Qaanaaq de Mo Malø, premiers pas maladroits sur la banquise

Ah cher capitaine Adriensen je me faisais une joie de découvrir le premier volume de vos enquêtes. Il me semble avoir, à de nombreuses reprises, fait part de ma passion pour le froid, les étendues enneigées et la poésie désespérée qui s’en dégage. Alors lorsqu’un auteur nous embarque dans l’un des derniers bastions de l’hiver éternel je ne peux décemment pas résister.

Et pourtant encore une fois, comme avec nombre d’autres auteurs qui placent leurs intrigues sous le signe de l’aurore boréale, je suis resté à quai. Est-ce le fait que derrière le pseudonyme se cache un auteur français, à savoir Frédéric Mars ? La réponse me paraît plus complexe que ça.

Je dois d’abord vous avouer quelque chose Qaanaaq rarement dans mon existence de lecteur je n’ai autant eu envie de frapper le personnage principal si tôt dans l’aventure. Arrivé à la quarantième page du livre l’auteur a tout fait pour faire de vous une tête à claques insupportable de cynisme et de condescendance. Cela s’arrange un peu par la suite mais la désagréable impression de suivre un personnage antipathique ne m’a jamais vraiment quitté. La démarche de l’auteur était sûrement de mettre en scène un personnage déraciné, un peu bourru et arraché à son quotidien, qui va devoir faire face à son passé et sa terre natale. Le résultat n’a malheureusement pas fonctionné sur moi.

Ensuite Qaanaaq il ya l’intrigue, il va falloir en parler de ça aussi. Ou plutôt les intrigues puisque l’auteur a tenu à intégrer la révélation de tes origines dans ton enquête. Il y a plusieurs choses qui me gênent dans cette intrigue. Tout d’abord les deux interludes, en plus se ne servir à rien dans la narration ils gâchent grossièrement les révélations que l’on finit par ne plus attendre car tout paraît prévisible et attendu. En ce qui concerne l’enquête principale j’ai trouvé son déroulement cohérent, là aussi rien de bien surprenant mais on se laisse porter par cette plongée dans une société groenlandaise écartelée entre préservations des traditions et course à la modernité. Malheureusement en plein milieu du récit l’auteur decide de vous écarter de l’intrigue principale, mon cher Qaanaaq, est vous expédie à l’autre bout du pays, c’est dommage je commençais à vous apprécier dans vos oripeaux d’inspecteurs. Dans le même temps il met en scène une intrigue maladroite et poussive entre deux personnages secondaires qui va amener le lecteur à connaître les dessous de l’affaire qui vous occupe alors que vous-même vous serez encore en train de patauger dans la neige du village oublié de vous partager le patronyme. Vous me pardonnerez d’être sorti de l’histoire à ce moment-là et d’avoir gentiment baillé en attendant la fin, que j’ai trouvé longue à venir.

Il reste le style, la plume de l’auteur alors pour vous faire apprécier le voyage me direz-vous. Et bien je vais encore vous décevoir mon pauvre enquêteur danois mais jamais à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être à vos côtés, de parcourir les rues de Nuuk, d’entendre craquer la neige sous mes pas ou d’avoir eu envie de relever mon col pour me protéger du froid. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être particulièrement exigeant mais le fait est que la plume de l’auteur qui vous met en scène m’a plusieurs fois fait sortir du récit comme si les vents polaires me rejetaient loin de cette histoire.

Et voilà déjà venus le temps de nous dire adieu Qaanaaq, vous n’êtes pas un si mauvais bougre au final et je pense même que sous la plume d’un autre auteur on aurait pu s’entendre mais étant donné la déception finale qu’est notre rencontre je crois que l’on va devoir se dire adieux. Le tumulte du quotidien et la profusion d’oeuvres, littéraires ou autres, qui se trouvent à ma portée me font sérieusement douter que l’on se retrouve un jour vous et moi.

Résumé: Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?
Flanqué de l’inspecteur inuit Apputiku – grand sourire édenté et chemise ouverte par tous les temps –, Qaanaaq va mener l’enquête au pays des chamanes, des chasseurs de phoques et du froid assassin. Et peut-être remonter ainsi jusqu’au secret de ses origines.

  • Éditeur : La Martinière (31 mai 2018)
  • Langue : : Français
  • Broché : 496 pages
  • ISBN-10 : 2732486302
  • ISBN-13 : 978-2732486307

Une vérité à deux visages de Michael Connelly, quand Connelly dévie (légèrement) de sa formule habituelle


Difficile pour un auteur de se renouveler après tant d’années à écrire le même personnage. Qu’on le veuille ou non un auteur s’enferme dans une routine qui le conduit à produire des œuvres qui, si on a de la chance, se maintiennent en qualité. Parfois un auteur va avoir envie de sortir de sa zone de confort en délivrant une aventure de son personnage fétiche qui sort un peu de l’ordinaire routinier au risque de ne pas combler les attentes des lecteurs.

C’est sans doute ce qu’a tenter de faire Michael Connelly avec cette énième enquête de l’inspecteur Harry Bosch. Mais la tentative apparaît maladroite et inaboutie.

Du côté des habitudes narratives de l’auteur on retrouve le système bien connu des lecteurs de la double enquête que l’auteur pratique depuis quelques volumes de sa série Harry Bosch. Très procédurier dans sa narration l’auteur a toujours refusé de recourir à la tentation de réunir soudainement les deux enquêtes lors du déroulement de l’intrigue. Michael Connelly reste fidèle à sa technique d’enquêtes miroir. Et si les deux possèdent leurs qualités, on ne peut s’empêcher de constater que les deux manques de consistances.

La première a le mérite de mettre en lumière un fait de société méconnue. L’addiction au médicament antidouleur et tout le trafic qui en découle. Le système de santé qui sévit aux États-Unis est particulièrement injuste et conduit certains citoyens en difficulté à recourir à tous les moyens possibles et inimaginables pour obtenir leurs doses de drogues légales. Une addiction qui les places sous la coupe de trafiquants sans scrupules et avides de gains. Pourtant passer cet exposé social intéressant l’enquête se révèle trop linéaire et simpliste. Le profil des victimes est survolé alors que l’empathie dont fait preuve Bosch est toujours une composante essentielle de ses enquêtes. La résolution de cette première enquête se révèle expédiée au cours d’une scène d’action qui a le mérite d’être crédible étant donné l’âge avancé de notre héros.

La seconde enquête se révèle procédurière et tient plus de l’épisode juridique que d’une véritable enquête policière. Cela fait plaisir de retrouver le demi-frère de Bosch, un personnage quelque peu délaissé par l’auteur, mais je n’avais pas prévu qu’il occupe une place si importante dans l’intrigue. Bosch se retrouve avec un rôle plus passif même si c’est son flair imparable qui permet de déceler le loup dissimulé derrière une apparence de justice.

De plus l’épilogue de ce volume des enquêtes d’Harry Bosch tire un peu en longueur. Le rapprochement avec l’explorateur Livingstone tombe comme un cheveu dans la soupe, trop peu, trop tard. Et Bosch l’infaillible, et un peu chanceux aussi, parvient à boucler une enquête en souffrance depuis quinze ans en deux chapitres. Tant mieux pour lui mais moi au terme de ma lecture je reste un peu sur ma faim.

Cette vérité se révèle au final un peu fade. Connelly a toujours aimé alterner les enquêtes approfondies avec d’autres plus orienté vers l’action mais là aucune des deux enquêtes ne m’ont satisfait. Elles manquent toutes deux de consistances pour rendre ce volume des aventures d’Harry Bosch mémorable.

Résumé: Travaillant toujours bénévolement aux affaires non résolues pour la police de San Fernando, Harry Bosch est appelé sur une scène de crime dans une pharmacie. Les deux employés, père et fils,viennent d’être assassinés par des tueurs à gages et toutes les pistes s’orientent vers un trafic de médicaments antidouleurs qui, pris inconsidérément, se transforment en véritables drogues. Bosch n’hésite pas une seconde et se lance dans l’enquête.
Mais voilà qu’il est soudain accusé par la police de Los Angeles d’avoir, trente ans plus tôt, trafi qué des éléments de preuve pour expédier un tueur en série au couloir de la mort. Bosch va devoir prouver son innocence, et la partie est loin d’être gagnée d’avance. Car il existe bien deux sortes de vérité: celle qui conduit à la liberté et l’autre, qui mène aux ténèbres…

  • Éditeur : Calmann-Lévy (16 octobre 2019)
  • Langue : : Français
  • Broché : 432 pages
  • ISBN-10 : 2702156940
  • ISBN-13 : 978-2702156940

Fils-des-brumes tome 2 le puits de l’ascension, La subtilité et la lourdeur sont dans un bateau…la subtilité tombe à l’eau

Le livre de poche a réussi à enlaidir encore plus la couverture originale

Dieu que c’était long. On ne va pas se mentir ce volume deux de la saga de Brandon Sanderson tire en longueur. Plus de 1000 pages pour une histoire qui souffre d’immobilisme. Détaillons tout cela ensemble.

Commençons par les aspects positifs du récit. Sanderson maîtrise à merveille la narration de ses scènes d’action. On a l’impression qu’une caméra suit Vin durant ses voltiges au-dessus des toits de Luthadel. Les pouvoirs de l’allomancie permettent des actions fantastiques et la plume dynamique de l’auteur retranscrit ses scènes avec une vitalité digne des meilleurs films d’action. Le livre s’ouvre d’ailleurs sur un affrontement mémorable entre Vin et huit adversaires. Malheureusement cette scène d’ouverture sera aussi la meilleure de tout le récit.

Au niveau de l’intrigue ce n’est pas le même son de cloche. Stagnation est le mot qui représente le mieux ce second volume. En entamant la lecture je m’attendais à certaines longueurs, difficile d’y échapper sur un ouvrage aussi épais, mais pas à ce que l’auteur fasse autant traîner en longueur son intrigue. Parvenu à la seconde moitié du récit je me suis amusé à faire le bilan des différentes intrigues exposées en début d’ouvrages. Le siège de Luthadel ? Toujours en cours et les différentes forces en présence se regardent en chien de faïence sans qu’il ne se passe grand chose. La recherche des réserves d’atium ? Tout le monde s’en inquiète mais personne n’a le moindre début de piste. Le fameux puits de l’ascension dont il est question dans le titre? Deux érudits pencheront sur la question au cours de chapitre d’un ennui abyssal jusqu’à ce que Vin se décide à explorer le lieu qui paraît le plus évident. La menace nébuleuse qui promet d’être encore plus redoutable que les dangers déjà présents ? Et bien elle restera toujours aussi nébuleuse une fois parvenu, laborieusement, à la conclusion de ce tome qui ne m’a guère convaincu. Le personnage de Vin incarne à mon sens cette stagnation. Toujours plus puissante, toujours plus redoutable, mais niveau développement du personnage c’est le néant absolu. Vin achèvera l’ouvrage de la même manière qu’elle a débuté, surpuissante et amoureuse d’Elend.

Et si ce surplace narratif était au moins l’occasion pour Sanderson de développer des intrigues politiques subtiles et la psychologie de ses personnages cela aurait le mérite de consolider son univers. Mais il n’en est rien. Les intrigues politiques tournent essentiellement autour d’Elend et de la toute jeune république qu’il est parvenu à mettre en place en un an à peine. L’auteur met en place des complots, des tentatives d’assassinat et même un coup d’État pour au final que tout se résolve à l’aide de l’allomancie et d’une très grosse épée. C’était bien la peine de tenter d’être subtil pendant près 800 pages pour conclure tout ceci a la manière de Gemmel.

L’auteur s’est-il rendu compte de tout le potentiel gâché de son histoire à mesure qu’il amène une conclusion bourrine qui va à l’encontre de tout ce qu’il a pu développer durant les deux premiers tiers de son récit ? Le fait est que ses personnages n’en sortent pas grandi. Les nouveaux personnages introduits dans ce second opus sont les victimes collatérales de cette intrigue maladroite. Zane avait un potentiel certain dans le rôle de l’observateur ténébreux qui a toujours l’air d’en savoir plus que les autres mais il se révélera creux et ne servira qu’à ébranler, de manière superficielle, les convictions de Vin. Le personnage de Tindwyl apporte une fraîcheur bienvenue avec son franc-parler et son intransigeance, mais se retrouve mis de côté une fois que l’auteur saborde tout un pan de son intrigue. J’éviterais d’aborder le cas de Straff et de Cett qui ne servent qu’à faire du remplissage.

La principale victime se révèle être Elend. Ce tome sera l’occasion d’assister à la naissance d’un monarque. L’érudition et la diplomatie de ce jeune dirigeant sont les qualités, et aussi les armes, mises en avant durant les trois quarts du récit, donnant lieu à des passes d’armes qui manquent un peu de sel, la platitude des dialogues est aussi un des défauts de l’oeuvre, mais qui ont le mérite d’inscrire le personnage dans une ambiance de complots et de jeux politiques rarement vus dans le domaine de la Fantasy. Pourtant malgré tout le développement subtil accordé à ce personnage l’auteur va décider de l’écarter, littéralement, de la conclusion alors même qu’il s’agit de sa véritable prise de pouvoir du personnage qui, pour le coup, manque cruellement de panache et va à l’encontre des principes défendus par Elend. À la toute dernière page du livre Elend a gagner un statut qui le rend puissant sur le papier mais faible en matière de psychologie et de développement du personnage.

Ce tome donne la désagréable impression que l’auteur a suivi une voie durant une grande partie de son récit avant d’opérer une volte-face narrative expéditive qui sacrifie la subtilité au nom de l’action explosive. Une fracture d’autant plus dure à digérer qu’elle justifie mal l’épaisseur du récit et qui donne à l’ensemble de ce second volume une impression d’intrigue bâclée.

Résumé: En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture, le jeune noble idéaliste, doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.
Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?

  • Éditeur : Orbit (13 octobre 2010)
  • Langue : : Français
  • Taille du fichier : 4049 KB
  • Synthèse vocale : Activée
  • Composition améliorée : Activé

Titus et les lamas joyeux – Mission sac de piscine / Au secours, un ado de de Anne-Gaëlle Balpe (Auteur), Zoé Plane (Illustrations)

Les Lamas Joyeux sont toujours prêts et ils n’ont peur de rien.

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Chronique : Une BD surprenante qui explique en douceur et permet une réflexion sur l’amitié et la fraternité plutôt saine pour éviter parler de la vie scolaire. Les illustrations en couleurs sont exceptionnelles sur les expressions des personnages, du fait du trait caricatural, ce qui va vous valoir des crises de fous rires !
Vous avez soif de mésaventures… euh, d’aventures très marrantes avec des personnalités complètement décalées, cette bande dessinée est pour vous !

Note : 9,5/10

Éditeur : Nathan (1 octobre 2020) Langue : : Français Relié : 40 pages ISBN-10 : 2092594486

Nom d’un Poulpe ! : Le Pacte de l’amitié de MISS PATY

La famille Poulpe est prête pour les vacances, leur fils Tom a enfin atteint l’âge de visiter la Surface. Dernière étape avant de sortir de l’eau : la métamorphose !

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Chronique : Bravo à Miss Paty pour cette belle bd plein de gribouillis, de différentes polices de caractères pour l’écriture des jeunes lecteurs le trouveront intéressant. Même si le livre a 96 pages, la quantité d’écriture sur chaque page est très bien maitrisé que ce soit dans les dessins comme des textes. Ainsi, le livre peut être facilement consommé par les jeunes lecteurs. L’histoire est simple et certains lecteurs pourraient trouver cela un peu long, mais ce serait un excellent choix pour un enfant d’âge moyen qui vient de commencer à lire seul.

Note : 9/10

Éditeur : Slalom (13 août 2020) Langue : : Français Broché : 96 pages ISBN-10 : 2375542509

Steam Sailors – tome 2 Les Alchimistes – 19 novembre 2020 de E.s. Green

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas- Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…

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Chronique : Steam Sailors se déroule dans un univers steampunk où le monde est divisé en deux : celui d’en Bas (royaume des Ingénieurs) et celui d’en Haut (ancien royaume des Alchimistes, aujourd’hui disparus) rendu inaccessible depuis la Grande Fracture. Prudence est issue du Bas-Monde et a des dons psychiques qui la mettent à l’écart de ses pairs jusqu’à ce qu’elle soit enlevée par les pirates du navire de l’Héliotrope ! S’ensuit une chasse au trésor pour retrouver la cité perdue des Alchimistes, des courses poursuites avec la marine royale et la découverte d’un univers fantastique !

Le personnage de Prudence est attachant, c’est une adolescente qui a toujours su se débrouiller par elle même et elle ne compte pas laisser une bande de pirates lui dicter ce qu’elle doit faire ! De même, on a des pirates pas si méchants qu’on a presque envie d’avoir pour grands frères tant ils sont tendres avec leur petite Prudence. Et c’est malheureusement là que le bât blesse : le manichéisme et le manque de complexité des personnages. Steam Sailors est un roman jeunesse, pas jeunes adultes, et ça se ressent à la lecture. Les personnages sont presque caricaturaux par moments et très manichéens : les pirates sont gentils, Prudence est débrouillarde et gentille, les soldats de la flotte royale sont des gros méchants. De même, les obstacles sont rapidement surmontés et nos héros ne sont jamais en réelles difficultés. Pour autant, cela n’a pas gêné ma lecture, j’ai été transportée par les talents de conteuse d’Ellie S. Green : ce roman est basé sur une histoire qu’elle racontait à ses frères et ça se sent pour le pire comme pour le meilleur.

Autant vous le dire tout de suite, si ce roman est un coup de coeur malgré ses petites erreurs, c’est avant tout grâce à son univers ! Savant mélange de La Planète au Trésor et Pirates des Caraïbes, on y retrouve un monde avec des créatures fantastiques, où les différentes races se mêlent malgré un passé trouble. Quel plaisir ça a été d’aller à Port-Régal (si je ne me trompe pas de nom), puis de naviguer dans les airs jusqu’au Nord et jouer à une sorte de hockey sur pont de navire avec les hommes du Nord… Ce roman a tout pour faire rêver les enfants et jeunes adolescents

Note : 9/10

Éditeur : Gulf stream éditeur (19 novembre 2020) Langue : : Français Broché : 384 pages ISBN-10 : 2354888112

Star Wars : L’Ombre de la reine Poche – 3 décembre 2020 de E. K. JOHNSTON

Quand l’heure est venue pour Padmé Amidala de rendre sa couronne de reine de Naboo, elle est prête à reprendre le cours d’une vie normale.

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Chronique : C’est exactement le livre que je voulais, c’est exactement le livre dont chaque fille qui a rencontré Padmé pour la première fois à l’âge de 8, 10, 12 ans a besoin parce que ce livre est exactement ce que mérite chaque fille qui a voulu croire qu’elle avait sa place dans Star Wars.

E.K. Johnston, comme d’habitude, fait passer ses personnages à un niveau supérieur. Ceux que vous connaissez et aimez – Padmé, Sabé, Captain Tanaka, Bail Organa- et les nouveaux brillent tous de leur propre voix, de leurs propres objectifs et de leurs propres désirs. C’est un témoignage de l’excellente écriture de Johnston que j’ai pu entendre le dialogue dans la voix de Natalie Portman, dans celle de Keira Knightley, surtout dans celle de Jimmy Smitt, pendant que je lisais.

Les personnages sont intrinsèquement liés à la Guerre des étoiles, bien sûr, mais ils ont aussi quelque chose de frais et de réel. Ils veulent des choses tellement réelles que c’est déchirant de savoir ce qui leur arrive, de savoir ce qu’ils ne peuvent pas avoir. Ce livre parle de vouloir, de Padmé qui trouve ce qu’elle veut, qui trouve sa place dans la galaxie. Il parle du changement et de tous les changements qu’elle subit après une transition majeure. Padmé et Sabé apprennent à redevenir Padmé et Sabé, au lieu d’être la reine Amidala. Et c’est merveilleux d’avoir un livre qui ne s’excuse pas de ce que ses dames veulent.

Ce livre est calme. Il y a beaucoup de politique, de difficultés et de catastrophes à éviter, mais il y a aussi ces doux moments de pure amitié. Comme la mode de Naboo, l’intrigue elle-même est parfaitement conçue pour Padmé : elle semble intimidante, frivole et extravagante, mais elle est en fait pratique et intelligente, un filet de sécurité défensif et une arme tout en un. (Et la mode ! Ce livre se concentre sur les robes et le maquillage de Padmé avec la même gravité que les autres livres de Star Wars reposent sur des sabres laser, ce qui est parfait, car les armes de Padmé sont ses robes et ses déguisements).

Et ça… colle. Ce livre est si bien relié aux autres canons de la Guerre des étoiles – les films, évidemment, mais aussi la série animée Clone Wars. Même si vous n’avez jamais vu que les films, vous ne pourriez jamais être perdu dans ce livre, et c’est une porte d’entrée parfaite pour plus de Padmé. Ce livre est destiné aux personnes qui voulaient plus pour Padmé, qui savent qu’elle mérite plus que ce que les films lui ont donné, qui ont grandi en l’aimant à cause et malgré tout ce qu’elle était et aurait pu être. Ce livre s’adresse aux fans de Star Wars qui veulent plus d’histoire, plus de connaissances sur ces personnages et la galaxie dans laquelle ils vivent, et ce livre s’adresse aux filles qui aiment Star Wars et qui s’accrochent à Padmé comme l’une des rares femmes qu’elles voient à l’écran. Ce livre est destiné à toutes les filles qui aiment Star Wars et qui se sont fait dire qu’elles n’étaient pas de vraies fans de Star Wars parce que Padmé est son personnage préféré. Ce livre s’adresse aux fans de Star Wars qui sont des filles qui aiment Star Wars. Ce livre est destiné aux fans de Star Wars.

Note : 9,5/10

Éditeur : Pocket (3 décembre 2020) Langue : : Français Poche : 336 pages ISBN-10 : 2266299484

Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant de Jung Jaehan, tel une ritournelle pop entêtante

On se souvient toujours de ses premières fois. Encore plus lorsqu’il s’agit d’une double première fois. Première escapade dans le polar sud-coréen et première lecture de la toute jeune maison d’éditions matin calme, qui a l’air de se spécialiser dans ce sous-genre. Mais tout le monde sait qu’une première fois peut se transformer en très mauvaise expérience. Alors qu’en est-il de cette lecture ?

Décalé pourrait être le mot qui la définirait le mieux, au premier abord. Décalé par son humour et ses personnages aux caractères exacerbés qui font inévitablement penser à des caricatures de manga. Pourtant l’intrigue en elle-même suit des sentiers balisés assez classiques rendu effrénée par son rythme qui donne l’impression qu’elle ne s’arrête jamais. Un rythme que l’on peut vraiment ressentir à la lecture par le biais de ces onomatopées retranscrite tel quel et qui me font faire le parallèle vers la musique pop, et la K-pop en particulier, à laquelle il fait de nombreux clins d’œil.

Durant une grande partie de l’ouvrage c’est la caractérisation des personnages qui m’a fait peur. En effet avec leurs postures de personnages très sûr d’eux, leurs langages familiers et leur arrogance manifeste j’avais l’impression de me retrouver devant une affiche d’un concert de K-pop, c’est beau, c’est flashy mais lorsque vous retournez l’affiche il n’y a que du blanc. J’attendais que l’auteure consolide son trio de personnages principaux. Elle n’y est parvenu qu’à moitié. En effet le beau gosse nécromant dont il est question dans le titre, et qui se nomme Nam Han-jun, dissimule, derrière son caractère outrancier, une grande empathie et s’il n’hésite pas à soulager ses concitoyens de leurs billets il ne supporte pas l’injustice. Ses airs arrogants et ses capacités de déductions le placent dans la lignée des héritiers de Sherlock Holmes. Au final il se révèle comme le personnage le plus abouti et heureusement me direz-vous c’est quand même lui qui tient le haut de l’affiche.

On ne peut malheureusement pas en dire autant de ses deux compagnons d’enquêtes. Si Su-cheol n’est pas développé au-delà de son rôle de gros bras chargé de les sortir de pires situations ses interventions restent quand même plus digestes que ceux de la sœur du héros, Hye-jun, dont chaque apparition me faisait penser à ce cliché de personnage féminin hystérique dont raffolent les mangakas. Mais si vous savez ces personnages qui passent leur temps à hurler sur les autres personnages souvent de sexe masculin, la bouche déformée par la colère et bien souvent armé d’une masse deux fois plus grosse qu’elle. Proprement insupportable.

L’intrigue a le mérite de dévoiler deux aspects bien distincts de la culture coréenne. La culture des teen idols d’une part, pour le côté cupide et sordide, et l’ancrage traditionalistes et superstitieux de l’autre. Une dichotomie qui se rejoint sur un point en particulier; là où se niche les peurs et les désirs des gens il y a toujours de l’argent à se faire.

Et c’est sur cette abrupte conclusion que s’achève cette première lecture Sud-coréenne. Une découverte agréable, souvent drôle, mais qui va devoir faire ses preuves en approfondissant ses personnages et en évitant de tomber dans la formule un peu facile de la comédie policière.

Résumé: Bienvenue au cabinet secret de Nam Hanjun, alias Beau Gosse, pseudo-chaman et authentique escroc. Avec ses deux complices, Hyejun, sa petite-sœur hackeuse de génie et Sucheol, dit Mammouth, détective privé, ils offrent à leur riche clientèle des  » divinations  » sur mesure qui font leur succès.
Un soir, une cliente les appelle après avoir cru apercevoir un fantôme dans sa cuisine. Quand ils arrivent leur présence attire l’attention d’un voisin qui prévient la police. Une jeune inspectrice se rend sur place, Ye-eun, experte en arts martiaux, que ses collègues surnomment justement le fantôme tant elle est rapide et discrète. Dans la cave de la maison, elle découvre le cadavre d’une adolescente recherchée depuis un mois.

  • Éditeur : Matin calme (3 septembre 2020)
  • Langue : : Français
  • Broché : 326 pages
  • ISBN-10 : 2491290219
  • ISBN-13 : 978-2491290214

Le village perdu de Camilla Stein, the blaireaux ouitch project

Il n’y a tellement rien qui va dans ce « thriller » que je ne sais même pas par où commencer. Encore une fois je me suis fait piéger par les sirènes de la nouveauté et de la quatrième de couverture. Ce n’est pas compliqué, moi, vous me dites village fantôme, atmosphère brumeuse et fait divers mystérieux je fonce direct. Je dois sans doute me résigner à encore me faire avoir dans mes lectures ultérieures, ainsi va la vie de lecteur.

Qu’est-ce qui m’a le plus déçu dans ce primo roman? Entre les personnages insipides à la caractérisation pataude et bourrée d’incohérences et la narration maladroite et percluse de lourdeur stylistique mon cœur balance. Non, soyons honnêtes, je crois que c’est cette narration à double temporalité qui remporte la palme. Pour une fois je ne peux pas dire que les chapitres se déroulant dans le passé ne servent qu’à faire du remplissage. En effet c’est grâce à eux, et à eux uniquement, que le grand mystère mystérieux du village perdu sera levé. Un mystère qui n’a rien de transcendant et qui demeure survolé, la résolution se révèle prévisible, à un point que l’on se demande comment le fait divers a pu rester insoluble durant tant d’années.

Et les chapitres se déroulant dans le présent me direz-vous ? Eux doivent être intéressants, ils doivent nous plonger dans une atmosphère angoissante ? Parcourir les rues désertes du village doit nous faire ressentir une aura particulière non ? Arpenter les maisons délaissées doit nous plonger dans une ambiance glauque et nous faire ressentir l’humidité de ces murs qui gardent un secret morbide que les personnages vont s’efforcer de résoudre ? Et bien non, à aucun moment je n’ai été plongé au cœur de ce village abandonné. La faute a un style rebutant sur lequel nous reviendrons. Mais aussi à des personnages qui passent leur temps à s’enfuir parce qu’ils ont vu une ombre ou entendu des voix. La palme revenant à cette chère Alice, qui apercevant une silhouette dans leur camionnette préfère s’enfuir à toutes jambes plutôt que de la confronter enfin, sachant que son amie a disparu. Des personnages complètement inutiles, tout juste bon à mourir après que l’on soit difficilement parvenue à se souvenir de leurs noms. Jamais ils n’enquêteront sur le mystère du village, à part pour réunir deux trois dessins, alors même qu’une piste solide est évoquée au début de l’intrigue. Jamais ils ne mobiliseront leurs ressources pour s’en sortir, ils passeront l’ensemble du récit à courir de bâtisse en bâtisse dans le vain espoir d’échapper aux ombres qui les traquent. Ça en devient désespérant de paresse narrative.

Qu’en est-il du style ? Alors plutôt que de faire un paragraphe dans lequel j’exposerais pourquoi la plume de Camilla Stein est à fuir absolument je vais plutôt vous donner un exemple concret de la lourdeur narrative de ce roman. J’ai choisi un court passage qui condense tous les défauts que je lui reproche, il ne contient aucune révélation. Il s’agit de la narratrice Alice qui réagit à une réplique d’un de ses compagnons de galère.

-et combien de temps es-tu partie ?

Il y a un truc qui me dérange : sa voix, sa posture, sa façon de baisser la tête, le menton collé à la poitrine. L’absence d’étonnement dans sa voix.

Alors avec toutes ces précisons si vous n’avez pas compris que le personnage qui a lancé la réplique cache quelque chose arrêtez la lecture et consacrez-vous à une autre passion. C’est lourd, pataud alors que c’est une observation qui se fait en une fraction de seconde. Inutile d’insister autant sur la gestuelle. Une simple remarque sur l’absence de sincérité dans la voix aurait suffi au lieu d’alourdir le récit ainsi. J’ai pris cet exemple parce qu’il cristallise les défauts du récit mais dîtes-vous bien que tout le roman est écrit ainsi.

Je ne vais pas passer plus de temps sur ce roman qui est raté sur tous les points et qui n’a même pas la décence de proposer une intrigue originale à défaut d’être bien écrit. Une lecture que je vous conseille de fuir au risque de vous dégoûter du polar nordique.

Résumé: 1959. Silvertjärn. La population de cette petite cité minière s’est mystérieusement évaporée. A l’époque on a seulement retrouvé le corps d’une femme lapidé et un nourrisson.
De nos jours, le mystère reste entier.
Alice Lindstedt, une documentariste dont la grand-mère est originaire du village, part avec une équipe explorer la cité fantomatique, en quête des secrets de cette tragédie.
Mais la piste de l’ancien pasteur du temple déterrera la mémoire d’un sombre passé…
Un passé qui hante encore le présent et semble avoir réveillé les ombres du village perdu.

  • Éditeur : Le Seuil (1 octobre 2020)
  • Langue : : Français
  • Broché : 432 pages
  • ISBN-10 : 2021426521
  • ISBN-13 : 978-2021426526

Alien, le 8e voisin de Spiotto Joey

Le xénomorphe comme vous ne l’avez jamais vu ! Retrouvez l’univers de la saga Alien dans ce petit livre cadeau qui à travers différentes scènes, très drôles et bourrées de clins d’oeils, imagine la vie quotidienne du plus terrible monstre du cinéma. A mourir de rire !

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Chronique : La couverture de l’extraterrestre et du landau a attiré mon attention et contient une douzaine de dessins animés sur un seul panneau, mettant en scène un xénomorphe et parfois un étreinteur de visage engagé dans les activités quotidiennes. Le créateur/artiste Joey Spiotto y intègre des personnages, principalement Ripley, et des références aux différents films d’Alien, dont AVP.

Il y a des panneaux très bêtes comme l’extraterrestre qui porte des oreilles de lapin en peignant des oeufs d’extraterrestre en prévision de Pâques et, plus tard, l’extraterrestre en tenue de fan de sport qui encourage les Face Huggers. Les panneaux que j’ai particulièrement appréciés avaient des références aux films. Par exemple, l’extraterrestre mangeant des Promethe-O’s qui fournissent une bonne source de vitamine ADN et un jouet de vaisseau spatial abandonné gratuit à l’intérieur, ou l’extraterrestre jouant à un jeu d’arcade et dont l’écran affiche « Game Over Man » se distinguent. J’ai bien ri tout au long du livre.

L’art de Spiotto est adorable, et il est proprement illustré et écrit là où c’est nécessaire. Ce livre serait mieux adapté aux fans de la franchise Alien et aurait probablement une valeur de relecture plus élevée que pour une personne qui ne connaît pas ou n’a aucun intérêt pour Alien.

Note : 9,5/10

Éditeur : Huginn & Muninn (20 mai 2016) Langue : : Français Broché : 80 pages ISBN-10 : 236480440X