La Légion de la terreur: La Guerre des démons, T1 de Raymond E. Feist | 10 JUIN 2020

À l’autre bout de l’univers, un peuple est harcelé par une horde de démons terrifiants. Le monde des Taredhels était autrefois un vaste empire. Désormais, il n’est plus que ruine et cauchemar. Seul un espoir subsiste : une planète ancrée dans l’histoire de leurs lointaines origines… Convaincus que Midkemia est cette planète, les Taredhels souhaitent la reconquérir.

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Chronique : C’est quand même incroyable, le monde de Midkemia ne peut jamais avoir la paix alors qu’il se remet à peine d’une guerre et que Pug est parvenu à créer une organisation secrète composée de guerriers aux profils divers, voilà que ces maudits démons, que l’on pensait exterminés, pointent à nouveau leurs cornes.

Raymond E. Feist applique une recette qu’il maîtrise à la perfection avec cette nouvelle saga qui se passe dans le même univers qu’il peaufine depuis maintenant plus de trente ans. Sa narration simple et fluide permet d’arpenter ce vaste univers de manière complètement sereine sans se sentir complètement perdu. L’intrigue des tomes précédents est résumée de manière à permettre à chacun de prendre ses marques. De nouveaux personnages font leur apparition et renforce ce sentiment de découverte pour les nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas encore cet univers qui s’étend même sur d’autres mondes.

En ce qui concerne les personnages il faut bien avouer qu’il est plus facile de s’attacher à ceux qui ont un rythme biologique semblable aux nôtres, comme Sandreena par exemple, que ceux qui annoncent leurs longévités comme qui rigolent. Difficile de s’identifier à un personnage qui affiche plusieurs siècles au compteur. Le choix de l’auteur de faire du peuple elfes, les Taredhels, des êtres hautains et méprisants paraît un peu étrange. Comment ressentir de l’empathie pour un peuple qui passe son temps à clamer son aversion pour les autres races ? Les prochains volumes apporteront peut-être une réponse en indivisualisant un peu plus ces réfugiés désespérés mais antipathiques.

Pug, qui a tenu le haut de l’affiche lors de nombreuses aventures précédentes, est plus en retrait dans ce tome. Tome qui introduit parfaitement l’intrigue de la saga mais qui souffre aussi de cet état malheureusement. En effet, arrivé à la fin de l’ouvrage on a l’impression d’avoir assisté à une longue introduction de 400 pages. L’auteur n’en finit pas de mettre en place son intrigue à l’aide de chapitres explicatifs très bavards durant lesquels les redondances se multiplient. Les derniers chapitres offrent des scènes qui laissent enfin place à l’action, la situation se dénoue enfin et certains antagonistes qui n’étaient que nommaient depuis le début du récit font enfin leurs apparitions, mais par rapport au potentiel que laisse entrevoir la saga, ces quelques scènes d’action ne sont pas une mise en bouche suffisante.

Nul doute que l’auteur saura rendre plus consistant les tomes suivants afin de rendre cette guerre des démons un peu moins sage et un peu plus trépidante.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 440 pages
  • Editeur : Bragelonne (10 juin 2020)
  • Collection : La Guerre des démons (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028108373

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The Cry de Helen Fitzgerald | 24 juin 2020

Joanna et Allister, couple sans histoires, s’envolent pour l’Australie avec leur bébé de neuf semaines. Entre larmes et crises de l’enfant, le voyage est éprouvant.
Peu après leur arrivée, ils découvrent que leur enfant a perdu la vie. Accès de panique ou froid calcul ? Les deux parents prennent une décision folle.

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Chronique : The Cry d’Helen Fitzgerald est un récit sombre et troublant de culpabilité, d’innocence, de vérité et de mensonges qui m’a tenu en haleine du début à la fin.

Ce drame psychologique palpitant plonge dans le pire cauchemar de chaque parent. Noah, neuf semaines, est parti et rien de ce que sa mère, Joanne, peut faire ne le ramènera à elle. Elle se demande si elle est punie pour sa liaison avec le père de Noah, Alistair, qui était encore marié lorsqu’elle a commencé à le voir, ou pour son impatience et sa colère face aux pleurs incessants de Noah pendant le voyage en avion de Londres à l’Australie, mais peu importe le « pourquoi », Joanna se blâme elle-même.

Je déteste donner le moindre indice des rebondissements saisissants qui attendent le lecteur dans ce roman captivant. L’intrigue est habilement conçue pour révéler et dissimuler la vérité et les mensonges qui entourent le destin du bébé Noah. Rien n’est jamais tout à fait ce qu’il semble être et je n’ai pas pu m’empêcher de parcourir les pages jusqu’à ce que the cry atteigne sa conclusion stupéfiante.

Les personnages sont complexes, réels mais profondément imparfaits comme nous le sommes tous. Ce que vous ressentez pour ces personnes, Joanna, Alistair et Alexandra, change à mesure que les façades commencent à se fissurer sous la pression de l’incertitude et des secrets révélés.

Les thèmes abordés  sont assez bouleversants, allant de l’anxiété à la dépression, en passant par le blâme, la culpabilité, la confusion, la perte, la tristesse et la justice. La croix dans le décor de Glasgow à Melbourne a été bien présentée par Helen FitzGerald. Il y a aussi un présage, lorsqu’un feu de brousse menace de s’installer, ce qui ajoute à la tension accrue – une atmosphère remplie. FitzGerald est clairement la reine de la manipulation, elle nous prépare à une situation que nous essayons de déballer avec autant de logique que possible, mais elle tourne l’axe pour que nous nous sentions désorientés. J’admets n’avoir absolument aucune idée de l’endroit où la fin allait se situer, mais la conclusion présentée par FitzGerald était appropriée.

Ce livre et la série qui l’accompagne ont eu droit à un tollé de twitter. Je pense que The Cry est un roman qui plaira aux lecteurs de tous les genres, c’est ce style de livre. Il vous fera tourner la tête ! Le souvenir durable que m’a laissé The Cry est mon nouvel intérêt pour Helen FitzGerald, j’ai vraiment envie d’explorer davantage son travail.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : Les Arènes (24 juin 2020)
  • Collection : AR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1037500564

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L’Appel du loup: Raven Blade, T1 de Anthony Ryan| 10 juin 2020


Célébré dans tout le Royaume Unifié pour son génie militaire après avoir vaincu le mal sans nom, Vaelin Al Sorma s’est détourné de la gloire, préférant vivre en paix dans les Hauts Confins. Mais des bruits courent sur l’approche de la Horde d’Acier, une armée menée par un homme se prenant pour un dieu. Vaelin découvre alors que Sherin, son amour perdu il y a longtemps, est leur captive. 

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Chronique : Après la trilogie blood song qui a fait sa renommée dans le milieu de la fantasy littéraire, Anthony Ryan revient avec une nouvelle saga qui prend à nouveau place dans le royaume unifié.
Un seul objectif semble avoir motivé l’auteur pour cette nouvelle saga, l’efficacité. La fantasy militaire n’a plus de secret pour lui, il sait comment mener sa barque pour captiver le lecteur pendant 500 pages. Alors certes cela manque un peu d’originalité, on y retrouve tous les ingrédients traditionnels de ce genre de saga, un peuple guerrier assoiffé de conquête, un chef de guerre ambitieux et égocentrique, sans oublier le mal ancien mais encore mystérieux qui tire les ficelles dans l’ombre. Rien de bien original en somme, David Gemmel et James Barclay on déjà contés des histoires similaires il y a quelques années déjà. Mais ce n’est pas parce que la recette est connue que le plat n’en est pas moins agréable en bouche.

Le royaume unifié ayant déjà été le théâtre de la saga précédente, les héros, que les lecteurs familiers de cet univers retrouveront avec plaisir, embarquent pour un nouveau continent largement inspiré par la Chine antique. Les nouveaux lecteurs peuvent cependant se lancer sans crainte dans la lecture de ces chroniques d’un voyage en Orient car l’auteur prend le temps durant les premiers chapitres de résumer l’intrigue de ses précédents ouvrages. Concernant le voyage en lui-même le choc des civilisations aurait pu être accentué notamment en évoquant les traditions culinaires par exemple ou les rapports hommes-femmes qui ont l’air d’être complexes.


Mais il ne s’agirait pas d’oublier que nous avons affaire à un saga de fantasy militaire et qui dit militaire dit bataille, combat et tripaille. Sur ce point là ce premier tome ne déçoit pas, ça tranche, ça entaille, ça perfore, ça découpe plus vite que le lecteur ne peut tourner les pages. Le dernier tiers du livre est consacré à un siège qui rappellera à tous ce que le mot épique signifie. Sans doute la partie du récit la plus immersive, même si, bien entendu, l’histoire principale stagne un peu durant cette bataille rangée.

Le fait de ne pas avoir encore lu la saga Blood song m’a empêché de pleinement apprécier le système de magie qui suit ses propres règles complexes à base d’immortalité, de chant magique capable de prouesses, de dons faisant penser aux superpouvoirs de certains héros de comics et de pierres antiques aux capacités encore brumeuses. mais cette absence de référence ne m’a pas empêché de me passionner pour la quête désespérée de Vaelin Al Sorna.

En l’état ce premier tome de Raven blade fait office de divertissement plaisant mais manquant un peu d’originalité. Il ne reste plus qu’à espérer que l’auteur parvienne à trouver un équilibre entre l’enchantement du voyage dans des contrées inconnues et l’action frénétique et sanglante.

Note : 9/10

 

  • Broché : 504 pages
  • Editeur : Bragelonne (17 juin 2020)
  • Collection : Raven Blade (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028104214

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Des enfants trop parfaits de Peter James, un thriller trop imparfait

Peter James fait partie de ces auteurs best-sellers, auteurs d’une dizaines de thrillers à succès, à côté desquels je suis passé complètement à côté durant tant d’années. Il était temps de combler ce manque.

Je vais être honnête je ne m’attendais pas à grand grand-chose. La réputation de l’auteur et les différentes quatrièmes de couverture que j’ai parcourues dressaient le portrait d’un auteur de blockbuster facile d’accès et sans prise de tête. J’ai choisi cet ouvrage parmis les cinq qui figuraient dans les rayons de ma médiathèque. Le thème me paraissait prometteur et je pensais qu’avec un peu de chance une réflexion autour de l’eugénisme se développerait.

Et bien malgré mes attentes très basses l’auteur est parvenu à me décevoir sur tout les points. L’intrigue est plate et ne démarre qu’aux environs de la page 400, certains polars psychologiques ont un rythme plus frénétique que cette histoire. Si au moins l’auteur profitait de la mise en place interminable de son intrigue pour faire part d’un début de réflexion autour de l’eugénisme et de la procréation assistée mais non surtout pas il ne faudrait pas stimuler les neurones des lecteurs partiellement endormis.

Les personnages sont donc sans relief aucun. Je ne suis même pas parvenu à les détester tant leurs personnalités sont établies de manière maladroite. Le couple formé par Naomi et John est passif au possible et se contente du rôle de pion durant l’ensemble de l’intrigue. Les antagonistes qui orbitent autour d’eux ne sont pas mieux décrits, le docteur Dettore est prétentieux mais sa vision du monde et du futur de l’humanité reste brouillonne et sous-développés tandis que les inévitables fanatiques religieux sont justes très très méchants parce que jouer à Dieu c’est pas bien.

Pire l’auteur s’avère incapable de conclure décemment son intrigue et après plus de 500 pages d’incohérences et de longueurs, la fin abrupte s’avère aussi incompréhensible que l’ensemble de l’intrigue. Au moins c’est cohérent.

Je ne retiendrais qu’une chose de cette lecture décevante, je peux barrer le nom de Peter James de la liste des auteurs qu’il me reste à découvrir et c’est déjà ça de pris.

Résumé: Naomi et John ont perdu leur fils unique, emporté par une maladie génétique rare à l’âge de 4 ans. Aujourd’hui, des années plus tard, ils se sentent enfin prêts à refonder la famille dont ils ont toujours rêvé. Lorsqu’ils entendent parler du docteur Dettore, généticien visionnaire, ils voient en lui l’homme providentiel. Dettore connaît une méthode infaillible pour que leur prochain enfant ne soit pas atteint de la même pathologie. Comment résister à la promesse d’un bébé en bonne santé ? Ils auraient pourtant dû être alertés par la liste qu’on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives… Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Paru le : 13/03/2014

Thématique : Thriller

Auteur(s) : Auteur : Peter James

Éditeur(s) : Fleuve éditions

Collection(s) : Fleuve noir Thriller

Contributeur(s) : Traducteur : Raphaëlle Dedourge

ISBN : 2-265-09480-3

Rusty puppy de Joe R. Lansdale, osez monter sur le ring

Si vous êtes amateurs de la langue anglaise vous savez que rusty puppy se traduit par chiot rouillé. Quel titre étrange pour un polar mettant en scène deux détectives privés dans un texas qui étouffe sous la poussière et les tensions raciales. Un titre qui interpelle et qui finira par avoir une explication et croyez-moi les seuls chiots dont vous allez entendre parler dans ce récit sont purement fictifs car seules les molosses les plus hargneux parcours les rues de Camp rapture.

ROUND D’OBSERVATION

Les intrigues de Lansdale ne sont pas d’une surprise renversante, on peut même dire que dans cette dernière enquête de Collins et Hap en date l’intrigue est un peu cousue de fil blanc. Elle se laisse suivre avec plaisir mais elle ne va pas vous retourner le cerveau et vous faire confondre le nord et le sud.

L’atmosphère n’est pas non plus la plus étudiée que j’ai eu l’occasion de goûter. La faute est un manque d’approfondissements dans le background de la ville et du texas en général. La ségrégation et les tensions raciales sont bien présentes mais le contexte n’est pas détaillé, ça manque de corps. Et oui vous avez bien lu j’ai parlé de ségrégation, si elle n’est plus institutionnalisée à travers un ensemble de lois immondes elle est pourtant toujours présente dans les faits. C’est toujours étrange pour un Français comme moi qui a l’habitude d’une certaine mixité sociale mais le quadrillage des quartiers selon la couleur de peau est une réalité aux U.S.A, il suffit de voir le chapitre relatant l’arrivée de Hap dans la cité ghetto de camp rapture pour se rendre compte comment cette séparation des quartiers et des races est culturelle dans ce pays. C’est peut-être juste un détail mais moi ça me sidère.

QUE LE COMBAT COMMENCE

Pour en revenir à nos molosses si l’intrigue n’est pas la plus surprenante ni l’atmosphère la plus dense, qu’est-ce qui fait la force de ce récit ? Deux choses, les personnages et les dialogues. Les personnages principaux sont immédiatement attachants, leur duo fonctionne à merveille et les voir échanger punchlines après punchlines est un délice. Les dialogues sont de pures morceaux de bravoure me faisant parfois penser aux dialogues qu’affectionne Quentin Tarantino dans ses films, en plus concis évidemment.

Des dialogues qui s’apparentent à match de boxe où toutes les règles sont abolies. Toute l’intrigue est construite de cette manière, uppercut, contre, direct du droit, l’auteur ne vous laissera pas souffler avant la dernière page et un final à la hauteur de son talent de boxeur narratif.

Les pages de ce polar sont un ring dans lequel l’auteur n’a pas fini nous faire danser. Voilà pourquoi Joe R. Lansdale est un grand nom du polar malgré ce que ces intrigues pourraient nous laisser penser de prime abord.

Résumé: Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

304 pages, 155 x 225 mm

ISBN : 9782207139592 / Gencode : 9782207139592
Code distributeur : B26825

Catégorie > Sous-catégorie : Policiers > Romans noirs

Pays : États-unis

Collection Sueurs Froides
Parution : 24-10-2019

YOUNG DONALD – Grosses galères Tome 1 – Les mésaventures d’un jeune canard – Disney de Christophe Rosson | 10 juin 2020

Un format optimisé entre le roman et le comics, pour séduire les jeunes lecteurs autonomes.
Une lecture plaisir grâce à un graphisme attractif et une histoire inédite autour d’un personnage fort.
Des préoccupations proches de celles des 8-12 ans : école, famille, copains, sport et petits tracas du quotidien.

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Chronique : Attention ce livre et vraiment destiné au enfants qui veulent lire et on du mal, ou ceux qui aime Donald donc si on accepte ce postulat de base , le livre mêle récit et bd et l’auteur fait du bon travail. C’est une aventure qui rappellent beaucoup les bandes dessinées d’aventure de Barks (avec une touche moderne, bien sûr). Il s’agit d’un récit amusant et pour les enfants je précise et bien qu’il se déroule dans l’univers de Donald, il n’est pas nécessairement lié à lui, vous pouvez donc lire ceci sans une connaissance en profondeur de son personnage. Le récit regorgent de petits jeux de mots subtil et bien placé . Il y a aussi une bonne idée de la façon dont ces personnages sont réinterprétés Mickey, Minnie,Dingo et même Emile montrant des personnalités plus clairement définies qu’auparavant. L’équipe artistique réussit également à capturer l’esthétique et relativement stylisée du dessin et à injecter beaucoup d’énergie loufoque à lire pour le plus grand plaisir.

Note : 9/10

Extrait :

 

  • Broché : 224 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 ans
  • Editeur : Hachette Jeunesse Collection Disney (10 juin 2020)
  • Collection : HJD ALBUMS DIV.
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2017116912

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La théorie des poignées de main de Fabienne Betting, études scientifiques et aventure humaine

Résumé: Antoine Cavallero, doctorant en statistiques, a pris pour sujet de sa thèse l’idée selon laquelle tout individu peut être relié à n’importe quel autre via six degrés de séparation maximum. Lors d’un colloque, un éminent professeur, irrité par son arrogance, l’invite à mettre sa théorie en pratique. Piqué au vif, l’étudiant accepte et se lance dans un tour du monde pour vérifier ce postulat.

Chronique : La première fois que j’ai entendue parler de la fameuse théorie des six degrés de séparation, il ya plusieurs années, j’ai ressenti une sensation de vertige. Imaginez un peu si cette théorie s’avérait vraie chacun d’entre nous se retrouverait liée d’une manière ou d’une autre à chaque habitant de la planète, voilà une idée qui avait le don de me faire tourner la tête car cela me faisait prendre conscience de l’immensité de notre monde et en même temps de son côté minuscule. Avec ce roman Fabienne Betting se propose de mettre en pratique cette théorie en la mettant à l’épreuve du chaos engendré par l’homme et son égoïsme.

Les personnages décrits dans ce récit ne sont pas les plus transcendants que vous aurez l’occasion de lire, ils peuvent même paraître assez banals mais c’est sans doute voulu par l’auteure car cette aventure humaine se doit d’avoir un visage auquel on peut s’identifier facilement. Le propos de l’auteure est ailleurs. Il s’agit de mettre en valeur le travail scientifique face aux réalités du terrain.

En effet le défi auquel doit se confronter Antoine, le personnage principal, est de taille. La théorie est mis à mal par la tragédie que tous les peuples ont connu au cours de leur histoire, la guerre. La guerre ainsi que le chaos et la destruction qu’elle engendre rendent quasi impossible d’étayer cette chaîne universelle si prometteuse. Cette quête déterminée nous offre les meilleurs passages du livre, le voyage entrepris par Antoine se révélera être une aventure humaine qui lui fera tisser encore plus de liens que ne pourrait le faire aucune théorie.

L’autre obstacle qui se dressera face à notre jeune chercheur est plus basique mais tout aussi universel. Il s’agit de la nature humaine et son égocentrisme tout simplement. L’auteure tente de retranscrire la frénésie qui s’empare des internautes dès qu’un sujet devient viral mais son traitement reste malheureusement superficiel et un peu trop scolaire. Le récit manque de chaleur dans son ensemble. En l’occurrence un personnage secondaire aurait mérité d’être développé plus profondément. La mesquinerie humaine, virtuelle ou bien réelle, peuvent donner du corps à un récit sous une plume plus acérée.

L’ouvrage reste une lecture plaisante mais les lecteurs habitués aux fresques plus dense, prenant place à travers le monde entier, risquent de rester sur leur faim. L’auteure à fait le choix d’un récit court, sans fioritures, mais le monde du SSR esquissé dans ce roman aurait pu devenir une magnifique toile avec plus de développement.

Note : 8,5/10

Paru le : 18/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Fabienne Betting
Éditeur(s) : Editions les Escales
Collection(s) : Domaine français
ISBN : 2-36569-462-4

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Les contes du seum de Paul Séré, des coeurs qui battent dans le béton

Résumé: « Avoir le seum » : être énervé, en colère, agacé ou dégoûté.
Une légende du braquage, tombée dans le coma après une mauvaise chute dans une usine de carboglace, se réveille trente ans plus tard au cœur de la cité de Belaire, où les codes ont bien changé.
Une star du foot ruinée revient dans cette même cité, contrainte et forcée de vivre chez ses parents.
Et puis, il y a aussi ceux qui croient avoir une idée de génie : livrer plus de 300 kg de cannabis au milieu des tours en se faisant passer pour des policiers… Sauf que la livraison se déroule pendant une nuit d’émeutes.
Sans oublier le pitbull qui rêve d’obtenir le prix Goncourt.
Tout ce joyeux petit monde se croise dans la cité du Seum.
Quoi de plus relaxant que d’observer des gens galérer alors qu’on est posé à lire tranquillement dans son canapé ?

Chronique : Humoriste, auteur de pièces de théâtre et de one-man show, acteur et maintenant écrivain, on peut dire que l’artiste Paul séré aime ajouter des cordes à son arc. Connu avant tout pour sa participation à la célèbre émission Jamel Comedy club, l’humoriste délaisse les planches de théâtre pour nous livrer sa vision de la banlieue.

Un humoriste est avant tout un observateur de notre société, capable d’extirper nos travers pour nous faire rire, c’est pourquoi son style reste très empreint d’un humour acide ou burlesque qui dépoussière l’image de la banlieue. La première nouvelle nous plonge dans l’esprit d’un pitbull moins féroce qu’il n’y paraît alors que le récit consacré à Omar nous invite dans une patrouille de police inhabituelle qui invoque l’esprit de Louis De Funès.

L’humour fait souvent mouche mais cependant c’est lorsqu’il s’amuse à disséquer les relations entre ses différents protagonistes que l’auteur fait mouche. Tony, le footballeur paumé, a bien des comptes à régler avec sa famille et son père en particulier tandis que l’étoile montante Karim mériterait un développement plus conséquent mais pas forcément dans le contexte de cette nouvelle dystopique.

En effet si le personnage est intéressant la nouvelle dont il est le personnage principal ainsi que celle mettant en avant un braqueur qui se réveille dans un monde qui a bien changé m’ont semblé les moins convaincantes car trop diffuse avec des fins souvent abrupte surtout celle consacrée à Denis.

S’il faut reconnaître un talent de conteur indéniable à Paul Séré ce recueil de nouvelles fait office de mise en bouche agréable mais pas assez rassasiante surtout lorsqu’on entrevoit tout le talent narratif dont il fait preuve. On se prend alors à espérer un récit sans concessions sur la banlieue plus dense avec cette touche d’humour qui le caractérise et ses portraits touchants de personnages à fleur de peau mais avec une conclusion plus travaillé.

Note : 8/10

Paru le : 11/06/2020
Thématique : Littérature Française
Auteur(s) : Auteur : Paul Séré
Éditeur(s) : Cherche Midi
ISBN : 2-7491-6365-X

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Harrison Harrison de Daryl Gregory, on ne badine pas avec Lovecraft

Ce n’est pas compliqué, vous me mettez Lovecraft sur la quatrième de couverture ou à défaut le champ lexical qui a forgé son oeuvre, des mots comme profondeurs, grand ancien, ou encore horreurs tentaculaire et vous avez déjà captivé mon attention. Ajoutez à cela une édition soignée de la part de le Bélial avec effet relief sur la couverture créé avec une sorte de papier glacé délicieux au toucher et les illustrations intérieurs de Nicolas Fructus, gothique et glauque juste comme il faut et vous tenez un ouvrage plein de promesses. Reste à voir s’il va les tenir parce qu’une belle édition ne suffit pas toujours à assurer une belle lecture.

FAIS MOI PEUR…OU PAS

Daryl Gregory avait déjà su me séduire avec son premier roman L’éducation de Stony Mayhall qui possédait cependant un ton plus mature et tendre. Avec ce quatrième ouvrage l’auteur s’essaie à un jeu d’équilibriste dans un univers très codifié et il faut reconnaître qu’il sait doser les différents éléments de son récit même si de manière personnelle j’aurais préféré que l’univers lovecraftien soit plus présent.

Le récit oscille tout au long de ses 300 pages entre le récit d’aventures, le récit initiatique, la comédie et le récit d’horreur. Ce dernier élément sera celui qui restera le moins développé. C’est un peu dommage surtout que la description du collège de Dunnsmouth laissait entrevoir une atmosphère bien glauque, digne des meilleures nouvelles de Lovecraft mais malheureusement pour moi l’auteur a décidé de laisser cette prometteuse ambiance dans les abysses et de se concentrer sur d’autres aspects de son récit.

MERCREDI MÈNE L’ENQUÊTE

Et une fois que mon petit cœur de lecteur eut digéré le fait que l’univers de Lovecraft resterait juste une toile de fond je dois reconnaître que j’ai passé un agréable moment de lecture. L’auteur parvient à nous passionner pour le destin de ce cher Harrison au carré qui se remet bien vite des étrangetés auxquelles il doit faire face à tous les coins de rues. Entre humour décalé et enquête façon club des cinq chez les gothiques le livre est suffisamment divertissant malgré le manque d’épaisseur de son atmosphère.

Quant au final il m’a laissé un arrière-goût d’inachevé, un côté brouillon qui tranche avec le reste du récit plus maîtrisé. Cependant malgré le côté inabouti de ce final il m’a quand donné envie de retrouver Harrison dans le roman Nous allons tous très bien merci dont le présent ouvrage est un prequel.

Résumé: Harrison a un problème avec l’océan. Qui a sans doute à voir avec le fait que lorsqu’il était tout gamin, « quelque chose s’y est passé »… Un quelque chose proprement horrible dont il n’a aucun souvenir conscient, mais qui a coûté la vie à son père, lui vaut une prothèse carbonée en guise de jambe droite, et des douleurs fantômes pour occuper ses nuits. Or, la thalassophobie, quand votre mère est océanographe, c’est assez compliqué. Surtout quand cette dernière se pique de mener une mission improbable au large de Dunnsmouth, petite bourgade portuaire typique de Nouvelle-Angleterre, avec ses pignons, son vieux phare, son architecture georgienne typique, son collège au style gothique suranné et ses habitants aux allures de poissons morts. À moins que ce ne soit l’imagination d’Harrison qui en rajoute un brin… Il faut dire que le poisson, Harrison, il n’aime pas beaucoup ça. Or voilà que sa mère disparaît à son tour, victime d’un accident alors qu’elle disposait des balises en haute mer…

Paru le : 27/02/2020
Thématique : Science Fiction
Auteur(s) : Auteur : Daryl Gregory
Éditeur(s) : le Bélial
Collection(s) : Non précisé.
Contributeur(s) : Directeur de publication : Olivier Girard – Traducteur : Laurent Philibert-Caillat
ISBN : 2-84344-961-8

Cette nuit, on part en vacances de Charlotte Belliere, Ian De haes | 18 juin 2020

Cette nuit, toute la famille part en vacances dans un pays étranger. Il faut charger la voiture, dormir un peu avant, et puis c’est parti. Mais la route, c’est long, surtout la nuit. Alors, on dort, on lit un livre, on écoute de la musique, on traverse des frontières… Partir en voyage de nuit, c’est une grande aventure !

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Chronique : Cet album parle de voyage et tout ce qui va avec sous une forme assez poétique. On va vivre le voyage d’un enfant à son rythme et  sa façon de percevoir le monde. Les deux auteurs traitent de ce sujet avec beaucoup d’intelligence, car il ne s’agit pas d’une simple énumération de lieu.  De ces différents moments partagés, se ressent une grande douceur, une belle sensibilité. Les illustrations apportent une certaine réalité dans ce réalisme de situations. Le personnage  de l’enfant ce construit et développe la  la notion de temps Un très bon livre qui tient toutes ses attentes.

Note : 9,5/10

 

  • Tranche d’âges: 6 – 8 ans
  • Editeur : Alice (18 juin 2020)
  • Collection : Albums
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2874264229

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