Qui a tué Madeline ? de Rachel Corenblit , Florence Hinckel

Un thriller YA haletant dans les coulisses du monde glamour… et impitoyable.

Rachel Corenblit et Florence Hinckel plongent leurs lecteurs dans le Paris de 1990 et dans les coulisses d’un univers où la beauté, le luxe et la réussite dissimulent une réalité beaucoup moins séduisante. À la croisée du thriller et du roman d’enquête, elles construisent un récit particulièrement immersif autour d’une question aussi simple qu’obsédante : qui a tué Madeline ?

Février 1990. Madeline est jeune, belle et sa carrière de mannequin semble sur le point de décoller. Mais son ascension s’interrompt brutalement lorsqu’elle est retrouvée noyée dans la piscine d’un hôtel de luxe parisien.

Il ne s’agit pas d’un accident.

Madeline a été assassinée.

À partir de ce crime, le lecteur est directement placé dans la position de l’enquêteur. Plutôt que de proposer une narration policière classique, les autrices choisissent de reconstituer progressivement l’affaire à travers des lettres manuscrites, des post-it, des interrogatoires et différents documents confidentiels.

Cette construction constitue l’un des principaux atouts du roman. On ne se contente pas de suivre quelqu’un qui mène l’enquête à notre place : on examine nous-mêmes les pièces du dossier.

Chaque document peut contenir un détail important. Une contradiction dans un témoignage, une phrase apparemment anodine ou une information oubliée quelques pages auparavant peuvent soudain prendre une tout autre signification. Cette mécanique rend la lecture particulièrement addictive et encourage à rester attentif au moindre indice.

Les suspects ne manquent évidemment pas.

Dans le milieu très concurrentiel du mannequinat, le succès de Madeline pouvait provoquer autant d’admiration que de jalousie. Une rivale aurait-elle voulu l’écarter ? Son amie Eva, qui devait la retrouver le soir du meurtre, raconte-t-elle toute la vérité ? Que cache réellement M. Francis, le sulfureux directeur de l’agence Cream ? Et jusqu’où une ancienne top-modèle serait-elle capable d’aller pour assurer la réussite de sa propre fille ?

Rachel Corenblit et Florence Hinckel prennent plaisir à brouiller les pistes. Chacun semble avoir quelque chose à cacher et les certitudes du lecteur évoluent au fil des révélations.

Mais derrière le jeu du « whodunit », le roman porte également un regard beaucoup plus sombre sur l’industrie de la mode et du mannequinat.

Le choix de situer l’histoire au début des années 1990 n’est pas anodin. Le mannequin devient alors une véritable figure médiatique, associée au rêve, au luxe et à une forme de réussite spectaculaire. Mais derrière les photographies parfaites apparaissent la compétition, les rapports de pouvoir, les ambitions et les sacrifices demandés à de très jeunes femmes.

Le glamour devient ainsi progressivement une façade.

Madeline n’est plus seulement la victime autour de laquelle gravitent les suspects. À mesure que les documents s’accumulent, le lecteur tente également de comprendre qui elle était réellement derrière l’image du mannequin en pleine ascension.

Cette dimension donne davantage d’épaisseur au mystère. Résoudre le meurtre implique aussi de reconstituer une personnalité à partir des traces qu’elle a laissées et des témoignages, parfois contradictoires, de ceux qui l’ont connue.

Le format documentaire fonctionne particulièrement bien auprès d’un public adolescent. Il donne un rythme très dynamique à la lecture et permet d’alterner rapidement les points de vue sans longues transitions. On avance presque avec l’impression d’avoir entre les mains un véritable dossier judiciaire.

Cette forme permet également aux autrices de jouer avec une question essentielle dans toute enquête : peut-on réellement faire confiance à ce que l’on nous raconte ?

Un témoignage n’est jamais totalement neutre. Chacun possède ses souvenirs, ses intérêts, ses rancœurs et parfois ses mensonges. Le lecteur doit donc apprendre à distinguer les faits des interprétations.

L’atmosphère du Paris des années 1990 ajoute enfin beaucoup au charme du récit. Sans les outils numériques actuels, l’enquête repose sur des traces matérielles, des écrits et des témoignages. Les lettres et les notes deviennent des objets essentiels et renforcent cette impression de fouiller véritablement dans les archives d’une affaire criminelle.

Le résultat est un thriller YA efficace, accessible et particulièrement ludique dans sa construction. Les indices sont distillés progressivement, les suspects suffisamment nombreux pour entretenir le doute et la lecture devient rapidement un jeu : observer, comparer, soupçonner et tenter de devancer les révélations.

Mais derrière cette mécanique policière très réussie se dessine également le portrait d’un milieu où les apparences peuvent coûter cher et où la réussite attise les convoitises.

Un thriller prenant et original qui transforme le lecteur en véritable enquêteur, tout en révélant la face sombre d’un univers où tout semblait pourtant devoir être beau.

Reste alors à examiner les preuves, confronter les témoignages et répondre à la seule question qui compte vraiment : qui a tué Madeline ?

Éditeur ‏ : ‎ Nathan Date de publication ‏ : ‎ 27 août 2026 Langue ‏ : ‎ Français Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 400 pages ISBN-10 ‏ : ‎ 2095059751 ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2095059750

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