelque chose de beaucoup plus inquiétant sur l’Empire tout entier

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel Date de publication ‏ : ‎ 2 septembre 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 504 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2226493581 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226493583

La Plume et le prince de Astrid Roucher

Un Prince régnant sur un monde imaginaire – mais curieusement familier – choisit un beau jour une très jeune Plume pour écrire ses discours. Plongée dans les coulisses de l’État, de la cour et de son étiquette, la Plume porte un regard étonné, mais jamais dupe, sur son quotidien. Elle livre ses réflexions sur l’écriture, le pouvoir, la science du discours et la portée de la parole politique dans un environnement qui en est saturé.

Astrid Roucher choisit le détour de la fable pour raconter un univers qu’elle connaît de l’intérieur : celui du pouvoir et de ceux qui fabriquent ses mots. Un Prince régnant sur un royaume imaginaire, mais étrangement familier, recrute une très jeune Plume chargée d’écrire ses discours. Commence alors une immersion dans les coulisses de la cour, ses règles, ses codes et ses jeux d’influence.

Derrière cette fiction se dessine l’expérience personnelle de l’autrice, entrée à seulement vingt-quatre ans à l’Élysée pour devenir plume du Président de la République. Ce choix narratif lui permet de conserver une certaine distance tout en racontant avec finesse un milieu rarement observé depuis le bureau de celles et ceux qui écrivent les paroles des dirigeants.

Car écrire pour le Prince ne consiste pas simplement à trouver de belles formules. Chaque mot possède un poids politique. Il faut comprendre celui qui prononcera le discours, anticiper les réactions, respecter une ligne tout en donnant l’impression d’une parole personnelle. La Plume écrit, mais sa voix doit disparaître derrière celle d’un autre.

C’est précisément ce paradoxe qui rend le récit passionnant. Comment écrire avec sincérité lorsque les mots appartiennent finalement à celui qui les prononce ? Jusqu’où peut-on conserver son propre regard lorsque l’on travaille au plus près du pouvoir ? Astrid Roucher interroge ainsi la frontière entre écriture, conviction et communication.

La jeune Plume observe également avec étonnement les rituels de cette étrange cour. L’étiquette, les hiérarchies et l’omniprésence de la parole politique donnent parfois au récit une dimension presque théâtrale. Tout le monde parle, commente, conseille et reformule dans un univers où une phrase peut provoquer davantage de conséquences qu’une longue décision.

Le ton permet d’éviter la démonstration politique ou le règlement de comptes. L’intérêt se trouve ailleurs : dans les mécanismes de fabrication du discours et dans cette relation particulière entre celui qui détient le pouvoir et celle qui doit trouver les mots pour l’exprimer.

Le livre offre ainsi une réflexion stimulante sur la puissance du langage. Un discours peut convaincre, rassurer, séduire, détourner l’attention ou marquer durablement les esprits. Mais derrière les déclarations officielles se cachent des heures de travail, des hésitations, des corrections et parfois des batailles autour d’un simple terme.

Astrid Roucher raconte cet envers du décor avec intelligence et une certaine malice. Son expérience nourrit le récit sans l’alourdir, tandis que le dispositif du royaume imaginaire donne une dimension presque universelle à son propos. Le Prince pourrait appartenir à différentes époques : les mécanismes du pouvoir et l’importance accordée aux mots demeurent étonnamment similaires.

Un récit original, savoureux et instructif qui ouvre les portes d’un monde où rien n’est laissé au hasard, surtout pas les mots. Une plongée passionnante dans la fabrique de la parole politique et dans le travail souvent invisible de celles et ceux qui écrivent pour le pouvoir.

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel Date de publication ‏ : ‎ 26 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2226513892 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226513892

La Femme effacée de Sidonie Bonnec

Candice suffoque dans un Paris submergé par une pluie incessante qui l’oblige à rester enfermée chez elle. Sa fille de cinq ans se réveille chaque nuit en hurlant. Un cri rauque et douloureux dont aucun médecin ne parvient à expliquer la raison. Et puis, cette sensation d’être épiée dans ses moindres gestes…

Sidonie Bonnec installe dès les premières pages une atmosphère étouffante, dans un Paris noyé sous une pluie qui semble ne jamais devoir s’arrêter. Candice se retrouve presque prisonnière de son appartement, tandis qu’un autre phénomène beaucoup plus inquiétant vient bouleverser son quotidien : chaque nuit, sa fille de cinq ans se réveille en poussant un cri rauque et douloureux dont personne ne parvient à déterminer l’origine.

À cette inquiétude maternelle s’ajoute bientôt une impression persistante : Candice se sent observée. Les événements étranges s’accumulent jusqu’à la découverte, dans sa cave, d’une mystérieuse inscription gravée sur un mur. Ce qui pouvait encore relever de l’angoisse ou de l’imagination devient alors le point de départ d’une enquête vers un passé que certains auraient préféré voir disparaître.

Candice découvre progressivement l’histoire d’une femme que l’on a cherché à effacer. Son enquête fait remonter des secrets anciens et crée un lien troublant entre les événements d’aujourd’hui et une violence dont les conséquences semblent traverser le temps.

Sidonie Bonnec joue efficacement avec l’incertitude. Sommes-nous face à une manifestation surnaturelle, à une manipulation ou à une femme progressivement gagnée par la peur ? Le doute participe pleinement à la tension et pousse à remettre en question les perceptions de Candice comme les explications qui lui sont proposées.

La pluie incessante renforce cette sensation d’enfermement. Paris perd son agitation habituelle pour devenir un espace presque hostile, tandis que l’appartement et la cave constituent des lieux où le familier peut à tout moment basculer dans l’inquiétant. L’autrice privilégie ainsi une peur progressive, née de détails et de sensations avant de prendre une dimension beaucoup plus sombre.

Mais derrière le thriller psychologique se dessine surtout une réflexion sur la mémoire et l’effacement des femmes. Faire disparaître quelqu’un ne consiste pas uniquement à supprimer sa présence : cela peut aussi signifier nier son histoire, étouffer sa parole et empêcher que son existence soit transmise. L’enquête de Candice devient alors une manière de rendre une place à celle qui en a été privée.

Le roman joue également sur la maternité et la transmission. Les cris inexpliqués de l’enfant créent dès le départ un lien inquiétant entre les générations et donnent à l’enquête une dimension profondément personnelle. Candice ne cherche plus seulement à comprendre ce qui s’est produit autrefois : elle doit également découvrir pourquoi ce passé semble soudain s’inviter dans sa propre famille.

Entre folie, manipulation, secrets et vengeance, Sidonie Bonnec entretient une tension constante et transforme une mystérieuse inscription en porte ouverte sur une histoire enfouie. Le passé n’est jamais complètement mort lorsqu’il reste quelqu’un pour en porter les traces.

Un thriller psychologique sombre et oppressant, porté par une atmosphère particulièrement réussie et par une question qui dépasse progressivement le mystère : que reste-t-il d’une femme lorsque tout a été fait pour effacer jusqu’à son histoire ?

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel Date de publication ‏ : ‎ 2 septembre 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 416 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 222651080X ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226510808

Les plieurs de temps – Charly pour toujours de Manon Fargetton

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Grâce à l’horloge magique de son ami Robin, Charly peut arrêter le temps. Mais quand il est enlevé, son pouvoir se dérègle. Tandis que Camille et Anthony, les autres Plieurs de temps, se lancent sur sa piste, Charly s’efforce de maîtriser son nouveau pouvoir dans l’espoir de s’échapper.

Manon Fargetton retrouve l’univers des Plieurs de temps avec une aventure où le pouvoir de manipuler les secondes devient plus imprévisible et dangereux que jamais. Charly possède l’horloge magique de son ami Robin, un objet extraordinaire qui lui permet d’arrêter le temps. Un pouvoir dont beaucoup rêveraient, jusqu’au jour où tout échappe à son contrôle.

Lorsque Charly est enlevé, son don commence en effet à se dérégler. Prisonnier et confronté à une situation qu’il ne maîtrise plus, il doit comprendre ce qui lui arrive et apprendre à utiliser autrement ses capacités s’il veut espérer s’échapper.

Pendant ce temps, Camille et Anthony, les autres Plieurs de temps, se lancent à sa recherche. Le récit joue ainsi sur deux fronts : Charly tente de survivre et de reprendre le contrôle de son pouvoir tandis que ses amis cherchent à retrouver sa trace. Cette construction apporte du rythme et entretient efficacement le suspense.

L’idée de départ reste particulièrement séduisante pour un roman jeunesse. Pouvoir arrêter le temps représente un fantasme universel, mais Manon Fargetton s’intéresse surtout aux conséquences d’un tel pouvoir. Lorsque celui-ci devient instable, ce qui ressemblait à un formidable avantage peut rapidement se transformer en menace.

Maîtriser le temps signifie aussi apprendre à maîtriser ses peurs et ses décisions. L’enlèvement oblige ainsi Charly à gagner en autonomie. Privé de ses repères, il ne peut plus simplement compter sur les autres et doit trouver en lui les ressources nécessaires pour agir.

L’amitié reste parallèlement essentielle. Camille et Anthony refusent d’abandonner leur camarade et leur recherche rappelle que les pouvoirs extraordinaires ne sont pas ce qui unit réellement les Plieurs de temps. Leur véritable force vient de leur solidarité et de la confiance qu’ils ont construite ensemble.

Manon Fargetton associe ainsi avec efficacité fantastique, aventure et suspense, tout en conservant des préoccupations très proches de ses jeunes personnages : la peur de perdre quelqu’un, le besoin de trouver sa place, la confiance en soi et l’importance des amis.

Le dérèglement du pouvoir de Charly permet également de renouveler intelligemment le principe de la série. Les règles que l’on pensait connaître deviennent incertaines et ouvrent de nouvelles possibilités, mais aussi de nouveaux dangers. Le lecteur partage alors les interrogations du héros et découvre en même temps que lui jusqu’où son étrange capacité peut désormais le conduire.

Le roman conserve un rythme accessible et entraînant, avec suffisamment de mystère pour donner envie de poursuivre la lecture. Derrière le plaisir de jouer avec le temps se dessine surtout une aventure sur le passage à l’action et la nécessité de grandir lorsque les événements ne peuvent plus simplement être mis sur pause.

Une aventure fantastique rythmée et pleine de suspense, qui utilise intelligemment le pouvoir d’arrêter le temps pour parler d’amitié, de courage et de confiance en soi. Charly doit désormais comprendre que certains obstacles ne peuvent être évités : il faut apprendre à les affronter

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 16 mai 2018 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 224 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700259130 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700259131

Lady Liberty, Complot contre la statue de la Liberté de Sabine Stamm (Auteur), Sophie Leullier (Illustrations)

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1883. Charles, 14 ans, travaille sur le chantier de la statue de la Liberté, à Paris. Un soir, il observe un curieux manège autour de la statue et découvre un message caché dans les entrailles de la Dame de cuivre.

Sabine Stamm entraîne les jeunes lecteurs dans le Paris de 1883, au moment où se construit l’un des monuments les plus célèbres au monde : la statue de la Liberté. En mêlant aventure, enquête et réalité historique, elle transforme les coulisses de ce chantier exceptionnel en terrain de jeu idéal pour un roman plein de mystères.

Charles, 14 ans, travaille sur la construction de la gigantesque Dame de cuivre destinée à rejoindre les États-Unis. Un soir, il remarque un comportement étrange autour de la statue et découvre un message dissimulé dans ses entrailles. Quelqu’un semble déterminé à ralentir les travaux, voire à empêcher leur achèvement. L’adolescent se retrouve rapidement au cœur d’une affaire qui le dépasse lorsque le carnet de Bartholdi disparaît et que les soupçons se portent sur lui.

Pour prouver son innocence, Charles peut compter sur deux alliées : Claudie, une jeune voleuse des rues, et Valentine, la fille de Gustave Eiffel. Ce trio aux personnalités et aux origines très différentes apporte beaucoup de dynamisme à l’aventure. Chacun possède ses qualités et doit apprendre à faire confiance aux autres pour comprendre ce qui se trame autour du chantier.

Sabine Stamm construit efficacement son intrigue autour d’un épisode historique particulièrement fascinant. Avant de dominer l’entrée du port de New York, la statue imaginée par Auguste Bartholdi a en effet été assemblée en France. Le roman permet ainsi aux jeunes lecteurs de découvrir autrement la naissance de ce monument, en pénétrant symboliquement dans ses entrailles et dans les ateliers de ceux qui participent à sa réalisation.

L’autrice réussit surtout à faire passer l’Histoire par l’aventure. Les informations sur la construction et les grandes figures associées au projet s’intègrent au récit sans donner l’impression de lire une leçon. Le chantier devient un lieu vivant, rempli d’ouvriers, de secrets et de dangers.

Le complot apporte quant à lui le suspense nécessaire pour maintenir l’attention. Entre le message mystérieux, le carnet disparu et les tentatives de sabotage, Charles doit comprendre rapidement à qui il peut faire confiance. L’accusation de vol ajoute un enjeu personnel à son enquête : il ne s’agit plus seulement de sauver la statue, mais également de défendre son honneur.

Les illustrations de Sophie Leullier accompagnent agréablement cette plongée dans le XIXe siècle et contribuent à rendre l’univers historique accessible aux plus jeunes. Elles renforcent l’atmosphère d’un Paris en pleine transformation et donnent encore davantage de vie à cette aventure.

Au-delà du mystère, le roman parle aussi de courage, d’amitié et de solidarité. Charles, Claudie et Valentine viennent de milieux différents, mais leurs différences deviennent précisément une force lorsqu’ils doivent unir leurs compétences.

Le résultat est un roman historique jeunesse rythmé, qui sait éveiller la curiosité sans sacrifier le plaisir de l’enquête. La statue de la Liberté cesse momentanément d’être un monument familier pour redevenir ce qu’elle était en 1883 : un projet immense, audacieux et encore fragile.

Une aventure historique pleine de mystères qui mêle habilement faits réels et fiction, tout en donnant envie aux jeunes lecteurs d’en apprendre davantage sur les étonnantes origines françaises de la statue de la Liberté.

Éditeur ‏ : ‎ Rageot Editeur Date de publication ‏ : ‎ 12 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 208 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2700285662 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2700285666

Sous la brume de Yann Bécu

Imaginez une technologie capable de repêcher des sons dans les Objets du passé…

Yann Bécu part d’une idée de science-fiction particulièrement fascinante : et si les objets conservaient les sons du passé ? En 2090, cette hypothèse est devenue réalité grâce à une technologie capable de récupérer les voix et les bruits emprisonnés dans des objets anciens. Papyrus, céramiques et poteries deviennent alors de véritables archives sonores, capables de bouleverser notre connaissance de l’Histoire.

Les possibilités sont vertigineuses. On pourrait entendre les ouvriers chargés d’acheminer les pierres destinées à la pyramide de Khéops, découvrir comment parlaient réellement les Romains ou encore retrouver les derniers murmures des habitants de Pompéi avant l’éruption du Vésuve. Yann Bécu exploite ainsi un fantasme extraordinaire pour les historiens : ne plus seulement interpréter les traces du passé, mais pouvoir véritablement les écouter.

L’idée est d’autant plus passionnante qu’elle permettrait de faire entendre ceux qui ont rarement laissé de traces écrites. L’Histoire pourrait soudain retrouver les voix d’hommes et de femmes ordinaires, loin des grands personnages auxquels les récits historiques accordent traditionnellement le premier rôle.

Mais cette découverte extraordinaire possède évidemment son revers. Que devient la notion de secret lorsque des paroles que l’on croyait disparues peuvent être récupérées des décennies ou des siècles plus tard ? Et sommes-nous réellement prêts à entendre tout ce que le passé pourrait révéler ?

Le roman bascule alors progressivement vers le thriller. Derrière l’émerveillement scientifique apparaît une menace, tandis qu’un terrible secret semble entourer cette invention. Certaines découvertes pourraient résoudre des énigmes historiques, mais d’autres seraient capables de remettre en question des vérités, des croyances ou des récits établis depuis des générations.

Yann Bécu interroge ainsi notre rapport à la connaissance et aux progrès technologiques. Faut-il nécessairement chercher à tout savoir simplement parce que nous en avons désormais les moyens ? Une question très contemporaine qui donne davantage de profondeur à l’intrigue.

L’Histoire, la science-fiction et le suspense se mêlent avec efficacité autour d’un concept immédiatement séduisant. Chaque objet devient potentiellement un témoin silencieux et chaque vestige une porte ouverte vers une époque disparue. Une formidable promesse qui peut aussi se transformer en véritable menace lorsque certaines voix recommencent à parler.

Un roman d’anticipation original et captivant, porté par une idée aussi séduisante qu’inquiétante, qui donne envie d’écouter le passé tout en nous faisant comprendre que certaines vérités auraient peut-être dû rester sous la brume.

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 576 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266361554 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266361552

Les Âmes de feu de Annie Francé-Harrar

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Une redécouverte exceptionnelle du matrimoine science-fictif visionnaire et d’une grande modernité !

Annie Francé-Harrar signe dès 1920 un roman d’anticipation d’une étonnante modernité, dans lequel les conséquences de la destruction des sols et de l’environnement menacent directement la survie du vivant. Resté inédit en France pendant plus d’un siècle, ce texte impressionne aujourd’hui par la justesse de certaines de ses intuitions et rappelle combien les préoccupations écologiques étaient déjà présentes dans une partie de la littérature scientifique et fictionnelle du début du XXe siècle. Scientifique allemande, Annie Francé-Harrar imagine un monde où l’activité humaine a profondément perturbé les équilibres naturels. À travers les recherches d’Henrik, elle décrit notamment la disparition progressive des micro-organismes indispensables à la fertilité des sols. Autour des grandes métropoles et des zones industrielles, la terre perd peu à peu sa capacité à transformer la matière organique et à nourrir les plantes. La catastrophe se diffuse alors dans toute la chaîne du vivant. Détruire le sol revient finalement à détruire les conditions mêmes de notre existence. C’est probablement ce qui rend le roman aussi troublant à lire aujourd’hui. Annie Francé-Harrar ne se contente pas d’imaginer une catastrophe spectaculaire : elle s’intéresse aux mécanismes invisibles qui la rendent possible. L’effondrement commence sous nos pieds, à une échelle presque imperceptible, avant d’atteindre les végétaux, les animaux puis les êtres humains. Face à ce monde dégradé, l’humanité tente de se protéger grâce à la technologie. Air purifié, habitats isolés et nourriture artificielle permettent à certains de survivre quelque temps dans un environnement devenu hostile. Mais cette illusion de maîtrise soulève une question essentielle : peut-on réellement s’extraire de la nature après avoir détruit les écosystèmes dont nous dépendons ? Le texte prend alors une dimension presque vertigineuse. Ce qui pouvait relever de la pure anticipation en 1920 résonne aujourd’hui avec nos inquiétudes autour de l’épuisement des sols, de la pollution, de la disparition des espèces et du dérèglement climatique. La force du roman tient justement à cette capacité à relier science et fiction sans sacrifier l’une à l’autre. Annie Francé-Harrar utilise ses connaissances pour construire un imaginaire dans lequel l’écologie n’est pas un simple décor, mais le cœur même du récit. Cette redécouverte possède également une véritable importance littéraire. Elle permet de remettre en lumière une voix féminine longtemps absente de notre histoire de la science-fiction, alors même que son œuvre interrogeait déjà avec une remarquable lucidité les conséquences de notre modèle de développement. Plus d’un siècle après son écriture, le roman conserve ainsi une puissance particulière : non parce qu’il aurait prédit exactement notre présent, mais parce qu’il avait compris très tôt la fragilité des équilibres naturels et l’interdépendance entre l’être humain et son environnement. Une redécouverte fascinante du matrimoine science-fictif, à la fois roman d’anticipation, réflexion scientifique et avertissement écologique. Un texte centenaire dont certaines préoccupations semblent avoir été écrites pour notre époque

Éditeur ‏ : ‎ Pocket Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 240 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2266355635 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2266355636

À une lettre de toi de L.M Volange

Jasmine Duval vient d’obtenir sa licence d’histoire de l’art à l’université de Nantes et elle devait partir en vacances avec ses copines en Croatie quand elle a appris la mort de sa grand-mère, Marguerite

L.M. Volange nous entraîne dans une histoire où le deuil, la mémoire et les secrets familiaux viennent bouleverser les projets d’une jeune femme à un moment charnière de son existence. Jasmine Duval vient d’obtenir sa licence d’histoire de l’art à l’université de Nantes et s’apprête à partir en Croatie avec ses amies lorsqu’elle apprend la mort de sa grand-mère, Marguerite. L’insouciance des vacances laisse brutalement place au retour vers la famille et aux souvenirs. Mais la disparition de Marguerite va surtout conduire Jasmine à découvrir que connaître quelqu’un depuis toujours ne signifie pas forcément connaître toute son histoire. Derrière la grand-mère qu’elle aimait se trouvait aussi une femme avec son passé, ses choix, ses sentiments et peut-être certains secrets restés longtemps enfouis. La disparition d’un être aimé ne referme pas toujours une histoire : elle peut au contraire en révéler une autre. C’est autour de cette idée que le roman trouve sa sensibilité. Alors que Jasmine pensait entrer dans une nouvelle période de sa vie après ses études, elle se retrouve confrontée à ce que les générations précédentes lui ont transmis. Le titre prend dès lors une résonance particulière : quelques mots couchés sur le papier peuvent faire ressurgir une époque, éclairer différemment un souvenir et modifier la perception que l’on avait d’un proche. La formation de Jasmine en histoire de l’art apporte d’ailleurs une jolie cohérence à son parcours. Habituée à s’intéresser aux traces du passé, elle doit désormais se pencher sur celles laissées par sa propre famille. Son cheminement devient ainsi une quête intime autant qu’une manière de comprendre Marguerite au-delà de son rôle de grand-mère. L.M. Volange explore avec délicatesse la transmission entre les générations, les non-dits et ces paroles que l’on découvre parfois trop tard. Les révélations ne sont pas seulement là pour entretenir le mystère : elles permettent de faire revivre une personne disparue et de montrer combien une existence peut continuer à influencer celles qui lui succèdent. Jasmine avance alors entre douleur et découverte, comprenant progressivement que faire son deuil ne signifie pas effacer quelqu’un, mais parfois apprendre à le connaître autrement. Derrière la tristesse du point de départ se dessine ainsi un récit tourné vers la reconstruction, l’héritage affectif et la nécessité de regarder le passé pour pouvoir avancer. Un roman sensible sur les liens familiaux et les traces que nous laissons derrière nous, qui rappelle que quelques mots conservés au fil des années peuvent parfois changer le regard que l’on porte sur toute une vie.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNZNSC5 Éditeur ‏ : ‎ MARTINIERE J Date de publication ‏ : ‎ 28 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1040124504