Dans ma ruelle, il y a… de Melanie Perreault et Julien Castanie | 31 décembre 2019

Il existe toutes sortes de ruelles, et chacune a sa personnalité. Celle imaginée par Mélanie Perreault et Julien Castanié est rocambolesque, pleine de surprises et abrite une foule d’habitants attachants. Explorez le côté jour où les enfants reviennent de l’école, puis le côté soir où petits et grands s’amusent lors d’une fête de quartier. Ce leporello permettra au lecteur de ressentir les joies citadines avec gaieté et nostalgie.

Chronique : Une frise  pour les enfants avec ce livre des éditions 400 coups au recto verso  qui est cartonné, très coloré, facile à manipuler. L’enfant va pouvoir créer sans fin ses propres histoires, développer son imaginaire et enrichir son vocabulaire avec une idée de base un livre ludique qui permet à l’enfant d’associer les éléments envers un autre. Superbe.

Note : 9,5/10

 

  • Tranche d’âges: 6 – 8 ans
  • Editeur : 400 Coups jeunesse
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2895407789

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Grandir avec Nathan/Des idées pour occuper (intelligemment !) vos enfants

Avec l’épidémie de Coronavirus et la décision de confinement, Nathan à réorganisé ses meilleures idées pour faire l’école à la maison, bricoler avec ce que l’on a sous la main, faire de la gym et se détendre en famille.
Le site sera mis à jour régulièrement avec de nouveaux contenus, comme des coloriages à imprimer, n’hésitez pas à y revenir et à le partager !

Vous trouverez :

–          Les meilleures idées pour faire l’école à la maison

–          Des activités manuelles à faire avec ce que vous avez sous la main

–          Des jeux simples à partager en famille

–          Des occupations à faire en toute autonomie… pour laisser travailler les parents

–          Des petits exercices de gym et des positions de yoga adaptés aux enfants pour se détendre

–          Comment s’organiser et bien vivre ensemble en famille

–          Et encore plus de surprises pour les enfants jusqu’à 10 ans.

Et bien évidemment, tout est gratuit et disponible pour tous.

http://www.grandiravecnathan.com/

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Laisse moi entrer de John Ajvide Lindqvist / bragelonne terreur / 11 mars

Résumé: Oskar a 12 ans et vit avec sa mère dans une banlieue glacée de Stockholm. Solitaire et discret, martyrisé au collège, Oskar n’a d’yeux que pour sa nouvelle voisine. Elle est si différente ! La petite fille ne sort que le soir, ne craint ni le froid ni la neige, et exhale une odeur douceâtre et indéfinissable. Oskar trouvera en elle un écho à sa propre solitude et ils deviendront vite inséparables. Mais que penser des meurtres et disparitions inexplicables qui se multiplient dans le quartier depuis son arrivée ?

Chronique: C’est par son second roman Le retour des morts que j’ai découvert Lindqvist et je garde un assez bon souvenir de cette lecture. J’avais trouvé sa relecture du mythe des morts-vivants, sous un prisme social, intéressante malgré quelques longueurs. C’est pourquoi je me suis lancé dans la lecture de son tout premier roman confiant dans ses talents.

Hors les longueurs c’est vraiment la seule chose que je retiens de cette nouvelle itération sur le thème du vampire. Sa vision du vampirisme n’apporte rien d’original. À sa décharge notons qu’il devient vraiment difficile de proposer quelque chose d’original sur ce thème. Cela étant dit cela n’excuse pas les errances de l’intrigue.

L’auteur multiplie les personnages avec leur propres arcs scénaristiques, non seulement ceux-ci se relèveront peu passionnants et sans véritables liens avec l’intrigue principale. L’aspect social est primordial dans ce premier récit de l’auteur suédois. La société suédoise des années 80 n’avait pas l’air d’être des plus reluisantes tant l’auteur insiste sur la misère sociale. Malheureusement il ne parvient pas à créer de l’empathie pour ses personnages que ce soit Tommy et sa crise d’adolescence sans relief ou Lacke et sa bande d’amis qui prennent une place trop importante alors que le véritable personnage de cette partie du récit est Virginia, qui n’est pas assez mise en avant pour que l’on ressente suffisamment d’empathie pour son sort.

À côté de ses digressions sans saveur, la relation entre Oskar et Eli est censée portée le récit. Oskar, personnage principal du roman, est crédible dans son rôle de tête de turc mais l’évolution du personnage est bancal, tantôt courageux et prêt à régler ses comptes avec ses tourmenteurs, tantôt passif comme si l’auteur ne parvenait pas à choisir comment faire évoluer son personnage. Quant à Eli son personnage est nimbé de mystère durant la majeure partie de l’histoire ce qui n’aide pas à créer une osmose entre ces deux parias. La révélation de ses origines arrivent trop tard et de manière trop succincte pour relancer le récit.

Une lecture assez mitigée donc et ce n’est pas la fin précipitée et narrée de manière maladroite qui va arranger les choses.

Note : 6/10

COLLECTIONL’Ombre
NOMBRE DE PAGES600
ISBN979-10-281-0345-3
TRADUCTEURSCarine Bruy

Puzzle de Brest de Yann Le Rest et Pascale Tamalet | 11 mars 2020

Un vent de panique s’empare de l’aquarium d’Océanopolis à Brest quand on découvre des restes humains en suspension dans un bassin
Chronique : Nous sommes ici face à livre qui dès les premières pages nous entraine dans une superbe roman. Plus on tourne les pages, et plus on se rend compte que l’on est dans une autre dimension. L’histoire raconte comment le capitaine Hadrien Fox, qui commande le commissariat du port, tient une piste intéressante quand il apprend la disparition récente de deux membres de l’équipage du Sea Paradise, un paquebot de croisière retenu à Brest par une avarie. D’autant plus qu’un clochard affirme avoir vu des hommes en combinaison noire porter deux sacs assez grands pour contenir des macchabées près du bureau des Affaires maritimesImmédiatement happé par les premières pages, le lecteur est plongé aux côtés des protagonistesLa construction du roman est parfaite, les points positifs sont nombreux, c’est un sans-faute concernant le scénario. Pour ce qui est de l’écriture, il n’y a aucune lourdeur, le style reste simple, rythmé et efficace. Aucun de ses personnages n’est stéréotypé, chacun a ses ambiguïtés, là aussi le travail est époustouflantQuant aux décors et aux descriptions, on n’est pas déçu. On visualise les scènesMais ce n’est pas tout, impossible de révéler un des gros rebondissements de l’histoire, mais il nous fait basculer dans une autre dimension, tel un triller paranoïaque, il nous fait vibrer et nous questionner encore plusLe livre est un vrai turn-over, on le dévore d’une traite, pour assécher cette soif de savoir qui nous conduit vers la fin.`Les points négatifs, il y en a un petit; si l’on devine rapidement l’élément-clé qui explique tout, cela gâchera un peu le plaisir. Néanmoins, la mise en place de l’intrigue est tellement parfaite et bien ficelée qu’à la fin, même si vous veniez à deviner il y a toujours les explications des différents indices semés tout au long du Roman, et que l’on avait manqué. J’ai été époustouflée par ce travail de recherche de Yann Le Rest et Pascale Tamalet. J’ai été conquit par leurs imagination débordante et capacité à conduire un récit haletant plein de rebondissements. Un super roman à lire, où on ne s’ennuie jamais.

Note : 9,5/10

  • Broché : 240 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (11 mars 2020)
  • Collection : Cal-Lévy-Territoires
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2702167403

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Calame, T1 : Les Deux Visages /11 mars 2020 de Paul Beorn

Après un an de guerre civile au royaume de Westalie, une rébellion est écrasée dans le sang au cours de l’assaut contre la capitale. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué dans un affrontement avec le roi lui-même et ses partisans sont jetés au cachot.

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Chronique: La production française en matière de littérature d’heroic fantasy est encore trop rare pour ne pas se permettre de souligner la sortie d’une nouvelle saga qui s’inscrit dans la lignée des meilleures productions du genre.

C’est en nous contant la défaite de ses héros que l’auteur a décidé de débuter son périple. Un choix original qui installe d’emblée un suspens insoutenable et nous fait rentrer dans le vif du sujet. Même si le récit s’installe progressivement dans une narration plus classique, ce parti pris de faire commencer sa saga par ce qui est souvent la fin dans d’autres saga reste bien trouver et accrocheuse.

L’idée d’un témoignage en vue d’écrire l’histoire des vainqueurs et une idée ingénieuse qui permet d’une part de prendre conscience des jeux de pouvoirs qui se mettent en place en coulisses et d’autres part à permettre au lecteur de s’immerger dans cet univers à travers des chapitres flash-back.

Le récit au passé prend une place de plus en plus importante et constitue la pièce maîtresse du récit. On assiste à la naissance d’une légende et d’une rébellion. La plume de l’auteur est rythmée et parcourue d’un souffle épique qui empêche le lecteur de reposer l’ouvrage. L’auteur devra forcément trouver une formule pour faire coïncider ses deux récits mais ce premier tome laisse présager du meilleur.

La seule chose qui me semble encore un peu perfectible, une fois la dernière page refermée, est le système de magie et de pouvoir. L’auteur va devoir détailler les différences entre les gottaran et les midaran afin de consolider son univers.

Un premier tome prometteur qui laisse envisager le meilleur pour la suite.

Note: 9/10

 

  • Poche : 552 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Calame (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028107734

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Et ta vie m’appartiendra (19 mars 2020) de Gaël Aymon

À la mort de sa grand-mère, Irina reçoit un étrange héritage : une peau, sorte de talisman censé exaucer tous ses désirs…

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Chronique : Gaël Aymon reprend le  roman De Balzac « La peau de chagrin » pour le modernisé et avec ce livre va poser différentes questions  : le bonheur réside-t-il dans la richesse, dans l’avoir ou ne va-t-il pas plutôt se nicher dans l’être ? Posséder, l’argent mais aussi l’autre, ou exister ? Est-ce que l’amour s’achète ?
On retrouve aussi la différence entre être et paraître, les biens terrestres et les biens spirituels, et Aymon nous pousse à réfléchir sur la nature et l’origine du bonheur tous en nous faisant réfléchir aussi sur la place de l’homme dans la nature, la nécessité d’une communion entre les deux, l’homme étant en interdépendance avec la nature.
J’aime l’écriture Aymon, même si parfois, il nous noie sous les détails. Elle est fluide, aérienne. On a l’impression de voir la scène sur un écran, justement grâce à ces détails. On a le son et l’image. On peut rêver.
le personnage de Irina est plus simple, elle n’est pas calculatrice, attendant exigeant tout des autres comme le fait Halima. L’une est naturelle parfois même nunuche par sa sincérité alors que l’autre est dans le virtuel, dans l’apparence, personnifiant ainsi ce que l’auteur veut faire passer comme message (l’être et le paraître, la réalité et le virtuel, le principe de réalité et le principe de plaisir .
Il décrit de belle manière, la superstition, l’obsession par une idée, une pensée qui l’envahit, un livre déroutant mais qui nous fait réfléchir.

Note : 9/10

 

  • Broché : 352 pages
  • Editeur : Nathan (19 mars 2020)
  • Collection : GRAND FORMAT DIVERS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092591452

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Sueurs froides de Nadia Coste

Résumé : Des ricanements dans les conduits d’aération, des empreintes de mains ensanglantées, des objets qui changent de place… Les jeunes hockeyeurs en son persuadés : la patinoire de Greilles est hantée par le fantôme de Thomas Grimbert, mort sur la glace 30 ans plus tôt.
Moins superstitieux, plus concentrés, les patineurs artistiques décrochent la place très convoitée de l’ouverture au gala du club. La rivalité coutumière entre les athlètes s’accentue : coups bas, insultes, intimidations… Et lorsqu’un lycéen est retrouvé pendu dans les vestiaires, les accusations se multiplient. Suicide ? Règlement de compte ? Et si Thomas était de retour pour se venger ?

Chronique : Sueurs froides se révèle être un récit prenant impossible à lâcher. C’est un savant mélange entre fantastique, slasher et thriller le tout sur fond de compétition sportive qui exacerbe les tensions.

Le récit repose énormément sur les dialogues et ceux-ci sonnent juste. L’auteur est parvenu à retranscrire les états d’âme des adolescents sans verser dans le ridicule. La plupart des personnages nous sont présentés avec une psychologie solide et des caractères bien affirmés. Il n’y a que le personnage de Maureen qui, avec sa psychologie grossière, fait un peu tâche parmi ce groupe d’adolescents.

L’intrigue s’avère palpitante et, même si n’importe quel lecteur averti devinera rapidement les dessous du mystère entourant cette patinoire maudite, celle-ci réserve tout de même un petit retournement que personnellement je n’avais pas vu venir.

La thématique de l’homosexualité et de l’homophobie abordée de manière intelligente apporte un surcroît d’intérêt à l’ouvrage. Alors que l’histoire principale s’achève de manière douce-amère les parcours psychologiques de Hugo et Antoine est convaincant. En outre cela permet de mettre en avant l’épineux problème de l’homosexualité dans les milieux sportifs.

Un roman que tous les jeunes amateurs de mystères et d’enquêtes sanglantes pourront dévorer d’une traite.

Note : 7/10

Éditeur Gulf stream éditeur
Date de publication 19 mars 2020
Langue Français
Longueur du livre 304
ISBN-10 2354887817

Représailles de Florian Eglin | 20 mars 2020

Une route corse la nuit, non loin du désert des Agriates. Telle une bête en maraude, un SUV prend en chasse une famille suisse. Leurs deux petites filles endormies à l’arrière, Tom et Adèle hésitent : continuer cette course-poursuite insensée, au risque de finir dans le décor, ou s’arrêter et faire face à ceux qui les traquent ? Cette décision marquera le point de départ d’une inexorable descente aux enfers au cours de laquelle il faudra affronter bien des monstres. Ou les apprivoiser…

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Chronique : On sait que l’on a lu un grand roman lorsque, une fois refermé celui-ci vous hante encore pour les images qu’il a imprimée dans votre imaginaire ou bien pour les réflexions qu’il soulève. Et bien avec Représailles c’est les deux, signe que l’on tient un roman excellent.

Ce livre traite de la violence. Il en fait son thème central et brode autour une tragédie moderne qui le laissera pas indemne l’île de beauté. Il n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.

La violence donc. Une violence larvée tout d’abord dans le premier acte de ce roman noir sans concessions. Les mots choisis par l’auteur ne laissent pas de place au doute, on va avoir droit à une explosion de violence mais pas par où on l’attendrait. Tom le personnage principal nous est présenté dans les toutes premières pages comme un père de famille aimant, un mari attentionné, un romancier suisse. Un homme équilibré et responsable à tout point de vue. Pourtant il recèle en lui une part d’ombre qui ne demande qu’à ressurgir. Alors que la violence de ses adversaires et une violence extériorisée, exprimé de vive voix, la sienne est plus sourde mais aussi infiniment plus dangereuse. Tom a su canaliser cette source de violence qui sommeille en lui pour en faire une muse créatrice qui lui a permis de se construire en tant qu’homme. À l’inverse la violence de ses trois mastodontes qui se dressent face à lui est une violence stérile qui porte en elle les germes de leurs propres destructions.

Voilà pour le premier acte. Une fois le premier déferlement de violence passé, dans un habile paragraphe fait d’une seule phrase qui éclipse l’affrontement en lui-même pour se concentrer sur le ressenti de Tom, le deuxième acte se concentre sur les réactions en chaînes. C’est la partie du roman qui va le plus se teinter de la couleur polar alors que de nouveaux protagonistes entrent en scène. Aussi intéressants soient-ils, et quels que soit le côté de la barrière de la loi derrière laquelle ils se situent, les réactions de Tom et Adèle sont plus intéressantes à lire. Bien que s’aimant et étant une famille unit le couple se retrouve incapable de gérer le traumatisme laissé par leur nuit en enfer. Malgré les citations littéraires de Tom gravé dans sa chair, qui sont autant un hommage aux livres qui l’ont marqué qu’une ancre qui l’empêche de sombrer, malgré sa force insoupçonnée qui lui a permis de sauver sa famille d’un sort atroce, Tom ne peut empêcher sa vie de partir en fumé, survivant brisé par une nuit fatidique.

Le troisième acte est celui de la résolution, celui où la boucle doit se boucler coûte que coûte. La violence suit les personnages tel un feu de brousse implacable. Créant des étincelles qui se posent sur tous les protagonistes, les embrasants tel des buissons rendus cassants par la sécheresse, les consumants sans leur laisser le temps de respirer ou bien les impregrants d’une braise de violence qui ne s’éteindra plus jamais.

Comme je l’ai dit en introduction une fois refermé ce livre vous interroge sur la violence mais aussi sur la manière dont elle se transmet de génération en génération faisant apparaître crûment l’échec de Tom à protéger réellement ses deux enfants.

Un roman qui ne vous laissera pas indifférent, si vous avez le courage de l’ouvrir.

Note : 9/10

 

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : La baconnière; Édition : 1 (20 mars 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2889600211

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Sous le soleil éternel de Finlande de Antti TUOMAINEN |5 Mars 2020

Jan Nyman, détective spécialisé dans les opérations secrètes, est envoyé dans une station balnéaire endormie pour enquêter sur une affaire mystérieuse : la victime a été retrouvée assassinée dans la cuisine d’une ancienne villa, un mixeur posé près du cadavre.

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Chronique : Sous le soleil éternel de Finlande n’est pas seulement un roman policier, c’est un roman plein d’esprit, humoristique et sombre, qui crée une forte dépendance et qui ne peut être rejeté. Lorsque Jan Nyman, l’as de la police centrale nationale, est envoyé dans une ville côtière endormie pour enquêter sur une mort mystérieuse, ce pourrait être son affaire la plus intrigante. Nyman arrive dans la ville dominée par un étrange village de vacances – la « plage la plus chaude de Finlande ». Le suspect – Olivia Koski, qui n’est que récemment retournée dans son ancienne ville natale. La mission – découvrir ce qui s’est passé, par tous les moyens nécessaires.
J’ai adoré ce livre (et l’auteur), les histoires d’Antti, même si elles sont sombres, sont tellement divertissantes qu’on finit par les parcourir, en tournant les pages de façon addictive et en perdant beaucoup la notion du temps. Les personnages sont toujours si uniques et différents et j’ai adoré la façon dont, au début de l’histoire, j’avais en tête les cambrioleurs de « Maman j’ai raté l’avion » lorsque la scène de la cuisine se déroulait. Il n’y a personne que l’on n’aime pas et même si l’histoire est basée sur l’humour et la langue de bois, l’auteur couvre toujours les émotions avec sympathie et on se retrouve avec un ensemble qui dépasse de loin tout simple roman policier.

Un mystère à résoudre donc, mais pas tout à fait pour le lecteur puisque nous savons à peu près ce qui s’est passé dès le départ. Mais les personnages de cette histoire sont tous si incroyablement imprévisibles, qu’il n’y a aucun moyen de savoir ce qu’ils vont faire ensuite ou même si leurs actions seront couronnées de succès. C’est la moitié du plaisir. Mais il y a aussi un aspect plus sérieux à l’histoire. Celle des habitants de cette communauté endormie, avec leurs ambitions et leurs rêves d’une vie meilleure, qui saisissent désespérément les occasions de changer les choses. Merveilleusement bizarre, fabuleusement drôle et extrêmement divertissant.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (5 mars 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265154660

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Radioactive de Lauren REDNISS| 5 mars 2020

En 1891, Marie Sklodowska, âgée de 24 ans, déménage de Varsovie à Paris où elle trouve du travail dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Cette rencontre inoubliable, marquée par la passion amoureuse et celle de la science des molécules, va influencer également l’histoire de l’humanité. Au point de leur apporter une renommée mondiale et d’annoncer une nouvelle ère scientifique : l’ère nucléaire.

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Chronique : Il semble absurde d’essayer de parler de ce livre sans que vous puissiez le voir. Il est assez facile de décrire l’histoire que Lauren Redniss raconte dans cette biographie graphique, mais difficile de décrire la couleur émotionnelle que ses images apportent à ses mots.

Les détails des biographies conjointes de Marie Sklodowksa et de Pierre Curie sont assez familiers aux lecteurs de l’histoire des sciences – son talent scientifique précoce et sa lutte pour obtenir une éducation scientifique ; leur romance et leur mariage ; leurs recherches séparées et conjointes, et la distillation du radium puis du polonium ; sa mort précoce, et la célèbre histoire de Marie reprenant sa chaire à la Sorbonne, entrant et reprenant sa conférence là où il l’avait laissée ; Le travail continu de Marie et sa liaison passionnée (et scandaleuse) avec Paul Langevin ; son travail dans les unités mobiles de radiographie pendant la Première Guerre mondiale, où elle a été rejointe par sa fille adolescente Irène, qui est devenue elle-même physicienne nucléaire, travaillant également avec son mari, Frederick Joliot, et, comme ses parents avant elle, partageant un prix Nobel avec lui ; la mort de Marie d’une anémie pernicieuse aplastique, résultat d’une exposition prolongée aux radiations, en 1934 à l’âge de 66 ans.

Ce que Redniss apporte à la pile de littérature qui entoure déjà le couple, c’est un sentiment de la passion de leur relation – et surtout de Marie en tant que femme physique et sensuelle – qui est couplé à l’intensité de leur recherche scientifique. J’ai toujours été quelque peu perplexe, en regardant les photos de Marie Curie une fois sortie de l’adolescence, de voir que cette femme plutôt sombre, plutôt duveteuse, ait pu être au centre d’une des histoires d’amour les plus palpitantes de France – qu’elle ait pu en fait se battre en duel pour elle. Mais Redniss fait un usage considérable de matériel d’archives.

Redniss transmet plus d’informations en un petit nombre de mots que ce que vous pouvez espérer. Elle n’a pas l’habitude de s’attarder sur la science ou l’histoire, et son style est personnel, mais jamais excentrique . Vous avez l’impression d’être quelqu’un qui a fait beaucoup de recherches, puis qui a fait des recherches et des recherches, sans perdre la moindre couleur.

Et la couleur est au cœur de ce livre. Là où l' »Atlas des îles lointaines » de Judith Schalansky, également un mélange de mots et d’images, était limité dans sa palette, le livre de Redniss est joyeux et sans limite. Les papiers de fin sont des champs de couleur ocre de style Rothko, qui semblent trempés de pigments ; chaque chapitre est signalé par une double page bleu nuit sur laquelle sont gravés des mots blancs arachnéens ; les boutons d’or de l’eau sont une pulvérisation rayonnante de jaune et de rouge, de bleu et de vert. Bien que le style de dessin de Redniss ne soit pas un style que je verrais sur un mur – quelque part entre Clemente, de Chirico et les morceaux les plus heureux de l’expressionnisme – associé à son histoire, il fonctionne.

En particulier, Redniss a adapté la technique d’impression photographique du cyanotype, où le papier traité chimiquement est exposé à la lumière du soleil, les espaces positifs étant masqués – la lumière du soleil provoque une réaction qui rend le papier exposé bleu de Prusse – la couleur des plans à l’ancienne. Les zones qui ont été masquées semblent, lorsqu’elles sont révélées, laisser passer la lumière d’une source cachée.

Interpolée avec l’histoire de la vie de Marie et Pierre, l’histoire radioactive du XXe siècle : Tchernobyl, Three Mile Island, la radiothérapie, « fossy jaw », Hiroshima et Nagasaki. Redniss trouve un petit détail pour illustrer chacune de ces grandes histoires : une femme de Pennsylvanie qui recueille, photographie et presse des fleurs mutées par les retombées de Three Mile Island ; un scientifique qui fait des recherches sur les oiseaux dans la région entourant Tchernobyl ; une Japonaise de 13 ans le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima, qui réalise pour Redniss un découpage de papier montrant comment la peau noircie de son père s’est détachée de son corps, exposant le muscle rouge en dessous. Jamais sentimentaux, ces interludes – surtout ce dernier – ont un poids émotionnel incroyable.

Note : 10/10

 

  • Broché : 208 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (5 mars 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 226515492X

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