Qui a tué Madeline ? de Rachel Corenblit , Florence Hinckel

Un thriller YA haletant dans les coulisses du monde glamour… et impitoyable.

Rachel Corenblit et Florence Hinckel plongent leurs lecteurs dans le Paris de 1990 et dans les coulisses d’un univers où la beauté, le luxe et la réussite dissimulent une réalité beaucoup moins séduisante. À la croisée du thriller et du roman d’enquête, elles construisent un récit particulièrement immersif autour d’une question aussi simple qu’obsédante : qui a tué Madeline ?

Février 1990. Madeline est jeune, belle et sa carrière de mannequin semble sur le point de décoller. Mais son ascension s’interrompt brutalement lorsqu’elle est retrouvée noyée dans la piscine d’un hôtel de luxe parisien.

Il ne s’agit pas d’un accident.

Madeline a été assassinée.

À partir de ce crime, le lecteur est directement placé dans la position de l’enquêteur. Plutôt que de proposer une narration policière classique, les autrices choisissent de reconstituer progressivement l’affaire à travers des lettres manuscrites, des post-it, des interrogatoires et différents documents confidentiels.

Cette construction constitue l’un des principaux atouts du roman. On ne se contente pas de suivre quelqu’un qui mène l’enquête à notre place : on examine nous-mêmes les pièces du dossier.

Chaque document peut contenir un détail important. Une contradiction dans un témoignage, une phrase apparemment anodine ou une information oubliée quelques pages auparavant peuvent soudain prendre une tout autre signification. Cette mécanique rend la lecture particulièrement addictive et encourage à rester attentif au moindre indice.

Les suspects ne manquent évidemment pas.

Dans le milieu très concurrentiel du mannequinat, le succès de Madeline pouvait provoquer autant d’admiration que de jalousie. Une rivale aurait-elle voulu l’écarter ? Son amie Eva, qui devait la retrouver le soir du meurtre, raconte-t-elle toute la vérité ? Que cache réellement M. Francis, le sulfureux directeur de l’agence Cream ? Et jusqu’où une ancienne top-modèle serait-elle capable d’aller pour assurer la réussite de sa propre fille ?

Rachel Corenblit et Florence Hinckel prennent plaisir à brouiller les pistes. Chacun semble avoir quelque chose à cacher et les certitudes du lecteur évoluent au fil des révélations.

Mais derrière le jeu du « whodunit », le roman porte également un regard beaucoup plus sombre sur l’industrie de la mode et du mannequinat.

Le choix de situer l’histoire au début des années 1990 n’est pas anodin. Le mannequin devient alors une véritable figure médiatique, associée au rêve, au luxe et à une forme de réussite spectaculaire. Mais derrière les photographies parfaites apparaissent la compétition, les rapports de pouvoir, les ambitions et les sacrifices demandés à de très jeunes femmes.

Le glamour devient ainsi progressivement une façade.

Madeline n’est plus seulement la victime autour de laquelle gravitent les suspects. À mesure que les documents s’accumulent, le lecteur tente également de comprendre qui elle était réellement derrière l’image du mannequin en pleine ascension.

Cette dimension donne davantage d’épaisseur au mystère. Résoudre le meurtre implique aussi de reconstituer une personnalité à partir des traces qu’elle a laissées et des témoignages, parfois contradictoires, de ceux qui l’ont connue.

Le format documentaire fonctionne particulièrement bien auprès d’un public adolescent. Il donne un rythme très dynamique à la lecture et permet d’alterner rapidement les points de vue sans longues transitions. On avance presque avec l’impression d’avoir entre les mains un véritable dossier judiciaire.

Cette forme permet également aux autrices de jouer avec une question essentielle dans toute enquête : peut-on réellement faire confiance à ce que l’on nous raconte ?

Un témoignage n’est jamais totalement neutre. Chacun possède ses souvenirs, ses intérêts, ses rancœurs et parfois ses mensonges. Le lecteur doit donc apprendre à distinguer les faits des interprétations.

L’atmosphère du Paris des années 1990 ajoute enfin beaucoup au charme du récit. Sans les outils numériques actuels, l’enquête repose sur des traces matérielles, des écrits et des témoignages. Les lettres et les notes deviennent des objets essentiels et renforcent cette impression de fouiller véritablement dans les archives d’une affaire criminelle.

Le résultat est un thriller YA efficace, accessible et particulièrement ludique dans sa construction. Les indices sont distillés progressivement, les suspects suffisamment nombreux pour entretenir le doute et la lecture devient rapidement un jeu : observer, comparer, soupçonner et tenter de devancer les révélations.

Mais derrière cette mécanique policière très réussie se dessine également le portrait d’un milieu où les apparences peuvent coûter cher et où la réussite attise les convoitises.

Un thriller prenant et original qui transforme le lecteur en véritable enquêteur, tout en révélant la face sombre d’un univers où tout semblait pourtant devoir être beau.

Reste alors à examiner les preuves, confronter les témoignages et répondre à la seule question qui compte vraiment : qui a tué Madeline ?

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095059751 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095059750

Monstres magiques menacés – Tome 02 La sirène silencieuse – de Fabien Clavel (Auteur), Sanoe (Illustrations) Panique au refuge !

Charles-Henri organise un concert d’Ineo, la célèbre chanteuse de K-Pop. L’argent récolté servira pour l’entretien du refuge. Mais comment faire ? Le Monstrarium doit rester secret et personne ne doit voir les Monstres magiques !

Fabien Clavel poursuit son univers de créatures fantastiques avec une deuxième aventure qui change habilement de décor et d’ambiance. Après les dangers d’un voyage dans les airs, le Monstrarium doit cette fois affronter un défi très différent : organiser un immense concert sans révéler l’existence des monstres magiques qui vivent au refuge.

L’idée vient de Charles-Henri. Pour financer l’entretien du Monstrarium, il décide d’organiser un concert d’Ineo, une célèbre chanteuse de K-Pop. Sur le papier, l’opération semble parfaite : accueillir une star devrait permettre de récolter suffisamment d’argent pour aider le refuge.

Il reste cependant un léger problème : personne ne doit découvrir ce qui se cache réellement derrière ses murs.

Faire venir un public nombreux dans un lieu dont les habitants doivent absolument rester secrets relève donc déjà de la mission impossible. Et comme souvent dans cette série, les choses vont rapidement devenir encore plus compliquées.

Teddy comprend qu’Ineo n’est peut-être pas une chanteuse comme les autres. Derrière la célébrité et les apparences se cache un secret qui pourrait attirer l’attention des redoutables Braconniers.

Ceux-ci constituent toujours une menace importante. Leur volonté de capturer les créatures extraordinaires transforme un événement festif en terrain potentiellement dangereux. Au milieu des spectateurs, comment distinguer les véritables fans de ceux venus avec de beaucoup moins bonnes intentions ?

Fabien Clavel construit ainsi une intrigue qui mélange efficacement aventure fantastique, enquête et univers de la musique. L’idée d’utiliser un concert de K-Pop apporte une touche contemporaine particulièrement amusante et permet à ce deuxième tome de ne pas simplement reproduire la recette du précédent.

Le mystère autour d’Ineo fonctionne également très bien. Dès que Teddy commence à avoir des soupçons, le lecteur est naturellement poussé à observer la chanteuse autrement. Qui est-elle réellement ? Pourquoi semble-t-elle différente ? Et surtout, quel lien peut-elle avoir avec les créatures du Monstrarium ?

Le titre fournit évidemment un indice, mais le plaisir vient surtout de la manière dont l’histoire exploite cette rencontre inattendue entre l’imaginaire traditionnel de la sirène et celui, beaucoup plus moderne, d’une star de K-Pop.

Ce contraste donne beaucoup de personnalité au récit.

Derrière l’aventure, la série continue également à développer son joli message autour de la protection des êtres différents. Les monstres magiques doivent vivre cachés parce que certains humains cherchent à les exploiter, à les capturer ou simplement à profiter de leurs particularités.

La menace des Braconniers prend ici une dimension particulièrement intéressante avec le monde du spectacle. Une créature extraordinaire peut facilement devenir une attraction ou être considérée uniquement pour ce qu’elle est capable de produire, au lieu d’être respectée pour ce qu’elle est.

La célébrité d’Ineo permet ainsi d’aborder discrètement le regard des autres, l’exploitation des talents et le poids des apparences. Être admiré par des milliers de personnes ne signifie pas nécessairement pouvoir vivre librement ni montrer sa véritable identité.

Les jeunes héros restent quant à eux au cœur de l’action. Teddy occupe une place importante grâce à ses découvertes, tandis que Charles-Henri doit rapidement mesurer les conséquences de son ambitieux projet. Organiser un concert pour sauver financièrement le refuge était une bonne idée ; empêcher qu’il ne provoque sa perte en est une autre.

Cette nouvelle situation permet de retrouver la complicité du groupe tout en faisant évoluer les personnages. Chacun doit participer à la protection du Monstrarium et de ses habitants, avec ses qualités, ses inquiétudes et parfois ses maladresses.

Les illustrations de Sanoe accompagnent toujours très agréablement l’univers imaginé par Fabien Clavel. Elles apportent de la douceur aux personnages et donnent une identité visuelle séduisante aux créatures, tout en renforçant l’accessibilité du roman auprès des lecteurs dès 9 ans.

Le rythme reste l’un des points forts de la série. Mystère, humour, danger et rebondissements s’équilibrent bien et rendent la lecture particulièrement fluide. Le concert offre également un cadre idéal pour faire monter progressivement la tension : plus le public arrive, plus le risque que le secret du refuge soit découvert devient important.

Après un premier tome qui posait efficacement les bases de cet univers, cette deuxième aventure confirme surtout tout son potentiel. Le concept des monstres menacés permet de renouveler facilement les histoires tout en conservant un fil rouge autour du Monstrarium et des Braconniers.

Fabien Clavel réussit ainsi à proposer une aventure divertissante tout en continuant à parler aux enfants de protection, de différence et de liberté. Sous les créatures fantastiques et les péripéties se cache toujours la même idée essentielle : personne ne devrait être considéré comme une curiosité simplement parce qu’il est différent.

Un deuxième tome rythmé et inventif, qui mêle avec beaucoup de plaisir sirènes, K-Pop, mystère et aventure. Le Monstrarium confirme qu’il possède encore énormément de secrets à révéler.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095059735 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095059736

Monstres magiques menacés – Tome 01 Le dragon déchaîné – de Fabien Clavel (Auteur), Sanoe (Illustrations)

Le dragon Shen-Long est en colère. La Chine lui manque et il risque de détruire le refuge ! Pour le ramener chez lui, Rose, Euryale, Charles-Henri, Teddy et Fiam embarquent à bord de l’Hélyos, leur incroyable aéronef.

Fabien Clavel ouvre une nouvelle aventure jeunesse pleine de créatures extraordinaires, de dangers et de dépaysement, dans laquelle les monstres ne sont pas forcément ceux dont il faut avoir peur. Bien au contraire : certains ont désormais besoin d’être protégés.

Cette première aventure commence avec Shen-Long, un dragon qui supporte de plus en plus difficilement son éloignement de la Chine. Malheureux et en colère, il devient incontrôlable au point de menacer le refuge qui l’accueille. Une seule solution semble possible : le ramener chez lui.

Rose, Euryale, Charles-Henri, Teddy et Fiam embarquent alors à bord de l’Hélyos, un formidable aéronef qui va les conduire vers la Chine. Ce qui devait être une mission de sauvetage se transforme rapidement en une véritable expédition, car le ciel est loin d’être un endroit sûr.

Les Braconniers rôdent et leur intérêt ne se limite pas au dragon. Ils convoitent également Euryale, une demi-gorgone reconnaissable à ses cheveux de serpent. La jeune héroïne devient ainsi une cible et le voyage prend une dimension beaucoup plus dangereuse.

Fabien Clavel construit une aventure particulièrement efficace pour les jeunes lecteurs. Le récit démarre rapidement, les péripéties s’enchaînent et l’univers regorge de créatures qui donnent constamment envie d’en découvrir davantage.

Mais derrière le plaisir de l’aventure apparaît surtout une idée intéressante : et si les créatures que les légendes nous ont appris à craindre étaient finalement des espèces menacées qu’il fallait protéger ?

Le renversement fonctionne très bien. Dragons, gorgones et autres êtres fantastiques ne sont plus seulement utilisés comme des adversaires destinés à provoquer la peur. Ils possèdent leur histoire, leurs émotions et leur place dans le monde. Shen-Long peut être extrêmement puissant et dangereux lorsqu’il se met en colère, mais cette colère vient aussi de son déracinement et de son désir de retrouver son pays.

Cette dimension apporte une vraie sensibilité au personnage.

Le thème du braconnage permet également d’introduire, sans alourdir le récit, une réflexion écologique accessible aux enfants. Les Braconniers considèrent les créatures extraordinaires comme des trophées ou des possessions, là où les jeunes héros cherchent au contraire à préserver leur liberté.

L’aventure devient ainsi une manière ludique de parler de protection des espèces, de respect du vivant et de biodiversité, tout en restant pleinement ancrée dans un univers fantastique.

Le groupe de héros apporte beaucoup au dynamisme de l’histoire. Les personnalités différentes permettent de créer de la complicité, des désaccords et de l’humour, tandis qu’Euryale se révèle particulièrement intéressante. Être une demi-gorgone dans un monde où certaines créatures sont traquées implique forcément de vivre avec le regard des autres et la peur d’être capturée simplement pour ce que l’on est.

À travers elle apparaît donc également une réflexion sur la différence et l’acceptation.

L’Hélyos constitue quant à lui un formidable élément d’aventure. Cet aéronef donne immédiatement au voyage une dimension spectaculaire et permet au récit de quitter rapidement le refuge pour ouvrir son univers. Le déplacement vers la Chine apporte une véritable sensation d’expédition et transforme la mission en voyage initiatique.

Les illustrations de Sanoe accompagnent parfaitement cet imaginaire. Son univers graphique donne vie aux créatures, aux personnages et aux différents environnements tout en conservant une grande accessibilité pour les lecteurs dès 9 ans. Les dessins renforcent le merveilleux et permettent de mieux s’immerger dans cet univers où mythologie et aventure se rencontrent.

Le roman possède surtout une qualité essentielle pour lancer une série : il donne envie d’en savoir davantage. Qui sont réellement ces Braconniers ? Quelles autres créatures sont menacées ? Quels monstres les héros devront-ils protéger lors de leurs prochaines missions ?

Fabien Clavel pose ainsi les bases d’un monde suffisamment riche pour accueillir de nombreuses aventures tout en proposant dès ce premier tome une histoire complète, rythmée et accessible.

Entre dragon en colère, demi-gorgone, aéronef et chasseurs de créatures fantastiques, les jeunes lecteurs trouveront tout ce qu’il faut pour nourrir leur imagination. Mais derrière le spectacle se dessine également un joli message : ce que nous ne connaissons pas ne mérite pas nécessairement d’être craint, capturé ou détruit.

Une première aventure dynamique, généreuse et pleine de merveilleux, qui mêle intelligemment imaginaire, écologie et découverte de l’autre. Une série prometteuse pour les jeunes lecteurs qui aiment les créatures fantastiques et les grandes expéditions.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 20 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 128 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095059719 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095059712

Prêt ! dit Lapin de Marjoke Henrichs

Un album tendre et pétillant qui capture avec humour la magie (et le chaos!) les moments de préparation en famille !

Marjoke Henrichs transforme un moment très ordinaire de la vie familiale en une petite aventure pleine de tendresse et d’humour : réussir simplement à sortir de la maison avec un jeune enfant. Une mission qui, comme beaucoup de parents le savent, peut rapidement devenir beaucoup plus compliquée que prévu.

Papa et Lapin ont un programme plutôt simple : aller au parc. Il suffit donc de se préparer, de prendre les affaires nécessaires et de partir. En théorie, tout devrait être très rapide.

Mais avec Lapin, chaque étape peut évidemment réserver une surprise.

Entre ce qu’il faut faire avant de partir, les distractions et les petits imprévus, la préparation devient progressivement une aventure à part entière. Le fameux moment où tout le monde annonce être « prêt » ne signifie pas nécessairement que la porte va pouvoir être franchie immédiatement.

Marjoke Henrichs observe avec beaucoup de justesse ces scènes du quotidien où adultes et enfants ne vivent pas tout à fait au même rythme. Là où Papa voit une succession de tâches à accomplir avant de sortir, Lapin trouve naturellement mille autres choses à faire.

C’est précisément ce décalage qui nourrit l’humour de l’album.

Les jeunes lecteurs peuvent facilement se reconnaître dans Lapin, tandis que les adultes retrouveront des situations qu’ils ont probablement déjà vécues. Cette double lecture fonctionne très bien parce que l’autrice ne cherche jamais à désigner un responsable du petit chaos familial.

Lapin n’est pas présenté comme un enfant difficile et Papa n’est pas un adulte constamment impatient. Ils essaient simplement d’avancer ensemble, avec leurs rythmes différents, leurs maladresses et leurs petits moments de complicité.

C’est cette relation entre les deux personnages qui donne au livre toute sa douceur.

Derrière les situations amusantes apparaît un père attentif qui accompagne son enfant dans ces fameuses transitions du quotidien parfois délicates pour les plus jeunes. Arrêter une activité, s’habiller, préparer ses affaires puis quitter la maison représentent autant de petits changements qui peuvent sembler insignifiants aux adultes mais demander beaucoup d’efforts à un enfant.

L’album choisit intelligemment de les dédramatiser plutôt que de les transformer en conflits. Les imprévus deviennent des occasions de sourire et les imperfections font simplement partie de la vie de famille.

Les illustrations participent pleinement à cette sensation de mouvement. Les expressions de Lapin, les réactions de Papa et les nombreux petits détails visuels permettent aux enfants de suivre facilement les différentes étapes de cette préparation mouvementée.

Le livre possède également un rythme particulièrement adapté aux tout-petits. La répétition autour de cette idée d’être enfin « prêt » crée une attente amusante : cette fois, vont-ils réellement réussir à partir ?

Sous son apparente simplicité, l’histoire raconte finalement quelque chose de très juste sur la parentalité : les moments les plus ordinaires deviennent souvent ceux dont on se souvient avec le plus de tendresse. Une sortie au parc n’a rien d’extraordinaire, mais tout ce qui précède peut devenir une véritable histoire.

Marjoke Henrichs porte surtout un regard bienveillant sur les petites imperfections familiales. Tout ne se déroule pas toujours comme prévu, les enfants ne suivent pas forcément le programme imaginé par les adultes et quelques minutes peuvent rapidement se transformer en une longue préparation. Et ce n’est finalement pas si grave.

Tendre, drôle et particulièrement proche du quotidien des jeunes enfants, cet album accompagne avec beaucoup de douceur ces petits moments parfois mouvementés que connaissent toutes les familles.

Une histoire pétillante et pleine d’affection sur un papa, son petit Lapin et cette grande aventure que peut devenir une chose aussi simple que se préparer pour aller au parc.

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 32 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095057287 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095057282

Journal d’une wedding planner de Sophie Jomain

Après le phénomène « Le vent souffle sur Little Balmoral », le nouveau roman concept événement

Sophie Jomain nous entraîne dans les coulisses d’un métier où tout doit être parfait, des fleurs à la pièce montée, alors même que les sentiments humains sont rarement aussi simples à organiser qu’un plan de table. Une comédie romantique pétillante qui mêle mariages, vieilles rancœurs, attirance inattendue et une petite touche de merveilleux particulièrement bien trouvée.

Zélie Aumont est wedding planner à Honfleur, en Normandie. Son quotidien consiste à transformer les rêves des futurs mariés en réalité et à résoudre les innombrables catastrophes susceptibles de surgir avant le grand jour. Mais Zélie possède surtout une particularité dont ses clients ignorent tout : elle est capable de sentir si deux personnes sont véritablement faites l’une pour l’autre.

Littéralement.

Son odorat lui permet de percevoir les compatibilités amoureuses et, jusqu’à présent, ce don s’est révélé particulièrement fiable. Une capacité idéale lorsque l’on travaille dans l’univers du mariage… à condition évidemment de ne pas découvrir que les futurs époux que l’on doit accompagner n’ont absolument rien à faire ensemble.

C’est précisément ce qui arrive lorsque son agence perd un contrat important et que Zélie se retrouve contrainte d’accepter l’organisation du mariage de Joséphine. Le problème ? Cette dernière représente l’un des souvenirs les moins agréables de ses années lycée.

Les retrouvailles auraient déjà été suffisamment compliquées ainsi. Mais dès qu’elle rencontre le futur couple, Zélie comprend que quelque chose ne va pas : Joséphine et son fiancé ne semblent absolument pas compatibles.

Doit-elle révéler ce qu’elle ressent au risque de provoquer une catastrophe ou se contenter d’organiser le mariage pour lequel elle est payée ?

La situation se complique encore avec l’arrivée de Félix, l’un des témoins, qui semble surveiller attentivement la wedding planner. Un homme qui pose surtout à Zélie un problème inédit : elle n’arrive pas à le « sentir ».

Pour une femme habituée à pouvoir décoder les relations amoureuses grâce à son nez, cette absence de réponse devient forcément intrigante.

Sophie Jomain exploite avec beaucoup d’humour cette idée originale. Le don de Zélie apporte une petite dimension fantastique au récit sans jamais prendre le dessus sur la comédie romantique. Il devient surtout un excellent moyen d’interroger nos certitudes concernant l’amour. Peut-on réellement savoir si deux personnes sont faites l’une pour l’autre ? Et que se passe-t-il lorsque nos propres sentiments refusent de suivre les règles auxquelles nous faisons habituellement confiance ?

Zélie est une héroïne particulièrement attachante parce qu’elle est loin de tout maîtriser. Elle sait organiser le bonheur des autres, anticiper les problèmes et gérer les exigences parfois extravagantes de ses clients, mais sa propre vie sentimentale se révèle beaucoup moins facile à contrôler.

Ce contraste fonctionne très bien et donne au roman une belle énergie.

Le métier de wedding planner constitue également un terrain de jeu idéal pour multiplier les situations cocasses. Entre les attentes des mariés, les tensions familiales, les imprévus et l’obsession du mariage parfait, chaque détail peut potentiellement devenir une catastrophe. Sophie Jomain s’amuse avec les codes de cet univers tout en montrant ce qui se cache derrière les belles décorations et les cérémonies soigneusement préparées.

Le choix de Honfleur apporte quant à lui beaucoup de charme au récit. La Normandie offre un décor particulièrement agréable à cette histoire et contribue à l’atmosphère chaleureuse du roman.

Mais derrière sa légèreté, le livre aborde aussi les blessures que l’on conserve parfois de l’adolescence. Le retour de Joséphine oblige Zélie à se confronter à une partie de son passé qu’elle aurait probablement préféré laisser derrière elle. Les rapports entre les deux femmes donnent ainsi davantage d’épaisseur au récit et rappellent combien certaines humiliations peuvent continuer à nous accompagner longtemps après le lycée.

Félix vient évidemment bouleverser encore davantage les certitudes de l’héroïne. Le jeu qui s’installe entre eux repose autant sur la méfiance que sur une attirance que Zélie ne peut, pour une fois, analyser grâce à son don. Et lorsqu’on a toujours disposé d’une sorte de boussole sentimentale, devoir soudain avancer sans indication peut devenir particulièrement déstabilisant.

L’écriture de Sophie Jomain se révèle fluide, vivante et pleine d’humour. Les dialogues apportent beaucoup au rythme et les situations s’enchaînent avec suffisamment de rebondissements pour donner constamment envie de poursuivre la lecture. On retrouve ce mélange de romance, de comédie et d’émotion qui permet de passer facilement du sourire à des passages plus sensibles.

Le concept du journal apporte enfin une proximité supplémentaire avec Zélie et permet de partager ses interrogations, ses enthousiasmes et ses catastrophes professionnelles comme si elle nous racontait directement les coulisses de cette aventure.

Drôle, romantique et particulièrement divertissant, ce roman possède tous les ingrédients d’une excellente comédie sentimentale, mais son petit supplément de fantaisie lui permet de se démarquer. Sophie Jomain signe une histoire pleine de charme sur les secondes chances, les blessures du passé et cette évidence que même lorsqu’on croit tout savoir sur l’amour, les sentiments trouvent toujours le moyen de nous surprendre.

Une lecture fraîche et généreuse qui donne envie de se perdre dans les rues de Honfleur, d’assister à un mariage complètement chaotique et, pourquoi pas, de vérifier si notre propre nez possède lui aussi quelques talents cachés.

Éditeur ‏ : ‎ CHARLESTON Date de publication ‏ : ‎ 5 mai 2026 Édition ‏ : ‎ 1er Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 320 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2385295490 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2385295493

Une nuit à pas de velours de Cécile Elma Roger

Une balade dans la nuit à la suite d’un chat espiègle pour voir le monde d’un autre œil et ouvrir le champ des possibles… ?Dans cet album fantasque et poétique, tout est possible… Surtout de rêver !

Cécile Elma Roger nous invite à quitter, le temps de quelques pages, le monde tel que nous le connaissons pour partir à la découverte de la nuit. Une promenade mystérieuse et poétique guidée par un compagnon particulièrement bien choisi : un chat aussi espiègle qu’insaisissable.

Lorsque le jour disparaît et que les rues deviennent silencieuses, tout semble soudain différent. Les lieux familiers changent de visage, les ombres transforment les formes et l’imagination commence à prendre le relais. Il suffit alors de suivre les pas du chat pour entrer dans un univers où les règles habituelles n’ont plus vraiment d’importance.

Car ici, tout devient possible.

La nuit n’est pas présentée comme un espace inquiétant qu’il faudrait traverser rapidement, mais comme un immense territoire à explorer. Derrière chaque détour peut se cacher une surprise et ce que l’on croyait connaître peut soudain apparaître sous un jour complètement nouveau.

Cécile Elma Roger joue avec cette frontière fragile entre le réel et l’imaginaire. Au fil de la promenade, il devient difficile de savoir exactement où se termine l’un et où commence l’autre. Et finalement, cela n’a aucune importance : l’album nous demande simplement d’accepter de nous laisser entraîner.

Le chat constitue un formidable guide. Curieux, libre et imprévisible, il avance sans se préoccuper des chemins établis. Il semble connaître tous les passages secrets de la nuit et invite naturellement le lecteur à regarder autour de lui avec la même curiosité.

Cette balade devient alors une jolie manière de parler de la capacité à changer de regard. Un décor ordinaire peut devenir extraordinaire dès lors que l’on accepte de l’observer autrement. Une ombre, une fenêtre éclairée ou une silhouette aperçue au loin suffisent pour inventer une histoire.

La poésie de l’album repose beaucoup sur cette simplicité. Il n’est pas nécessaire de partir très loin pour vivre une aventure : parfois, quelques pas dans la nuit et un peu d’imagination suffisent.

Le récit laisse également une grande place au rêve. Plutôt que de tout expliquer, il préfère suggérer, laisser des espaces et permettre aux enfants de compléter eux-mêmes ce qu’ils découvrent. Cette liberté correspond parfaitement au sujet et donne à la lecture une atmosphère presque suspendue.

On apprécie particulièrement cette manière de ne jamais enfermer l’imaginaire dans une seule interprétation. Chaque enfant peut regarder les scènes, inventer ce qui pourrait arriver ensuite et prolonger la promenade bien au-delà des pages.

Sous son apparente légèreté, l’album transmet ainsi une belle idée : le merveilleux existe parfois simplement dans notre façon de regarder le monde. Là où un adulte pourrait ne voir qu’une rue plongée dans l’obscurité, un enfant peut imaginer un territoire immense rempli de rencontres et de possibilités.

Cette approche fait également de l’histoire une jolie lecture du soir. La nuit, souvent associée chez les plus jeunes à la peur ou à l’inconnu, devient ici accueillante et fascinante. Elle n’est plus quelque chose que l’on doit redouter, mais un espace où l’imagination peut enfin prendre toute sa place.

Fantasque, délicat et plein de poésie, cet album célèbre ainsi la curiosité, la liberté et le plaisir de rêver. Cécile Elma Roger nous rappelle qu’il suffit parfois de regarder le quotidien sous un angle différent pour découvrir tout ce qu’il peut contenir d’extraordinaire.

Une promenade nocturne pleine de douceur et de fantaisie, à parcourir à pas de velours avant de fermer les yeux et de laisser les rêves poursuivre le voyage.

ASIN ‏ : ‎ B07R2HQDV9 Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 10 octobre 2019 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023512618

L’Invité de Marie Dorléans

As-tu déjà pris le thé avec un cheval ? Dans cet album, un cheval s’est invité dans la maison d’un monsieur très comme il faut et ça donne des scènes complètement rocambolesques ! Jour après jour, il prend de plus en plus de place… Mais comment faire pour s’en débarrasser ?

Marie Dorléans part d’une situation délicieusement absurde : que se passerait-il si un cheval décidait de s’installer dans votre maison ? Une idée toute simple qui devient rapidement le point de départ d’un album plein d’humour, de fantaisie et de situations complètement rocambolesques.

Tout commence chez un monsieur très comme il faut, dans un intérieur où chaque chose semble avoir sa place et où l’imprévu n’est manifestement pas le bienvenu. Jusqu’au jour où apparaît un invité pour le moins encombrant : un cheval.

Recevoir un cheval pour le thé est déjà une expérience assez inhabituelle. Mais le véritable problème commence lorsque l’animal ne semble plus vraiment décidé à repartir.

Jour après jour, l’invité prend ses habitudes et surtout de plus en plus de place. Sa présence bouleverse progressivement le quotidien parfaitement organisé de son hôte. Comment continuer à vivre normalement lorsqu’un cheval s’installe au milieu de la maison ?

C’est sur ce décalage que repose une grande partie de l’humour de l’album. Marie Dorléans confronte l’élégance et les bonnes manières de son personnage à l’imposante présence d’un animal qui n’a évidemment rien à faire dans cet environnement. Plus le monsieur tente de conserver une certaine normalité, plus la situation devient irrésistiblement absurde.

Mais une question finit nécessairement par se poser : comment se débarrasser d’un invité que l’on n’a jamais vraiment osé mettre dehors ?

Derrière la fantaisie apparaît alors une réflexion amusante sur la politesse, les conventions et notre difficulté à poser certaines limites. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour rester courtois ? À quel moment peut-on enfin dire à quelqu’un qu’il est temps de rentrer chez lui ?

L’album fonctionne particulièrement bien parce qu’il ne cherche jamais à expliquer lourdement ce qu’il faut comprendre. Tout passe par les situations, les réactions du personnage et la progression de cette cohabitation de plus en plus improbable.

Les illustrations de Marie Dorléans jouent naturellement un rôle essentiel. Son sens de la composition et du détail permet de mesurer progressivement l’ampleur du désordre provoqué par cet immense animal dans un univers qui semblait jusque-là parfaitement maîtrisé. Le contraste visuel entre le cheval et son environnement suffit souvent à provoquer le sourire.

Les jeunes lecteurs apprécieront évidemment l’absurdité de voir un cheval évoluer comme si sa présence dans une maison était parfaitement normale. Les adultes pourront quant à eux y reconnaître une satire légère de certaines règles sociales et de ces situations dans lesquelles la politesse finit parfois par devenir un véritable piège.

Le récit possède également cette qualité précieuse des bons albums jeunesse : une idée immédiatement compréhensible qui ouvre pourtant la porte à plusieurs interprétations. On peut simplement profiter de cette improbable cohabitation ou y voir une histoire sur l’acceptation de l’autre, les limites que l’on doit parfois savoir poser et la manière dont une rencontre inattendue peut bouleverser nos habitudes.

Marie Dorléans transforme ainsi une visite impromptue en un formidable terrain de jeu. L’escalade des situations, le décalage permanent et la personnalité de ce monsieur dépassé par son propre sens des convenances donnent à l’ensemble beaucoup de charme.

Drôle, élégant et délicieusement loufoque, cet album célèbre l’imprévu et l’absurde avec beaucoup de finesse. Une histoire qui devrait faire rire les enfants autant que leurs parents et qui laisse derrière elle une question essentielle : si un cheval venait prendre le thé chez vous, auriez-vous vraiment le courage de lui demander de partir ?

ASIN ‏ : ‎ B0GXNS52VR Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 21 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023522846

Mes parents n’arrêtent pas de parler de Tillie Walden (Auteur), Emma Hunsinger (Auteur)

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C’est l’heure d’aller au parc et Molly trépigne d’impatience, mais… Oh non ! Les voisins ont repéré ses mamans et maintenant, elles papotent. Beaucoup. En plus, tout ce qu’elles disent est ennuyeux. Les minutes semblent des heures, puis les heures des jours et bientôt c’est une éternité ! Un dilemme incontournable de l’enfance, dans une version génialement décalée, écrite et illustrée par deux stars de la BD.

Tillie Walden et Emma Hunsinger partent d’une situation que pratiquement tous les enfants connaissent : être prêt à partir quelque part et découvrir, catastrophe absolue, que les adultes viennent de commencer une conversation qui semble ne jamais devoir se terminer. Une expérience toute simple transformée ici en une aventure aussi drôle qu’inventive.

Molly n’attend qu’une chose : aller au parc. Elle est prête, impatiente et certainement déjà en train d’imaginer tout ce qu’elle va pouvoir y faire. Mais ses mamans croisent les voisins et commencent à discuter.

Pour Molly, c’est le drame.

Car les adultes ne se contentent jamais de parler quelques secondes. Ils parlent, parlent encore et semblent surtout capables de trouver passionnants des sujets qui, aux yeux d’un enfant, présentent un intérêt proche de zéro.

Le temps commence alors à se déformer.

Quelques minutes deviennent des heures. Les heures semblent durer des jours. Et bientôt, Molly a l’impression qu’elle pourrait passer le reste de son existence à attendre que cette conversation se termine.

C’est précisément dans cette exagération que l’album trouve toute sa force comique. Tillie Walden et Emma Hunsinger adoptent entièrement le point de vue de leur jeune héroïne et donnent une réalité visuelle à cette perception si particulière du temps pendant l’enfance. Lorsqu’on attend quelque chose avec impatience, cinq minutes peuvent effectivement sembler durer une éternité.

Le quotidien bascule progressivement dans l’imaginaire et l’attente prend des proportions délicieusement absurdes. Ce qui n’était au départ qu’une conversation entre adultes devient, dans l’esprit de Molly, une véritable épreuve de survie.

Les autrices ne cherchent jamais à expliquer aux enfants qu’ils doivent simplement apprendre à patienter. Elles préfèrent reconnaître avec humour une évidence : oui, parfois, attendre que ses parents terminent de parler est terriblement ennuyeux.

Cette manière de prendre au sérieux un sentiment enfantin tout en le poussant jusqu’à l’absurde rend immédiatement Molly attachante. Son impatience n’a rien d’extraordinaire, et c’est justement ce qui permet aux jeunes lecteurs de se reconnaître facilement en elle.

L’album possède également plusieurs niveaux de lecture. Les enfants riront de la situation et des réactions de Molly tandis que les adultes reconnaîtront probablement leurs propres habitudes. Combien de fois ont-ils promis « on y va dans une minute » avant de poursuivre une conversation pendant beaucoup plus longtemps ?

Le duo formé par Tillie Walden et Emma Hunsinger fonctionne particulièrement bien. Leur expérience de la bande dessinée se ressent dans la manière de jouer avec le rythme, les expressions et la perception du temps. L’image devient une véritable partie du gag et permet de traduire visuellement ce que Molly ressent.

Le livre se distingue également par la simplicité avec laquelle il représente sa famille. Molly a deux mamans et cela ne constitue ni le sujet de l’histoire ni quelque chose nécessitant une explication particulière. Elles sont simplement ses parents. Cette représentation naturelle participe à la modernité et à la douceur de l’album sans jamais détourner l’attention de son véritable sujet : l’interminable attente d’une enfant qui veut aller jouer.

Derrière son humour, l’histoire raconte finalement avec beaucoup de justesse la différence entre le temps des adultes et celui des enfants. Les premiers peuvent discuter tranquillement pendant que les seconds vivent chaque minute d’attente comme une petite éternité.

Drôle, décalé et particulièrement bien observé, cet album réussit à transformer une scène ordinaire de la vie familiale en une aventure pleine d’imagination. Une lecture qui devrait beaucoup faire rire les enfants et provoquer quelques sourires coupables chez les parents.

Et après l’avoir refermé, certains adultes réfléchiront peut-être à deux fois avant de prononcer cette phrase redoutable : « Attends encore cinq minutes, on finit de parler. »

Éditeur ‏ : ‎ On ne compte pas pour du beurre Date de publication ‏ : ‎ 25 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2494060265 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2494060265

J’ai dessiné une école fabuleuse de Alia Cardyn (Auteur), Elise Peyrache (Illustrations)

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Et si des rêves d’un enfant naissait un Eden véritable ? Une histoire tendre et douce sur les pouvoirs de l’imagination.

Le soir dans mon lit, lorsque je ferme les yeux, je l’imagine. L’école de mes rêves.
Après des milliers d’heures à la dessiner dans ma tête, je suis enfin prêt à partager mon chef-d’œuvre avec vous.

Alia Cardyn et Elise Peyrache nous invitent à pousser les portes d’une école pas tout à fait comme les autres. Une école née dans l’imagination d’un enfant, pensée loin des contraintes du quotidien et dans laquelle tout semble possible. Une jolie manière de rappeler que les rêves des plus jeunes peuvent parfois dessiner un monde que les adultes n’auraient jamais osé inventer.

Tout commence le soir, au moment de fermer les yeux. Dans son lit, l’enfant imagine encore et encore l’école de ses rêves. Il la construit dans sa tête depuis des milliers d’heures, ajoute des détails, transforme les espaces et perfectionne peu à peu son projet. Jusqu’au jour où il se sent enfin prêt à partager son chef-d’œuvre.

À partir de cette idée toute simple, Alia Cardyn célèbre avec beaucoup de tendresse la puissance de l’imagination enfantine. Cette école fabuleuse devient un espace de liberté où les limites habituelles disparaissent et où l’enfant peut enfin décider de ce que devrait être, selon lui, l’endroit idéal pour apprendre, découvrir et grandir.

Le récit fonctionne particulièrement bien parce qu’il adopte pleinement le regard de l’enfance. Il ne cherche pas à corriger les idées du jeune narrateur ni à les rendre réalistes. Au contraire, il lui donne la possibilité d’aller jusqu’au bout de son imagination.

Et lorsque l’on est enfant, pourquoi faudrait-il être raisonnable ?

Cette liberté apporte beaucoup de fraîcheur à l’ensemble. Chaque nouvelle idée devient une petite surprise et donne envie de découvrir jusqu’où cette école extraordinaire pourra nous emmener. Derrière la fantaisie apparaît également une réflexion discrète sur notre manière de concevoir l’éducation et les lieux dans lesquels les enfants passent une grande partie de leurs journées.

Car imaginer une autre école, c’est aussi se demander ce que l’on attend véritablement d’elle. Est-elle uniquement un endroit où l’on apprend des leçons ou peut-elle également devenir un lieu où l’on développe sa curiosité, sa créativité et ses rêves ?

Sans jamais transformer son histoire en discours pédagogique, Alia Cardyn invite ainsi les enfants à réfléchir à ce qui les rend heureux et à exprimer leurs propres envies. L’album leur donne surtout quelque chose de précieux : le droit d’imaginer que les choses pourraient être différentes.

Les illustrations d’Elise Peyrache accompagnent merveilleusement cette proposition. Douces, généreuses et pleines de fantaisie, elles donnent vie aux idées du jeune narrateur et transforment progressivement son école rêvée en un véritable petit univers. Le dessin ne se contente pas d’accompagner le texte : il prolonge l’imagination et invite le regard à s’attarder sur les détails.

L’ensemble dégage beaucoup de douceur et crée une atmosphère rassurante qui convient parfaitement à une lecture partagée entre adultes et enfants. C’est aussi le genre d’album qui peut continuer à vivre longtemps après la dernière page.

Car une question vient presque naturellement une fois le livre refermé : et toi, à quoi ressemblerait ton école fabuleuse ?

Une piscine dans la cour ? Des animaux dans les classes ? Des cabanes pour lire ? Des journées consacrées à inventer des histoires ? Peu importe finalement la réponse. L’essentiel est que l’enfant puisse à son tour imaginer, dessiner et raconter.

C’est probablement la plus belle réussite de cet album : ne pas seulement proposer un monde merveilleux à contempler, mais donner envie d’en inventer un autre.

Alia Cardyn et Elise Peyrache signent ainsi une histoire tendre, lumineuse et pleine de poésie, qui célèbre l’imagination sans chercher à lui imposer de limites. Un album qui rappelle avec beaucoup de justesse que les enfants possèdent parfois une formidable capacité à rêver le monde autrement.

Une lecture douce et inspirante qui donne envie de prendre une feuille, quelques crayons et de dessiner, à son tour, l’école de ses rêves.

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont Date de publication ‏ : ‎ 13 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2221269705 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221269701

La Disparition de Antonin Louchard

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Quand notre petit lapin perd une dent, c’est toute une histoire ! Et tu vas tout savoir… Il paraît même que quand on perd une dent, on a un cadeau sous son oreiller… Vrai ou faux ?

Antonin Louchard s’empare d’un moment incontournable de l’enfance : la perte d’une dent. Un événement qui peut sembler anodin aux adultes, mais qui devient une véritable aventure lorsqu’il arrive pour la première fois à un enfant.

Petit Lapin vient de perdre une dent. Immédiatement, les questions commencent. Pourquoi est-elle tombée ? Que va-t-il se passer maintenant ? Et surtout, cette histoire selon laquelle une dent déposée sous l’oreiller permettrait de recevoir un cadeau est-elle vraiment vraie ?

À partir de cette situation toute simple, l’auteur retrouve ce qu’il sait particulièrement bien faire : observer le quotidien à hauteur d’enfant et transformer une petite inquiétude en une histoire pleine d’humour.

Car perdre une dent, c’est aussi constater que son corps change. Pour un jeune enfant, cette disparition peut être aussi fascinante qu’un peu inquiétante. Antonin Louchard choisit de traiter cette étape avec légèreté, sans jamais minimiser les interrogations qu’elle peut provoquer.

Petit Lapin veut comprendre. Et cette curiosité donne immédiatement du rythme à l’histoire.

L’humour naît beaucoup du décalage entre l’importance considérable que l’enfant accorde à cette dent et la banalité de l’événement pour les adultes. Mais l’auteur ne se moque jamais de son personnage. Au contraire, il prend ses préoccupations au sérieux tout en jouant avec elles.

Et puis il y a évidemment cette fameuse promesse : un cadeau pourrait apparaître sous l’oreiller en échange de la dent…

Vrai ou faux ?

Antonin Louchard entretient malicieusement le mystère et laisse toute sa place à l’imaginaire. C’est précisément ce qui rend l’album particulièrement adapté aux enfants qui commencent à perdre leurs dents ou attendent avec impatience que cela leur arrive.

Le dessin participe pleinement au plaisir de lecture. L’auteur va à l’essentiel et laisse les expressions de son personnage porter une grande partie de l’humour. L’ensemble est immédiatement accessible aux plus jeunes et se prête parfaitement à une lecture partagée avec un parent.

Derrière sa simplicité, l’album raconte finalement quelque chose de très juste sur l’enfance : grandir est fait d’une succession de petites premières fois. Certaines font peur, d’autres intriguent et quelques-unes peuvent même réserver une jolie surprise au réveil.

Publié chez Seuil Jeunesse, cet album de 40 pages s’adresse aux enfants dès 3 ans.

Drôle, tendre et malicieux, Antonin Louchard transforme ainsi une petite dent perdue en une grande affaire. Une lecture idéale pour dédramatiser cette étape et accompagner les enfants avec humour au moment où leurs premières dents commencent à bouger.

Un album plein de charme qui devrait donner aux plus jeunes une excellente raison d’attendre avec impatience leur prochaine dent qui tombe.

ASIN ‏ : ‎ B0GXNNKRLW Éditeur ‏ : ‎ SEUIL JEUNESSE Date de publication ‏ : ‎ 21 août 2026 Édition ‏ : ‎ Illustrated Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 40 pages ISBN-13 ‏ : ‎ 979-1023523355