Une vie entre les pages de Cristina CABONI | 6 février 2020

Sofia Bauer, relieuse à ses heures perdues, vit à Rome. Son couple bat de l’aile et elle sent son existence lui glisser entre les doigts. Passionnée de livres anciens, elle entre un jour dans une librairie et s’y voit offrir un vieil ouvrage contre la promesse de le remettre en état.

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Chronique : Sofia se trouve à un tournant décisif de sa vie. La jeune femme romaine doit réaliser avec le cœur lourd qu’elle a abandonné de plus en plus d’elle-même pour son mari et est ainsi devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Mais elle n’a jamais voulu être cela. Elle voulait plutôt être entourée de livres, travailler avec des livres et s’immerger dans des mondes étrangers.

En visitant une librairie ancienne, Sofia est tombée sur un livre de Christian Philipp Fohr très abîmé. Sofia tombe directement amoureuse du livre et espère le réparer. Mais pendant les travaux de restauration, elle tombe soudain sur des lettres manuscrites cachées dans la reliure.

En lisant, Sofia se rend compte que Clarice a probablement connu un destin similaire au sien. Leur amour des livres et de l’écrit unit également les deux femmes. Lorsque les notes se terminent brusquement, Sofia décide de partir à la recherche des deux suites de la trilogie de Christian Philipp Fohr. Peut-être que Clarice a caché les autres lettres ici.

Mais Sofie trouvera-t-elle un jour les deux livres, et pourra-t-elle vraiment accorder sa confiance et son affection à Tomaso Leoni, le graphologue renommé qui la soutient dans sa recherche ?

Le livre est un bel hommage à la parole écrite et reliée. Le lecteur peut s’en rendre compte rien qu’aux nombreuses citations de classiques qui précèdent chaque chapitre.

Sofia semble d’abord très spongieuse et incertaine. Mais on sent clairement son enthousiasme et son amour pour les livres. Cet amour la rend forte et consolide sa volonté de retrouver les deux livres manquants. Sofia se développe de plus en plus au cours de l’histoire.

L’histoire se déroule sur deux niveaux temporels. Le deuxième niveau temporel conduit le lecteur à Clarice, qui trouve un nouveau foyer dans les livres après la mort de ses parents.

L’auteur m’avait conquis au bout de quelques pages. Le style d’écriture m’a attiré dans les pages du livre et j’ai pu souffrir avec Clarice, espérer avec Sofia et chercher les deux livres.

Note : 9/10

 

  • Broché : 304 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (6 février 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258170605

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Freeman de Roy Braverman | 6 février 2020

L’ouragan se déchaîne. Les bourrasques défoncent et emportent jusque sous le ciel noir tout ce qu’elles déchirent. Les traits de pluie, glacée et violente, fouettés par le vent, le cinglent comme autant de lanières. La pelouse est jonchée de projectiles hétéroclites qui retombent lourdement du ciel. Il pleut des barques, des barbecues, des poubelles.

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Chronique :Prenez une ambiance à la James Hadley Chase, une intrigue à la David Goodis, et ajoutez-y l’art de Roy Braverman . Cela donne un roman policier aux ingrédients à la fois connus et originaux. En effet, une histoire de truands, de personnes qui veulent se doubler en vue d’avoir un gros tas d’argent, c’est des plus classiques. C’est sans compter sans les rebondissements dont Roy Braverman sait agrémenter ses récits. Ce qui ressemble à une banale histoire écrite par un auteur de romans noirs se transforme en course effrénée où tous les coups sont permis, et où certains événements arrivent alors qu’on ne les attendait pas.

Chez Roy Braverman , les personnages (sauf le héros) sont souvent déjantés: fanatiques, paranoïaques, etc. C’est toujours un bonheur pour moi de lire leurs délires, car l’auteur ne lésine pas sur les détails, et son exposition de cerveaux malades est très convaincante.

Dans ce thriller j’ai trouvé tous les éléments qui en font une réussite, des scènes fortes très visuelles, de la violence, du sexe, du sang et des larmes. Des personnages dont la psychologie fouillée et travaillée nous en mettent plein la vue et plein le cœur. Une belle galerie de personnages féminins dont la plus touchante est certainement Denise qui attend le retour de sa sœur disparue avec une constance à toue épreuve. On retrouve des thèmes aussi forts que l’injustice, la vengeance, la folie, l’Amérique profonde, le racisme, les défaillances du système judiciaire et carcéral bref un melting-pot qui nous booste comme jamais.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 520 pages
  • Editeur : Hugo Roman (6 février 2020)
  • Collection : Hugo Thriller
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2755644788

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Le Guerrier des Altaii de Robert Jordan | 22 janvier 2020

Dans la Plaine, les points d’eau sont à sec, les cruels cornes-crocs se font de plus en plus nombreux et les mauvais présages abondent. Comptant parmi les chefs des fiers Altaii, Wulfgar doit faire face à deux reines, à des seigneurs de la guerre, à des prophètes et à des sorciers qui menacent la sécurité de son peuple et son avenir.

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Chronique : Je suis un grand fan de la série « La roue du temps » de Robert Jordan ; c’est une série que j’ai lue il y a quelques années et qui m’a tellement marqué, que je la considère comme l’une de mes préférées de tous les temps. Ce roman a été écrit dans les années 70 et après quelques tentatives ratées, il n’a jamais été publié officiellement, c’est pourquoi j’avais des doutes quant à sa qualité réelle. Cependant, je m’attendais à quelque chose de nostalgique, qui me donnait l’impression d’être de retour dans le monde de Jordan, quelque chose qui était un fantasme de la vieille école.

Ce livre a-t-il répondu à mes attentes ? Bien sûr que oui, et à vrai dire, j’ai eu plus que ce à quoi je m’attendais. Guerrier des Altaii est merveilleusement sombre, plein d’action, et déborde de personnages mémorables et d’un système magique fascinant. Ce n’était pas seulement une lecture incroyablement nostalgique pour moi ; ce livre m’a captivé du début à la fin. Je ne dis pas que vous allez lire quelque chose d’innovant ici ; il s’agit d’un livre indépendant, écrit à la première personne, donc si vous vous attendez à quelque chose d’aussi élaboré et épique que la Roue du temps, vous serez déçu. .

Je vais maintenant m’intéresser brièvement à ce qu’est le Guerrier de l’Altaï. Le peuple des Altaïs est au bord de la ruine. Non seulement les terres arides et désertiques de la plaine les menacent de sécheresse et de famine, mais une nouvelle menace apparaît maintenant. À Lanta, qui réside dans le Palais des Trônes Jumeaux, siègent deux reines jumelles. Elles souhaitent accroître leur domaine et leur force en annihilant les barbares sauvages qu’elles perçoivent comme les Altaïs. Notre principal protagoniste, Wulfgar, chef des guerriers Altaïs, est lié par une prophétie qui prédit qu’il assurera la survie de son peuple, ou que son échec provoquera la chute de son peuple.

Quelle prémisse, n’est-ce pas ? J’ai toujours eu un faible pour les fantasmes qui impliquent des prophéties, j’aime vraiment voir tout cela se dérouler, et bien sûr j’aime les guerriers infâmes, alors mon attention a été immédiatement attirée ! Tout au long du livre, j’ai été surpris par la façon dont Jordan a su rythmer le récit ; il a su équilibrer les scènes de politique et d’action, avec une bonne dose de magie, ce qui a donné lieu à de nombreux moments passionnants qui m’ont tout simplement diverti. Ma partie préférée était la fin, car il y avait une mère de bataille, ce qui, à mon avis, est la fin de tout livre fantastique ! Je plaisante, mais sérieusement, je veux juste faire comprendre qu’il y avait de nombreux aspects de ce livre qui me convenaient parfaitement.

Une chose que j’ai toujours admirée dans le travail de Jordan est qu’il parvient continuellement à créer des personnages enrichis impressionnants. Le Guerrier de l’Altaï n’a pas fait exception à la règle. J’ai trouvé que Wulfgar était un personnage très imparfait qui prenait toujours des décisions hâtives. Il était prompt à contrarier les autres quand il sentait son honneur menacé, et parfois cela lui coûtait plus cher que prévu. Pourtant, au fond de lui, il aimait vraiment son peuple, et tout ce qu’il voulait pour lui était de survivre et de s’épanouir. Il y a aussi des personnages féminins fantastiques représentés ici ; qu’ils soient méchants ou alliés du peuple Altaï, ils étaient toujours pleins de puissance et de férocité. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer les Sœurs de la Sagesse du livre (des femmes qui pouvaient utiliser la magie et les runes) comme étant extrêmement proches des Sages dans la Roue du temps. Parmi les personnages féminins les plus marquants, on trouve Mayra, une Soeur de la Sagesse, et Elspeth, une vagabonde venue d’un autre monde.

Je n’entrerai pas trop dans les détails des nombreuses autres comparaisons que j’ai rencontrées avec la série de la Roue du temps, car une partie de la magie de ce livre, pour les fans de la Jordanie, est de les découvrir par vous-même. Je dois préciser ici qu’il n’est pas nécessaire que vous ayez lu la série La Roue du temps ou tout autre livre de la Jordanie, pour que vous puissiez lire ceci, mais il y a beaucoup de graines plantées ici qui ont poussé pour être développées, et je pense que vous découvrirez cela surtout dans la construction du monde et la représentation culturelle. Une grande partie de ce roman comporte des scènes de torture et de punitions ;  c’est un livre sombre, et j’irais même jusqu’à dire que c’est un brillant exemple d’un début de sinistre. Les Altaïs, comme les Latans, ont une hiérarchie culturelle stricte, et ceux qui s’en écartent se font fouetter le visage, ou torturent soit par la magie, soit mentalement. Ici, tout est question de contrôle ; si vous avez lu la Roue du temps, vous saurez instantanément à quelle race cela m’a fait penser !

Enfin, je remercie Bragelonne qui édite ce roman  qui est est vraiment un livre spécial mais qui est un vrai chef d’œuvre du passé.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 380 pages
  • Editeur : Bragelonne (22 janvier 2020)
  • Collection : Fantasy
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 979-1028105600

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Au soleil redouté de Michel BUSSI | 6 février 2020

Au cœur des Marquises, l’archipel le plus isolé du monde, où planent les âmes de Brel et de Gauguin, cinq lectrices participent à un atelier d’écriture animé par un célèbre auteur de best-sellers.
Le rêve de leur vie serait-il, pour chacune d’elles, à portée de main ? Au plus profond de la forêt tropicale, d’étranges statues veillent, l’ombre d’un tatoueur rôde.
Et plein soleil dans les eaux bleues du Pacifique, une disparition transforme le séjour en jeu… meurtrier ? Enfer ou paradis ? Hiva Oa devient le théâtre de tous les soupçons, de toutes les manipulations, où chacun peut mentir… et mourir.
Yann, flic déboussolé, et Maïma, ado futée, trouveront-ils lequel des hôtes de la pension Au soleil redouté… est venu pour tuer ?

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Chronique :Nous sommes ici face à livre qui dès les premières pages nous entraine dans une superbe aventure et c’est aussi cela qui fait que  Michel Bussi est un des auteurs les plus lus en France. Plus on tourne les pages, et plus on se rend compte que l’on est dans une autre dimension. L’histoire colle les cinq lectrices qui participent à l’atelier d’écriture. On vit avec elles, au point de trembler pour elles, et de se demander comment on réagirait en pareille situationImmédiatement happé par les premières pages, le lecteur est plongé aux côtés des protagonistesLa construction du roman est parfaite, les points positifs sont nombreux, c’est un sans-faute concernant le scénario. Pour ce qui est de l’écriture, il n’y a aucune lourdeur, le style de Bussi reste simple, rythmé et efficace. Aucun de ses personnages n’est stéréotypé, chacun a ses ambiguïtés, là aussi le travail est époustouflantQuant aux décors et aux descriptions, on n’est pas déçu. On visualise les scènesMais ce n’est pas tout, impossible de révéler un des gros rebondissements de l’histoire, mais il nous fait basculer dans une autre dimension, tel un triller paranoïaque, il nous fait vibrer et nous questionner encore plusLe livre est un vrai turn-over, on le dévore d’une traite, pour assécher cette soif de savoir qui nous conduit vers la fin.`Les points négatifs, il y en a un petit; si l’on devine rapidement l’élément-clé qui explique tout, cela gâchera un peu le plaisir. Néanmoins, la mise en place de l’intrigue est tellement parfaite et bien ficelée qu’à la fin, même si vous veniez à deviner il y a toujours les explications des différents indices semés tout au long du Roman, et que l’on avait manqué. J’ai été époustouflée par ce travail de recherche de Michel Bussi, par ses connaissances historiques et géographiques (encore que là, je m’y attendais), j’ai été conquit par son imagination débordante, sa capacité à conduire un récit haletant plein de rebondissements, le voyage littéraire qui nous fait voyager. Un super roman à lire, où on ne s’ennuie jamais.

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 432 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (6 février 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2258193109
  • ISBN-13 : 978-2258193109

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La Rumeur de Lesley KARA | 23 janvier 2020

Un simple sujet de conversation… Pour s’intégrer et devenir l’une des leurs.
Joanna ne pensait pas à mal en répétant la rumeur entendue devant les grilles de l’école : Sally McGowan, accusée dans les années 1960 d’avoir poignardé un petit garçon alors qu’elle n’avait que dix ans, serait revenue habiter dans la ville de Flinstead sous une autre identité.
Mais ces quelques mots enflamment la tranquille station balnéaire et ravivent le traumatisme laissé par ce meurtre épouvantable. Pour enrayer cette machine infernale, Joanna ne voit qu’une solution : enquêter pour découvrir la vérité. Mais le danger est déjà si proche..

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Chronique : Le premier roman de Lesley Kara est un thriller psychologique intense, bien écrit et magnifiquement intrigue, qui se déroule dans la petite ville balnéaire de Flinstead. Mère célibataire, Joanna Critchley s’y est récemment installée avec son fils, Alfie, victime de brimades à Londres. Sa mère vit en ville, et Joanna travaille comme agent immobilier, en espérant que les Alfie s’installeront ici sans problème. Dans ses efforts pour s’intégrer dans la communauté, Joanna fait ce que n’importe qui pourrait faire pour être accepté dans un groupe, se livrer à des commérages et à des commérages, la force vive des petites villes, qu’ils soient ou non vrais. Elle a entendu une rumeur selon laquelle un tueur d’enfants ayant une nouvelle identité vivrait à Flinstead. Peu consciente des conséquences, Joanna donne vie à cette rumeur en la partageant, après quoi elle prend une force de vie propre en se répandant comme une traînée de poudre, ne faisant aucun prisonnier car les doigts de la suspicion sont pointés ici, là et partout, indépendamment de l’innocence.

En 1969, Sally McGowan, âgée de 10 ans, a tué Robbie Harris, âgé de 5 ans. Elle a été emprisonnée et a purgé sa peine, pour finalement être libérée dans la communauté avec une nouvelle identité. La tristement célèbre Sally McGowan vit maintenant à Flinstead, et elle est loin d’être heureuse à l’idée que son identité soit révélée. Joanna est confrontée à l’insécurité et aux dilemmes d’être parent, à la nécessité de protéger Alfie, anxieux, inquiet et paranoïaque face aux dangers qui tournent autour d’elle. Il y a une foule de suspects potentiels, des gens qui ont leurs propres secrets, meurtris par les répercussions de la rumeur, auxquels les médias sociaux donnent du carburant supplémentaire. Lesley Kara décrit avec expertise la puissance des rumeurs, les dégâts qu’elles peuvent causer aux gens, en particulier dans les petites villes où il est impossible de s’enfuir.

Dans une histoire au rythme rapide et aux chapitres courts, il y a beaucoup de rebondissements, de faux-fuyants, et un niveau élevé de suspense et de tension. C’est une lecture fascinante, sombre, atmosphérique, avec Kara qui capture habilement la nature et l’anatomie de la vie dans une petite ville. Un roman plein d’intrigues et de surprises, qui aborde des sujets importants tels que le crime, le châtiment et la justice. Oh et attention à ne pas répandre les rumeurs et les commérages !

Note : 9,5/10

 

  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Les escales éditions (23 janvier 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2365694322

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Les Naufragés hurleurs (6 février 2020) de Christian CARAYON

Martial de la Boissière vit à l’écart de la société, protégé par les hauts murs de son manoir. Quand il en sort, c’est pour assister aux réunions du Cercle Cardan, toujours prêt à démasquer ceux qui se nourrissent de l’engouement pour les sciences occultes, des charlatans sans honneur. Sa prochaine mission : assister à une représentation du nouveau médium à la mode, Collas. Accompagné de son ami Alain, Martial se rend à Paris. Mais l’expérience tourne court : en pleine séance, le médium agrippe le bras d’Alain pour lui crier de s’enfuir avant de s’effondrer en crachant de l’eau de mer.

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Chronique : Un excellent roman policier a l’intrigue savamment distillé.
Les différents protagonistes, y compris « les méchants », sont sympathiques. On suit pas à pas l’enquête de Martial, détective « amateur », et, à ses heures perdues, (mais pas si amateur que ça), mais, à l’âme tourmentée, et dont, on devine assez rapidement qu’il cache un lourd secret.
L’action de ce polar se déroule en 1925, mais surtout en Bretagne, et plus particulièrement à l’Ile de Bréhat.
Les descriptions de ladite île de Bréhat sont superbes, et, donne vraiment envie d’y passer ses vacances, même si l’auteur présente ce lieu des Côte d’Amor sous un jour sombre, mystérieux, sauvage, en proie aux croyances païennes, à la sorcellerie. Il se faut dire que l’intrigue se passe en plein hivers, saison propice aux tempêtes, au froid, etc, et, faisant ressurgir la peur, un certain mal être.
A lire, et/ou à découvrir si l’on apprécie les polars dans la lignée de ceux d’Agatha Christie.

Après « le diable sur les épaules  » qui mérite une visite pour ceux qui ne l’on pas lu , » les naufragés hurleurs  » nous donne le plaisir d’une écriture pleine de finesse,,avec des personnages dont il fouille la profondeur de l’ame par petites touches, et le canevas se met en place presque par devers le lecteur qui se trouve englué dans un roman qui ne veut pas sortir de ses mains ,jusqu’au final toujours très travaillé.
Il y a du travail chez c’est homme là, il y a de l’envie, il y a du plaisir ,il y a de l’érudition,,et il y a du souffle …et on va le suivre et le recommander,car le lecteur passe un très bon moment !!!

Note : 9/10

 

  • Broché : 400 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (6 février 2020)
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2265116300

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Donbass de Benoît Vitkine


Résumé : Sur la ligne de front du Donbass, la guerre s’est installée depuis quatre ans et plus grand monde ne se souvient comment elle a commencé. L’héroïsme et les grands principes ont depuis longtemps cédé la place à la routine du conflit.
Mais quand des enfants sont assassinés sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l’impassible chef de la police locale, perd son flegme.Chronique : Après avoir été sur le devant de l’actualité en 2014 avec le début de la guerre civile, l’Ukraine est vite retombé dans l’oubli de nos esprits occidentaux. Le polar social de Benoît Vitkine va permettre à ce pays meurtri de se rappeler à nous.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur nous propose une plongée dans les eaux troubles d’un pays saigné à blanc. Rien ne nous est épargné, corruption, trafic de drogue, magouilles politiques, alcoolisme, violence et surtout infanticide, le quotidien des habitants de la région est mouvementé à tel point que plus grand monde ne réagit lorsque les bombes commencent à pleuvoir. C’est un portrait de l’Ukraine réalisé à la neige sale écrasé par les chenilles des tanks. Avant d’être un polar, l’ouvrage est un récit social où la misère côtoie la plus grande cupidité.

L’auteur s’attache à nous montrer à quel point le jeu stupide qu’est la guerre dissimule des enjeux beaucoup plus sérieux pour lesquels beaucoup sont prêts à mentir et à faire usage de la violence. Comme toujours certains arrivent à tirer leurs épingles du jeu alors que l’ensemble de la population se débat entre la misère et les bombardements incessants. L’adage bien connu « le malheur des uns fait le bonheur des autres » n’a jamais été aussi vrai. Cela ne rend pas la balade dans les ruines de la ville d’Avdiïvka moins glaçante pour autant.

Ce n’est pas le narrateur désabusé, le colonel Henrik Kavadze, qui va nous remonter le moral. Conscient du mal qui gangrène ce pays qu’il aime malgré tout, Henrik à encore plus conscience du fait qu’il est impuissant à changer quoi que ce soit tant les forces en présence le dépassent. Cela ne l’empêchera pas de se démener pour tenter de protéger le peu d’innocence qui reste encore dans son quotidien et ce malgré le fait qu’il doit se débattre avec un puissant syndrome de stress post-traumatique. Henrik n’est pas un personnage attachant, ses démons prennent parfois le dessus, mais c’est un personnage auquel il faut s’attacher car il est l’un des rares à conserver une once d’humanité dans une région en proie à tous les vices.

En moins de trois cents pages l’auteur parvient à condenser tous les maux de l’Ukraine, qui ruinent le pays depuis maintenant six ans, dans un récit mêlant réalisme social et intrigue policière. Je regrette juste que la fin fasse un peu trop carte postale contrastant avec l’aspect miséreux et glauque du reste du l’ouvrage.

Note : 8/10

Éditeur Les Arènes
Date de publication 5 février 2020
Langue Français
ISBN-13 979-1037500595

Ne pars pas sans moi de Gilly Macmillan

Résumé : Par un joyeux dimanche, Rachel et son petit garçon de 8 ans se promènent en forêt. Désirant plus que tout être une bonne mère, et soucieuse de l’indépendance et de l’autonomie de son enfant, Rachel l’autorise à partir quelques mètres devant elle pour aller jouer. Arrivée au bout du chemin, l’angoisse la saisit : Ben a disparu.

Après une conférence de presse catastrophique, médias et réseaux sociaux se déchaînent. Pour eux, Rachel est responsable de la disparition de son enfant. Pourquoi n’a-t-elle pas veillé sur lui ? Comment se fait-il qu’elle ait du sang sur les mains ? Pendant que la police se lance dans une véritable course contre la montre pour retrouver Ben, Rachel se débat entre la culpabilité, le désespoir et la peur.

Rongée par le doute, assaillie par la violence de ceux qui la croient coupable et tandis que la moindre de ses certitudes

Chronique : Le sous-genre littéraire du polar domestique est devenue une mode et comme toutes les modes elle produit son lot de déceptions et de belles surprises. Heureusement le premier ouvrage de Gilly Macmillan appartient à la deuxième catégorie.

L’auteure brode sur le thème devenu classique de la disparition d’un enfant pour dresser un double portrait psychologique de la mère du petit Benedict et du policier chargé d’enquêter sur son kidnapping. À l’aide de sa plume analytique, elle nous révèle la pression et le désespoir qui s’empare des proches du disparu. On vit au plus près le drame de Rachel, le flot d’émotions qui la submerge, la pression médiatique insoutenable et les répercussions irrémédiables que ce cauchemar aura sur sa vie.

En mettant l’accent sur le rôle de la presse et des réseaux sociaux avec leurs commentaires toxiques tout en nous faisant vivre le quotidien d’une mère dévasté, L’auteure parvient à embrasser toute l’ampleur que peut prendre une tragédie comme celle-ci, tout à la fois intime et public. Cela donne une réelle dimension au récit qui lui permet de se détacher du reste de la production traitant du même thème. Surtout si l’on ajoute à cela le fait que pendant que Rachel vit une tragédie, l’enquêteur chargé de retrouver son fils se trouve dépassé par les événements.

Les thrillers domestiques oublient trop souvent la partie thriller dans leurs récits, c’est ce que je reproche à ce genre. Heureusement là ce n’est pas le cas. À coups de fausses pistes et de révélations fracassantes L’auteure nous tient en haleine jusqu’à la conclusion. Une conclusion qui, sans trop en révéler, aura une saveur douce amère, l’auteure refusant de conclure son récit sur un happy end édulcoré et c’est tout à son honneur.

Un thriller domestique bien rythmé c’est déjà suffisamment rare pour être noté mais il faut ajouter à cela un aspect psychologique finement travaillé et sans compromis. On peut juste regretter qu’il faille deux cents pages à l’auteure pour installer son récit mais cela reste un défaut mineur.

Note : 7/10

  • Date de publication : 25 février 2016
  • Éditeur : Les escales éditions
  • Langue : Français
  • ASIN : B01BFV1MAY

Octobre de Soren Sveistrup

Résumé : Début octobre, dans la banlieue de Copenhague, la police découvre le cadavre d’une femme amputée d’une main. À côté du corps, un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons et d’allumettes. Chargés de l’enquête, la jeune inspectrice Naia Thulin et l’inspecteur Mark Hess découvrent vite que cette figurine est porteuse de mystérieuses empreintes : celles de la fille de Rosa Hartung, ministre des Affaires Sociales, enlevée un an plus tôt et présumée morte.

Chronique : Soren Sveistrup, l’auteur de ce page turner addictif, a participé à l’écriture de la série the Killing et nul doute qu’il y a appris les méthodes élémentaires pour tenir le lecteur en haleine.

Son premier ouvrage réunit tous les ingrédients du polar accrocheur au rythme endiablé. On retrouve donc le duo d’enquêteurs mal assortis, une enquête à tiroirs, un assassin insaisissable et un final explosif.

Du duo d’enquêteurs on peut regretter que l’accent soit mis sur Mark Hess, enquêteur atypique qui se révèle plus attachant que sa collègue Naia Thulin, qui se conforme trop au moule de l’enquêtrice forte tête pour être originale et mémorable.

Le rythme demeure enlevé malgré les fausses pistes, le récit reste captivant. Cela n’empêche pas les invraisenblances d’apparaître de plus en plus énormes au fil du récit mais les lecteurs de ce genre de polar ont l’habitude de passer sur les raccourcis et les facilités scénaristiques.

Si l’on parvient à passer au-delà de ces défauts, qui sont l’apanage du genre, la lecture de ce polar nordique offre un plaisir de lecture électrisant jusqu’à la dernière page.

Note :7/10

  • Date de publication : 1 mars 2019
  • Éditeur : Albin Michel
  • Langue : Français
  • ASIN : B07N8CRGCW

De chair et d’os de Dolores Redondo

Résumé : À travers le Pays basque, dans la vallée du Baztán, des églises sont profanées. Alors qu’elle vient de donner naissance à son enfant, l’inspectrice Amaia Salazar est chargée d’enquêter discrètement sur cette affaire. Avec son équipe, elle doit aussi s’occuper d’une série de crimes conjugaux qui ont tous en commun d’horribles mutilations. Á chaque fois, le meurtrier s’est suicidé en laissant derrière lui une étrange inscription : TARTTALO. Pourquoi tous ces hommes laissent-ils ce même mot ? Que signifie-t-il ? Et pourquoi semble-t-il destiné à la jeune inspectrice ? La vallée du Baztán recèle encore de bien terribles secrets qu’Amaia devra affronter pour espérer enfin y vivre en paix…

Chronique : Nous revoilà en pays Basque espagnol avec l’inspectrice Amaia Salazar pour le deuxième volet de ses enquêtes entre légendes ancestrales, liens de famille complexes et folie meurtrière.

Le livre brasse plusieurs thèmes et légendes Basque, notamment le tarttalo, qui prête son nom au monstre sanguinaire qui hante la vallée de Baztán. Mais aussi les cagots, dont l’histoire et le mystère qui entoure ce peuple pestiféré auraient mérité un livre à part entière. Tout l’arrière-plan légendaire est très bien amené et donne de la consistance au récit même si la multitude de sujets abordés à tendance à disperser le récit. Les légendes mises en avant par l’auteure sont moins diffuses et mystiques que dans le premier volet de la trilogie. Elles se font plus organiques, si l’on peut dire, et se rapproche de la sorcellerie et des rites païens. L’onirisme n’a cependant pas complètement disparu, Amaia est victime de vision terrifiante qu’elle redoute autant qu’elle désire et sa tante Engransi est toujours prompte à tirer les cartes. Ces scènes n’ont pas grande utilité, à part apporter une atmosphère onirique au récit, et plombent un récit déjà assez dense.

L’enquête en elle-même souffre de quelques longueurs dues en partie à ces scènes oniriques. Ce n’est que lorsqu’elle prend un tournant plus personnelle que le récit se dynamise à nouveau pour un dernier tiers haletant. L’intrigue aurait gagné à être plus resserré mais reste une fois de plus solide et plutôt bien mené.

La seule chose qui m’a vraiment gêné lors de ma lecture et le manque de subtilité dans l’écriture des personnages secondaires. Les hommes sont souvent des clichés de machisme détestables tandis qu’un personnage féminin passe trop rapidement du statut de victime à celui de femme forte qui ne s’en laisse pas compter. Toute cette partie de l’intrigue aurait mérité un traitement plus élaboré, les violences domestiques sont infiniment complexes et le portrait psychologique des bourreaux est trop succinct pour être crédible. En l’état ils ne sont rien d’autres que des amas d’arrogance haineuse sans aucune consistance.

Entre la touche d’onirisme qui alourdit le récit et le manque de subtilité dont fais parfois preuve l’auteur on pourrait croire que j’ai passé un mauvais moment de lecture, il n’en est rien. L’auteure possède un style évocateur et parvient toujours à nous emporter vers les forêts de Navarre remplis de légendes et d’histoire.

Note : 7/10

Date de publication : 19 mars 2015
Éditeur : Editions du Mercure de France
Langue : Français
ASIN : B00U2IC3ZK