La Part des ombres – tome 2 de Gabriel KATZ | 13 février 2020

Dans le royaume de Goranie déchiré par l’occupation, la nasse se resserre autour de la rébellion naissante. Sous la poigne du redoutable chef de guerre Akhen Mekhnet, les Traceurs sont en chasse, et la fragile résistance menée par celui qu’on appelle  » le Fantôme  » semble vivre ses dernières heures.

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Chronique : La part des ombres se déroule dans le même univers que les précédentes œuvres de Gabriel Katz, continuant ainsi à explorer son monde et les nombreux royaumes qui le compose. L’histoire se déroule cette fois en Goranie, un ancien royaume autrefois prestigieux que l’on découvre occupé par un peuple de montagnards ayant profité de sa faiblesse pour l’envahir.

Après dix ans d’occupation, alors que le pays semble bien être maté par les méthodes brutales de l’envahisseur, un mystérieux mouvement de résistance commence à voir le jour.

C’est dans ce contexte que le lecteur découvre les trois protagonistes principaux de ce récit : Olen, l’un des trois héros du puits des mémoires ; Kaelyn, la maîtresse de guerre du roman éponyme ; et Desmeon du cycle Aeternia.

Et voilà l’idée de départ : reprendre des héros précédemment rencontré dans ses autres romans  et les remettre en scène dans une aventure commune. Il n’est cependant pas nécessaire d’avoir lu les autres romans pour s’y retrouver, Gabriel Katz prenant soin de nimber de mystères ou d’en révéler juste assez sur chacun des protagonistes pour que le lectorat s’y retrouve.

Les nouveaux venus dans l’univers de Katz ne seront pas perdus, et les « vétérans » apprécieront les clin d’œil très discrets aux événements passés qui seront à peine évoqué, mais qui lui reviendront en mémoire, mais en apprendront aussi un peu plus sur ce que sont devenus nos héros depuis la fin de « leur » roman.

On retrouve ce qui fait à mon sens la force de l’écriture de Gabriel Katz : un ton juste pour chacun de ses personnages, qui donne un côté très vivant aux dialogues et aux scènes. Peu de temps morts dans le récit, on passe de chapitres en chapitres presque sans s’en apercevoir.

À l’image de ses autres récits, La part des ombres dépeint un monde cruel et parfois même brutal, où les petites gens ne sont clairement pas à la fête face aux brutalités des soldats ou à la morgue des puissants. La justesse de ces hommes et femmes de peu que l’on croise le temps de quelques pages contribue pour beaucoup au plaisir de lecture. Chaque chapitre se dévore, jonglant entre la perfection de certains personnages et l’horreur des autres. Entre ceux que l’on aime, ou que l’on a apprit à aimer, et ceux qui nous horripilent sans avoir dit un mot.  Un magnifique final,

Note : 9,5/10

 

  • Poche : 304 pages
  • Editeur : Pocket (13 février 2020)
  • Collection : Fantasy
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2266300709

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Le roman de Molly N. de Sophie Carquain | 14 janvier 2020

Pour ses amis et sa famille, Molly N. a disparu en septembre 2010. Plus aucun signe d’elle. Menacée de mort par une fatwa suite à un concours de caricatures du prophète Mahomet, la cartoonist de Seattle a dû intégrer le programme de protection de témoins du FBI, changer de ville, de nom, d’identité.

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Chronique : C’est un roman fort, poignant, fascinant et angoissant. On alterne entre le journal de l’autrice qui nous raconte l’écriture de ce roman et ce qu’il a fait surgir chez elle, et l’histoire de Molly N. cette caricaturiste menacée de mort, qui a disparu depuis 10 ans. Comment disparaître et tout quitter pour avoir la vie sauve ? Molly N. va intégrer le programme de protection des témoins du FBI et commence la survie. J’ai été troublée par cette histoire qui questionne la liberté d’expression. Un roman qui fait se souvenir de l’attentat de Charlie Hebdo, du Bataclan, et de la peur du terrorisme. Molly N n’est pas morte, elle est quelque part dans le monde et c’est une résistante.

Note : 9/10

 

  • Broché : 416 pages
  • Editeur : CHARLESTON (14 janvier 2020)
  • Collection : LITTERATURE GEN
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2368125027

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Zombie Story, T1 : Zombie Island (11 Mars 2020) de David Wellington

À la suite d’une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. À la recherche d’un remède au virus, un groupe d’adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York.

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Chronique : David Wellington s’est fait spécialiste de la réécriture de mythe moderne. Je garde un excellent souvenir de ma lecture de Positif, son précédent ouvrage sur les zombies et la fin du monde. Visiblement il n’avait pas encore tout dit sur le sujet.

Dès les premières pages il est évident que l’auteur a voulu écrire la série B, ou Z comme vous voulez, ultime. Il convoque tous les ingrédients pour faire du premier tome de cette trilogie un concentré d’action pure sans aucun temps mort. On retrouve donc le personnage principal obligé de se lancer dans une quête périlleuse par amour de ses proches, en l’occurrence sa fille, ainsi que la bande de guerrières déchaînées et armés jusqu’aux dents. Le personnage de Dekalb est un digne héritier d’Ulysse, c’est à dire un héros sans force physique particulière, un peu lâche et qui devra apprendre à compter sur son intellect et sa débrouillardise pour espérer se sortir vivant de cette morgue à ciel ouvert qu’est devenue New York.

Lui et Gary sont les deux seuls personnages qui disposent d’un réel développement. Le récit étant essentiellement concentré sur l’action. Comme dit plus haut, le récit ne souffre d’aucun temps mort et l’intrigue, une fois que l’on a accepté son côté fantastiquement loufoque, offre de sacrés moments de suspens et de déferlements d’adrénaline.

L’action culmine jusqu’à un final dantesque dans central park et une fin ouverte qui ne laisse qu’une seule interrogation, celle de savoir comment l’auteur va orienter la suite.

Un récit a dévorer pour tous ceux qui cherchent un exutoire facile d’accès. Une série B sanglante qui ne prétend pas être autre chose et c’est exactement ce que l’on attend d’elle.

Note : 8,5/10

 

  • Poche : 416 pages
  • Editeur : Bragelonne (30 mai 2013)
  • Collection : FANTASTIQUE
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2811210563

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Les Murmures du lac de Karine LEBERT | 12 Mars 2020

En Vendée. Jusqu’où Isaure est-elle prête à aller pour endosser la vie presque rêvée et l’identité de sa jumelle décédée, celle à qui tout a réussi jusqu’alors ?
Cette sœur qu’elle a tant jalousée depuis l’enfance ?
Un suspense entre passé et présent autour de jumelles que tout sépare

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Chronique : Ce livre parle d’une revanche. La revanche d’une femme meurtrie qui décide sur un coup de tête de se réapproprier sa vie.

Isaure, le personnage principal, est l’atout majeur du récit. Quiconque a eu une enfance solitaire où s’est senti rejeté ne pourra que s’identifier à cette femme revenue sur son île natale pour régler ses comptes avec son passé et sa famille. Mais le destin lui réserve un tout autre débouché.

Passé le postulat de départ l’auteure développe un style cotonneux qui va envelopper le lecteur dans une douce litanie engoudissante. Comprenez par là qu’il ne se passe pas grand chose mais la narration est suffisamment fluide pour nous pousser à continuer la lecture. Les flash-back, agissants comme des interludes dans le récit, renforcent l’empathie envers Isaure tandis que le récit au présent poursuit son bonhomme de chemin sans qu’Isaure ne rencontre réellement de difficultés dans son projet un peu fou.

Le récit vaut aussi pour ses décors naturels. L’auteure possède un style visuel qui donne vie sous nos yeux de lecteur successivement à l’île d’Yeu, Noirmoutier et le marais poitevin.

J’aurais aimé que l’auteur permette à Isaure d’échanger avec ses proches, de lui laisser vider son cœur et son amertume mais le propos du livre est ailleurs.

Le livre, une fois refermé, laisse une impression de lecture sympathique mais qui n’a pas révélé tout son potentiel.

Note : 8,5/10

  • Broché : 360 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (12 mars 2020)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258147190

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Thin Air (11 mars 2020) de Richard Morgan

Hakan Veil est un ex-agent de sécurité haut de gamme, dont le corps équipé de technologies militaires fait de lui une véritable machine à tuer.

Chronique : Tout comme « Altered Carbon », celui-ci est un grand mélange de détective noir et de cyberpunk dans un monde dystopique. Au lieu d’envoyer un détective sur des planètes lointaines en transportant une personnalité numérique dans un corps récepteur, la future technologie mise en scène ici sur une Mars coloniale et terraformée est dans le domaine de la bio-ingénierie, des implants d’intelligence artificielle et des nanotechnologies. Au lieu de Tak dans la série précédente, notre héros similaire ici est Hak, diminutif de Hakan Veil, et il est une arme incarnée.

Veil a été génétiquement modifié pour augmenter ses capacités physiques (comme la vision nocturne et les modes de combat à haut indice d’octane) et a été implanté dès son enfance avec une IA de niveau militaire embarquée avec laquelle il peut dialoguer en interne et interagir grâce à des écrans analytiques projetés sur sa rétine. Cet investissement a été réalisé par une méga-corporation, Blond Vaisutis, spécialisée dans la sécurité des entreprises, une sorte de Haliburton du futur. Pendant vingt ans, Veil a travaillé pour eux en tant qu' »agent de contournement », un agent polyvalent pour l’espionnage, les opérations secrètes et les contre-mesures violentes à toute menace de pirates, d’insurrections ou de gouvernements locaux arrogants à l’encontre des entreprises rentables. Mais il a commis une erreur coûteuse qui a fait des morts et a exposé l’entreprise à une exposition politique défavorable, pour laquelle il a été licencié et exilé sur Mars. Là-bas, il lutte contre la pauvreté pour utiliser ses talents dans le cadre de contrats privés.
Sa constitution cybernétique exige que Veil soit en hibernation pendant quatre mois sur un an. Il a pu acheter une ancienne nacelle de sauvetage avec unité d’hibernation installée dans un bloc vivant de nacelles pour les pauvres de la métropole Bradley (un peu comme la nacelle de Bruce Willis dans le film « le 5eme Élément »). Lorsqu’il est ranimé, il court « à chaud », ou sur un déclencheur à cheveux, pour trouver des solutions violentes, ce qui fait partie de sa programmation pour une action décisive comme lorsqu’un vaisseau de société est attaqué. Ainsi, notre super-héros déchu prend un aspect un peu caricatural à la Hulk. Son IA à bord, « Ris », tente de l’orienter vers un comportement plus stratégique et plus sûr, avec des provocations sarcastiques et des harcèlements ironiques, mais « sa » conception militaire.

Notre première expérience avec Veil au réveil de l’hibernation est le meurtre audacieux d’une figure du crime organisé qui a tué une femme qu’il avait sauvée des dommages collatéraux lors de son dernier travail. Peu de temps après, il se détend en faisant l’amour avec une voisine dans sa résidence de « Pod-Park Heaven ». La violence d’une vengeance grossière et le fait de se vautrer dans le sexe brut nous met sur un chemin tortueux vers quoi ? La phase suivante m’a rapidement fait pousser les « ucks » et les « icks » et m’a fait décoller pour un tour de « wow ». Comme dans les romans policiers noirs de James Ellroy à Los Angeles après la guerre, j’avais envie de prendre une douche à la fin de la course, mais je devais néanmoins courir à travers les pages.

L’élément cyberpunk gibsonien satisfaisant du récit provient de la froideur de notre héros face à toutes les factions corrompues auxquelles il doit faire face et de la reproduction du « Sprawl » de son prédécesseur, le ventre urbain richement détaillé et multiculturel d’un monde de chien-mangeur dans un avenir de haute technologie. Un agréable retour dans la jungle humaine a si bien capturé la prise du film « Blade Runner » de P.K. Dick. A découvrir

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 640 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Bragelonne SF
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028111564

Thin air par Morgan

 

L’Empire du silence: Le Dévoreur de soleil, T1 (11 mars 2020) de Christopher Ruocchio

La galaxie se rappelle le héros qui a éradiqué jusqu’au dernier Cielcin dans le ciel. Mais on se souvient aussi du monstre qui a détruit un soleil, oblitérant tant de vies humaines – dont celle de l’Empereur lui-même – en outrepassant ses ordres.
Hadrian n’était pas un héros. Il n’était pas un monstre. Il n’était même pas soldat.

Chronique : Chacun trace ses propres lignes en matière de prose. Certains veulent des lignes très professionnelles qui mettent l’accent sur l’histoire. D’autres aiment se perdre dans la beauté de la langue. Il y a une ligne qui sépare la prose poétique de la prose violette et chacun en dessine sa propre version. J’ai aimé l’écriture du livre. C’était dramatique et parfois un peu exagéré, mais c’était fait avec habileté et je ne l’ai pas considéré comme violet.

Au début, le livre a de fortes vibrations de Dune avec des restrictions technologiques qui ont conduit à l’équivalent du livre de mentats, et des hiérarchies féodales qui se superposent à un monde de haute technologie. La planète possède même un élément rare et précieux pour les mines et les puissants commerçants qui viennent négocier pour elle.

Il y a la prose poétique susmentionnée. Ensuite, il y a le fait que nous avons un grand récit encadré dans lequel, beaucoup plus tard, notre héros est une figure de légende, un homme qui a fait telle ou telle chose. Et au fur et à mesure que le livre se déroule nous constatons une coupure entre l’échelle de l’histoire et le cadre. Hadrian pourrait bien un jour éteindre des soleils et faire tomber des empires, mais pendant toute la durée de ce livre assez long, il ne s’approchera même pas des contreforts de ces choses. L’atmosphère  est encore renforcée par le fait que, dans la foulée de son histoire qui change l’avenir, nous le voyons tomber en disgrâce et se promener dans les rue.

Il s’agit donc d’un opéra de l’espace, mais avec une société féodale, médiévale à bien des égards, où la religion a une influence et où les hérétiques sont torturés de manière extravagante. C’est amusant à bien des égards. La plupart des technologies sont comme de la magie.

Je peux acheter des boucliers, plus rapides que la communication lumineuse, une peur des ordinateurs et des épées en haute matière, sans problème. Il n’y avait que peu de choses qui blessaient ma science et mon sens de la réalité qui concernaient les ruines antiques qu’ils passent beaucoup de temps à explorer. Et c’est que ces ruines, connues depuis des siècles d’occupation par des empires séparés, sont faites de matériaux qui ne sont pas enregistrés par les scanners et dont ils ne peuvent pas casser les morceaux. Ce qui implique que ce matériau est totalement nouveau pour la science et qu’il n’est pas fait d’atomes… C’est le genre de chose qui pousse la nouvelle science & les scientifiques en deviennent fous. Mais depuis des centaines d’années, personne ne s’en est soucié.

Quoi qu’il en soit, plutôt que des batailles spatiales et des canons à rayons, il s’agit en fait d’un livre basé sur les planètes, avec des combats à l’épée et de l’archéologie, axé sur les personnages, et dont l’intrigue est en grande partie motivée par la curiosité de ne pas suivre les ordres, qu’ils viennent de sa famille ou d’autres membres de la noblesse de l’empire.

Je n’ai pas lu de science-fiction de ce type depuis un certain temps, et c’est un bon rappel. Je me suis bien amusé avec le livre.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 792 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Le Dévoreur de soleil (1)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028104252

 

Les Bannis et les Proscrits, T2 : Les Foudres de la Sor’cière de James Clemens | 11 mars 2020

Elena porte désormais la marque de la sor’cière dans la paume de sa main. Cette tache écarlate est la preuve d’un don fabuleux à la puissance inimaginable : un pouvoir sauvage, séduisant, difficile à contrôler. Seule celle qui maîtrise la magie sanglante peut s’opposer aux créatures et au mal du Seigneur Noir.
Pourtant Elena n’est pas encore maîtresse de son pouvoir. Protégée par un guerrier sans âge et une bande de renégats, elle part en quête d’une cité perdue où, selon la prophétie, un ouvrage mystique détient la clé de la défaite du Seigneur Noir. Mais si celui-ci la trouve en premier, Elena deviendra son arme la plus terrible…

Chronique : Dans ce deuxième livre de la série Les Bannis et les Proscrits, la saga d’Elena se poursuit. Elle voyage maintenant à travers les terres pour atteindre la vieille ville magique d’A’loa Glen afin de chercher le Journal du sang et mettre fin au règne du Seigneur des Ténèbres. Le Seigneur des Ténèbres, cependant, veut la sor’cière pour ses propres mauvaises actions et a mis en place des pièges à travers le pays pour la capturer,. Avec l’aide de sa bande de héros mal placés, elle doit échapper aux pièges et survivre assez longtemps pour atteindre A’loa Glen. Ce faisant, elle apprend à utiliser et même à étendre ses propres pouvoirs.

Dans ce livre, nous faisons la connaissance d’un autre personnage qui semble avoir une certaine importance : Sy-wen, un mermai, dont le peuple vit sous l’eau avec ses dragons de mer. Elle a été capturée par des pêcheurs au large de la côte d’A’loa Glen en compagnie du dragon de sa mère, qui pensait pouvoir rapporter une belle fortune pour le sang du dragon. Cependant, l’un des membres de l’équipage sait qu’elle est la clé qui permettra de percer un mystère enfoui au cœur d’A’loa Glen.

Personnellement, j’ai trouvé ce livre bien meilleur que le premier. Non pas que le premier livre était mauvais, mais celui-ci était plus vivant et plus vivant et plus difficile à mettre en page.

Une histoire forte, des personnages forts, des livres intéressants. Dans le deuxième livre, j’ai commencé à sauter en avant comme je le fais normalement avec un livre de Rollins, mais j’ai quand même trouvé que ce livre était plus fort et plus intéressant que le premier. Ce qui est assez rare pour moi. La plupart du temps, je trouve que les séries fantastiques se dégradent au fur et à mesure qu’elles avancent, à quelques exceptions près. Certes, je n’ai lu que deux de ces cinq séries de livres, et il faudra donc voir (ajouté à la critique originale : J’ai lu le reste de la série, une grande série, qui se termine par un livre satisfaisant).

En ce qui concerne le livre lui-même : Un de mes problèmes avec la fantaisie est qu’elle ressemblait à de la fantaisie. Des mondes fantastiques avec peu de substance, juste des traînées de brouillard par une journée d’hiver. Ils ne me semblaient tout simplement pas assez réels. Eh bien, cette série semble habiter un monde réel. Les lignes ne sont pas claires, ce n’est pas le vrai mal contre le vrai bien. Ce n’est pas « la fin du monde demain, à moins que le héros ne tue/meute le vrai méchant », car le monde entier n’est même pas impliqué dans cette série. Juste une partie de celle-ci.

Quelque part en chemin, les nains, les mineurs, ont trouvé un type de pierre assez solide dans les mines. Beaucoup de puissance dans cette pierre. Un nain transformé ou quelque chose de l’intérieur de la pierre elle-même a jailli pour devenir le malin, qui a mené ses armées dans un autre pays et l’a conquis. C’était plus de 500 ans avant que cette histoire n’ait lieu. Et ses armées sont composées de vraies personnes, et non d’argile, comme on peut le voir dans d’autres séries.

Note : 9,5/10

 

  • Poche : 648 pages
  • Editeur : Bragelonne (11 mars 2020)
  • Collection : Les Bannis et les Proscrits (2)
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028109479

 

Louise des Ombrages de Yves VIOLLIER | 12 mars 2020

Louise, jeune artiste-peintre au talent précoce, exposait déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir. La loi du silence a pesé sur le village. Des bruits ont couru sans que le mystère soit élucidé.

Chronique : Yves VIOLLIER  nous offre un superbe roman. Brillant, on se retrouve en totale immersion , le lecteur est tout de suite dans le bain et si vous ajoutez à cela une histoire en compagnie des peintres alors vous vous trouvez à ne plus pouvoir lâcher le livre. Le mélange d’histoire et de fiction est vraiment parfait et ajoute quelque chose de très agréable à l’histoire. Viollier est très fort et on s’habitue à ses personnages. Le style de l’auteur est très fort, il a su mêler habilement biographie libre de la peintre Marie Reanrd  pour le plus grand plaisir du lecteur. L’aventure est aussi passionnante par les personnages  rencontrés. Sous nos yeux se déroule l’incroyable, l’inédit, l’inconcevable. L’auteur réussit à nous tenir en joue, à nous berner avec une extraordinaire maîtrise.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 300 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (12 mars 2020)
  • Collection : Terres de France
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258192900

 

Se taire ou mourir ? de Karen M. McManus | 9 mars 2020

La petite ville est connue pour avoir été le théâtre de deux meurtres inexpliqués en 20 ans, dont la tante des jumeaux. À Echo Ridge, chacun semble avoir ses secrets…

Chronique : L’histoire est très dense, l’intrigue est là, les personnages sont aussi nuancés que vous le souhaitez dans un thriller, et vous continuez à deviner jusqu’à la fin.

Ellery et son frère Ezra retournent dans la ville natale de Sadie (leur mère), un endroit qu’elle avait hâte de quitter. En partie à cause de son sentiment d’être piégée, mais aussi à cause des souvenirs de sa soeur qui a été enlevée et n’a jamais été retrouvée. Des années plus tard, la fille de la baby-sitter préférée de Sadie est également retrouvée assassinée, et la ville acquiert une sombre et sordide réputation

Le dicton dit que « deux personnes peuvent garder un secret si l’une d’entre elles est morte », mais il n’est pas mentionné que les secrets aiment être partagés. c’est dans leur nature même et Karen Mcmanus le comprend parfaitement. ce livre est plein de secrets qui meurent d’envie d’en sortir !

Et même si je ne pensais pas que ce livre était aussi bon que « l’un de nous ment », il ne ressemble pas du tout à un roman de deuxième année. il est rapide, intelligent et carrément mystérieux. en fait, je n’ai pas trouvé cela prévisible, ce qui est le cas de la plupart des thrillers de YA, donc c’était passionnant pour moi. j’ai apprécié la façon dont mon opinion de tout et de tous changeait constamment au fil de l’histoire, et je pense que c’est un signe de bonne narration.

Par exemple, un chapitre se termine en plein milieu d’une scène/situation. Le lecteur est ensuite informé de la suite de l’histoire par de petits flashbacks introspectifs grâce à un personnage principal du chapitre suivant, qui commence à la moitié de la journée suivant la scène/situation.

C’est divertissant, discret, et tout ce que j’attends . Si vous avez apprécié « l’un de nous ment », alors vous devez vraiment lire ça.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : Nathan (9 mars 2020)
  • Collection : GRAND FORMAT DIVERS
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2092590448

 

Mauvaise conscience de Fabio Benoit | 6 février 2020

Un dénouement à la déflagration surprenante et des situations à la fois réalistes et comiques font de ce nouveau roman une suite attendue et réussie de Mauvaise personne (réédité et primé en 2018), bien que pouvant parfaitement se lire de manière indépendante.

Chronique : Pour tout vous avouer j’avais un peu peur avant d’entamer la lecture de ce polar. En effet la quatrième de couverture promet une intrigue chorale, à mi-chemin entre terrorisme et comptabilité véreuse et dépassant les frontières de la Suisse.

Très vite j’ai compris que malgré la polyphonie narrative je parviendrai à suivre l’intrigue, même s’il faut parfois attendre cinquante pages avant de retrouver un personnage introduit précédemment, l’auteur parvient à conserver une unité de ton salvatrice pour le lecteur étant donné la complexité de l’intrigue et le fait qu’il s’agisse de la suite de « mauvaise personne » sortie en . Pour cela il use de chapitres courts assurants un rythme effréné au récit et d’un humour à froid qui maintient l’attention du lecteur en plus de rendre cocasses certains passages.

Cette unité qui cimente tout le récit est autant une force qu’une faiblesse. L’auteur entretient un style proche d’un rapport judiciaire lui conférant un détachement et une certaine désincarnation malheureusement. Les personnages sont travaillés mais un peu transparents, ils manquent de consistance et ce n’est pas faute d’essayer d’accorder du relief à chacun d’entre eux. Mais mise à part le tueur à gages Nono, qui mériterait une aventure à lui tout seul, aucun personnage ne tire son épingle du jeu. Ce qui est vraiment regrettable puisque l’auteur offre par ailleurs une intrigue solide, des scènes d’action maîtrisées et une touche d’humour morbide délicieuse.

En définitive une lecture haletante mais qui aurait mérité des personnages plus approfondis.

Note: 7/10

  • Broché : 326 pages
  • Editeur : Favre (6 février 2020)
  • Collection : Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2828918092

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